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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Les "profs" des classes "prépas" étaient en grève ...

14 Décembre 2013, 13:00pm

Publié par Jacques Heurtault

Voilà un évènement qui n'est pas tout à fait banal.

 

Les profs du primaire ou du secondaire en grève, c'est à peine si  ça mérite d'être relevé tellement c'est habituel et même banal.

 

Là, il s'agit d'une grève de professeurs de l'enseignement supérieur, c'est à dire de l'enseignement postérieur au baccalauréat qui rassemble des élèves qui ont été préalablement sélectionnés sur dossier et qui sont réputés être l'élite, laquelle se distingue de la piétaille qui va user ses fonds de culotte sur les bancs des amphis des universités.

 

Les classes préparatoires aux concours d'entrée des "Grandes Ecoles" autrement appelées "prépas" sont ni plus ni moins que des "boites à bachot" supérieures. On apprend à des élèves à subir avec succès les épreuves de certains concours d'entrée à certaines grandes écoles. C'est tellement vrai que ceux et celles qui ne réussissent pas au moins l'un de ces concours n'entrent pas automatiquement en troisième année de licence spécialisée (la classe L3) ...

 

1. Qu'est-ce qu'un concours?

Par définition, c'est un ensemble d'épreuves que subissent les postulants afin de permettre que l'on choisisse les "meilleurs" ... Je dis bien les "meilleurs", pas les bons! Par nature, s'il y a 50 places ouvertes au concours et si 80 candidats ont le niveau requis pour suivre les études postérieures à ce concours, "on" en prendra que cinquante! Pas quatre vingts! C'est ni plus ni moins qu'un "numérus clausus" comparable à celui qui a été mis en place en première année de médecine ... 

Toutefois, en principe, ce numérus clausus n'est pas suffisant ... Il faut, en principe, être bon (quand même!). Cela veut dire que si, à l'issue des épreuves, il n'y a que quarante "bons" alors qu'il y a cinquante places ouvertes au concours, seuls ces "quarante" là seront intégrés au cursus de formation proprement dit.

Un examen, c'est autre chose ... Tous ceux qui sont "bons" sont réputés avoir réussi l'examen même s'ils ne comptent pas parmi les cinquante (ou cinq cents!) "meilleurs"!

 

2. Les "profs de prépas" sont ils vraiment des enseignants de l'enseignement supérieur?

Justement non! Et c'est bien-là que se pose le problème ... Ce sont des enseignants du cycle "secondaire", plus précisément du "second cycle" de l'enseignement secondaire! C'est la raison pour laquelle il n'est pas nécessaire d'être titulaire d'un doctorat pour enseigner dans ces classes dite "prépas" alors que cette condition est impérative pour dispenser des cours magistraux à des étudiants du cycle universitaire "Licence" (L1, L2, L3) et bien entendu du cycle "Mastère" (M1, M2).

 

3. Il s'ensuit que les professseurs en classe "prépas" sont des professeurs "certifiés" ou "agrégés". Précisons tout de même que la quasi-totalité de ces enseignants sont des "agrégés", pas de "simples" certifiés. A ce titre, ils doivent 18 heures de cours par semaine (certifiés) ou 15 heures (agrégés).

 

4. Il est facile de comprendre que préparer un cours de physique pour une classe de "Mathématiques Spéciales" demande nettement plus de temps que pour faire le même travail pour une classe de "Terminale S". Ca tombe sous le sens et personne ne songerait sérieusement à remettre en cause ce constat. Le raisonnement est le même pour la construction des "devoirs/problèmes" et la correction des copies ...

Partant, il semble donc logique que ces enseignants puissent bénéficier d'une réduction corrélative de leurs obligations de cours hebdomadaire.

Juridiquement, la technique administrative mise en oeuvre est celle dite de la "décharge". Au lieu des 15 heures hebdomadaires, les agrégés n'en font que 8 ... et reçoivent pourtant la même paye que s'ils en faisaient 15!

Cependant, les classes d'élèves sont celles que l'on trouve, habituellement, en lycée, c'est à dire 25, 30, rarement plus!. Tant mieux pour les élèves ... qui bénéficient, ainsi, d'un niveau d'encadrement sans commune mesure avec celui, quasi inexistant, dont ils bénéficieraient s'ils avaient suivi un cycle universitaire où les "amphis" de 500, 1.000, voire 3.000 étudiants ne sont pas si rares!

 

5. Mais, avec 8 heures de cours par semaine, même en y incluant le temps de préparation et le temps de correction des copies (épreuves fréquentes, quasi hebdomadaire, sans rapport avec les "partiels" semestriels), après 10 ans de pratique professionnelle, on peut finir par tomber dans une "routine" en reproduisant, d'une année sur l'autre, les mêmes cours, voire les mêmes épreuves (quitte à prendre quelques précautions pour éviter les fuites un peu trop faciles).

 

6. La tentation devient forte, alors, de souhaiter faire plus d'heures de cours ... 15 heures par semaine (par exemple ...)! Sans oublier de demander la rémunération qui va avec ... en doublant ainsi son salaire!

Certes, j'exagère un peu car on ne va pas manquer de me rétorquer que les professeurs de classes prépas font des heures de "colle" avec des petits groupes d'élèves (trois ou quatre), lesquelles heures ne sont pas "obligatoires" mais néanmoins de pratique courante ...

 

A quoi bon s'étendre sur ce projet de réforme puisque, incapable de résister à la pression des lobbies, le "ministre" Peillon a décidé d'y renoncer!

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Loubomyr 24/12/2013 10:57


Oui mais ... vous semblez ainsi cautionner les très longues carrières dans les palais de la Répuiblique. Pour moi c'est deux mandats maximum cumulés ou consécutifs puis retour dans la "vie
civile" pour une période équivalant à au moins la moitié des deux mandats avant de briguer à nouveau les suffrages. Il va de soi que cette alternance doit s'effexctuer en toute trabsparence afin
d'éviter tout conflit d'ibntérèt !!! On vera alors quels sont ceux qui sont réellement motivés pour "servir les autres" ...

Jacques Heurtault 26/12/2013 14:08



Je suis d'accord avec l'idée générale qu'il faut limiter la durée des mandats, leur répétition et le cumul.


A partir de ce principe, il devient possible d'imaginer de nombreuses réponses ...



loubomyr 21/12/2013 11:10


Avez vous remarqué le parcours de certains de nos politiques (comme Flamby 1er) consistant à enchainer ENA et HEC : autrement dit la haute fonction publique et la haute gouvernance dans le
privé!!! Il y a là comme une confusion des genres. et que l'on ne me dise pas que c'est pour permettre aux politiques d'appréhender la vie des entreprises privées puisque de toutes façons ils n'y
mettent jamais les pieds (quelle que soient leurs études) pour y travailler : seulement pour signer (ou faire signer) des contrats (Sarkounet en super commercial de tonton Dassault pour
les Rafales au Brésil, on a vu le résultat pittoyable) ou pour calmer le jeu (ou au contraire mettre de l'huile sur le feu) dans les conflits sociaux (Sarkounet encore et Flamby en Lorraine).
C'était bien la peine de faire toutes ces études pour le résultat final!!!

Jacques Heurtault 21/12/2013 12:52



Cela ne me semble pas un critère pertinent ...


Tous ceux qui gouvernent ou ont gouverné répondent, à peu de choses près, à ces critères.


Par contre, il y a bel et bien une vraie difficulté, pour les responsables politiques de tous bords, à apréhender la REALITE du terrain.


Pour ma part, je préconise désormais que, pour pouvoir exercer un mandat d'un certain niveau, il faudrait avoir exercé un mandat moins important ...


Par exemple, avoir été député puis sénateur pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle. Avoir été conseiller général ou conseiller régional pour pouvoir se présenter à une élection
parlementaire. Avoir été conseiller municipal, voire adjoint au maire ou maire, pour pouvoir se présenter à une élection de conseiller général ou régional.


Cela permettrait d'écrémer les candidats et d'éliminer les "grandes gueules" qui se font élire à des postes de responsabibilités sans avoir, au préalable, prouvé qu'ils étaient capables d'en
exercer ... "C'est au pied du mur qu'on voit le maçon!"



GM 19/12/2013 18:01


Je ne vous ai pas parlé de "botte" à ce que je sache, mais bien de la pantoufle.


Dans les "grandes-ékoles-publiques", il s'agit bien de rembourser le prix de vos études.


A l'X, l'étudiant paye 11.500 € de droit/an, mais ça coûte nettement plus cher au kontribuable (de l'ordre de 180 K€ pour un cursus complet et encore plus cher quand vous cassez un avion de
Coëtquidan).


Quand il se casse avant, il rembourse, c'est la "pantoufle".


 


Dans les ékoles d'ingénieur ou de commerce, l'étudiant paye et ne rembourse que son banquier (quand il n'a pas de parentèle richissime), puisqu'il n'y a pas d'obligation de service post-études.


 


Rien à voir avec la "botte" qui permet effecctivement "le choix" d'affectation, comme dans tous les concours de l'administration publique à choix multiple.


Qu'à l'ENA, il était même question de supprimer ce classement, mais ça n'a pas bien plu...

Jacques Heurtault 19/12/2013 20:45



Il n'y a donc, selon vous, aucune relation "sémantique" entre la botte et la pantoufle? Hum! 


Si ça ne tenait qu'à moi, je placerais l'obligation de service à au moins 20 ans, voire 25 ans avec, en prime, aucun amortissement ... Celui qui part aà la 19ième année rembourse tout!


Bien entendu, le "financé" devrait rembourser la totalité du coût REEL de sa formation soit, comme vous le dites, 180.000 euros ... Ca en calmerait plus d'un!



GM 19/12/2013 16:48


Non, ce n'est pas comme ça qui faut le voir.


 


- D'abord toutes les "grandes-ékoles" ont un système de bourse qui revient à pré-payer les droits des "méritants".


Même à l'X : On appelle ça la "pantoufle", auto-remboursée quand le déplômé signe pour 5 ans dans la fonction publique.


Peut-être moins...


Pour les autres, les banque font des prêts : Un façon de fidéliser un client.


 


- Mais en revanche, je reste assez d'accord avec vous : Payer pour pouvoir travailler, là ça heurte de plein fouet et frontalement mon âme-Corsa !


INDMISSIBLE !


J'en suis bien d'accord.

Jacques Heurtault 19/12/2013 17:16



???


Je pense que vous faites une confusion entre "la botte" et "la pantoufle" d'une part et l'obligation de service après les études ...


1. La "botte", c'est le classement de sortie. Le major va où il a envie d'aller ... En sortant de l'ENA, le major et quelques autres choisissent tous l'Inspection des Finances ... Et ainsi de
suite ... Le dernier prend le dernier poste disponible ... ailleurs qu'à l'Inspection des Finances depuis longtemps saturée ... Il peut s'agir de la Cour des Comptes ou bien d'un poste d'attaché
de préfecture ...


2. La "pantoufle", c'est la possibilité, pour un diplômé qui doit en général 10 ans de service (sinon il rembourse!) de quitter avant terme (en remboursant!) pour aller travailler dans le secteur
privé, incomparablement plus rémunérateur (le "reste à charge" devient vite dérisoire ...). D'où le nom de pantoufle car une pantoufle, c'est moins prestigieux qu'une botte mais c'est beaucoup
plus confortable!



GM 19/12/2013 15:35


Ce sont les formations "en ékoles" qui sont payantes, pas encore les prépas.


C'était justement "dans les cartons"...

Jacques Heurtault 19/12/2013 16:42



Cette logique qui consiste à rendre payantes les formations qualifiantes, celles qui ouvrent sur un métier, est ni plus ni moins qu'une politique de classe, au sens strict et originel du terme!
Seuls les familles riches pourront financer les études de leurs "chers" enfants!


Pour moi, le fils d'une famille d'un petit fonctionnaire catégorie "C" dont ma mère ne travaillait pas "à l'extérieur (il y avait suffisamment de travail à faire à la maison avec les quatre
enfants!), c'est une politique immonde!



GM 16/12/2013 12:35


Précisions :


- Les élèves sont pris directement en L2 quand ils échouent aux concours...


- Il y a 8.000 élèves pour environ 6.000 place d'écoles supéreures ... Payantes !


- Les agrégés et certifiés peuvent faire prépa et/ou grandes ékoles et/ou Lycée : C'est courant qu'ils émargent ainsi au-delà de 15 à 18 heures.


- En master 1 et 2 on prend également des enseignants qui ne sont "rien du tout", mais qui reste des "majors" reconnus dans leur discipline : Ils ne sont simplement pas "multi-compétents" comme
un agrégé ou certifié, voir mieux un doctorant.


- La prépa, ce n'est pas simplement de préparer à un concours, mas c'est de voir et d'assimilé tout ce qui sera considéré  comme "acquis" pour ne plus avoir à y revenir mais s'en servir à
l'occasion sans difficulté.


Ce qui n'est effectivement pas la même chose à la fac, où mes étudiants oublie,t -ou n'ony pas vu- quelques fondamentaux de "L"...


- Enfin, les heures de colle sont parfois individuelles en prépa, mais en enchaînant les heures, le prof peut doubler voire tripler danq quelques cas, leur paye de base.


Ils en usent et abusent, ce qui leur interdit de faire des cours par ailleurs...


 


Mais bon, la réforme est désormais reportée sine die...


L'usine à élite persistera telle quelle, comme d'un ascenseur social-gratuit !


N'en déplaise aux tenants de l'égalité par le bas...

Jacques Heurtault 16/12/2013 15:39



Payantes?  Il n'y a pas de droits d'inscription pour faire Mathématiques supérieures et Mathématiques spéciales ... Les autres, je ne sais pas.


Je préfère (et de loin!) une véritable sélection pour entrer dans l'enseignement supérieur (comme étudiant) à un niveau de "droits" (pécuniaires ...) inaccessible aux fils de familles pauvres. Je
suis très sensible à cet aspect car, quand j'étais étudiant, j'étais "boursier" et il est parfaitement évident que, sans cette bourse, je n'aurai pas pu poursuivre mes études. Par mesure de
prudence, j'avais choisi de suivre un IUT où le niveau d'encadrement était incomparablement meilleur (promo de 40 élèves!) car suivre un cours dans un amphi de 500 m'effrayait, ni plus ni moins
... Par la suite, je suis retourné en fac puis à l'IAE de Rennes ...


La "méritocratie républicaine" est un concept qui me convient ... à condition que l'on ne perde pas de vue que l'obtention d'un diplôme ne peut conférer un quelconque droit à un emploi d'un
certain niveau ... Et, là, ça coince beaucoup, ce qui pousse les étudiants à poursuivre des études au delà du raisonnable! Vaste débat!



Jean Daumont 16/12/2013 10:12


Une leçon particulière donnée à un haut tarif (plus ou moins important suivant la réputation du Professeur) ...et non déclarée aux impôts...

Jacques Heurtault 16/12/2013 11:05



Ok! Merci pour l'information ...


Non déclarée aux impôts, sans statut d'auto-entrepreneur, sans charges sociales, etc ... Bref, du "tout bénéf"!



Jean Daumont 15/12/2013 10:01


L'ancien professeur que j'ai été - il y a bien longtemps, et donc peut-être plus "dans le coup" - ne peut que souscrire à votre analyse, à cette nuance près qu'il faut faire une différence entre
les disciplines - en fonction de la distinction - imbécile - des disciplines dites "principales" et des disciplines dites "secondaires" (c'est souvent dans ces dernières que les jeunes peuvent
trouver leur avenir) ...L'existence persistante des "tapirs" fait que les Professeurs des "Grandes (?) Ecoles devraient la "fermer" en matière de rémunération...

Jacques Heurtault 15/12/2013 15:15



Qu'est-ce qu'un "tapir"?