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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Jacques Sapir , un anti-européen militant (2)

22 Août 2006, 18:40pm

Publié par Jacques Heurtault

Comme prévu, voici le deuxième volet de l'article de Jacques Sapir dont j'ai publié la première partie hier assortie de quelques commentaires un peu "énervés" semble-t-il (c'est du moins ce que pense le patron du blog qui m'a permis de découvrir l'auteur, ce dont je le remercie).

Début de citation : 

"Dès 2003 il était clair même pour les plus partisans défenseurs de l'Euro que la réalité refusait de se plier à leurs désirs.

Ainsi, Aglietta reconnaît que si l'on assiste à une unification des marchés des dettes, les espaces qui continuent de porter une trace, même lointaine, de l'économie réelle telles les Bourses restent marqués par "la forte résistance des segmentations nationales". Le passage à l'Euro n'a pas entraîné d'unification des prix entre les pays de la Zone, ce que constatent aussi les études citées au début de ce texte. Ceci renvoie encore, à des éléments de l'économie réelle. Il y a donc clairement une résistance du monde réel à l'unification simplificatrice dont on prétend la monnaie capable. Aglietta est obligé de constater que les principales avancées attendues de l'introduction de l'Euro ne se sont pas encore matérialisées. Il aurait dû à la fois accroître la croissance et préserver l'Europe des turbulences économiques extérieures. Or, il n'en a rien étéL'Euro n'efface pas les divergences nationales ni ne ralentit l'effritement du modèle social européen.

 Il aurait fallu se défaire des dogmes monétaristes, qui ont contaminé la réflexion sur la monnaie unique dès 1973 (Mundell).

Une étude réalisée des dynamiques de l'inflation dans les pays de la zone Euro revêt ici d'une importance particulière. Le travail de Christian Conrad et Menelaos Karanasos démontre deux résultats essentiels.

Tout d'abord, il n'y a pas de dynamique unique de l'inflation et celle-ci n'influence pas toujours négativement la croissance économique à la différence de ce que prétendent les monétaristes. On est en présence de dynamiques différenciées, et dans certains cas, l'inflation apparaît bien comme nécessaire à la croissance.

Ensuite, leur travail montre l'éclatement des dynamiques au sein même de la Zone Euro. L'hétérogénéité des systèmes productifs et des structures sociales de reflète donc dans les dynamiques monétaires. La monnaie est un miroir, voire une lentille grossissante, des dynamiques du monde réel.

 
L'Euro, tel qu'il a été pensé et mis en place apparaît désormais comme un archaïsme intellectuel et théorique. Les hypothèses implicites ou explicites de ses défenseurs ont toutes été démenties. On ne peut donc penser une monnaie unique qu'à la condition de se donner les moyens de compenser ses effets sur des économies hétérogènes. Il devient alors impossible d'affirmer, sauf à se situer au même niveau que des médecins qui s'en tiendrait encore à la théorie des "humeurs" du XVIIIè siècle, ou à celui de géographes soutenant que la Terre est plate, que la monnaie est l'instrument d'unification et d'homogénéisation. C'est tout le tournant essentialiste dans le débat sur la monnaie unique qui s'effondre à son tour.

La politique de la BCE est ici incontestablement dangereuse. Elle l'est dans le fait qu'elle ne se donne qu'un seul objectif (la plus faible inflation possible) alors que les objectifs sont multiples. Non seulement devraient-ils inclure la croissance, comme dans le cas de la Banque Centrale américaine, mais aussi des éléments de politique structurelle. En effet, on peut montrer qu'une politique du crédit restrictive déforme les relations entre producteurs et distributeurs, au détriment des premiers. En fait, la contrainte exercée par une hausse des taux d'intérêts n'est pas partagée dans l'ensemble de la chaîne Producteurs-Distributeurs-Détaillants, mais se concentre sur le producteur. Elle entraîne ainsi contrainte disproportionnée sur l'investissement.

La politique de la BCE est aussi dangereuse bien sur parce que son objectif est faux. Comme on vient de le montrer, les approches fondées sur des hypothèses réalistes concluent toutes que la recherche de l'inflation la plus basse possible est une erreur grave. En fait, les économies ont un taux d'inflation qui correspond à leurs structures productives, financières et sociales et chercher à vouloir se situer en dessous ne peut qu'entraîner des dommages durables à l'économie et à la société.

Il faut ajouter ici que l'analyse de l'inflation qui domine à la BCE s'appuie sur la confusion, volontaire ou inconsciente, entre inflation et hyper-inflation.

Une BCE dont le statut permettrait de viser à plusieurs objectifs et qui ne s'enferrerait pas dans le dogme d'une recherche de l'inflation la plus basse à tout prix, serait un progrès incontestable. Mais, il ne résoudrait pas le problème fondamental dont l'Euro souffre aujourd'hui. Assurément, une BCE différente de celle dont nous souffrons rendrait les manifestations de ce problème moins violentes. Elle ne les ferait pas disparaître pour autant." 

Fin de citation.

Comme pour le précédent article, je laisse la pâte se reposer 24 heures. Ensuite je vous livre mes commentaires qui, je le crains. seront -peut-être- énervés (mais je vais faire un effort). Je vous invite à faire même ...

Commenter cet article

Jacques Heurtault 26/08/2006 20:04

J'ai, je crois, correctement cloué au pilori la thèse selon laquelle la Banque Centrale Européenne n'en ferait qu'à sa tête. La BCE ne fait rien de plus, par la mise en action d'outils spécifiques à la profession de banquier cenral, qu'appliquer les directives qu'elle a reçu et qui sont explicitement consignées dans les traités actuellement en vigueur. Elle n'a juridiquement pas le droit d'agir autrement. Elle ne le fait donc pas ...Lorsque nous avions notre Banque de France dont le Gouverneur était nommé en Conseil des Ministre et révocable, sans préavis, ad nutum , il était extrêmement facile pour un Gouvernement de mettre la Banque de France "aux ordres". Si le Gouverneur n'obtempérait pas, il était viré. En obéissant, au jour le jour, aux ukases du Gouvernement, il restait en place. De temps à autre, il attirait l'attention sur l'état des finances du pays et mettait en garde ce dernier : "Les caisses sont vides! Nous allons nous retrouver en cessation de paiement! ". Qu'à cela ne tienne, répondait le Gouvernement, nous dévaluerons! Jusqu'au jour où, face à l'impasse budgétaire, vient la crise politique. Il ne faut tout de même pas oublier que faire marcher la planche à billets, ça ne peut durer qu'un temps. Le faire à coups répétés provoque la perte de crédit auprès des partenaires commerciaux. Et, bien entendu, permet au Dollar de rester le seul maître du jeu international.
Oui, c'est vrai, il manque à l'Europe une seconde jambe pour marcher correctement. La première jambe, c'est la BCE. Celle qui manque, c'est un gouvernement économique pouvant, entre autres, décider de relancer l'économie, d'une manière coordonnée avec les Etats-membres.Le projet de Traité constitutionnel, en permettant une procédure simplifiée de révision du Traité Constitutionnel (la Partie III, pour l'essentiel), rendait possible la mise sur pied de ce gouvernement économique. Pour y parvenir, il va falloir attendre et laisser la croissance venir (ou ne pas venir!) seule, sans que l'on puisse rien faire d'autre sans se mettre hors la loi. Chose que les banquiers centraux ne feront evidemment pas!Ce qui s'en apperçoivent maintenant se reveillent un peu tard.   

Jacques Heurtault 26/08/2006 19:32

L'inflation est-elle un moyen légitime de gouvernance? Personnellement, je pense que non. Mais je ne suis pas crispé sur ce rejet. Actuellement, il y a grosso modo 2% d'inflation par an. Ce n'est pas dramatique. On peut faire une entorse tant il est bien établi que les positions dogmatiques sont plus souvent porteuses de catastrophe que de véritable progrès.Autrement dit, contenir l'inflation à 2% est une bonne stratègie faute de pouvoir faire mieux. La laisser filer à 5%, voire 10% est évidemment exclu.Or, c'est précisément la thèse que défend Jacques Sapir : une inflation à 10%, voire 15% (on l'a déjà vu, en France et ailleurs) ne lui pose aucun problème. Des gens de condition modeste ont épargné, voire investi dans des placements de type obligataires à TAUX FIXES? Monsieur Sapir n'en a, semble-t-il, que faire ... Moi pas! Divergence profonde de point de vue, irréconciliable ...Je considère, en effet, que la monnaie est l'instrument de la confiance. Puisque c'est une sorte d'instrument de mesure, on ne doit pas entrer dans le jeu de ceux qui veulent la déprécier et pas davantage dans le jeu de ceux qui veulent la réevaluer.J'observe que Jacques Sapir procède par affirmation. Il ne démontre pas; Il assène. A chacun sa méthode. La mienne c'est d'expliquer en y mettant toute ma conviction (j'en ai beaucoup) et ma patience (ce serait mieux si j'en avais un peu plus). A ma décharge, quand on découvre que certains défenseurs du NON de gauche ont eu l'outrecuidance d'appeler à voter NON sur le fondement que le projet de Traité Constitutionnel  prévoyait le rétablissement de la peine de mort , admettez, amis lecteurs, qu'il y a de quoi sortir de ses gonds! Je l'ai fait, j'en conviens! Je n'ai aucun respect pour les tricheurs, les menteurs et les faussaires. 

Jacques Heurtault 26/08/2006 13:50

Ayant été pris à partie après avoir publié les deux premiers volets de l'argumentaire de Jacques Sapir (ce dont je suis satisfait puisque mon souhait est de voir se développer sur ce blog un vrai débat de fond dans le cadre de la prochaine campagne présidentielle), j'ai, par courtoisie vis à vis de mes commentateurs et de mes lecteurs, choisi de répondre aux commentaires déjà publiés avant de commenter moi-même le deuxième volet de l'article de Jacques Sapir.
Voici donc, maintenant, mes commentaires personnels.
En premier lieu, j'observe que Jacques Sapir s'en prend à la Banque Centrale Européenne, l'accusant de n'avoir pour objectif que la lutte contre l'inflation.La plus élémentaire des dignités consiste à rappeler que la BCE agit dans un cadre juridique consigné dans les Traités européens. S'il en est ainsi, c'est parce que les Gouvernements des Etats-membres l'on voulu, à l'unanimité (seule procédure valable pour modifier le contenu de l'un des traités européens en vigueur). Les fautifs, ce sont donc les gouvernements nationaux. Ce ne sont ni la Commission, ni le Parlement européen.Précisément, les Etats-membres (que ne sont quand même pas débiles) se sont rendu compte que l'axe d'action fixé par eux au sein de la Conférence Inter-Gouvernementale (organe où se gère les projets de modification des Traités et qui a une autorité supérieure au Conseil, au Parlement Européen et à la Commission réunis) était, peut-être, un peu sévère. Il eut été souhaitable d'apporter de la souplesse en permettant que le Conseil soit juridiquemnt capable de voter des modications techniques au contenu des Traités.Ainsi, le Projet de Traité Constitutionnel, une fois ratifié et entré en vigueur, aurait permis cette procédure plus souple de modification des missions de la BCE. Ce Projet de Traité n'étant pas entré en vigueur pour les raisons que l'on sait, il est IMPOSSIBLE de modifier le mandat de la BCE et de lui assigner un second objectif, notamment soutenir la croissance.Ceux qui, aujourd'hui, après avoir voté NON, viennent se plaindre que les actuels traités ne sont pas satisfaisants n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes.Et pan sur le bec!    

Carine 25/08/2006 23:59

Attention, Monsieur Heurtault se prend pour la 8ème merveille du monde, un bloc d'intelligence et de culture...Mais respectez la démocratie et apprenez l'orthographe au lieu de vous extasier devant votre intelligence ! on l'a foutu à la poubelle ce torchon constitutionnel, et bientôt ce sont tous les gens qui le défendent encore qu'on va envoyer balader !
Vos propos n'étaient là que pour terroriser, de la bonne vieille propagande soviétique en somme. C'est en cela qu'ils sont hallucinants.Sinon sur le reste je pense que nous quitterons l'euro, tout comme l'Italie et l'Allemagne. Ne vous en faites pas, nous n'avons en aucune façon besoin de l'accord des autres pour le faire. Si vous croyez cela, c'est que vous connaissez très très mal l'Histoire des nations et des peuples.
Bon courage Jacques, les temps vont vous êtres durs...

Jacques Heurtault 26/08/2006 09:04

Ne vous fâchez pas. Je ne suis certainement pas la huitième merveille du monde, ni un bloc d'intelligence et de culture. Je ne suis qu'un modeste citoyen qui entend participer au débat politique en général et au débat relatif à l'élection présidentielle dont l'échéance approche.Merci de m'avoir signalé que je faisais des fautes d'orthographe. J'aurais préféré que vous m'en indiquiez l'endroit afin que je puisse les corriger. C'eut été plus constructif. D'ailleurs, je suis un partisan de la réforme de l'orthographe. Une langue, c'est fait pour communiquer, pas pour faire des exercices de style. L'essentiel est que ceux qui me lisent puissent me comprendre sur le fond (je ne dis pas "approuver"). Quant à la propagande soviétique, le livre dont  je viens de terminer la lecture (Staline, de Montefiore) m'a "convaincu" (en fait, je l'étais déjà) que le "socialisme réel" et l'étatisation de l'économie n'étaient sûrement pas la bonne voie ...J'attends donc avec impatience vos arguments (les vôtres, pas ceux de Jacques Sapir, s'il vous plaît). Pour l'instant ce ne sont que des formules lapidaires.Quant aux résultats de l'élection présidentielle, il n'y a, à mon avis, que deux choses à faire : débattre et attendre le soir du 22 Avril 20007. Pour trouver LE candidat qui va porter le NON (de gauche ou de droite, peu importe...) afin de rassembler, sur un même programme d'action, les 55% de concitoyens (que je respecte) qui ont fait ce choix hétéroclite, il va falloir battre la campagne avec tenacité. Déjà que, aussi bien à gauche qu'à droite, il y en a au moins trois de chaque côté ... Le plus solide (hélas!) c'est Le Pen. Pour moi, Le Pen, c'est "NON MERCI"!Avant que la France, l'Italie et l'Allemagne ne quittent l'Euro (trois pays fondateurs, pas moins!) beaucoup, beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts. Tellement que la Seine sera redevenue propre. Malheusement pour Chirac, il ne pourra pas s'y baigner car, selon toutes vraisemblance, il ne sera plus de ce monde quand cela arrivera.Merci pour vos encouragements. Je suis prêt au débat!    

Carine 25/08/2006 17:54

Jacques Heurtault, quand on a écrit ce qui suit pendant la campagne du OUI, on est à VIE décrédibilisé...
Le 15 avril 1005, Jacques H écrivait : lisez bien, c'est hallucinant !
"Il faut bien le reconnaitre : le Président de la République n'a pas été à la hauteur!Franchement, je vais continuer à défendre mon point de vue mais je ne vois pas comment, aujourd'hui, le OUI peut l'emporter (mais j'ai, quand même, des raisons d'esperer et, surtout, la volonté d'entreprendre).D'un coté, des gens de bonne foi (la plupart des partisans du OUI et les souverainistes du NON), de l'autre, des gens de mauvaise foi qui cherchent, c'est INDENIABLE, à créer une situation politique en SPECULANT sur un avenir complètement incertain (si le NON l'emporte).Les conséquences en seront simples : les gens humbles de ce pays vont encore trinquer!1. Les agriculteurs qui vont devoir se passer des effets de la PAC (politique agricole commune) imposée de haute lutte par de Gaulle (je n'en fais pas partie, ouf!).2. Les ouvriers de production industrielle exerçant dans des secteurs à faible technologie à cause des délocalisations qui vont se développer (je n'en fais pas partie, ouf!).3. Les assurés sociaux qui n'auront pas les moyens financiers de se payer une couverture complémentaire (je n'en fais pas partie, ouf!).4. Les actifs qui n'auront pas les moyens de souscrire un contrat d'épargne plus ou moins défiscalisé (je n'en fais pas partie, ouf!).5. etc ... etc ...Franchement, ça me fait ch... car, étant issu de cette masse innombrable (quand j'étais petit, il n'y avait pas de chauffage dans la chambre où je dormais avec mes deux frères), je m'en sens profondément solidaire.Ca me fera un peu plus de boulot pour essayer d'en sortir quelques uns de la merde (heureusement pour moi, je sais le faire) mais, franchement, ça va pas être drôle pour eux ..."

Jacques Heurtault 25/08/2006 20:21

Il est vraiment dommage que vous soyez halluciné. Sachez que, aujourd'hui, je maintiens mon point de vue. Ma conclusion est simple : D'une manière ou d'une autre, le Projet de Traité sera ratifié. Ce sera notamment le cas si le Président élu est un porteur du OUI. Or cette supposition relève de l'évidence. Êtes vous disposée à prendre les paris (sur un plan moral, bien sûr; on ne parle pas d'argent)?D'ici ce constat, on peut poursuivre le débat. Y êtes vous prête? Moi, je le suis.D'ailleurs, en quoi, précisément êtes hallucinée par mes écrits hallucinants? Pourriez vous préciser? Merci et bon courage car si vous allez à la confrontation, ça va être un peu rude. Vous êtes prévenue.

Axel 25/08/2006 17:13

Georges a 1000 fois raison, quand quelque chose ne marche pas, on ne doit pas s'acharner, on doit trouver mieux avant qu'il ne soit trop tard.
L'euro est un échec retentissant, tout le monde désormais s'accorde à le dire. Même le CAE a publié un rapport en mars dernier très très critique (cf http://cae.gouv.fr)
La question n'est pas de savoir si on quittera l'euro, mais quand, et surtout de quelle façon : sortie imposée par les marchés et donc très risquée, ou anticipée et négociée, et donc réussie.

Jacques Heurtault 25/08/2006 20:14

La France ne sortira pas de l'Euro, c'est une évidence .... En 1982, après un an de gabegie budgétaire, le gouvernement de l'époque a choisi le cap  "Rigueur et courage". Le résultat est clair : la France a, aujourd'hui, un niveau de vie nettement plus élevé qu'il y a 20 ans. Par contre, des situations individuelles ont certainement été remises en question. Elles sont peu nombreuses. Si vous souhaitez me contredire en vous appuyant sur des statistiques, sachez d'avance que je suis agent de l'ANPE et qu'il n'est donc pas possible de me raconter n'importe quoi. Vous êtes prévenu.Merci ce poursuivre le débat.

Georges Ferry 25/08/2006 15:12

Quand l'immeuble a des fondations pourries, le bon sens consiste précisément à le raser et non à y loger des familles entières.Simple prolongation à votre comparaison, pour tâcher de vous éclairer sur l'avenir de votre belle UE dont visiblement vous ne comprenez ni les tenants ni les aboutissants.

Jacques Heurtault 25/08/2006 20:05

Bonsoir Monsieur,
A chaque fois que l'on a entrepris de faire "du passé table rase" (cf une célèbre chanson), ça s'est toujours terminé par des catastrophes ... Le monde moderne dans lequel nous vivons ne supporte pas les chocs traumatiques. Il n'y a pas de place pour une révolution. Seulement pour des évolutions qui doivent s'inscrire dans la durée.Votre analogie avec l'immeuble dont les fondations sont pourries est ni plus ni moins que infantile. Il s'agit non pas d'un immeuble, non pas d'un quartier, non pas d'une ville, non pas d'une région, non pas d'un pays mais d'un continent ...Il va falloir vous y habituer! La France est dans l'Euro et elle y restera parce que c'est son intérêt évident d'une part et parce que, pour en sortir, il faut l'accord de tous les autres. Devenu, devant la Livre Sterling, la deuxième monnaie de réserve mondiale (20%), l'euro est promis à un bel avenir.Cette campagne qui est actuellement menée contre l'Euro s'incrit en droit fil de la future campagne électorale présidentielle. Il s'agit de tenter de fédérer les partisans du NON de gauche (entre eux) afin que leur candidat unique (c'est aussi mon voeu ...) puisse cristaliser tous les mécontentements afin d'engranger un maximum de voix. Cette démarche n'est pas criticable en soi. Je doute qu'elle parvienne à atteindre son objectif. Le seul candidat susceptible de fédérer ces "NON de gauche", c'est à mon avis, José Bové. Or, il a dit très clairement que s'il ne pouvait pas se maintenir au second tour, il appellerait à voter pour le candidat  socialiste, lequel sera, bien entendu un porteur du OUI.S'il devait être présent au second tour, et si son adversaire du moment était un porteur du OUI, fusse de droite, je voterai et irai même jusqu'à m'engager dans la campagne du second tour sur une base militante. Toutefois, si son adversaire  était Le Pen, je voterai evidemment pour Bové. Je pense avoir été très clair. Je vous invite à poursuivre le débat ... Merci d'avance. 

Julia 24/08/2006 21:44

Bonsoir,
très intéresant mais d'où vient cette analyse ? de quel site ? sinon, je trouve votre tirtre d'article très parti-pris et peu en phase avec le contenu. On peut être européen et contre l'euro.
Moi je suis très en colère face à l'euro qui nous a coûté très très cher, tout ça pour le bonheur des grandes entreprises qui vendent et achètent à l'étranger, sans qu'on en voit les bénéfices pour les travailleurs et les consommateurs.A bientôt

Jacques Heurtault 25/08/2006 02:08

Si vous êtes européenne (au sens politique, c'est à dire favorable à la construction europénne, vous ne pouvez pas être contre l'Euro. La mise en place de l'Euro est la conséquence logique de l'intégration économique très forte entre les Etats-membres du groupe Euro.Tous les Etats-membres ont vocation naturelle à adopter l'Euro comme monnaie. D'ores et déjà, le Monte Negro qui a explicitement manifesté le désir d'intégrer l'Union a adopté l'Euro comme monnaie ... Il est vrai que c'est un tout petit pays (600.000 habitants, soit un peu plus que le Luxembourg) et que son choix unilatéral d'adopter l'Euro pouvait se faire sans que les Etats-membres donnent leur accord (tout comme n'importe quel autre Etat (hors Union Européenne) peut adopter l'Euro comme monnaie (ou bien le dollar ...).Je pense (mais je peux me tromper) que votre vision de l'Europe est confédéraliste et non pas fédéraliste. Dans la logique confédérale, les Etats-membres conservent toute leur indépendance. Dans la logique fédérale, ces mêmes Etats membres ont accepté, librement, de mettre en commun une partie de leur souveraineté au sein d'une structure appelée "Conseil". Depuis le début, la logique de la construction européenne, c'est le fédéralisme même si ce mot ne figure pas explicitement dans les traités. 
Je suis, personnellement, un militant pro-européen au sens fédéraliste. J'ai voulu publier cet article (que j'ai repris d'un autre site : "sortir de l'euro" dont vous trouverez le lien dans l'un des commentaires adossé à l'article précédent.
Je suis évidemment très hostile à ce que la France sorte de l'Euro. Je pars d'une simple question de bon sens. Quand on construit une maison ou un immeuble, on n'envisage pas de le raser alors qu'il est à mi-hauteur, voire plus.