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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

La solidité du programme économique de François Bayrou

27 Mars 2007, 21:40pm

Publié par Jacques Heurtault

"Il y a des marges de progrès qui ne coûtent pas d'argent"

Interview de François Bayrou

26.03.07

PRÉSIDENTIELLE 2007 : LES GRANDS DÉBATS DES ECHOS - A l'approche de l'élection présidentielle, Les Echos poursuivent leur série de grands entretiens sur les thèmes qui dominent la campagne.

Cinq acteurs de l'économie sont venus débattre avec François Bayrou de la "troisième voie" économique, sociale et institutionnelle qu'il défend en renvoyant dos à dos l'UMP et le PS. Emplois francs, relations avec l'administration, délocalisations, fiscalité, nouveau contrat de travail, nouvelle majorité, le président de l'UDF précise son projet avec un credo : on peut changer beaucoup sans beaucoup dépenser.

LE CANDIDAT UDF RÉPOND AUX QUESTIONS D'ACTEURS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX.

JEAN-CHRISTOPHE WIART. Vous voulez donner la possibilité de créer deux emplois pratiquement exonérés de charges sociales pendant cinq ans. C'est l'une de vos principales propositions. Cela m'intéresse en tant qu'employeur, mais que se passera-t-il au bout des cinq ans ?

L'exonération de charges est valable cinq ans. Après, on revient dans le droit commun. C'est une mesure très simple, compréhensible par tous. Je crois à la vertu et à la dynamique de la simplicité. Si cette idée a du succès, comme je le pense, elle pourra être pérennisée. On en fera l'évaluation au bout de deux ans. Tous les artisans et commerçants que je rencontre, toutes les très petites entreprises comme la vôtre y sont favorables. L'autre jour, un artisan est venu me voir, les larmes aux yeux, pour me dire : « Si on avait eu cela bien avant, ma femme ne se serait pas crevée au travail comme elle l'a fait. » Ce n'est pas une mesure conjoncturelle. C'est la démonstration grandeur réelle que la concentration des charges sur le travail est un obstacle à l'emploi. J'attends de cette mesure plusieurs centaines de milliers de créations d'emploi la première année.

J.-C. W. Toutes les entreprises en bénéficieront-elles, même celles pour lesquelles ce serait juste une aubaine ?

Elles seront toutes concernées, sans aucune exception. Et, franchement, si Total crée deux emplois sans charge, cela ne me paraît pas très grave comme effet d'aubaine !

J.-C. W. C'est une mesure lisible. Mais vous proposez en contrepartie de concentrer les allègements de charges sur les salaires inférieurs à 1,3 SMIC. Cela ne risque-t-il pas de tirer les salaires vers le bas ?

J'y ai réfléchi. Je me suis borné à reprendre les conclusions d'un rapport de la Cour des comptes de 2006 sur les exonérations de charges. La Cour préconise exactement ceci. Convenez qu'entre 1,3 et 1,6 SMIC, le changement est tout de même marginal ?

J.-C. W. Où en êtes-vous dans votre réflexion sur la TVA sociale ?

Je ne me risquerai pas à la proposer comme « la » solution miracle. J'ai autour de moi autant d'ardents défenseurs que d'ardents adversaires de la TVA sociale. La concentration des charges sur le travail est néfaste. C'est le problème de nos sociétés qu'on appelle bismarckiennes, du nom du chancelier allemand qui a inventé cette répartition des charges. Cela rappelle le vieil impôt sur les portes et les fenêtres. On l'avait inventé car c'était facile. Mais on a commencé à voir les portes et les fenêtres se murer. Pourquoi ? Parce que, comme toujours, lorsque l'on concentre une taxe sur une seule base, celle-ci a tendance à s'échapper. Sur la TVA sociale, je veux être prudent. Nous avons déjà une TVA élevée.. Le transfert d'une partie des charges sociales sur la TVA, c'est au moins cinq points d'augmentation de la taxe. Même si l'on explique qu'elle ne pénalisera que les produits importés, qui ne s'en inquiéterait ? J'examine ce qui se passe en Allemagne, où la TVA vient d'augmenter de trois points, sans créer d'inflation. On peut imaginer d'autres pistes, mais aucune d'entre elles n'est évidente...

J.-C. W. Vous voulez établir une relation « amicale » entre l'Etat et les entreprises. Le dirigeant de petite entreprise que je suis ne peut qu'y être sensible. Mais comment obtenir la participation de tous, en particulier de l'administration, à ce changement ?

Je suis heureux que vous ayez relevé dans mes propos le terme « amical ». Je veux en effet faire de la France un pays pro-entreprise. Au lieu de considérer que l'administration n'a qu'un rôle de contrôle et de sanction, je voudrais qu'elle fasse du conseil. Autrement dit, que, à chaque fois qu'une infraction est constatée, son intervention soit précédée d'une recommandation.

J.-C. W. Beaucoup de dirigeants sont peu disponibles pendant la semaine pour régler leurs problèmes administratifs. Pourquoi ne pas ouvrir les administrations le samedi matin ?

Excellente suggestion. Cette mesure ne coûterait pas un euro à l'Etat et rendrait la vie plus facile. Ce que vous venez de suggérer montre qu'il y a d'immenses marges de progrès en France, qui ne coûtent pas d'argent.. C'est aussi le sens de la proposition que je fais de remplacer le système de la caution-logement par une assurance obligatoire, qui ne coûterait pas plus de 5 à 6 euros par mois.

J.-C. W. Comment réussirez-vous à mettre en oeuvre un « small business act », alors que l'Europe nous l'interdit ?

Dans le « small business act » que je préconise, il y a quatre volets. La simplification de l'administration ; le droit de saisine des citoyens sur tout ce qui ne marche pas ; l'aide aux deux emplois sans charge. Et le fait de réserver les marchés publics de moins de 50.000 euros aux petites entreprises. C'est cela, me dit-on, qui pose problème, à cause de l'OMC. Mais les Etats-Unis et le Canada, qui sont à l'OMC, le font depuis cinquante-quatre ans. Ma conviction est que l'Europe doit se mêler des grandes choses, pas des petites. Elle doit s'occuper de défense, de politique étrangère, de politique économique, d'harmonisation fiscale, pas de la manière dont nous voulons organiser notre service public postal…

CHRISTIAN POYAU. L'entreprise moyenne, entre 50 et 2.000 personnes, est un moteur de développement, d'emploi et d'exportation. Que préconisez-vous sur les seuils sociaux et fiscaux qui freinent le développement des entreprises moyennes ?

Tout le monde s'accorde à dire que le grand point de faiblesse de la France, c'est son tissu de PME. Or l'aménagement du territoire, la compétitivité, les gains de parts de marché à l'extérieur dépendent de la densité de ce tissu. Je le vois bien dans ma circonscription : Turboméca fabrique les deux tiers des moteurs d'hélicoptères qui volent dans le monde.
Je crois qu'il faut lisser les seuils. C'est attristant le nombre de personnes qui disent : « Je suis à 49 salariés et je n'en bougerai pas », mais on ne peut agir sans en discuter avec les partenaires sociaux. Je suis depuis longtemps persuadé qu'il faut avoir une relation de confiance et de coresponsabilité avec les syndicats. Sur ce sujet, on devrait procéder de manière expérimentale, en prenant deux départements ou deux régions, pour voir si, oui ou non, la question des seuils est lourde pour les entreprises. Moi, je crois qu'elle l'est. L'expérimentation, l'évaluation, voilà la bonne méthode. Autre exemple, le CNE. Marche-t-il vraiment bien, comme certains le disent, ou ne marche-t-il pas du tout ou très peu, comme d'autres l'affirment ? On a prévu une étape d'évaluation, eh bien, faisons-la de manière sérieuse ! Demandons à des gens sérieux, non engagés dans des intérêts, de bien vouloir regarder avec nous si c'est intéressant ou pas.

C. P. Quand vous passez à 50 salariés, la taxe professionnelle augmente et, en plus, vous devez la payer plus tôt? Que comptez-vous faire ?

Il faut reconnaître à la société civile, aux acteurs, le droit d'identifier les problèmes et de saisir une autorité pour dire : « Là, on a vraiment une difficulté ». Je ne connais pas un syndicat qui n'accepterait pas de se mettre autour de la table pour en discuter. Simplement, les syndicats ne sont jamais saisis. Tout fonctionne comme si l'Etat était le patron de tout et qu'à ce patron-là, on n'avait pas le droit d'adresser la parole. C'est cela qu'il faut changer, et ce n'est pas une petite affaire. Il faut convertir la société française au partenariat, à la reconnaissance d'une double légitimité, celle de l'Etat et celle de la société civile. C'est dans ce partenariat, et notamment dans la reconnaissance d'un droit de saisine sur tout ce qui ne marche pas, que l'on trouvera des marges de progrès infinis, sans augmenter les prélèvements obligatoires. Tout cela est source de croissance, de liberté, de confiance.

C. P. Quand on développe une entreprise, on tombe vite sur le problème du financement. Cela m'amène au sujet de l'ISF. Quelqu'un qui investit dans une oeuvre d'art est exonéré, quelqu'un qui investit dans une PME est taxé. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas aussi simple que vous le dites, mais la manière dont l'ISF est organisé est effectivement pénalisante. Franchement, même si je condamne ces comportements très inciviques, je ne vois pas quel intérêt la France retire à exporter les gens qui ont réussi chez elle. Il faut réfléchir à ce qui est intéressant pour notre pays. Je suis favorable à une base large et à un taux réduit d'ISF. Le taux réduit, pour moi, c'est 1 pour 1000. C'est simple et compréhensible par tout le monde. J'avais au début pensé faire comme les Suisses et tout inclure dans l'assiette taxable : l'outil de travail, les oeuvres d'art... Les premiers à venir me voir ont été les marchands d'art, suivis de près par les chefs d'entreprise. J'ai entendu leurs doléances. Je ne préconise donc pas de changer la base actuelle.
Mais mon idée reste d'élargir beaucoup l'assiette et d'abaisser le taux, afin que les gens se fassent à l'idée que ce n'est plus un impôt pénalisant. D'ailleurs, cela s'appellerait « impôt sur le patrimoine » et pas « impôt sur la fortune », parce qu'un patrimoine moyen, ce n'est pas de la fortune. Et que le mot constitue une stigmatisation.

C. P. Parlez-nous de vos intentions sur les 35 heures, qui restent un vrai handicap ?

J'ai été très critique à l'égard de la manière dont les 35 heures ont été mises en place, sans considération des différences entre secteurs. Je connais très bien la filière de l'élevage. Une vache, un cheval mangent tous les jours, il faut s'occuper d'eux tous les jours, les faire sortir tous les jours.
Comment faire les 35 heures dans une telle filière ? C'est impossible. Donc on fait semblant, on bricole. C'est absurde. L'Etat ne peut plus décider de tout. Il est en situation d'extrême fragilité, c'est un colosse aux pieds d'argile. La manière dont le travail est organisé doit se discuter entre les organisations syndicales et les entreprises. C'est aux branches de prévoir cette discussion. Les 35 heures ont engendré deux maux : des feuilles de paie trop basses et du stress dans l'entreprise.
On nous avait annoncé les 35 heures payées 39, on a finalement eu les 35 heures payées 35, avec le stress en prime. Le progrès que je propose, c'est que les heures supplémentaires, qui sont aujourd'hui majorées de 10 % pour les unes et de 25 % pour les autres, passent toutes à 35 % et que cette majoration soit défalquée des charges sociales.

MARIE-HÉLÈNE BOURLARD. Vous ne parlez pas beaucoup des délocalisations. Or cela fait des décennies qu'on allège les charges et que les délocalisations se poursuivent. Que comptez-vous faire pour régler cette question ?

Personne ne réglera le problème des délocalisations. Si quelqu'un vient à cette place et vous dit « J'ai la mesure qui va régler la question », il raconte des histoires. Moi, je ne veux pas raconter d'histoires aux gens. Je veux les aider. Qu'a-t-on comme possibilité ? A la vérité, il y en a deux. La première, c'est de réfléchir au coût du travail.

M.-H. B. Quand on gagne 1.000 euros par mois comme moi, la priorité, c'est surtout d'augmenter les salaires.

Je pourrais aisément me rendre populaire à vos yeux en annonçant que je vais augmenter les salaires. Mais, dans une branche comme la vôtre, si vous augmentez le SMIC comme certains le souhaitent, vous avez une délocalisation immédiate. Et je ne connais pas un économiste de gauche qui soit en désaccord avec ça. C'est vrai que c'est dur de vivre comme cela ; je ne peux pas prétendre que ce soit bien payé ni même convenablement payé. Mais vous ne pouvez pas arrêter les délocalisations quand vous êtes un pays exportateur.

M.-H. B. Instaurons des règles européennes !

La deuxième voie face à la mondialisation, c'est, en effet, que l'Europe accomplisse son travail pour que, au moins, la concurrence soit équitable. Qu'on ait la certitude que, quand on impose des règles aux uns en matière d'environnement, elles soient respectées par les autres. Qu'on essaie d'aller vers une harmonisation en matière sociale, qu'on protège ses sites, ses productions. Par exemple en s'intéressant au niveau des monnaies, parce que certaines je pense à la monnaie chinoise sont terriblement sous-évaluées. Le travail en Chine vaut 75 fois moins que le travail en France. L'action ne peut être que politique et européenne.
Mais il y a aussi des entreprises qu'une part de délocalisation sauve. J'ai visité à Marseille une PME de 60 salariés, leader européen dans le domaine des capteurs et régulateurs pour les moteurs Diesel de bateau, avec près de 20 % de parts de marché mondial. Si elle ne faisait pas la moitié de sa production en Tunisie, elle serait déjà morte. Il y a des délocalisations favorables et d'autres mortelles. Quand l'entreprise s'en va, c'est une perte sèche.

M.-H. B. Mais que faire dans ce cas ? A la fin de l'année, mon usine délocalisera, ça fera 147 chômeurs de plus, alors que LVMH, notre donneur d'ordres, a réalisé 1,9 milliard d'euros de bénéfice net en 2006. Il nous tue. Et qu'est-ce que vous faites ?

Et vous, qu'est-ce que vous faites ? La candidate à l'élection présidentielle que vous soutenez, qu'a-t-elle fait ? Le parti que vous soutenez, qui a été au gouvernement, qu'a-t-il fait contre les délocalisations ? J'ai vu, en Vendée, une entreprise qui fabrique des ordinateurs haut de gamme, pour les Airbus, les Boeing et même les trains de tige qui forent pour le pétrole. Entre 350 et 400 de ses salariés, sur un total de 500, sont issus des secteurs du textile et du cuir. Cette reconversion est une réussite.

M.-H. B. J'habite dans le Nord, dans l'Avesnois. C'est une zone sinistrée.

Il n'y a plus rien. Peut-être peut-on implanter des entreprises nouvelles ? Je refuse de baisser les bras : je viendrai dans le sud de l'Avesnois.

M.-H. B. Où est le volet social de votre « social-économie » ?

Il est, par exemple, dans les petites retraites : nous voulons porter le minimum vieillesse à 90 % du SMIC. Il est dans la lutte contre l'exclusion : nous voulons que les personnes qui sont au RMI, laissées sur la touche, puissent avoir une activité d'insertion dans la société qui leur permette d'arrondir leurs fins de mois?

M.-H. B. Combien allez-vous leur donner ? 400 euros ? Vous croyez que ça suffit pour vivre ?

Je donne raison à votre indignation, mais pas à vos solutions. Si la solution existait quelque part, n'importe où, dans votre modèle de pensée, elle aurait été appliquée.

M.-H. B. Que valent vos promesses ? Quand vous étiez ministre de l'Education, 1 million de personnes sont descendues dans la rue et vous n'avez rien réformé.

Un ministre qui a vu 1 million de personnes descendre dans la rue, après tout, ça le forme. Il commence à comprendre des choses qu'il n'avait pas comprises avant. Dans une vie, je trouve cela finalement heureux. Je vais vous le dire, amicalement et respectueusement : nulle part dans le monde, les solutions que vous défendez n'ont été appliquées et n'ont produit quelque chose de bien. Nulle part. Je sais bien que vous avez un idéal et des raisons de le défendre, je sais bien que ce que vous dites de la vie des gens est juste, mais nulle part ce que vous demandez n'a produit autre chose que d'épouvantables malheurs et des millions de morts. C'est, hélas, la manière dont l'Union soviétique a dérivé.

M.-H. B. Moi, j'habite en France, pas en Union soviétique.

Je croyais que vous étiez internationalistes...

ALAIN DUCROCQ. Nicolas Sarkozy souhaite instaurer un contrat de travail unique, vous-même vous vous prononcez pour un CDI à droits progressifs : comment intégrez-vous le travail temporaire, qui représente 600.000 emplois équivalent temps plein ?

Le contrat trop rigide, c'est la fortune des entreprises de travail temporaire. Car les entreprises trouvent chez vous la souplesse qu'elles ne trouvent pas autrement, et certains salariés aussi choisissent l'intérim pour bénéficier des 10 % de prime de précarité. Pour ma part, je ne suis pour rien d'unique, car nous n'avons pas tous les mêmes besoins. Je ne suis pas pour la chaussure à taille unique, ni pour la voiture unique...

A. D. Vous ne voulez rien d'unique, sauf vos deux emplois francs ?

Les deux emplois sans charges ne sont pas une obligation, mais une offre supplémentaire que je fais. C'est là toute la différence. Sur le contrat de travail, je défends un cadre de droit commun, le CDI, avec une période d'essai suffisante. C'est ce que je dirai aux partenaires sociaux, et j'écouterai ce qu'ils ont à dire sur ce sujet. J'ai rencontré tous les syndicats : ils sont tous favorables à la Sécurité sociale professionnelle, à cette idée que le contrat peut s'interrompre dans l'entreprise sans que le salarié ne perde ses avantages et même son salaire, puisqu'il est mis à disposition d'une autre entreprise. Le patronat affirme que cette idée l'intéresse aussi. Eh bien, demandons aux partenaires sociaux de faire des propositions communes sur ce sujet. C'est ma logique : l'Etat ne doit pas tout régler. A lui de fixer les grands principes et, pour le reste, qu'il fasse confiance aux organisations de salariés et d'entreprises !

A. D. Je dirige un comité d'entreprise et je vois combien les positions entre partenaires sociaux sont éloignées. Au niveau national, c'est pareil, le Medef et les syndicats ne savent pas se parler. Alors, concrètement, comment faites-vous pour que la « démocratie sociale » dont vous parlez ne soit pas un voeu pieux ?

Pourquoi, en France, les partenaires sociaux ne se parlent-ils pas ? Pourquoi s'enferment-ils dans un jeu de rôle qui consiste à réclamer tout d'un côté et à refuser tout de l'autre ? Parce qu'on sait que c'est l'Etat qui décidera en dernier recours. Regardez le nombre d'accords qui ont été mis en place avec la bénédiction d'organisations syndicales, y compris les plus revendicatives, qui font semblant d'être contre alors qu'elles ont en réalité donné leur accord ! Ça n'est pas normal. Il faut changer la méthode. Il faut que les organisations syndicales passent de la protestation à la responsabilité. Ce n'est pas facile, certains n'aimeront pas ça, mais il faut absolument aller dans cette direction. Il faut bouger. Et, d'ailleurs, le faible taux de syndicalisation en France montre qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans notre système.

A. D. Je suis préoccupé pour ma retraite. Certaines études évoquent des hausses de prélèvement obligatoires de 3 % à 5 % par an. Quelle est votre solution et comment la financezvous ?

Je suis pour une retraite par points. C'est la seule façon de mettre fin à la multiplicité des régimes, d'instaurer une vraie égalité et de sauver le système. Je soumettrai cette réforme à référendum. La réforme ne fait pas peur si les gens savent qu'au bout du compte ils vont être engagés, consultés, informés.

A. D. Ça, c'est la forme.

Mais c'est important ! Le fond est dans la forme. On a choisi le système de répartition : ceux qui travaillent paient les pensions de ceux qui sont à la retraite. Au début des années 1950, on avait 5 salariés actifs pour 1 retraité, aujourd'hui, on est à 1,5 actif et, d'ici à très peu d'années, on sera à 1 actif pour 1 retraité. Comment fera-t-on ? C'est intenable ! Il faut plus d'actifs et moins de retraités, il faut donc assouplir le système. A partir de 60 ans, on devrait pouvoir partir à la retraite avec un niveau de pension calculé en fonction de différents critères dont la pénibilité, à laquelle je tiens beaucoup. Si la personne trouve que sa pension est suffisante, elle pourra s'arrêter de travailler, sinon, elle pourra continuer à travailler. Mais, je le concède, il faudra pour cela qu'il y ait du travail. Cela montre l'ampleur du changement dont la France a besoin.

GUY CARCASSONNE. Je voudrais aborder avec vous le chapitre institutionnel. Vos propositions sur l'interdiction du cumul des mandats, sujet à mes yeux fondamental, sont nettes. Vous êtes de très loin le candidat qui s'engage le plus précisément sur cette réforme indispensable si l'on veut redonner au pays le Parlement dont il a besoin. En revanche, je ne comprends pas votre insistance à vouloir introduire 50 % de proportionnelle dans le mode de scrutin. C'est à mes yeux le meilleur moyen de ruiner toute possibilité de fabriquer des majorités stables. Pourquoi ne vous contentez-vous pas de limiter la proportionnelle à 10 % des sièges ? Cela suffirait pour assurer la nécessaire représentation des différentes sensibilités politiques.

10 % des sièges, c'est rien. Si l'on suit votre proposition, les Verts auraient cinq sièges, le Front national six. Aucun ne pourrait constituer un groupe. Les citoyens français ont le droit d'être équitablement représentés à l'Assemblée nationale. Pour moi, la démocratie, c'est la protection des minorités et non le culte des majorités. Au premier tour de l'élection de 2002, Jacques Chirac et Lionel Jospin ont totalisé 35 % des voix et ils ont obtenu 92 % des sièges à l'Assemblée nationale. Vous trouvez cela juste et équitable ? Je veux une représentation substantielle des courants d'opinion et des territoires. 50 % de scrutin majoritaire, 50 % de proportionnelle, c'est à peu près le système allemand et cela n'enlève pas l'effet majoritaire.

G. C. C'est vous qui le dites. On a vu dans l'histoire récente des majorités extrêmement étroites. Elles n'auraient pas existé s'il y avait eu 50 % de proportionnelle.

Objection ! S'il n'y a pas de majorité, il y a des coalitions. En 1988, en 1993, en 1995, aucun parti n'avait la majorité à lui tout seul. L'idée qu'il faut un parti dominant pour qu'un système marche est absurde.

G. C. C'est pourtant ce qui passe dans les systèmes majoritaires ! Imaginons que vous êtes élu le 6 mai. Les élections législatives se tiennent dans la foulée, les 10 et 17 juin. Deux cas de figure sont alors possibles. Ou bien le nouveau parti que vous entendez créer obtient une majorité et nous sommes repartis sur une logique assez proche de celle de la Ve République. Ou bien, et je le crains pour vous, vous n'obtenez pas la majorité. Je le crains parce que même De Gaulle en 1958, après le triomphe du référendum, avait été très loin d'obtenir la majorité. Dans ce cas, vous serez conduit à faire alliance avec l'un des deux grands partis. Avec le risque d'être minoritaire dans votre majorité et de devenir l'otage soit du PS, soit de l'UMP.

Quand on demandait à François Mitterrand en 1981 : « Si vous n'avez pas la majorité, comment ferez-vous ? », il répondait : « Faites aux Français le crédit de la cohérence. » C'était une excellente réponse. Je n'imagine pas que les Français, après avoir élu un président de la République sur un schéma aussi novateur que celui que je propose, puissent se déjuger en cinq semaines. La question de la cohérence ne sera donc pas posée au président de la République ou à son gouvernement, mais au PS et à l'UMP ou, plus exactement, à certains membres du PS et de l'UMP.

G. C. Vous tablez sur l'éclatement de ces deux formations ?

Il y aura une heure de vérité. Elle correspond à des questions qui se posent depuis très longtemps, notamment au sein du Parti socialiste. Je crois donc qu'une majorité est possible mais, même dans ce cas de figure, je ne veux pas le pouvoir pour un seul parti. Je défends l'idée de majorités pluralistes dans lesquelles on est obligé de discuter et de se mettre d'accord. Si Dominique de Villepin avait eu l'obligation de convaincre une majorité plus large, moins docile, il n'aurait jamais fait la bêtise du CPE.

G. C. Et si vous n'avez pas de majorité du tout ?

Eh bien les partis s'entendront autour d'un président de la République qui aura annoncé à l'avance aux Français l'idée qu'il faut se rassembler, qu'on n'est plus prisonnier du clivage droite-gauche. Le rassemblement se fera autour d'un courant central, avec des partenaires nouveaux, heureux, croyez-moi, de bénéficier de ce déverrouillage rafraîchissant.

G. C. Dépasser le clivage gauche-droite, n'est-ce pas retomber dans l'illisible ?

En rien. Je récuse la notion de camp. C'est une malédiction. C'est elle qui a obligé Michel Rocard à être du côté d'Olivier Besancenot. C'est elle qui a conduit Jacques Delors à se retrouver minoritaire dans son propre camp, alors que je crois que nous pensons la même chose sur à peu près tous les sujets. Chacun doit évidemment conserver sa sensibilité, mais je veux que les grandes sensibilités de l'arc républicain puissent travailler ensemble. Je suis plus près des sociaux-démocrates que de la droite nationaliste. Regardez combien les vues des responsables politiques se sont rapprochées, sur l'école, l'entreprise, la dette et même la fiscalité.

G. C. Oui, mais Laurent Fabius, par exemple, a dit qu'il ne travaillerait jamais avec vous...

Souvenez-vous de Laurent Fabius qui disait en 2002 : on ne peut pas être battu par la droite, mais on peut l'être par les impôts. Les Français savent bien que la réalité est complexe, que personne n'a totalement raison et personne complètement tort. Il est grand temps que nous en tirions toutes les conséquences sur le plan politique

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jasmin 09/04/2007 10:18

pardon pour la faute :

....je fais avec un S !!

jasmin 09/04/2007 10:15

@ DEACHE,

"Je persiste et signe, le centrisme c'est du vent...."

Le Centrisme ou les propos deFrançois Bayrou ??
Personnellement je fait une distinction entre les deux.
Au plaisir de vous lire.

déache 08/04/2007 13:12

à FrédéricLN commentaire n°14. Facile de dire que mon commentaire est bourré d'assertions fausses encore faut-il contre argumenter . Quant au programme de F.B. je cherche toujours.......Je persiste et signe, le centrisme c'est du vent .....il n'y a pas d'avenir dans cette voie si ce n'est que la chienlit.  seule force politique qui serait la synthèse droite/gauche, je pouff!
à jacques, réponse du 04/04, l'UDF ne s'est pas retirée des majorités municipales, conseils généraux, ou groupes d'opposition....que je sache. Il y a des signes qui ne trompent pas! alors j'attends des gestes significatifs pour revoir mon jugement.

Jacques Heurtault 09/04/2007 23:10

Chaque chose en son temps! Ne pas confondre  françois bayrou, l'Udf et le Centre ... Ce sont trois choses différentes ....

FrédéricLN 04/04/2007 16:54

Le commentaire n°4 de déache est bourré d'assertions fausses sur les propositions de François Bayrou ... tellement que je n'ai pas le temps d'en faire la liste. Je lui suggère de lire les propositions de F. Bayrou sur son site.

Jacques Heurtault 04/04/2007 19:25

Déache, il ne faut pas scier la branche qui va peut-être permettre à Ségo d'être élue! Faut être conséquent, en politique ...

Jacques 04/04/2007 12:11

Voir également sur mon blog comment Mr BAYROU envisage son "ouverture"...: à sens unique !!!!
 
jf.
www.lamaurgane.blog.lemonde.fr

GM 03/04/2007 09:19

A vous suivre pour l'hypothèse d'un grand parti démocrate (et non centriste). Pour cela, il faudrait que Bayrou accepte le vote uninominal à un tour ! Il n'en prend pas le chemin...

Jacques Heurtault 03/04/2007 18:42

Il a déjà pris en considération au moins quatre de mes propositions (en les édulcorants, certes, mais c'est un bon début). Il finira par prendre les autres au moins en bonne part.Précisément, ma réforme du mode scrutin pour les législatives permet de respecter ce principe de tour unique et celui d'une part de proportionnelle (il propose 50%, moi je me limite à 33% ce qui n'est déjà pas si mal!) ainsi que, détail non négligeable, la parité homme / femme ... Mon système est un vote plurinominal (deux élus solidaires par circonscription) à un seul tour avec rectification par une dose de proportionnelle.

GM 02/04/2007 18:31

Je vous laisse à votre opinion, Monsieur Heurtault ! FB, c'est à mon sens ce qui peut arriver de plus catastrophique :
1 - Vous l'avez vu, il n'a pas de programme (voir mon post ci-avant)
2 - Il ouvre la boîte de pandore des extrêmes. Plus rien ne les retiendra si soit le PS soit l'UMP explose (selon le sens du vent).
Excusez du peu, mais en 2002 c'est la gauche qui a explosé et peine encore à se refonder. Qu'en a fait Chirac ? Rien ! Même pas été capable de rassembler durablement et en plus il nous lègue Sarko (une sorte de JMLP des beaux quartiers un peu chicos).
Alors, que crûtes-vous qu'il arrivera en 2012 si FB arrive à l'Elysée ? A peu près la même chose pour le laisser pour compte du trio. Si c'est Sarko qui explose, ça m'arrange : je reprends une carte à l'UMP pour le virer et contenir Le Pen. Si c'est le PS qui se plante, on est reparti pour ultra-gauchir l'opposition ! Or, elle n'a pas besoin de cela pour se reconstruire...
Bref, l'UDF, c'est un peu comme le coucou qui pond ses oeufs dans le nid des autres : ça finit par foutre le m... ! Nous l'avons vu avec Giscard, qu'on se rappelle bien du début du déclin de la "machine France". Et on y est toujours 30 ans plus tard !

Jacques Heurtault 02/04/2007 19:49

Giscard avait un boulet à trainer : ses origines "aristocratiques" (qui se sont avérées fausses car achetées en espèces sonnantes et trébuchantes). Bayrou n'a pas cette a priori ...Bayrou a un programme : faire des réformes de structure qui coutent peu d'argent ... et être capable de faire exploser le PS et son gauchisme indélébile ... Il ne sert à rien que le P.S. continue de courrir derrière l'extrême gauche, il ne la rattrapera jamais!Un bel exemple : les pays européens adoptent de plus en plus des règles basiques pour permettre de décider en connaissance de cause s'ils les étrangers peuvent vivre en France durablement. C'est la maitrise de la langue et des bases de notre culture ... Bien évidemment le P.S. est contre! Et Ségo suit car elle ne peut pas, politiquement suivre cette mutation politique ....Si, quelque soit l'issue du scrutin, Barou crée un Parti Démocrate à l'instar de celui existant aux Etats Unis, je pense que j'adhérerais à ce parti. Je n'en  ferai rien si l'UDF reste en l'état ou si le nouveau parti reprend le label "centre" car le centre est effectivement dénué de réalité "étendue" ....

GM 02/04/2007 10:38

Je te rassure TOTOR : Je n'y crois pas une seule seconde "à ce grand centre mou" qu'appelle de tous ses voeux FB et quelques caciques intellos parigots !
C'est même à mon sens l'erreur stratégique de FB : Il se voit à l'Elysée (ou le fait croire) après s'être vu à Matignon (ou le faire croire) alors qu'il ne peut espérer au mieux qu'un grand ministère (éducation c'est déjà fait, donc la défense ou bercy) dans une alliance d'appoint.
Mais bon, je ne suis qu'un 44 millionnième des électeurs à moi tout seul ! On verra bien dans quel sens penche la "sagesse du peuple" !

Jacques Heurtault 02/04/2007 12:36

Je ne sais pas où se voit François Bayrou. Mais je pense que ce serait vraiment bon si le schéma de Totor se révélait juste! Bayrou à l'Elysée, c'est ce qui peut arriver de mieux à la France ... Cela se produira -t-il? Je n'en sais fichtre rien!

totor 02/04/2007 09:53

GM,ton analyse tient si tu crois au gouvernement du Grand Centre... Mais cela c'est du pipeau: si Bayrou gagne c'est avec les voix de gauche et contre la droite sarkozyste! Conclusion: la defaite du PS signe l'alliance objective du PS et de l'UDF. Les elephants vont regimber, evidemment, mais ils n'auront pas d'autres choix. Cela n'en fait pas moins un systeme politique credible avec des alternances possibles avec les conservateurs regroupés sous Sarkozy. N'est ce pas le systeme politique dans lequel vivent la plupart des autres democraties: soc dem d'un cote, conservateurs de l'autre?Ce qui est archaique en France, c'est l'aile gauche du PS qui oblige le candidat socialo a s'imposer des figures d'extreme gauche pour prendre la base militante avant de "trahir la gauche" en gouvernant au centre... tout en arrosant ses clienteles pour calmer leur depit!

Jacques Heurtault 02/04/2007 12:32

Excellente analyse! Je souscris à 100%!

GM 30/03/2007 16:29

@ Totor : L'analyse est intelligente. Très même !
Le problème c'est que les français pourraient ne plus vouloir "d'homme de droite" (NS et FB) Cf .http://segoloscope.blogspirit.com/archive/2007/03/29/index.html du 29/03, la deuxième étude.
L'autre analyse c'est qu'un élu du centre, gauche ou droite, social-démocrate "vrai", renverrait à l'explosion de NS et du PS, laissant alors la porte ouverte à une avalanche d'extrêmes, gauche et droite !
Nous l'avons déjà vécu, modestement il est vrai en 81, quand Giscard, centre mou de droite à virer Chirac pour babar : ça n'a pas loupé, JMLP, puis PhDV, puis même Mégret, ce sont crus tout permis. Idem avec Arlette et Krivine, malmenés par les Verts avec Brice (mais lui n'est pas anarcho-syndicaliste et s'est fait viré depuis).
Nous l'avons vécu, pour les plus anciens, exactement de la même façon avec le Front populaire, qui a fait naître les croix de feu et autres âneries d'une pure race d'un grand peuple aryen... (Bon, je n'étais pas né, vous non plus, mais moi je me souviens quand même !).
Et c'est là le vrai danger de FB : En faisant péter les intsitutions et les partis, il ouvre la boîte de pandore que Jospin (et c'est l'un de ses mérites qu'il n'avait pas calculé) avait refermé après "les années d'inventaire de l'ère Mythe errante dienne". Parce que Tonton, il n'avait pas lésiné à faire voter JMLP en proposant le droite de vote à tout le monde, par exemple : à chaque discours où ile l'affirmait (pour ne l'avoir jamais fait par la suite), JMLP prenait un point de plus dans les sondages !
Alors le vote utile ? Il semble que les français ne sont pas si imâtures qu'on peut le dire... Enfin, je le souhaite de tout coeur !

Jacques Heurtault 01/04/2007 23:39

Les Croix de Feu du colonel de La Roque sont antérieur au Front Populaire . C'est même en réaction au Croix de Feu que le Front Populaire trouva ses premières bases historiques. 

totor 29/03/2007 19:31

Evidemment que le grand centre et le gvt des competences, c'est du pipeau centriste! La réalité, que ne ns dit pas Bayrou, c'est qu'a priori, s'il passe le 1er tr (dc s'il est elu), ce sera au detriment de la gauche. Ce qui ne manquera pas de provoquer l'explosion du PS (et de serieux remous a l'UMP). or c'est ce qui peut arriver de mieux: les vrais socio democrates n'auront pas bcp d'autres choix que de rallier l'UDF et la gauche dure se regroupera derriere Fabius. Voter Bayrou, c'est le meilleur moyen d'obliger le PS a devenir le parti socio democrate  qu'il aurait du devenir il y a 20 ou 30 ans. Voila pourquoi socio democrates et liberaux moderes doivent voter Bayrou: pour obliger ce PS desoriente a clarifier ces positions. On le constate tous les jours: Mme Royal est le pansement  mediatique qui a permis au PS de resté uni sans choisir entre une solution fabiusienne demagogique et une position realiste incarnee par DSK. Du coup, elle fait le pas de deux entre le oui et le non au TCE, entre le SMIC net a 1500  euros tout de suite et des louanges envers le modele economique des pays d'Europe du Nord, sur une 6eme R ou la conservation de nos institutions actuelles (ce qui avait ete tranche au congre du PS a l'ete 2006 mais bon...) etc etc... Tout est comme cela, ca en devient insupportable! Le PS est deboussolé! Alors oui, FB s'est placé sur ce creneau de maniere tres opportuniste et pas toujours en accord avec ses positions passees, oui il reste flou sur pas mal de points de son prgm et son election impliquerait un grand merdier institutionnel (surtout s'il n'obtient pas la majorite au Parlement), mais ce qui est scandaleux c'est que le PS lui est abandonné ce créneau qui représente un vrai courant de pensee en France et en Europe (et le seul modele socialement genereux compatible avec une economie de marché dans notre epoque de concurrence mondialisée). Le PS refuse de se debarasser de ses archaismes? Tant pis pour lui, j'utiliserai mon bulletin de vote pour l'obliger a se remettre en cause et a clarifier ses positions, et j'espere bien que ns serons suffisamment nombreux pour expulser une 2nde fois le PS du 2nd tour!

Jacques Heurtault 30/03/2007 00:02

Mille bravos! Je suis en accord parfait avec cette analyse ....

GM 29/03/2007 10:33

C\\\'est exactement ça, Déache : Constat de pur fait et depuis des décennies !
Mais non, les "Gracques" parigot veulent encore y croire ! Normal, ils sont sûrs de pouvoir louvyer en toute tranquilité pour la progression de leurs carrières !
Ca fera long-feu, Monsieur Heurtault, vous verrez !

Jacques Heurtault 29/03/2007 12:04

Je l'ignore ... Je suis par contre convaincu que le vote utile va jouer à fond ... Sauf si la situation se détériore très sérieusement d'ici au premier tour, dans TROIS semaines.

déache 29/03/2007 00:34

Je ne résiste pas à reprendre les commentaires suivants pris au cours d'une lecture d'un hebdomadaire politique. "Le centrisme c'est l'impossibilité de gouverner" C'est l'écrivain et historien Jacques Julliard, éditorialiste au Nouvel Observateur qui le dit. et il ajoute même "Dire que la gauche et la droite doivent s'effacer au profit d'un grand parti centriste, c'est une ineptie. Dans aucune grande démocratie moderne, le centrisme n'a réussi en tant que formule politique et institutionnelle". et de poursuivre, "Paradoxalement, le centrisme, caractérisé par la modération, se traduit par un durcissement des extrêmes et, finalement dans l'impossibilité de gouverner". Rien que pour cela, Monsieur Bayrou me fait peur.
 

déache 29/03/2007 00:03

La solidité du programme économique de François Bayrou, faut pas exagérer quand même! Un programme centiste, j'en doute!
·        Comme Nicolas Sarkozy qui dit « travailler plus pour gagner plus » F Bayrou propose au salarié le « jeu libre des heures supplémentaires pour gagner plus » 
 

·        Comme Nicolas Sarkozy et le MEDEF François Bayrou ne parle jamais des 1,5 millions de salariés qui voudraient travailler plus et sont contraints d’accepter des temps partiels. (ces salariés sont pour 80% des femmes)
·        Comme Nicolas Sarkozy et le MEDEF, François Bayrou veut un contrat de travail unique plus souple pour les employeurs notamment en matière de licenciement. C’est la généralisation de la précarisation du CNE
·        Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou ne veut pas abroger le CNE (qui n’a que très peu créé d’emploi et qui s’est substitué au CDI)
·        Comme le veut le MEDEF, François Bayrou veut privilégier la « rupture de contrat par consentement mutuel » ce qui affaiblira les salariés et réduira leur indemnisation en cas de licenciement.
·        Comme Nicolas Sarkozy et le MEDEF, François Bayrou est opposé à la RTT et entend donc finaliser son démantèlement.
·        Comme Nicolas Sarkozy, et le MEDEF, François Bayrou n’entend pas augmenter le SMIC.
·        Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou veut continuer la politique d’exonération de cotisations aux entreprises (son programme en prévoit pour 8 milliards) sans contrepartie en matière de création ou de sauvegarde de l’emploi. .. La cour des comptes a émis un avis très sévère sur cette logique
 

·        François Bayrou veut réduire les impôts et donc continuer à assécher les recettes de l’Etat pour mieux l’affaiblir. Il poursuit donc l’œuvre de précarisation de l’Etat que le RPR et l’UMP se sont toujours attachés à mettre en œuvre.
·        Comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou n’entend pas remettre en cause les niches fiscales qui bénéficient aux plus aisés.
·        François Bayrou veut élargir l’assiette de l’ISF pour mieux diminuer la contribution des plus riches….
 

 

Jacques Heurtault 29/03/2007 12:15

Si je comprends bien, ayant l'intention grandissante de voter Bayrou au premier tour, s'il n'est pas présent au second, je DOIS, vu la convergence des programmes, voter pour Sarkozy au second?Une chose est certaine : Si Sego est prisonnière de l'extrême gauche (un score total de l'extrême gauche supérieur à 15%), je ne voterai pas pour elle au second ... Car je sais trop bien comment ça risque de finir ...Avis aux extrêmistes de gauche : si vous ne voulez pas de Ségo au premier tour, vous aurez Sarko au second! Boire ou conduire, il faut choisir ... Vous ne ferez pas la loi dans ce pays!

GM 28/03/2007 18:19

10 millions, je ne sais pas, mais aucun effet, : absolument ! Bayroux ne fait pas très sérieux.
Je vous rassure, aucun autre finalement !
Juste pour le plaisir et en avant première (c'est-à-dire avant publication demain sur mein blog) ce petit étalage de notre savoir faire franco- français :
" On peut noter aussi que le constat était déjà pointé du doigt par un obscur haut fonctionnaire des finances. Jean Chouasse, sur les ordres de son patron d’alors, c’était en 1997 et le « boss » c’était DSK, nous indiquait qu’à « chaque fois que la population d’âge actif a augmenté de 100, les pays du G7, pris dans leur ensemble, ont créé 68 emplois privés, 11 emplois publics, 18 chômeurs et 3 inactifs […]. La France, a détruit 18 emplois privés, créé 27 emplois publics, 45 chômeurs et 46 inactifs ». Par malchance, Monsieur ce Ministre là perd tous les secrets qu’on lui confie : les cassettes de Méry, mais aussi le rapport Chouasse, passé à la broyeuse par une secrétaire indélicate, sans aucun doute !"
Je l'avais oublié, ce rapport (et c'était l'époque où je n'avais pas la pêche pour être un assidu de l'ANPE et me tâter à créer ma boîte : années sombres que j'avais envie d'oublier).

Jacques Heurtault 28/03/2007 22:51

Il n'en reste même pas un exemplaire quelque part? Je suis convaincu que nous avons des difficultés INTRINSEQUES de fond ... Pas besoin d'aller chercher ailleurs des explications tarabiscotées à nos difficultés : ce sont les mêmes difficultés qui nous conduisent à clamer que nous sommes le nombril du monde, que nous sommes une exception ...

GM 28/03/2007 16:26

Dès la première mesure : Je reprends le grand "yaka faukon" :
1- Mesure phare : L'exonération de 2 embauchés ! Je cite : ah " si on avait eu cela avant, ma femme ne se serait pas crévée au travail". Ouaip ! C'est pour économiser les charges sociales (qui n'existent d'ailleurs plus quand elles sont patronales et sur le Smic), qu'il a crevé sa femme celui-là ?. Drôle de citoyen...
1,5 Millions d'entreprises : 2 salaires exonérés, c'est 3 millions de chômeur en moins. Plus le million d'entreprise sans salarié, ça fait 4, plus les 800.000 agriculteurs, ça fait 5,6 ! Et je ne compte pas les collectivités territoriales, hospitalières et étatique ayant une autonomie de gestion : En 3 mois on a réglé le chômage pour de nombreuses décennies !
2 - "Si Total crée 2 emplois, sans charge, cela me paraît pas très grave comme effet d'aubaine" ! Certes...
Mais eux c'est par milliers qu'ils dégagent leurs cadres en Suisse, pour les détacher provisoirement à la Défense 2 fois 6 ans. On arrivait d'ailleurs au renouvellement pour la 3ème fois en décembre dernier et ça posait problème pour en causer dans la presse, parce que l'autorité qui décide (sans pouvoir ni mandat express ni contrôle) elle y rechignait (Le "Cleiss").
Sûr que l'effet d'aubaine est nécessérement limité !
3 - Les exo de charges à 1,3 du Smic au lieu de 1,6 : "Convenez qu'entre 1,3 et 1,6, le changement est tout de même marginal"...
Ben non mon chéri : Il est magistral puisque le salaire moyen en France hors fonction publique (qui est plus élevé) n'est même pas de 75 % du plafond, soit justement 1,3 du Smic.... Au lieu de faire entrer 60 % des salariés dans le dispositif, on le réduit à pas la moitié et en valeur absolue, à la portion congrue : Ce n'est pas anodin ni encore "marginal".
4 - "5 points de TVA en plus ": Il observe l'Allemagne qui augmente de 3 points.... Je vous l'avais dit : 5 points de moins dans le pouvoir d'achat, c'est la fermeture des boîtes qui s'adressent au grand public et l'invasion de produits importés en contrepartie.
Déjà les 3 points Allemands, ils  commencent à en toucher les bénéfices sur le plan fiscal, mais la consommation ne va pas suivre : les minimums sociaux sont plus bas chez eux que chez nous.
Tant qu'on ne mettra pas un 5 ou 10 points de plus dans la TVA et réduisant de 10 points les charges sociales, ils en resteront tous  à "imaginer d'autres pistes"
5 - L'administration faire du "Conseil" !
La dernière fois, c'était pour aller perdre une quille des bateaux du défi de  l'america cup au fond de la baie de San Fransico... Quand l'Etat se mêle de diriger une entreprise, c'est la cata comme pour Goupil, Bull, EADS, la SNCF, le Crédit Lyonnais, etc.
Déjà que pour passer un marché, c'est la foire d'empoigne des "réseaux" et autres papasseries, qu'ils en arrivent à construire des ponts qui ne servent à rien ou des routes qui dérangent les petites bestioles, alors du conseil, on en rigole !
Il rêve !
6 - "Small Business act". Là encore il ne sait absolument pas comme ça se passe ! C'est le parcours du galérien les marchés publics. Un métier à part entière ! Réservé de fait à toujours les mêmes à force de certificat et de déclaration sur l'honneur.
Et puis il suffira de créer des "boîtes aux lettres" et de sous-traiter aux "grands" pour contourner le problème : encore un niveau de plus de "pertes en ligne".
7 - Les seuils : "Je suis depuis longtemps persuadé qu'il faut avoir une relation de confiance et de coresponsabilité avec les syndicats".
Ca c'est sûr : on l'a vu à l'oeuvre avec le SNUP et SNES-U ! Et pourtant il dit plus loin qu'il a appris beaucoup !
A mon avis, il n'a toujours aucune idée de ce que c'est vraiment, un syndicat, ni encore moins comment ça fonctionne de bas en haut mais jamais de haut en bas !
8 - La TP et son recouvrement : il botte en touche et renvoie "à la reconnaissance d'une double légitimité, celle de l'Etat et celle de la société civile".
Plus loin il dira que les partenaires s'en remettent à l'Etat, qui agit comme si il "était le patron de tout"... Faut savoir, l'Ami !
9 - "L'isf à 1 pour mille" : il ne sait pas compter ! Il l'est déjà pour les patrimoine net de moins de 941.000 € ! Pas que tout petit donc. Soit plus des 6/7 des assujettis !
Quant à élargir l'assiette, comme c'était votre idée, il "ne préconise donc pas de changer la base actuelle" !  ARF !
10 - Les heures sup à 35 % "et que cette majoration soit défalquée des charges sociales". J'ai eu à redresser, comme ça un jour, une boîte où tous les mecs pointaient pour venir dormir au bureau et passait la nuit à travailler en heures sup et de nuit : logique, c'était un importateur travaillant avec la Chine ! Décalage horaire oblige !
Si c'est la "séku" qui paye les heures sup et au taux de 35 %, ça va faire un malheur !
Sûr !
Je continue ?
PS : J'ai oublié le coup du l'ouverture le samedi des adminstrations publiques : D'abord ça existe déjà dans beaucoup  de commune. Pas simple, mais quand même !
Ensuite, on va me faire rire si c'est payé en "prime du samedi" comme ça se pratique souvent et que ne manqueront pas les syndicats de réclamer dans le "statut"...
Pas cher ? Ben voyons !

Jacques Heurtault 28/03/2007 17:38

Si cette mesur est mise en oeuvre, on va observer une montée en puissance progressive SANS QUE CELA EST UN EFFET QUELCONQUE sur les statistiques ... Le sous emploi est chronique dans ce pays! Il pèse au moins 10.000.000! Je suis sérieux!

GM 28/03/2007 09:06

Eh bien dites donc : il en dit des choses votre "piqueur d'idées" ! A l'en croire, c'est tellement simple qu'on se demande bien comment il se fait que tout n'ait pas déjà été réalisé !
Si on le suit : en 6 mois, il a régler tous les problèmes "en mettant chacun devant ses responsabilités" et lui de prendre 4,5 ans de vacances !
Rien qu'un ministère et 1 million de personne dans la rue ! Et l dit que c'est formateur et "heureux" ! Quand ce sera 10 tous les jours, il apprendra peut-être enfin que les choses sont un peu plus complexe que simplement "dire des mots".
Bref, un vrai "Jospin" sauce social-démocrate ! On n'a pas fini d'en baver avec celui-là !

Jacques Heurtault 28/03/2007 13:18

J'ai beau lire et relire, je ne vois pas qu'il a le projet de tous régler en 6 mois ...