Allons-nous enfin cesser de nous voiler la face? Allons-nous enfin cesser de tricher à notre corps défendant? Allons-nous
enfin oser voir la réalité en face? Ou bien allons-nous continuer à nous mentir à nous mêmes?
Est-il donc si difficile de se mettre d'aacord sur une méthode d'évaluation de ce fléau social et économique qui mine les
bases mêmes du socle républicain?
Je finis par en douter sérieusement tellement toutes les forces politiques susceptibles d'être appelées, peu ou prou, à
s'impliquer dans la gouvernance du pays semblent d'accord pour taire cette tragique réalité.
1. Qu'est-ce qu'un chômeur?
Je propose que l'on retienne la définition simple suivante : c'est une personne en âge de travailler qu'aucune affliction
particulière (handicap) n'empêche de le faire. Il importe peu qu'elle soit inscrite ou non dans un Pôle Emploi! Il importe peu qu'elle est envie de travailler! Pas davantage qu'elle recherche
vraiment un emploi ou non!
Pourquoi?
La raison en est simple. Supposons que l'on ne retienne que la manifestation du désir de travailler. Imaginons une
situation économique désastreuse (on y est, hélas!) telle que telle personne, désespérée de ne pas trouver d'emploi, en vienne à renoncer à en chercher un. Faudra-t-il en conclure qu'elle n'est
plus chômeuse? Pour moi, clairement, non!
Imaginons une vigoureuse reprise de l'activité économique (on a encore bien le droit de rêver, n'est-ce pas?) qui conduit
cette personne à reprendre ses recherches, laquelle parvient enfin, du fait de cette reprise, à retrouver un emploi. Le chômage ne va donc pas baisser? C'est exactement la conclusion vers
laquelle il faut aller puisque, n'étant pas connue comme chômeuse, elle n'était pas comptabilisée. Le nombre total de chômeurs va donc rester le même! Statistiquement, le chômage n'aura pas
baissé d'une unité ... Absurde!
Pour sortir de cette nasse statistique, il faut comptabiliser le nombre de personnes en âge de travailler (et capables de
de le faire), multiplier ce nombre par 35, durée légale du travail à temps plein et retrancher de ce total le nombre totale d'heures travaillées ... La différence, c'est le poids statistique du
chômage, c'est à dire le potentel de travail stupidement gaspillé!
2. Et Pôle Emploi dans tout ça?
Peut-on admettre que ce service public (même s'il était privatisé, il resterait un service public!) ait pour mission
unique, non pas d'aider les entreprises à trouver la main d'oeuvre dont elle déclarent avoir besoin, mais d'aider les personnes qui cherchent à vendre leurs compétences à un employeur à apprendre
à le faire correctement et à se mettre en situation de trouver la contrepartie?
- Qu'est-ce que les employeurs recherchent? De quelles compétences disent-ils avoir besoin?
- Ai-je, moi, ces compétences-là? Sinon, comment vais-je pouvoir m'y prendre pour les acquérir?
- Les ayant acquises (ou les ayant déjà), comment vais-je m'y prendre pour entrer en contact avec ceux qui ont fait savoir
qu'ils les recherchaient?
Il faut donc mettre un terme définitif à la "mission" qu'exécute, pour le compte des pouvoirs publics, Pôle Emploi, à
savoir établir des statistiques! Il y a un organisme spécialisé pour ça! c'est l'INSEE ... Cet organisme travaille selon des méthodes rigoureuses dont la mise en oeuvre est contrôlée par le
Conseil National de l'Information Statistique ... C'est précisément parce que cet organisme public (l'INSEE) a besoin de rigueur que son statut doit être complètement indépendant de tout pouvoir
politique. Il faudrait envisager que les statisticiens de l'INSEE aient le statut de magistrat...
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