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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Ca y est! La subversion pro-GPA est en route! Et la "provoc" continue ...

2 Février 2014, 19:25pm

Publié par Jacques Heurtault

Entendu ce matin, quelques heures avant la nouvelle démonstration "numérique" de "La manif pour tous", sur la chaine de service public France Inter que j'écoute régulièrement pour avoir quelques informations sans être obligé de subir la "pub", un reportage relatif à la "Gestation pour autrui" autrement appelée GPA.

 

Il s'agit de l'histoire de deux homosexuels de sexe masculin qui, par définition, ne peuvent procréer ensemble attendu que, pour ce faire, il faut qu'entrent en relation sexuelle une personne de sexe féminin qui portera, pendant neuf mois, le fruit de la relation et une personne de sexe masculin dont le rôle est, naturellement, limité à introduire sa semence.

 

Comment faire?

Aujourd'hui, on ne sait pas incuber des foetus de mammifères dans des endroits appropriés genre "bocal". Le processus s'interrompt spontanément au bout de quelques jours, très loin des neuf mois physiologiquement nécessaires.

Oh, miracle! Il existe - comment n'y avait-on pas pensé? - des "bocaux" naturels! Ce sont des utérus, très obligeamment mis à disposition (mais seulement prêtés, hein! Attention ...) par des fournisseuses ad hoc ...

On sait, scientifiquement et techniquement, prélever des spermatozoïdes et les maintenir en vie le temps nécessaire. Il suffit de les plonger dans un bain d'azote liquide en respectant un "process" rigoureux.

On sait, scientifiquement et techniquement, prélever des ovules (scientifiquement, ce sont des ovocytes) non fécondés et les maintenir en vie le temps nécessaire. Il suffit de les plonger dans un bain d'azote liquide en respectant un "process" rigoureux.

On sait, scientifiquement et techniquement, féconder, in vitro (c'est à dire dans un appareil en verre) des ovules par des spermatozoïdes.

On sait, scientifiquement et techniquement, provoquer le démarrage de la croissance cellulaire, étape indispensable avant la réintroduction de cet être VIVANT dans une matrice où il pourra se développer avec énormément de chances de naitre sans avoir subi aucune lésion susceptible de perturber son développement futur.

 

Bref! En un mot comme en mille, on sait usiner des être humains. C'est un fait, indéniable!

 

"Notre" paire de mâles homosexuels, en mal d'enfant, alors même que cette situation était et restera inévitable, par nature physiologique, a donc une idée "géniale". Partant du principe que "quand on veut, on peut", ils en déduisent que "puisqu'on peut, on veut" ...

Mais, il y a un "hic" ... En France, la gestation pour autrui est non seulement interdite mais réprimée pénalement. Un an de prison et quelques milliers d'euros d'amende (je n'ai pas retenu le chiffre)... 

Par contre, aux Etats Unis, il n'en est pas de même! A tel point que, dans ce pays qui possède, évidemment, les moyens scientifiques et techniques de faire aboutir le processus d'usinage d'un être humain viable, cette pratique est assez répandue. Tout le monde sait bien que, au pays de l'argent-roi, tout s'achète et tout se vend.

 

Il faut trouver des spermatozoïdes suffisamment vigoureux. ce n'est pas un problème. On a deux mâles. Il suffit de leur demander de choisir lequel des deux veut être le père. C'est leur affaire personnelle. On ne va pas aller plus avant sur ce registre.

Il faut aussi trouver des ovules humaines fécondables. La "porteuse" - américaine - ayant dit qu'elle ne voulait pas que ce soient les siennes, il faut en trouver d'autres. Cette contrainte - car il s'agit bien d'une contrainte - est incontournable car, à ce jour, on ne sait pas fabriquer des ovules fécondables (pas plus que des spermatozoïdes, d'ailleurs!). Là, les choses se compliquent un peu car nous avons affaire à une paire de mâles, pas à une paire de femelles ... Il faut trouver la femelle! La "donneuse" fut donc trouvée. Je ne sais rien du process de recherche et du process de l'éventuelle sélection. je ne m'étendrai pas sur ce sujet.

 

En laboratoire (hautement spécialisé, ainsi que vous pouvez facilement l'imaginer), on procède à la fécondation in vitro de l'ovule (voire des ovules, des fois que ça échouerait avec une seule; on gagne toujours à conduire un process d'usinage avec plusieurs pièces car on fait des économies d'échelle!).

Après avoir fait signer des tas de "papiers" à toutes les parties prenantes (le donneur de spermatozoïdes, la donneuse d'ovule, la porteuse du foetus, le médecin et l'hôpital, etc.), on procède, scientifiquement, à l'implantation de l'ovule fécondée dans l'utérus de la porteuse. Ensuite, on attend ...

 

Le petit être humain vient au monde ... La porteuse confirme sa renonciation à tous ses droits sur ce petit enfant ... Avion, retour ... Il est facile d'imaginer que ni la douane ni la police des frontières ne vont faire obstacle à l'entrée sur le territoire de la République de celui qui n'en est jamais sorti puisque conçu hors les frontières.

 

Reste à régler le problème juridique des papiers de l'enfant. Par définition, à la naissance, son état-civil a été réalisé conformément au droit américain. Tout enfant né sur le territoire américain, est, de plein droit, américain, sans avoir à justifier des conditions de sa naissance.

 

La gestation pour autrui - car s'en est une! - est interdite en France. Les autorités administratives françaises ne peuvent délivrer de certificat de nationalité relatif à cet enfant sans qu'il soit procédé à une enquête, c'est un principe général. Lesdites autorités y procèdent donc pour cet enfant comme pour n'importe quel autre enfant né à l'étranger de mère inconnue (effet de la renonciation par la femme des entrailles de laquelle est issu cet enfant à tous ses droits de mère). Si, comme cela est facile à subodorer, les autorités françaises refusent le certificat de nationalité française sur le fondement qu'il y a eu "fraude à la loi" puisqu'il a été recouru à une gestation pour autrui, acte réprimé par le code pénal français, on se retrouve devant un vide juridique. Si l'enfant quitte, même momentanément, le territoire de la République française, il risque d'être confronté à des difficultés pour pouvoir y revenir, surtout quand il sera un peu plus grand.

 

Madame Taubira y a pensé ... Elle a donné des instructions à ses fonctionnaires pour que ceux-ci établissent les certificats de nationalité française dès lors que l'enfant a un état civil légal dans un pays étranger. Le fondement en est "simplissime" : on ne va quand pas punir un enfant parce que ses parents (notez le choix du mot "parents") ont enfreint la loi! Il faut penser à l'intérêt de l'enfant ...! Exit la "fraude à la loi"!

La Cour de Cassation a eu à s'en mêler. J'ignore les circonstances précises de son intervention mais je suis sûr d'une chose : la Cour de Cassation n'a pas l'habitude de raconter des âneries. Sa réponse est très claire : elle a cassé DEUX jugements et remis l'interprétation du droit dans sa juste dimension. Attendu que, en droit français, il est INTERDIT de procéder à la gestation pour autrui, les manoeuvres de contournement de l'interdiction ne peuvent évidemment pas être valides ...

 

Un projet de loi va venir en discussion au Parlement en Avril prochain. Son objet ne concerne pas la GPA mais "seulement" la PMA. Autant dire que les paires de lesbiennes vont pouvoir procréer si l'opinion publique ne se saisit pas, en masse, du sujet. 

Je suis prêt à prendre les paris : au détour d'un article approprié, un amendement sera "opportunément" déposé afin de donner une assise juridique solide à la régularisation de l'état civil des enfants nés sous GPA.

C'est la méthode de travail de ce gouvernement :

1. Tentative de passage par la voie consensuelle

2. Si ça échoue, passage en force, même si ça provoque des cassures au sein du corps social, même si ça provoque des fractures définitives.

3. Si le passage est vraiment trop difficile, mise en application de la méthode "suppositoires". Elle consiste à faire passer des amendements "anodins" qui ont la redoutable propriété de créer de l'instabilité juridique et qui permettent par la suite de faire entrer dans les faits des pratiques qui sont explicitement interdites ... (C'est trop difficile à développer et c'est trop long à exposer ici).

 

Fort de cet ancrage pratique de l'attribution de certificats de nationalité, les GPA opérées à l'étranger avec des Français vont se multiplier ... Au retour, l'enfant obtiendra, sans aucune difficulté son certificat de nationalité française. Pour cela, de l'argent aura été versé. Dans le cas d'espèce développé ce matin sur France Inter, c'est deux fois 20.000 dollars! Autant dire que seuls les riches y auront donc accès! Il s'ensuivra un mouvement "spontané" de levée de l'interdiction de la GPA en France, au nom de la "justice" car il en couterait certainement moins cher de le faire en France puisque les frais médicaux sont largement pris en charge par la Sécurité Sociale. Viendra ensuite, un mouvement "spontané" de prise en charge complète de la GPA car, bien entendu, il n'y a pas de raison que les pauvres en soient exclus au motif qu'ils ne peuvent pas supporter les frais résiduels.

 

Ainsi va le monde, ainsi va la France ...

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GM 03/02/2014 11:25


Euh...


Elle est où l'égalité des femmes dans ce coup-là ?

Jacques Heurtault 03/02/2014 12:01



Eh, oui! Preuve que le vrai débat tourne autour de la question centrale des bouleversements des traditions, à marche forcée, et non pas autour de l'égalité entre les femmes et les hommes. Ce
dernier domaine n'est qu'un moyen pour tenter de faire passer AUTRE CHOSE! Cela justifie pleinement l'emploi du mot "SUBVERSION" ...