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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

L'affaire "Julie / François". Interférences entre vie publique et vie privée.

11 Janvier 2014, 19:45pm

Publié par Jacques Heurtault

Tout le monde en parle. C'est un fait indéniable. Faut-il que j'en parle, moi aussi?

 

Mais de quoi donc? De l'affaire Julie Gayet - François Hollande, bien sûr!

 

Que savons nous?

 

1. Le Président de la République Française n'est pas qu'une personne. C'est aussi une institution. C'est très précisément pour cela que la personne physique qui incarne, pour la durée du mandat de cinq ans, cette institution fait l'objet d'un "traitement" constitutionnel, légal et réglementaire particulier.

On ne peut pas rentrer dans le palais de l'Elysée comme on veut. On ne peut pas approcher la personne physique du Président de la République comme on veut. Cette personne physique bénéficie d'une protection particulière car, ce faisant, c'est l'institution que l'on veut protéger. 

Tout cela est parfaitement normal même si cela coûte de l'argent, beaucoup d'argent.

 

2. Toutefois, le "traitement" particulier dont la personne physique bénéficie se poursuit au delà de son mandat même si le dispositif est substantiellement allégé. C'est bien la preuve, à mes yeux, qu'il est extrêmement difficile de séparer la personne physique de l'institution. Qu'on le veuille ou non, les deux aspects sont liés. Ils le sont mêmes bien avant l'élection du Président. Dès que la liste des candidatures a été arrêtée par le Conseil Constitutionnel, tous les candidats bénéficient d'un "traitement" particulier, notamment en matière de protection de leur personne respective. Ce "traitement" est considérablement renforcé dès que les noms des deux candidats autorisés à concourir pour le second tour sont connus.

 

3. Ce traitement particulier - légitime - s'étend d'ailleurs à toute la famille du Président (et même bien avant, probablement). Son conjoint, ses enfants, etc ... (je ne suis pas capable d'en dire plus faute de connaitre exactement le dispositif légal et réglementaire qui s'y rapporte).

Ainsi, le conjoint du Président dispose-t-il d'un secrétariat personnel et de divers moyens administratifs et techniques tels une voiture de fonction, une équipe de chauffeurs et une protection rapprochée. Tout cela est, à mes yeux, parfaitement normal et ne peut faire l'objet de la moindre contestation.

Pourquoi? La raison en est simple : pour exercer en toute quiétude sa fonction, le Président a besoin, psychologiquement, d'être rassuré au sujet de tous ses proches car un désagrément quelconque pour l'une quelconque de ces personnes vient inévitablement pertuber le fonctionnement de la personne physique du Président et, donc, de l'Institution, pour laquelle, eu égard à sa nature, il est absolument indispensable qu'elle soit en état de fonctionner en permanence, même pendant le sommeil de la personne physique.

 

4. Si l'Institution doit être sinon parfaite du moins tendre vers la perfection, il tombe sous le sens que la personne physique qui l'exerce, ainsi que sa famille et ses proches, doit être sinon parfaite ni même tendre vers la perfection, du moins exemplaire, au moins dans son comportement. C'est la thèse politique que je défend personnellement.

J'ignore si les sanctions pénales susceptibles de frapper le Président de la République sont plus fortes du fait, précisément, de sa fonction. Mais je réaffirme ici même que, selon moi, cela devrait être le cas. Ce qui, à mes yeux, n'est pas admissible pour un quidam et se trouve donc sanctionné par les lois est doublement inadmissible pour le premier personnage de la République ... Inadmissible une première fois en tant que quidam et inadmissible, à mes yeux, une deuxième fois en tant que Président de la République.

 

5. Il tombe sous le sens que le Président de la République a parfaitement le droit à une vie privée. Il ne s'agit pas uniquement d'un principe mais d'une condition du bon exercice de sa fonction. Le Président de la République, bien qu'étant une institution, est aussi, nous l'avons dit, une personne ... Ce n'est donc pas une machine!

Ce qui est vrai, tel que dit ci-dessus, pour la vie privée est encore plus vrai pour la vie intime ... La protection de la vie privée du Président doit être assurée par tous les moyens dont dispose la République. On ne peut mégoter à ce sujet. Cette protection doit être renforcée lorsqu'il s'agit de sa vie intime! Pour moi, c'est parfaitement clair ...

 

6. Toutefois, si le comportement privé du Président et plus encore son comportement intime vient, par quelque moyen que ce soit, même illégal, à être rendu public, cette "publicité" rejaillit inévitablement sur l'Institution. En bien (personne ne trouve alors à y redire quoi que ce soit) et... en mal (tout le monde en parle, le plus souvent  sur  le ton de la médisance et du quolibet).

Ainsi, dès qu'a été connue la possible existence d'une relation intime de François Hollande avec une personne autre que la personne qui partage sa vie, l'opinion publique s'est enflammée ... "On" jase ... Et cette attitude ne se limite pas à la seule opinion publique en France mais s'étend à toute la planète! Ainsi, la plupart des grands quotidiens publiés sur l'ensemble de la planète Terre, dès le lendemain, ont embrayé sur cette affaire. Il ne pouvait en être autrement! C'est la conséquence directe des fonctions exercées par François Hollande.

Ainsi, j'ai, dans les minutes qui ont suivi cette révélation (fondée ou pas, peu importe!) "entendu" des propos - disons peu amènes - sur la réputation des Français ... de tous les Français! Inévitablement, l'image de la France, sur l'ensemble de la planète, va s'en trouver ternie (faiblement peut-être mais ternie sûrement ...). C'est ainsi! Le coup est parti ... Il faut, désormais, gérer, la trajectoire du projectile!

 

 

Monsieur le Président de la République, Monsieur François Hollande,

 

J'ignore tout, absolument tout, de la véracité de ce que tout le monde peut lire dans toute la presse.

J'ai souhaité votre candidature à la Présidence de la République et j'ai fait ce qu'il m'a été possible de faire dans ce sens (primaires "socialistes").

J'ai souhaité votre élection à la Présidence de la République et j'ai fait ce qu'il m'a été possible de faire pour que vous soyez élu. J'ai voté, avec enthousiasme, pour vous.

J'ai souhaité que vous puissiez disposer de la majorité que vous demandiez pour vous appuyer dans la conduite des indispensables réformes dont notre pays a tant et tant besoin. Je n'ai pas été exaucé. Ce n'est pas la candidate qui se réclamait de vos engagements qui a été élue. Mais vous avez quand même obtenu cette majorité de députés.

Vous m'avez déçu ... A tel point que, lors des deux prochains scrutins de Mars et Mai 2014, ce ne sont certainement pas ceux et celles qui vous soutiennent qui obtiendront ma voix ...

 

Il ne se peut pas que vous ne réagissiez pas à ce dont tout le monde et toute la presse française et internationale parle vous concernant.

Il ne se peut pas que, compte tenu de vos fonctions, vous puissiez laisser dans l'incertitude le Peuple de France (directement concerné) ni personne d'autre.

Si les interprétations supputées étaient confirmées, vous devez porter à notre connaissance collective les dispositions que vous comptez prendre pour résorber ce dualisme. Dans le sens qu'il vous plaira ... Mais certainement pas le maintien du statu quo ... 

Vous savez bien que, désormais, les chacals ne vous lâcheront pas si vous ne tranchez pas.

Vous êtes connu pour ne pas aimer les conflits. Un conflit est pourtant inévitable. Pour que le rayonnement de la France ne soit pas terni, vous devez trancher.

Méfiez vous de vos "amis" ...

Commenter cet article

Rivaud 13/01/2014 10:53


 


Hier à 23h38 le message inachevé est parti « à mon insu et pas de mon plein gré » - Je voulais exprimé l'idée qu'un candidat à une élection, à fortiori à la présidence et plus
encore lorsqu'il est élu, devient un personnage publique qui échappe à la condition de simple citoyen sur bien des points et particulièrement en ce qui concerne la vie privée. L'électeur à le
droit de savoir quel personnage est celui qu'il charge de le représenter et de gouverner, ses positions politiques, au national et à l'international, s'il a des convictions religieuses et
lesquelles, ses « orientations sexuelles » (hétéros, homos, zoophiles...) Oui, la vie privée d'un élu, plus il l'est d'un niveau élevé, regarde l'opinion publique. D'ailleurs, quand ça
les arrange, ils ne manquent pas de l'étaler et de s'en servir, même si ce n'est qu'une mise en scène destinée à se présenter sous un jour à la fois flatteur et mensonger.


C'est ainsi une cours d'appel en a jugé pour des dirigeants du FN dont ils avait été écrit qu'ils étaient deux homos, ce qui pour beaucoup, mais pas tous, est plus rédhibitoire pour un
bulletin de vote que d'avoir une maîtresse.

Jacques Heurtault 13/01/2014 14:21



Il est tout à fait clair à mes yeux que personne postulant à des fonctions publiques perd le droit à la protection de sa vie privée à proportion de son "élévation" dans sa fonction publique.


Dès lors qu'une personne déclare être candidate à une fonction élective, elle doit s'attendre à être exposée à des questions auxquelles elle ne saurait être contrainte de répondre mais qu'elle a
le devoir, dans son propre intérêt, de ne pas éluder.


Il s'ensuit qu'un Président de la République DOIT, IMPERATIVEMENT, avoir une conduite privée compatible avec son mandat public!


Je peux accepter qu'un Président vive maritalement avec une personne de l'autre sexe d'une manière stable. Je ne saurais tolérer qu'il mène une vie dissolue et marquée par la déréliction! Si,
d'aventure, un Président de la République "allait aux putes" et que je le sache, je m'engagerais dans un combat pour qu'il démissionne ... Même s'il défendait l'idée que les putes sont utiles au
bon fonctionnement de la société. A fortiori s'il soutenait qu'il faut interdire la prostitution!



GM 13/01/2014 10:34


Mais vous n'en faites pas encore un "coup de blues" à vous envoye en urgence à l'hôpital...


Ou alors, je passe vous y soutenir !

Jacques Heurtault 13/01/2014 11:23



Vous n'aurez pas à vous proposer de venir me soutenir.


Pour Hollande, les choses deviennent de plus en plus claires ...


1. Il est foncièrement hostile au mariage pour lui-même


2. Sa situation personnelle pose désormais un très sérieux problème pour l'exercice de ses fonctions!


3. Il veut vraiment mettre à mal l'institution du mariage. C'est une conclusion possible que l'on peut tirer de la combinaison de l'existence de cette liaison depuis Mars 2013 (s'il est avéré
qu'elle est exacte) avec son acharnement à faire passer cette réforme du mariage pour tous en refusant tout compromis rassembleur (union civile avec adoption simple).


 



GM 13/01/2014 08:42


Ainsi, vous vous sentez également "cocu" !


Au moins autant que Valérie, Ségololo ?


Vraiment trop drôle : Ja passe vous saluer à l'hôpital, d'accord ?

Jacques Heurtault 13/01/2014 09:34



Cocu? Je ne comprends pas ... Je résume un positionnement que j'ai adopté depuis déjà quelque semaines, bien avant l'éclatement de "l'affaire" ...



Jean Rivaud 12/01/2014 23:38


Supposons: je suis un rigoriste, moralisateur sincère et un croyant conservateur, si je vos dit je ne peutvoter que pour un candidat 

Jacques Heurtault 13/01/2014 09:31



???


Pouvez-vous expliciter, s'il vous plait? Merci!



Jean Daumont 12/01/2014 09:46


   Je suis personnellement totalement indifférent à ce personnage, et par conséquent ces histoires de séparation entre vie publique et vie privée ne m'intéressent pas ...Je me soucie
seulement du marasme de la France alors que d'autres pays comme les Etats-Unis ou l'Allemagne redressent la barre...

Jacques Heurtault 12/01/2014 10:20



En effet, il faut établir et respecter les priorités. Et le devenir de la France est de très loin bien plus important que ces affaires sentimentales. Il n'empêche, justement, que la France
gagnerait à avoir une meilleure image dans le monde. Le devoir d'un Français lorsqu'il voyage à l'étranger est, EVIDEMMENT, de défendre cette image autant que faire se peut. Le tout premier rôle
que l'on est en droit d'attendre de la personne qui en est à la tête, c'est, à défaut d'en défendre l'image, au moins de ne pas la ternir ... Si on pouvait obtenir ça, ce serait déjà un grand
progrès!