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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Un article des Echos ...

6 Mai 2007, 13:33pm

Publié par Jacques Heurtault

Voici un article que j'ai extrait du quotidien "Les Echos", sous la plume de Jacques Barraux.

Début de citation :

On le pressentait depuis quelques mois, la campagne présidentielle l'a confirmé : la France entre dans un nouveau cycle de son histoire. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu les « Trente Glorieuses », les deux chocs pétroliers, les années Mitterrand-Chirac. Aujourd'hui, une large majorité de Français souhaitent une réconciliation de la France avec son siècle. Aux yeux du monde extérieur, la prise de conscience d'un basculement se fera dimanche soir 6 mai 2007 avec l'arrivée au pouvoir de la génération encore à l'école primaire quand le général de Gaulle fondait la Ve République. L'Elysée d'abord, le Parlement ensuite vont avoir pour mission de lever le voile de tristesse et de défaitisme qui semblait recouvrir le pays depuis le choc Chirac-Le Pen de 2002 et le « non » à l'Europe de 2005.

« Nous avons été battus parce que nous pensions en arrière », écrivait l'historien Marc Bloch pour expliquer le désastre de 1940. Tel est le message adressé par le pays réel à la classe politique tout au long de la campagne ensoleillée que la France a connue ces dernières semaines. Une mobilisation des électeurs d'une ampleur exceptionnelle lors du premier tour de la présidentielle, une concentration massive des votes sur les trois principaux candidats réformistes, une nette marginalisation des partis révolutionnaires ou réactionnaires, tout prouve l'envie d'agir des Français.

La classe politique est prévenue : elle doit se mettre au diapason d'une nation plus ouverte, plus offensive, plus en phase avec la modernité que ne l'exprimait jusqu'à ces derniers temps le discours compassionnel de ses élites vieillissantes. Fait nouveau, le citoyen semble s'exaspérer de la traditionnelle dissociation dans notre pays entre la vie réelle et le débat politique abstrait. Paradis de la controverse idéologique, la France était entrée dans le XXIe siècle en repoussant, jusqu'aux limites de l'absurde, la contradiction entre les mots et les choses. Entre le rituel partisan - socialisme contre libéralisme, libre-échange contre protectionnisme - et les réalités terre à terre de la vie quotidienne des Français, citoyens informés des contraintes de l'économie mondiale, producteurs et consommateurs exercés aux aléas du marché, électeurs pénétrés des enjeux géopolitiques d'une France immergée dans l'Europe et d'une Europe confrontée au choc des empires.

Le scrutin de dimanche est le signe avant-coureur de l'orage qui s'annonce dans les partis de gouvernement et dans tous les organes de représentation. A gauche, le Parti socialiste ne peut plus retarder la clarification de sa doctrine face au modèle de la social-démocratie que plébiscitent ses nouveaux adhérents. Ségolène Royal est parvenue au deuxième tour de la présidentielle en dynamitant le vieux socle marxiste qui permettait de mêler les voix de l'extrême gauche et de la gauche modérée lors des grands rendez-vous électoraux des décennies précédentes. A droite - pour l'instant majoritaire dans le pays - c'est la tradition gaulliste du dirigisme qui se heurte aux convictions libérales de la jeune génération des entrepreneurs acquis au style de Nicolas Sarkozy. Dans le fond comme dans la forme et du plus profond du pays monte le désir d'un rajeunissement des appareils de pouvoir, qu'ils soient publics ou privés, politiques ou technocratiques. Sensibilité de gauche et sensibilité de droite se rejoignent dans l'aspiration aux nouvelles formes de dialogue social et de régulation de la vie économique. Le climat de reprise dans les pays de la zone euro est le beau cadeau d'accueil de l'Europe aux futures équipes de l'Elysée et de Matignon. Qu'elles en profitent au plus vite pour repeindre la maison commune.

Fin de citation.

Est-il besoin de dire à quel point j'approuve les idées développées dans ce texte? Non, bien évidemment ...

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