Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Retricoter la politique agricole commune.

14 Décembre 2006, 23:02pm

Publié par Jacques Heurtault

Le titre est suffisamment explicite ... Il faut repenser complètement la Politique Agricole Commune. Dans un sens favorable à l'écologie ... évidemment!

Voici ce qu'en pense un autre scientifique évoluant dans la sphère de Nicolas Hulot.

Début de citation :

« RETRICOTER » LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE

Par Marc Dufumier, professeur à l’Institut National Agronomique Paris-Grignon (INAPG)

08/07/2005

Paru dans le journal Le Monde le 8 juillet 2005 sous le titre : "La PAC, une politique à repenser radicalement".

Au moment où la présidence de l’Union européenne vient d’être confiée à Tony Blair, et à quelques mois seulement de la prochaine conférence au sommet de l’OMC, qui devrait normalement se tenir à Hong Kong en décembre prochain, nombreux sont les observateurs qui s’interrogent sur le devenir de la Politique agricole commune (PAC). L’accord européen de 2002 sanctuarisant le budget de la PAC jusqu’en 2013 ne risque-t-il pas en effet d’être remis en question, en échange d’une éventuelle suppression (ou réduction) du rabais dont bénéficient jusqu’à présent les Britanniques sur leur contribution au budget communautaire ? Ne risque-t-on donc pas d’assister ainsi au « détricotage » progressif de la PAC à laquelle les agriculteurs français seraient encore très attachés ?

Le problème est que la PAC n’est plus ce qu’elle était à l’origine : une politique destinée à assurer la sécurité alimentaire des Européens, au sein d’un marché commun agricole protégé dans lequel les diverses nations achetaient leurs aliments dans le cadre d’une préférence communautaire. De façon à se plier aux nouvelles règles de l’OMC, les gouvernements européens ont progressivement renoncé à soutenir leur agriculture par le biais de prix rémunérateurs payés aux paysans ; et cela fait déjà plus de six ans que les exploitants agricoles perçoivent principalement des « aides directes » de la part des contribuables européens. Plus grave encore, les subventions ainsi versées aux agriculteurs seront de plus en plus « découplées » de la production à partir de 2006 ; il ne leur sera plus nécessaire de produire pour percevoir leurs « droits à paiement unique (DPU). Tout au plus devront-ils respecter des normes environnementales et sanitaires dont on peut malheureusement craindre qu’elles soient trop souvent inappropriées du fait de leur caractère exagérément uniforme et de leur évaluation bureaucratique.

Ces aides découplées de la production ressemblent finalement de plus en plus au fameux « chèque britannique » et apparaissent fort contestables de plusieurs des points de vue :

> Indexées sur les volumes d’aides antérieurs, elles continueront d’être très inégalement réparties entre agriculteurs et contribueront à perpétuer une injustice flagrante : 78 % des subventions à 22 % des exploitants et 22 % des subventions à 78 % des agriculteurs ; sans compter ceux qui, du fait de produire des fruits et des légumes, n’en auront droit à aucune !

> Devant faire l’objet d’un contrôle rigoureux de la part de fonctionnaires ou autres agents ministériels, les contreparties environnementales qu’auront théoriquement à assumer les agriculteurs risquent fort de ne pas pouvoir être réellement vérifiées ; la fédération majoritaire des syndicats d’exploitants agricoles ne se plaint-elle pas déjà des formalités bureaucratiques et des procédures tatillonnes auxquels doivent déjà se soumettre les agriculteurs ?

> Sans réelle maîtrise de l’offre par le biais de quotas de production, ces subventions ne pourront guère mettre fin, du jour au lendemain, à la surproduction de produits agricoles standards ; et le risque est grand de voir l’Europe continuer d’exporter des produits bas de gamme, à bas prix, avec notamment pour effet de concurrencer injustement les agriculteurs les pauvres du Tiers-Monde, par le biais d’un dumping déguisé, et d’accélérer l’exode rural dans les pays du « Sud ». Les gouvernements du Brésil et d’Argentine ne manqueront donc pas de les dénoncer de nouveau, même s’il s’agit d’abord pour eux de défendre leurs exploitants latifundiaires, lors des prochaines rencontres de l’OMC.

N’en déplaise à leurs défenseurs, les aides directes découplées de la production, illégitimes et difficilement applicables, vont sûrement devoir être remises en cause sans attendre 2013. Sans doute la Commission de l’Union européenne serait-elle donc bien inspirée de préparer de nouveaux accords, plus conformes aux intérêts des agriculteurs et des consommateurs européens, avec pour objectif de faire en sorte que les paysans puissent vivre et travailler dignement au « pays », en bénéficiant de prix justes et rémunérateurs, grâce à la fourniture de produits de grande qualité (produits certifiés, bios, fermiers, d’appellation d’origine contrôlée, etc.).

D’où l’idée de redéployer le montant des aides actuellement versées directement aux producteurs sous une toute autre forme, en subventionnant l’achat de tels aliments de qualité par la restauration collective et les associations de solidarité, de façon à :

> Relancer la demande de ces produits et en augmenter ainsi le prix payé aux producteurs ;

> Ne pas handicaper pour autant les familles de consommateurs les plus pauvres, dont leurs membres auraient enfin accès à des aliments de grande qualité, grâce aux subventions accordées à la restauration collective ;

> Contribuer à « l’éducation au goût » des écoliers, collégiens, lycéens, étudiants et jeunes

travailleurs. De telles subventions à la restauration collective, visant à promouvoir le développement d’une agriculture de qualité, auraient par ailleurs le mérite d’être pratiquement inattaquables dans les enceintes internationales, car beaucoup de pays (à commencer par les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et l’Argentine) sont déjà contraints de subventionner l’achat d’aliments par les familles les plus pauvres de leur population. Le parlement des Pays-Bas vient déjà de voter une loi sur l’alimentation dans la restauration collective, applicable à partir de 2007, allant dans ce sens. Les subventions pourraient d’ailleurs être distribuées par d’autres instances que le FEOGA ou les ministères de l’agriculture nationaux. Sans doute les collectivités territoriales pourraient-elles commencer à subventionner les établissements où l’on pratique la restauration collective et dont elles ont la responsabilité, tout comme le font d’ores et déjà certaines mairies (Lorient, Paris, etc.), quitte à demander ensuite des transferts financiers d’un même montant dans le cadre des négociations sur le financement de la « décentralisation ».

En prévision de la prochaine conférence de l’OMC qui se tiendra en décembre prochain à Hong Kong, il conviendra aussi de tout faire en sorte pour que :

> Il soit reconnu aux pays du Tiers-Monde le droit de protéger leur agriculture vivrière par des droits de douane (protection tarifaire) à l’entrée des céréales en provenance des pays industrialisés, de façon à ce que leurs paysans puissent bénéficier de prix rémunérateurs, incitatifs et stables : le droit pour ces nations de faire ce que l’Europe des six a fait, avec succès, avec la politique agricole commune dans les années 1960 ;

> Il soit reconnu à l’Europe de promouvoir et protéger dans ses divers terroirs une agriculture nourricière de qualité, au moyen de filières de production, transformation et commercialisation, soigneusement certifiées (filières biologiques et labellisées sous contrôle interprofessionnel et citoyen, appellation d’origine contrôlée, etc.).

Il conviendra d’être d’autant plus vigilants qu’au cours de ces négociations, vont être réunis les différents thèmes de discussion en cours, et notamment celles concernant les services, la propriété intellectuelle (brevets, labels, marques, etc.), l’exception culturelle, et l’agriculture. Le risque est grand,dans ces conditions, que pour protéger les crocodiles sur nos chemises (défense des marques), la France et l’Europe renoncent à défendre leurs fromages fermiers et leurs produits à appellation d’origine contrôlée, sachant que les appellations à dénomination géographique sont déjà fortement combattues par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique.

Fin de citation.

Commenter cet article

Daniel 15/12/2006 23:04

Bonsoir Jacques,
Je vous lis tous les jours. J'apprécie votre blog mais sur un point précis, vous n'êtes pas pro : quand on lit les commentaires qui suivent un article, on n'a pas d'autre possibilité de retour sur les articles antérieurs que de revenir sur les pages précédentes. C'est pénible.
Puis-je vous donner 2 conseils ?
Mettez un lien sur le titre du blog. Il suffit de le sélectionner et de lui attribuer comme lien l'adresse de votre blog. Ainsi, on clique sur le titre et on revient à la page d'accueil. C'est une façon de relancer le blog.
A la fin de chaque article, placez un mot ou expression (ex : retour ou haut de page...). Sélectionner cette expression et mettez-lui comme lien l'adresse de votre blog (comme précédemment). Ainsi, quand on termine la lecture d'un article assez long ou celle du 3ème ou 4ème artlcle, inutile de remonter avec l'ascenseur. Un clic sur l'expression en bas de page et c'est le retour immédiat vers la page d'accueil. Une autre façon de relancer votre blog.
Tous les sites et blogs utilisent ces petites astuces qui les rendent plus agréables à parcourir.
Excusez-moi pour ces petites critiques mais c'est dans le but de vous rendre service.
Cordialement.
Daniel

Jacques Heurtault 16/12/2006 08:41

Bonjour Daniel,Je vous remercie de votre confiance. J'y vois la preuve que la facilité n'est pas la meilleure voie pour fidéliser les lecteurs. Car j'ai conscience que mes articles ne sont pas toujours d'une lecture aisée compte tenu de leur contenu.D'où le grand intérêt que je porte à vos suggestions. Elles doivent effectivement faciliter la navigation.  Je vais m'efforcer de les mettre en oeuvre. A la vérité, je dois de reconnaître que je ne suis pas capable de le faire moi-même car je ne maîtrise pasl'outil informatique pour cela. Aisi, c'est mon fils qui a procédé, sur la base de mes indications, au "relookage" de mon blog ... et je l'en remercie vivement.Je vais transmettre ...Et le fond des articles? Le contenu? Mes propositions sont-elles réalistes? Votre point de vue m'interesse. 

Jacques Heurtault 15/12/2006 18:37

Malheureusement le lien ne fonctionne pas!

totor 15/12/2006 09:43

Rien a voir avc la PAC, mais cela ne manquera pas d'interesser un bloggeur politique actif:Observatoire 2006-2007 de la netcampagne présidentiellehttp://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/netcampagne.asp