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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Le meilleur, c'est Jean Marc Vittori, éditorialiste aux Echos!

19 Novembre 2013, 15:40pm

Publié par Jacques Heurtault

Voici ce qu'on peut lire dans Les Echos d'aujourd'hui ...

Ca vaut son pesant de sel!

C'est signé Jean Marc Vittori, éditorialiste ...

 

Début de citation :

 

 

La France est décidément un étrange pays. Plus que les autres, elle est secouée depuis des centaines d’années par des jacqueries fiscales. Au XVIIe siècle, les manants défilent en criant « Vive le roi sans gabelle ». Au XVIIIe siècle, Louis XVI convoque des Etats généraux pour légitimer des hausses d’impôts, enclenchant ainsi la mécanique de la Révolution française, qui fera accessoirement tomber sa tête. Au milieu du XXe siècle, Pierre Poujade entraîne des centaines de milliers d’artisans et de commerçants pour protester contre le contrôle fiscal. En ce début de XXIe siècle fermente à nouveau une révolte multiforme contre l’impôt, diagnostiquée à la fois par les patrons petits et grands, les leaders populistes et même les gouvernants socialistes du pays. Et, en même temps, les Français acceptent de payer davantage d’impôts que les citoyens de n’importe quel pays au monde ou presque. Les recettes publiques prélèvent, selon la mesure du FMI, plus de la moitié des richesses créées dans l’année (53 % exactement, seuls quelques pays nordiques et des Etats confettis comme Tuvalu pompant davantage). Le « consentement à payer l’impôt » rassure les investisseurs étrangers, qui prêtent de l’argent à l’Etat à un taux d’intérêt modique. Aujourd’hui, cet atout maître de la France serait menacé. Le commissaire européen Olli Rehn estimait la semaine dernière que la France n’a ici « aucune marge de manœuvre », alors que l’agence de notation Standard & Poors évoquait un peu plus tôt une « marge de manœuvre réduite pour augmenter les recettes ». C’est sans doute faux. Ou plus précisément, trop tôt pour le dire. Car, à y regarder de plus près, les Français râlent, protestent, s’indignent, hurlent pour deux autres raisons. D’abord, ils veulent savoir où on va. Ensuite, ils veulent en avoir pour leur argent.

Savoir où on va d’abord. Une bonne fiscalité doit s’inscrire dans une perspective de long terme, avec des principes simples et des ajustements limités. En France, au contraire, les gouvernants ne cessent de jouer avec la boîte à outils fiscaux, créant une instabilité qui surprend toujours les étrangers. Le gouvernement actuel a encore renforcé cette instabilité, sous l’impulsion d’un chef de l’Etat qui manie les taux des impôts avec la fascination d’un Louis XVI jouant avec les clenches des serrures. « Avec mon équipe dirigeante, nous passons de 5 à 10 % de notre temps à simplement tenter de comprendre ce qui se passe », témoignait Guillaume Decitre, patron du réseau de librairies éponymes (400 salariés), durant un débat organisé lors des Journées de l’économie (Jeco), qui se tenaient à Lyon la semaine dernière. L’exaspération ne vient pas tant du niveau de la fiscalité que de son inconstance, sa complexité et son injustice. Beaucoup de ceux qui protestent aujourd’hui ne sont d’ailleurs pas ceux qui vont payer plus d’impôts, que ce soit les camionneurs ou les dirigeants de centre hippique. L’inanité du débat politique n’arrange rien. La gauche augmente la TVA pour baisser la pression sur les entreprises, critiquée par la droite, qui voulait pourtant faire la même chose il y a deux ans sous les huées de la gauche. Sans parler du cirque de l’écotaxe.

En avoir pour son argent ensuite. Si les Danois acceptent sans regimber une fiscalité encore plus lourde que les Français, c’est parce qu’ils ont le sentiment que cet argent est à peu près bien dépensé. Les Français, eux, en doutent de plus en plus. La mesure qu’ils privilégient pour réaliser des économies budgétaires est l’augmentation de la durée du travail des fonctionnaires (sondage BVA pour « Les Echos » et Aviva publié hier dans ces colonnes). Et s’ils réclament à 45 % des baisses d’impôts pour relancer la croissance, ils ne veulent surtout pas d’une hausse des dépenses publiques (à peine… 2 % d’entre eux, sondage TNS Sofres pour la Banque de France publié lors des Jeco). A commencer par les pays scandinaves, tous les pays à fiscalité élevée ont réorganisé en profondeur l’action de l’Etat ces dernières décennies. Tous… sauf la France.

En réalité, au risque de paraître provocateur, il est possible que les Français soient prêts à accepter de payer encore plus d’impôts. Qu’on s’en réjouisse ou non, nous avons une forte préférence pour l’action publique, inscrite dans notre histoire. Et les aspirations d’une France vieillissante iront de plus en plus vers des services collectifs comme la sécurité ou même la délivrance de soins de santé, des services qui s’accommodent mieux d’une organisation publique que la production de yaourts ou d’automobiles.

Pour lutter contre le sentiment de ras-le-bol fiscal, l’urgence serait alors l’amélioration plus que la baisse. Cela suppose des réformes ambitieuses. Côté dépenses, ce n’est pas pour demain : le gouvernement continue de les comprimer sans envisager de les réorganiser. Côté recettes, il semble enfin y songer. Le diagnostic, ici, est connu. La France souffre d’une multitude d’impôts mités qui ne cessent de bouger. Elle surtaxe massivement le travail (42 % du total des prélèvements contre 35 % dans la zone euro et 27 % dans l’OCDE). Alors qu’elle a inventé la TVA, elle sous-taxe largement la consommation (le quart des recettes contre le tiers dans l’OCDE). Les revenus sont encore plus sous-taxés (22 % des recettes contre 33 % dans l’OCDE), alors que c’est là que l’impôt peut être progressif. Elle génère donc à la fois beaucoup de chômage et un profond sentiment d’injustice. Tout changement qui n’agira pas profondément sur cette répartition, avec un large consensus pour garantir la stabilité du nouveau système, sera vain.

   
Écrit par Jean-Marc VITTORI
Editorialiste
Fin de citation.
Je ne puis que souscrire à la philosophie développée dans cet éditorial!
Il faut réformer structurellement! Un coup d'arrêt doit être donné aux hausses d'impôts en tout genre. Autrement dit, le produit des recettes doit impérativement être stabilisé.
Dans le même temps, une réforme tout aussi profonde - parce que pensée dès le départ comme devant être impérativement structurelle - des dépenses doit aussi être engagée ...
Parmi les économies à engager, il y a la fusion pure et simple avant la fin de la mandature de toutes les caisses de retraites assises sur le principe de la répartition (principe auquel je tiens comme à la prunelle de mes yeux!). Un système par points généralisé doit être mis en place. Ensuite vient la fusion administrative des structures qui se limite à un ajustement des paramètres techniques (valeur d'achat du point, valeur de service de ce même point).
Le problème, c'est de parvenir à trouver un consensus politique sur ces axes-là ...
A mon avis, c'est impossible.
Donc, pour y parvenir quand même, il suffit de se passer de consensus politique!  La mobilisation des Compagnies Républicaines de Sécurité et de la Gendarmerie Mobile va être évidemment nécessaire.
Tant pis! Il faut ce qu'il faut! (A comprendre au second degré ...) ...

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Loubomyr 23/11/2013 10:51


Les actions extrèmes peuvent être utiles au réveil des consciences et les pérégrinations des bateaux de GreenPeace ont quand même bien participé à la cause de l'écologie. Mais, bien sûr, il faut
les condamner lorsqu'elles dérivent vers une violence entrainant (possible) mort d'hommes. C'est là que l'on voit la limite entre action extrème et extrémisme : dans le premier cas c'est un
moyen, dans le deuxième c'est une fin. L'etat français n'a en l'ocurrence aucune leçon à donner : souvenez vous de l'affaire du Rainbow Warrior, aussi stupide dans son intention que dans sa
réalisation. Par ailleurs, plutôt que de parler de différence et de complémentarité entre nos méthodes, je préfère parler de complémentarité entre nos philosophies de l'engagement citoyen. L'une
comme l'autre sont respectables, effectivement. Lorsque deux hommes échangent une pièce d'un Euro, ils repartent chacun avec un Euro. Lorsqu'ils échangent des idées, ils repartent chacun avec
deux idées : la leur et celle de l'autre .........

Jacques Heurtault 23/11/2013 16:07



Pour ma part, je range ces actions dans la même catégorie que ce que j'appelle "les grèves par procuration", c'est à dire l'attitude qui consiste à apporter son soutien à d'un relativement petit
nombre de grèvistes qui gênent profondément la vie du plus grand nombre ...


- la grève des conducteurs de métro (qui empêche des millions de gens de se rendre à leur travail)


- la grève des enseignants (qui empêchent les parents d'aller travailler)


- la grève de certains agents de la SNCF (conducteurs de trains)


- la grève des agents EDF (qui coupent la fourniture d'électricité en toute illégalité alors qu'il serait possible de maintenir, sans la moindre difficulté, un service ne gênant pas la vie
civile)


- la grève des transporteurs routiers (qui bloquent les autoroutes en établissant des barrages "filtrants")


- la grève des agriculteurs (qui barrent les routes et répandent du purin dans les bureaux des préfectures)


- la "grève" (ça, c'est le summum!) des personnels qui utilisent, abusivement, leur "droit de retrait" alors que celui-ci est parfaitement défini (être exposé (soi-même!) à un danger "grave ET
imminent") ...


- la grève des sage-femmes qui refusent de remplir les documents administratifs mettant ainsi les hôpitaux en danger de "banqueroute" car ils ne peuvent plus recevoir les paiement de la part de
la Sécurité Sociale.


- la grève des agents des Postes qui stockent les sacs de courrier pour empêcher, physiquement, leur distribution par du personnel non-grèviste.


 


Toutes ces actions font que les personnels sont, EN REALITE, payés (d'une façon ou d'une autre) alors que ceux qui les exercent sont un très petit nombre ... Légalement, la grève doit s'exercer
par le refus CONCERTE de travailler. Il est toléré que les grèvistes puissent s'installer à l'extérieur des lieux de travail afin d'expliquer, sans exercer de menaces, les motifs de leur grève et
leur cahier de revendication.


Les "activistes" de Greenpeace sont, en réalité, des professionnels hyper-entrainés, TRES BIEN PAYES, et pas du tout des militants comme j'ai pu l'être quand j'ai défilé des dizaines de fois sur
un parcours type "Bastille-République" ou "République-Nation" réunissant (VRAIMENT!) des dizaines de milliers de manifestants, défilant en bon ordre ...



Loubomyr 22/11/2013 18:01


Ce que l'on peut faire, je l'ai déjà exprimé plusieurs fois ici : c'est par notre comportement de "consom'acteurs" et par la circulation d'infos sur le net que nous pouvons faire évoluer les
choses et "botter le train" à nos élus!!!!

Jacques Heurtault 23/11/2013 10:17



Nous sommes, je l'espère, au moins d'accord sur un point : on peut mettre les deux méthodes en concurrence (en compétition, si vous préférez).


1. Une méthode de petits pas où on gagne les consciences une par une. C'est long, très long mais, une fois que c'est gagné, c'est "dans la poche" ... Un retour en arrière est quasi-improbable.
C'est votre méthode.


2. Une méthode plus classique où on gagne les consciences d'une manière plus rapide mais moins profonde. Les gens sont (plus ou moins!) d'accord car ça ne les oblige pas pas se remettre
personnellement en question dans leur comportement quotidien même si, se sentant parfois, pris en défaut, ils font un (ou deux!) pas de plus en se remettant partiellement en question. C'est
toujours ça de fait ... Mais, cette méthode fait que la bataille n'est jamais gagnée car il faut constamment "en remettre une couche". C'est plutôt ma méthode.


Ces deux méthodes ne sont pas incompatibles! Il ne faut en rejeter aucune ...


 


Sommes nous d'accord pour REJETER une troisième méthode :la méthode "Greenpeace" qui consiste à faire des coups médiatiques? Moi, je rejette cette façon de faire ... Je ne lèverai pas le petit
doigt pour aider ceux qui sont partis à l'abordage de cette plateforme pétrolière russe! Faire un sit-in devant la plateforme et ameuter les médias , ça passe encore (à la rigueur!) mais passer à
l'abordage, NON! L'étape d'après, c'est attaquer avec des armes ... NON! ET ENCORE NON!



Loubomyr 22/11/2013 10:58


Il est vrai que seul un gouvernement peut effectuer une réforme fiscale. Le problème, c'est que seuls des hommes et femmes politiques en sont capables alors que nous ne sommes gouvernés, depuis
trente ans, que par des politiciens. Ces professionnels de la politique n'ont jamais eu vraiment l'envie que ça change, se contentant de réformettes et saupoudrages homéopatiques présentés à
chaque fois à grands coups de clairons et trompettes!!!! Et même quand ils en ont envie, il y a toujours un haut fonctionnaire, enarque, techno X, Ponts et chaussées ou autres conservatoires de
la pensée pour dire : je crains que cela ne va pas être possible!!!! La réforme à la française, c'est un mirage dans un désert de l'innovation qui exacerbe encore plus la soif de ceux qui
subissent la dite réforme!!!

Jacques Heurtault 22/11/2013 12:35



Que faut-il faire, alors, si on ne peut rien faire?



Loubomyr 20/11/2013 17:20


L aréforme de l'Etat, c'est comme la transition énergétique ou la modernité de l'aéroport de Nantes : on en parle pendant des décennies sans que rien ne change!!! Nos politiciens sont à bout de
souffle ; il ne faut pas trop compter sur eux alors ..........

Jacques Heurtault 20/11/2013 20:24



Je ne vois qui d'autre qu'un gouvernement peut engager une réforme fiscale ... Il n'y a pas de place pour l'autogestion dans la fiscalité!



GM 19/11/2013 19:17


Il n'a jamais été aussi clair, lui qui n'a pas toujours dit ça.


Mais là, le constat, le diagnostic commence enfin à faire "total-consensus".


 


Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour bien faire !

Jacques Heurtault 19/11/2013 23:32



Il n'est effectivement jamais trop tard pour bien faire!



Rivaud 19/11/2013 16:59


Vu dans "Capital": l'Île Maurice - Impôt sur le revenu, un seul taux pour tous: 15%, pas d'ISF, sur les sociéts moitié moins, - On y parle notre langue, statut de résident facile, le climat est
agréable, la main d'oeuvre bon marché... Etonnez-vous que les français y soient de plus en plus nombreux !!! Et il n'y a pas que Maurice.


Des statistiques fiables sur le manque à gagner que constituent ceux qui votent aves leurs pieds ne sont pas publiées, grosses et moyennes fortunes, voire simplement les retraités aisés, et
d'autre part les jeunes cerveaux qui ont coûtés chers depuis leur naissance. Il est vrai qu'en compensation nous avons des africains, des roms, des maghrébins, des kurdes... et des chinois (qu'on
entend pas)


 


 

Jacques Heurtault 19/11/2013 18:35



Plaise à ceux que cela enchante d'aller vivre à plusieurs milliers de km de leur pays où ils ont leurs racines ... Si le départ est définitif, pas de problème ...


Toutefois, il y a fort à parier que, l'âge venant, "ils" reviendront pour se faire soigner avec la Sécurité Sociale Française qui couvrira les dépenses de santé les plus onéreuses ... C'est là
que le bât blesse!


Les Africains, les Roms, les Maghrébins et les Kurdes font exactement la même chose ... Ils travaillent en France puis, la retraite venue, usés jusqu'à la corde, ils retournent au pays où ils
meurent bien avant d'avoir atteint l'âge de 85 ou 90 ans ...


Il faut être plus nuancé. Il y a un problème de fiscalité, grave, lourd, complexe ... On ne le résoudra pas en alignant les prélèvements sur ce qui se fait de plus faible ... sauf, bien sûr, si
on accepte la régression pure et dure de notre civilisation.