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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Les 35 heures, le SMIC ... Quelques idées de réformes et une stratégie

9 Juin 2013, 11:48am

Publié par Jacques Heurtault

Prenons l'exemple des "35 heures" ... La lecture de la presse (ou son écoute ou encore sa "vision") permet de constater l'incroyable récurrence de ce thème. Il ne se passe pas de semaine sans que le sujet ne fasse sinon la primeur du moins la seconde place dans différents supports.

 

Pas besoin d'être un "fin analyste" pour arriver à une première conclusion simple! De toute évidence, "on" nous prépare quelque chose ... Mais ce "quelque chose" n'est pas, aujourd'hui, recevable par l'opinion publique. La situation exige que les esprits soient "préparés". Alors "on" se charge de les préparer!

 

L'expérience m'a appris que, face à une telle situation, il ne sert à rien d'adopter une attitude d'opposition frontale de refus absolu. Au bout du compte, le front du refus finit toujours par céder, par se rompre même, permettant le déversement d'un phénoménal torrent réactionnaire détruisant des pans entiers de différents murs de soutainement de l'ensemble de la protection sociale.

 

Non! Pour faire face à ce qu'ils sont en train de nous concocter, il m'apparait bien plus judicieux de jouer la stratégie du "ventre mou", quelque chose comme un recul sur une partie du front pour mieux faciliter un futur débordement sur une autre partie du front.

 

Que veulent-ils?

 

1. Pas de Code du Travail.

Répondons par : " D'accord pour simplifier les règles du Code en question ...à condition de renforcer les protections essentielles".

Comment faire?

Par exemple, constitutionaliser ces protections essentielles! Rien que cela, il y a de quoi "leur" faire peur ... car "ils" savent très bien que l'on ne change pas la Constitution aussi facilement qu'une loi ou qu'un règlement.

 

2. Pas de durée légale du temps de travail.

Eh, oui! C'est "ça" qu'ils veulent vraiment ... Pour fairer travailler "leurs" salariés comme ils veulent, quand ils veulent, sans avoir de compte à rendre à personne et surtout pas aux "Institutions Représentatives du Personnel". Répondons par : "D'accord pour permettre à chaque salarié, individuellement, de refuser de faire des heures supplémentaires. Bien entendu, la contrepartie sera que ceux qui feront des heures supplémentaires ne percevront pas de majoration de salaire. Le principe de cohésion sociale a un prix. Ce prix, c'est la solidarité!

 

3. Pas de SMIC.

Certes, ils ne le disent pas "comme ça" car ils savent bien que ça ne passerait pas ... Mais ils nous disent qu'il faut diminuer les charges ... et, du même coup, diminuer le financement de la protection sociale donc créer du déficit structurel! La fois d'après, ils diront que les "déficits" sont insupportables! Ben, voyons!

Répondons : "D'accord pour une valeur du point universelle. Indice 100 pour le "manoeuvre-balai" (c'est à dire le travailleur n'ayant AUCUNE qualification professionnelle) Et indice 1.000 pour le "cadre dirigeant disposant des plus larges pouvoirs pour prendre des décisions ayant certainement des conséquences stratégiques de long terme sur l'avenir professionnel des hommes et des femmes travaillant sous son autorité" (c'est un peu long comme intitulé mais relisez bien : tout est dit ou presque!). On retrouvera, de la sorte, le véritable sens de la hiérarchie des salaires qui ne doit être rien d'autre qu'une hiérarchie de la technicité et de la responsabilité.

 

4. Réduction des charges.

Ah, les charges! C'est tous les jours ou presque que l'on y a droit ...

Eh, bien, chiche!

Répondons : Ok! Plus de charges patronales ... Rien que du salaire direct! Mais, attention : éviction pure et simple des représentants patronaux des structures de gestion de ces charges! Il faut être cohérent ... "Vous ne payez pas, donc, vous ne gèrerez pas non plus!". Je puis vous assurer que, là, "ils" vont tordre du nez! Ils ne vont pas être contents, pas contents du tout! Si vous voulez arraisonner un patron ( c'est à dire le "ramener à la raison") vous pouvez tenter de taper au coeur, c'est à dire "à la caisse". C'est une méthode ... Hélas, ils ont mille et un moyens de récupérer ce qu'ils auront lâché sur ce front-là. Il y en a une autre, incomparablement plus efficace : privez-les de leurs pouvoirs, quitte à leur laisser leur fric! Là, je vous garantis qu'ils montent au créneau! Fissa, même ...

 

Je pense, avec ces quelques exemples, avoir éclairé une démarche ... Surtout, pas de grands mots! Pas de révolution! Juste quelques verrous et deux ou trois "patates chaudes" ...

 

 

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GM 10/06/2013 09:52


Moi si parce que c'est à eux.


Ils le confient ensuite, de façon obligée ou non, à leurs caisses.


Pour le reste, toutes les mentions que vous citez existent déjà.


Par ailleurs, déjà dans les années 90, une commission interministérielle avait bossé pleinement pour simplifier les feuilles de paye, jusqu'à n'avoir que 9 lignes.


Et tout y était en plus.


 


Franchement révolutionnaire, n'est-ce pas ?

Jacques Heurtault 10/06/2013 10:13



Hein? Une feuille de paie en neuf lignes? En France? Vous rêvez ... A mon avis, ce n'est pas pour demain! Le syndicat des marchands de cartouches d'imprimantes ne manquerait pas de boycotter
cette initiative "dangereuse" comme étant de nature à supprimer des emplois! Pareil pour les cabinets d'expertise comptable qui, souvent, établissent les feuilles de paie dans les toutes petites
entreprises!


 


Les mentions dont vous parlez sont écrites en tout petit, quasiment illisibles! A mon avis, c'est d'ailleurs voulu. Je me souviens avoir exercé pendant neuf mois pour le compte d'un député de
gauche. Il m'avait fabriqué une feuille de paie à partir du ... net, pour remonter ensuite jusqu'au brut! Une façon explicite de contester les charges salariales (il considérait que c'était au
seul employeur de les payer).



GM 10/06/2013 08:40


Ah oui !


L'introduction de la notion de salaire "super-brut", je l'ai tentée en 1991 ...


Et me suis heurté à "mes" syndicalistes (ouvriers) qui ne voulait parler que du "net-net".


J'en ai fait le coeur d'une formation spécifique en cours de DRH en 1995...


Ca ne fait même plus un chapitre...


J'en ai créer une "boîte" d'ingénierie spécialisée en 1999, qui après un succès d'estime a fait un "flop". D'ailleurs, il faut que je la relance pour écraser les pertes et récupérer la TVA.


Et figurez-vous que désormais (ça date de l'année dernière), on me redemande des intervention sur le sujet (après ma proposition de redonner aux salariés leurs cotisations : cf. le blog).


Je m'étonne toujours de ces "revirements" du "bon sens"...


 

Jacques Heurtault 10/06/2013 09:40



On pourrait commencer par faire apparaitre, sur la feuille de paie, d'une manière très explicite, ce "super-brut" que l'on pourrait appeler "Rémunération brute totale". Il serait écrit sur la
même ligne (ou bien tout juste à côté) du salaire net effectivement payé sur le compte en banque, à gauche ... Puis le total de toutes les charges ("salarié+ employeur") effectivement
comptabilisées ... Puis le salaire net ... Puis le taux global de retenue calculé par rapport au "brut total" (le super-brut) ... Puis le taux global de retenue rapportée au salaire net (pas très
orthodoxe mais néanmoins politiquement intéressant) ... Le tout en très gras afin que ça ressorte bien, comme le nez au milieu du visage (ou bien un coup de poing (américain?) en pleine figure)
... Je ne plaisante pas!


Attention, cependant! Moi, je ne propose pas de redonner aux salariés leurs cotisations!