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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Imbécilité des définitions technocratiques : l'exemple du "seuil de pauvreté".

12 Novembre 2013, 15:25pm

Publié par Jacques Heurtault

Le "seuil de pauvreté", c'est le niveau de ressources en dessous duquel on est considéré comme "pauvre". Voilà pour la définition du seuil ... En disant ça, on n'a pas l'impression d'avoir inventé l'eau chaude!

 

Pourtant, on n'a pas avancé beaucoup! Rien n'a été dit, en effet, sur la définition de la pauvreté!

 

Le critère retenu au niveau des instances européennes est du domaine du "relatif" ("par rapport" à d'autres personnes) et non pas du domaine de l'absolu (par mesure du "pouvoir d'achat" absolument nécessaire pour vivre autrement que dans la misère).

 

Ces instances retiennent la notion de "revenu médian" (qui est PROFONDEMENT différent du revenu moyen!), lequel est le niveau de revenu qu'il faut avoir pour figurer dans l'une ou l'autre de deux grandes catégories NUMERIQUEMENT EGALES PAR DEFINITION. Il y a ceux et celles qui ont plus que ce niveau médian et qui représentent, exactement 50% du nombre total de personnes. Il y a ceux et celles qui ont moins que ce niveau médian et qui représentent les autres 50%... On emploi, parfois, l'expression "cinquième décile", voire "cinquantième centile". Ne nous encombrons pas trop l'esprit ... C'est déjà bien assez compliqué comme ça!

 

Le seuil de pauvreté retenu en Europe (et donc en France) se définit comme étant égal à 60% de ce revenu médian.

IL S'ENSUIT QUE SI LE REVENU MEDIAN AUGMENTE, LE SEUIL DE PAUVRETE AUGMENTE AUSSI ... Mais cela ne veut pas pour autant dire que le nombre de pauvres augmente ... Ca commence à se complexifier! Ce n'est pas fini, loin s'en faut ...

 

Plaçons nous dans la situation d'une personne qui se situe juste au dessus du seuil de pauvreté AVANT que le revenu médian n'ait été revisé à la hausse. PAR DEFINITION, cette personne ne sera donc pas considérée comme pauvre ... Si le revenu médian augmente de 10% et que son revenu personnel augmente moins vite, elle va passer EN DESSOUS du seuil de pauvreté MÊME SI SON REVENU A AUGMENTE ... On voit immédiatement qu'il y a quelque chose qui "cloche", quelque chose qui n'est pas normal! Comment, en effet, peut-on devenir pauvre lorsque son revenu augmente, par le simple fait que le revenu "médian" (attention! pas le revenu "moyen"...) a augmenté?

 

Plaçons nous dans une autre situation : le revenu médian baisse fortement. On en déduit, intuitivement, que la population, en moyenne, s'appauvrit ... Mais le seuil de pauvreté, tel qu'il est défini, va, par définition, diminuer dans la même proportion! Si, dans le même temps, par le soutien apporté aux populations pauvres (celles qui sont en dessous du seuil de pauvreté), le revenu de celles-ci ne diminue pas dans la même proportion, le nombre de pauvres va diminuer ...

Autrement dit, en résumant d'une manière lapidaire (et donc fausse!), dans un mouvement général d'appauvrissement du plus grand nombre, le nombre de pauvres peut très bien diminuer! Ahurissant ...

A l'inverse, dans un mouvement général d'enrichissement du plus grand nombre, le nombre de pauvres peut très bien augmenter, quand bien même le pouvoir d'achat de ceux-ci augmenterait fortement ... Encore plus ahurissant!

 

Tout cela pour dire que, il faut bien en convenir, c'est la définition même du seuil de pauvreté qu'il faut revoir complètement. Il faut abandonner cette définition "relative", complètement absurde, pour retenir une définition "absolue" construite à partir du pouvoir d'achat. Absolue ... pour un pays donné! En France, ce seuil est de l'ordre de 1.000 euros. Au Mali, avec 1.000 euros par mois, on mène le train de vie de personne très, très aisée! 

 

Cela suppose que l'on définisse, en tout premier lieu, ce que l'on doit retenir comme critère devant entrer dans le pouvoir d'achat minimum dont on doit disposer pour pouvoir vivre, certes modestement, mais néanmoins correctement.

1. Se nourrir (nombre de calories par jour)

2. Se vêtir (afin de ne pas avoir froid en hiver et pouvoir respecter la décence en toute saison, y compris en été)

3. Se loger (nombre de mètres carrés par personne)

4. Se cultiver ...

5. Etc.

On voit tout de suite que ce n'est pas aussi simple qu'il y parait ...

Ainsi, je me souviens avoir lu une relation des négociations relatives à la définition du SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti; on ne parlait pas encore de SMIC, salaire minimum interprofessionnel de croissance).

Un négociateur pour la partie "Salariés" évoque le besoin d'un pyjama ... Un négociateur pour la partie patronale répond : "Il n'a pas besoin de pyjama; il peut dormir à poil!").

Or, selon le degré d'humanisme dont on est soi-même animé, on peut aller de un pyjama (comment l'intéressé fait-il quand il en change parce qu'il est sale?) à ... six! Il faut, en effet un pyjama de rechange (deux en tout, donc) mais, selon que l'on est en été ou en hiver (il en faut pour chacune de ces deux saisons), il en faudra quatre, voire six (si on retient l'inter-saison, le printemps et l'automne) ...

On voit très vite que, au delà du caractère anecdotique de cet élément de négociation, il y a de véritables enjeux de société! Et, à ce stade, on n'a rien dit des écarts de revenus!

 

Ensuite, il faut définir une indexation de ce "pouvoir d'achat" ... La loi actuellement en vigueur dispose qu'il est interdit d'indexer les salaires sur le niveau de l'indice des prix dit "Indice INSEE d'évolution générale des prix à la consommation" ... Soit! Mais la loi ne dit pas que les Pouvoirs publics n'ont pas le droit de revaloriser comme ils l'entendent un indicateur majeur dans le domaine économique et social ... Après tout, le SMIC peut être revalorisé par un simple décret que le gouvernement n'est pas tenu de justifier! Sans compter qu'une loi, ça peut toujours se modifier : il suffit de disposer de la majorité parlementaire adéquate! Pareil pour un éventuel "panier de consommation d'une famille ouvrière de quatre personnes".

 

Une question fondamentale se pose : comment peut-on construire le futur souhaité si on ne dispose pas des indicateurs permettant de mesurer la réalité d'aujourd'hui?

 

Il faut, en effet, être capable de répondre à trois questions essentielles :

1. Que veut-on comme avenir? Autrement dit "Où voulons nous aller?"

2. Où en sommes nous aujourd'hui? Autrement dit " Quelle est la situation réelle?" (c'est quand la campagne électorale est terminée que les vrais emmerdements commencent!).

3 Quel chemin faut-il emprunter pour aller de là où nous sommes vers là où nous voulons aller?

 

N'est ce pas un certain de Gaulle qui a dit : "Quand il y a une volonté, il y a un chemin."?

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CAMBACERES 18/11/2013 18:26


on aura à coup sur beaucoup plus de visibilité et de perspective en calant à la même date (comme aux états unis) les dates des échéancesélectorales-voire la durée  des
madats. mais là je cois que nous rêvons....

Jacques Heurtault 18/11/2013 20:11



Nous rêvons, en effet! Mais il y a une autre façon de voir le problème ...


Si, tout au contraire, les élections municipales n'avaient pas lieu toutes en même temps mais étaient réparties d'une manière aléatoire sur toute la durée d'une mandature, elles seraient alors
moins "politisées"!


Aujourd'hui, on ramène le débat à Paris et Marseille!


1. Si le PS perd Paris et que l'UMP conserve Marseille, alors la Gauche aura perdu les élections municipales! Tiens donc ... Et pourquoi ça? Il n'y a que deux villes en France? Ce sont les
Parisiens et les Marseillais qui font, à eux tout seul, la pluie et le beau temps?


2. Si le P.S. conserve Paris et Gagne Marseille, alors la Gauche aura gagné les Municipales! Mêmes remarques que ci-dessus ...


 


La vérité est bien plus simple ... Le PS a toutes les chances de conserver Paris et de gagner Marseille. Les Parisiens sont majoritairement satisfaits de la politique conduite par Delanoë. Les
Marseillais commencent à être un peu fatigués de Gaudin ... qui a pas mal de milliers d'heures au compteur ...



CAMBACERES 18/11/2013 04:33


Oui et on se demande pourquoi, d'ailleurs. Trop de bon sens sans doute?

Jacques Heurtault 18/11/2013 11:38



L'explication est un peu plus tordue ... Quand on examine chaque "réformette", chaque "ajustement" apportés à la fiscalité, on se rend compte qu'ils étaient TOUS parfaitement "justifiés" voire
légitimes ... Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes en démocratie et qu'il y a des consultations électorales en moyenne tous les 18 mois, souvent tous les ans! Quand ce n'est pas le cas,
ce sont les ambitions légitimes d'un Premier Ministre qui le freinent dans ses initiatives : Surtout, ne pas se rendre impopulaire afin de pouvoir conserver ses chances d'être élu à la
magistrature suprême!


Nos "politiques" n'ont pas compris que l'addition de plusieurs réformettes ne fait pas UNE REFORME! 1+1 n'est pas égal à 2 ... Dans le registre de la QUALITE, 1+1 font souvent non pas deux mais
0,5! Dans le registre des EMMERDEMENTS futurs, 1+ 1 font souvent 3 voire 4 ...


Pour la durée d'un mandat, la perspective d'un gouvernement d'Union Nationale du type "Grande Coalition" comme en Allemagne permettrait de mettre en place les réformes de structures
indispensables.


C'est ce qui s'est fait avec la loi d'orientation relative aux lois de finances (c'est à dire des budgets annuels et pluriannuels) autrement plus connue sous le nom de "LOLF" ... Ce sont deux
hommes hautement responsables (Didier Migaud socialiste et Alain Lambert, centriste) qui ont ensemble conçu l'architecture de cette loi "procédurale".


Dans le même esprit, les budgets européens sont de plus en plus souvent, au niveau des recettes, votés pour plusieurs années, ce qui permet aux gestionnaires d'avoir de la visibilité ...



CAMBACERES 17/11/2013 04:13


qu'on résolve le problème de la comptabilité publique et de l'éducation nationale 


et l'on verra le déicit baisser...

Jacques Heurtault 17/11/2013 11:44



Il faut déjà SIMPLIFIER la fiscalité. Depuis que j'ai créé ce blog, en septembre 2005 (8 ans et deux mois ...) et que je m'efforce de le gérer (avec des hauts et des bas!), j'ai fait quantité de
propositions de réformes ... Elles ne tiendraient pas toutes dans un commentaire. L'idée générale, c'est :


- une large "assiette" et un faible taux


- un rejet de toute progressivité des taux car il n'y a rien de plus démagogique que cette soit-disant justice obtenue par la "progressivité"


- un recul net du taux de prélèvement obligatoire (si possible maximum 50% ... ce n'est pas pour demain!)


- un recul net de la taxation des entreprises si l'argent est réinvesti


- un alignement strict de la fiscalité sur la totalité des revenus quels qu'en soient la nature, l'origine et le montant (revenu du capital et revenu du travail ...)


- la suppression du droit de lever l'impôt à toute structure autre que l'Etat et l'Union Européenne


- la mise en place d'un impôt sur la totalité du patrimoine dont toute personne, physique ou morale, est propriétaire (sans possibilité de déduire les dettes!).


 


Je ne suis pas au bout de mes peines! De telles idées ne sont pas majoritaires aujourd'hui ...



CAMBACERES 16/11/2013 07:19


et notamment parce que notre système de déclaration, contrôle et recouvrement de l'impôt est un des plus lourds et des plus couteux du monde....


rien que pour l'impot sur le revenu, le prélèvement à la source permettrait l'économie de deux agents sur trois.

Jacques Heurtault 16/11/2013 09:59



Ce sont les agents de la Comptabilité Publique qui gèrent, administrativement, les finances des Collectivités Territoriales. UN TIERS des effectifs y est affecté ... UN TIERS!


Dans la fiscalité, en France, l'accent prioritaire est mis sur la "justice" dans le prélèvement alors qu'il faudrait mettre l'acent sur l'efficacité ...


Je croyais qu'il y avait environ 400 niches fiscales ... Puis, j'ai du réviser mes connaissances pour les comptabiliser à 800 ... Je viens d'apprendre qu'il y en aurait 1.500! C'est un fiscaliste
qui me l'a dit. Il doit sûrement savoir de quoi il parle ...


Tout cela génère des coûts, des gaspillages et, pire encore, des montagnes d'incompréhension ...  



CAMBACERES 15/11/2013 06:56


rectification commentaire n° 3


Chic on va pouvoir descendre le seuil de l'impot sur la fortune et combler ainsi le déficit !!!!

Jacques Heurtault 15/11/2013 10:34



On n'en parle jamais : en réalité, quand l'Etat encaisse 100 milliards, il dépense 126 milliards! Du temps de Sarkozy, le découvert est monté jusqu'à 55% des recettes! Le déficit est
insupportable! Aucune particulier, aucune entreprise ne pourrait tenir ... Un particulier comme vous ou moi ne pourrait même pas s'offrir un dérapage d'une seule année! Il en faudrait, par la
suite, au moins 5 ou 6 années pour s'en remettre (au prix de sacrifices insupportables sur des dépenses essentielles).



loubomyr 14/11/2013 15:45


Le seuil de pauvreté est le pendant compassionnel de la mesure techno par le PIB ou de la mesure de la performance d'une entreprise par la seule valeur ajoutée à l'actionnaire. Tant qu'on
n'aura pas une vision globale et la volonté de gouverner en prenant en compte pour chaque décision tous les enjeux - économiques, sociétaux et environnementaux - on ne
progressera pas! Je vous propose une analyse complémentaire par un article que je peux  vous envoyer par mail à une adresse mail accessoire de style gmail.com ou laposte.net si
vous ne souhaitez pas me donner votre adresse mail principale - ce que je peux tout à fait concevoir -

Jacques Heurtault 14/11/2013 18:25



Ok! Ca roule ...



CAMBACERES 13/11/2013 19:18


et comme le contraire de la pauvreté c'est la richesse, nos technocartes ont du coup créé la notion de seuil de richesse!


Chic on va pouvoir descendre le seuil de l'S Iet combler ainsi le déicit !!!!

Jacques Heurtault 14/11/2013 11:50



Je ne sais pas si un tel seuil de richesse existe ou pas. Il serait assez cocasse qu'il soit, par exemple, fixé à 18% du revenu médian, cest à dire à trois fois le seuil de pauvreté! Des millions
de gens découvriraient qu'ils sont riches alors qu'ils n'en avaient pas la moindre idée!


 


D'autre part, des caractères de votre commentaire ont du "sauter" car la phrase est incompréhensible (du moins pour moi).


Merci de la reformuler.



GM 12/11/2013 19:39


Bé pour ma part, un foyer de 4 avec 2 smic de base, je ne sais pas comment on peut simplement vivre décemment.


Mais quand je dis ça à mes potes de droâte, je passe pour un horrible troskiste !


Allez donc leur expliquer : perso, j'y renonce.


 


Et pourtant, j'embauche quand même plein de stagiaire et d'apprentis dans mes associations, même des contrats d'avenir, avec des salaires indécents parce que je n'ai pas les moyens de faire
autrement, obligeant ainsi des jeunes à persister de vivre chez "papa-maman" parce qu'ils ne peuvent pas se payer un loyer en plus.


Résultat, ils ne baisent pas assez et les gosses qui payeront leur retraite n'existent pas : Alors je m'inquiète !


 


Et ne me dites pas que c'est le lot commun : Dans ma famille, j'ai aussi un "bac ++", Science-po, Essec, un brillant qui tondra la fourrure sur le dos de tout le monde s'il le voulait, bé il se
la met derrière l'oreille, la faute à n'avoir pas de toit à lui sur son pieu, alors qu'il fait junior chez PricecooperWaterHous, payé des nèfles, trimant comme une bête.


Et vous voulez qu'il ne deviennent pas rancunier ?


J'ai beau lui dire que perso, ça a été idem pendant des décennies (et ça continue d'ailleurs, jamais un sou vaillant devant moi...), je le comprendrais s'il se tire aux USA.


D'ailleurs, j'aurai dû faire pareil ou voyou : je vivrai mieux...

Jacques Heurtault 12/11/2013 20:56



Le seuil de pauvreté à deux fois le Smic? Moi, je n'ai rien contre ... sauf que ça me parait complètement irréaliste!



GM 12/11/2013 19:13


Ne vous en faites pas, notre gouvernement a trouvé le truc pour faire disparaître la pauvreté :


En piquant tout à tout le monde, y'a pas de souci, on fera reculer la pauvreté en faisant reculer la richesse.


Et pour le reste, ils empruntent comme jamais !


Un bon plan !


 


Mais je suis ravi de votre revirement de position : Je me souviens encore, quand j'étais jeune-kon (et pas encore blogueur) que nous nous étions opposés dans cette histoire de "mesure de la
pôvreté".


Je constate que vous accordez désormais quelques crédits à mes dires : C'est bien !

Jacques Heurtault 12/11/2013 19:25



??? Je n'ai pas souvenir de ce type de divergence ... Quoi qu'il en soit, je maintien que le seuil de pauvreté doit se mesurer principalement à partir du pouvoir d'achat d'une famille
d'ouvriers/employés de 4 personnes. Ce segment correspond au standard du plus grand nombre ... Les "bobos", eux, n'en font pas partie!