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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Un de mes désirs d'avenir ...

24 Décembre 2006, 03:00am

Publié par Jacques Heurtault

Je viens de recevoir une invitation à m'exprimer sur les forums participatifs de Ségolène Royal.

Il faut noter le changement radical de méthode par rapport à ce qui se faisait autrefois, c'est à dire juste avant qu'elle ne soit investie par ses "camarades" avec le confort que l'on sait (60% dès le premier tour!).

Autrefois, les militants (en réalité, les sous-fifres des "chefs") préparaient un programme (ou un projet ...) que tout le monde approuvait et que personne n'appliquait car il était inapplicable.

Désormais, Ségo pose des questions sur des sujets sensibles et recueille les opinions de tous ceux qui voudront bien fournir des réponses ... Elle en fera ce qu'elle voudra, c'est une affaire entendu mais, au moins, quoique n'étant pas socialiste, j'aurai eu la possibilité de donner mon point de vue sur un sujet par elle choisi.

Voici un exemple :

Sa question :
1. Pourquoi la politique de l’Education Nationale qui visait à l’égalité des chances pour tous n’a-t-elle abouti qu’à une démocratisation en trompe l’œil ?

Ma réponse :
La réponse est toute simple. Elle se trouve dans la question elle-même!
C'est tout simplement dû au fait que l'Education Nationale vit en vase clos. Les enseignants n'ont généralement pratiqué qu'un seul métier : celui d'enseignant. Ils ont commencé à l'exercer après avoir été formés par d'autres enseignants depuis la maternelle jusqu'à l'IUFM ou son substitut ...
Les enseignants, de bonne foi, croient que c'est à eux de définir la politique de l'Education Nationale. Ils prennent l'Education Nationale pour une chasse gardée qui leur appartient à eux et à eux seuls!
Le résultat est simple : l'enseignement dispensé ne répond pas aux besoins de l'économie! On fabrique ainsi des chômeurs ...
La deuxième raison, c'est évidemment le principe d'autorité bafoué quotidiennement ... Un enseignant dans sa classe doit être le MAÎTRE qui sait (ce qui suppose qu'il doit savoir, ce qui n'est pas toujours le cas!). Les élèves qui ne sont pas contents de cette situation peuvent et doivent aller voir ailleurs. Rappelons qu'il n'y a légalement aucune obligation de suivre les enseignements gratuits de la République. Seulement l'obligation pour les parents d'apporter la preuve que l'enfant est éduqué et reçoit un enseignement au lieu d'être exploité dans sa force de travail ... Il s'ensuit que les trublions doivent être maitrisés ou expulsés de la classe.
La troisième raison, c'est le respect des niveaux d'enseignement. Il ne sert strictement à rien de faire entrer en sixième des gamins qui ne savent pas lire couramment et écrire sans trop de fautes (prévoir une réforme de l'orthographe allant dans le sens de la simplification!) ni calculer mentalement ... D'où ce remède simple : faire passer à tous les enfants, à chaque niveau un examen de passage dans la classe supérieure tant il est bien inutile d'apprendre à ce même gamin la règle de trois s'il ne maitrise pas la division à deux ou trois chiffres. 

Voici un deuxième exemple.

Sa question :
Comment rendre à notre université les moyens de l’excellence ?

Ma réponse :
Dans une précédente contribution, j'ai développé, entre autre, l'idée d'une école en prise avec la réalité.
Ce qui est vrai pour l'école est encore plus vrai pour l'enseignement supérieur ... L'enseignement universitaire fait partie intégrante de l'enseignement professionnel. Notre université (c'est à dire tous les établissements d'enseignement supérieur qui reçoivent d'une façon ou d'une autre de l'argent public) doit former des professionnels compétents. C'est à dire des professionnels répondant aux besoins des entreprises, y compris des besoins à long terme qui ne sont pas forcément exprimés par ces entreprises ...
Faire admettre cette notion élémentaire à des enseignants du supérieur qui reçoivent la totalité de leur rémunération de la seule puissance publique est un véritable défi pour ne pas dire une chimère ...
Il faut donc que nos établissements d'enseignement supérieur disposent de leur plus totale autonomie y compris dans la définition des programmes d'enseignement et des matières et techniques enseignées.
Il faut donc commencer par donner le droit à ces établissements d'aller chercher de l'argent d'origine privée auprès des entreprises qui voudront bien en donner parce qu'elle considéreront que c'est intéressant pour elles de le faire.
Il faut ensuite restreindre les moyens donnés aux universités afin de les contraindre, si elles veulent continuer d'exister, à aller en chercher d'autres ailleurs ( c'est à dire auprès des entreprises ...)!
Le défi doit être le suivant : tu bouges et tu t'ouvres sur le monde réel ou bien tu meurs ...

Avant ça, Ségo lance le débat en en fixant le cadre par un constat presque lapidaire. Puis, elle pose des questions au nombre de huit.

Voici ce que cela donne :

Début de citation :

Notre système éducatif ne remplit plus sa promesse d’égalité républicaine : près d’un jeune sur cinq le quitte sans diplôme ou qualification reconnus. L’égalité des chances est pour partie un leurre et la ségrégation scolaire aggrave les ségrégations sociales et spatiales. Malgré le dévouement des personnels, malgré l’espérance des parents, malgré des réussites qui démentent le déterminisme social. Les moyens mobilisés pour les ZEP n’ont pas été à la hauteur du rattrapage voulu lors de leur création par la gauche. Hors rémunérations des personnels et bourses aux élèves, les établissements de ZEP restent plus pauvres que les autres.

Notre université est une des plus pauvres de l’OCDE. Nous consacrons moins de moyens par étudiant que par lycéen, ce qui est une situation unique. Nous devons donc remettre à niveau notre université, afin qu’elle trouve sa juste place en Europe et dans le monde. Par ailleurs trop d’étudiants s’engagent dans des filières qui ne pourront leur offrir les débouchés qu’ils attendent. Il est donc indispensable de mettre en place une orientation qui permette à chaque étudiant de faire en toute connaissance de cause ses choix.

L’accès au premier emploi est déterminant, aujourd’hui, il y a trop d’inégalités entre les jeunes. Accéder à un premier emploi ou à un stage rémunéré dépend souvent des relations dont bénéficient les jeunes en raison de leur milieu social et auxquels les entreprises ne donnent pas suffisamment leur chance. Autre facteur aggravant, notre marché du travail se caractérise en outre par un recours aux formes précaires de contrat de travail plus important que dans la moyenne des pays européens.


1. Pourquoi la politique de l’Education Nationale qui visait à l’égalité des chances pour tous n’a-t-elle abouti qu’à une démocratisation en trompe l’œil ?

2. Comment aider tous les enfants à faire une bonne scolarité ?

3. Comment réformer les Zones d’Education Prioritaire ?

4. Comment guider les enfants dans la modernité et les aider à se repérer dans un monde de savoirs diffus, fragmentaires et omniprésents ?

5. Comment rendre à notre université les moyens de l’excellence ?

6. Quelle orientation mettre au service des étudiants ?

7. Comment lutter efficacement contre les discriminations à l’embauche ?

8. Comment permettre à chaque jeune de s’intégrer pleinement dans le marché du travail ?

Fin de citation.

Apparaisent en rouge sombre les deux questions auxquelles j'ai apporté une contribution personnelle.

Souhaitons à Mme Royal qu'elle réussisse son pari que j'exprimerai avec mes mots : jeter aux orties le "projet socialiste", cet espèce de machin dont le seul objectif était de permettre aux adhérents du Parti Socialiste de choisir leur candidat.

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:0026: Niconippon 24/12/2006 16:16

Cher Jacques, une petite sortie hors politique pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année.Amicalement

Jacques Heurtault 24/12/2006 19:34

Merci, Niconippon!A vous et à votre famille de même...Joyeux Noël à tous!