Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Supprimer le bac?

13 Juin 2013, 10:59am

Publié par Jacques Heurtault

Supprimer le bac! Pas moins ...

J'ai la bizarre impression que l'on est en train de nous préparer je ne sais quel coup de Jarnac contre le principe même de toute sélection, de tout contrôle ...

 

On a connu la période où il fallait interdire les redoublements des élèves au motif que ça ne servait à rien. "Ils" ont gagné! désormais, il n'y a plus de redoublement. Encore que je n'en sois pas certain car, attendu que ça change souvent, j'ai du mal à suivre et à rester à jour.

 

On a connu une autre période où il fallait que 80% d'une classe d'âge atteigne le niveau du bac. Pour n'importe quelle personne de bon sens, cela voulait dire qu'il fallait renforcer l'efficacité de l'enseignement afin que les lycéens aient EFFECTIVEMENT, pour 80% d'entre eux, le niveau de connaissances exigé pour passer le bac. Pas du tout! Cela voulait dire, en fait, que 80% des jeunes d'une classe d'âge devaient être inscrits dans une classe terminale ... Nuance! Mieux même, une nuance forte, de celles qui sont nécessaires aux daltoniens qui ne font pas bien la différence entre le vert et le rouge ...

 

Et voilà que maintenant, des personnes en viennent à demander que l'on supprime le bac ... Purement et simplement. Au moins, de la sorte, on aura 100% de réussite en fin de classe terminale! Il fallait y penser ... Personnellement, je suis trop con!

 

Ces personnes , qui plus est, ne sont pas tout à fait n'importe qui ... Thierry Gaudin, Ingénieur Général des Mines et Jean-Charles Pomerol, ancien Président de l'Université Pierre et Marie Curie.

 

Voici la tribune qu'ils signent, ensemble, dans Les Echos de ce jour.

 

Début de citation :

 

Il faut supprimer le bac. En effet, avec un taux de réussite de 85 % (89 % au bac général), le baccalauréat est devenu un simple certificat de scolarité. Il n'est plus besoin d'en faire un examen national qui coûte près de 100 millions à organiser, avec tous les risques d'erreur et de fraude, et qui mange trois semaines de la vie des lycées et de certains collèges. Si l'on tient à maintenir un examen, chaque canton pourrait l'organiser comme autrefois le certificat d'études.

A l'heure actuelle, le bac ne sert déjà plus pour les élèves qui entrent en IUT (instituts universitaires de technologie), en STS (sections de techniciens supérieurs), en classes préparatoires aux « grandes écoles », les « prépas », et dans les écoles privées, soit 45 % des bacheliers puisque pour tous ceux-ci l'admission se fait sur dossier, en général avant le bac, durant le troisième trimestre de l'année scolaire.

Depuis 1960, le nombre de bacheliers, toutes sections confondues, est passé de 50.000 à plus de 600.000, dont près de 300.000 pour le bac général. En 1980, le taux de bacheliers par classe d'âge était inférieur à 30 %. Il est maintenant proche de 80 %. On peut se féliciter que plus des deux tiers d'une classe d'âge ait une culture générale, bien que celle-ci soit désormais diffusée par les médias et accessible par Internet.

Dès lors que l'on supprime le bac, tous les élèves seront traités de la même façon et la question de la poursuite des études se pose. Une partie des bacheliers, environ 180.000, qui ont déjà bénéficié d'une formation professionnelle devraient pouvoir continuer des formations dans le cadre des lycées professionnels. Si l'on subventionnait les artisans et petites entreprises qui accueillent des apprentis, cela éviterait que 120.000 jeunes sortent tous les ans du système scolaire sans la moindre qualification.

Restent 420.000 bacheliers généraux et techniques, c'est-à-dire ayant obtenu le certificat de fin d'études secondaires. Beaucoup d'entre eux n'ont pas les capacités, l'autonomie et le désir nécessaires pour suivre à l'université. C'est pourquoi il faudrait, de ces étudiants, faire deux parts plus ou moins égales, une partie, environ 220.000, rejoignant le premier cycle des universités et l'autre partie, environ 200.000, des « collèges universitaires » (dénomination américaine) ou « collèges d'enseignement général et professionnel » (Cegep) comme au Québec, où ils acquerraient progressivement des capacités d'autonomie, amenant les meilleurs à l'université pour un master et les autres à une qualification professionnelle ou à des concours à bac + 2 ou 3.

Et les célèbres classes préparatoires aux grandes écoles, où se retrouvent actuellement les plus doués, que deviennent-elles ? Dans notre schéma, il ne devrait pas y avoir de concours couperet avant bac + 3 donc après que l'étudiant a fréquenté un « collège universitaire » ou une université, ce qui rétablirait un minimum de mixité. Ensuite, à condition d'organiser la fluidité entre elles, on peut aussi imaginer que des sections de licence dans les universités soient progressivement spécialisées en seconde ou troisième année pour la préparation de concours.

Les concours seraient ainsi maintenus, sous une forme plus ou moins spécialisée, en parallèle avec des études menant au doctorat et les étudiants se verraient offrir un véritable choix qui ne serait pas celui de leurs parents et de la reproduction sociale. Par ailleurs, les universités seraient obligées de réserver un quota de places de master pour les bons étudiants des collèges universitaires.

Ainsi, l'entrée en collège universitaire ou en université marquerait bien l'entrée dans l'âge adulte, c'est-à-dire celui où l'on commence à être acteur de sa formation et donc de son avenir.

Thierry Gaudin et Jean-Charles Pomerol

Thierry Gaudin est ingénieur général des mines et prospectiviste. Jean-Charles Pomerol est ancien président de l'université Pierre-et-Marie-Curie.

 

Fin de citation.

 

Le plus surprenant, c'est la "qualité" des arguments ...

Par exemple, "A quoi bon un bac puisque tous ceux qui entrent dans un cursus non-universitaire (IUT, BTS, ...) sont sélectionnés avant d'avoir le bac, dès le mois de mai" ... Mais, triple buse (c'est ainsi qu'un bon instit qualifiait, parfois, un de ses élèves un peu dur de la comprenette, n'est-ce-pas?), il ne vous vient pas à l'esprit que la décision d'admission effective est prise SOUS CONDITION de réussite au baccalauréat? Et vous êtes ingénieur général des mines ou ancien président d'une université parisienne? Je m'interroge, là!

Voyons les choses avec un minimum de pragmatisme.

Qui peut sérieusement croire que tout le monde puisse atteindre un niveau d'ingénieur, de master, etc? Qui peut croire que tout le monde peut prétendre exercer des fonctions de cadre dans une entreprise? J'ose croire que PERSONNE ne soutient une pareille ineptie! ... Je suis traversé par un doute, là!

Donc, si on distribue les diplômes comme des petits pains, nécessairement, la sélection se fera sur d'autres critères, APRES, une fois dans l'entreprise ... Quel seront les critères, alors? Inutile de chercher! Ce seront ceux définis par le seul patron, agissant - c'est le rêve auquel ils n'ont jamais renoncé - hors de tout cadre, de toute règle, de tout contrôle ...

 

NON, MERCI!

 

Je soutiens, pour ma modeste part de titulaire d'un "bac+5", qu'il faut des règles, qu'il faut des diplômes valides, ayant de la VALEUR MARCHANDE ... Sinon, ce sont les "valeurs" de la connivence, de la "classe sociale dont on est issu" qui prendront le pas!

 

Non à la sélection par l'argent!

 

Oui à la méritocratie républicaine!

 

Je suis ringard? Je suis un vieux réactionnaire attardé?

 

Eh bien, tant mieux! Je n'ai pas l'intention de changer ...

 

Commenter cet article

zeus 15/06/2013 08:51


La Camif a été crée après la guerre par des enseignants comme à l'époque d'autres coopératives ;elles étaient nombreuses,c'était l'état d'esprit..Cela n'avait rien à voir avec la Fonction
Publique(voir Rivaud).pourquoi était-ce plus scandaleux pour la camif que pour les autres?est-ce encore une fois pour dénigrer les enseignants souvent affublés de tous les mots sur ce blog?La
Camif a effectivement périclité ,comme beaucoup d'autres coopératives car elle n'a pu tenir la concurence,comme vous le dites.

Jacques Heurtault 15/06/2013 09:53



Exact! C'était "l'état d'esprit", c'était "dans l'air du temps" ... Il y avait beaucoup d'autres coopératives, à commencer les coopératives agricoles ... Dans une coopérative de production
(agricole, industrielle, etc), chaque adhérent doit apporter la totalité de sa production si elle est en rapport avec l'objet de la coopérative. En contrepartie, chaque coopérateur détient le
même pouvoir, qu'il soit  un "gros" ou un "petit".


Dans une société de type "commercial", l'associé apporte les capitaux qu'il veut (en fait il est limité par ses possibilités) et détient un pouvoir à proportion de ses apports. C'est la
différence fondamentale ... du moins à l'origine!


Aujourd'hui, dans la pratique, aucun de ces deux systèmes ne fonctionne vraiment comme ça ... Il y a plein de "trucs" et de "machins" qui permettent de déroger à ces fondamentaux! C'est
devenu, avec le temps, bancal...


D'où la nécessité de procéder à une refondation, sereine, simple, compréhensible ...


Il faut savoir, alors, répondre à deux questions :


1. Que veut-on? (Quel est l'objectif?)


2. Comment fait on pour passer de la situation existante à la situation souhaitée?


Répondre à ces deux questions, cela s'appelle "faire de la politique" ... C'est un choix très noble



Rivaud 14/06/2013 20:44


vu à propos du BAC:


http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/mon-tres-cher-bac-un-vrai-gachis-137323

Jacques Heurtault 14/06/2013 23:22



Merci!



Rivaud 14/06/2013 18:18


Effectivement il fût un temps ou l’accès aux achats à la CAMIF étaient contrôlés, mais il y a belle luette que n’importe qui pouvait accéder, il suffisait de connaître quelqu’un qui vous
communique son numéro. C’était flagrant à Niort où tout le monde connaît quelqu‘un qui connaît un quelqu’un !


            Comme maintenant sur internet, l’acheteur se rendait dans les magasins, le commerçant renseignait , effectuait la démonstration
et le chaland commandait à la CAMIF. Organisation faite pour des fonctionnaires, elle fonctionnait comme la fonction publique, cette concurrence déloyale n’a pas empêché la CAMIF de sombrer.


 


            Je suis natif de Niort, j’y ai de la famille, de plus j’ai un frère qui fût un temps fournisseur, c’est vous dire ! 

Jacques Heurtault 14/06/2013 18:57



Je crois bien que la Camif est morte de n'avoir pas su s'adapter aux nouvelles conditions du marché! Leurs prix tendaient à devenir 30% à 40% plus chers que la concurrence! Le client peut
accepter 10% plus cher mais pas 40% ...



Jean Daumont 14/06/2013 15:53


A JH : Vous n'gnorez pas que j'ai eu (et peut-être conservé après 16 ans de retraite) quelques compétences dans ce domaine ...Mon opinion reste qu'il faut privilégier sur la notation - toujours
contestable, quels que soient les efforts d'objectivité - le contact direct par un entretien avec un jury de plusieurs personnes choisies es-qualités et capables de déceler les qualités
d'intelligence, de raisonnement et meme de coeur ...C'est un domaine où vos responsabilités anciennes dans Pôle-Emploi vous permettent d'avoir aussi un avis de poids ...

Jacques Heurtault 14/06/2013 18:52



Sur le principe, vous avez raison. Cependant, il faut penser au changement de nature du baccalauréat du fait du changement du nombre des postulants. On est passé de 50.000/60.000 quand j'en ai
subi les épreuves à désormais 500.000 ou presque ...


Donc cette proposition de test par QCM est beaucoup plus satisfaisante car on peut faire des corrections automatiques. Le candidat sait ou ne sait pas. Et on le dissuade de répondre au hasard en
sanctionnant négativement les mauvaises réponses ...


J'imagine même les candidats installés devant une console d'ordinateur dédiée, dans une salle d'examen, devant cocher les bonnes cases pour un très grand nombre de questions. Par matière ....
évidemment! Avec un enseignement par modules. Par exemple, l'histoire enseignée en Septembre. La Géographie enseignée en Octobre, etc ... Et, en fin d'année, un QCM général pour s'assurer de la
permanence des acquis... Facile à organiser, hyper-facile à corriger (résultats quasi-instantannés) ... D'où réduction considérable des coûts!


Aux Etats Unis, les examens, y compris dans l'enseignement supérieur (niveau Master!), se font comme ça! Y compris dans une matière comme le Droit!



Rivaud 13/06/2013 20:57


N'ayant que mon certificat d'étude passé à 11 ans (je savais donc lire, écrire et compter) et un CAP je ne suis pas qualifié pour parler du BAC. Mais je peux vous citer le cas d'un neveu qui,
ayant "loupé" une première fois (il avait été assez longtemps absent pour maladie) trop confiant, à eu la chance d'échouer la deuxième fois. Fort marri, il n'a pas pu suivre ses
copains, qui, faisant dentistes, auront eu la chance de passer leur vie penchés sur des bouches ouvertes aux dents gâtées. Ce neveu dût donc trouver une autre voie, il choisi l'électronique,
devint ingénieur, exerça une activité qui le passionne et atteignit une très belle situation.  Comme quoi...


J'ai lu hier (sur quoi?) une étude qui faisait la critique des notations au BAC, les notes pouvant être très différentes selon les occurences: fille ou garçon, copies dans le premier tiers du
paquet mieux notées, copie moyenne suivant une excellente et autres raisons auquelles on ne penserait pas (dont je n'ai pas souvenir) La même copiepouvant recevoir deux notes très éloignées de la
part de deux examinateurs différents. Ce qui peut évidemment influer sur le résultat. Tenir compte des notes de l'année pourrait être


une amélioration, mais là aussi rien n'est parfait: parmi les exemples, le fils d'un enseignant sera moins sévèrement noté.


 

Jacques Heurtault 14/06/2013 00:27



Certes! On peut encore faire de belles carrières avec un "simple" certificat d'études mais ça devient rare ...


La notation, elle, semble aléatoire ... (un peu, mais c'est encore trop!). Il faudrait mettre en place un enseignement plus objectif avec un contrôle genre "questionnaire à choix multiples". On
noircit une case. Si c'est la bonne, on a un dizième de point. Il faut répondre à 1.000 questions ... Si on noircit une mauvaise case, on a "moins un point"! de la sorte, on ne répond pas au
hasard car ça coûte vraiment cher!


On a connu, dans le passé, les classes "Camif" ... qui permettaient de contourner la carte scolaire et de placer les enfants des profs dans les "bonnes" classes! C'était du temps où la Camif
était la centrale d'achat strictement réservée aux enseignants (avec obligation de présenter une pièce d'identité professionnelle pour pouvoir entrer sur le lieu de vente!).



loubomyr 13/06/2013 16:56


Supprimer le Bachot ou le réformer, c'est à la fois une Arlésienne et un marronnier pour pisseur de copie en mal d'inspiration.  Une vraie réforme consisterait à maintenir les épreuves
phares de chaque série, à fort coef (maths et SVT pour les S, philo et français pour les L, etc) et d'instaurer un réel contrôle continu pour les autres matières. Cela permettrait d'équilibrer la
sanction du travail tout au long des deux dernières années de lycée et le stress de l'examen final, en évitant le bachotage et des classes entières utilisées uniquement pour cet examen. Bien
entendu, il faudrait confier le surveillance des examens à des étudiants et libérer ainsi les profs de cette obligation. ce qui leur permettrait de travailler un peu plus longtemps auprès de leur
classe ;mais ce que je propose est peut être trop simple et les crânes d'oeufs de l'education nationale y trouveraient là bien mal récompensée la fusion de leurs neurones géniaux!!!!!!


Ici comme dans le monde du travail l'axiome de l'organisation peut se révéler exact :


IL EST COMPLIQUE DE FAIRE SIMPLE, IL EST SIMPLE DE FAIRE COMPLIQUE!!!

Jacques Heurtault 14/06/2013 00:16



Belle conclusion! Je comprends mieux, maintenant, pourquoi j'ai souvent du mal à élaborer des idées novatrices!


J'aime bien votre formule du contrôle continu des connaissances pour les "petites" matières ... L'enseignement, du même coup, pourrait être dispensé par "crédits" ou par "modules", comme aux
Etats Unis. Je retiens l'idée!



GM 13/06/2013 12:26


Perso, j'étendrai même le procédé au permis de conduire...


Le type qui se présente, après avoir payé la taxe, ammené ses trois photos et fait acte de présence le jour de l'examen de conduite, sans même conduire, pof on lui donne le papier rose et roule
ma poule !


 


Que peut-eêtre ça tuerait plus de monde sur les routes, mais en contrepartie on aurait moins d'embouteillages, non ?



Jacques Heurtault 13/06/2013 13:59



Ah! Ah! Ah! Ah!