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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

"Libération" libéré?

9 Février 2014, 10:40am

Publié par Jacques Heurtault

Il y a des jours où je me demande si je vis bien sur la même planète que d'autres personnes ...

 

Ainsi au sujet des récents évènements relatifs au quotidien "Libération" ...

 

Pour ceux qui font l'effort de suivre de près l'actualité des journaleux, ils doivent se souvenir que ce quotidien a déjà traversé de nombreuses crises financières, organiques, etc ...

 

Personnellement, je me souviens d'une récente crise où les jounaleux de Libération prétendaient, alors qu'ils ne cessent de cracher (non sans quelques motifs parfaitement fondés, il faut le reconnaitre!) sur le capitalisme, que le propriétaire du journal DEVAIT OBLIGATOIREMENT recapitaliser l'entreprise puisque la gestion particulièrement calamiteuse de celle-ci avait mis sa trésorerie complètement à sec ...!

 

A-t-on jamais vu une chose pareille? Peut-on sérieusement imaginer que le propriétaire d'une entreprise, constatant que cette dernière a "mangé son capital", se voit intimer l'ordre, par le collectif des travailleurs et "i-euses" de remettre de l'argent au pot sans même avoir son mot à dire quant à la manière d'utiliser l'argent frais qu'il viendrait à y mettre et encore moins sur les emplois dont il doit financer les salaires?

Cela n'a évidemment aucun sens!

 

Aucun sens? Vraiment? Eh bien, si! Pour les journaleux de Libération, ça a du sens!

Dans leurs pauvres têtes de journaleux incapables de se demander ce que les gens sont prêts à lire dans le journal qu'ils achètent, la connexion simplissime du rapport à la REALITE ne s'établit tout simplement pas!

 

J'ai reçu de leur part - je me demande bien par quel canal "ils" ont réussi à voler mon adresse de courriel et mon adresse postale - des sollicitations pour m'abonner pour un prix dérisoire à "Libération". Pour autant que je m'en souvienne, je crois que c'était un demi euro par numéro! Peut-être moins ... 15 euros par mois pour une édition "papier" portée à domicile. C'était - et c'est toujours - à ma portée financière!

Pour autant, j'ai décidé de ne pas y donner suite ... Il doit bien y avoir une bonne raison, non?

 

Quelles sont-elles, ces raisons?

 

Très simples, en vérité!

 

1. Je ne supporte pas qu'un journaleux auquel je n'ai rien demandé me fasse part, contre mon gré, de son point de vue personnel sur tel ou tel aspect de l'actualité.

Par contre, je suis tout à fait preneur des opinions émises par telle ou telle personne dont j'ai pu apprécier, par le passé, qu'elle était capable de produire une réflexion approfondie et équilibrée sur un sujet objet d'un débat.

 

2. Mon opinion personnelle vaut autant que l'opinion personnelle de tel ou tel journaleux. Il n'y a aucune raison pour que mes opinions ne soient pas relayées avec la même puissance et le même impact que les opinions de tel ou tel journaleux. Qui sont-ils, ces journaleux, pour s'arroger le droit de matraquer les gens qui les font vivre avec leur point de vue personnel? Ne voilà t-il pas que, maintenant, ils affichent leur droit d'informer! Sans blague? Depuis quand la censure a-t-elle été rétablie en France?

 

3. Plus précisément, parlons un peu de cette information qui nous manque tant!

Voilà quel doit être, selon moi, le travail d'un vrai journaliste ... Donner des informations aussi exactes que possibles sur des sujets susceptibles d'aider les lecteurs du journal à comprendre la réalité de ce qui se passe dans le monde, voilà une excellente activité professionnelle.

Au lieu de cela, que voyons nous?

Des journaleux qui partent en Syrie pour nous expliquer que Bachar El Assad est une crapule et qu'il faut donc soutenir les rebelles ... jusqu'au jour où ils découvrent que Al Quaïda est avec les rebelles ...!

On pourrait donner 10, 50, 100 exemples de ce type ... Il est quand même facile de se rendre compte qu'il y a quelque chose qui cloche!

 

4. Ce qui cloche, c'est très simple à définir ...

La plupart des journaleux se prennent pour des redresseurs de torts, pour des militants de causes qu'ils croient être de "bonnes causes". Alors, ils y vont ... A fond la caisse ... N'hésitant pas à "oublier" des informations importantes au motif, inavoué, qu'elles ne vont pas dans le sens de la cause qu'ils défendent! Et ils se prétendent "objectifs"? Et puis quoi, encore?

Les journaleux oublient deux choses fondamentales :

- Ils sont PAYES pour faire un travail. Ils ne peuvent donc pas être des "militants". Un militant ne peut, par principe, être payé ... sinon il devient, vite, un "aparatchick", c'est à dire quelqu'un qui "garde la ligne pour pouvoir manger" ... Autre manière de dire qu'un aparatchick n'est pas vraiment libre!

- Même en étant payés, ils oublient trop facilement que s'il n'y avait pas la manne publique, l'argent public, aucun quotidien, aucun périodique d'informations générales, ne pourrait vivre.

 

5. Comment revenir au journalisme authentique, c'est à dire au journalisme d'investigation, le seul qui soit capable de nous donner les informations - toutes les informations - que nous sommes prêts à recevoir dès lors qu'elles sont fiables?

Je vois une méthode. Elle repose sur la distribution de la manne publique car sans manne publique aucun périodique d'informations générales ne pourrait être effectivement vendu à moins de 3 euros l'exemplaire (pour un quotidien) et 7 euros l'exemplaire pour un hebdomadaire.

Mais qui dit "manne publique" dit collecte de ladite manne donc collecte d'impôts! Stop! Assez d'impôts! C'est le système lui-même qu'il faut modifier en profondeur et non pas le montant de la collecte ...

 

5.1. Le point de départ doit être le tirage (et non pas le nombre d'exemplaires vendus!). Vient ensuite le nombre total de pages (publicité incluse). Puis vient le nombre de pages de textes rédigés (les articles des journalistes) ainsi que le nombre de pages de photographies (comptées séparément!) puis le reste, c'est à dire, notamment mais pas seulement, la publicité ...

5.2. L'idée de base consiste à prélever une taxe parafiscale sur toutes les pages hors texte et hors photographies assimilables à du texte, autrement dit sur ce qui reste c'est à dire, pour l'essentiel, la publicité. Taxe multipliée par le nombre d'exemplaires imprimés (et non pas vendus!).

5.3. La redistribution se ferait sur la base du nombre de pages de texte d'une part et sur le nombre de pages de photographie d'autre part (comptées séparément!). C'est le critère du nombre d'exemplaires effectivement vendus (c'est à dire payés!) qui prévaut (et non plus le nombre d'exemplaires mis à disposition!). 80% de la collecte de cette taxe parafiscale serait répartie au prorata des pages de texte et 20% au prorata des pages de photographie (car il est évidemment plus facile de produire de la photographie que du texte!).

5.4. TOUTEFOIS, le montant global alloué selon ces critères est diminué, pour chaque périodique, du nombre de pages publicitaires et assimilées ... En clair, un périodique ayant 50% de page de publicité ne reçoit rien puisque la pénalité appliquée pour chaque page de publicité annule le droit à répartition d'une page de texte ou de photographie!

5.5. Le système s'auto-régule par le fait que tous les périodiques sont soumis à la taxe parafiscale alors que seuls les périodiques d'informations générales sont éligibles à la redistribution. En outre, tout périodique potentiellement éligible perd son droit à l'éligibilité s'il est convaincu de fraude "statistique" (volume réel de vente, volume réel du tirage corroboré par le volume de papier consommé, etc.).

A titre conservatoire, le droit à l'éligibilité est suspendu en cas de non-sincérité soupçonnée des déclarations effectuées (et, donc, tout paiement est suspendu!). Avec une telle contrainte, les postulants ont vite fait de traquer eux-mêmes les risques de fraude car il faut compter avec les signalements opérés par les concurrents eux-mêmes!

 

 

Revenons à Libération ... Qu'en pensent-ils, les journaleux-donneurs-de-leçons de Libération? Beaucoup de mal? Eh bien, ils ont tort! Ce montage, en effet, est fait pour empêcher les puissances d'argent de mettre la main sur la liberté de la presse! Vous ne vous en étiez pas rendu compte? Relisez et vous verrez!

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GM 10/02/2014 17:35


De toute façon, on n'apprend plus à lire dans les ékoles "pue-bliques".


La presse écrite est donc morte.


Et puis elle salit les doigts.


 


A propos de Libé, ce n'est pas eux qui soutenait mordicus les régime de Pol-pot jusqu'au moment ou K-P. Sarte est allé ramasser des boat-peoples à la pelle ?


Ah oui, et le massacre de Tsimioara, un de leur scoop préféré : 153 victimes alors qu'à Sarajevo ils se comptaient par dizaines de millier...


 


Bon globalement, je ne pleurerait pas, mais pour des raisons toutes personnelles.


Et largement fondées !

Jacques Heurtault 10/02/2014 17:43



Je ne sais pas pour Pol Pot. Mais je ne serais pas autrement étonné si vous aviez raison!


L'affaire de Timisoara, c'est tout à fait autre chose : Ceausescu n'a pas été renversé par un révolution vraiment populaire mais par une révolution de palais. Timisoara s'est avéré être un coup
monté pour provoquer des sortes d'émeutes "contrôlées". Il y a bien eu des cadavres mais ils venaient de la morgue de l'hôpital! Morts d'une façon naturelle, pour de vrai ... Ensuite, la machine
a été conduite de main de maitre par Iliescu puis, par la suite, il en a progressivement perdu le contrôle ...


 


Moi non plus, je ne vais pas pleurer!



Jean Daumont 09/02/2014 14:42


   Je reconnais bien là votre hargne qui n'est pas nouvelle contre les journalistes...


   Il faut tout de même admettre que les journalistes ont une excuse permanente tenant au fait qu'ils doivent exercer leurs investigations dans l'immédiat, donc avec
une possibilité d'erreur plus importante que celle des historiens qui ont le temps de la réflexion (mais peuvent quand même faire des erreurs, moins exusables)...


    Par ailleurs, je suis réticent sur la dépendance des journalistes par rappoort aux propriétaires de journaux, souvent extérieurs au journalistes (ex. autrefois Dassault, Boussac)
...C'est peut-être vrai pour des pigistes qui courent le cachet ...Mais certainement pas pour des journalistes de renom qui ont une envergure suffisante pour écrire en toute indépendance ...comme
par exemple François-Régis Hutin dans Ouest-France ou Luc Ferry sans le Figaro (d'ailleurs leurs textes sont souvent intégrés dans une page "Libres Opinions") ...et alors ce ne sont pas eux qui
peuvent être menacés mais au contraire ceux qu'ils critiquent et qui peuvent craindre pour leurs intérêts, notamment les "politic(h?)iens" toujours en mal d'une élection...


 

Jacques Heurtault 09/02/2014 16:23



Je fais une différence fondamenrale entre les journalistes dont le métier est d'aller chercher, voire débusquer, l'information pour la rendre compréhensibles aux lecteurs ordinaires et celles et
ceux - qui ne sont pas journalistes - qui écrivent dans des périodiques pour y exprimer une opinion, une réflexion approfondie, etc ...


Le système de "péréquation" que je propose aurait pour principal avantage de redonner toute sa place à la presse, y compris la presse d'opinion (c'est à dire celle qui assume ses orientations
idéologiques).


Si cela ne tenait qu'à moi, aucun ministère, aucune agence officielle n'aurait de service de communication. Par contre, la matière brute (journaux officiels, bulletins officiels, les "bleus" et
les "jaunes" budgétaires, etc.) serait envoyée gratuitement à tous les journalistes titulaires de la carte professionnelle! (Prévoir au moins trois wagons de documents par an pour ne pas dire par
trimestre!).