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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Chevènement en campagne ...

15 Novembre 2006, 01:00am

Publié par Jacques Heurtault

Encore issu de Métro, cet article qui traite du positionnement de Chevènement, lequel, on s'en souvient, a déclaré qu'il était candidat à la présidentielle.

Début de citation :

Jean-Pierre Chevènement a donné lundi le coup d'envoi de sa campagne pour 2007, affirmant vouloir sortir la France du "gouffre", tout en laissant la porte ouverte à son retrait si Jean-Marie Le Pen menaçait comme en 2002 d'évincer le candidat de la gauche du deuxième tour.

Sur la scène d'un théâtre parisien, avec en toile de fond une reproduction de la statue de la place de la République, l'ancien ministre a donné sous les applaudissements de quelque 300 supporters le ton de sa campagne: "Il faut sortir la France du gouffre où elle a été jetée".

Reconnaissant que la "tâche sera difficile", il assure que "les attaques les plus basses ne (lui) font pas peur" et s'en prend "aux dirigeants socialistes qui (l'ont) transformé en bouc-émissaire de leur échec" en 2002.

Mais l'ancien ministre, dont les 5,33% des voix à la dernière présidentielle lui ont été amèrement reprochés par le PS après l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour, n'entend pas "refaire toutes les fautes commises" alors.

Il assure d'ailleurs vouloir éviter un nouveau 21 avril: "Si Le Pen obtenait par malheur ses parrainages, ce qu'on ne doit pas souhaiter, et s'il paraissait en mesure d'empêcher un candidat de gauche au deuxième tour, je préconiserais la réunion de tous les candidats de gauche", a-t-il affirmé.

"Dans cette hypothèse, je prendrai mes responsabilités et j'attends que chacun prenne les siennes", a-t-il dit, allusion à un possible retrait de la course au profit du candidat PS.

Crédité dans un dernier sondage CSA de 4% des intentions de vote, M. Chevènement promet aussi de se désister en faveur du candidat de gauche le mieux placé au second tour: "La règle de désistement doit s'appliquer à tous".

Il refuse cette fois de renvoyer dos à dos, comme il l'avait fait en 2002, la gauche et la droite, même s'il n'est pas avare de critiques à l'encontre du PS, qualifié d'"ambigu sur l'Europe" "inexistant sur l'analyse de la mondialisation", "peu réaliste sur l'énergie" et "dangereux sur l'aspect institutionnel".

Il est plus conciliant à l'égard de deux des trois présidentiables PS : Laurent Fabius qu'il rejoint sur "le gouvernement économique de la zone euro", et Ségolène Royal avec laquelle il est "assez d'accord sur la question de la délinquance des mineurs et de la Nation républicaine". Mais avec Dominique Strauss-Kahn, la convergence "sera plus difficile car il est plus libéral".

Il se dit en particulier "sensible au ton" employé à son égard par Ségolène Royal et Laurent Fabius, qui "contraste heureusement avec ceux des dirigeants du PS". Tous deux l'ont appelé à les rejoindre.

"Je ne voulais pas être forcément candidat mais cela supposait que le PS fasse des démarches qu'il n'a pas faites", ajoute M. Chevènement en rappelant la rupture depuis juin dernier des négociations sur les législatives entre le PS et son parti.

Fort de "quelques "300 promesses de parrainages", il a déjà loué pour le 1er janvier 2007 son QG de campagne, 9 rue du Fbg Poissonnière.

Son directeur de campagne sera Jean-Marie Alexandre, numéro trois du MRC, le président de son comité de soutien est Robert Chambeyron, ancien secrétaire général du Conseil national de la Résistance, "tout un symbole", affirme l'ancien ministre.

Fin de citation.

Je suis personnellement touché par le choix de son président de comité de parrainage. Je viens de trouver cet extrait sur le Web de l'Humanité qui parle de Robert Chambeyron et du contexte. Il faut faire le rapprochement avec le symbole dont parle Chevènement.

Début de citation :

Francette Lazard.

Francette Lazard, directrice de l’Institut de recherches marxistes, s’inspirant du débat ouvert par le film « l’OEil de Vichy », déclare d’emblée que « le document brut ne suffit pas à pénétrer dans les réalités contradictoires d’une époque et qu’il y a vraiment besoin de la confrontation des témoins et des historiens pour approcher un objet aussi chaud que l’histoire du Conseil national de la Résistance ».

Rappelant la récente ouverture des archives du PCF, elle affirme que ce n’est pas « la magie des chiffres ronds, des cinquantenaires et autres bicentenaires, qui fait des grandes célébrations des moments si passionnés de confrontations et de débats ». Elle ajoute : « Si ce moment clé de notre histoire qu’est la Résistance suscite actuellement des affrontements aussi vifs », peut-être est-ce parce que la compréhension des enjeux de l’époque - totalement différents de ceux d’aujourd’hui - peut faciliter l’enracinement du peuple français dans les profondeurs de son rassemblement d’hier. L’oratrice note ici que « la qualité des avancées de l’époque : service public, Sécurité sociale, etc., les met sous menace d’être démantelés par le système actuel ». Le programme du Conseil national de la Résistance est en danger aujourd’hui : mieux vaut le questionner avec le regard pluraliste des témoignages et du débat.

Robert Chambeyron

Robert Chambeyron, secrétaire général adjoint du CNR, met en garde : « Un peuple sans mémoire est aussi sans avenir. »

Le 27 mai prochain sera la date du 50e anniversaire de la séance constitutive du CNR, sous la présidence de Jean Moulin. Ce fut le « confluent de toutes les forces saines de la nation ». L’événement, dit-il, « a marqué un tournant décisif dans la lutte : l’espoir change de camp... Le CNR, en même temps que l’instrument déterminant de la lutte pour la Libération, va devenir le garant de la souveraineté nationale. (...) Il mènera une réflexion politique en profondeur qui aboutira, en mars 1944, à un programme progressiste, qui n’est pas celui de tel ou tel parti », mais qui reste notamment marqué par le fait que « c’est dans le peuple que la Résistance a trouvé ses combattants les plus résolus ». Il s’agissait bien, ajoute-t-il, « de créer les nouvelles bases d’une société nouvelle ». Avec, au « programme », une véritable démocratie, la participation du peuple à la gestion et à la direction des affaires du pays ; le droit de vote pour les femmes ; la proclamation du droit, pour tous, au travail ; la nationalisation des secteurs industriels et financiers stratégiques, etc. Robert Chambeyron conclut : « La « guerre froide » et les déchirements au sein de la Résistance n’ont pas permis que soit appliqué dans sa totalité le programme du CNR (...), mais l’esprit dont il s’inspira conserve toute sa validité. »

Fin de citation.

 

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krybaby 15/11/2006 22:48

bel article!!! bravo et trés bien écrit!!!