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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Le redressement semble possible. La preuve : le budget réel de l'Etat.

7 Février 2014, 19:10pm

Publié par Jacques Heurtault

Voici une tribune parue dans Les Echos de ce jour qui révèle bien la gravité de la situation de nos finances publiques. Il s'agit de quelques chiffres particulièrement intéressants que je vais essayer de commenter.

 

Début de citation :

 

C’est une confirmation des chiffres annoncés à la mi-janvier . Selon les données publiées ce vendredi par le ministère de l’Economie, le budget de l’Etat a affiché en 2013 un déficit de 74,9 milliards d’euros . Soit une réduction de plus de 12 milliards d’euros « par rapport à fin décembre 2012 (-87,2 milliards) ». « Ce déficit budgétaire est supérieur de 2,7 milliards d’euros à la prévision retenue dans la loi de finances rectificative pour 2013 (arrêtée en novembre), principalement en raison de rentrées fiscales moindres qu’escompté », a toutefois reconnu Bercy.

Si le total des recettes fiscales en 2013 a augmenté, de 15,6 milliards d’euros par rapport à 2012, l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu ont rapporté 3,5 milliards d’euros de moins qu’escompté. Ce manque à gagner a été « partiellement compensé » par un « rebond des recettes de taxe sur la valeur ajoutée fin 2013, qui témoigne d’un regain de dynamisme de la consommation ».

Du côté des dépenses, que le président François Hollande a promis de réduire massivement d’ici la fin du quinquennat, l’Etat a dépensé plus en 2013 (376,7 milliards) qu’en 2012 (374,2 milliards). Bercy a expliqué cette augmentation essentiellement par des dépenses exceptionnelles au niveau européen. A l’inverse, l’Etat français a bénéficié l’an dernier de la clémence des marchés financiers, se traduisant par de faibles taux d’intérêts pour la dette française.

La charge de la dette de la France, le poste budgétaire qui est consacré au paiement des intérêts, a diminué de 1,4 milliard d’euros l’an dernier.

A noter toutefois: ce déficit de 74,9 milliards, celui du seul Etat central, n’est pas le chiffre qui, une fois rapporté au Produit intérieur brut (PIB), fait foi au niveau européen. Le déficit public total de la France, incluant aussi les régimes d’assurance sociale et les collectivités locales, devrait être connu le 31 mars.

 

Fin de citation.

 

Pour ma modeste part de citoyen, voici ce que je retiens et ce que je pense de la situation :

 

1. L'Etat a dépensé 376,7 milliards d'euros.


Le déficit - c'est à dire l'excédent de dépenses par rapport aux recettes - est de 74,9 milliards d'euros. Les recettes, elles, sont de 301,8 milliards d'euros. La proportion du déficit par rapport aux recettes est donc de 24,8% ... A chaque fois que l'Etat fait rentrer 100 euros dans ses caisses, il en dépense 124,8.

Transposons cette réalité au budget d'un ménage. Prenons comme exemple un ménage qui se situe dans une "moyenne" vraisemblable : 3.000 euros par mois pour quatre personnes. Autant dire que ce n'est pas le Pérou mais, cependant, il y a beaucoup de ménages qui aimeraient bien "jouir" d'un tel niveau de ressources! Ce ménage dépenserait 3.744 euros par mois. Comme il manque, chaque mois, 744 euros pour boucler le budget (autrement dit 8.928 euros par an), il faut les emprunter ... en allant voir le banquier, lequel va - peut-être - le faire mais ne manquera pas d'en réclamer le remboursement, lequel remboursement sera majoré des intérêts. Supposons 5% (en réalité, comme il s'agit de prêts à la consommation, les taux pratiqués sont bien plus élevés; autour de 12% voire 15% et plus). Soit 446 euros.

 

Je ne vais pas vous assommer de chiffres. Ils sont, le plus souvent, indigestes (surtout quand on parle de déficit!). Cependant, tout le monde comprend bien qu'une telle situation ne peut perdurer ... Il faut redresser la barre car le navire part à la dérive!

Pour les particuliers désargentés (ils sont de plus en plus nombreux!), il arrive un moment où c'est la "commission de sur-endettement" qui prend le relais et qui dit à la banque, grosso-modo : "Il ne fallait pas prêter! On va donc vous rembourser le capital. Quant aux intérêts, ils seront pour votre pomme. Comme ça, pour la prochaine fois, ça vous servira de leçon! Vous vous assurerez que l'emprunteur est capable de rembourser."

Pour l'Etat, il n'y a pas, à proprement parlé, de commission de surendettement. Du moins, elle ne fonctionne pas de la même manière que pour un particulier.

 

2. Des efforts ont été entrepris pour redresser la situation.

 

Très bien! On ne peut que s'en réjouir ... Encore faut-il qu'ils soient suffisants pour que la situation s'améliore, rapidement si possible! 

Il faut regarder le "stock" de dettes que l'Etat a accumulé, soit en empruntant lui-même, directement, soit en donnant sa caution solidaire à des organismes plus exangues qui ont pu, de la sorte, ne pas sombrer corps et âmes. Citons, pèle-mêle, la Sécurité Sociale, les Caisses de retraites et l'Assurance chômage  mais la liste est beaucoup plus longue!

Ce "stock" de dettes est d'environ 2.000 milliards d'euros ...

On voit mieux la tragique réalité! D'un côté, une dette qui s'est accue, l'année dernière, de 75 milliards ... De l'autre, un stock de dettes de 2.000 milliards.... et des recettes de l'ordre de 300 milliards par an! Cela revient à dire qu'en ne dépensant strictement rien, il faudrait quand même au moins 7 années pour que l'Etat éponge sa propre dette ou bien, ce qui revient au même, la dette de ceux et celles pour qui il s'est porté caution solidaire! Outre le fait qu'il est rigoureusement impossible que l'Etat ne dépense plus RIEN pendant sept ans - sinon, autant dire tout de suite qu'il n'y a plus d'Etat! - , il faudrait pressurer les gens pendant de longues, longues années! Bien plus que 7 ans ... Plus vraisemblablement 70 ans!

Il faut, dans un premier temps, soit réduire la dépense de 75 milliards afin de ramener ladite dépense au niveau des recettes (300 milliards), soit augmenter les recettes de 75 milliards ... en augmentant les impôts. Rapporté au rendement de l'impôt sur le revenu, il faudrait, pour tout le monde, le doubler, purement et simplement ... ("simplement" étant une façon de parler car, précisément, ça n'est pas simple du tout!).

Mais, c'est compter sans tenir compte qu'il faut AUSSI payer les intérêts sur une base - actuelle - de 2,5% (en réalité, c'est un peu moins pour l'instant mais ça risque de ne pas durer ...). 2,5% de 2.000 milliards, cela fait ...50 milliards! Additionnés aux 75 milliards d'excédents de recettes (qu'il faut trouver!), on arrive à 125 milliards d'euros d'effort fiscal supplémentaire ... Autant dire que nous ne sommes pas sortis de l'auberge (même à quatre pattes!).

 

3. Voyons les efforts qui ont été faits.


Comparativement à l'année 2012 (dont la responsabilité peut-être imputée, pour l'essentiel, au précédent président), la réduction du déficit a été de 12,3 milliards puisqu'il était, à fin 2012, de 87,2 milliards d'euros et qu'il est tombé à 74,9 milliards. On en "déduit" que, si on maintient l'effort, il va quand même falloir presque 7 ans pour ramener ce déficit à ZERO ... sans augmenter les impôts car ils ont déjà été augmentés! Il faut donc réduire la dépense dans la même proportion. C'est un strict minimum! Car il ne faut pas oublier qu'aussi longtemps que le déficit n'est pas ramené à ZERO, le stock de dettes continue d'augmenter! Stock qu'il va falloir rembourser aussi ... en poussant les feux des économies dans la dépense! Il ne s'agit plus simplement de sortir de l'auberge ... Il faut sortir du tas de fumier! Et d'autant plus vite que, à l'intérieur d'un tas de fumier, il y fait non seulement très chaud mais encore la température y est même brûlante ... (Vous pouvez vous renseigner!).

 

4. Il y a un moyen assez simple ...


Il faut réduire le nombre net de fonctionnaires et il faut bloquer tous les salaires en commençant par le blocage de toutes les évolutions automatiques de salaires au sein de la fonction publique ... Et, par voie de conséquence, chez les retraités de la fonction publique ... puisque leur retraite est indexée sur les salaires des fonctionnaires!J'exclus de tuer les retraités : ici, on est sur un blog sérieux! On n'est pas chez "Charlie Hebdo" ni chez "l'Echo des savanes" ...

 

Ce n'est pas UNE patate chaude que le gouvernement a dans les mains! C'est plusieurs patates brûlantes!

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Alain 09/02/2014 16:52


Erreur"" monumentale"!lespensions des retraités de la fonction publique de l'état ne sont plus indexées sur les salaires des fonctionnaires.Elles sont revalorisées selon l'évolution des
prix,comme pour les autres régimes(réforme Fillon 2004).Renseignez-vous.

Jacques Heurtault 09/02/2014 18:54



Soit! Je ne me suis pas renseigné ... mais je fais mon "Mea culpa"!


Merci pour ce rappel constructif! On peut passer à une autre étape :


1. Conférer aux fonctionnaires territoriaux le statut (remanié en profondeur!) des fonctionnaires d'Etat.


2. Dans le même temps, fondre le "régime" (je mets des guillemets car il n' s'agit pas d'un vrai régime!) de retraite des fonctionnaires d'Etat dans le régime (authentique, celui-là des
fonctionnaires territoriaux.


Donnant - Donnant!



Jean Daumont 09/02/2014 15:25


   J'ai déjà traité ce problème dans mon propre blog et je ne peux que répéter (ressasser?) ce que j'y ai écrit...


   Il fut un temps où l'Assemblée Constituante en 1791 procéda à une réorganisation complète de l'administration territoriale en brisant l'ancienne organisation des "provinces", à la
fois inégales en surfaces comme en droits, ...et elle imagina les "départements" afin de permettre à tout citoyen, si nécessaire, de faire l'aller-retour vers le "chef-lieu"  à cheval ou en
voiture hippomobile en un jour (pour la petite histoire qui ne manque pas de sel, on reprit souvent les limites de diocèse)


   On n'en est plus là ...et il est donc logique de vouloir meintenant (faute de l'avoir faite plus tôt) une division plus large, mais reste à savoir laquelle ...Personnellement,
j'aurais aimé qu'on retienne la notion de "Pays" - comme le Pays de Redon, le Pays de Caen, le Pays de Metz, etc...dans les secteurs de moyenne urbanisation - ainsi que celle de "Métropoles" en
cas de forte urbanisation avec banlieue ...Mais cela était trop intelligent et aurait lésé trop d'intérêts ... Il faut constater en effet qu'en France, on a toujours superposé les divisions
administratives sans en supprimer (communes, cantons, arrondissements, départements, régions), aboutissant ainsi à un millefeuilles administratif ...Et ce n'est pas tout ...Car, parallèlement, on
a voulu "décentraliser "(*), notamment et déjà sous la présidence d'un Président socialiste (Mitterrand) ...et on a ainsi créé une administration parallèle à l'administration préfectorale, avec
un partage de compétences où "une mère chat ne reconnaît plus ses petits", mais où on a donné de l'importance à des "présidents" locaux se prenant parfois pour de "potentats" hors de portée du
"vulgum pecus", une nouvelle féodalité en quelque sorte...


   Donc, vous ne serez pas surpris que je sois pour un coup de balai, c'est-à-dire la suppression d'un nombre extra-ordinaire de "responsables" et de "fonctionnaires" territoriaux,
...en procédant par un non-renouvellement aux départs à la retraite, donc en "douceur" (?) ...Et il suffirait de maintenir seulement des "Régions " (à défaut de Pays et Métropoles), avec un
préfet représentant l'Etat et un Conseil représentant les citoyens ...Point barre !


 


(*) http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9centralisation

Jacques Heurtault 09/02/2014 16:26



Globalement d'aacord avec la philosophie. Pour les "détails", c'est secondaire ...



GM 07/02/2014 19:55


Perso je note qu'on bosserait (c'est à mettre au conditionnel parce que le chiffre n'est pas encore "sorti") toujours plus longtemps pour "la puissance publique", là autour de la fin fin juillet,
le 27 ou le 28 ;


Et que parallèlement le "découvert" commencerai toujours plus tôt (là le 2 octobre).


 


Mais où passe le pognon ?


En dépenses si utiles qu'impérieuses ?

Jacques Heurtault 08/02/2014 09:24



Il faut désormais en finir avec cette référence abusive au % de la dette publique rapportée au Produit Intérieur Brut (P.I.B.).


Cette approche avait son intérêt dans une situation globale de non-endettement ou, à la rigueur de "faible" endettement.


On peut, en effet, admettre que si la puissance publique finance, par du déficit, des investissements, ces derniers devant produire à terme de la valeur ajoutée mesurée par la "croissance" du
PIB, ce déficit soit mesuré, lui aussi, par rapport au PIB (afin des respecter un paralèllisme de comparaison).


Autrement dit, avoir 3% de déficit pour générer 3% de croissance est une attitude raisonnable.


Il n'en va pas de même lorsque le déficit finance des dépenses courantes voire, pire encore, le paiement des intérêts de la dette ancienne accumulée au fil du temps depuis trois décennies (30
ans!) et plus ...


Persister dans l'usage de ce référentiel faux équivaut à participer à une entreprise de falsification. Pour l'instant, ce n'est pas un délit! J'espère qu'un jour ça le deviendra... (A mon avis,
ce n'est pas pour demain!).