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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Question : Comment "inverser" la courbe (ascendante!) du chômage? Réponse : En appliquant les recettes les plus éculées!

20 Juin 2013, 10:49am

Publié par Jacques Heurtault

Voilà une information qui est "tombée", toute fraiche : le projet de budget du Ministère de l'Emploi sera en augmentation de 1 milliard d'euros en 2014.

 

N'est-ce pas miraculeux?

 

L'Etat est, depuis longtemps, en siruation de surendettement et, il faut le dire parce que c'est vrai, l'actuel Gouvernement n'est pas responsable de cette situation.

Il est, par contre, responsable des initiatives prises ou à prendre pour sortir de cette ornière.

 

Donc, une augmentation des dépenses n'ayant pas de conséquences directes sur la situation économique tendant à favoriser la croissance doit être bannie avec vigueur ... Tout le monde comprend ça. Même un pauvre type comme moi en est capable! C'est dire à quel point c'est facile à comprendre ...

 

Oui, mais ... Le chômage augmente, le chômage continue d'augmenter, inexorablement.

Or le Président de la République a dit et répété qu'il mettrait tout, absolument tout, en oeuvre pour "inverser" cette maudite courbe! Autrement dit pour passer d'une courbe ascendante (environ 40.000 chômeurs de plus chaque mois en catégorie A mais presque 60.000 toutes catégories confondues) à une courbe descendante quand bien même ne descendrait-elle que de 1.000 chaque mois!

 

Comment faire?

 

Il y a, grosso modo, deux voies :

- on prend des mesures de relance de l'économie, laquelle redémarre créant ainsi des emplois et contribuant du même coup à diminuer l'ascension ... (diminuer une ascension, est-ce un oxymore? un de mes lecteurs assidu saura me le dire; son éclairage sera le bienvenu!).

- on prend des mesures de comptage du nombre des chômeurs. Par exemple, on fait comme du temps où Martine Aubry était ministre de l'emploi alors que Lionel jospin venait d'être nommé au poste de Premier Ministre. C'était en Juin 1997. On "sussurre" à l'ANPE (qui n'était pas encore Pôle Emploi) d'obtenir des résultats tangibles en matière de chômage en échange de quoi ladite ANPE aura des crédits pour développer son activité. Ni une ni deux : par centaines de milliers, les chômeurs inscrits en catégorie 1 (celle qui compte, celle que tout le monde regarde!) sont basculés en catégorie 2 ou en catégorie 3. Pour cela, il faut la COMPLICITE ACTIVE de milliers d'agents ANPE car ils doivent faire l'opération informatique sur chaque dossier et, forcément, ça prend du temps!

Mais on peut tout aussi bien faire comme l'avait fait Béregovoy quand il était ministre de l'emploi (à moins que ce ne soit Premier Ministre, je ne sais plus très bien) : On finance, par centaines de milliers (800.000), des formations de 4 mois, rémunérées pour les demandeurs d'emploi ... Ceux-ci sont alors, réglementairement basculés  de la catégorie 1 vers la catégorie 4, ce qui les fait sortir de la statistique! Problèmes : ça coûte cher car il faut rémunérer les stagiaires, ce qui coûte beaucoup, beaucoup plus cher que de financer des formations! C'est plus facile à supporter quand il y a de l'argent que quand il n'y en a plus ...

- il y a une troisième voie ... la mienne. Celle que je défends mordicus! Mais je la réserve pour la conclusion de cet article.

 

L'augmentation, tout à fait inattendue, du budget du ministère du travail de un milliard d'euros vient à point nommé pour financer des actions de formations. C'est une voie plus honnête que la méthode Aubry/Jospin, il faut le reconnaitre ...

En finançant au moins 100.000 places de formations d'ici à fin Novembre 2013 (résultats connus fin décembre), voire fin décembre 2013 (résultats connus fin Janvier 2014 mais politiquement explicables pour fin Décembre 2013 compte tenu du décalage d'un mois), le Gouvernement pourra affirmer qu'il a réussi à inverser la courbe du chômage!

 

Il y a un moyen de contrer cet effet d'optique, cette illusion ... C'est, désormais, de ne parler du chômage que sous l'angle du nombre total de personnes inscrites à Pôle Emploi, toutes catégories confondues ...

En faisant un suivi mensuel de ce seul chiffre depuis Septembre 2007, on pourra voir de quoi il en retourne exactement ...

 


Commenter cet article

Rivaud 21/06/2013 18:31


J'ai écrit "redraisserait" ! - J'ai honte...

Jacques Heurtault 21/06/2013 18:45



Faut pas! J'en fais sûrement de plus grosses ...


Je dois préciser, à l'intention de tous, qu'il ne m'est techniquement pas possible de corriger les fautes des commentateurs!


Sur certaines plateformes, c'est possible mais pas sur Over Blog ... Cela permet, en contrepartie, de garantir l'intégrité du commentaire; le commentateur étant certain que son texte n'a pas été,
si peu que ce soit, falsifié.



Rivaud 21/06/2013 15:02


le "Partage du temps de travail" redraisserait la balance commerciale ?

Jacques Heurtault 21/06/2013 15:33



Oui! Ne serait-ce qu'en permettant une sensible diminution du coût du travail, donc une meilleure compétitivité de notre économie, donc un rééquilibrage de notre balance des paiements courants.


Mais c'est à moi d'en faire la démonstration ... dans un prochain article!



Rivaud 21/06/2013 10:13


"Il faut diminuer le chômage" Qui dirait le contraire! Mais par rapport à l'économie il y a emploi et emploi. Si de nouveaux emplois, directement ou indirectement, ne contribuent pas à équilibrer
la balance importations/exportations, le pays continuera de s'appauvrir et de plus en plus de "travaileurs"  français et émigrés seront dépendants et à la merci de l'étranger. L'acierie,
industrie stratégique, est un exemple. "Inverser la courbe du chômage" si c'est en embauchant des fonctionnaires déjà en surnombre (oui, je sais, la police, les infirmières...) le remède est pire
que le mal, sauf que ça conforte un certain électorat.

Jacques Heurtault 21/06/2013 11:13



Et si on partageait le temps de travail? Il est évident que, pour avoir une chance d'y parvenir, il faut prendre comme paradigme de départ que LE TRAVAIL NE REND PAS LIBRE ... Rien que ça, ce
n'est pas encore gagné dans l'opinion publique! Loin s'en faut, même.



Loubomyr 21/06/2013 08:50


Outre les 500 sortes de fromages qui rendent la France impossible à gouverner (*), notre beau pays, paradis des technocrates à calculette et tableur, compte aussi 600 régimes de retraite de base,
6000 régimes de retraite complémentaire et 1800 régimes de calcul de primes dans la fonction publique = réforme de l'état et réforme des retraites, c'est pas gagné! On a largement atteint la
crise de régime. Enfin bon, on comprends mieux pourquoi on a vécu dans une république bananière sous Sarkounet : tous ces régimes, il audrait bien s'en occupper!!


(*) selon C De Gaulle

Jacques Heurtault 21/06/2013 11:09



Euh! Vous avez - peut-être - présentement, une petite propension à l'exagération ...


- selon l'Amiral Philippe de Gaulle, le fils du général, il s'agissait de 365 fromages (1 par jour de l'année, ce qui est déjà beaucoup!).


- il n'y a "que" 33 (37 selon certaines sources) régimes de retraites "de base" et non pas 600 ... Un régime de retraite est qualifié "de base" lorsqu'il est juridiquement possible d'entamer la
procédure de liquidation de ses droits par ce régime. L'Arrco et l'Agirc ne sont donc pas des régimes de bases. Ne pas confondre "régimes" et "régiment" de régimes!


- il n'y a pas autant de régimes de retraite complémentaire. Heureusement! Il n'y en a jamais eu autant. Un régime se définit par un jeu de paramètres communs (la valeur d'achat du point et la
valeur de service de ce même point de retraite sont les deux paramètres principaux). Il y a, depuis l'origine, un seul régime Agirc. A l'origine, également, il y avait quelques régimes Arrco
(l'Arrco était alors un méta-régime, c'est à dire un "régime" de régimes). Aujourd'hui, il n'y en a plus qu'un seul. Le nombre de caisse Agirc doit être aux environ de 5 ou 6, guère plus. Le
nombre de caisses Arrco était, en 2011 de 27 (et ce nombre diminue ... car les caisses sont gentiment priées de fusionner).


Cela ne fait aucun doute : pour parvenir à en sortir, il faut suivre un ... régime! Avec TROIS régimes de base et autant de régimes complémentaires, on devrait pouvoir aller beaucoup mieux!



Il Rève 21/06/2013 06:28


Inverser la courbe du chômage. Est ce de la responsabilité du politique ou de l'économique ? Le chômage est il conjoncturel ou structurel ? Ces réponses doivent être prioritairement posées. Et
les réponses à ces questions doivent favoriser le choix, ou le non choix des mesures à prendre ou à ne pas prendre. Depuis le 1er jour de l'industrialisation de la production un "volant" de
chômage c'est développé. Il ne cesse de grandir. Avantage pour les propriétaires d'industries : le taux des rémunérations baisse. La structure de l'emploi se constitue autant par le nombre
des emplois que par le nombre des chômeurs. Actuellement en France nous vivons une contradiction forte : l'Etat investi pour infléchir la courbe du chômage tout en supprimant des emplois.
Alors que l'Etat devrait pour circonscrire ce "fléau" (hypothèse vaine puisque nous savons que le chômage est structurel, mais passons) être exemplaire et donc embaucher. Quel propriétaire
d'entreprise voudra après un tel constat investir pour embaucher ? Aucun si en retour il n'y a pas un intérêt (financier, monétaire, "capital") à escompter.


Mais en ce qui concerne la diminution de l'ascension  Monsieur Heurtault, ni celle du Mont Blanc ni celle de la vierge Marie ne sont en cause, elles ne peuvent être réduites. Cela est
structurel. Elle sont ou ne sont pas, bien que pour la seconde la croyance doit être présente. D'autres ascensions ont des structures qui intègrent augmentation et diminution. C'est le cas
de la courbe du chômage. Mais en période de crise (et celle ci a tendance à être permanente) la courbe a plutôt une ascendance forte. Souhaitons à cette courbe d'être de Gauss, qui possède
structurellement une phase ascendante et une phase descendante. On peut toujours y croire.

Jacques Heurtault 21/06/2013 08:32



Nous avons connu une époque où il n'y avait que 28.000 chômeurs en France! Nous en sommes à presque 20 fois plus ... Vingt fois plus!


A la fin des années soixante, le Président Pompidou disait que si le chômage atteignait le niveau de 500.000, ce serait la révolution en France! Nous en avons plus de 10 fois plus! Et toujours
pas de révolution en vue ...


Pour résorber (partiellement et fortement) le chômage, il y a une solution que, jusqu'à présent, on n'a jamais essayé : LE PARTAGE DU TEMPS DE TRAVAIL ... Attention : ne pas
confondre avec le" partage du travail"! Ce n'est pas du tout le même concept.


Il va pourtant bien falloir que l'on réduise cette ascension. Ce ne sera même pas le début de la réduction de la fracture sociale ... C'est bien comme cela que l'on fait, n'est-ce pas? Avant de
platrer la jambe ou le bras, on doit réduire la fracture! C'est à dire remettre les "choses" à leur place ...



GM 20/06/2013 18:23


@ Rivaud : Ils parlent de "contracture" ou de "contraction" dans la "novlangue" de la socialie du progrès...


Moi, j'adore !


Parcequ'il s'agit d'une crampe...


Si encore c'était pour leur neurone, on nous foutrait peut-être la paix, mais ce n'est pas gagné...

Jacques Heurtault 20/06/2013 19:40



Non, ce n'est pas gané!



GM 20/06/2013 17:35


1 milliard pour 100.000 chômeurs ?


Ca nous met le chômeur en moins à 10.000 €...


Et après, ils font quoi ?


Ils retournent chômer ?


 


Ubuesque, non ?

Jacques Heurtault 20/06/2013 17:55



Parfaitement ubuesque, en effet! Surtout si c'est pour retourner chômer ...



Rivaud 20/06/2013 16:59


"diminuer l'ascension"


Cela ressemble beaucoup à la "croissance
négative" -


Mais on ne parle jamais de "décroissance
négative" !!!

Jacques Heurtault 20/06/2013 17:57



En effet! Comment d'étonner que les "petits" se sentent écrasés si les "grands" s'avèrent incapables d'assumer leurs propos en parlant le langage de la vérité.



Loubomyr 20/06/2013 14:58


Là, je ne peux dire si "diminuer l'éscencion du chômage" constitue un oxymore! Ce qui est certain, c'est que le gouvernement (celui là comme d'autres) cherche à ralentir cette montée, à infléchir
cette courbe ou tout du moins à essayer de démontrer qu'il a tout fait dans ce but et que si cela ne marche pas, c'est la faute du patronnat qui ne veut rien faire. En ce qui concerne la mise en
formation pour diminuer le chomage, ce n'est pas une recette d'hier ; On peut encore se souvenir des fameux stages emploi Barre en 1978!!! Et depuis, il y en a eu bien d'autres : force est
de constater que cela n'a jamais vraiment marché vu l'organisation de la formation professionnelle en France. Celle ci a toujours bénéficié à ceux qui en ont le moins besoin, les stages
"parkings" permettant entre autres aux cadres de souffler un peu et de se remotiver pour repartir à la conquète des marchés. Il y a quatre ans déjà, il s'est trouvé un syndicat patronnal, l'UIMM,
qui a organisé, via son organisme de formation AFPI, des stages pour occuper les salariés : ceux ci utilisaient leur DIF sur ordre de la DRH, cela enlevait une épine du pied aux patrons (la
gestion de ces fameux DIF) et permettait d'éviter la mise au chômage partiel tout en gonflant le CA de la fameuse AFPI. Bref tout le monde était content dans la nébuleuse UIMM mais ces formations
n'ont jamais amélioré l'employabilité de ceux qui les ont suivies : demandez aux gens de chez Mittal, par exemple, si ils ont pu, gràce à cela opérer une reconversion ... Poser la question,
c'est déjà y répondre .... 

Jacques Heurtault 20/06/2013 16:35



Il est bien vrai que non seulement il faut diminuer l'ascension du chômage mais encore, à la suite, augmenter la diminution après avoir réussi à stabiliser le niveau! Ils ne sont pas au bout ...