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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Réforme des retraites : des propositions audacieuses et d'autres moins

15 Mai 2013, 09:55am

Publié par Jacques Heurtault

Ben, oui! Je vais examiner la question avec une lucidité plutôt glaçante ... Il ne sert à rien de se raconter des histoires! Comme l'a très bien dit Lénine, "Un fait est un fait et les faits sont têtus!".

Même dans un environnement de forte croissance, 2 + 2 font toujours 4!

 

1. Pour des raisons de principe, je VEUX que, à terme, les employeurs soient purement et simplement exclus de la gestion du système. Ce n'est pas aussi simple qu'il y parait ... Le poids de l'idéologie est là et bien là! Pour l'écrasante majorité des gens, les "charges" sont réparties entre les salariés et les employeurs. Impossible de parvenir à leur mettre dans la tête que ces charges ne sont rien d'autres que du salaire ... dont le salarié n'a pas la libre disposition personnelle.

Pour y parvenir, il faut réduire à néant le principe même des charges sociales "employeurs" faute de quoi ces derniers trouveront toujours le moyen de "ramener leur fraise" en expliquant que, puisqu'ils participent au financement, ils ont leur mot à dire dans l'utilisation de ces fonds.

 

2. Il serait souhaitable que, à terme, c'est à dire pas avant 20 ans vu la complexité de la situation actuelle et la phénoménale étendue du chantier à piloter, on parvienne à la mise en place d'une caisse unique de retraite fondée sur le principe de la répartition, gérée par des administrateurs élus par l'ensemble des citoyens, fonctionnant dans un cadre strict piloté par la loi et préalablement défini par la voie référendaire. Suis-je assez clair? Probablement pas! N'hésitez pas à me le faire savoir pour que je puisse y revenir ultérieurement...

 

3. Plus près de nous (sic!), la première difficulté à examiner, c'est la question de la démographie. Nous savons tous que la longévité augmente. Il se dit, ici ou là, que celle-ci augmente de un trimestre tous les ans. Cela conduit certains à affirmer que les bébés qui naissent en 2013 vivront presque tous au delà de 100 ans, qui plus est - ça ne gâche rien - en bonne santé ou presque. Méfions nous cependant! Les livres d'Histoire sont remplis de prévisions qui n'ont jamais été réalisées ...

Toutefois, en vertu d'une excellente règle prudentielle, cette prévision permettant d'affirmer sans risque que cela va poser un problème de financement des retraites, il faut la prendre en considération MAINTENANT, pas dans 100 ans!

Sarko - qui n'a pas dit ni fait que des conneries (même s'il en a dit et fait plus que sa part!) - avait pris la sage mesure d'augmenter PROGRESSIVEMENT l'âge d'ouverture du droit à liquidation de la retraite à raison de 4 mois tous les ans. Compte tenu de ce que révèle les études statistiques, il serait sage de retenir l'idée d'un rythme de un trimestre par an ajustable en fonction des résultats desdites statistiques, attendu que même les plus naïfs ne sauraient croire que cet accroissement de la longévité va rester le même (dans deux siècles, il est peu probable que l'on vive cinquante ans de plus qu'aujourd'hui car cela nous mènerait à une longévité de 130 à 140 ans).

Ce principe nous conduirait donc à un âge d'ouverture du droit à liquidation de 65 ans en 2030, c'est à dire dans 16 ans attendu que nous n'en serons à 62 ans qu'en 2018 (et non pas maintenant, contrairement à ce que croient beaucoup de personnes ou à ce que tentent de faire croire un petit nombre de personnes!).

Dans le même esprit (et sous réserve que les statistiques nous le démontrent!), on parviendra à un âge d'ouverture du droit à liquidation de 70 ans en 2050 (autrement dit dans 35 ans ...).

 

4. Qu'advient-il des "carrières longues", ce serpent de mer que l'on nous sert régulièrement? Au risque de surprendre (ce sera le cas si vous n'avez pas compris ce que j'ai développé précédemment!), dans le système que je conçois, IL N'Y A PAS DE CARRIERES LONGUES! En effet, on comptabilise le droit à la retraite par un système de points acquis au fil de la carrière. On ne comptabilise pas des "trimestres", on capitalise des points! Si on en comptabilise beaucoup en peu de temps, on obtient, au final, les mêmes droits que si on en comptabilise moins en plus de temps ...

 

5. Toutefois, il faut laisser une marge de liberté personnelle. Au nom de quoi pourrait-on contraindre quelqu'un à prendre sa retraite à 65 ans s'il veut la prendre dès 60 ans? Bien entendu, cette liberté-là doit se payer! La personne intéressée par ce dispositif se verrait alors, selon une technique actuarielle parfaitement maitrisée, appliquer un abattement sur sa pension mensuelle, jusqu'à son décès, l'abattement étant calculé non pas sur la base de son espérance de vie personnelle mais sur la base de l'espérance de vie de l'ensemble de la population. La retraite, en effet, reste un système de protection sociale assis sur un principe de solidarité collective et non sur un principe d'individualisme.

 

6. Ayant dit plus haut que je voulais que les employeurs soient exclus - par principe - de la gestion des retraites, personne ne sera surpris si je dis qu'une éventuelle augmentation des cotisations ne peut être supportée que par les cotisants affiliés, pas par les employeurs. Il faut quand même être un peu cohérent! Voire même beaucoup car ça ne mange pas de pain. Ce faisant on devient crédible car on est sérieux... Ce principe étant retenu, je suis personnellement d'accord pour que mes cotisations soient augmentées! J'entends d'ici les cris et hurlements ... "Vos cotisations? Mais vous êtes vous même en retraite! Par conséquent, vous n'en payez pas ... Vous vous moquez du monde!" ... Je suis en retraite, c'est vrai. Je ne paye donc pas de cotisations de retraite, c'est vrai. Mais je ne vois aucun inconvénient de principe à en payer désormais! N'y a-t-il pas, dans le pataquès de nos systèmes de retraite une part de droits acquis par cotisation et une autre acquise par divers effets de solidarité? J'ai connu le chômage. pendant tout ce temps, j'ai acquis des droits à la retraite en payant des cotisations dont le taux était beaucoup plus faible, voire nul pour ce qui est de la retraite CNAVTS (Sécurité Sociale) ... Cela veut dire que d'autres ont payé pour moi ... Forcément!

D'une manière générale, ce qui relève de la solidarité doit être financé par un prélèvement calculé sur l'ensemble des revenus, quel que soit leur nature, leur origine et leur montant! J'en fais une affaire de PRINCIPE REPUBLICAIN, conforme à l'article premier de la Constitution.

 

Voilà! J'en ai terminé avec la contribution du jour ...

 


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GM 15/05/2013 15:22


Vous, je ne sais pas, mais moi je vous comprends bien.


Vous voulez toujours plus d'OBLIGATIONS.


 


Vous pouvez en mettre autant que vous voulez, ça n'empêchera nullement quiconque avec deux sous de bon sens d'échapper plus ou moins ("à la carte") à ces carcans.


 


Pour l'exemple, je vous signale simplement deux "évasions" sociales typiques qui y échappe déjà.


Le "détaché" qui bosse à la Défense (je ne dirai pas le nom des entreprises, ça m'a déjà valu quelques "mesures de rétorsion" par un passé récent qui me fait encore saigner), bénéficie d'une
couverture maladie-maternité-incapacité-inavlidité des "plus normales" au payx, mais cotise "ailleurs", dans le strict respect des loi du pays et des réglements communautaire : Un grand
classique.


Et le cas du "partner" qui a son salaire des plus corrects en "Gauloisie", y cotise parfaitement normalement lui aussi, mais bénéficie aussi des management-fees au Delaware, d'un régime de
capitalisation à Chicago !


Mais il y en a plein d'autres encore (qui relève du "secret professionnel" : Vous ne serez jamais "à la hauteur", monsieur mon conseiller.


 


Ce n'est pas grave, tout cela est parfaitement légal et vous vivez encore au IIème millénaire.


On est déjà passé à "autre chose" (le monde d'après) depuis au moins deux voire trois décennies...


 


Alors réveillez-vous si vous voulez vraiment rester "compétitif", SVP.


Sans ça, laissez donc crever le pays et embauchez nos chômeurs à creuser eux-mêmes la tombe de nos régimes sociaux, et de notre avenir commun, SVP...


Je vous laisse faire !


 


Bien à vous

Jacques Heurtault 18/05/2013 14:51



Pas nécessairement plus d'obligations mais certainement des obligations différentes, très fortes ...


Quant à ceux qui évitent ... patience et longueur de temps ...



GM 15/05/2013 11:46


C'est bien : Vous y venez enfin, petit-à-petit.


La retraite est en effet un "salaire différé" qui appartient à celui qui est payé et qui est "racketé" en son nom par ceux qui ont en charge de le "répartir".


 


Pour ce qui est de la gestion des droits, je vous signale que dans bien des pays d'europe elle est le fait de l'Etat.


Ce qui réglerait le problème du paritarisme... Mais pour retomber dans la sphère publique en totalité (alors qu'elle ne l'est que partiellement et par voie de délégation actuellement.


 


Perso, je suis pour un mimimun (c'est ce que vous visez avec le traitement de la seule CNAV, semble-t-il) "solidaire & obligatoire", quitte à devenir un impôt sur les revenus du travail...


Du travail, le Labor, hein, pas les revenus des choses la Res, qui ne meurent jamais si on l'entretient et ne prend pas de retraite.


Mais pour laisser la liberté du choix aux concernés sur les "complémentaires" : Pierre, action, OAT, ou points virtuels, telle sera la question pour ceux qui auront des revenus "du travail"
supérieurs au commun des mortel de l'uppen-proletariat, me semble-t-il.

Jacques Heurtault 15/05/2013 12:48



Inexact!


La retraite est un mécanisme contraignant d'épargne collective. Le principe de la répartition est celui qui interdit toute spéculation.


Je suis, bien au contraire, pour un maximum ... Tous les régimes par répartition doivent, à terme (dans 20 ans, guère avant!) être fusionné dans un seul régime OBLIGATOIRE car il est bien établi
que s'il ne l'est pas on aura, à la pelle, des pauvres types qui ne seront pas capables de protéger leurs vieux jours en pensant, durant leur "jeunesse", à mettre de l'argent de côté ...


Je reste attaché à une flat tax (un seul taux sur l'ensemble des revenus, sans se préoccuper ni de leur origine ni de leur nature ni de leur montant ...


 


On a apparemment un peu de mal à se comprendre.