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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Ah, l'Education NATIONALE! Va-t-on en venir à bout?

23 Mai 2013, 14:24pm

Publié par Jacques Heurtault

Voilà un "rapport" (un de plus!) qui fait grand bruit ... Je dirais même plus : il déclenche un vacarme!

 

Il faut bien reconnaitre que, décidément, une fois de plus, c'est Lénine qui avait raison : "Un fait est un fait et les faits sont têtus!".

 

Avant d'ller plus loin, une remarque liminaire. Est-il dans les attributions de la Cour des Comptes que d'exprimer une orientation politique? On peut, sans trop de risques, supputer que si la Cour des Comptes produit un tel rapport, c'est que, au minimum, la loi le lui permet. J'aurais beaucoup de mal à croire qu'elle puisse se permettre de telles prises de position si la loi le lui interdisait. Il est hautement vraisemblable que la loi le lui permet voire même qu'elle le lui demande ...

C'EST TRES BIEN!

 

Voyons maintenant ce que dit ce "rapport".

 

Au niveau de la méthode, compte tenu de la nature de l'Autorité qui sollicite les informateurs auxquels elle fait appel, on peut être à peu près certain que les sources sont fiables.  La Cour des Comptes, ce n'est pas un collectif de journalistes qui cherche à vendre du papier quitte, pour cela, à raconter n'importe quoi (chose qui arrive trop souvent, hélas!). Ce sont des Magistrats! J'ignore à quelles sanctions pénales s'expose une personne sollicitée par la Cour des Comptes qui prendrait la liberté d'induire en erreur le magistrat instructeur mais je veux bien croire qu'elles existent et qu'elles doivent être assez sévères.

 

1. Je retiens, en tout premier lieu, une idée simple : On aura beau augmenter les effectifs d'enseignants tant et plus ... le "bazar" ne fonctionnera pas mieux pour autant! Je crois que cette idée est belle et bonne. C'est une conviction que j'ai, dans toute la mesure de mon possible, tentée de faire partager aux personnes avec lesquelles j'ai pu discuter des problèmes constatés. Je dis bien "tenté" parce que, en matière de résultats, les miens, sur ce sujet précis, ne sont pas forcément brillants ...

Désormais, je me sens moins seul! Pourquoi devrais-je cacher que cela me fait plaisir?

 

Je sais depuis plusieurs années que, à l'entrée en sixième, entre 20% et 30% des gamins ne maitrisent ni la lecture courante du français, ni l'écriture simple et pas davantage le calcul! Pourtant, on sait bien que, en sixième, les gamins ont besoin de maitriser, au moins, ces trois aspects fondamentaux! C'est l'évidence même. Comment se fait-il qu'on laisse entrer en sixième des gamins qui ne maitrisent pas ces notions basiques?

A chaque fois que cette thématique vient en débat, il me revient systématiquement à l'esprit cette effrayante conversation que j'ai eu un jour, avec l'institutrice de ma fille quand celle-ci a été admise en classe de sixième ... En voici le résumé : "Il y a trois catégories d'élèves à la fin du CM2. En premier lieu, ceux et celles qui maitrisent ces savoirs fondamentaux et qui passent donc en sixième. En second lieu, ceux et celles qui, en redoublant, vont pouvoir consolider ou même acquérir les bases qui leur manquent pour suivre les cours de la sixième. Ceux-là redoublent donc. En troisième lieu, il y a ceux et celles qui sont d'ores et déjà "largués" et pour lesquels le redoublement n'apportera rien. Ceux-là passent en sixième!".

Quand vous prenez un tel discours dans la figure, cela vous fait l'effet d'une sorte de coup de poing, à tout le moins l'effet d'une grosse baffe! Autant dire que ça fait mal ... Très mal, même!

 

2. La Cour des Comptes soulève aussi un problème bien connu : la procédure des décisions d'affectation des enseignants. Selon moi, la logique voudrait que ce soit la compétence professionnelle - c'est à dire le degré de maitrise de la pédagogie - qui soit, de très loin, LE CRITERE à prendre en compte. Les enseignants qui, pour un volume horaire donné, ont les meilleurs salaires doivent être les meilleurs enseignants. Ne pas accepter cela revient à reconnaitre qu'il n'y a pas de corrélation étroite entre la qualité et le professionnalisme des enseignants d'une part et le niveau de leurs salaires d'autre part! LE SALAIRE DOIT REFLETER LA COMPETENCE, PAS L'ANCIENNETE!

 

3. Pareillement, ce n'est malheusement pas le Directeur de l'établissement scolaire qui décide du choix des enseignants de son équipe pédagogique ... Comment peut-on, dans ces conditions, demander à un directeur d'établissement d'accepter d'être jugé sur les résultats qu'il obtient? Peine perdue!

 

4. Etc, etc ...

 


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Tout cela Jean Daumont 24/05/2013 09:54


   Vous savez que je pourrais disserter longuement sur l'Education Nationale, puisque j'en connais un rayon et que, défenseur intraitable de certaines idées saines sur le plan d'un
syndicat indépendant, j'ai payé la note par une privation de promotion interne avant retraite, accordée par ailleurs à des échines plus souples ...


   Il faut croire que l'armée, sans concertation avec l'Education Nationale, a pensé la même chose, puisque je n'ai pas alors (c'était le temps de la Guerre d'Algérie) été admis dans le
peloton d'EOR (élèves officiers de réserve), ce qui ne m'a pas néanmoins empêché d'avoir mon bâton de maréchal, puisqu'au terme de 29 mois, j'ai été "libéré" comme maréchal ...des logis-chef !...

Jacques Heurtault 24/05/2013 10:50



Vous avez été élevé à la dignité de Maréchal ... Quel cachotier vous êtes!


Dans les épreuves préalables à la sélections des EOR, je me souviens avoir passé celle de la course à pied (1.000 m). J'ai mené toute la course en tête, histoire de montrer que je pouvais être un
leader, un chef. Dans les 150 derniers mètres, celui qui s'était mis à l'abri du vent, juste derrière moi, m'a doublé et a "gagné"! Bien entendu, il a été retenu comme EOR et pas moi ...
J'imagine très bien un "officier" de cette "trempe" : il envoie ses hommes au feu, lui-même étant à l'abri DERRIERE eux et, après la victoire, il se présente pour recueillir les lauriers! POUAH!


Je me souviens également d'un autre candidat, à la limite de l'infirmité physique ... Il a été retenu! Il était le petit fils du principal fournisseur de chaussures de l'Armée! POUAH! Re-POUAH!


Il y a des choses, comme ça, qui vous marquent pour toute votre vie!



GM 23/05/2013 16:23


La doctrine officielle, depuis au moins 5 ou 6 décennies (c'est même marqué dans les circulaires du ministère du travail à de nombreux endroits) c'est qu'un salarié, quel qu'il soit (public ou
privé), ne saurait "mal travailler".


Et que toute discrimination ayant pour base de contredire cette "doctrine" est hors-la-loi.


Qu'il en devient extrêment difficile d'arguer devant un conseil des prud'hommes, une Cour, d'une "cause réelle et sérieuse" dans une "insuffisance" du travail effectué.


Pour y parvenir, il faut des critères quantitatifs et qualitatifs objectifs indicutables.


Et encore, une fois sur deux ils seront jugés impossible à réaliser donc nuls et non-avenus rendant le licenciement illicite.


Et je vous garantis que les syndicats veillent au grain en toute première ligne : Pas intérêt à soulever le problème de l'incompétence sans risquer une grève générale : Je sais de quoi que j'en
cause pour m'en être pris plein la tronche à plusieurs reprises.


Donc, donc, donc, juger de l'efficacité d'un fonctionnaire, même (et surtout de l'enseignement) n'y comptez même pas dans vos rêves les plus fantastiques !


Tout ce qu'on peut faire, c'est de le "rendre malade" qu'il ne viennent surtout pas en classe enseigner et de refiler son poste à un "meilleur que lui"...


Long, coûteux et difficile.


 


Reste que la stat n'existe plus, mais du temps où la conscription était obligatoire, sour les drapeaux de la "Partie-en-gloire", des gusses de 18 à 22 ans, y'en avait quand même déjà 20 % au
moins qui ne saiant pas lire, écrire et compter.


Surtout dans les "10 & 12".


Quant à faire un noeud cravate qui ne tourne pas, 30 ans après, même un Président de la République ne sait toujours pas les faire...


Alors sous l'uniforme, c'était rigolatoire à souhait !

Jacques Heurtault 23/05/2013 17:05



Pour en rester à la seule fonction publique, on constate que, malgré le blocage de la valeur du point depuis environ trois ans maintenant (peut-être quatre?), il n'y a pas de mouvement
perceptible de démissions plus important que d'habitude. Pourquoi? Tout simplement à cause du "G.V.T.", le "Glissement, Vieillesse, Technicité" qui fait que, automatiquement, même s'il est
mauvais, très mauvais, un fonctionnaire verra son indice augmenter tous les deux ou trois ans et, par conséquent, son salaire réel augmenter même avec une valeur du point gelée ...


Il suffit donc de supprimer cette automaticité pour faire avancer le "schmilblic" de la gestion des effectifs et des carrières. Pour cela, il faut une intervention législative.


Je me souviens de mon propre service militaire ... Dans ma chambrée, mon voisin de lit était un quasi analphabête. Et, moi, j'étais le plus diplômé de tout le contingent de la Base aérienne 124
d'Entzheim, près de Strasbourg ... Toutefois, cela ne leur a pas suffi pour que je puisse devenir Officier de réserve ! Ils m'ont conseillé de suivre le peloton afin que je devienne caporal ...
Je n'ai pas voulu faire d'esclandre, alors j'ai accepté ...