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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Comprendre la crise boursière ...

15 Août 2007, 08:41am

Publié par Jacques Heurtault

Autant le préciser tout de suite : je ne possède aucun portefeuille boursier! Ni actions, ni obligations, ni "sicav", ni fonds communs de placement  ... RIEN!

Mon point de vue est donc, au premier degré, complètement désintéressé.

Au premier degré seulement ... Car, au second degré, ça craint! Ca craint même beaucoup ...

Inutile de pérorer sur les méfaits du capitalisme et de la spéculation boursière. Cela ne sert à rien, du moins dans l'immédiat.

Première remarque : Il fallait s'attendre à ce que ça "pète" un jour ou l'autre! Il existe un vieil adage boursier : "Les arbres ne grimpent pas jusqu'au ciel!". C'est une manière de dire que si les cours de bourse s'envolent à un rythme évidemment très supérieur aux progrès de l'économie réelle, il faut bien que, un jour ou l'autre, l'effet inverse se produise. 

Deuxième remarque : Les hausses, très soutenues, mêmes brutales, ne font jamais peur à personne (ou, en tout cas, à peu de monde) ... Ce sont les baisses qui font peur! Phénomène aisé à comprendre, surtout si on possède des "valeurs" concernées par la baisse;

Essai d'explications simples :

Supposons que vous soyez dans ce cas. Vous êtes détenteur d'un portefeuille boursier dont vous apprenez que certaines des valeurs sont orientées "à la baisse". Vous donnez ordre de vendre ...afin de limiter vos pertes. Jusque là, tout va bien. Tout va bien ... à condition de trouver un acheteur!
Supposons que vous n'êtes pas le seul dans cette situation. Supposons qu'il y ait plusieurs vendeurs sur le même titre ... et pas d'acheteur! La sanction tombe comme un couperet : le cours s'effondre jusqu'à ce que des acheteurs de présentent car pensant que le cours a atteint son plancher et qu'il ne baissera donc plus ...
Supposons maintenant que vous n'ayez pas acheté "au comptant", c'est à dire en payant la totalité de votre achat au moment où se réalise la transaction mais "à terme", c'est à dire en vous étant engagé à payer le solde (en général 90%) dans un mois, voire dans trois mois, n'ayant payé que 10% au moment de la transaction. Dans un mois, votre banquier ne va pas vous oublier! Vous allez devoir payer le solde ... Que se passe -t-il alors si vous n'avez pas les fonds nécéssaires pour régler votre dette? Il n'est évidemment pas question de saisir je ne sais quel organisme "social" pour que l'on vous prête l'argent qui vous manque à un taux "avantageux" ... Soit vous empruntez aux conditions du marché (comme c'est bizarre! dans ces circonstances, les taux d'intérêt sont à la hausse ...), soit vous vendez ce que vous possédez pour faire face ... Si l'acheteur qui se présente sait que vous êtes en difficulté financière, il va faire pression "à la baisse" ... et, contraint et forcé, vous allez céder!  Si tout le monde fait pareil, c'est l'ensemble du marché qui s'effondre ...
C'est ce qui s'est passé un certain "Jeudi Noir", à Wall Street ...en 1929. Des investisseurs avaient acheté "à découvert", c'est à dire sans posseder, au moment de la transaction, les sommes nécessaires au paiement ... Quand il a fallu régler la note, ils ont vendu, vendu, vendu en bissant baissant, baissant leur prix jusqu'à qu'ils disposent des sommes nécessaires au règlement de leur dette. Les cours se sont effondrés! On connait la suite ... Des entreprises ne disposant plus des "liquidités" nécessaires pour régler leurs échéances commerciales (bien réelles, celles-là) déposent leur bilan, licencient massivement, etc ... La consommation s'effondre .. Les entreprises voient leur marché s'effondrer également, elles licencient à leur tour, etc ... la spirale infernale descendante se déroule, inexorable ...

Pour contrer ce phénomène, il est essentiel que les acteurs du marché ne soient pas placés dans l'obligation de vendre à tout prix, c'est à dire à n'importe quel prix ... Il FAUT qu'ils puissent disposer d'argent liquide RAPIDEMENT en empruntant auprès des organismes dont c'est le métier, c'est à dire les banques, lesquelles ne peuvent agir que si elles disposent des fonds nécéssaires ... qu'elles obtiennent auprès des super-banques que sont les banques centrales telles la Banque Centrale Européenne, la Federal Reserve of the United States of America (la fameuse "Fed" dont vous avez probablement entendu parlé). A condition que ces banques centrales libèrent les "liquidités" dont le marché a besoin pour faire baisser la pression ...

En mettant plus de 250 milliards d'Euros de liquidités sur le marché (chiffre à vérifier car cela représente tout de même les trois quarts du budget de l'Etat français et plus de 10% du produit intérieur brut français), la Banque Centrale Européenne, tant décriée, a montré, par la rapidité de la réaction et son ampleur qu'elle savait ce qu'elle faisait, qu'elle avait le jeu bien en main ... et qu'on pouvait donc lui faire confiance. Jean Claude Trichet, son gouverneur, n'est pas un charlatan! Faut-il préciser que cela n'a été possible que parce que l'Euro est une monnaie forte?

Logiquement, d'ici à quelques mois, le poids de l'euro comme monnaie de réserve internationale devrait encore s'accroitre, atteidre les 30%, voire les 35%. Et, qui sait?, dépasser plus tôt qu'on ne peut le croire le roi-dollar ... Ce n'est pas encore pour tout de suite! Mais ça va venir! Ce sera alors 50 ans de prospérité assurée ...

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abdel 19/08/2007 09:11

OK la bourse est le moyen nécessaire pour le développement écnomique, seulement il y a un gros problème le ver est dans la pomme ... la spéculation effrénée de gros fond qui prennent possession de sociétés et imposent leurs normes de rendement et faisant pression sur les salaires ...
On voit bien le lien entre les annonces de licenciement et le cours de bourse.
Lorsque l'on voit la spéculation mondiale sur le pétrole , les compagnies pétrolières se gavent en toute tranquillité...
S'il y a une valeur qui n'est pas prête de baisser c'est la pauvreté.
 

Jacques Heurtault 19/08/2007 12:54

Pour contrer les fonds de pensions étrangers qui, morceau par morceau, prennent possession de notre économie (bien réelle, celle-là!), il faut que nous ayons les nôtres et que les "zinzins" (les investisseurs institutionnels) rejouent le rôle régulateur qu'ils jouaient en économie régulée. Ne pas confondre : économie régulée, c'est à dire économlie DE MARCHE régulée par des amortisseurs de fluctuation et économie ADMINISTREE qui aboutissent toutes aux faillites économiques que l'on a connu dans les pays de l'Est . 

Jean-Pierre 16/08/2007 11:29

Si la bourse n'existait pas, combien d'ouvriers gagneraient 1 528 euros par mois ? Plus ou moins qu'aujourd'hui ?

Jacques Heurtault 16/08/2007 12:03

La Bourse est LE moyen NORMAL de fonctionnement du financement des entreprises. Faute de quoi, il faudrait que l'entreprise épargne l'argent dont elle a besoin pour financer ses investissements futurs. Ce serait alors une REGRESSION absolue du niveau de développement ...donc, comme vous le faite remarquer un moindre niveau d'emplois qualifiés.

lucien 15/08/2007 19:55

C\\\'est vrai qu\\\'Hitler est arrivé au pouvoir par des élections. Il a ensuite suppimé le droit de grève, mis les médias à sa botte, créé des commissions qui ont peu à peu remplacé les élus et dicté toutes les lois qu\\\'il souhaitait et que d\\\'ailleurs il avait dans son programme ??? Heureusement en 1936 le front populaire, combattu par la droite et les financiers est venu apporter un peu d\\\'air aux ouvriers

Jacques Heurtault 15/08/2007 22:46

Dont acte! Je vous remercie ... Je n'oublie pas qu'en France, d'aucuns disaient volontiers "Plutôt Hitler que le Front Populaire" ...

lucien 15/08/2007 17:58

La bourse au mùoment où l'on se rend compte que 50% des français perçoivent moins de 1528 euros par mois ... je me marre ...

Jacques Heurtault 15/08/2007 19:04

Vous avez grand tort de vous "marrer"! En 1929, les prolétaires américains puis européens ne se sont pas marrés ... Ils ont même pleuré! surtout dans lesannées "30", spécialement en 1933,1934,1935 ... Si Hitler est arrvé au pouvoir en Allemagne, c'est parce que les prolétaires allemands l'ont massivement soutenu, hélas!