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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

L'Université en questions et ...en réponses

11 Août 2007, 14:11pm

Publié par Jacques Heurtault

Je me suis peu exprimé, jusqu'ici, sur l'Université ... J'accuse donc un certain retard ...que je vais m'empresser de combler par cet article qui risque bien, si je suis mes inclinations du moment, d'être assez audacieux, voire carrément sulfureux.

Première question :
Les problèmes soulevés par l'Université (que personne ne conteste sérieusement) concernent-ils les seuls universitaires (les professeurs alias les "mandarins"), les étudiants ou l'ensemble des citoyens?
Premier élément de réponse :
Cela concerne TOUS les citoyens! Les raisons en sont simples. Ce sont les citoyens qui, avec leurs impôts, financent ce "schmilblic"... C'est donc à eux de décider. Toutefois, ayant élus des représentants pour cela, payés avec leurs imlpôts, autant les faire bosser ... Pour autant, comme toute délégation de pouvoirs, celle-ci n'enlève en rien la responsabilité des délégataires ... C'est précisément ce pourquoi je m'en mêle!
Deuxième élément de réponse :
L'Université étant le lieu de concentration de tout ce qui doit se faire de mieux dans le domaine de la connaissance maitrisée donc organisée, l'avenir de la Nation repose donc en grande partie sur le devenir de l'Université ... Raison supplémentaire pour que le peuple s'en mêle! Ca tombe bien, j'en fais partie.

Deuxième question :
Les étudiants n'ont-ils alors que le droit de ne rien dire?
Premier élément de réponse :
OUI ...et NON!
Oui car l'état d'étudiant n'est que passager (entre deux et 5 ans environ). On ne voit pas pourquoi les étudiants d'aujourd'hui auraient le droit de modeler à leur façon cet outil de la Nation. Sauf à admettre que l'on puisse être étudiant toute sa vie (ou presque ...) ou bien que l'Université puisse être en révolution permanente (à la façon des maoïstes de ma période estudiantine). Petit rappel : étudiant, en arabe, se dit "taleb" au singulier et "taliban" au pluriel ... Pour ne rien vous cacher (mais vous l'aviez deviné depuis longtemps!), je ne porte pas ces gens là très chaud dans mon coeur ...
Non car ces étudiants étant appelés à devenir l'élite de la Nation, il serait tout de même stupide que l'on ne tienne aucun compte des idées qu'ils peuvent avoir ... Par conséquent, dans les instances de direction de l'Université, on les cantonnera à un rôle CONSULTATIF au sein d'un organe où ils seront représentés par un nombre égal d'élus pour chaque niveau L1, L2, L3, M1, M2 ... Je sais bien que ce n'est pas très "démocratique" mais c'est ainsi que je vois les choses ... et je suis viscéralement attaché aux valeurs de la démocratie!

Troisième question :
Et les profs, alors?
Premier élément de réponse :
Il doivent être associés au plus près au devenir de l'Université. Non pas que ce soit leur outil de travail mais tout simplement parce que ce sont des gens qui ont fait leurs preuves, à proportion, précisément, de leurs états de service en matière de recherche ... surtout s'il s'agit de recherche appliquée au développement des industries (y compris agricoles et "tertiaires").
On y vient ... Le noeud du problème est là!
Deuxième élément de réponse :
Un conseil d'administration d'une université doit donc être composé, pour partie (et pour partie seulement!) de représentants élus des enseignants d'université ... désignés, à part égale, par collèges selon leurs statuts ... universitaires afin que soit bien clairement signifié que l'on ne pèse pas d'abord à proportion du nombre mais aussi à proportion de sa qualité et des ses mérites ...

Quatrième question :
Qui d'autres, dans ce conseil d'administration?
Premier élément de réponse :
Des représentants d'instances élues par le ...peuple, tout simplement! Génial, non? Suffisait d'y penser ... Vous en rêviez, Jacques Heurtault l'a fait!
Je dis bien de représentants d'instances élues ... Pas de représentants de l'Etat! C'est beaucoup plus qu'une nuance. Cela ne vous a évidemment pas échappé ...
Donc, des représentants des Conseils Régionaux, des Conseils Généraux et du Parlement national (Assemblée Nationale et Sénat). Là encore, à parité entre eux. C'est à dire, un certain nombre de sièges pour les représentants du Parlement National (pas nécessairement élus du secteur!), autant pour les représentants élus du ou des Conseils Régionaux concernés, autant pour les représentants élus des Conseils Généraux.
Deuxième élément de réponse :
Des représentants des ...entreprises, bien sûr! Le mot est laché ... Je sens déjà les boulets (rouges!) qui passent en sifflant auprès de mes oreilles et au dessus de ma tête! Pas de représentants des syndicats ... Ce n'est pas un oubli!
Oui mais, comment les désigner? 
Tout simplement par cooptation par le Conseil d'Administration ...incomplet! En prenant quelques précautions ... telles par exemple exercer des fonctions de direction au sein d'une PME impliquée dans la recherche et développement en rapport avec les activités de l'université .... A fortiori d'une grande entreprise faisant appel au savoir faire des chercheurs de l'université en finançant les travaux des laboratoires de recherche.

Cinquième question :
Quel poids donner à chacune des filières d'origine (universitaires, représentants des instances élues, représentants des entreprises)?
Premier élément de réponse :
Risquons une proposition :
Le Conseil d'Administration élit une Commission Permanente ... et désigne les trois "patrons" (Président, Directeur des études, Directeur financier).
50% des sièges à la filière des universitaires.
30% à la filière des représentants d'instances élues.
20% à la filière des représentants des entreprises.
Deuxième élément de réponse :
Le siège de Président revient de droit à un représentant des instances élues.
Le siège de Directeur des études et des programmes revient de droit à un représentant des universitaires.
Le siège de Directeur financier revient de droit à un représentant des entreprises.
L'université, elle, reste un établissement PUBLIC à caractère scientifique et culturel mais géré selon les règles du DROIT PRIVE des entreprises (comptabilité, achat et cession d'actifs, dépôt de brevets et cession ou mise à disposition de ceux-ci à des tiers, etc ...).  
  

Commenter cet article

:0026: Niconippon 16/08/2007 01:54

Un point pour vous ! C'est également vrai que tout gouvernement se doit de mettre le paquet sur l'éducation, mais, contrairement à ce qui s'est fait jusqu'à présent, en gardant comme centre de réflexion l'ENFANT.Formons des pédagogues, pas des enseignants ! (ouh la la, j'ai dit un gros mot là...)

Jacques Heurtault 16/08/2007 07:01

Oui! Un très gros mot ...

:0026: Niconippon 15/08/2007 10:17

Cher Jacques, vous oubliez ou omettez un aspect essentiel du débat: le prixJ'ai bien peur que des universités modelées sur le modèle privé et gérées (pour la partie financière) par le privé verrait ses tarifs s'envoler.Ne me répondez pas que les bourses sont là pour compenser cet aspect, l'imbroglio administratif induis est tel qu'il y aurait de facto des jeunes sur le carreau.

Jacques Heurtault 15/08/2007 11:13

Mon opinion, là-dessus, est claire : je suis contre les droits d'inscription mais pour la sélection à l'entrée. Il faut que nous ayons le courage de dire que nous n'avons pas besoin de former 50.000 psychosociologues par an. Nous avons, par contre, besoin d'ingénieurs, de techniciens, de mathématiciens ... de chercheurs centrés sur la recherche et développement, la mise au point de brevets industriels, etc ...Quant aux "jeunes sur le carreau", il va falloir que nous ayons le courage de dire que, pour entrer en sixième, il FAUT savoir lire, écrire, compter couramment ... Nous n'y sommes pas, hélas!