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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Les juges doivent être respectés!

5 Juin 2007, 22:33pm

Publié par Jacques Heurtault

J'ignore absolument tout de ce qui s'est passé exactement. Il semblerait qu'un juge ait été agressé en pleine audience, à Metz. Le Président de la République a diffusé un communiqué de soutien au magistrat et à la Magistrature dont voici la teneur.

Début de citation :

Le Président de la République tient à exprimer son profond soutien à M. Jacques Noris, vice-président chargé des fonctions de juge des enfants au tribunal de grande instance de Metz, victime le 5 juin 2007 d'une agression alors qu'il présidait une audience d'assistance éducative.

 

 

 

Le Président de la République qui est tenu strictement informé de l'évolution de l'état de santé de Monsieur Jacques Noris, s'élève contre cet acte inqualifiable.

 

 

 

Il a demandé à Madame Rachida Dati, ministre de la justice, de se rendre dès cet après-midi auprès de lui à Metz pour l'assurer de son entier soutien.

 

 

 

Il l'a également chargée de rencontrer l'ensemble des magistrats et fonctionnaires du tribunal de grande instance de Metz pour leur faire part de sa solidarité face à cette agression.

 

 

 

Le Chef de l'Etat tient à rendre hommage à l'ensemble des magistrats et fonctionnaires de justice qui exercent leurs fonctions dans des conditions souvent difficiles.

 

 

 

Il a demandé à Madame Dati de lui dresser un bilan des mesures mises en place pour renforcer la sécurité des juridictions et de lui présenter ses propositions d'amélioration.

Fin de citation.

Je n'ai qu'une remarque à formuler. On ne le redira sans doute jamais assez. Il n'y a pas, en France, de Chef de l'Etat. Il y a, par contre, un Président de la République dont la fonction est clairement définie et qui dispose, est-il besoin de le rappeler, comme tous les citoyens, de la plus totale liberté d'expression.

La dernière fois que la France a connu un Chef de l'Etat, c'était, précisément, lorsque la forme du gouvernement du pays n'était pas la République ... Ce "chef", c'était un certain Pétain qui avait, peu de temps auparavant, ostensiblement serré la main de Hitler à Montoire. Je veux croire que le Pétain de Montoire ne fait pas partie des références culturelles et politiques du Président de la République. Ce serait bien que cette mauvaise pratique illustrant cette mauvaise dérive soit abandonnée. Merci, Monsieur le Président de la République.

J'apprends ce matin 6 Juin que l'auteure de l'agression s'est offert le luxe d'un coup de couteau à l'abdomen. Pas moins! J'espère qu'elle va s'en prendre pour 20 ans minimum! On entend déjà des propos selon lesquels, elle est issue de milieux défavorisés, elle a eu une enfance difficile et elle est perturbée sur le plan psychologique ... et le juge est réputé pour sa sévérité! Suivez le raisonnement : "il faut être indulgent! Il faut la comprendre! D'ailleurs, c'est certainement la faute du juge!"

Eh, bien! Non! Il faut la sanctionner afin qu'elle soit mise hors d'état de nuire, qu'elle puisse méditer longtemps sur le crime qu'elle a commis et que d'autres, éventuellement tentés par des pulsions de ce genre se fassent une opinion précise sur ce qui les attend s'ils passent à l'acte ... Il faut aller vite! Dans trois mois, l'affaire doit être jugée. C'est un impératif de respect des institutions républicaines!  

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GM 12/06/2007 09:38

Conception honorable Monsieur Heurtault, reprise par les pères fondateurs et qui doit pouvoir faire un très large consensus, sinon l'unanimité (je pense à l'extrême gauche comme exception, qui voit dans la "justice" un outil de domination d'une classe bourgeoise sur la classe prolétarienne... et la critique vertement, naturellement, même quand elle cherche une légitimité dans des élections législatives... qui fait la loi : gag !)

Jacques Heurtault 12/06/2007 09:53

L'extrême gauche n'en est pas à une contradiction près! "ils" appellent ça "la dialectique" ...

GM 11/06/2007 11:30

J'ai dit "toutes (des centaines de milliers de décisions par an), sauf le pénal" : 300 crimes par an (et quelques milliers de délits)... Ne confondez pas tout, Jean-Pierre, comme la plupart. Prendre la partie émergée de l'iceberg pour mieux cacher la partie immergée, ce n'est pas la réalité de l'iceberg dans son entier.
Pour ce qui est du sujet de philo, la réponse est au moins double : La "justice" au sens commun, ça reste l'expression de ce qui est "équitable". Or, l'équité n'est pas l'égalité de la règle de droit.
La "justice du droit", c'est l'application de la règle de droit (la loi). Dominé par le principe d'égalité. Autrement dit la justice en tant qu'institution est plongée toute entière dans la loi, sans être ni au-dessus, ni au-dessous des lois, mais dedans, s'en nourrissant, la faisant "fonctionner" : Le juge dit la loi entre les parties à un procès. C'est son expression ultime.
Pour autant la Loi, au delà des effets de circonstances, s'inspire d'un autre droit qui n'est pas codifié ni écrit nulle part, qui reste le "droit naturel" (genre tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, etc. mais en plus développé) : Elle en organise seulement les effets (et du coup les écrit, mais autrement : "tout crime sera puni..." : Il n'est pas marqué que c'est interdit ! Nuance...).
La vraie question philosophique est de savoir si il y a adéquation entre la loi et le "droit naturel". Avec comme subsidiaire : pourquoi avons-nous besoin de l'intervention du législateur pour dire "ce qui est naturel ?"
Pour la première, on note que la Loi est faite par des hommes élus pour ça. Fabriquée par d'autres hommes. Le tout animé par des réflexions, de la "matière grise en action" qui forcément fait appel à des archétypes et des expériences qui ressortent du domaine de l'opinion. Pourquoi il était criminel d'avorter et qu'il ne l'est plus par la suite ? Pourquoi est-il délictueux de passer à 50 Km/h (comme dans toutes les villes) devant un panneau marqué 30 qui n'était pas là la semaine passée ?
Pour la question subsidiaire, (pourquoi avons-nous besoin de loi pour imposer ce qui est naturel), là, les commencements de réponse sont complexes et je ne sais même pas répondre à cette question de façon définitive (qui est quelque part infantilisante, prenant le citoyen responsable pour une bille qui ne connaîtrait pas le poids de ses propres responsabilités), sachant notamment que responsabilité veut aussi dire Liberté et que la loi est donc forcément peu ou prou liberticide, alors même, mais chez nous et pas partout, elle est censée protéger la Liberté...

Jacques Heurtault 11/06/2007 11:36

Vous soulevez, là, un  problème très important. Nos tribunaux ne jugent effectivement pas "en équité" mais "en droit" ... C'est une garantie démocratique que je ne veux pas voir remise en cause. Les parlementaires font les lois. Les juges les appliquent conformément à la volonté des législateurs. Lorsque les juges ont un problème d'interprétation, ils ont les moyens de renvoyer le problème devant le législateur. C'est arrivé il y a quelques années avec des affaires en rapport avec l'euthanasie et en rapport avec l'insémination humaine  "post-mortem". C'est ce que j'attends des législateurs, des juges, de l'exécutif ... Chacun doit strictement rester dans son rôle! Telle est ma conception ...

Jean-Pierre 09/06/2007 11:50

GM (Grand Magistrat), vous voyez bien que ce n'est pas si simple que ça.

Au départ, OK, nous avons le Droit et rien que le Droit. Et par là-dessus, viennent se greffer (se greffier ;-)) de la technique, de la jurisprudence, des habitudes, des intimes convictions, des erreurs, des vices de forme, des partis-pris, des préjugés et même de la politique... Sereine la justice ? Non, pas sereine, humaine, avec les qualités et les défauts des humains.

Alors, il faut faire bonne figure et dire haut et fort que la justice est juste et fonctionne, mais bon, ne soyons pas dupe. ;-)))

Une question de philo : La justice est-elle au dessus des lois ?

Jacques Heurtault 09/06/2007 23:46

L'épreuve de philo, c'est Lundi! Mon fils est concerné ... Excellent sujet que celui que vous proposez!

GM 08/06/2007 18:27

@ Jean-Pierre : La justice ne repose pas sur le sentiment ! Dans aucune décision de justice on ne motive une décision sur un "je pense que", "je crois que", "je suis persuadé que".... Même si c'est vrai en pratique, parce qu'il faut bien se faire aussi une opinion de technicien du droit face à des arguments de droit qui sont souvent bien montés et bien étayés par les avocats (c'est leur métier).
Il y a une exception : la matière pénale ! Qui repose in fine sur "l'intime conviction", notamment en Cour d'Assises, mais aussi tout au long des instructions des crimes et des délits.
Quoique dans les contraventions, c'est de la mécanique : les tribunaux de police ne convoquent même plus les prévenus pour condamner... Le PV d'un agent assermenté vaut n'importe quel dire et témoignage disant le contraire (il faut vraiment tomber sur un témoin assermenté par hasard pour y arriver)
Malheureusement dans l'affaire d'Outreau, heureusement pour toutes les autres, sans ça, nous aurions une haute densité de dangereux malfaiteurs dans les rues, qui ne sont déjà pas toutes sûres, en plus de quelques quartiers de "non droit"....

GM 08/06/2007 18:18

Exactement Jean-Pierre : nous ne jugeons pas (nous en sommes incapables en plus que d'être incompétents), nous apprécions ! D'autant qu'il n'est pas ici question de lyncher quiconque, juste de s'indigner (ce qui est une des expressions de la Liberté, plutôt rassurante)
C'est encore une "nuance" qui échappe à Bastien. Ce qui est d'autant plus dommageable s'il est journaliste : Le journaliste rapporte des faits, recueille des témoignages, informe du fait. Et il y a une frontière très nette entre un fait et une opinion.
Il pleut est un fait. Il va pleuvoir est une opinion.
Et quand le journalisme empiète d'un territoire sur l'autre, il trompe son monde et sa profession : Il y a tentative de tromperie. Tout le monde sait cela ! C'st le B.A. BA du métier.
Ce qui nous différencie d'avec les journalistes, c'est que nous ne le sommes pas et nous pouvons émettre des opinions (qui ne valent ni plus ni moins autant que toutes les autres : et on en débat, même parfois).
Le journaliste qui émet une opinion devient éditorialiste : ce qui est nettement différent et c'est marqué dessus ! Mais à ce moment là, il redevient un citoyen comme les autres, rien de plus, avec mission de satisfaire ses lecteurs (c'est pour ça qu'il fait "chef" dans le civil, en principe).
Quand des journalistes ne comprennent pas ça, bien des lecteurs vont voir ailleurs que la presse payante : Comme quoi, eux ne sont pas si idiots que ça, les habitants et citoyens de mon beau pays...

Jacques Heurtault 08/06/2007 19:33

C'est exactement ce que je reproche aux journalistes! Ils ne font pas leur métier correctement. Une étude à même révélée que beaucoup d'entre eux ont choisi ce métier non pour informer mais pour défendre leurs idées! Autrement dit pour militer ... Militer n'est pas une tare en soit! Ce qui l'est, c'est de le faire "en catimini" tout en étant payé pour ça!

Jean-Pierre 06/06/2007 20:26

Monsieur Gaudray. Nous commentons un fait divers et non une décision de justice, il me semble.

La justice ne repose pas que sur le droit, mais aussi sur le sentiment. Pour ma part, je n'interviens pas dans les décisions de justice, mais en tant que personne, je n'en pense pas moins. Vous ne vous voulez tout de même pas que je ne pense plus. À moins que ? ;-))

Jacques Heurtault 06/06/2007 23:34

Continuez à penser, Jean-Pierre! Et ne soyez pas égoïste, s'il vous plait! Livrez nous une partie de vos pensées ...

Bastien Gaudray 06/06/2007 16:34

Je suis surpris par ces réactions.
Premièrement, comme toujours, l'agresseure doit être jugée pour sa tentative de meurtre avec préméditation.
Deuxièmement, sont acte doit être considéré comme agravé si il est avéré que c'est en sa fonction de juge, et donc d'agent de l'état, que la victime a été aggressée.
Troisièmement, il faut laisser la justice suivre son cours, sans intervention de la pression populaire ni du politique.
Quatrièmement, cela veut aussi dire qu'il est laissé à la cours de justice, seule habilité à estimer une sancyion, de savoir si l'agresseure mérite ou non des circonstances atténuantes.
Cet aggression est grave. Mais cet acte est d'autant plus grave qu'il semble vous inciter à une justice particulière à ce cas. Pour moi, nous avons des textes de lois. ceux-ci garantissent une justice équitable, par rapport à un lynchage à chaud.
En somme, nous ne devrions pas nous permettre de commenter une décision de justice qui n'a opas encore été prise. ceci est la seule garantie de notre justice indépendante, et donc seule garantie de notre démocratie. Pour des membres du Mouvement Démocratique, il me semble que vous oubliez la séparation des pouvoirs.
 
Bien cordialement

Jacques Heurtault 06/06/2007 17:25

Etant moi-même agent public, je suis assez sensible aux problèmes d'agression voire de meurtre d'agents publics dans l'exercice de leurs fonctions. C'est arrivé pour un agent de l'Anpe qui a été étranglé.Pour respecter parfaitement votre point de vue, les journalistes devraient mentionner le fait avec une très grande sobriété et s'abstenir de prendre implicitement la défense des criminels en invoquant je ne sais quels circonstances atténuantes.Au demeurant, on va voir comment les juges, qui ont été mis sur la sellette, vont réagir quand il s'agit de l'un des leurs ... L'idée est trés répandue que la police arrête les coupables mais les juges les relâchent. On va donc voir! Interressant.Des élections viennent d'avoir lieu. Le candidat élu a mené campagne sur des thèmes très précis. Là aussi, on va voir!

Jean-Pierre 06/06/2007 14:28

On est dans un domaine où le politique devrait se faire humble. La misère engendre bien souvent la violence, c'est vrai. La misère sociale et psychologique de cette femme ne doit rien excuser. C'est une affaire encore bien triste.

Jacques Heurtault 06/06/2007 16:24

Triste ou pas, il est extrêmement important que ce crime soit sanctionné. C'est à la fois une affaire de principe et une nécessité politique. Des réformes sont en cours de préparation qui vont concerner la répression des crimes et délits et un meilleur fonctionnement de la Justice! Comment pourrait-on râler contre les dysfonctionnements de la Justice si on ne garanti pas le plein exercice de celle-ci? Le premier devoir d'un politique, c'est d'être conséquent et d'avoir de la suite dans les idées. Faute de quoi, il ne faut alors pas s'étonner si ça foire ...

GM 06/06/2007 10:50

Trois coups de couteaux, ai-je entendu... Pas un acte manqué d'une puberté mal assumée !
Déjà qu'on en manque, des juges, si en plus on nous les met HS, ou va-t-on... Mais ce ne sera pas le premier à faire les frais de leur apostolat... On se souvient du Shérif, du substitut d'Ajaccio (pour les locaux d'il y a très longtemps), etc, etc...
Une honte pas encore bue jusqu'à la lie pour mon pays !

Jacques Heurtault 06/06/2007 11:35

Je ne savais pas qu'elle avait donné TROIS coups de couteaux ... C'est bien la preuve qu'il s'agit d'une tentative d'assassinat, c'est à dire d'une tentative de meurtre AVEC préméditation!Le Parti Socialiste aura-t-il la plus élémentaire présence d'esprit de prendre position sur ce problème? Rien n'est moins sûr! 

déache 06/06/2007 00:27

Mais que fait donc le premier ministre? à quoi sert-il? Oui c'est bien un chef de l'état!

Jacques Heurtault 06/06/2007 06:59

Nicolas Sarkozy semble bien ouloir tenir ses promesses. Il a dit que s'impliquerait personnellement nettement dans la politique au quotidien. Alors il le fait .... On ne peut pas le lui reprocher. Il faut attendre de voir ce que cela donne à l'usage.D'autre part, il semble qu'il se "réserve" tous les sujets médiatisés ou susceptibles de l'être. Depuis les obsèques de Jean Claude Brialy jusqu'au très grave crime commis par cette mère de famille à Metz qui, je l'espère, va en prendre pour 20 ans au moins!