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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

La situation économique de l'Ukraine (Le Point).

22 Février 2014, 11:35am

Publié par Jacques Heurtault

Marc Vignault, de l'hedomadaire Le Point, publie un excellent article sur la situation économique de l'Ukraine, laquelle est rien moins que catastrophique. Je prends la liberté de le reproduire dans son intégralité car, dans la confusion actuelle, il est, hélas!, assez rare de trouver une analyse aussi équilibrée et aussi bien documentée.

 

Début de citation :

 

L'accord conclu entre le pouvoir et l'opposition n'y change rien : l'Ukraine est au bord du précipice économique. C'est d'ailleurs la situation financière du pays qui a déclenché la crise politique en décembre, lorsque Viktor Ianoukovitch a renoncé à un accord d'association avec l'Union européenne en échange de la manne du grand frère russe. Vladimir Poutine n'a pas hésité à utiliser le chantage, puis à promettre 15 milliards de dollars d'investissement dans la dette publique du pays (en plusieurs tranches) et une baisse d'un tiers des prix de son gaz pour préserver l'influence russe sur l'ex-pays de l'URSS. Et, ce, sans aucune condition économique formelle.

Le choix du président ukrainien a été vite fait : la seule alternative possible était de recourir une nouvelle fois au Fonds monétaire international (FMI) qui conditionnait l'octroi d'un prêt à la réduction des fortes subventions des prix du gaz accordés par l'État aux particuliers et aux entreprises, afin de redresser les finances publiques du pays. Une proposition inacceptable dans la perspective des élections de 2015...


Mais depuis, la Russie n'a versé que trois milliards de dollars fin décembre et a bloqué cette semaine une nouvelle tranche d'aide de deux milliards. Pas question pour Moscou de continuer à financer Kiev si l'allié au pouvoir est renversé... L'Ukraine pourrait donc bien rapidement ne plus pouvoir honorer ses engagements et faire défaut sur sa dette, comme la Grèce. L'agence de notation Standard and Poor's a d'ailleurs dégradé vendredi matin sa note à CCC. Autre signe que cette issue se rapproche à grands pas, les taux d'intérêt des obligations publiques remboursables à court terme se sont envolés dans la semaine jusqu'à 34 %, contre 5 % il y a un mois. Ceux à échéance dix ans ont atteint 11,3 %, contre 8,5 % en janvier.


Comment ce pays de 46 millions d'habitants, trait d'union géographique entre l'Union européenne et la Russie, en est-il arrivé là ? Sur le papier, son économie a tout pour réussir : un secteur agricole solide grâce à des terres fertiles (tournesol, betteraves à sucre notamment), une base industrielle puissante héritée de l'ex-URSS (fer, acier, machines-outils, chimie, etc.), des ressources minières importantes (fer, uranium, etc.) ainsi qu'une main d'oeuvre peu chère et bien formée. Lors de la décennie 2000, l'Ukraine a d'ailleurs connu certaines années une croissance à deux chiffres, portée par l'expansion de l'économie mondiale et la hausse concomitante des prix des matières premières. Un rebond spectaculaire après une période de transition très difficile (hyperinflation, privatisations laborieuses...) entamée avec la chute de l'URSS et l'accès à l'indépendance, en 1991.


Mais cette croissance, déséquilibrée, s'est effondrée brutalement avec le déclenchement de la crise économique et financière de 2008. L'année suivante, le PIB chutait de quelque 15 % sous l'effet de la fuite des capitaux étrangers, de la chute de la demande mondiale d'acier et du ralentissement économique mondial. "Le secteur bancaire n'a été sauvé de l'effondrement que par l'intervention des institutions financières internationales et l'effort de recapitalisation des filiales des banques étrangères", rappelle le site du ministère des Affaires étrangères français sur sa page consacrée au pays.


Depuis, l'Ukraine a du mal à s'en remettre. Sa dépendance au gaz russe, son seul fournisseur, la rend particulièrement vulnérable. Pour limiter la facture au maximum, ainsi que pour contenir le coût de sa dette libellée en devise étrangère, la banque centrale du pays maintient la monnaie nationale, la hryvnia, trop élevée par un ancrage sur le dollar. Mais cela a eu pour conséquence de diminuer sa compétitivité sur les marchés internationaux dont la demande a fortement chuté avec la crise. Trop centrées sur l'agriculture et l'industrie sidérurgique, les exportations ont souffert.


Résultat de ce manque de compétitivité, l'Ukraine enregistre un déficit extérieur constamment dans le rouge (le déficit courant a atteint 9 % en 2013, selon S&P), ce qui a entraîné une dangereuse baisse des réserves de change. D'autant que les autorités ukrainiennes ont dépensé des milliards de dollars pour soutenir leur monnaie l'année dernière, au moment où le pays était en récession. Du coup, la hryvnia a plongé depuis le début de l'année d'environ 10 % face au dollar, malgré de drastiques restrictions sur les mouvements de capitaux, destinées à empêcher une dévaluation qui échapperait à tout contrôle et raviverait l'inflation toujours menaçante.


Ajoutez à cela une mauvaise place dans le classement de la Banque mondiale sur l'environnement des affaires (137e sur 185 pays en 2013) et une corruption élevée, reflétée par le rang de l'Ukraine (144e sur 176) dans l'indice de perception de la corruption de l'ONG Transparency international, et vous obtenez un pays qui a de plus en plus de mal à financer sa dette publique malgré un endettement raisonnable de quelque 43 % du PIB en 2013.


Selon l'agence de notation S&P, le gouvernement, la Banque centrale et la compagnie publique de gaz Naftogaz doivent à eux trois faire face à 13 milliards de dollars de remboursement cette année, alors que les réserves de change s'amenuisent chaque mois et sont tombées à 17,8 milliards de dollars en janvier.

 

Fin de citation.

 

Pour une fois que l'on a un article raisonnable, non expressément partisan, au sujet d'un pays en crise ouverte, on ne va pas se plaindre! Merci, Monsieur Vignaud ... Dites bien à tous vos collègues de toujours faire la même chose, pour tous les articles qu'ils pourraient produire à l'avenir sur tous les sujets! Oui, je sais : ça fait beaucoup de boulot, surtout pour un seul homme. Mais le jeu en vaut la chandelle, non? Pour ma part, je vous pardonne à l'avance s'il s'avère que certains chiffres que vous fournissez ne sont pas suffisamment actualisés.

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GM 24/02/2014 12:09


Ils ne l'ont plus !


Puisque tous les comptes ont été effacés au-delà de 100.000 euros, vous vous souvenez bien espère-je, au moment de la crse Chypriote.


 


Et par la même occasion, l'Europe s'est empressé d'acter le principe du "Bail-in" en généralisant la mesure à tous les pays de la zone Euro.


Y compris la "Gauloisie-richissime".


Perso, j'ai donc ouvert plein de nouveaux comptes dans des banques différentes, avec consignes à mes DAF de ne jamais avoir plus de 100.000 € d'avoirs.


Bon, c'est un peu coûteux en frais bancaires, mais ça va permettre aux boîtes que je gère de ne pas se faire rouler bêtement.


Et demain, on va en ouvrir aussi en Allemagne, Belgique, Irlande et UK (mais ce seront des Livres).


Tant pis pour les trésoriers qui vont devoir démultiplier leurs rapprochements.

Jacques Heurtault 24/02/2014 13:49



Il m'avait semblé comprendre que les comptes de plus de 100.000 euros étaient soumis à une taxation exceptionnelle unique. Vous me dites qu'ils ont tous été purement et simplement "ecrétés"
(c'est à dire que tout ce qu'il y avait au dessus de 100.000 euros a été purement et simplement confisqué). Ce n'est pas tout à fait le même concept ... Par contre, il est bien certain que,
désormais, on va voir se multiplier les comptes à moins de 100.000 euros d'une part et se multiplier les comptes "off shore" ...dans les paradis fiscaux ...


Quoi qu'il en soit, si les comptes russes ont été sévèrement écrétés, ça laisse des traces dans le mental de ceux qui ont été victime de ce genre de méthodes. C'est fou ce que les gens peuvent
avoir de la mémoire dans ce genre de situation.



GM 24/02/2014 10:23


... et il ne nous dit rien de ces oligarques Ukrainiens qui sont allés planqués leur pactole à Chypre-la-vertueuse.


 


Vous aurez noté que c'est depuis que ces fortunes sont devenues insolvables in situ que la crise politique s'est aggravée !


 


Mais ce que j'en dis ou rien...

Jacques Heurtault 24/02/2014 11:50



Bonne et très judicieuse remarque! Imaginons que les Russes et les Ukrainiens immensément riches retirent leur pognon de Chypre (ils l'ont peut-être déjà fait!) ... Ce n'est certainement pas bon
pour l'économie européenne.



Rey de los Huevones 22/02/2014 18:55


Felicitations :


vous avez accordé le bénéfice de l'originalité à une paraphrase, à peine retravaillée de wikipédia - fr (il est trivial de verifier une source, dans ces conditions).


Il vous reste encore un long et dur chemin avant de cesser d'être sottement redondant de chez inutile.

Jacques Heurtault 22/02/2014 21:27



Wikipédia? C'est quoi ce machin? Une "source" que les journaleux de merde doivent protéger sinon il n'y a pas de journalisme possible?


J'espère qu'il ne vous a pas échappé que cet article n'est pas de moi pour ce qui est de la partie "citation" ...


Dois-je vous rappeler que je signe mes articles de mon nom, sous ma VERITABLE identité. Pourriez-vous en faire autant, s'il vous plait?