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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Sur les traces de Simon Bolivar. Troisième partie : Cali

2 Février 2007, 19:37pm

Publié par Nadine Goossens

Comme promis, voici la suite des récits de voyages en Colombie de Nadine Goossens ...

Aujourd'hui, Cali ...

Début de citation :

CALI ...ville culturelle.
 
 
 
Au Sud-Ouest de Bogota, dans la Cordillère occidentale, s'étend Cali la tropicale.
On se rapproche de l'Equateur, cercle et pays.
La ville fait partie des grandes métropoles modernes et est baignée par le Rio Cauca, fleuve dont l'importance économique est indiscutable.
Il y a de très nombreuses liaisons aériennes qui relient Bogota à Cali. Le vol est court et dure à peu près trois quarts d'heure.
Heureusement que l'avion permet des liaisons aussi fréquentes que rapides, car la géographie ne n'y prête vraiment pas.
 
A bord des vols nationaux, l'ambiance est très différente de celle des lignes françaises ou européennes. Délirante même. Oui, on peut dire ça.
Dès l'entrée dans l'avion, les passagers posent sur leur fauteuil leurs objets personnels, et rangent dans les coffres les sacs plus volumineux.
Puis tout le monde se retrouve dans l'allée centrale, assis éventuellement sur les accoudoirs et taille la babaille. Le personnel naviguant se fraie un passage, imperturbable. Les passagers rejoignent momentanément leur place une fois la porte verrouillée. En l'air, dès que le "fasten seat belt" retentit et s'éteint, ils se lèvent et reprennent leur position initiale, poursuivant la discussion suspendue.
Les hôtesses ne se précipitent pas avant le décollage pour fermer les portes des coffres à bagages et ça ne gêne personne qu'ils restent ouverts tout le voyage. Elles s'installent sur leur strapontin et discutent entre elles. Pourquoi faire et défaire ?
 
Une fois, j'ai pourtant été prise d'un fourire. La porte des toilettes, qui s'ouvrait vers les passagers n'était pas fermée et, pendant la montée de l'appareil, elle venait se ficher contre les genoux du passager assis juste en face. Ce monsieur, plongé dans son journal, gardait la jambe tendue, pied sur la porte, pour la tenir contre la cloison et sans doute pour échapper à la vue imprenable sur les cabinets.
Il n'y avait que moi qui en riais (le plus discrètement possible), les autres passagers et membres d'équipage n'en éprouvaient pas la moindre émotion.
Mais croyez-vous qu'une fois les ceintures débouclées, cette porte ait été fermée ? Non ! ...puisque lors de la descente ça ne poserait pas problème, pourquoi le faire ?
 
Lors d'une liaison Cali/Medellin, les hôtesses nous servent à tous du champagne. Du vrai champagne !
Je l'interroge sur la raison de cette bienveillante attention et elle me répond, ainsi qu'à d'autres, que : "Mr Adolfo Suarez est à bord et offre le champagne à tous les passagers. Et tout à coup...tout le monde applaudit pour le remercier. Mr Suarez s'est levé et a salué.
(A.Suarez : homme politique espagnol que je retrouverai bien par hasard dans un 747 d'Avianca de retour sur l'Europe. J'ai discuté un moment avec lui. Il parle impeccablement français).
 
Ce sont des situations impensables chez nous.
 
Mais je ne boude pas mon plaisir à vous raconter la plus cocasse. Je ne suis pas sûre de vivre deux fois ça dans ma vie.
Lors d'un embarquement à Bogota, pour Cali, nous sommes bien trop nombreux en salle d'embarquement. En d'autres termes, il n'y a pas assez de places à bord.   Ont-ils changé de type d'appareil au dernier moment ? On ne se saura jamais.
Le personnel a donc invité de nombreux passagers mécontents à prendre l'avion suivant, et ils sont sortis de la salle.
Toujours est-il qu'on n'embarquait tout de même pas.
L'équipage était réuni au complet en salle d'embarquement. Un monsieur exubérant s'expliquait avec eux.
Nous restions tous assis sur les fauteuils, occupés à suivre la scène. Et la palabre a duré au moins une heure ! Crescendo, decrescendo, forte, piano, pianissimo.....
Ce passager avait acheté un fauteuil "Emmanuel" tout enturbanné de papier kraft. Vous connaissez sans doute : il s'agit d'un fauteuil en osier avec accoudoirs et dossier arrondi très élevé, aussi beau que sympathique.
Je ne sais pour quelle raison il n'avait pas été embarqué en soute, mais le gars était déterminé à le prendre en bagage accompagné. Dans la salle les gens souriaient ou riaient franchement. 
Le plus drôle reste à venir. Impayable !
 
Il a négocié avec les pilotes, de déboulonner le fauteuil situé à côté de la porte d'entrée de l'appareil , et d'y poser son fauteuil Emmanuel.
Une équipe d'ouvriers s'est amenée et ainsi dit, ainsi fait. Le fauteuil légitime est resté dans un coin de la salle d'embarquement.
Une fois le fauteuil, objet du litige, installé dans l'appareil, nous avons pu procéder à l'embarquement. Résultat : 2h00 de retard au décollage.
Et alors ? On s'en fait pas pour si peu.
 
Revenons à Cali.
Il y fait chaud et humide. C'est une ville moderne, bruyante, plantée de gratte-ciel entourés de jardins publics. La population métissée est estimée aujourd'hui à 1 600 000 habitants. Les femmes sont grandes et belles. Cali s'enorgueillit de posséder les plus belles femmes de Colombie.  
Peu de temps avant d'atterrir, ce qui surprend d'abord, sont les rizières qui s'étendent à perte de vue, de même qu'un large panel de couleur verte. On dirait des touches de peintures jetées par-ci par-là. C'est très artistique.
Nous investissons la région de la canne à sucre. Attention aux serpents qui s'y cachent.
On la récolte deux fois par an. Le sol est très fertile.
Les flancs des collines qui bordent Cali sont garnis de bougainvillées et de ficus.
Des petites maisons blanches et bleues s'y agrippent. C'est très coquet et curieux à la fois.
Les artères de la ville sont bordées de splendides arbres bienfaisants, tant l'ombre est appréciable.
 
Une autre curiosité toutefois. Face au Siège du gouvernement régional, est érigée l'église San Francisco. Je dis "curiosité", parce que cette construction en briques rouges, dénote complètement des autres immeubles modernes. L'Histoire nous apprend qu'au 19è siècle, de nombreux partisans de l'Indépendance s'y réfugièrent. Juste à côté, se dresse un couvent. A la même époque, il était une importante faculté de théologie et de philosophie.
Le monument populaire le plus célèbre de Cali est la "Torre Mudejar". Construit aussi en briques rouges, je le vois plutôt tel un minaret.
A ne pas manquer : la gare de Cali. De construction relativement récente, son hall abrite une fresque de Hernando Tejada, "Conquête et Développement" . Magnifique !
Et pour les amateurs d'arts, de nombreux musées sont à visiter.
 
J'évoque juste en passant les arènes de la ville dans lesquelles ont lieu les corridas.
La population en est friande. J'exècre ce genre de manifestation.
De nombreuses installations concernant diverses disciplines sportives sont à la disposition des sportifs confirmés ou amateurs.
 
Si Medellin est la ville du Tango, Cali est la ville de la Salsa. Chaque année des concours y sont organisés. C'est absolument fabuleux ! Envoûtant.
Rien que pour admirer à nouveau, j'y retournerais volontiers. En fait, on ne reste pas passif dans une telle ambiance, on la vit même si on ne danse pas, tant la musique vous imprègne et vous fait vibrer.
 
Nadine Goossens 
 
Fin de citation.   

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les couleurs de la démocratie 03/02/2007 04:20

Bonjour, Je ne sais pas si cela correspond à vos idées mais cela pourrait nous aider et aider tous les français de diffuser ce lien : www.lescouleursdelademocratie.com et appeler à signer la pétition pour une égalité du temps de parole des candidats dans les médias. Nous sommes une association apolitique. Merci d’avance !! C.H.

Jacques Heurtault 03/02/2007 08:27

Grande, très grande question! X heures de temps de parole pour Le Pen, X heures de temps de parole pour Laguiller,  autant pour Besancenot, autant pour Buffet, autant pour de Villiers, autant pour Dupont-Aignan, ains de suite ... En clair, votre demande, c'est X heures pour la candidate du P.S et CINQ fois plus de temps de parole pour les candidats d'extrême gauche qui, ensemble, vont réaliser le score mirobolant de 10 à 12 %Pareillement, X heures pour le candidat de l'UMP et 2 fois plus (au moins) pour les autres candidats de la droite républicaine (Dupont-Aignan et de Villiers) etc ...Vous vous rendez bien compte que votre proposition ne tient pas la mer ...Je propose un nombre d'heures de temps de parole et d'écriture (tous médias confondus)  strictement proportionnel au nombre de députés qui parrainent le candidat ... Ou bien, un mécanisme d'apparentement tel que X heures pour l'extrême gauche, X heures pour la gauche de gouvernement, X heures pour le centre, ainsi de suite ..., X heures pour l'extr^me droite ...Vous comprenez bien que, autant il faut combattre le quasi monopole que détiennent les deux principaux candidats, autant il faut tenir compte du poids politique vraisemblable.Question difficile, j'en conviens! 
Je viens de visiter votre site. vous y parlez d'équité de traitement (et non d'égalité) et vous reconnaissez que tous les candidats ne peuvent bénéficier du même temps d'antenne car certains ont un poids politique plus important. C'est un positionnement différent qui pourrait presque me convenir ... sauf que vous semblez vouloir mettre Le Pen à l'écart alors qu'il pèse entre 15 et 20% des voix. Là, je ne suis pas d'accord avec vous. Si Le Pe obtient ses 500 signatures (ce qui n'est pas certain), il doit bénéficier d'un temps d'antenne beaucoup plus important que José Bové qui ne peut guère espérer en obtenir beaucoup plus que 3 ou 4% ....Avec cette réserve, je vais peut-être signer votre pétition.

jasmin 02/02/2007 20:45

Exact et merci.

Pierre Bayle 02/02/2007 19:53

Sympa et dépaysante, cette carte postale de Cali. Elle donne envie de voyager, par le temps qu'il fait ici. Un détail : c'est le fauteuil Emmanuelle (au féminin éternel), du nom de cette jeune femme très libre incarnée par Sylvia Kristel dans le film du même nom. Un grand classique, comme le fauteuil. Cordialement, Pierre.  

Jacques Heurtault 02/02/2007 22:01

Ah, bon! Je ne suis pas le seul à avoir regardé Emmanuelle ... Toi aussi, tu l'as regardée .... Coquin, va!