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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Pierre Gattaz, fils d'Yvon Gattaz, patrons du CNPF et du Medef ... Interview dans Les Echos

5 Juillet 2013, 09:15am

Publié par Jacques Heurtault

J'ai connu Yvon Gattaz quand il était patron du CNPF. Le moins que l'on puisse en dire, c'est qu'il n'avait pas sa langue dans sa poche ... Il l'avait là où elle doit être et ... elle n'était pas en bois!

 

Je me souviens, en particulier,  qu'il n'aimait pas beaucoup les "anciens" de H.E.C. (Hautes Etudes Commerciales). Lors d'une conférence-débat qu'il affectionnait beaucoup et à laquelle j'avais assisté, il les avait particulièrement étrillé, pastichant méchamment l'acronyme HEC.

 

Il avait aussi trouvé un "dada" : les "ENCA" (Emplois Nouveaux à Contraintes Allégées). Il en avait fait un livre, d'ailleurs. 

 

Cet homme était un "battant" mais il n'était pas tout à fait dans son époque ... Avait-il 20 ans de retard? Ou bien, avait-il 20 ans d'avance?

 

Toujours est-il que c'est maintenant son fils, Pierre, qui dirige la "maison" des patrons ... De toute évidence, on peut dire que, une fois de plus, se vérifie l'adage "Tel père, tel fils!" ... En mieux ou en pire? L'avenir va bientôt nous le dire!

 

Pierre Gattaz est un ingénieur, pas un "ex-HEC (sic!) ... Un homme d'usine (qui "sent l'huile", ce qui, pour moi, est un compliment!), pas un communicant-né. Mais il a su (à moins que d'autres aient su pour lui?) négocier son élection à la tête du Medef en rassemblant autour de lui ses deux principaux concurrents, beaucoup plus "policés".

 

De quels profils le Medef a-t-il besoin pour faire face aux "énarques" qui, depuis des décennies, phagocytent l'Etat? Ces énarques vont-ils savoir accepter la confrontation des conceptions ou bien vont-ils préférer user d'arguments d'autorité? Je parle, là, non pas du Président de la République (ENA + HEC!), non pas du Premier Ministre qui, l'un comme l'autre, se sont frottés au terrain électoral et à la glaise de nos campagnes (surtout le premier mais le deuxième a constamment été réélu à la mairie de la cinquième ville de France ...) mais, plutôt, de tous ceux et toutes celles qui n'ont que trop rarement mis les pieds dans une usine! Ils sont nombreux, très nombreux, TROP nombreux!

 

Assurément, entre ces deux mondes-là, ou bien ça va passer, ou bien ça va casser! Tout le contraire de Parisot, avec qui ça passait toujours ...

 

D'ailleurs, pour se rendre compte du tempérament du nouveau Gattaz, le mieux, c'est de lire l'interview qu'il a donné aux Echos du 4 Juillet ...

 

Début de citation :

 

Pierre Gattaz : «Augmentez les cotisations est inenvisageable»

INTERVIEW - Le nouveau président du Medef estime qu’«il faut remettre l’entreprise au centre de tout. » « Nous, entrepreneurs, sommes capables de ramener le taux de chômage à 7 % à l’échéance 2020. »

Pierre Gattaz, nouveau président du Medef : « Je suis un homme de dialogue et de convictions ». - AFP
Pierre Gattaz, nouveau président du Medef : « Je suis un homme de dialogue et de convictions ».

Les Echos : Vous rencontrez ce jeudi après-midi Jean-Marc Ayrault pour évoquer la réforme des retraites. Les préconisations du Medef sont aux antipodes de ce que prévoit le gouvernement. Pourquoi dès lors participer à la concertation ?

Pierre Gattaz : Nous déplorons que François Hollande ait écarté d’emblée tout relèvement de l’âge légal de la retraite. C’est la seule solution raisonnable pour supprimer le déficit, la voie qui a été suivie partout dans le monde. Nous demandons de passer, d’ici à 2020, à soixante-trois ans, en allongeant à 43 annuités la durée de cotisation. C’est un rythme rapide, j’en suis conscient, mais la France a un gros retard à rattraper. Relever les cotisations, en revanche, est absolument inenvisageable dans la crise actuelle, où les marges des entreprises sont à des niveaux historiquement bas. Augmenter le coût du travail, c’est détruire des emplois : 0,1 % de cotisation supplémentaire, c’est 10.000 chômeurs en plus.


Les Echos : Le Medef vient pourtant d’accepter une hausse modérée des cotisations pour financer les régimes complémentaires Agirc-Arrco…

C’est la dernière négociation où nous accepterons une hausse des cotisations. Il n’est en tout cas pas question de faire de même pour les régimes de base.


Les Echos : Les négociations sur les règles d’indemnisation du chômage seront votre premier dossier de la rentrée. Qu’attendez-vous ?

Les partenaires sociaux doivent être courageux. Il existe deux populations : une majorité en position de détresse qu’il faut mieux accompagner et mieux former. Mais il existe malheureusement une minorité de personnes opportunistes, qui tirent parti du système. Les incitations à la reprise du travail doivent être améliorées, par exemple l’aide à la mobilité, le logement, le travail des conjoints, etc. Une dégressivité des indemnités chômage est inéluctable.


Les Echos : Craignez-vous une nouvelle hausse des impôts dans le projet de loi de Finances 2014 ?

Toute hausse des prélèvements obligatoires serait catastrophique pour l’emploi en France. Nos entreprises sont asphyxiées : nous avons le coût des dépenses publiques le plus élevé d’Europe (57 % du PIB contre une moyenne européenne à 50 %). La marge des entreprises françaises est de 28 %, contre 40 % pour la moyenne européenne et 41 % pour les entreprises allemandes. Cela signifie que nos entreprises paient 100 milliards d’euros de plus en charges et impôts que leurs homologues européennes ou allemandes. Nous supportons des taxes et des charges diverses qui nous plombent depuis des années. Donc, les entreprises n’investissent plus. Il y a 50 milliards d’impôts en trop sur les entreprises. Et 50 milliards en trop liés au coût du travail. Le crédit d’impôt compétitivité en compense juste 20 milliards. Mais cela n’est pas suffisant, nous ne faisons que revenir à la situation de 2008.


Les Echos : Que comptez-vous demander au gouvernement ?

Il y a des mesures d’urgence à prendre. Je demande qu’on se donne cinq ans pour baisser les prélèvements de 20 milliards par an. Cela représente un peu moins de 2 % d’économies par an sur un budget global de 1.200 milliards. Beaucoup de rapports sont sortis sur le sujet. Toute hausse de cotisation implique du chômage en plus. On fabrique une usine à créer du chômage. Est-ce qu’on veut réduire le chômage ou pas ? Relancer l’emploi ou pas ?


Les Echos : Ferez-vous la politique de la chaise vide si le gouvernement ne vous entend pas ?

Je suis un homme de dialogue et de convictions. Le Medef ne sera ni pleurnicheur ni dans le combat de rue. On applaudira quand ce sera bien, quand ce sera mal, on le dira franchement. Je serai extrêmement déçu si nous n’étions pas entendus sur ces sujets-là. Je ne veux pas être un observateur passif d’une France qui se casse la figure. Cet état résulte d’une absence de vision et de courage politique depuis des années. J’ai proposé hier un pacte de confiance liant le gouvernement, les partenaires sociaux et les entreprises pour s’attaquer enfin vraiment au problème du chômage. J’espère être entendu et compte en parler dès ce matin au président de la République.


Les Echos : Comment jugez-vous la situation de la France ?

Nous avons un problème d’emploi dramatique. Les Allemands, eux, ont fait le choix de plus d’emplois en accompagnant le plus possible leurs entreprises dans un dialogue constant. En France, les entreprises ont peur d’embaucher à cause d’un Code du travail trop complexe. Le Medef doit être le porte-drapeau du pragmatisme économique, je voudrais être le promoteur d’une France qui gagne.


Les Echos : Vous présentez un programme baptisée France 2020. Qu’y défendez-vous ?

Le « pacte de confiance » que je veux conclure avec le gouvernement est le suivant : il nous crée un environnement réglementaire, économique et législatif favorable. Nous, entrepreneurs, sommes capables de ramener le taux de chômage à 7 % à l’échéance 2020.


Les Echos : Que pensez-vous de la réduction de 2 milliards d’euros des aides aux entreprises ?

Il ne s’agit pas d’aides aux entreprises mais de compensations sectorielles d’une fiscalité par ailleurs très lourde. Par nature, je ne suis pas favorable aux subventions. Il vaut mieux baisser les charges pour tous. Mais si on donne moins aux entreprises pour financer 60.000 fonctionnaires de plus, là, je dis non.


Les Echos : Quelle est votre opinion sur François Hollande après un an de mandat ? Et comment jugez-vous l’action d’Arnaud Montebourg envers les entreprises ?

Après des premiers mois difficiles, voire catastrophiques, qui ont envoyé des signaux négatifs aux entreprises, je constate une inflexion : j’applaudis le rapport Gallois, le crédit impôt compétitivité, et les Assises de l’entrepreneuriat. Mais il faut aller plus loin. Quant à Arnaud Montebourg, je reconnais son énergie et sa fougue. Il évolue sur beaucoup de dossiers... Et heureusement, car ses déclarations tonitruantes sont démotivantes pour les entrepreneurs et extrêmement négatives pour les investisseurs et l’attractivité de notre pays.


Les Echos : Certains syndicats s’inquiètent que votre présidence soit marquée par un dialogue social plus difficile.

J’ai rencontré à ce jour tous les leaders syndicaux. Nous avons eu un contact amical. Je suis à fond pour le dialogue social, mais le plus possible avec les équipes en entreprise et sur le terrain. Je constate qu’il y a des syndicats comme la CFDT qui a signé des accords sur la flexisécurité et qui vient de signer fin mai un texte sur la croissance.


Les Echos : Remettrez-vous sur la table des sujets à négocier avec les syndicats ?

Un sujet m’est cher : mettre en place l’acte II de l’accord sur la flexisécurité. Il faut continuer le dialogue avec les syndicats pour apporter plus d’employabilité aux salariés et plus de souplesse aux entreprises.


Les Echos : En quoi l’ère Pierre Gattaz sera-t-elle différente de l’ère Laurence Parisot finalement ?

Autre temps, autres mœurs. C’est la profondeur de la crise qui implique de rentrer dans l’urgence et dans l’action. Il faut remettre l’entreprise au centre de tout. L’entreprise doit être sanctuarisée. L’économie et la compétitivité doivent être nos priorités. Mon combat, c’est l’emploi en France.

 

Fin de citation.

 

Edifiant, non? Manifestement, ce n'est pas du "Laurence" ... ni du "Laurel" d'ailleurs! Du "Hardy", alors? Pas davantage ... Plutôt du "hardi", voire du "hard"!

 

Je trouve ça intéressant ... Nous vivons une époque intéressante!

 

J'ai trois ou quatre idées qui viennnet en tête, comme ça ...

 

1. L'âge de départ à la retraite.

Il faut continuer sur la même lancée. Mais un chouïa plus soft ... Un trimestre de plus (au lieu de quatre mois) tous les ans jusqu'à atteindre 67 ans ...

 

2. Le nombre de trimestres.

Ne pas augmenter le nombre de trimestres VALIDES mais ne retenir que le nombre de trimestres COTISES en le limitant à 160 exigibles et en proportionnalisant les trimestres supplémentaires ... ou manquants.

 

3. Les cotisations.

Transférer les augmentations de taux de cotisation sur les seuls salariés actifs afin de conforter le principe de la répartition. La méthode qui consiste à demander aux autres (les entreprises) de payer est, décidément, un peu trop commode.

 

4. La convergence des régimes.

D'ici à 15 ans, avoir fondu TOUS les régimes en un seul, fonctionnaires compris. Basé sur une logique de "points" acquis pendant la vie active et valorisés pendant la retraite, laquelle doit être effective pour quiconque veut la percevoir. Pas de cumul emploi/retraite!

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GM 05/07/2013 10:37


On y vient "doucement" à la notion de salaire "super-brut".


Il serait temps, j'en cause depuis trois décennies et l'ai même introduite dans mes cursus de prof "expert-extérieur" de fac en "rémunération globale".


Chaque augmentation de taux sur brut pour des cotisations sur des "salaires différés" ou préiphériques de rémunération, c'est une augmentation de la rémunération globale.


Et à force, quand c'est le seul fait de la législation ou de la réglementation, sans contre-partie "en production-vendue", c'est l'entreprise génératrice (où les marchés que l'on perd à l'export)
qui les supporte seule.


Il n'a pas tort de dire qu'il s'agit d'une "mécanique" à créer du chômage...


Le carburant des "déclinistes", justement !

Jacques Heurtault 05/07/2013 14:38



A l'origine (1945), il n'y avait aucune charge pour les salariés. Il n'y en avait que pour les employeurs. Il s'ensuivait que à chaque fois que les salariés obtenaient une évolutions positive de
leur salaire, ils obtenaient aussi une amélioration de leur protection sociale ... Un tel système fonctionne bien quand il y a de la croissance. Quand il n'y en a plus beaucoup, c'est moins
évident!


Je suis favorable au transfert des charges "patronales" sur les salariés mais à une condition : "les prélèvements doivent être et rester "collectifs et nationaux"! Je suis très hostile à toute
individualisation de la protection sociale ...