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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Laurent Fabius et la crise boursière dans Libération ...

17 Août 2007, 23:26pm

Publié par Jacques Heurtault

Cela va deux fois, en quelques jours, que je diffuse les idées de Laurent de Laurent Fabius après l'avoir, à plusieurs reprises, étrillé pendant la dernière campagne électorale ...

Vous allez finir par penser que je suis en train de retourner ma veste!

Ce en quoi vous auriez grand tort ...

Depuis le début, j'ai fait le choix de faire miennes les bonnes idées, d'où qu'elles viennent, même si elles viennent de Laurent Fabius ...

C'est la principale des raisons qui font que mes idées que vous lisez avec régularité sur mon blog sont bonnes! (Et vlan dans les chevilles ... Gonflé, le mec!).

Lisez plutôt :

Début de citation :

Qui sont ces « prétendus spécialistes » que vous fustigez ?

 Pour moi, il y a eu un défaut de prévoyance considérable de la part des prêteurs américains, puis des banques - en particulier des fonds et des hedge funds - ensuite des autorités de régulation et des agences de notation. Car, ce qui me frappe d’abord, c’est que cette crise était prévisible. Quand on a une masse de crédits distribués sans aucune garantie et qu’en même temps l’économie se contracte, il finit forcément par y avoir un retournement. Quand ces créances ont été titrisées, il était aisé de prévoir le risque. Autre chose qui me frappe : la contagion. Le système est si imbriqué que, très vite, on arrive à une crise. Et l’aspect psychologique joue à plein puisque, à partir d’une affaire localisée, faute de transparence, on aboutit à une crise planétaire ! Le marché a vite compris que tout cela était opaque.

 

Les banques centrales ont-elles eu raison d’injecter massivement des liquidités ?

Bien sûr. A partir du moment où le système interbancaire était bloqué puisque les banques refusaient de se prêter de l’argent, il fallait éviter la thrombose. Mais ces injections révélaient aussi que la crise était plus importante que prévu. Rajoutant à l’effet psychologique et à la spirale de crise. Je dirais donc que la situation actuelle est le résultat d’un manque de clairvoyance, d’un défaut de transparence et d’un effet contagion qui rend le système très fragile.

 

 Avez-vous le sentiment qu’il y a un pilote à la tête de la finance mondiale ?

Il ne peut pas y avoir un pilote ; il faut qu’il y ait des pilotes. Et ces pilotes, ce sont les autorités américaines (pour ce qui est des prêts immobiliers), les régulateurs nationaux, les agences de notation, les banques centrales - qui doivent impérativement se coordonner davantage - et les gouvernements eux-mêmes qui doivent tout faire pour éviter la contagion entre économie financière et économie réelle.

 

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a affirmé qu’elle ne croyait pas à la contagion de l’économie française.

Moi, j’ai bien peur qu’il y ait des conséquences sur la France. Car il y a une addition de facteurs qui poussent dans le même sens : climat de crise financière, décisions ponctuelles du gouvernement qui vont avoir des effets sur la consommation, telles la hausse de l’électricité, et aussi l’augmentation des prix de l’alimentation... Tout cela donne un climat morose, là où on nous annonçait une reprise. Alors que la croissance mondiale est très forte, cette crise risque d’aboutir un peu partout, y compris en France, à un freinage des investissements et de la consommation.

 

Aux manettes, que feriez-vous ?

Je m’assurerais de l’existence d’une bonne coordination entre les autorités financières internationales, d’une vraie discussion avec la Banque centrale européenne car elle ne doit surtout pas relever ses taux. Et je mettrais sur la table la question des hedge funds (il faut espérer que les Américains vont réagir sur le sujet comme Angela Merkel le réclame depuis des mois) et des bulles financières. Car ce qui se passe dans l’immobilier peut arriver dans d’autres secteurs, je pense notamment à certains marchés énergétiques. Le problème c’est que l’économie se « financiarise » totalement ; or les rendements financiers exigés sont sans commune mesure avec l’économie réelle. Comme les phénomènes de chute sont accélérés, cela donne à la fois un effet domino et un effet casino.

 

Les autorités politiques et financières réagissent-elles comme il faut ?

Avant tout, il faut faire preuve de sang-froid et développer une vision internationale coordonnée. Or, dans cette crise, on a eu un sentiment de flottement. D’autant que nous sommes en août et que beaucoup sont en vacances. Il fallait une réponse psychologique forte des autorités publiques. Pour le moment, je constate qu’on est en pleine tempête.

   

Interview réalisée par Alexandra Schwartzbrod.

Fin de citation.

 

Fabius n'a pas raison sur tout! En particulier, il a tort sur un point.

 

Il faut que la Banque Centrale Européenne relève ses taux, comme cela était prévu, en Septembre prochain.

Pourquoi?

C'est une affaire de crédibilité, tout simplement!

On vient de le voir : la Banque Centrale Européenne vient de s'offir le luxe d'intervenir massivement sur les marchés financiers en mettant à disposition les liquidités indispensables (plus de 200 milliards d'euros ... moins que les 250 milliards que j'avais un peu vite annoncé) alors que dans le même temps, la FED ne mettait au pôt que 90 milliards de dollars soit TROIS fois moins!

Première leçon (qui va payer dans le moyen et long terme) :
1. Quand la BCE doit être là, elle y est vraiment! Elle met le paquet ...

2. Les autres n'y sont pas ... du moins pas à la hauteur en rapport avec leur poids économique réel (ou supposé?). Bon à savoir pour la suite ...

Il faut DONC que la BCE relève ses taux, comme cela avait été annoncé, en septembre prochain.

Deuxième leçon :

De la sorte, elle apparaitra comme une institution qui dit à l'avance ce qu'elle fera et qui fait ensuite vraiment ce qu'elle a dit qu'elle ferait ...

Seuls les grands, les très grands, peuvent se permettre cela! Tout simplement parce qu'on peut leur faire confiance ...  

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Jean-Pierre 20/08/2007 09:00

En effet, Jacques, la vie serait plutôt un long cauchemar tranquille, si j'en crois la plaisanterie d'une personne de mon entourage. :-))

Pour revenir à la bourse, c'est facile de mépriser les petits porteurs, mais je me demande où sont investis les fonds d'une assurance-vie, de certains plans d'épargne ou même d'un compte bancaire créditeurs... Une partie de ces sommes ne sont-elles pas investies dans des actions ? (C'est une question, hein) :-))

Jacques Heurtault 20/08/2007 12:47

Quelle que soit la décision d'investissement d'un épargnant, tout, in fine, arrive à la Bourse même si le principal intéressé n'en sait rien... Il y a bien sûr des amortisseurs ... les SICAV, par exemple! mais, dans ce cas, les vendeurs émérites fourguent un produit frelaté. C'est ce qui est arrivé à la BNP! Elle a du retirer de la cote (en bourse) trois SICAV infectée par les "subprime mortgages" à l'orignine déclenchante de la crise boursière actuelle.

Daniel Heurtault 19/08/2007 15:26

"hedge founds", "titrisées"," thrombose", c'est bien là un langage d'énarque  financier loin  , trés loin et trés peu soucieux des facultés de compréhensions du citoyen lambda. Fabius peut être un expert économiste mais il a besoin de retomber sur terre pour être compris de tout le monde ......Les petits porteurs qui jouent à la bourse n' ont que ce qu'ils méritent car leur mentalité, c'est bien de toucher le jackpot quand ils le peuvent. Ils sont acteurs conscients ou inconscients dans les crises financières ....

Jacques Heurtault 19/08/2007 16:50

Je ne vais pas les plaindre! Toutefois, attention... 40% des Français ont un portefeuille à la Bourse! Parmi lesquels, un bon peu d'électeurs de gauche ... Bien plus que tu ne peux le concevoir a priori! La vie N'EST PAS un long fleuve tranquille.

denfer 19/08/2007 08:59

La bourse est compliquée et dangeureuse pour les petits porteurs qui resteront toujours les "dindons de la farce".
En 2000 je me suis pris dans le jeux, poussé par mon banquier a investir en bourse.
Comme beaucoup j'ai perdu énormément.
Sans rejeter la faute sur les autres j'accepte une part de responsabilité, mais l'état, la COB ont fait défaut ....
En final la moralité les pertes sont mutualisées ( ex: C Lyonnais, ....), et les gains individualisées.
La ministre de l'économie qui estimait dernièrement que ces mouvements baissiers étaient une bonne chose car le marché est surévalué d'après cette grande dame de l'économie", question pourquoi laisser des agences de notations ou banques continuer à pousser, à force de publicité mensongére d'acheter ???.
De toute façons pour ma part depuis 2000 je ne suis jamais revenu en bourse....
Cdt

Jacques Heurtault 19/08/2007 12:49

Et vous avez eu bien raison de ne plus y remettre les pieds ... Ces choses là, ce n'est ni pour vous ni pour moi ....