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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Politique répressive et carcérale (1)

21 Octobre 2006, 14:05pm

Publié par Jacques Heurtault

Le thème revient ... Quoi de plus naturel puisque, depuis plusieurs années que le problème a été posé d'une manière  légitimement alarmante (rapport Mermaz), peu de choses ont été faites. Pas assez, en tout cas pour  régler durablement le problème.

Il faut d'abord se poser une question de fond dont la réponse conditionne toute la suite.
A quoi sert-il d'emprisonner les criminels et les délinquants, voire les contrevenants?

D'aucuns vous diront que c'est pour "mâter" ces criminels et ces délinquants. D'autres diront, avec tout autant de conviction que c'est pour permettre leur réinsertion ...
grâce, notamment, à l'effet salvateur que doit avoir une incarcération sur le mental du détenu.
Moins nombreux sont ceux qui vous diront que c'est tout simplement pour protéger la population.
Tout le monde sera d'accord pour dire que c'est aussi pour punir ces délinquants et criminels parce que la société le demande, voire l'exige.

Personne, en effet, ne comprendrait qu'un criminel ou un délinquant récidiviste puisse circuler librement. Il doit, c'est dans l'imaginaire , le subconscient ou le conscient (choisissez le bon mot!) collectif, payer pour sa faute. Cela suppose que la faute et la sanction qui va avec soit  "tarifée". A ce stade, il ne devrait être tenu aucun compte  des  particularités du fautif  mais uniquement de faits objectifs.

On sent, de la part de la population, une forme d'exaspération. Indiscutablement, la conscience que "ça suffit" progresse dans les esprits. C'est notamment le cas quand le dernier délit à la mode consiste à tendre des guêt-apens aux forces de police.
Il est clair que, dans ce cas, les auteurs-fautifs s'en prennent aux structures mêmes de la société et entendre procéder à une contestation globale et radicale de l'organisation sociale de base. Tous les pays du monde disposent d'une police ...

D'où vient cette exaspération? Au risque de paraître caricatural, j'exprimerai mon analyse de la manière suivante :
- la plupart du temps "on" ne parvient pas à mettre la main dessus.
- quand on y parvient, les procédures sont anormalement longues
- quand "on" parvient à les mettre sous les verrous, sitôt         enfermés, "on" les relache ...
- sitôt relachés, "ils" recommencent ...
Donc, ras le bol! Il faut que ça change ... voilà ce que pensent beaucoup de gens.

Pour mieux comprendre la cause des mises en liberté jugées par le commun des mortels comme un peu trop laxistes, il ne faut jamais perdre de vue que les prisons de la République sont tout simplement surchargées ... à tel point que, pour faire de la place, les grâces se succèdent, se traduisant par des remises en liberté anticipées massives (plusieurs milliers à chaque occasion; parmi les principales : l'élection du nouveau Président de la République, le Quatorze Juillet, le Nouvel An, etc ...). Il ne faut pas s'y tromper! Ces événements ne sont que des prétextes. la véritable cause, c'est la sur-population carcérale ...

Ceci m'amène à faire deux propositions (audacieuses?) :
- engager un programme de construction de 100.000 places de prison. Toutes en rase campagne. Sécurisées à souhait, sans craindre de trop en faire. Sait-on qu'aux Etats Unis, toutes proportions gardées (en prenant en compte la population cinq fois plus nombreuse), la population carcérale est néanmoins cinq fois plus nombreuse ? Certes la société américaine, de part son histoire et de par sa structure, est beaucoup plus violente que la société française ou même européenne ... il est donc "normal" que la population carcérale y soit proportionnellement plus importante là-bas qu'ici. Il n'empêche que l'on aura beaucoup de mal à me faire croire que les américains sont un peuple de gangters en puissance au point d'avoir une population carcérale cinq fois plus élevée que chez nous (toutes proportions gardées, répétons-le!).
- engager parallèlement un programme de rénovation des actuelles prisons, si l'objet en vaut la peine. Cette dernière précision mérite d'être faite car il est de notoire que certaines prisons sont dans un tel état de délabrement que la destruction ou leur réaffectation après déclassement est la seule solution raisonnable envisageable. A terme, nous pourrions espérer disposer d'un parc carcéral de  120.000 places ... spacieuses. Soit un quasi-doublement du parc actuel. Le tout pour 1 milliard huit cent millions d'euros (sur la base de 15.000 euros par "place"). Pas de quoi ruiner la République ... D'autant que, au besoin, une partiede ces prisons -modèle pourraient être confiées à l'initiative privée qui en aurait la responsabilité globale, depuis l'investissement jusqu'au programme de réinsertion des détenus.
Initiative privée? Pour les prisons? Eh, bien! Oui! Pourquoi pas? Cela se fait déjà aux Etats-Unis et ça a l'air de marcher. Les évasions sont faibles (puisque le bénéficiaire de la délégation de service public est sanctionné en cas d'évasion de ses pensionnaires) et la réinsertion assez efficace (puisque, pareillement,  le même bénéficiaire est récompensé en cas de réinsertion particulièrement réussie). Les prisons deviennent, en quelque sorte, des "hôtels" d'un genre un peu particulier; l'hôtelier percevant un prix de journée complété par des "primes" de bons résultats.

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James Arly 24/10/2006 17:08

Vous me faites grand honneur (et allez faire exploser le rank machin à vous tout seul !) Merci.

James Arly 24/10/2006 12:39

Pardon pour le lien : Je suis vraiment un béotien en informatique :
http://arlyjames.over-blog.com/article-4224567.html

Jacques Heurtault 24/10/2006 13:08

Je suis déjà allé voir le blog mais je vais y retourner.

James Arly 24/10/2006 09:24

@ Albert : Non votre corps ne vous appartient pas ! Interdiction de vous mutiler pour changer de sexe, interdiction de vendre vos organes : On n'accepte que les donc au guichet (sang, sperme, lactosérum et autres parties molles). D'ailleurs, quand vous mourrez, la loi vous impose de manifester votre intention ferme de ne pas participer à la répartition de vos organes post mortem en vue de greffer des candidats à la survie...
Quant aux drogués, ce n'est pas tant le problème de leur "défonce" à la coke, nicotine ou cacao (qui comme chacun sait défonce le foie), c'est le coût des soins qui posent probème. Qui paye ? Pas le "défoncé"... Alors les dégâts, sur les routes dus notamment, à l'alcool et auxdrogues, dégâts causés à soi-même, mais surtout, ironie du sort aux z'autres et aux équipements communs, c'est sûrment pas le camé qui va les endosser... Donc, en France, Grand pays des Libertés, on interdit. (cf voir mes post sur ces héros méconnus que son les fumeurs sur http://arlyjames.over-blog.com qui reste ironique)

Jacques Heurtault 24/10/2006 09:33

Débat hyper-intéressant ... Tous ceux qui veulent continuer sont invités à le faire. Merci! Il ya ce que l'on souhaite, ce que l'on trouve normal et ... la loi actuellement en vigueur!
 

Albert Nonyme 23/10/2006 12:08

@ James Arly : Le suicide, un crime ? Ce qui voudrait dire que mon corps ne m'appartient pas, mais appartient à l'Etat : je vous laisse imaginer les conséquences juridiques. Poursuit-on les gens pour suicide ? J'aimerais bien voir ça... Le chemin de la liberté passe par les veines du poignet : si le gouvermement interdit même ça, on n'est pas sortis de l'auberge.Quant aux drogués, au cas où ils ne seraient pas responsables de leurs actes au moment où le produit fait effet, ils étaient responsables au moment où ils l'ont consommé. Et puis si il faut mettre les cocaïnomanes en "maison psy" (j'ignore si c'est le bon endroit) pour les désintoxiquer de force (de quel droit ???), pourquoi pas les fumeurs ? Pourquoi pas les drogués du chocolat dont je fais partie ?

Jacques Heurtault 23/10/2006 13:20

Le chocolat, péché mignon! Je ne vois pas pourquoi il faudrait leur payer des cures de désintoxication! Des cures, oui! Mais PAYANTES ...

James Arly 23/10/2006 11:56

Euh.... ! Le suicide reste un crime, autant que je sache. Bon d'accord, s'il réussit, l'action publique s'éteint toute seule faute de prévenu vivant. Et si elle échoue, ce n'est donc qu'une tentative, tout autant répréhensible, sauf à faire application de l'article 64 qui considère que quelqu'un qui n'avait pas toutes ses facultés au moment des faits est exonéré de toute punition...
Quant aux drogues en vente libre, j'avoue qu'à mon sens, ça laisserait pas mal de monde dans la rue en état de "non responsabilité" en cas d'agression.... Autant de gens qu'il faudrait mettre en maison psy pour désintoxication.... Passer d'un budget "prison" à celui de "cinglé", je ne suis pas bien sûr qu'on en finirait pas par les euthanasier "façon nazi" ou stalinienne.
Okay pour la délégation des prisons ! Mais vous qui êtes élus, vous accepteriez qu'une prison, avec son immense emprise foncière continue d'échapper à la Taxe foncière et la taxe professionnelle sur le territoire de votre commune, aux lieux et places de bonnes entreprises issues des 400 Clusters à "Cricri blanc" censées assurer "la croissance à tout prix" ?

Jacques Heurtault 23/10/2006 12:09

Le suicide n'est pas un crime au sens de la loi. C'est un péché "mortel" au sens de la religion chrétienne entre autres. C'est tout.Au sujet des drogues, james, pouvez vous développer? Je ne comprends pas votre point de vue. Moi, je ne veux pas de mise en vente "libre". Je veux simplement que ce ne soit plus un délit d'en consommer ou dans posséder. Je veux que les réseaux mafieux soient privés de leurs bases de dévelopement et de rayonnement.Sur le "marché" occulte", on trouve de la saloperie, des poisons beaucoup plus toxiques que la "came" pure ...  Je reconnais que l'opinion publique n'est pas prête à accepter cette proposition. 

Albert Nonyme 23/10/2006 02:38

Légaliser, pour moi, c'est mettre en vente libre, avec des entreprises qui s'occupent de la production et de la distribution (donc plus professionnellement, avec des économies d'échelle, sans risque légal, donc en effet beaucoup moins cher). Après tout, on a déjà vu des agressions commises par un heroïnomane qui voulait sa dose, mais jamais par un fumeur en manque... Pourtant, les deux sont des toxicomanes ! Le problème, ce n'est donc pas la dépendance, mais bel et bien l'illégalité artificielle.Je suis en tout cas ravi de ne pas être seul à défendre cette opinion !

Jacques Heurtault 23/10/2006 10:21

Les entreprises pharmaceutiques savent évidemment fabriquer ces produits dans des conditions parfaitement saines. Elles peuvent être les importateurs de ces mêmes produits.

Albert Nonyme 22/10/2006 17:27

Et bien ça c'est une proposition audacieuse comme je les aime ! :-) Privatiser les prisons, c'est s'assurer que le travail des geôliers sera bien fait, et peut-être pour moins cher. Combien coûte à l'Etat une journée de détention en France ? Aux Etats-Unis, dans une prison privée, ça coûte environ 30 dollars. Certes, ça met l'année de prison à 10 000 dollars, mais il faut là encore comparer les coûts et les services (taux d'évasion mais aussi dignité des prisonniers). Autre proposition encore plus audacieuse : légalisons les drogues. Je ne parle pas de dépénaliser, ce qui est une vaste foutaise (c'est interdit, mais il n'y a pas de sanction) et déjà le cas pour la simple consommation. Je parle bien de légaliser, c'est à dire de permettre à des entreprises d'en faire le commerce. Ca viderait les prisons (c'est depuis la "War on Drugs" lancée par Nixon que les prisons sont pleines à craquer aux Etats-Unis), ça donnerait de l'emploi aux jeunes des cités (en fait, et quoi qu'en dise la loi, ils font déjà pour beaucoup ce travail, mais il n'est pas reconnu par l'Etat, et ils donc sont comptabilisés de manière erronée comme chômeurs), et enfin, d'un point de vue moral, je ne vois pas de raison d'interdire aux gens de consommer de la drogue. Si le suicide est légal, pourquoi pas la drogue ?

Jacques Heurtault 22/10/2006 19:18

J'ignore complètement la réalité des coûts d'une journée de détenu tant aux Etats-Unis qu'en France. Je tiens donc vos chiffres pour vrais jusqu'à plus ample informé. Je suis parti d'un principe simple : il est plus facile pour l'Etat de surveiller les entreprises qui surveillent les détenus car les détenus sont beaucoup plus nombreux que les entreprises en charge de les surveiller le cas échéant. Il ne s'agit pas de privatiser les prisons au sens où on privatise une entreprise publique. Il s'agit de déléguer une mission de service public (rendu aux citoyens honnêtes, pas aux détenus!)  à des entreprises triées sur le volet et ayant des comptes à rendre à la puissance publique délégataire.Pour ce qui concerne les drogues ... ma réflexion personnelle me conduit non pas à légaliser les drogues mais à les mettre en vente libre dans les pharmacies à des prix défiant toute concurrence. Le but étant  de tuer les réseaux mafieux qui en vivent  tout en  permetant de contrôler les utilisateurs. Ce n'est pas tout à fait la même chose que vous mais ça n'en est pas très éloigné. Le problème  c'est l'opinion publique! elle n'est évidemment pas prête à accepter cette idée.

Jean-Pierre 22/10/2006 11:57

Vous abordez un très vaste problème. Je suis d'accord avec vous pour que l'on construise de nouvelles prisons. L'idée qu'elles puissent même être gérée par des sociétés privées me va tout à fait. On entrerais un peu plus dans l'ére de la délégation de service public. On le fait bien pour les autoroutes, les écoles et que je sache, ça fonctionne plutôt pas mal, non ?

Jacques Heurtault 22/10/2006 12:54

Encore d'accord.... Ca marche même plutôt mieux. La raison en est simple : les structures concernées disposent alors de souplesse. Elles ne sont plus enfermées dans un invraisemblalble carcan de textes qui se contredisent et auxquels plus personne ne comprend rien....