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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Jean Pierre Chevènement, homme loyal ... sur qui Ségolène Royal peut compter.

1 Mars 2007, 22:45pm

Publié par Jacques Heurtault

Je reproduis ici un éditorial que Jean Pierre Chevènement publie sur son blog et qui révèle assez bien dans quelles conditions s'est fait le ralliement des "éléphants" du P.S à Ségolène Royal ...

Début de citation :

Je réponds avec retard à plusieurs messages, et en particulier à celui de Lionel en date du 23 février, qui me demande « jusqu'à quand je vais avaler mon chapeau » suite à la demande de Lionel Jospin, corroborée par une déclaration publique de Daniel Vaillant, de ne pas me voir figurer dans le « pack » du pacte présidentiel de Ségolène Royal.

Ma réponse sera simple : j'ai demandé à Ségolène Royal
d'être chargé de la « coordination des interventions thématiques » et rien de plus, ce qu'elle m'a accordé. Je pense ainsi à me rendre utile. Dans la phase actuelle, il m'a semblé que le message de la candidate était la chose la plus importante et il me semble naturel de mettre mon expérience à son service. J'aimerais qu'il en aille de même pour tous les autres.

C'est pourquoi la création de « l'équipe du pacte présidentiel », composée de treize dirigeants socialistes, me paraît une bonne chose, en ce qu'elle clôt la phase de tensions internes au PS, liée à la désignation du candidat le 16 novembre dernier. Il aura fallu trois mois pour convaincre les concurrents malheureux de Ségolène Royal de se mobiliser. L'essentiel est qu'ils se mobilisent, y compris Lionel Jospin.

Que celui-ci ait mis comme condition de sa participation le fait de ne pas s'y trouver avec moi, témoigne d'une fixation malheureuse de sa part et d'une incapacité persistante à analyser les causes de son échec. Le fait que seulement 11% des ouvriers aient voté pour lui le 21 avril 2002 devrait le faire réfléchir davantage.

Qu'on le veuille ou non, la gauche plurielle (1997-2002) appartient à l'Histoire et non à la comédie de boulevard ou au spectacle de grand guignol. Il peut être tentant de transformer les problèmes politiques en problèmes moraux : cette approche moralisante des problèmes politiques permet peut-être de préserver un certain capital narcissique. Elle ne permet pas de comprendre la société ni le sens des évènements. De longue date, Lionel Jospin et moi-même avons eu des désaccords : sur le tournant libéral de 1983, sur la guerre du Golfe, sur l'Europe, qu'il s'agisse du traité de Maastricht ou de la Constitution européenne, sur le voile, la Corse, c'est-à-dire sur la conception républicaine de la nation. Cela ne m'a pas empêché de chercher avec lui, de 1995 à 2000, le dépassement positif de ces divergences, ce qui n'a malheureusement pas été possi ble. Je laisse aux historiens le soin de définir les responsabilités. Quand on n'analyse pas les causes d'un échec on est condamné à le reproduire. Heureusement Ségolène Royal a clairement situé l'enjeu : la reconquête des couches populaires et de dépassement du clivage du « oui » et du « non », par le redressement économique de la construction européenne.

L'échec du 21 avril 2002 n'a pas été seulement l'échec de Lionel Jospin, il a été aussi le mien, celui de l'affirmation d'un courant républicain civique dont l'absence manque cruellement à la gauche depuis deux décennies. Non que mon score ait été déshonorant (5,34 % des voix, plus de 1,5 millions d'électeurs). Faut-il rappeler que Bayrou, avec l'UDF derrière lui, a réuni 6,8 % des voix en 2002 ? Mais je suis bien obligé de constater que le maintien de ce courant républicain civique, lancé avec le Ceres, puis « Socialisme et République », puis le Mouvement des Citoyens, le Pôle Républicain, et enfin le Mouvement Républicain et Citoyen, s'est révélé une entreprise difficile même si, sur la longue durée, nous avons pu marquer des points (Irak, Corse, laïcité, Constitution européenne, etc.).

Nous continuons le combat avec Ségolène Royal qui a évidemment besoin d'autres soutiens mais qui a aussi besoin du nôtre, non seulement pour réaliser le dépassement du « oui » et du « non » au projet de Constitution européenne le 29 mai 2005, mais aussi pour qu'en tous domaines la référence aux valeurs républicaines se traduise dans les actes.

C'est en pleine lucidité que j'ai choisi de privilégier, derrière Ségolène Royal, l'union et le rassemblement sur la ligne politique de
l'accord MRC-PS du 9 décembre 2006 plutôt que d'entretenir des polémiques inopportunes. La seule priorité est aujourd'hui de faire élire Ségolène Royal. Après, on verra. Pour le moment, mon chapeau, vous le constaterez à l'occasion, reste bien vissé sur ma tête.  

Jean-Pierre Chevènement

Fin de citation.

Tous ceux qui me lisent savent bien que je suis en désaccord avec le positionnement de Jean-Pierre Chevènement sur la question européenne. Il a soutenu le NON. J'ai soutenu le OUI.

Pourtant, sans que je puisse vraiment savoir pourquoi, cet homme m'est TRES sympathique. Il a, INDISCUTABLEMENT, la carrure d'un chef d'Etat. On pourrait lui confié les clés de la République. On sait qu'il en ferait un usage particulièrement responsable.

Il en fait, dans cet article, la brillante démonstration. Il sait bien que Madame Royal est favorable au OUI. Il la soutient cependant sans la moindre ambigüité. Il s'investit personnellement dans sa campagne, avec une disponibilité et une loyauté que l'on aimerait trouver chez les "éléphants".

Je suis stupéfait d'apprendre que Jospin a mis des conditions pour rallier Ségo ... Ca en dit vraiment long sur la mentalité de cet homme (Jospin) qui s'avère être encore plus imbu de sa personne qu je ne le pensais ...

Je doute que l'Histoire retienne le nom de Lionel Jospin ... Je crois qu'elle retiendra plus vraisemblablement (à sa juste place, c'est à dire pas la première)  le nom de Jean Pierre Chevènement. Et pas en des termes négatifs, loin de là ...

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GM 02/03/2007 14:43

JPC est un homme formidable, parce qu'un homme de conviction. Par pour lui (la preuve : ses déroutes) mais pour le pays ! Il mérite largement qu'on lui tire notre chapeau à nous (si nous en portions) rien que pour cette raison.
Le problème, en effet, c'est qu'il fait parti de ces gens qui ont toujours tort dans leur choix. Avec Mittierrand, il a tojours été l'homme du refus. Or, l'Histoire n'en retiendra qu'un : De Gaulle (mais en d'autres circonstance). Bref il est né trop tôt ou trop tard et pas dans le "bon camp".
C'est du talent gâché... JPC roulant pour Ségo, c'est merveilleux, un vrai conte de fée. Sera-t-il ministre de quelque chose sous Sapin, paraît-il destiné aux plus hautes fonctions, d'après une certaine presse parisienne ? On en rigole par avance ! Le MCR dans la même barques avec les survivants du PSU, aux ordres de la petite souris qui dompte les éléphants, vous avouerez qu'il y a du cocasse dans la situation !
Reste notre choix. Une gauche façon patchwork, plumpudding caviar-rive gauche, ou une droite façon CRS et petites valises de vieux papiers froissés abracadabrantesques ?
Mais est-ce bien là les seuls avenirs du pays qu'on nous propose ?

marc d HERE 02/03/2007 08:36

Je ne crois pas que Chevènement ait la carrure d'un chef d'Etat. Il a toujours eu tort dans tous ses choix (économiques en défendant des positions étatistes, européens, internationaux  en  soutenant l'URSS et Saddam, en refusant la première guerre du golfe, politiques en jouant le PC contre les socialistes ouverts du type Rocard, en soutenant une union de la gauche moribonde, en étant  clairement un candidat de division en 2002 .....). Il a été à différents postes un ministre qui aura laissé bien peu de traces.....
Son alliance intéressée avec Ségolène Royal va contribuer à sa défaite.....Chevènement? non vraiment pas.....

Jacques Heurtault 02/03/2007 09:35

Bonjour Marc!Je vous trouve vraiment sévère ... Vous et moi sommes évidemment bien plus proches l'un de l'autre que de Chevènement ... Vous êtes cependant d'accord pour admettre sans aucune difficulté que Besabcenot, Laguiller et autre Bové sont des guignols de la politique alors que Chevènement, avec lequel je suis en désaccord , n'est pas un guignol.La question de son arrivée à l'Elysée ne se pose absolument pas (ou plus ... ce qui n'est pas tout à fait la même chose).  

Laurent 01/03/2007 23:15

Voilà qui contredit l'idée que vous soutenez vaille que vaille, à savoir que élire un des 3 vaut acquiescement pour le TCE. Croyez-vous que Chevènement est prêt à se renier, lui que présentez comme un homme d'état ?

Jacques Heurtault 02/03/2007 09:30

Je n'ai jamais dit que élire un des trois Bayrou, Royal ou Sarkozy valait acquiescement du Traité Constitutionnel Européen!J'ai au contraire insisté sur le score TOTAL des partisans du OUI AU PREMIER TOUR ....Si l'un des trois était élu face à un partisan du NON (Le Pen est un cas à part) avec 51% des voix, il est bien évident que cela ne vaudrait pas blanc sein pour une ratification par la voie parlementaire du projet de Traité Européen!Il n'en irait pas de même si le score global des partisans du OUI était, au premier tour de 70, voire 75%! Ce que je veux, ce que je souhaite plus précisément, c'est que les partisans du NON, ce ramassis incohérent, majoritaire en mai 2005 mais parfaitement incapable de gouverner ENSEMBLE, soit  "coincés" entre se déjuger (rallier le OUI en votant pour un candidat porteur du OUI) et NE PAS se déjuger (en votant pour un candidat porteur du NON - il y en a plusieurs qui ne sont pas d'accord entre eux sur des questions essentielles) mais en prenant le risque d'un duel Sarkozy / Le Pen alors qu'ils sont "de gauche" ou un duel Royal Le Pen alors qu'ils sont "de droite" ....Je pense être PARFAITEMENT CLAIR.