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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

La fausse dualité entre hôpital public et hôpital privé...

3 Avril 2012, 09:16am

Publié par Jacques Heurtault

Ca y est! On veut encore nous faire le coup de la querelle entre le "public" et le "privé" ... Une fois de plus! Et cette fois-ci, on focalise sur les hôpitaux.

 

Cette démarche "intellectuelle" n'est pas innocente!

 

Même les plus chauds partisans de l'économie de marché sont à 100 lieues d'admettre que le secteur de la santé puisse être "aux mains du privé". Loin de faire partie des farouches défenseurs de la privatisation à outrance, je suis encore plus hostile à l'économie administrée. cette dernière, nous l'avons vu à l'oeuvre dans "les pays du socialisme réel" (comprenez les pays dirigés par les partis communistes). Ca n'a jamais fonctionné correctement. A tel point que le système s'est tout simplement effondré sur lui-même ...

 

Que veulent les gens? Des choses toutes simples en vérité ...

 

1. Il faut que ça fonctionne d'une manière simple, parfaitement intelligible, y compris pour ceux et celles qui n'ont peut-être pas reçu "la culture managériale" (et ils sont, de très loin, ultra-majoritaires!)

2. Il faut que les utilisateurs puissent choisir la structure qui va leur fournir le service qu'ils en attendent car la liberté est un bien particulièrement précieux qui peut s'user très vite ... si on ne s'en sert pas!

3. Il faut que les comptes soient équilibrés en fin d'année sinon, s'il y a un trou dans la gestion, tôt ou tard, ça va coincer ... Il va falloir le boucher, d'une façon ou d'une autre!

4. On peut admettre que des investisseurs privés puissent gagner de l'argent y compris dans des secteurs "humanitaires" à condition que la qualité des services rendus soient conformes aux attentes du public.

 

Si ces quelques principes énoncés ci-dessus sont respectés, il n'y a aucune raison pour que ça ne fonctionne pas ...

 

Il en va ainsi aussi bien pour les hôpitaux publics et les hôpitaux privés d'une part que pour les boucheries privées et les boucheries publiques d'autre part.

 

Vient se poser un problème important : comment faire en sorte que mêmes les plus pauvres puissent bénéficier de soins appropriés aux maux dont ils souffrent? Il est clair, en effet, que les être humains ne sont pas des chiens! Même s'ils n'ont pas les moyens de payer, ils doivent recevoir des soins qui, a minima, soulagent leurs souffrances et plus encore guérissent les affections dont ils sont frappés.

 

Je propose donc un ensemble de mesures que je vous livre "en vrac" ...

 

1. Tout utilisateur d'un service, même public, reçoit une facture décrivant dans le détail les prestations dont il a bénéficié. Cela ne veut absolument pas dire qu'il doive lui-même payer la facture! Quand on va dans une pharmacie pour se faire remettre des médicaments prescrits, pour peu que l'on ait une mutuelle, on n'a pas besoin d'avancer l'argent mais on sait combien il en coûte à la Sécurité sociale d'une part et à la mutuelle d'autre part. Ce système est un BON système. Il faut le développer ...

Pourquoi, quand on fait appel à un hôpital public, est-il impossible de savoir combien coûte chacune des prestations fournies? Où est la difficulté pour fournir cette information? N'est elle pas dans le fait que les hôpitaux publics sont tout simplement dans l'incapacité de construire une politique de prix cohérente de leurs prestations? Ou bien est-ce parce que certaines prestations coûtent si chères que l'on n'ose même pas le dire aux patients, lesquels, en toute bonne foi, croient qu'il n'en coûte presque rien?

Les utilisateurs ont le droit de connaitre la vérité! Il est même indispensable qu'ils aient conscience des coûts car cette connaissance favorise la réflexion.

 

2. Tout organisme hospitalier privé ou public doit être astreint à payer une taxe parafiscale qui viendra alimenter une caisse de soutien à l'hospitalisation publique (exclusivement!), notamment en permettant de financer les prestations dispensées aux plus pauvres qui n'ont pas les moyens de les régler eux-mêmes (parce qu'ils n'ont pas de mutelle notamment).

De la sorte, ce sont bien, de facto, les utilisateurs fortunés qui seront rendus automatiquement solidaires des utilisateurs pauvres ...

 

3. Je fais observer que cette dernière proposition peut-être étendue à toute une série de services de base auxquels les plus pauvres doivent pouvoir avoir accès (avec une limite raisonnable tout de même!).

J'en cite quelques unes pour mémoire :

- l'eau,

- l'électricité,

- le gaz ou le fuel domestique (ce dernier rendu impropre à l'usage en tant que carburant des moteurs),

- à vous d'allonger la liste si vous en avez envie ... Ne vous privez pas! Vous n'êtes pas ministre et vous avez bien peu de chance de le devenir ... tout comme moi!

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