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Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.

Vendre la Grèce?

31 Mai 2011, 08:30am

Publié par Jacques Heurtault

C'est la tonalité générale des articles de presse que l'on trouve au sujet de la Grèce dans un nombre significatif de médias internationaux.

 

La situation financière grecque est, semble-t-il, assez tragique ... Semaine après semaine, on entend prononcer des mots comme "banqueroute", "faillite", "dépôt de bilan", "dette abysssale", etc ... J'en passe ... et des bien pires!

 

De fait, l'Etat Grec doit des sommes colossales aux prêteurs internationaux. Plus de 340 milliards d'Euros ... soit une fois et demi (au moins!) ce que les Grecs produisent chaque année ... A titre de comparaison, la France en est à moins de 85% soit deux fois moins que la Grèce, toutes proportions gardées.

 

Il faut que les Grecs se mettent bien dans la tête qu'il va falloir rembourser tout ça ... d'une façon ou d'une autre! Le capital et les intérêts! Et vite!

 

Vite, car plus ils tarderont, plus la note sera salée ... Plus ils tarderont et plus ils auront de mal à emprunter sur les marchés internationaux les sommes faramineuses dont ils ont besoin. Les marchés ont une méthode simple pour faire face à ce genre de situation : les taux d'intérêts montent, montent, montent ... Naguère, on a parlé de ... 25%! Emprunter de l'argent à un taux d'intérêt de 25% alors que l'inflation reste, somme toute, à un niveau "raisonnable" ... C'est dire à quel point les prêteurs ont très peu confiance dans la capacité des emprunteurs à rembourser!

 

Il faut se faire une raison!

 

Nous savons, depuis la tragédie économique des "Pays de l'Est", anciennement appelés "Pays Socialistes" par les uns, "Pays communistes" par d'autres, "Pays du socialisme réel" par d'autres, différents des premiers, que l'économie administrée, c'est à dire l'économie où le marché ne joue pas son rôle de régulation naturelle car il n'existe tout simplement pas (ou si peu!), ne fonctionne pas!

 

Plus précisément, dans ces pays, il faut généralement plus de moyens, plus de dépenses pour obtenir au bout du compte moins de richesses donc être confronté à plus de difficultés pour répartir la pénurie ...

Bref! Les gens, le peuple souffrent davantage pour être moins heureux ... Autrement dit, le contraire de ce qu'il faut arriver à faire (sauf à faire preuve d'un criminel sadisme ...).

 

Mais nous savons aussi que le "marché" a tendance, en grande partie à cause de cette querelle idéologique, à être trop idéalisé. D'aucuns croient volontiers qu'il suffit de laissez faire le marché ... qu'il va s'occuper de tout ... pour le plus grand bien de tous!

 

Mon oeil! Pas si simple ...!

 

On sait que le marché est un puissant régulateur des fluxs économiques ...

On sait aussi qu'il est myope! Il ne voit pas à long terme ... Seulement à court terme, voire à très court terme. Il s'en suit que si, en moyenne, les prix reflètent la réalité des rapports d'échange de biens et de services, ces mêmes prix ont parfois la fièvre ... Ils s'emballent car des spéculateurs y voient la possibilité d'opérations juteuses, moralement blâmables mais le plus souvent légales.

 

C'est ce qui est en train de se produire en Grèce!

 

Ce pays est propriétaire d'un patrimoine important qu'il peut vendre pour rembourser ses dettes ...

Combien vaut l'Acropole? Qui en voudrait? Et pour en faire quoi?

Combien valent les entreprises publiques? Qui en veut? Et pour en faire quoi?

 

Et c'est là que se situe l'action néfaste des spéculateurs qui, profitant d'un effondrement du rapport des forces économiques, veulent se porter acquéreurs d'entreprises à un prix largement sous évalué comparativement à une situation qui , à défaut d'être saine, serait néanmoins pas trop dégradée.

 

Les Pouvoirs Publics Internationaux ont cette caractéristique intéressante qui devient , en pareilles circonstances, salutaire : la spéculation de court terme ne fait pas partie de leur mode d'action ...

 

Autrement dit, la Banque Centrale européenne, le Fonds Monétaire International, la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement, la Banque Européenne d'Investissement, la Banque Mondiale, etc. etc. etc. peuvent prendre en garantie des éléments de patrimoine à leur juste valeur d'avant crise ouverte ... car leurs motivations restent fondamentalement saines : ces opérateurs ne vont pas vendre au plus offrant et à moitié prix des éléments de patrimoine pour réaliser les garanties prises en cas de défaillance de l'emprunteur.

 

Ouf!

 

Voilà donc la solution ...

 

1. La Banque Centrale Européenne, en apportant sa caution à un organisme de financement, prend , en garantie d'un prêt consenti, une option d'acquisition d'une partie d'un patrimoine qui sera vendu en cas de défaillance de l'emprunteur ... mais seulement en garantie d'une défaillance!

2. En contrepartie de quoi, le gestionnaire entreprend les réformes incontournables de remise en ordre du fonctionnement des entreprises déficitaires faute de quoi les entreprises profitables seront vendues au prix du marché, c'est à dire avec un bénéfice raisonnable.

3. Toutes proportions gardées, on peut appeler ça une sorte "d'hypothèque", une sorte de "nantissement", c'est à dire des "suretés réelles" appelées ainsi car elles reposent sur des biens matériels, par différence avec les "sûretés personnelles" qui, elles, reposent sur des personnes (qui s'engagent à rembourser au lieu et place des débiteurs défaillants).

 

Nous venons de voir quel pourrait être un programme de remise en ordre de l'éconmie grecque sans qu'il y ait trop de casse sociale ...

 

Allez! Au boulot!

Que les bouches s'ouvrent!

Pas de mannequins au PASOK!

(le Pasok, c'est le parti socialiste grec actuellement au pouvoir).

 

Il n'est pas encore trop tard pour entreprendre le salutaire redressement ... Dans un an, ce sera peut-être trop tard!

 

La Grèce moderne et membre de l'Union Européenne, c'est maintenant !

 

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RIVAUD 31/05/2011 11:21



Ce n'est pas en France que l'on laisserait vendre des châteaux à des étrangers avec leur contenu, des éléments du patrimoine artistique et mobilier, des domaines viticoles et agricoles, des
actions d'entreprises qui deviendraient étrangères... 



Jacques Heurtault 31/05/2011 11:31



Ces éléments de patrimoine peuvent être vendu à des Grecs ...


En outre, il s'agit plus d'une prise de garantie, tels une hypothèque, un nantissement, un privilège de préteur de deniers, une assurance type "Coface" (Mais, là, il ne faut pas y compter! Aucune
"compagnie" ne couvre un tel risque ... Même avec de la ré-assurance ...! Pas folle!).



GM 31/05/2011 09:45



De toute façon, les grecs ont-ils le choix ?


 


On évoque par exemple leur sortie de l'Euro... Pour revenir au Drachme dévalué.


Marrant d'avoir à rembourser une dette colossale mibellé en monnaie forte avec du drachme déprécié !!!


La belle prespective d'avenir.


 


Bref, tout le monde se tient par la barbichette, à ce jeu-là...



Jacques Heurtault 31/05/2011 10:03



Si nous ne voulons pas y laisser nous même des plumes, il va falloir y aller doucement ...


Les soupirs de Sapir, on s'en fiche! Nous savons, vous et moi et beaucoup d'autres, que ces imbéciles ne sont pas heureux du tout! Pire même : ils nous rendraient carrément malheureux si on les
laissait faire ...