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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

La polémique RSA et Laurent Wauquiez

12 Mai 2011, 07:45am

Publié par Jacques Heurtault

Quel patakès! Que d'énormités entendues ici ou là sur ce sujet pourtant digne d'un vrai débat!

Si Laurent Wauquiez a cherché à faire parler de lui, il a sûrement atteint son objectif ... Quant à savoir s'il va y gagner une image positive pour lui-même et pour son parti, là, c'est beaucoup moins sûr.

 

Le RSA, version modernisée du RMI, je sais précisément de quoi il en retourne. En tant qu'agent de Pôle Emploi, je m'en suis occupé, à temps plein, pendant plus de 5 ans. J'ai reçu, jour après jour, des bénéficiaires du RMI (c'est ainsi que cela s'appellait à l'époque) afin de les aider à reprendre le chemin de l'emploi, seul véritable gage de retour à une vie normale qui règle la difficile question de l'assistanat...

 

Faut-il "assister", qui plus est en permanence, des gens dont bon nombre trouvent que, tout compte fait, la situation qu'ils vivent n'est pas si mal? Je pense que NON! L'assistanat est une atteinte au contrat social pour tous et un dévoiement de la nécessaire solidarité entre tous.

 

Que savons nous du dispositif tel qu'il est plus ou moins mis en oeuvre aujourd'hui? Là, c'est le professionnel qui parle.

 

1. Un salarié payé au SMIC et travaillant à temps plein 35 heures par semaine va percevoir un peu plus de 1.000 euros par mois net.

2. Un RMIste ne travaillant pas du tout  va percevoir, lui, environ 450 euros par mois net.

3. Il résulte donc que, pour le salarié qui travaille, cela revient à gagner non pas 9 euros brut de l'heure environ mais guère plus de la moitié seulement puisque, s'il ne travaillait pas, il percevrait le RMI/RSA, c'est à dire 600 euros de moins seulement.

4. Un salarié smicard à temps plein NE PEUT PAS travailler davantage (ou si peu) ... Un RMIste, lui, puisqu'il est libre de tout engagement, peut le faire sans vraiment trop de difficultés ... à condition que ce soit "au noir" ... Disons le franchement : même si les contrôles se renforcent, il est encore relativement facile de travailler au noir ... à condition de rester discret!

5. Il y a, indiscutablement, des "trappes d'enfermement" dans le dispositif qui font que, quand on y est précipité, il est non seulement difficile d'en sortir même quand on en a la volonté mais qu'il est, surtout, pas forcément intéressant d'entreprendre une telle démarche ...

 

Il y a, c'est indiscutable, un gros problème de "minimas sociaux" qui peuvent, c'est vrai, se cumuler ... Laurent Wauquiez, sur ce point, a raison!

 

A quoi bon s'apesantir sur le diagnostic?

Si on passait plutôt aux propositions audacieuses pour déboucher sur une solution facilement acceptable car pas trop difficile à mettre en oeuvre? Ne serait-ce pas, au fond, bien plus utile au débat?

 

Que savons nous du RSA? Bien peu de choses pour la plupart de nos compatriotes ... Alors voici, sommairement décrites, les grandes lignes du dispositif NOUVEAU mis en oeuvre par Martin Hirsch.

1. Avec le seul RMI, si on gagne quoi que ce soit, ces gains viennent en déduction du RMI versé. Autrement dit, ce n'est pas intéressant puisque on gagne autant en travaillant qu'en ne travaillant pas (c'est caricatural mais globalement vrai ...)

2. En mettant en place une logique d'abondement dégressif, il devient interessant de travailler car, en gagnant 100 euros de plus, on ne perd plus 100 euros de RMI mais disons seulement 50 euros ... C'est la logique du RSA (revenu de solidarité ACTIVE). C'est bien , au moins pour une période où l'urgence commande et où le temps manque pour peaufiner un dispositif SIMPLE et donc COMPREHENSIBLE par tous.

 

Il faut donc, TOUT SIMPLEMENT, faire basculer les crédits affectés au financement du RSA-socle (l'ancien RMI) vers le financement du RSA-soutien à la reprise d'emploi ... En allant jusqu'à supprimer le "socle" (laissant ainsi aux autres minimas sociaux toute leur capacité d'intervention) pour reporter les crédit sur une amélioration de l'abondement vers la reprise d'activité ... Qui peut travailler et ne veut pas le faire ne reçoit plus de RSA-socle ... Qui peut travailler et le VEUT voit son sort très nettement amélioré grâce à une enveloppe budgétaire beaucoup plus conséquente...

 

Cette idée est, bien entendu, beaucoup plus productive que cette autre idée - oh combien ridicule! - qui consiste à exiger que le RMIste fournisse je ne sais quelles "cinq heures hebdmadaires" de "bénévolat" contraint ...

 

Si Laurent Wauquiez m'avait intégré dans son cabinet ministériel , même comme simple chargé de mission, il n'aurait pas commis cette bourde lamentable dont il risque de payer le prix politique ...

 

Il me connait! Il n'est jamais trop tard pour "moins mal" faire ...



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Jacques 16/05/2011 12:15



Si vous restez dans les limites de la confrontation, même très vive, vous ne serez pas
censuré.
Vous avez ma parole!



GM 16/05/2011 09:06



Evidemment !


Ca tombe sous le sens.



Jacques Heurtault 16/05/2011 11:37



Pour vous et pour moi, ça tombe effectivement sous le sens! Mais, vous pouvez croire, ça ne tombe pas sous le sens de tout le monde! Nous sommes même minoritaires.



GM 13/05/2011 17:44



J'approuve complètement.


Et je crois aussi qu'on doit pouvoir associer nos centres sociaux avec un service au public de rechercjhe d'emploi digne de ce nom.


Pourquoi est-ce à nos bénévoles de "tutorer" les plus démunis (et sans subventions ne serait-ce que pour se payer un local ou une connexion internet...)


On doit aussi penser à d'autres formes de réinsertion (ou d'insertion tout court).


L'idée d'un dispositif qui s'appuie à la fois sur un RSA amélioré et "rentable" (qui produit de la recette au passage), ça ne me paraît pas kon du tout : Tous les intervenants y retrouveraient
leurs comptes !



Jacques Heurtault 13/05/2011 21:24



Si Pôle Emploi réclame "des moyens" et "des crédits" ("On n'a pas de moyens, il nous faut des crédits!". Sempiternelle jérémiade!), IL NE FAUT PAS LUI EN DONNER! Il faut simplement permettre à
PÔLE EMPLOI de facturer ses prestations et lui dire : "Vous voulez de l'argent? Pas problème! Gagnez-le!" C'est facile à comprendre , non?



GM 12/05/2011 19:52



Et pourtant tout le monde de disponible passe par pôle-emploi : Un sacré vivier !


Que je serai patron de cette boutique-là, franchement, j'en exploiterai des talents...


 


De quels chiffres voulez-vous parler ?


Moi je préside, j'ai des comptables qui comptent, des CAC qui certifient, quand tout ce monde là est content, je m'occupe d'autre chose : je suis bénévole, pas rémunéré et il faut que je fasse
croûter "ma nichée" tous les soirs aussi...


A mon âge, "l'intendance", je deviens comme le "Chi" : Ca m'emmerde !



Jacques Heurtault 13/05/2011 08:26



Que j'en vienne à proposer des choses très simple telles


1. Mettre Pôle Emploi en concurrence


2. Donner à Pôle Emploi la capacité juridique de facturer ses prestations (elle ne l'a pas actuellement ...)


et vous pouvez être sûr que je me prends une volée de bois vert ne venant pas obligatoirement de la part des agents!


Ce sont pourtant deux réformes qui ne coûteraient strictement rien à l'Etat ... Pourquoi autant de résistance à la modernité?


De quels chiffres je veux parler? Très simple! Deu prix que Pôle Emploi pourrait facturer ses prestations, par exemple, étant entendu qu'il y a des concurrents ... (A ne surtout pas perdre de
vue!).



GM 12/05/2011 10:43



Et pourquoi pas l'idée d'un "socle" (y compris tout le reste) majoré quand le gars bosse, proportionné à ses activités bénévoles ?


Couplé à l'idée que l'entreprise ou "oeuvre" ainsi le bénévole, fasse l'objet d'une facture du pôle emploi (à taux minoré tel que ça reste peu onéreux aux un et aux autres).


J'ai quelques associations que je dirige bénévolement qui sont friandes de compétence "bénévoles", de stagiaires, d'apprentis ou d'étudiant en formation "up-to-date"...


Dans l'une d'entre-elle, les salariés deviennent "tuteur" du stagiaire et les échanges de savoir-faire et compétences sont très fructueuses jusqu'à l'enthousiasme partagé, parce que valorisantes
pour le tuteur et aussi son apprenti ou stagiaire : Ces derniers peuvent en plus en parler en entretien d'embauche pour un vrai boulot, à peu près comme des "pros" expérimentés (y compris pour
des sorties d'ékoles de commerce !).


Bref, avec un peu d'imagination, on sait faire de la réinsertion avec ce qui existe : Pourquoi ne pas s'inspirer de ce qui existe, en effet.


 


J'ai pris du galon depuis nos derniers échange : Aujourd'hui, je porte aussi une association RUP (reconnue d'utilité publique) qui fait dans le social pur, la réinsertion, une boutique de 38
salariés et 72 bénévoles, dont encore l'année dernière tout le monde disait qu'elle allait mourir pour manquer cruellement de financements (au moins 100 K€ sur 1.450 K€ de budget).


Aujourd'hui, elle commence à sortir la dette hors de l'eau, avec un cash-flow tout juste positif (après evoir été négatif depuis une bonne décennie) et nous avons plein de projets en tête pour
encore mieux réinsérer les populations en très grande difficulté à Paris même !


Et il y en a des armées, dans les rues, sans que l'on ne s'en rende compte...


Même pas sûr qu'ils passe par pôle emploi tellement ils sont si analphabètes !



Jacques Heurtault 12/05/2011 18:53



Voilà qui mérite réflexion approfondie ... Pas le temps de répondre ce soir.


Si vous pouviez développer en chiffrant, ce serait parfait!


Mais, de grâce, renoncez à vouloir que Pôle Emploi soit la Direction des Ressources Humaines de la France ...