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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Des contreparties? Quelles contreparties?

13 Février 2014, 17:10pm

Publié par Jacques Heurtault

Décidément, les archéo-socialistes sont incorrigibles!

 

On a beau, avec autant de pédagogie qu'il est possible de développer, leur expliquer que l'économie est désormais mondiale alors que la gouvernance, elle, ne l'est pas, très loin s'en faut même, ils ne veulent rien savoir!

 

A quoi bon donner de la confiture à des cochons? Ils n'en mangeront pas! Aussi bonne soit-elle, les cochons ne mangent pas de confiture ... C'est "génétique"!

 

 

Toutefois, face aux certitudes, il est raisonnable de supposer qu'il est possible que l'on trompe soi-même ... Face à des esprits obtus bourrés de certitudes, la meilleure réponse reste l'opiniâtreté ... de l'ouverture d'esprit!

 

Ainsi des "contreparties" (j'ai bien dit "contreparties", pas "contrepêteries", hein!) que les archéo-socialistes entendent exiger de la part du Medef face aux propositions du gouvernements qui ne sont même pas encore chiffrées CORRECTEMENT.

 

De fait, quoi que non juridiquement acté, le Medef est un syndicat. C'est à dire une organisation dont la vocation est de rassembler des personnes qui ont des intérêts communs à défendre. Le fait qu'il ne soit pas régi par la loi de 1884 (syndicats) mais par la loi de 1901 (associations) ne change rien à la réalité politique.

Le Medef défend les intérêts des entreprises ... Pas les intérêts des personnes qui dirigent ces entreprises. C'est beaucoup plus qu'une nuance ...

 

Pas plus que les membres d'un syndicat ne sont tenus de respecter les décisions de ce syndicat, les entreprises membres du Medef ne sont tenues de respecter les décisions du Medef ... car le "centralisme démocratique" n'est pas la règle de fonctionnement des syndicats ni des associations. Sans compter que ce "centralisme démocratique" n'est pas, si je ne m'abuse, la tasse de thé des "libéraux" (ou alors, je n'ai vraiment rien compris à rien!).

 

En clair, le Medef peut s'engager sur des contreparties aux mesures d'allègement de charges. Il doit même le faire, sans barguigner ... Quant à savoir si les entreprises, elles, vont embaucher un million de chômeurs, c'est une autre paire de manches!

 

Voici ce qu'en dit Lionel Stoleru, ancien ministre de Giscard d'Estaing, expert-comptable de son métier dans une libre opinion que publie le quotidien Les Echos de ce jour.

 

Début de citation :

 


"Baisse des charges : le mythe des contreparties

 

Lors d'un récent débat télévisé, il a fallu beaucoup d'insistance à Mme Barthélémy, patronne d'une grosse PME de services à l'industrie, pour expliquer qu'elle n'utiliserait la baisse des charges du pacte de responsabilité ni pour embaucher, ni pour augmenter les salaires, ni pour s'en mettre plein les poches, ni pour distribuer des dividendes, mais pour baisser ses prix afin de garder ses clients...

Stupeur générale, alors qu'on enseigne aux étudiants en première année d'économie qu'il y a, non pas deux mais trois parties prenantes à l'activité d'une entreprise : le travail, le capital et le client.

Quand une marge de manoeuvre se dégage, par exemple lors d'une baisse de charges, cela peut aller au travail par embauche ou par hausse des salaires, cela peut aller au capital par investissement ou distribution de dividendes, et cela peut aller au consommateur ou au client par baisse du prix.

Lorsque le président de la République déclare pompeusement qu'il exigera des contreparties à la suppression des cotisations familiales sous forme d'engagement d'embauche ou, à la rigueur, d'investissement, il fait ainsi preuve d'une totale ignorance de l'économie.

Que peut-on penser des conséquences d'une baisse des charges ? Auquel des trois partenaires ira-t-elle le plus probablement ? A ce même débat, Michel-Edouard Leclerc répondait qu'il jouerait le jeu en embauchant : certes, mais il peut « s'offrir le luxe » de donner cette réponse parce qu'il est distributeur et non producteur, et que l'on ne va pas faire ses courses à Pékin. Dès lors, non soumis à la concurrence internationale, il peut effectivement faire ce choix. Mais dans le cas de Mme Barthélémy, qui travaille dans le secteur productif en pleine concurrence internationale (et en plus à côté de la frontière allemande), il n'y a aucune liberté de choix : elle doit baisser ses prix pour garder ses clients, qui la mettent en concurrence quotidienne avec des fournisseurs étrangers capables de proposer des prix plus bas.

En conséquence, à la question posée du bénéficiaire de la baisse des charges, la réponse ne peut être que différenciée. Mon avis personnel est qu'elle n'entraînera pratiquement aucune embauche dans le secteur exposé à la concurrence internationale, où la priorité absolue va au carnet de commandes. Une partie ira à la baisse des prix et l'autre à la restauration des marges pour l'investissement, l'innovation et la modernisation.

Dans le secteur protégé, il faut distinguer les secteurs où il n'y a que des PME, par exemple dans beaucoup d'activités de services, où la baisse des charges peut effectivement déclencher des embauches... s'il y a des candidats, car ce sont souvent des secteurs où les entreprises cherchent déjà à embaucher, mais où les chômeurs ne se bousculent pas ! Dans les secteurs où il y a de grands groupes et des PME, comme l'hôtellerie, je suis plus sceptique sur le résultat pour l'emploi.

Tout cela pour dire que le gouvernement fait preuve à la fois d'une reconnaissance bienvenue (même si elle est tardive) du besoin urgent d'une baisse des charges des entreprises et d'une grave méconnaissance des réalités économiques de ces entreprises en s'engageant dans la recherche de contreparties codifiées et chiffrées.

Aujourd'hui, en France, clairement, il faut une politique de l'offre, puisque c'est au niveau des marges des entreprises, de nos parts de marché mondial, des délocalisations, de la perte d'attractivité et de l'exil des jeunes diplômés que sont nos faiblesses actuelles.

Arnaud Montebourg, pour une fois, n'a pas tort lorsqu'il dénonce une course au low cost dans le domaine des télécommunications, financée entre autres par la délocalisation des centres d'appels au Maroc. Mieux vaudrait quelques centimes de plus facturés au consommateur pour garder les travailleurs..., qui sont aussi des consommateurs et réciproquement.

Si le président et le gouvernement ont conscience de ce besoin urgent de rééquilibre de l'offre et prennent effectivement les mesures correspondantes, alors il n'est même pas besoin d'aller négocier des contreparties, l'économie s'en chargera par elle-même, par la dynamique macroéconomique ainsi créée, car, même dans le vocabulaire anglo-saxon, le mot « entrepreneur » est un mot français.

Lionel Stoleru

Fin de citation.

 

Les deux exemples cités par Lionel Stoleru sont tout à fait frappants!

 

1. Une PME exposée à la concurrence EXTERIEURE

2. Une chaine de grande distribution qui est certaine de pouvoir vendre ses produits car elle pourra toujours répercuter les baisses sur les producteurs.

 

Lionel Stoleru a donc raison de dire que le plus sage, c'est encore de laisser les entreprises agir librement.

Tout au plus prendrai-je la précaution de dire qu'elles doivent aussi payer leurs impôts.

 

Ce programme de baisse de charges doit, à mon très humble avis, davantage être pris sous un angle de bouleversement de la structure des prélèvements que sous un angle de baisse proprement dit car si on baisse les prélèvements sans rien changer par ailleurs cela revient à dire qu'il faut baisser le niveau des dépenses! Et, là, c'est de tout autre chose dont il faut parler!

Commenter cet article

Lubomyr 15/02/2014 15:08


"Le Medef défend les intérêts des entreprises ... Pas les intérêts des personnes qui dirigent ces entreprises." C'est
justement là que vous avez tout faux!!! Le Medef n'est qu'un ramassis de patrons se prétendant entrepreneurs et qui n'ont qu'un objectif : survivre le mieux possible en attendant de pouvoir
revendre leur boite à un fond de pension anglo saxon ou de toucher leur parachute doré et autres gabegies lorsqu'ils passent la main ... D'ailleurs, il suffit de voir l'age plus que respectable
des entreprises du CAC 40 pour comprendre qu'on a en France surtout des héritiers et très peu de "néopatrons" ou self made men à l'americaine. A l'autre bout du spectre des entreprises, il est
navrant de voir le nombre de boutiques qui restent à effectif de 49 salariés pour ne pas avoir à mettre en place les représentations légales des salariés. Il faut être vraiment obtus pour vouloir
maintenir une "autorité" quasi de droit divin et ne pas accepter que des contraintes légales, on peut dégager des opportunités de management et de développement des affaires. Non décidément, en
France on manque de managers ; par contre des petits chefs étriqués, arqueboutés sur leur pré-carré, on en déborde.

Jacques Heurtault 15/02/2014 15:37



Les "petits chefs", on les trouve surtout dans les grandes entreprises publiques, dans les administrations publiques ... Croyez vous sérieusement que Liliane Bettencourt, propriétaire de L'Oréal
soit la "patronne" de ce groupe multinational?


Croyez-vous que les dirigeants des fonds de pensions soient les propriétaires de ces fonds?


Êtes-vous, vous-même, propriétaire d'une entreprise?



Jean Rivaud 15/02/2014 10:02


Des emplois, des emplois... C'est mieux que du chômage mais il y a emplois et emplois. Je me rappelle d'un temps où on nous répètait il faut "faire rentrer des devises" -Mon avis personnel est qu'elle
n'entraînera pratiquement aucune embauche dans le secteur exposé à la concurrence internationale - C'est bien là qu'est le gros du
problème, dans la balance commerciale. Donner du pouvoir d'achat fait "marcher le commerce" mais entraine des dépenses qui se portent majoritairement sur des produits d'importation. Les aides
devraient se porter sur le développement des entreprises qui exportent.



Jacques Heurtault 15/02/2014 13:05



J'en suis bien d'accord! Il ne faut pas attendre de création d'emplois dans les entreprisesexposées à la concurrence internationale... D'où mon idée de "partager le TEMPS de travail! En plus de
la baisse des charges ... évidemment.



GM 13/02/2014 17:43


Si c'était si simple; on le saurait.


Mais comme me le disait mon kamarade CFTC, la baisse de la TVA dans la restauration n'a jamais entrainé des embauches massives, la faute à l'accélération de de la contraction des ventes.


Même sur un marché captif (le petit noir-comptoir, on ne va pas le prendre à Pékin non plus).


 


Et puis l'Etat pourrait baisser ses propres charges salariales, qu'il n'en fera pas plus, ni moins.


On parle non seulement d'un gel des salaires (vous savez les théories "déclinistes" de Piketty et Cie) et il n'embauche pas pour autant : 400 postes urgants gelés à la Défense depuis l'été pour
la guerre cybernétique.


On parle même désormais, et à mot couvert, de repasser aux 39 heures payés 35, et à la règle non pas du 1 pour 2, mais du 2 pour 3 de non-remplacement des départs "naturels".


 


Z'ont complétement perdu le nord avec le cambouis de leurs dogmatismes qu'ils ont devant les yeux.


 


Je ne sais pas où on va, mais on y va et ça s'accélère...

Jacques Heurtault 13/02/2014 22:45



La baisse de la TVA avait principalement pour objet, difficile à assumer publiquement, de lutter contre le travail au noir. Elle y a partiellement réussi mais le atux appliqué à la restauration
aurait du être celui appliqué pour les denrées alimentaires. Le plus simple serait de mettre un seul taux de TVA (20%) pour TOUT.


Dans la mesure où on fait les 35 heures payées 39, il n'y a rien d'extravagant pour que l'on revienne aux 39 heures ...


Quant à la règle du non remplacement, si cela ne tenait qu'à moi, ce serait du UN remplacé pour TROIS départs naturels ... A CONDITION DE NE PAS LE FAIRE D'UNE MANIERE DOGMATIQUE ET RIGIDE.


Je préconise la destruction définitive pure et simple du mécanisme automatique du GVT. Promotions exclusivement basées sur le diagnostic de l'aptitude à occuper le poste plus élevé. Gestion des
personnels publics sur les mêmes bases que les personnels privés. Mais maintien du statut de droit public pour les fonctions régaliennes.