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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Marianne ...

5 Janvier 2007, 23:39pm

Publié par Jacques Heurtault

Ci après l'édito de Jean-François Kahn dans Marianne du 4 Janvier 2007. Jusqu'à présent, ce périodique n'avait pas eu les honneurs de mon blog (en bien ou en mal). Voilà qui va être réparé.

Début de citation :

"Ils disent le « sacre »… Tous les journaux, pour évoquer le choix, par le prochain congrès de l'UMP, d'un candidat, d'ailleurs unique, comme représentant de la droite à l'élection présidentielle, parlent d'un « sacre »… pas d'une élection, d'un sacre ! Et, en effet, quand, dans une république démocratique, a-t-on vu cela ? Non pas mille, ou deux mille, ou trois mille délégués apporter leurs mandats à un prétendant parmi d'autres, mais cinquante mille militants surchauffés plébisciter unanimement leur guide, leur raïs, par applaudissement… Car c'est très exactement ce qui va se passer, et tout le monde le sait déjà ! Un congrès avec cinquante mille figurants, même les staliniens n'osaient pas. Et l'on s'abstiendra de citer la ville où, il y a environ soixante-dix ans, cela se passait ! Paris Match n'a-t-il pas déjà consacré d'ailleurs à « l'homme du destin » une « une » digne de la Roumanie de Ceaucescu ? France 2 ne lui a-t-elle pas affermé 3 heures d'antenne ? N'assiste-t-on pas, jour après jour, à l'utilisation cynique de l'appareil d'Etat, de la bureaucratie d'Etat, des transports d'Etat, des infrastructures d'Etat par celui qui, aux frais de l'Etat, impose de plus en plus, et pas seulement aux médias d'Etat, sa candidature d'Etat ? Jamais, d'ailleurs, le candidat à une élection présidentielle n'exerça en même temps la fonction qui consiste à organiser les élections présidentielles.

Faire virer le patron d'un grand journal qui a commis un crime de lèse-majesté, intervenir pour faire nommer une copine dans telle radio, empêcher la nomination d'un directeur de la rédaction qui ne vous plaît pas, s'inviter à la principale télé quand on veut, à l'heure qu'on veut, sous la forme qu'on veut, faire le vide en détruisant ou en éliminant tous ses concurrents, se promener entouré d'une cour et d'une garde personnelle, transformer de nombreux journalistes en serviteurs, mobiliser en sa faveur toutes les puissances d'argent, stigmatiser et agresser systématiquement les contradicteurs… Question : s'agit-il d'un candidat démocrate à une élection républicaine ou d'un apprenti petit César se présentant effectivement à un sacre impérial ? Et si les citoyens que l'on cherche à subjuguer donnaient leur avis !

Jeudi 04 Janvier 2007
Jean-François Kahn
Fin de citation.
Comme c'est souvent le cas avec Jean-François Kahn, il y a de l'exagération dans l'air ... Je ne suis pas certain que Nicolas Sarkozy ait obtenu la peau des personnes citées comme telles dans son édito. Mais, bon! Puisque ça fait débat, alors, débattons!
 
Vos commentaires sont les bienvenus!


Commenter cet article

totor 08/01/2007 18:59

Pour les amateurs de BD, cf "La face karschée de Sarkozy". Tout y est dit de facon caustique mais exacte (et en totale coherence avec les ragots du Canard par exemple). Sarko a effectivement utilisée de son influence  pour nettoyer ou mettre au pas un certain nombre de rédactions;  mais surtout il sait comment nourrir la bete mediatique pour faire parler de lui tous les jours. Ce qui rend le monde médiatique complice, mais pas forcement directement coupable (ou alors de mediocrité et de manque de regard critique). En tout cas, une chose est sure, a quelques exceptions pres, le 4eme pouvoir n'est plus un contre-pouvoir depuis longtemps. Il n'est qu'à voir les revirements du candidats de l'UMP a peine remarques par les medias (communautarisme puis republicain, libéral puis protectionniste et etatique, europeen puis atlantiste) pour deviner le moutonisme du PAF et comprendre que ce candidat n'a, tout comme Chirac en son temps, qu'une seule lanterne pour l'eclairer: l'Elysee quel que soit le discours et le projet.

Jacques Heurtault 08/01/2007 19:49

Je l'ai eu en cadeau de Noël! Intéressant!

Infreequentable 08/01/2007 18:34

Bonsoir et excusez moi d'intervenir si tard dans ce débat. D'autant que je ne lis pas J-F. Khan, pour des tas de raisons : Il m'insupporte...
Par contre j'ai regardé la fin de l'émission d'A. Chabot : Une rigolade à n'en plus finir ! Trop drôle ! C'est cette même émission qui avait inspiré à un ex-blogueur deux articles (disparus depuis) que j'avais bien apprécié : Le : "Alors, je vais vous dire deux choses, si vous me le permettez Madame Chabot" et "Il faut descendre le chien" !
En bref, nous avons eu "le maître du Verbe" en la personne de Mitterrand avec le terrible "vous ne pourrez jamais prouver que j'ai tort" donc j'ai raison (contre Chirac, puis, plus tard, contre Séguin). Puis nous avons été vaccinés à "la pensée unique", du temps de l'inénarrable Balladur. Nous avons désormais la "parole unique" : on ne pense plus, on cause... Et pour dire quoi ? Pour tenir des propos populistes que même Le Pen n'a jamais pu tenir, que Poujade en aurait tapissé de joie tous les murs de chez lui : De rupture, d'idée neuve, il n'y en a plus nulle part !
Le français est désormais totalement anesthésié, lobotomisé : c'est ahurissant, mais c'est comme ça ! Il n'y a guère que sur votre blog et quelques-uns d'autres, mais sûrement pas dans la presse, y compris Mariane, que l'on retrouvera une once de sens critique, voire un peu de bon sens commun pour causer des "affaires publiques", de la "chose de tous"... Absolument navrant !

Jacques Heurtault 08/01/2007 19:48

Je m'emploie, effectivement, à produire des idées neuves! J'ai un écho ... qui reste faible. trop faible! Toute publicité est la bien venue!

jasmin 07/01/2007 18:47

Ah....vous aussi ?!

Jacques Heurtault 07/01/2007 19:49

Daniel ne l'a pas dit mais je vais le dire à sa place : il est ségolèniste et ... c'est son droit le plus strict! Bienvenu au club des débatteurs infatigables, Daniel!

Daniel Heurtault 07/01/2007 18:31

L'article de JFK semble susciter pas mal de commentaires. Ses coups de gueule sont salutaires mais il exagére parfois. Il a toutefois raison, de mon point de vue,  concernant les exibitions médiatiques de Sarko. Y en marre de ce ministre-candidat qui promet de faire ce qu'il est incapable de réaliser depuis des années!

Jacques Heurtault 07/01/2007 19:27

A cela, il lui est facile de répondre que c'est de Villepin et Chirac qui l'en empêchent.

Jean-Pierre 07/01/2007 17:09

Tout à fait d'accord Jacques. Le hic, c'est que si elle ne présente pas d'autre projet que celui du PS, elle n'aura pas ma voix. Ça c'est sûr. Aussi sûr que la guerre de sécession a cessé (clin d'oeil) ! Il est possible qu'elle soit obligée de s'appuyer dessus pour espérer être élue par les « Forces de progrès ». on verra. Il reste encore trois mois.

Pour être franc, j'espère que les choses vont changer, mais je ne suis pas optimiste.

Jacques Heurtault 07/01/2007 17:18

C'est aussi mon souhait! Je suis plus optimiste que vous ... Car si ça ne change pas, ça craint pour tous les républicains sérieux (en gros : Bayrou, Royal, Sarkozy). Mon voeu : que ces trois-là fassent, ensemble, au soir du premier tour , 80% des exprimés et/ou 60% des inscrits! Je rêve peut-être mais ce n'est pas (encore) interdit ...  

Jean-Pierre 07/01/2007 12:34

Aurélien, je suis assez d'accord avec vous, finalement, à des détails près, toutefois. J'ai du mal à imaginer F. Bayrou en incarnation de la rupture. Je ne vois pas où il propose de solutions nouvelles, justement. S'il arrivait avec un programme permettant une réforme de la vie politique en France, une véritable réforme de l'État, alors, il serait assurément mon candidat favori. Pour le moment, ce n'est pas le cas...
Bonne journée

Jacques Heurtault 07/01/2007 15:21

Si Mme Royal continue à tenir sa ligne, on peut dire qu'elle incarne la rupture car elle propose une différence de méthode et non pas d'objectif. Sera-t-elle capable de revoir en profondeur le "projet socialiste" (qui s'inscrit dans la continuité la plus ringarde du Parti Socialiste)? Je l'ignore. J'ai écouté dans son intégralité sa présentation des voeux aux Français : pas grand chose à voir avec ce que j'ai compris du "projet socialiste". C'est donc de bon augure ... Comment va réagir l'électorat? Notamment cet électorat "traditionnel de gauche"? Je n'en sais rien!

jasmin 07/01/2007 11:41

Et le cumul des mandats ? Ca n'avait pas été interdit ?
Mais peut-être que ça a été aboli et que je l'ignore.

Jacques Heurtault 07/01/2007 15:14

Le cumul des mandats n'a pas été interdit! Il a été légèrement restreint ... A chaque fois que l'on veut le mettre en débat, il se trouve une bonne âme pour soutenir qu'il faut que un élu national ait un mandat local ... pour garder le contact avec le terrain! Il s'agit d'un argument parfaitement hypocrite. Si un élu a à choisir entre un mandat de maire et un mandat de député, il choisira le mandat de maire car il dispose, ainsi, d'un vrai pouvoir opérationnel personnel et individuel. Il est le "chef". Alors qu'avec un mandat de député, il ne compte que par rapport à une majorité, c'est à dire par rapport à un collectif (un dans un ensemble de 200, 300 autres ...). 

Aurélien Royer 07/01/2007 10:10

D'abord, je soulignais qu'il y avait décalage entre les paroles (je suis la rupture) et les actes (il cumule quand même une mairie, une présidence d'assemblée et un ministère)...
quant à savoir qui incarne cette rupture, il est vrai que la question est délicate. La réponse n'est en tout cas pas à chercher du côté du PS, du PCF ou du FN. Peut-être François Bayrou propose-t-il plus d'innovations, de solutions nouvelles. En tout cas, il a su se positionner sur le problème médiatique, que nous regrettons tous !

Jacques Heurtault 07/01/2007 15:07

Tout le monde comprend bien que nous sommes à l'aube de changements importants ... Face à cela, il y a les conservateurs, voire les réactionnaires ( l'extrême gauche et l'extrême droite qui ne veulent pas que ça bouge, qui veulent que l'on revienne à la situation d'avant) et il y a les partisans de l'avenir, les partisans du mouvement, ... ceux qui comprennent qu'il faut que ça bouge, et qu'il faut que cela se fasse avec nous faute de quoi ça bougera quand même mais sans nous!Sarkozy n'est pas maire de Neuilly! Mais cela ne trompe personne : rien à Neuilly ne se fait sans que Sarko ait donné son feu vert ...

Jean-Pierre 06/01/2007 20:40

République bananière, c'est vite dit, mais ça en a quand même un peu le goût.

Monsieur Royer, je veux bien que vous me disiez où vous voyez la rupture du côté des candidats à cette présidentielle, puisque Sarko, vous le dites, ne l'incarne pas.

Qui d'après-vous l'incarnerait plutôt ?

Bon dimanche

Jacques Heurtault 06/01/2007 23:09

Bonne colle!

jasmin 06/01/2007 19:39

@ Patrick

"On se croirait presque dans une république bananière".

Mais nous sommes dans une République bananière !

Jacques Heurtault 06/01/2007 23:08

 ... de Côte d'Ivoire, of course! Car elle sont beaucoup plus grosses ... On en prend plein la citrouille! Et on est obligé de manger la peau. Beurk!

Patrick 06/01/2007 19:05

Bonsoir Jacques,
Vous semblez isoler un seul reproche fait à Sarkozy : rester au gouvernement.
L'essentiel n'est pas là. Ce qui me paraît nettement plus grave, c'est ce matraquage médiatique pour convaincre les citoyens qu'il est incontournable, que c'est le meilleur (avec Ségolène car elle bénéficie à peu près du même traitement), qu'il est (déjà ?) élu ou presque...
On se croirait presque dans une république bananière. C'est probablement exagéré, j'en conviens. Mais il me semble que la démocratie est en danger.
C'est exactement ce qui s'est produit lors de la campagne sur le référendum. Tous les médias nous incitaient à voter OUI. Elkkabach, lui, a clairement annoncé la couleur : il n'invitait que des partisans du OUI...
Ce n'est pas sain dans une démocratie d'un grand pays comme le nôtre. Voilà pourquoi je soutiens "le vrai débat". Tout ce qui peut servir à échanger me paraît indispensable. Nous avons besoin d'une campagne plurielle.
Qu'en pensez-vous Jacques ?

Jacques Heurtault 06/01/2007 23:05

Je suis parfaitement d'accord avec vous! Vous avez d'ailleurs pu constater que j'interviens régulièrement sur le site "Le Vrai Débat" par mes commentaires. Je ne mâche d'ailleurs pas mes mots. Leurs arguments sur le fond (attaques contre l'Euro notamment) sont très très faibles . Le seul qui tient vraiment la mer, c'est celui que vous évoquez : surmédiatisation de Sarko et de Ségo. Mais il faudrait en venir au contenu même des arguments de ces deux-là ... J'attends toujours! Personne ne peut décemment soutenir que Sarko et Ségo c'est la même chose! Par contre, on peut légitimement soutenir qu'il y en a d'autres que ces deux-là ... je constate, pour le déplorer, que la Gauche anti-libérale n'a pas été capable de se mettre d'accord sur UN nom! J'aurai bien voulu, pourtant que cela se fasse : je me serais fait un plaisir de rentrer dans le choux du "porteur" de la Gauche anti-libérale ... Je les ai, me semble-t-il, assez bien étrillé dans mon article "Hérésie et démagogie"...   

Aurélien Royer 06/01/2007 16:32

Je comprends votre point de vue mais reconnaissez que pour quelqu'un qui veut incarner la rupture, aussi bien au niveau des solutions que de la méthode, il n'y a justement aucune rupture... Il n'en reste pas moins que pour les précédents cas, similaires, que vous signalez, les prétendants "auraient dû" aussi quitter leur fonction (je mets des guillemets car vous connaissez comme moi l'écart entre les paroles et les actes).

Jacques Heurtault 06/01/2007 22:54

Il est inconcevable que le Président sortant, s'il est à nouveau candidat, démissionne de son poste quand il entre en campagne! Cela provoque, constitutionnellement, une nouvelle élection présidentielle dans un délai extrêmement court (20 jours au moins et 35 jours au plus pour la tenue du premier tour ...). C'est un mauvais procès que l'on fait à Sarkozy. Il y a bien assez de critiques à formuler sur ses idées et son programme (pour ceux qui n'y adhèrent pas) sans venir inventer des "arguments" de cette nature ...

Jean-Pierre 06/01/2007 16:00

Ça, oui, J.-F. Kahn à un grande g**** ! Ça n'est pas nouveau et on ne le changera pas maintenant ;-))

Ceci dit, je suis toujours étonné qu'on le présente toujours comme le diable. Mitterand en 1988, Jospin en 2002, n'ont pas démissionné de leur poste de président ou de premier ministre.

Jacques Heurtault 06/01/2007 16:06

Exact! La critique est donc infondée ...

Aurélien Royer 06/01/2007 13:04

Cher Jacques,
 

moi qui suis un lecteur assidu de Marianne, qui offre sincèrement un peu d'oxygène et beaucoup de plaisir à ses lecteurs chaque semaine. La rédaction, composée d'excellents journalistes dans (presque ) tous les domaines, nous offre vraiment des informations solides, une critique toujours très pertinente de l'actualité et... des personnes. Sarkozy est l'une de leurs cibles favorites car malgré l'exagération de Jean-François Kahn (qui fait, d'une certaine façon, le charme de sa plume), la descpription du ministre de l'intérieur, en total décalage avec ce que raconte les autres médias, est particulièrement fidèle.
 

Un homme qui est le seul prétendant à l'investiture de son parti, qui impose ses idées en s'attaquant à ses adversaires (et ses fidèles lieutenant savent qu'il s'agit de son point faible), qui cumule désormais quatre fonctions et qui prétend incarner la "rupture", tout en étant un membre actif du gouvernement dont le bilan est loin d'être satisfaisant. Notez qu'il n'y a pas vraiment rupture dans la façon de faire de la politique: ce qui ne veut pas dire que ce soit le cas pour Ségolène !!
 

Concernant enfin l'émission d'Arlette Chabot (A vous de juger, le mois dernier), il est vrai que près de trois heures de débat, au cours duquel les invités ont ciré les pompes du ministre, n'avait rien de passionnant. Moi qui m'efforce de egarder tous les candidats (même de l'autre camp que le mien), sans a priori, je vous avoue avoir arrêté mon poste de télé après 1h15 d'émission. Celle-ci devait durer deux heures, sur quatre thèmes (donc, une demi-heure pour chaque, sauf erreur...): or, à 22h15, il était encore question d'insécurité, d'immigration.
 

Pour un journaliste, il est curieux de consacrer à un candidat à la présidentielle (qui est censé parler de tous les domaines) plus d'une heure au seul sujet qu'il semble maîtriser (car, vous trouverez dans Marianne, une fois par mois, un baromètre de la sécurité, qui est plus souvent dans le rouge que dans le vert !!). Cet hebdo de qualité apporte franchement une info hors de la pensée unique et on en a bien besoin.
 

Au fait, j'ai répondu à votre commentaire concernant mon article sur les candidatures à l'Elysée, en particulier celle de Le Pen.
 

Amicalement et bon week-end, Aurélien.
 

Jacques Heurtault 06/01/2007 16:05

N'ayant pas vu cette émission (Arlette Chabot), je ne puis rien en dire! Je persiste à penser que la critique relative au maintien en fonction au sein du Gouvernement de Nicolas Sarkozy ne me choque pas ... En 21002, Chirac est resté jusqu'au bout! Jospin également ... Personne, à l'époque, n'a rien trouvé à y redire ...  Cela rend caduque la critique à l'encontre de Sarkozy, surtout quand elle vient de personnes qui n'ont pas, en d'autres temps (cf supra), émis la même critique envers d'autres.