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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Economie sociale de marché (1) ... Qu'est-ce à dire?

6 Décembre 2012, 17:22pm

Publié par Jacques Heurtault

Ayant été interpellé par un fidèle lecteur et tout aussi fidèle commentateur sur le concept d'économie sociale de marché ("C'est quoi, ce truc?"), je ne puis faire moins que de donner ma vision du sujet ...

La rigueur intellectuelle dont je m'efforce de faire preuve devrait me conduire à faire un exposé exhaustif du sujet en commençant par les définitions. Je n'en ferai rien! Trop long, trop complexe, et ... trop "casse-gueule" ...

Je vais me contenter d'en donner ma vision personnelle en espérant qu'elle retiendra votre attention.

 

1. L'économie de marché.

 

Logiquement, tout le monde doit comprendre, du moins parmi les lecteurs assez réguliers de ce blog. Redisons-le, cependant.

A l'origine, il y a la capacité particulière des gens à se servir d'outils. Par exemple une grande gaule pour taper dans les branchages d'un arbre afin d'en faire tomber les fruits par terre pour pouvoir ensuite les manger. Tant qu'à faire, pouvoir disposer d'un outil à sa main, bien droit, que l'on peut conserver pour s'en servir plusieurs fois, c'est mieux que d'en chercher un nouveau à chaque fois que l'on a envie de faire tomber les fruits que l'on convoite. Du même coup, fabriquer soi-même cette gaule, c'est encore mieux ... Cela parait évident, n'est-ce pas? Il n'empêche qu'il aurait apparemment fallu pas mal de siècles pour que l'être humain comprenne qu'il est encore plus facile de fabriquer plusieurs gaules et, n'en ayant besoin que d'une seule, avoir l'idée de l'échanger contre un autre outil (une gaule plus courte mais pointue bien commode pour transpercer des poissons afin de les manger, même crus?).

Premier échange! Première manifestation de l'économie ...  En fait, je n'ai pas la moindre idée de ce que fut, en réalité, la nature exacte du premier échange! Et vous non plus ... Un partout! Tout au plus peut-on émettre l'hypothèse que, Cro-Magnon, voyant qu'il était plus simple de se servir de la gaule déjà opérationnelle de son voisin, a trouvé plus simple de la lui emprunter. Ce dernier a-t-il voulu la lui prêter? On n'en sait rien! L'autre (c'est à dire Cro-Magnon ...) a-t-il eu l'idée de la lui voler? On n'en sait rien non plus!

Bref ... De fils en aiguilles (donc, forcément, plusieurs siècles plus tard ... parce que, le fil et les aiguilles, c'est forcément longtemps après la gaule grande mais pas pointue et la gaule pointue mais pas grande donc petite ...),  les êtres humains en viennent à s'échanger (pacifiquement!) des objets en tout genre puis des outils pour fabriquer ces objets puis des outils pour fabriquer d'autres outils (qui doivent servir, eux, à fabriquer des objets ...). Puis des machines munies d'outils pour fabriquer d'autres objets puis ... des machines pour fabriquer d'autres machines afin de fabriquer des outils pour pouvoir fabriquer des ... objets ... "Toujours plus!" comme aurait dit François de Closets!

 

Tout ce "laïus" (J'espère que ça vous a fait rire? Je pose la question parce que mon but, c'était de commencer par vous faire rire ...) pour dire de la façon la plus catégorique que l'économie de marché existe depuis la nuit des temps et non pas, seulement, depuis Adam Smith ou Jean Batptiste Say ...). C'est si vrai que, bien avant les Romains, il y avait (déjà!) un marché aux esclaves ... Des petits malins - en tout cas plus malins que les autres - ayant lu "La Bible", avaient compris que, quitte à devoir gagner leur vie à la sueur de leur front, il était moins fatiguant de la gagner à la sueur du front des autres! ...

 

2. Le capitalisme ...

 

Je ne vais pas développer ici toute la théorie marxiste sur la valeur d'usage, la valeur d'échange, la valeur-travail, le travail vivant, le travail "mort", le cycle "marchandises - argent - marchandises" devenu le cycle "argent - marchandises - argent" ... Sauf, peut-être, sur un point : le principal, c'est de faire de "l'argent" et non plus "des marchandises"! C'est bien ce qui se passe aujourd'hui, non?  Du même coup, on comprend qu'il devient tentant de fabriquer de l'argent ... sans passer par le stade "marchandises! Vite, encore plus vite! Toujours plus vite ...  Justement, comme ça ne va pas encore assez vite, on court-circuite la fabrication de pièces de monnaie, puis la fabrication de billets en papier ... On fabrique de la monnaie par des "écritures" ... qu'on ne prend plus le temps d'écrire!

 

Avec le cortège de dysfonctionnements en tous genres qui amène à cette monumentale confusion entre "l'économie de marché" et "le capitalisme", faisant naitre l'une des plus tragiques "expériences" que l'humanité ait jamais connu ... Je veux parler de "l'économie administrée" ...

 

3. L'économie administrée ...

 

L'économie administrée, c'est à dire la "nationalisation" des moyens de production et d'échange ... quitte à dire qu'on va se limiter aux "grands moyens de production et d'échange", des fois que les propriétaires des "petits moyens" ne se mettent dans la tête de s'associer aux propriétaires des grands moyens, rendant ainsi la "nationalisation" plus délicate ...

"On" avait juste oublié une chose essentielle : pour pouvoir "redistribuer" il faut d'abord produire! Ainsi est né un système où il fallait plus de travail et plus de matières et d'énergie pour produire moins de richesses!! Tellement peu capable de produire intelligemment qu'il en était venu à voler les inventions de l'Ouest en mettant en place un réseau d'espionnage ultra-perfectionné qui ne doit son effondrement qu'au "retournement" d'un des espions ... Je veux parler de l'affaire Farewell ...

 

On a le "droit" de commettre une erreur (encore que ... à quel prix?) mais certainement pas de faire deux fois la même erreur! Donc, en ce qui me concerne, il est inutile de perdre son temps à tenter de me convaincre que, le mieux, c'est encore l'économie administrée ... Ma réponse sera, on ne peut plus catégorique : "NON!"

 

4. L'économie sociale de marché ...

 

On y vient ... enfin! Tout finit par arriver ... un peu de patience!

Le capitalisme sauvage, on a vu ce que cela donnait ... Le capitalisme plus ou moins policé, ce n'est pas terrible non plus ... Mieux : on sait, désormais, que si on laisse la bride sur le cou à ceux qui entendent jouer avec les être humains comme d'autres jouent au Monopoly, "ils" ne sentent même plus "pisser" ... Et ils "pissent" d'autant plus dru qu'on les laisse jouer avec l'argent des autres!

Stop!

Il va falloir, désormais, rendre des comptes ... L'objectif est simple : construire une économie sociale de marché ...

 

Commenter cet article

agent public 22/12/2012 20:40


????

Jacques Heurtault 22/12/2012 23:27



En droit romain, le droit de propriété repose sur trois critères :


1. Le fructus. Le propriétaire du bien est de plein droit propriétaire des fruits que donne le bien. C'est évident pour un arbre fruitier. Du temps des Romains, ça l'était tout autant pour les
enfants des esclaves ...


2. L'usus. Le propriétaire a le droit de se servir du bien, d'en faire usage. C'est évident pour un logement que le propriétaire peut occuper. Du temps des Romains, ça l'était tout autant de la
femelle esclave qu'il pouvait sauter quand il en avait envie ...


3. L'abusus. Même racine que le mot "abus". Au delà de l'usus, tel est le sens de "l'abusus". Le propriétaire peut se séparer de son bien. Il peut "l'aliéner", c'est à dire faire en sorte qu'il
soit, lui, propriétaire, "étranger" au devenir du bien.


Donc, si j'abuse des bonnes choses, je vais au delà de l'usus de ces bonnes choses ... Je suis en situation d'abusus. Si tu ne veux pas que je sois en situation d'abusus relativement aux bonnes
choses, cela revient à dire que tu ne veux pas que je sois propriétaire de ces bonnes choses ...


Disons que mon propos est construit sur une interprétation pour le moins un peu tordue du mot "abus". Do you understand?


 



agent public 22/12/2012 19:04


Bonnes fêtes Jacquot et n'habuses pas trop des bonnes choses

Jacques Heurtault 22/12/2012 20:01



C'est bien ce que je pensais : tu es contre le droit de propriété, contre "l'abusus" ...



GM 12/12/2012 18:50


Dites donc Monsieur mon Conseiller omnipotent...


1 - Pouvez-vous vérifier que je suis toujours sur vos listes de diffusion...


Parce que bon, je commençais à m'étonner vous trouver actifs ici ou là et ne rien poster du tout...


Je découvre ce papier par hasard (dsè que j'ai un peu de temps pour fureter ici ou là, ce qui est rare en ce moment...


 


2 - Merci de bien vouloir précisez ainsi votre "pensée" autour de la notion d'économie sociale de marché.


Mais pour l'heure, vous décrivez ni plus ni moins que


a), la formation du kapital (le travaill "mort")


b) l'usage du capital accumulé (le fructus après l'usus) et ses dérives fabuleuses et actuelles


c) les errements du capitalisme d'état (et encore, vous nous dites qu'il s'agit d'économie administrée), en effleurant à peine ses propes dérives (qui sont d'ailleurs les mêmes, puisque les Etats
sont parfois contraints de redonner du souffle aux "capitalistes privés" en créant du "sang", à savoir de la monnaie, ex nihilo...


 


Bon très bien, mais z'ensuite ?


On fait comme "Michel" et les "alter-machins" à inventer la "monnaie-molle", que lui veut être d'essence "sociale", justement...


Alors à vous lire (si vous me confirmez que je reste inscrit à votre newsletter), car je vous attends au tournant ... naturellement : Michel (et les "alter-machins"), il a peut-être le
mérite de parler de l'économie sociale de marché, là où je ne sais pas ce que c'est.


En revanche, moi je ne sais pas en parler (et pour cause, ignorant ce que c'est), mais je suis comme Monsieur Jourdain : J'en fais concrètement tous les jours !


J'entends qu'administrateur bénévole de plusieurs associations qui "rendant le service" aux populations à travers mes crèches, mes centres sociaux (et même une PMI), le tout pour pas un rond (je
suis le spécialiste reconnu des boutiques à "pas un rond"), je peux vous en parler un long moment...


Et des affreusetés que nous font la puissance publique, sans compter les affreux capitalistes "tchétchènes" qui débarquent un jour pour vous piquer l'outil de travail en vue de faire des
opérations immobilières éhontées...


 


A vous lire !

Jacques Heurtault 12/12/2012 21:05



Sans problème ... Pour l'instant je valide votre très intéressant commentaire.


Je vous confirme que vous êtes bien inscrit sur la liste de diffusion ... Encore un bug chez Over-blog ... Un autre de mes lecteurs s'est plaint l'autre jour de ne pouvoir lire tous les
commentaires ... Bizarre ... Je ne maitrise pas tout ce "machin"!



guillaume 10/12/2012 11:36


L'économie sociale de marché était surtout le modèle allemand après la guerre,par opposition au système anglo-saxon.Il s'agissait de concilier efficacité économique et justice
sociale.Malheureusement,c'est le second qui a "triomphé"et le premier a été mis à mal :en Allemagne les inégalités explosent et comme dans les autres pays, l' Etat se porte au secours des banques
qui sont responsables des crises à répétition dans un systéme ou la finance règne en maitre.Alors ,quoi faire?il me semble qu'on ne pourra se passer d'un volontarisme du politique et de son
intervention dans l'économique sans tomber dans le travers de l'économie administrée.Il est urgent de s'y atteler si on ne veut pas voir le retour de tous les extrèmes.

Jacques Heurtault 10/12/2012 11:53



Je souscris complètement à vos propos ... Ma question de fond n'est pas tant l'analyse des faits que de chercher des réponses viables pour contrer ces dérives gravissimes ...



Jean Daumont 09/12/2012 11:05


Excellente analyse, de mon point de vue ...Le problème est dans la conclusion : "Economie sociale" et "marché" sont antinomiques...

Jacques Heurtault 09/12/2012 13:01



Justement non! C'est ce que je vais m'efforcer de démontrer ...


E


Economie administrée et économie de marché sont antinomiques, c'est certain ...


Economie sociale de marché et capitalisme sont antinomique. Selon moi, c'est en train de devenir évident ...


La question est : comment faire en sorte que le marché fonctionne au profit de toute la société et non pas au profit des seuls "capitalistes"? Si on trouve la solution, on a alors trouvé le moyen
de transformer le capitalisme en économie sociale de marché. Le capitalisme s'efface, peu à peu, pour laisser la place à une économie qui respecte les lois fondamentales du marché (proposer des
biens et des services à une demande globale dont une partie n'est pas solvable, à un prix qui permet une rémunération normale du travail (travail "vivant" au sens marxiste du terme) et du capital
(travail "mort", toujours au sens marxiste du terme) ... Plus facile de pérorer comme je le fais qu'à faire!