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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Respect à Jean-Pierre Raffarin

2 Mars 2007, 15:00pm

Publié par Jacques Heurtault

Parmi les nombreuse lettres que je reçois, il y a celle de Jean-Pierre Raffarin.

Jean-Pierre va publier dans les tous prochains jours un livre en forme de lettre  adressée au candidat qu'il soutient, à savoir, bien évidemment, Nicolas Sarkozy.

Avec cette lettre, Il nous donne la primeur des premières pages ... Plus précisément, l'introduction et le premier chapitre.

Je ne lui est pas demandé l'autorisation de publier ces extraits sur mon blog. Mais mon petit doigt m'a dit que je pouvais le faire. Il faut toujours écouter ce que vous dit votre petit doigt!

Il serait tout de même malséant que je reproduise intégralement les extraits que Jean Pierre Raffarin a publié ... C'est lui l'auteur, pas moi!

Je me suis donc limité à en publier la seule introduction.

Début de citation :

Mon cher Nicolas,

Nous nous connaissons depuis une trentaine d'années. Nous venons de deux familles alliées de la droite et du centre. Tu as été mon ministre de l?Intérieur, puis mon ministre de l'Economie et des Finances, quand j'étais à Matignon entre 2002 et 2005.
Tu es aujourd'hui le président de notre parti, l'UMP, et le candidat que je soutiens pour l'élection présidentielle de 2007.
J'ai envie de prendre le temps de te parler de cette fonction que tu veux conquérir et de ce pays que tu veux comprendre et aimer. Comme Premier ministre de Jacques Chirac, trois ans durant, j'ai pu mesurer la grandeur et la difficulté de la tâche qui t'attend. Etre à la tête d'un pays comme le nôtre, magnifique et tourmenté, talentueux et tétanisé, réclame des qualités paradoxales. Le bon candidat que tu es, pugnace, énergique, bouillonnant, poursuit son chemin en devenant un homme de réconciliation qui doit prévenir les tensions excessives d'une société toujours guettée par la violence mais aussi par l'immobilisme.
Lors de ce long bail à Matignon, j'ai donné beaucoup de moi-même, sans jamais faiblir, sans jamais trahir. J'en suis sorti cabossé mais apaisé. Je pourrais affirmer comme Paul Valéry : « Je suis un honnête homme. Je veux dire que j'approuve la plupart de mes actions. » J'ai réformé les retraites et l'assurance-maladie, assoupli la mise en oeuvre des 35 heures, engagé la décrue du chômage. Et le provincial que je suis fier d'être, longtemps président de la région Poitou-Charentes, est heureux d'avoir lancé l'acte II de la décentralisation. De la sécurité routière au premier plan Climat, de l'Agence de l'adoption aux pôles de compétitivité, 95 % des engagements de mon discours de politique générale ont été tenus, « une performance rare dans l'histoire des Premiers ministres de la Ve République » selon Le Monde.
Les « petits marquis » parisiens ont pu moquer ma volonté de redonner la parole et le pouvoir à la France d'en bas, sans clouer pour autant au pilori la France d'en haut, je persiste et signe. Et je revendique mes origines rurales qui ne m'ont jamais enfermé, me donnant le goût de la découverte et des grands espaces. J'étais dernièrement en Chine, comme tous les ans, au Canada, en Tunisie. Et je voyage régulièrement pour évaluer les enjeux internationaux et dessiner l'horizon d'une mondialisation humanisée.
J'ai longuement présidé une belle région, en gouverneur girondin amoureux de son territoire. J'ai ardemment vécu ma traversée du pouvoir à Matignon, à un des postes les plus exposés et les plus captivants de la République. Aujourd'hui, je suis de retour au Sénat et à l'UMP. Je me sens plus expérimenté, plus lucide, encore plus désintéressé. Au total, plus libre et très heureux.
Une valeur m'importe particulièrement. La loyauté. On la pense impossible en
politique, c'est faux. J'ai le sentiment d?avoir été d?une loyauté sans faille envers
Jacques Chirac. J'ai été son bouclier, son rempart, et c'est ainsi que devraient agir tous les Premiers ministres qui sont en fait des seconds, au lieu de manoeuvrer pour prendre la barre à celui qui les a distingués. Nicolas, je souhaite que celui que tu choisiras pour t'épauler agisse de même.
Toi et moi, hier au gouvernement, aujourd?hui en campagne, nous avons pu tester réciproquement nos loyautés. Je peux dire que nous avons travaillé en confiance et que nous avons su additionner nos différences. Je suis sûr que nous en ferons autant à l'avenir.
Mes ambitions sont claires. Je n'ai pas vocation à devenir président de la République, c'est toi que je soutiens, Nicolas. Je ne me vois pas être ton Premier ministre, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Par contre, je sais allier les contraires, pacifier les conflits et fédérer les enthousiasmes. Je suis un casque bleu de l'union de la majorité, un acteur du cessez-le-feu entre belligérants d'une ridicule guerre fratricide, qui toujours reprend comme un feu mal éteint. Mon idéal de soldat ? La paix retrouvée. « Qui sème la division récolte le socialisme », dirait Giscard.
Ici, je veux te raconter la France de toujours qui doit aller de pair avec cette société de demain que tu imagines déjà avec ambition. Tu vas hériter d'une France en cristal, qu'il faut manier avec délicatesse. Une France qui croit sa beauté menacée, qui se crispe sur le passé, et qui rabat les oeillères sur un regard apeuré. Une France à qui il faut redonner confiance, sans tout chambouler. Une France qu'il faut sortir de ce perpétuel tête-à-tête entre le sauveur providentiel et les pauvres pécheurs toujours pris en faute, toujours avides de rédemption, qu'on traite comme des enfants irresponsables ou comme des girouettes omnipotentes. Comme si nous ne pouvions refonder la confiance entre l'élu de tous et des citoyens adultes, confiants dans leurs délégués, ces représentants des corps intermédiaires trop décriés, trop méprisés.
Je connais notre pays. J?ai connu ses présidents. J'étais jeune homme quand j'ai suivi le dernier voyage de Pompidou, à Poitiers. J'ai rejoint Giscard que j'ai profondément admiré. J'ai combattu Mitterrand le socialiste et j'ai scruté Mitterrand le Charentais.
J'ai soutenu et épaulé Chirac. Je sais ce qu'exige cette charge très particulière. Je tiens à te proposer mon expérience, car je crois que les hommes ne sont pas figés de toute éternité, qu'ils doivent évoluer et qu'ils ont besoin des autres pour à la fois épouser la fonction et y résister.

J'oubliais. J'ai vu venir de loin ton adversaire principale, Ségolène Royal. Je l'ai affrontée en Poitou-Charentes. Elle ne m'y a jamais battu personnellement. Je sais son talent médiatique, son caractère qui masque son absence de vision, ses convictions plus profondes qu'on ne croit et d'autant plus dangereuses pour nous qu'elle chasse sur nos terres. Je mesure ses forces et ses faiblesses. Je te parlerai d'elle.
Et je te parlerai de toi.

Fin de citation.

Ainsi que vous pouvez en juger, le style est clair, alerte même ...

Il ne fait aucun doute que je vais acheter ce livre dès son imminente parution.

Commenter cet article

arnaud 05/03/2007 20:28

J'ai ouvert un blog politique sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net alors venez le voir et dite ce que vous en penser dans les commentaires pour que je l'ameliore, merci d'avance!!!!

:0026: Niconippon 04/03/2007 02:21

Je suis d'accord pour dire que Raffarin a été loyal à Chirac. En fait l'erreur est venue de Chirac qui n'a pas entendu la léçon de 2002, malgré ses déclarations de l'époque, et qui s'est immédiatement empétré dans une politique libérale dont ne voulaient pas la majorité des 82% qui avaient voté pour lui au second tour. N'oublions pas qu'il avait fait un score minuscule au premier tour.Donc Raffarin a été loyal à un Président déloyal.

Jacques Heurtault 04/03/2007 09:56

Bonjour Niconippon!Je préfère, de beaucoup, votre critique ....

Louis Rambert 03/03/2007 18:21

Merci Sergiozz. Vous, au moins, vous voyez clair et vous gardez les pieds sur terre.
Vous avez raison, il est des soutiens dont on aimerait bien se passer. Ils vous soutiennent comme la corde soutient le pendu...
Mais, on voit mal Sarkozy refuser le "soutien" de Raffarin. Il ne peut pas se le permettre. Il doit faire "avec"... Tout comme Ségolène Royal ne peut refuser les éléphants alors qu'ils se détestent. Et que pense-t-elle de Jospin ? Et lui d'elle ? Que d'hypocrisie dans ce jeu de dupes !

Jacques Heurtault 03/03/2007 19:04

Je pense que vous vous méprenez sur la popularité de Jean-Pierre Raffarin. Quant à Ségolène Royal, elle a sollicité les soutiens des éléphants lorsqu'elle l'a jugé utile à la conduite de sa campagne. Il me semble qu'il y a une grosse différence entre le projet du P.S et le positionnement de Ségo. Si mon analyse est juste, on devrait s'en rendre compte assez vite dans les sept semaines qui restent avant le premier tour ... 
 

sergiozz 03/03/2007 17:43

Tout à fait d'accord avec Louis. Raffarin, c'est un guignol. Les français n'en veulent plus. Des soutiens comme celui-là, Sarko pourrait s'en passer ... comme Ségolène avec Yoyo. Que Raffarin reste dans son Poitou et que Yoyo reste à l'ile de Ré.

Jacques Heurtault 03/03/2007 17:59

La politique obéit à des règles élémentaires. Notamment celle-ci : on ne refuse jamais un soutien ...

Dominique 03/03/2007 14:28

Jacques, vous le faites exprès ou quoi ?
"Tous les hommes politiques ont été loyaux, dites-vous?"
Ai-je dit cela ? Relisez ! Voici ce que j'ai écrit et qui n'a rien à voir avec ce que vous rapportez dans votre réponse :
"A partir du moment où ils sentent qu'ils n'ont aucun destin (entendez présidentiel), tous les premiers ministres font preuve de loyauté".
Aucun exemple contraire dans la Vème République. Chirac n'a pas été loyal envers Giscard mais il se "sentait" ou se "fabriquait" un destin. Certains autres ont eu parfois un comportement déloyal tant qu'ils étaient en état de grâce. Une fois malmenés par l'opinion, ils sont rentrés dans le rang et ont subitement retrouvé leur loyauté...
Pas d'accord, Jacques ?

Jacques Heurtault 03/03/2007 17:57

Je ne pense pas avoir vraiment déformé votre pensée ... Vous avez raison d'apporter la précision que vous avez publiée.

Dominique 03/03/2007 11:35

Je partage l'analyse de Louis Rambert. Il a été loyal, répétez-vous. C'est bien. C'est même normal. Pas de quoi en faire un plat. A partir du moment où ils sentent qu'ils n'ont aucun destin (entendez présidentiel), tous les premiers ministres font preuve de loyauté. Raffarin était grillé. Il le savait. Il ne lui restait plus qu'à se montrer le plus loyal possible pour espérer dure. Il a fait preuve de loyauté. Eh oui, et alors ? Est-ce la qualité première qu'on attend d'un premier ministre ?
Demandez aux élus régionaux de l'UMP qui ont été "remerciés" du fait de sa "bonne politique" ce qu'ils pensent de Raffarin...
Il ne lui restait plus que le Sénat. Assuré d'être élu. Pas gênant. Un placard doré...
Monsieur Heurtault, si votre respect ne concerne que sa qualité d'homme loyal, c'est peu pour un ex-premier ministre.

Jacques Heurtault 03/03/2007 12:45

Tous les hommes politiques ont été loyaux, dites-vous? Mais, vous rêvez ou quoi? La déloyauté des responsables politiques est, hélas!, largement, très largement dominant ... C'est bien la raison pour laquelle il y a aujourd'hui une telle défiance vis à vis des "politiques"! Une fois élus, ils ne font pas ce qu'ils ont dit qu'ils feraient ...

Pierre Bayle 02/03/2007 23:40

Jacques, je pense que le commentaire précédent, de Louis Rambert, est excessif et injuste car ton blog n'est pas spécifiquement sarkozyste, je peux en témoigner. Maintenant il est vrai que tu te pièges par ton titre, car en l'occurrence la lecture de ces extraits de Raffarin ne force pas le respect mais bien plus l'étonnement. A cause du clivage obligé de notre système politique, Raffarin n'a pas vu que Ségolène était de sa propre famille girondine, alors que Sarko appartient davantage au monde des petits marquis parisiens qu'il dénonce. Et que ledit Sarko n'attend plus qu'une chose, c'est l'adoubement du grand jacobin Jacques, bien plus que le soutien du vieil oncle de province... Cordialement, Pierre.

Jacques Heurtault 03/03/2007 09:11

Bonjour Pierre!Je préfère, effectivement, ta critique à celle de Louis Rambert ....Si Ségolène Royal donne des signes d'infléchissement vers l'extrême gauche, elle est certaine de ne pas obtenir ma voix. Il arrive un moment où il faut choisir sa voie. Le résultat du premier tour  sera décisif. Un trop grand poids de l'extême gauche rendra Ségo prisonnière, politiquement, de cette extrême gauche ....Schroeder, en Allemagne, a choisi : il a rejeté Lafontaine car il a compris que les deux visions (la sienne et celle de Lafontaine) étaient totalement incompatibles. Une "Grande Coalition" en est sortie, qui a pu engager les indispensables réformes de structures. Le résultat émerge : l'Allemagne se redresse ....  

Louis Rambert 02/03/2007 23:18

Formidable Raffarin... Meilleur que sa marionnette des guignols ! Le pauvre, le voilà réduit à faire son apologie... Il est vrai "qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même"... Et comme personne ne semble se souvenir de lui, il se dresse lui même une statue.
Sa dernière raffarinade : "J'ai vu venir de loin ton adversaire principale, Ségolène Royal. Je l'ai affrontée en Poitou-Charentes. Elle ne m'y a jamais battu personnellement."
Pour rétablir la vérité, disons qu'il ne l'a pas vue venir... Ce serait plus juste. Quelle déculottée aux régionales ! Comment un si bon premier ministre, "loyal second" a-t-il pu perdre la quasi totalité des régions ?
Encore un qui voudrait dissoudre le peuple de ne l'avoir pas compris...
Si le reste du bouquin est de cet acabit, alors merci la crédibilité du personnage...
Et vous osez galvauder le terme "respect", monsieur Heurtault ? C'est que le respect est tombé bien bas...
Je vous salue. Priez le bonjour à notre "Grand Homme"...

Jacques Heurtault 03/03/2007 09:07

Je maintiens que Jean-Pierre Raffarin a été un homme d'une totale loyauté envers celui qui l'a nommé à ce poste. Il a conduit une politique, certes de "droite" (quoi de plus normal puisque la Droite avait gagné les élections!) mais il a conduit cette politique sans se soucier de son avenir politique personnel . C'est une très grande qualité pour un homme politique! Partagée par très peu de gens ...Chirac a cru sauver son camp en 2004, entre les deux tours, en lachant du mou, chose qu'il ne fallait surtout pas faire, qu'il ne faut JAMAIS faire! Ce faisant, la Droite a quand même été battue, bien évidemment.Fort de cette leçon, Chirac aurait dû faire ratifier le Traité Constitutionnel Européen par la voie parlementaire. On ne refait pas l'histoire!J'ai donc un très grand respect pour Jean-Pierre Raffarin. La France manque de responsable politque de cette trempe.  

jasmin 02/03/2007 16:59

Je l'ai vu il n'y a pas très longtemps.
C'est vrai qu'il avait une expression apaisée et les traits "presque" rajeunis. A moins qu'il ai subi un lifting.
Qu'est ce que ça vieillit un homme la fonction de premier ministre.
Pourtant le poste est fortement convoité...

Jacques Heurtault 02/03/2007 17:23

Je crois que le poids écrasant des responsabilités use prématurément tous ceux qui y touchent ...

GM 02/03/2007 16:02

Presque le discours d'un homme apaisé, droit dans ses charentaises !
C'est quand même un fameux piège tendu, là ! Qui donc va être "ce rempart" de NS président ? Son premier grand vizir.
Curieusement, personne ne l'envisage encore ouvertement.

Jacques Heurtault 02/03/2007 17:15

Intéressant à suivre! Le mentor paternel de Sarkozy, ce sera évidemment Raffarin ... si Nicolas Sarkozy est élu.