Présentation générale

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Droit du travail

Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 22:51
- Publié dans : Droit du travail - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...
Je reproduis ci dessous un article paru dans Le Monde ...
Mon contradicteur Jacques II va sûrement apprécier. Il bénéficie, évidemment, d'un droit de réponse!

Début de citation :

Mais y a-t-il un pilote à la direction générale de l'aviation civile (DGAC), l'une des huit directions d'administration centrale du ministère de Jean-Louis Borloo ? A lire le chapitre que la Cour des comptes consacre à cette question dans son rapport annuel, présenté mardi 9 février, on en douterait !


Alain Pichon, doyen des présidents de chambre faisant fonction de premier président, s'exprime lors de la publication du rapport annuel de la Cour des comptes.

Huit ans après avoir analysé les relations sociales dans la navigation aérienne, la haute juridiction financière passe au crible la gestion du personnel de ce secteur si sensible. Le résultat de cet examen est éloquent. Les magistrats financiers déplorent l'existence, à la direction des services de navigation aérienne (DSNA), d'une organisation du travail "opaque", qui "pose des problèmes de productivité et de sécurité", et la persistance de négociations sociales "déséquilibrées" - ce qui est rare - au profit du personnel.

Les 8 270 agents de la DGAC affectés à la navigation aérienne, dont 4 315 contrôleurs aériens, ont un statut à part dans l'administration. Leur temps de travail est "probablement inférieur à 100 jours" par an et leur déroulement de carrière est l'un des plus favorables de la fonction publique. Cette exception s'explique : une grève de ces agents ayant des incidences immédiates sur le trafic aérien et un coût important pour l'ensemble de l'économie du secteur, la politique des ressources humaines de la DGAC, observe la Cour des comptes, "a été, plus que dans d'autres administrations, conduite avec le souci de limiter les conflits avec ces personnels". Mais que n'a-t-elle justifié pour assurer la paix sociale !

Soumis à des contraintes professionnelles lourdes (le travail en continu, les horaires variables et partiellement nocturnes, etc.), les contrôleurs aériens présentent la particularité de travailler à la fois trop et trop peu. Leurs vacations journalières sont longues : onze heures au maximum, dont 2 h 45 de pause, contre huit heures au maximum, trente minutes de réunion et 25 % de temps de pause pour leurs collègues d'Eurocontrol (Benelux et nord de l'Allemagne).

Cette longueur excessive des vacations, potentiellement dangereuse dans un métier qui "exige une concentration et induit un stress parfois intense", est liée à l'organisation du cycle du travail sur la base d'un jour sur deux. Du fait de ces règles établies pour limiter le nombre de trajets domicile-travail des agents mais très contraignantes pour la DGAC, les contrôleurs français bénéficient de 97 jours de congés annuels, soit cinq semaines de plus que leurs collègues européens.

L'exception française ne s'arrête pas là. Le travail des contrôleurs est très largement géré par un chef d'équipe. A certaines périodes de l'année, lorsque le trafic est plus faible, celui-ci peut donner aux aiguilleurs du ciel des autorisations officieuses d'absence, ou "clairances", qui s'ajoutent aux jours de repos officiels.

En 2008, le temps annuel moyen de travail effectif par contrôleur était estimé à 483,84 heures, soit 84 vacations par an, relève la Cour des comptes. "Même en y ajoutant les jours de formation, observe-t-elle, les contrôleurs ne travailleraient que 99 jours par an, soit 20 semaines. Le phénomène de clairance paraît donc massif. Les contrôleurs bénéficieraient ainsi de 56 jours d'absence officieux (soit onze semaines), en plus des 97 jours de congés ou de repos officiels (soit 20 semaines)."

Le plus extravagant dans cette organisation du travail est que seuls le chef d'équipe et le chef de salle connaissent le nombre et l'identité des contrôleurs aériens réellement présents. En revanche, le responsable de l'organisme de contrôle et la direction de la sécurité de l'aviation civile (DSAC), qui est chargée de s'assurer de la conformité du système de navigation aérienne aux règles de sécurité, n'ont qu'"un accès limité à cette information". La DGAC a d'ailleurs reconnu, à l'été 2009, qu'elle avait des difficultés pour contrôler le phénomène de clairance "en l'absence de système de pointage des présences ou de surveillance contradictoire des registres de tenue de position établis par les chefs d'équipe".

Lors des négociations sociales menées à l'occasion de la transposition de la directive de 2006 sur la licence communautaire de contrôleur aérien, les organisations syndicales françaises ont réussi à préserver l'opacité du travail. L'accord signé précise que les aiguilleurs du ciel doivent avoir effectué 200 heures de contrôle pour que leur licence soit prorogée, mais le registre des heures de contrôle, créé pour vérifier le respect de cette règle, est rempli par les agents sans être visé par la hiérarchie, et rien ne permet de recouper les informations qu'ils donnent. C'est une des bizarreries du système français. Ailleurs, en Europe, la présence des contrôleurs à leur poste de travail peut être vérifiée : au Royaume-Uni, les contrôleurs doivent "badger" pour pouvoir travailler ; à Eurocontrol, un système comparable existe. En France, seul le centre de Reims avait, un temps, envisagé un système de contrôle informatisé. Il y a renoncé après consultation des instances représentatives du personnel...

Des protocoles triennaux encadrent, depuis 1988, les relations sociales de la DGAC (13 048 agents). Ils ont assuré "une augmentation continue des avantages statutaires et indemnitaires" aux agents de ladite direction, les mesures obtenues par les aiguilleurs du ciel étant progressivement étendues aux autres agents, notamment techniques, de l'aviation civile.

Signe de leur puissance, les organisations syndicales des contrôleurs aériens ont obtenu, en 2007, que ceux-ci accèdent à l'indice hors échelle A en fin de carrière, réservée aux corps d'encadrement supérieur issus de l'Ecole nationale d'administration (ENA) ou de l'Ecole polytechnique. Or, précise la Cour des comptes, "les contrôleurs aériens ne sont pas un corps d'encadrement supérieur et leur formation n'a jamais été reconnue par la commission des titres d'ingénieurs"...

Les années 2007-2009, pas vraiment fastes dans l'ensemble de la fonction publique, ont été excellentes pour les aiguilleurs du ciel : ils ont bénéficié de mesures catégorielles substantielles, les plus coûteuses qui leur aient été consenties depuis 1988. Par le jeu des primes, la rémunération d'un contrôleur aérien ayant dix ans d'ancienneté (6 552 euros par mois) est supérieure à celle d'un ingénieur des Ponts qui se trouve dans la même situation (6 201 euros)...

Au cours de ces trois années, qui ont vu le ministre de la fonction publique, Eric Woerth, imposer progressivement à l'administration la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, les trois quarts des aiguilleurs du ciel cessant leur activité ont été remplacés. 223 emplois (équivalents temps plein) ont toutefois été supprimés. La Cour des comptes y voit une "rupture réelle" par rapport aux protocoles antérieurs qui prévoyaient des recrutements importants.

Faute de volonté suffisante de la part de la DGAC ou en raison des blocages syndicaux, les réorganisations des services prévues dans le dernier accord social triennal n'ont pas été menées à leur terme. Le projet "OPERA" de réforme du contrôle aérien en Ile-de-France, amorcé en 2004, reste entravé depuis l'origine par le jeu complexe des relations sociales à la DGAC, déplore aussi la haute juridiction financière.

Dans sa réponse, le ministre de l'écologie souligne que la DGAC est la moins chère de toutes les organisations comparables de navigation aérienne d'Europe. Il juge le temps de travail des contrôleurs aériens plus proche de 140 jours par an que de 100, et note que les aiguilleurs français sont nettement moins bien payés que leurs collègues européens. Enfin et surtout, il conteste l'analyse et le constat de la Cour relatifs aux risques que l'organisation actuelle du travail ferait courir à la sécurité. Moins affirmatif, le ministre de la fonction publique plaide pour un meilleur pointage de la présence réelle des contrôleurs sur leur lieu de travail et propose de lier davantage leurs primes à leur performance.

Hostile aux suppressions d'emplois et aux projets de réorganisation européens, l'intersyndicale de la DGAC a déposé un préavis de grève du 23 au 27 février.

Claire Guélaud
Article paru dans l'édition du 10.02.10
 

Fin de citation.

J'attends avec intérêt la réplique, sûrement cinglante, de Jacques II ...
Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /Jan /2009 11:35
- Publié dans : Droit du travail - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...
Le temps m'a manqué pour développer un article structuré sur le sujet ... C'est donc avec quelques jours de retard que je réagis à ce scandale.
Une gare qui voit transiter, chaque jour, près de 500.000 (cinq cent mille!) voyageurs, pour le plus grand nombre des banlieusards ... fermée, purement et simplement à la suite d'une inadmissible agression à laquelle aussi bien l'agent agressé que sa hiérarchie ont mal réagi.

C'est SCANDALEUX!

Il faut que ça cesse!

D'autant plus scandaleux que la gare a été fermée alors que les voyageurs de banlieue, venus travailler à Paris n'avaient qu'une envie, après leur journée de travail : rentrer chez eux!
J'ai l'intime conviction que tout cela résulte d'une stratégie "syndicale" visant à créer un climat de tension "pré-révolutionnaire" (selon la terminologie en vogue dans ce milieu-là ...).  Il ne fait aucun doute que du temps où la CGT exerçait une influence considérable à la SNCF de tels agissements n'auraient pas eu lieu ... On peut penser ce que l'on veut de la CGT mais il vaut encore mieux qu'une Direction ait affaire à un syndicat "communiste" (quelle est la malfaisance réelle de l'idéologie communiste aujourd'hui?) qu'à cette bande de cinglés, pilotés par des trotskystes, qui se regroupe sous la bannière de Sud.

Sud n'a pas perdu le nord! Sud sait très bien ce qu'il fait! Sud est noyauté par la bande à Besancenot ... Ce sont bel et bien les méthodes de la fameuse "taupe rouge" qui sont en pratique ...

Que faut-il faire?

Deux ou trois choses très simples ...

1. Puisque les agresseurs ont, semble-t-il, été capturés, il faut qu'ils paient le prix fort! Très fort, même! Au moins plusieurs mois de prison ferme pour les actes qu'ils ont commis compte tenu des conséquences disproportionnées que cela a eu; le but étant que toute personne qui pourrait être tentée de recommencer en soit fermement dissuadée ... Un message clair et fort doit être envoyé par les Pouvoirs Publics à tous les "amateurs" d'une part et à tous les utilisateurs du service public des transports ...

2. La loi réglementant le droit de grève dans les transports en commun doit être revue afin den renforcer les effets. Dans la mesure où ces services représentent un intérêt vital pour l'économie du pays, il faut que l'amendement Lamassoure leur soit appliqués. Une interruption de service illégitime de quelques minutes doit entrainer une retenue sur salaire de une journée (c'est à dire non pas un 30ème mais un 22ème car on ne travail en moyenne que 22 jours par mois).

3. Le recours, manifestement abusif, au "droit de retrait" doit être réprimé avec sévérité. Un agent estime être exposé à un danger grave et imminent mettant en cause son intégrité physique voire sa vie : il doit disposer de son droit individuel de retrait ... Ce droit-là ne saurait être remis en cause!
Ses collègues, trop contents de cette aubaine, ne sauraient, au nom de je ne sais quelle solidarité, se réclamer du même droit de retrait alors que rien ni personne ne les menace dans leur intégrité physique, voire vitale, personnelle!

4. Ceux qui ont fait état, indûment, de ce droit de retrait, doivent être sanctionnés d'une retenue sur salaire pour la durée du service non fait ... Si il y a eu appel à la grève, on doit appliquer la règle en vigueur dans ce cas. Si il n'y a pas eu, explicitement, appel à la grève (les appelants doivent prouver qu'ils ont pris une telle initiative à la suite de ces évènements ...), on doit y appliquer les sanctions disciplinaires prévues, pouvant aller jusqu'à la mise à pied de plusieurs jours ...

5. La hiérarchie locale, voire régionale, qui n'a, manifestement, pas été à la hauteur de ses responsabilités, doit, elle aussi être sanctionnée. Les incompétents doivent être débarqués ...!

En tout état de cause, il est de la plus haute importance que le pouvoir politique fasse preuve de la plus grande fermeté dans cette affaire. Faute de quoi c'est toute la crédibilité des chantiers de réformes engagés qui se trouverait être remise en cause ... A bon entendeur, salut!
  
Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 20:13
- Publié dans : Droit du travail - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...
La CFTC, syndicat dont je ne suis pas membre mais, selon une paraphrase ... audacieuse (normale sur ce blog!), que je ne hais point (A moi, comptes! Deux maux!), ne me jettera pas la pierre (venant d'eux, ça serait même carrément scandaleux!) si je reproduis ici même le moyen de visionner la video qu'il vient de lancer, crûment ... (mais la vérité, même crue, ne ment pas!) ...

http://www.tousuniquestousunis.com/spip.php?article84

Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 20:15
- Publié dans : Droit du travail - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...
On nous en donnera acte : la CGC n'est pas une habituée des cortèges et des manifs! Nous sommes plutôt dans le genre "responsable", même si on ne déteste pas dire des choses avec des mots parfois appuyés ... Cela ne leur en donne que plus de poids!

Cette loi sur le temps de travail et sur l'extension du "forfait jour" est scandaleuse! Je l'ai déjà écrit! Je le ré-écris!

Mais voici ce qu'en dit la CGC, très officiellement, par la plume de Gérard Labrune.

Début de citation :

Monsieur le Président,
 

« Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps… »

J’apprécie au plus haut point la fidélité à vos engagements de candidat Président. Ainsi donc je devrai travailler 235 jours au lieu de 218 auparavant selon la loi qui vient d’être adoptée. Fort heureusement, je garde le bénéfice de mes week-ends et de mes jours de congés. L’affaire ne me coûte que mes jours fériés chômés payés et mes jours de RTT, qui constituaient le maigre retour des 60 à 70 heures par semaine que j’effectue pour conserver mon job.

Certes, je ne suis pas encore aussi omniprésent dans mon entreprise que vous l’êtes vous-même au service de notre pays. Votre engagement permanent sur l’événementiel aux quatre coins du monde est stupéfiant. J’apprécie personnellement, Français moyen il est vrai, le retour en famille et les heures que je consacre à mes enfants. Il m’arrive d’aller encore à la campagne où mes parents se sont retirés frileusement ; petites retraites obligent ! Mais nous espaçons ces visites à notre corps défendant : l’essence est devenue si chère ! le pouvoir d’achat si malheureusement stagnant… Grâce à vous, je vais travailler plus et gagner plus : 17 jours valorisés de 10%… Et pourquoi pas 25% ? Pourquoi donc cette discrimination, Monsieur le Président ? En quoi est-elle justifiée. Serais-je un paria, possesseur de je ne sais quelle situation privilégiée qui mérite le laminage par l’imposition et pour le reste à vivre la portion congrue ?

Monsieur le Président, il faut que je vous dise, combien je suis en désaccord avec ces nouvelles dispositions qui seront sans doute acceptées dans mon entreprise par le seul syndicat encore présent après la loi sur la représentativité. Je gage que le dialogue aura été en l’occurrence plus facile que par le passé. Sera-t-il aussi fructueux, aura-t-il meilleure consistance, dans l’avenir ?

Monsieur le Président, votre rythme des réformes me donne le tournis et il m’arrive de prioriser les thèmes alors qu’ils sont tous importants. Mais cette loi sur le temps de travail m’interpelle particulièrement et me semble totalement inutile, inique et plus frappée du sceau de la revanche que de l’analyse fondée.

Dans ces conditions, le senior que je serai dans quelque temps n’a qu’une hâte, c’est d’échapper à la pression et au stress des conditions de travail.

Comment concilier cette envie avec une nécessité économique que je comprends bien par ailleurs, celle d’équilibrer nos régimes de retraite par répartition ?

Même si je n’en suis pas à reprendre un slogan bien connu « À bas les cadences infernales », « je vous écris cette lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps » pour exprimer à travers elle tout le malaise d’une population laborieuse qui souffre, fut-elle de l’encadrement.

Fin de citation.

S'il plait à Sarko de faire le choix d'aller droit dans le mur en klaxonnant, il est libre ... Mais, il faut qu'il y aille tout seul!

Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 18:50
- Publié dans : Droit du travail - Communauté : Pour un monde meilleur - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...
Le personnel d'encadrement (ou assimilé) n'est quand même pas une vache à lait... Tant les employeurs que le pouvoir politique ont un peu trop tendance à l'oublier!

Voici le communiqué que ma Confédération syndicale, la CFE-CGC, publie sur le thème du forfait-jour. Rappelons que le forfait-jour est un dispositif inventé par les socialistes tendant à considérer que le personnel d'encadrement n'est pas assujetti à la loi sur les heures supplémentaires... Merci Titine!

Début de citation :

Temps de travail :

Nouveau recours au niveau européen de la CFE-CGC

Santé au travail

Avec le projet de loi portant réforme du temps de travail, une nouvelle fois le forfait jour évolue et malheureusement pas dans un sens favorable aux attentes des salariés concernés : maintien des 13 heures de travail journalier (10 heures actuellement pour les salariés dont le temps de travail est décompté en heures)  et surtout extension du plafond maximum légal à 235 voire 250 jours suivants les amendements des uns et des autres avec une majoration minimum de 10 % par jours travaillés au-delà des 218 jours de plafond actuel.


Cela ne peut satisfaire les salariés concernés : en effet, pour ceux qui souhaitent respecter leur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, cette augmentation du nombre de jours ne répond pas à leur choix, quant à ceux qui souhaitent voir leur rémunération augmenter, la majoration envisagée est bien en deçà des 25 % de majoration existant en ce qui concerne les heures supplémentaires.

Pourtant, suite à deux recours effectués par la CFE-CGC auprès du Comité européen des droits sociaux, le Conseil de l’Europe a jugé le forfait horaire contraire à la Charte Sociale Européenne.

Pour toutes ces raisons, à la promulgation de cette « nouvelle » loi, la CFE-CGC portera un nouveau recours au niveau européen pour discriminations tant sur la durée du temps de travail (13 heures par jour au lieu de 10) que sur le niveau de majoration des jours supplémentaires (15 % minimum au lieu de 25 %).

Espérons qu’au moment où la France a la présidence de l’Europe, cela ne se traduise pas par une nouvelle condamnation de sa politique sociale.

Fin de citation.

Le plus simple serait de considérer que les cadres sont des salariés comme les autres, c'est à dire des gens qui mettent, dans le cadre d'un contrat de travail, leur temps et leurs compétences à la disposition de leur employeur et non pas des individus taillables et corvéables à merci ...

C'est d'autant plus raisonnable que jamais un cadre, conscient de ses responsabilités, ne refusera de faire un peu de "rab" sans être véritablement correctement payé ... C'est tout simplement contraire à l'idée que presque tous se font de leur rôle.

Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 20:16
- Publié dans : Droit du travail - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
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Ayant été, d'une manière à peine voilée, invité à m'exprimer sur la durée légale du travail, c'est bien volontiers que je me soumets à cette demande. Merci à Sergiozz pour cette invitation! J'espère que cela l'incitera à revenir débattre... Dans un accès de mauvaise humeur, il nous avait abandonné.

Pour ceux qui pensent que je suis un pur produit du "sarkozysme", de la "pensée unique", de la "bêtise" et autres "joyeux quolibets" (j'en ai oublié ... je n'ai pas l'intention d'y passer la nuit), je me sens obligé de faire une "petite" mise au point ...

1. Je VEUX un Code du Travail considérablement dépoussiéré, donc allégé d'un bon peu de ses trois mille pages au sein desquelles les meilleurs juristes spécialistes, eux-mêmes, se perdent tellement il est devenu monstrueux.
2. La loi ne doit pas se négocier avec qui que ce soit. Les parlementaires ont, seuls, le pouvoir d'en fixer le contenu. La "méthode" qui consiste à entériner dans une loi le contenu d'un contrat, d'un accord, d'une convention collective n'est rien d'autre qu'une démission de la République devant les groupes de pression d'où qu'ils viennent.
3. En application de l'article 1.134 du Code Civil (les conventions légalement conclues tiennent lieu de loi pour ceux qui les ont faites), pour qu'un accord soit valide, il faut qu'il soit légal. En particulier, il ne doit contrevenir à aucune règle d'ordre public d'une part; il ne s'applique ensuite qu'aux seules personnes physiques ou morales qui ont participé à sa rédaction. C'est évidemment très lourd de conséquences.
4. Il s'ensuit qu'un accord n'a de réelle portée que si et seulement si les signataires sont VRAIMENT représentatifs de ceux qu'ils prétendent representer. On est loin, très loin, du compte. Aussi bien du coté salarial (taux de syndicalisation au maximum de 5%, à la rigueur 7%) que du côté patronal (taux probablement un peu supérieur mais pas énorme cependant).

La durée légale est une notion très importante. Il n'est pas question que j'y renonce! Rassuré Sergiozz? C'est autour de cette durée légale que s'organise la durée réelle du travail. En particulier les heures supplémentaires ... La situation actuelle est un gigantesque capharnaüm! Plus personne n'y comprend rien ... C'est le "brillant" résultat auquel est parvenue une certaine Martine Aubry dont je souhaite clairement la défaite à Lille! Apparemment, c'est bien parti pour ... La propre nièce de Pierre Mauroy est annoncée en seconde position sur la liste UMP!

Pour parvenir à construire un nouvel environnement social dans les relations de travail, j'ai besoin d'un syndicalisme fort (des deux côtés!). C'est à ce prix qu'il sera responsable! D'où mes propositions relatives au financement des syndicats ... qui sont à l'opposé de ce que ces dernières veulent (forcément! elles savent bien que mon système provoque, à terme, la désintégration des syndicats irresponsables ...).
Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /Oct /2007 00:11
- Publié dans : Droit du travail - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
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20 millions d'euros! Ce n'est quand même pas rien ... 

Soyons lucides. Ce n'est pas grand chose non plus ... 

A quoi a bien pu servir cet argent? Il est bien évident que si les mouvements de telles sommes ont eu lieu en liquide, c'est que leur destinantion finale devait rester, sinon secrète, du moins, discrète ... Croire le contraire relève de la plus imbécile des naïvetés!

Je refuse d'admettre que ça a servi à financer les syndicats de salariés ... Il est plus vraisemblable que ça puisse avoir servi à corrompre des syndicalistes ... ou bien à terminer "victorieusement" une grève ... dans des circonstances ...susceptibles de convenir aux deux camps, patronal et salarial.

On sait que F.O a été créé, en 1947, avec l'argent de la CIA. C'est désormais de notoriété publique et ça n'est plus sérieusement contesté par quiconque, même pas par les dirigeants actuels de F.O. qui n'en plus rien à "cirer" puisque, quand ça s'est fait, ils n'étaient même pas nés!

Pareillement, Renault, au bon vieux temps de Billancourt, qu'il ne fallait pas, on s'en souvient, désespérer, a fourni, gratuitement des voitures ... à la CGT. Mais sans doute pas à la seule CGT ...

L'archaïsme étant ce qu'il est, quand les responsables nationaux descendaient en province, il ne fallait pas que la note d'hôtel dépasse un certain barême ... rigoureusement introuvable! Pour pouvoir retomber sur ses pieds, il fallait donc facturer deux nuits au lieu d'une! L'honneur était sauf ... au prix d'un mensonge assez minable, d'autant plus minable qu'il était connu de tous les responsables
 
De telles pratiques ne me choquent pas vraiment ... tout comme ne m'ont pas choqués les financements occultes des partis politiques du temps de Urba! Des responsables politiques sont-ils devenus très riches grâce à de telles pratiques?  J'en doute! J'en doute encore plus en se qui concerne des responsables syndicalistes ...

Pour autant, ce genre de dérives, dans son principe même, est profondément malsain. Il est la traduction d'un manque de courage politique face à une faiblesse chronique du syndicalisme français.

Il faut en sortir ...

Comment? 

J'ai fait une proposition dans ce sens ...

Elle tient en quelques principes.

1. Les syndicats doivent pouvoir vivre, en totalité, du seul produit des cotisations qu'ils encaissent directement de la part de leurs adhérents. Il s'en suit qu'un syndicat trop faible en ADHERENTS DOIT mourrir!  Sans aucun état d'âme ...

2. Un syndicalisme puissant est une nécessité absolument vitale pour un pays moderne. S'il n'y a pas de médiation sociale, on va droit à la chienlit révolutionnaire qui ne profite qu'aux extrêmistes (de gauche dans un premier temps puis de droite par contre coup).
 
3. La combinaison des deux éléments de réflexion ci dessus conduit les Pouvoirs Publics à intervenir par le moyen fiscal. C'est à ce prix que le syndicalisme deviendra responsable ... En étant financièrement étroitement lié à la base des ses adhérents.

4. Je dis bien "adhérents" et non pas "électeurs aux élections professionnelles"! Un électeur, par définition, ça se ballade! Un coup on vote dans un sens, un autre coup, on vote dans un autre ... On connait très bien ce phénomène, en politique.

5. Mais le syndicalisme, ça n'est pas la politique. Il ne FAUT PAS que ça le devienne. Les "politiques" doivent gérer. C'est dans la nature même de leurs tâches. Les syndicalistes doivent DEFENDRE! C'est le rôle institutionnel qui leur est naturellement dévolu, de par la loi d'ailleurs ... (défense des intérêts matériels et moraux de leurs adhérents ... Et des adhérents seulement!).

6. Très logiquement, je propose que la législation du financement et du fonctionnement des syndicats réponde à cette logique ci-dessus décrite ...
 
7. Par exemple en permettant à chaque adhérent d'un syndicat de salariés de déduire ses cotisations, à hauteur de 90% , du montant de ses impôts, étant entendu qu'il s'agit là d'un crédit d'impôts, afin que mêmes les contribuables ne payant pas d'impôt puissent en bénéficier ...

8. Corrélativement, au fur et à mesure de la montée en puissance de ce dispositif, les aides publiques ou privées de toutes natures sont supprimées ...

9. In fine, on a donc le schéma suivant : 
9.1. Un syndicat qui ne signe pas un projet d'accord ne peut en faire bénéficier ses adhérents.
9.2. Ceux qui n'adhèrent à aucun syndicat  en bénéficient encore moins!
9.3. Les salariés ont alors objectivement intérêt à adhérer à un syndicat qui signe des accords ... 
9.4. Le syndicat devient donc puissant de par le nombre de ses adhérents. Il devient financièrement autonome. Il est alors en capacité de négocier de bons accords, résultat d'un bon compromis entre des intérêts naturellement différents voire divergents. 
Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /Juin /2007 18:19
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
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J'ai peut être les oreilles bouchées ... ou bien je ne passe pas suffisamment de temps à tout écouter ou à tout lire ...

Toujours est-il que je n'avais pas remarqué que les "partenaires sociaux" s'étaient réunis le 19 Juin et avaient diffusé un communiqué commun intitulé : "Relevé de décisions".

En voici la teneur :

Début de citation :

"Les Présidents et Secrétaires généraux des organisations nationales représentatives de salariés et d'employeurs se sont réunis le 19 juin au siège du Medef."

"Ils ont étudié à cette occasion le résultat des travaux des groupes de délibération sociale, mis en place lors de leur réunion du 23 octobre 2006. Les vingt et une réunions des groupes de travail, et du comité de suivi, ont permis de réaliser un large recensement des situations et des problématiques concernant le marché du travail, permettant ainsi, selon les participants (CGPME, Medef, Upa, CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT-FO) de passer désormais à une nouvelle étape."

"Au vu de ces éléments, les partenaires sociaux – qui ont pour priorité d’améliorer la situation de l’emploi et des salariés – décident de lancer une négociation sur la modernisation du marché du travail, portant sur la sécurisation des parcours professionnels, le contrat de travail et l’assurance-chômage. Ils se fixent pour objectif d’aboutir à des avancées significatives qu’ils évalueront à la fin de l’année 2007. La première réunion se tiendra le 4 juillet."

"Les partenaires sociaux décident également de se saisir de la question de la représentativité syndicale et du développement de l’espace contractuel. A cet effet, ils prolongent leur délibération sur ce sujet en vue d’établir un état des lieux préalable à l’ouverture d’une négociation d’ici à la fin de l’année."

 

 

[Fin du relevé de décisions]

Fin de citation.

 

 

Ce communiqué particulièrement sobre, et même franchement lapidaire, est suivi d'un commentaire de l'organisation syndicale qui l'a porté à ma connaissance, la CFTC, dont voici la teneur :

Début de citation : 

 "Le processus lancé par le Medef en pleine campagne électorale et motivé par la nécessité d’éviter de nouvelles crises du type “ CPE ”, rencontre aujourd’hui le calendrier des réformes sociales voulue par le gouvernement. Les prochains mois seront donc scandés par trois conférences sous l’égide gouvernementale à la rentrée. Et parallèlement, quatre négociations entre partenaires sociaux. Les “ conférences ” porteront sur : l'égalité salariale hommes-femmes, les conditions de travail et les salaires, les revenus et l’emploi. Les “ négociations ” devraient s'ouvrir, elles, sur quatre thèmes : le contrat de travail, la sécurisation des parcours professionnels, la remise à plat de l'assurance chômage et la démocratie sociale. La délibération sociale a permis de faire un “ état des lieux ” et débouche sur un “ sommet ” réunissant les confédérations syndicales organisations patronales représentatives. Les partenaires sociaux veulent ainsi montrer leur détermination à laisser le temps à la négociation. Nicolas Sarkozy, déterminé à réformer “ rapidement ” le marché du travail, a accepté de laisser aux partenaires sociaux la possibilité de négocier sur la réforme du contrat de travail, à condition d'aboutir dans des délais impartis… Gabrielle Simon, secrétaire générale adjointe, rappelle que les trois négociations sont interdépendantes : “ nous ne pouvons avancer vers plus de souplesse que demandent les entreprises que si les parcours des salariés sont sécurisés, et pas l'inverse ”. En pleine crise sociale il y a un an, la CFTC avait lancé le terme de “ sécuri-flexibilité ”.

Les syndicats ont été consultés sur deux autres dossiers brûlants : la défiscalisation- détaxation des heures supplémentaires et la mise en place d’un “ service garanti ”. Il n’y a pas de négociation. Tous déboucheront sur une loi.

Fin de citation.

Du point de vue de la forme, je relève qu'il est fait mention de seulement quatre organisations syndicales de salariés, nationalement représentatives. Il n'est pas fait mention de la CGT.

J'en ignore la raison exacte.

 

Je pense que le Medef ne commettrait pas l'erreur d'écarter la CGT. Il doit savoir que c'est absolument illégal.

 

Plus vraisemblablement, c'est la CGT qui refuse de s'associer au processus qui s'ouvre. Je comprends que cette organisation n'a pas participé aux travaux dont il est fait mention.

 

Cela n'est pas pour m'étonner. La CGT refuse de participer à toute discussion interprétée par elle comme étant susceptible de favoriser la remise en cause des "acquis". Elle fait preuve, en cela, d'une constance remarquable ...

 

C'est cette même attitude qui la conduit à être (ou, plus exactement, à paraitre) hostile à la quasi totalité des accords qui sont signés, à quelque niveau que ce soit. Je dis bien paraitre car, en réalité, elle les signe presque toujours ...

 

Surprenant, hein? C'est pourtant la vérité!

 

Voici comment les choses se passent.

 

1. Les "partenaires sociaux" se réunissent et négocient.
2. Il en sort un texte, aboutissement ultime des négociations.
3. Telles ou telles organisations déclarent, généralement avec un grand fracas médiatique, qu'elles sont en accord et qu'elles vont signer le texte. Telles autres déclarent avec le même fracas médiatique qu'elles sont en désaccord et qu'elles ne signeront pas ... Fermer le ban! Na!
4. Dans le délai légalement prévu, les organisations patronales adressent le projet d'accord dans les termes qui ont été couchés sur le papier souvent à l'arraché, aux environs de cinq heures du matin, dans l'ultime phase.de négociation.
5. A partir de ce moment, les organisations syndicales de salariés disposent d'un délai d'un mois pour apposer leurs signatures respectives au bas du texte adressé.
6. La veille du dernier jour, fatidique, toutes les organisations hostiles, s'il y en a, signent le texte ... en catimini. Signer, en effet, veut dire être d'accord. Or, elles sont en désaccord! La preuve, elles l'ont dit et redit le jour des déclarations tonitrantes devant les médias!

 

Alors qu'en est-il, exactement?

 

C'est tout simple à comprendre. Quand un accord est signé, il y a toujours une clause mettant en place un suivi de l'exécution de cet accord ... avec, souvent, à la clé, des heures payées par les patrons (les vrais, ceux des entreprises!) pour permettre à des militants de participer à ces réunions ... C'est toujours bon à prendre! Mais le plus important n'est pas là ... Cela permet surtout aux opposants (qui sont néanmoins d'accord puisqu'ils ont signé!) de suivre ce qui se passe ...de l'intérieur!

 

Aussi longtemps que l'on tolèrera de telles pratiques,  il est bien certains que les choses n'avanceront guère! La plus élémentaire des dignités consisterait à exclure du périmètre du suivi les organisations qui n'ont pas explicitement déclaré, à chaud, qu'elles étaient en accord avec les termes même de la négociation! Les négociateurs ne sont pas nés de la dernière pluie! Qui peut croire un instant que Bernard Thibault a besoin de l'aval de la Commission Exécutive de la CGT (le Parlement de la CGT) pour s'engager sur personnellement sur un texte? Personne, évidemment!

 

Hypocrisie, quand tu nous tient!  


 

 

 

Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /Mai /2007 09:00
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Voici le texte de l'interview que Bernard Van Craeynest, Président de la CGC (mon syndicat!) donne au quotidien Les Echos.

Début de citation :

Interview de Bernard Van Craeynest

 

Président de la CFE-CGC

 

Les Échos du 25 mai 2007

 

 

 

« L’échéance de la fin de l’année me paraît envisageable pour négocier sur les contrats de travail »

 

 

 

Qu’attendez-vous de votre rendez-vous, aujourd’hui, avec Nicolas Sarkozy ?

 

 

 

Il y a dix jours, la première fois où nous l’avons vu après son élection, il nous a promis des précisions sur les conférences sociales qu’il veut organiser en septembre. J’espère qu’il va élargir leur champ. Il y a un grand absent que le président de la République avait pourtant mis au cœur de sa campagne électorale : le pouvoir d’achat. Qu’on ajoute une cinquième table ronde ou qu’on élargisse le thème de celle sur l’égalité salariale homme-femme, peu m’importe, mais il faut qu’en septembre, nous parlions du pouvoir d’achat et pas seulement de celui du salaire mais de l’ensemble du revenu disponible, y compris de la fiscalité. L ’assiette de notre système est étroite et le taux nominal élevé. Je mesure la farouche volonté de réforme de Nicolas Sarkozy. Il doit revoir cette architecture plutôt que d’intervenir comme pompier, comme il le fait avec le bouclier fiscal. Il faut la clarifier pour donner une visibilité à nos concitoyens et arrêter de pénaliser les classes moyennes. De même, il faut sortir des slogans de campagne et donner corps aux promesses faites. Je pense en particulier au fameux “ travailler plus pour gagner plus ”. Je serais agréablement surpris si le président nous donnait des pistes pour en faire bénéficier les nombreux salariés en forfait en jour.

 

 

 

Vous estimez toujours ne pas avoir “ le couteau sous la gorge ” sur le service minimum, comme le 14 mai, au sortir de votre premier entretien avec Nicolas Sarkozy après son élection ?

 

 

Pour moi, l’affaire du service minimum est un sujet parmi d’autres. Je comprends la volonté du gouvernement de cadrer le délai imparti aux partenaires sociaux pour avancer, mais je rappelle qu’une loi a été votée qui permet aux partenaires sociaux de se saisir des questions de droit du travail. J’espère que le nouveau gouvernement la respectera. Je redirai à Nicolas Sarkozy aujourd’hui ce que je lui ai déjà dit il y a dix jours : sur un sujet comme le service minimum qui concerne une multitude d’entreprises dont certaines sont publiques et d’autres privées, il faut plutôt s’attaquer aux racines du mal c’est-à-dire aux raisons pour lesquels on en arrive à prendre en otage les Français, dans lesquelles les employeurs ont leur part de responsabilité.

 

 

 

Élaborer des dispositifs pour prévenir les conflits n’est pas la même chose que prévoir un service minimum, l’un n’empêche pas l’autre…

 

 

J’attends de voir ce que proposera le gouvernement, mais je ne voudrais pas qu’il n’ait qu’une simple valeur symbolique d’adresse aux Français et que concrètement, derrière, le dispositif soit impossible à mettre en œuvre. Je rappelle que faire circuler des trains trois heures le matin et trois heures le soir pose des problèmes techniques.

 

 

 

Les partenaires sociaux auront jusqu’au 31 décembre pour négocier sur les contrats de travail. Est-ce réaliste ?

 

 

J’ai bien compris que le gouvernement est focalisé sur le contrat de travail. Cela ne me choque pas car cela relève pour une bonne part de la loi. Il faudra sans doute pousser les feux sur cet aspect. Nous avons déjà commencé à travailler à débroussailler le sujet il y a six mois en faisant un état des lieux. La conférence sur le sujet se tient en septembre. L’échéance de la fin de l’année me paraît donc envisageable, mais je rappelle que le précédent gouvernement avait parlé de laisser trois mois à la négociation renouvelables une fois. En outre, j’ai l’intention de rappeler à Nicolas Sarkozy que nous avons aussi ouvert deux autres dossiers qui ne peuvent être disjoints de la réflexion sur le contrat de travail : la sécurisation des parcours professionnels et l’assurance-chômage. La méthode de travail que nous allons arrêter avec le patronat, après avoir tiré le bilan des groupes de travail le 29 mai, sera donc extrêmement importante.

 

 

 

Propos recueillis par Leïla de Comarmond

 

Fin de citation

Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /Mai /2007 16:00
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

La nouvelle Assemblée Nationale n'est pas encore élue que déjà les mêmes soit-disant représentants des salariés (le patronat ne semble pas valoir mieux ...) prétendent en contester les prérogatives ordinaires, à savoir examiner les projets de loi afin de les voter, fixant ainsi les nouvelles règles de droit que la représentation nationale entend mettre en oeuvre puisquelle est élue pour cela.

En règle générale, avant la rédactiond'un projet de loi, les pouvoirs publics lancent une procédure de consultation des différents interlocuteurs compétents afin que le texte en élaboration soit le plus réaliste possible en prenant en compte les remarques utiles que peuvent formuler ces interlocuteurs. C'est le b-a ba du bon sens ....

C'est notamment vrai lorsque la matière à traiter relève du droit du travail.

Depuis plusieurs décennies, sous la pression de Monsieur Bergeron, ancien leader de Force Ouvrière, organisation syndicale créée en 1947 à la suite d'une scission d'avec la CGT (dominée depuis la Libération par les militants du Parti Communiste français), une pratique que je trouve extrêmement dommageable s'est instituée qui a conduit à réduire le rôle de l'Assemblée Nationale.

Elle se résume en trois points :
1. Le plus souvent sous l'impulsion du Gouvernement (mais éventuellement sans cette impulsion), les "partenaires sociaux" se mettent autour de la table des négociations, non pour la faire tourner mais pour tenter de se mettre d'accord sur un texte à portée sociale et/ou professionnelle. Ils y parviennent ou pas. Jusque là, il n'y a rien à y redire. Chacune des institutions impliquées est dans son rôle. Les politiques impulsent, les partenaires sociaux négocient et ... tombent (ou ne tombent pas!) d'accord.
2. Le Gouvernement élabore un texte sous la forme d'un projet de loi (voire de décret mais c'est plus rare) qui reprend la totalité de l'accord négocié, quitte à lui faire subir une séance de mise en forme afin de le faire cadrer avec la législation en vigueur. Le bât commence à blesser ... Les parlementaires ne sont pas impliqués ni en tant qu'institution ni en tant que représentants élus du peuple.
3. Le Parlement est saisi du projet qu'il est alors prié d'avaliser sans possibilité d'amendement.

Autrement dit, ce sont, dans les faits, les partenaires sociaux qui font les lois! Pas les élus de la nation ...
Et voilà comment, avec de telles méthodes, on parvient à tripler le volume du code du travail en 30 ans!

C'est à un exercice similaire qu'entendent se livrer les mêmes partenaires sociaux et gouvernement alors même que l'Assemblée Nationale n'est pas encore élue ... A cela on peut objecter qu'il n'est pas nécessaire d'attendre que l'Assemblée Nationale soit élue puisque son rôle consiste à dire "Amen!".

Sauf que, il y a 30 ou 40 ans, les "partenaires sociaux" étaient à peu près réellement représentatifs ... Ca permettait au moins de limiter les dégats!

Aujourd'hui, tout le monde le sait désormais, les "partenaires sociaux" ne sont plus représentatifs! Eux-mêmes le savent depuis plusieurs longues années mais se gardent bien de le reconnaitre ... Pour le commun du peuple, cette prise de conscience est plus récente.

Comment remédier à cette situation?

Il convient, je crois, de réaffirmer la prééminence du "politique" sur tout le reste et la prééminence du pouvoir des élus de la Nation. Autrement dit, en finir avec ce catégorialisme qui ronge les bases mêmes de notre démocratie. On y parvient en mettant un terme à cette méthode perverse décrite plus haut et en renversant les termes du pouvoir et des prééminences.

Il faut donc que tout projet de loi, avant qu'il n'entre en discussion au Parlement passe par la case "départ", c'est à dire le Parlement lui-même afin qu'il devienne une proposition de loi émanant d'un groupe de députés ou de sénateurs, à charge pour eux de s'entourer de tous les avis utiles, à commencer par ceux des partenaires sociaux, bien évidemment, les parlementaires conservant leur libre arbitre de prise en compte ou non de tel ou tel appréciation positive ou négative.

In fine, le Gouvernement, bien évidemment consulté lui aussi (c'est quand même la moindre des choses!) donne son aval et, sur cette base, la discussion parlementaire s'engage selon le processus habituel.

Ce n'est qu'ensuite que les partenaire sociaux peuvent et doivent de mettre autour de la table des négociations pour se mettre d'accord, à tout le moins tenter de se mettre d'accord, sur les modalités d'application de la nouvelle loi promulguée par le Président de la République après validation par le Conseil Constitutionnel. Ainsi, la hiérarchie politique est respectée :
1. Prééminence du Parlement qui consulte en tant que de besoin
2. Devoir du Gouvernement de coordination des travaux par la mise à disposition de ses moyens adlministratifs.
3. Entrée en lice des partenaires sociaux avec toutes leurs prérogatives quant à la conclusion d'accords venant utilement compléter les contours d'une loi qui doit rester générale et fixer les règles essentielles, les détails d'application relevant, chacun en ce qui les concernent, du Gouvernement et des partenaires sociaux.  

Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /Mai /2007 23:12
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
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Parfois, je me demande pourquoi je me fatigue à inventer des propositions! Alors qu'il est tellement plus simple d'aller chercher chez d'autres le résultat de leur travail ...

Voici ce que j'ai trouvé sur le site "Liberté chérie".

Début de citation :

Les salariés français ne se reconnaissent pas dans le syndicalisme français qui s’impose à eux dans les relations qu’ils ont avec leurs employeurs. Le syndicalisme doit être au service des salariés qu’il représente.

Nos propositions


1. Possibilité pour chaque salarié de choisir le syndicat qui le représente

  • Suppression du monopole de représentativité des cinq confédérations syndicales (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC).

2. Suppression à terme du financement public des syndicats

  • Un syndicat ne doit vivre que de l’argent de ses membres.

3. Obligation de publication de comptes certifiés

  • Les syndicats doivent rendre compte de l’usage des subventions qu’ils reçoivent.

4. Suppression de l’extension administrative de branche, opération par laquelle l’Etat impose une convention à des salariés qui ne l’ont pas approuvée par l’intermédiaire de leurs représentants.

  • Une convention ne doit s’appliquer qu’aux salariés qui ont donné un mandat de négociation au syndicat qui a signé l’accord.


Arguments


1. Les Français ne se reconnaissent pas dans le syndicalisme qu’on leur propose.

  • Seulement 8% des actifs sont membres d’un syndicat, soit 4% de la population totale.
  • Ce taux est en moyenne de 6% dans le secteur privé, 15% dans la fonction publique et jusqu’à 25% dans l’éducation nationale, les transports ou les hôpitaux publics.

2. La représentativité ne peut être déterminée par l’Etat.

  • Un syndicat représente un salarié lorsque ce dernier lui a donné un mandat pour négocier ses conditions de travail dans un cadre collectif.
  • Lorsque l’Etat détermine qui est légalement représentatif et qui ne l’est pas, il viole la liberté des salariés de pouvoir choisir leurs représentants.
  • Le syndicalisme dispose de pouvoirs allant bien au-delà d’un pouvoir de négociation : il est cogérant des caisses de sécurité sociale qui ont un budget supérieur à celui de l’Etat, sans en avoir reçu mandat des citoyens.

3. Le financement des syndicats est de la responsabilité de leurs membres

  • Chaque salarié ayant le choix de son représentant syndical, c’est à lui de choisir lequel il désire financer pour assurer ses intérêts.
  • Lorsque l’Etat finance par l’impôt un syndicat dans lequel peu de salariés se retrouvent, il les force à financer une organisation dont ils ne veulent pas.

4. L’extension administrative, une violation du principe de la volonté des salariés

  • Une convention collective résulte de la négociation entre les représentants mandatés de salariés et les représentants mandatés d’employeurs.
  • Le résultat de ces négociations ne peut donc concerner que ceux qui ont donné un mandat de négociation.

5. Démocratiser le syndicalisme pour lui redonner une juste place dans la société française.

  • Les pays qui n’ont pas de monopole syndical et/ou pas d’extension administrative de branche sont ceux où le taux de syndicalisme est le plus élevé (Finlande, Suède, Irlande, Danemark,…).

 Fin de citation.

Je dois bien constater que je suis d'accord avec presque tout ... Mes propositions vont exactement dans le même sens.

Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /Fév /2007 23:00
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
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Quand j'étais militant syndicaliste dans le secteur privé, je défendais avec vigueur le principe de l'échelle mobile des salaires ... C'était, à l'époque, une formule qui exprimait un principe selon lequel les salariés n'avaient pas à être victimes de la hausse des prix. Ayant loué leur force de travail à un employeur à des conditions bien définies, il était normal que ces conditions soient garanties par une clause d'indexation des salaires sur l'indice des prix .

Je me souviens que cela suscitait des querelles aussi interminables qu'invraisemblables entre les centrales syndicales sur la hausse "en pourcentage" (un même pourcentage appliqué à tous les salaires puisque la hausse constatée se mesurait évidemment en pourcentage) ou bien la hausse "uniforme" (une même somme allouée à tous puisque le prix du beefsteack était le même pour tous ...).

Un certain Jacques Delors a réglé la querelle interne : il a fait voter une loi INTERDISANT toute forme d'indexation des salaires sur l'indice général des prix élaboré par l'INSEE .... Les salariés avaient ainsi perdu tout espoir de mise en place d'une quelconque "échelle mobile" des salaires prévoyant l'obligation pour les employeurs d'indexer les salaires sur les prix!

La question se repose aujourd'hui avec une certaine acuité ...

Les choses ont bien changé, en effet!

Avec une inflation annuelle de l'ordre de 10 à 15% (mais oui! ça c'est vu!) la question d'une nécessaire indexation avait du sens POUR TOUT LE MONDE!

Aujourd'hui, les choses ont sensiblement changé ... L'inflation a été sévèrement jugulée ... Elle n'atteint plus que 1,5 à 2% par an. Certains pensent que ce chiffre est faux. Pire même, ils pensent que ce chiffre est sciemment falsifié ... Là n'est pas mon sujet.

Il y a, par contre, un autre problème, un VRAI problème, loin de toutes les polémiques vraies ou supposées ... 

La structure de la consommation a été profondément bouleversée ... C'est indiscutable. C'est tellement évident que ça saute aux yeux! Se loger est devenu, aujourd'hui, un phénoménal problème pour la plupart des jeunes (et des moins jeunes également)! On doit, aujourd'hui, consacrer au moins 30% de ses revenus pour satisfaire à l'obligation, impérieuse!, de se loger ... Autant on peut concevoir de restreindre le budget "nourriture" (sans aller en dessous d'un certain seuil ...), autant se loger absorbe, par nécessité absolue, une fraction énorme du budget de la famille ...

Il est donc légitime à mes yeux de reconsidérer cette question de l'échelle mobile des salaires sous l'angle de la modification très importante du poids et de la nature des dépenses dans le budget familial.

Pour être certain de prendre en compte la nécessité de se loger quoiqu'il puisse en coûter, il faut batir un nouvel indice des prix dont le fondement serait l'évolution du coût de satisfaction du minimum vital.

Pour ceux qui l'ignoreraient, c'est ainsi que l'on a procédé, à l'origine, pour définir le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (S.M.I.G.), devenu, avec Jacques Chaban Delmas, Premier Ministre de Georges Pompidou, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (S.M.I.C.) car il a intégré le critère de la croissance économique en plus de l'évolution du coût de la vie. 
Dans les négociations paritaires qui ont précédé la définition officielle du SMIG, les représentants des employeurs contestaient que l'on prennent en compte la nécessité pour tous de pouvoir s'acheter un pyjama ... "Ils peuvent dormir à poil!" . C'était ce qui se disait dans ces doctes réunions ... Ca donne une idée assez claire du niveau -faible- de culture! 

Je ne propose pas que l'on redéfinisse le SMIC (encore que!). Commençons simplement par définir un indice d'évolution du coût de la vie pour un couple de personnes salariées payées au SMIC. C'est la méthode dite du "panier de la ménagère". De la sorte, si le prix du mètre carré de logement grimpe de manière phénoménale, cela se traduirait par une revalorisation (uniforme, celle-là!) non seulement du fameux SMIC mais aussi de TOUS les salaires. On laisserait alors aux "partenaires sociaux" le soin de négocier comment doit se fixer la revalorisation (en pourcentage, celle-là!) de tous les salaires, en sus de la précédente revalorisation ...

Le débat est ouvert!

Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /Jan /2007 15:15
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
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Il se pourrait bien que la question, lancinante, du temps de travail devienne un thème important de l'imminente campagne électorale qui va, probablement, conditionner l'avenir du pays pour quelques années au moins.

Un petit rappel aux fondamentaux me semble nécessaire, tant on voit, ici ou là, décrites avec bonne foi mais sans discernement suffisant beaucoup de choses qui frisent parfois l'incompréhension du cadre juridique quand il ne s'agit pas, tout simplement, de sottises.

1. La notion de salariat.
Par définition, un salarié est une personne qui loue sa force de travail à un employeur pour une durée donnée, pour un salaire horaire donné, en se plaçant, par définition, sous l'autorité permanente de son employeur. On est donc payé non pour faire un travail mais pour mettre sa force de travail à la disposition de l'empoyeur.
Il s'en suit que si un salarié nouvellement embauché ne fait pas le travail pour lequel il a été embauché, il doit quand même être payé pour toute la durée pendant laquelle sa force de travail a été mise à la disposition de l'empoyeur, avec résultat ou sans.
Bien entendu, dans un tel cas, l'employeur a le droit de procéder au licenciement du salarié ... lequel doit être payé jusqu'à son départ effectif de l'entreprise.

2. La notion de prestation de service.
Elle  est fondamentalement différente.
 Dans ce cas, la personne qui exécute le travail ne peut prétendre être payée que si, et seulement si, ledit travail est effectivement exécuté. Il y a une obligation de résultat (ou, plus précisément, obbligation de service fait). Dans ce cas, la personne n'est pas et ne peut pas être salariée. C'est un prestataire de service lié à un client par un contrat non "de travail" mais "d'entreprise". Pas de service fait = pas de paiement, qu'il y ait eu mise en oeuvre de force de travail ou non.

3. La notion de temps de travail.
On a évidemment bien compris qu'il s'agit de "louage de services" ou de "louage de force de travail
 " et non de vente! L'esclavage ayant été aboli en 1847 ...
La notion contraignante de temps de travail est donc solidairement liée à celle de "louage de services" faute de quoi l'esclavage rentrerait par la fenêtre après avoir été éjecté par la porte ...

4. La notion de temps de travail légal. Prémisses.
Pour en comprendre toute la portée, il faut se placer, d'une part à la fin du 19ème siècle, d'autre part dans la période du Front Populaire.
4.1  Vers la fin du 19ème siècle, pour faire face à une exploitation sauvage (le mot est faible : lisez Zola!), les ouvriers ont très vite revendiqué une baisse du temps de travail qui atteignait, couramment, 12 heures par jour sur 6 jours et sans congés payés ... la revendication était claire : il s'agissait de plafonds à ne pas dépasser. Les patrons y ont d'autant plus accédé qu'ils ont finit par se rendre compte que, à force de procéder à cette exploitation sauvage, ils finiraient par ne plus pouvoir disposer  de cette précieuse force de travail dont ils avaient évidemment besoin pour faire tourner leurs entreprises respectives.
On est ainsi arrivé à la journée de 8 heures sur 6 jours sans congés payés. Soit 48 heures par semaine. 
4.2. Après la profonde dépression économique dont le facteur déclenchant a été le "Jeudi Noir" de Wall Street, en 1929, le chômage était massif et le restait encore en 1936, en France... Ce fut l'une des causes du Front Populaire (1936). Un autre concept a émergé : celui de partage du temps de travail. Renforcée par l'émergence des thèses macro-économiques de John Maynard Keynes, cette idée a abouti à une notion nouvelle : la durée légale du temps de travail qui pouvait, tout aussi légalement, être dépassée ...

5. La notion de durée légale. Heures supplémentaires.
5.1. Etaient considérées comme "heures supplémentaires" toutes les heures effectuées au delà de la durée légale retenue comme "norme sociale" , soit 40 heures par semaine. Les impératifs de la production industrielle (travail collectif où chaque travailleur doit être à son poste ou bien remplacé rapidement pour assurer la continuité de la production) ont conduit le Gouvernement de Léon Blum à prendre les dispositions suivantes :
- possibilités pour l'employeur de faire faire des heures supplémentaires, à sa seule initiative, à charge pour lui de rémunérer les heures classées "heures supplémentaires" à un taux horaire supérieur (+25% ou +50%). 
- interdiction, pour le salarié, de refuser d'effectuer ces heures supplémentaires afin de respecter les impératifs de la production, sous peine pour lui de subir des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement pour faute grave privative du préavis.
La rémunération à un taux majoré des "heures supplémentaires" apparaît donc comme une compensation financière de la sujétion sous laquelle se trouve placé le salarié qui, bien qu'ayant souscrit un contrat de 40 heures hebdomadaires, est contraint d'en faire plus ... On est, typiquement, dans une logique de partage du temps de travail sans de trop fortes contraintes imposées ... C'est toute une philisophie! 

6. Et maintenant?
Les contarintes de la production industrielle ont été complètement boulversées. Elles se sont assouplies ... Le travail est devenu beaucoup plus individuel quoique de plus en plus interdépendant.
Ne peut-on envisager, très sérieusement, d'accorder une liberté (élémentaire!) nouvelle au salarié? Celle qui consisterait à lui permettre de refuser de faire des heures supplémentaires, à titre individuel, sans qu'il ait à justifier son choix puisque celui-ci est conforme au contrat qu'il a initialement signé.
La contrepartie, pour l'employeur, en serait la possibilité, pour lui, de ne plus être obligé de rémunérer les heures supplémentaires à un taux majoré puisque chaque salarié conserverait sa liberté individuelle de refuser de les faire ...
A bien y réflêchir, je crois que les patrons aussi bien que les salariés y trouveraient leur compte sans risque pour personne.

 

Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 19:02
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
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Je suis abonné au bulletin d'une organisation "Liberté Chérie" (ainsi qu'à beaucoup d'autres!) qui défend une orientation résolument libérale ... qui ne me laisse pas indifférent. Je souscris souvent  leurs analyses mais il y en a une avec laquelle je suis durablement en désaccord. Il s'agit de l'épineuse question des syndicats ...

Ce désaccord se confirme ce soir par la teneur de leur dernier bulletin.

Début de citation :

Voilà 4 ans que nous combattons le monopole de la "bande des cinq" : CGT, FO, CFTC, CFDT et CGE-CGC. Voilà 4 ans que nous dénonçons leur pouvoir démesuré alors qu’ils ne représentent que 8% des salariés, c’est-à-dire 4% des Français.

Aucun homme politique n’osait aborder publiquement cet épineux sujet avant la création de Liberté Chérie. A force de contre-manifestations et de passages dans les médias, nous avons contribué à ce déblocage intellectuel.

Il y a quelques jours, nous vous disions notre plaisir à découvrir la conclusion du Conseil Economique et Social. Celui-ci proposait enfin l’abrogation de l’arrêté de 1966, à l’origine des droits incroyables dont bénéfic ient les 5 confédérations syndicales. Cet arrêté les considère comme représentatives des salariés et leur confère de ce fait les prérogatives suivantes :

  • Droit de négocier les conventions collectives au nom de 100% des salariés
  • Droit de co-gérer les comptes de la Sécurité sociale au nom de 100% des Français. Pour la petite histoire, on notera que ces comptes représentent un montant de 400 milliards d’euros, c’est-à-dire une somme supérieure à celle du budget de l’Etat.


Il est donc excellent de vouloir supprimer cet arrêté de 1966. Malheureusement, le Conseil Economique et Social propose une solution de remplacement très dangereuse. Et le gouvernement prépare déjà un projet de loi.


Attention Danger !


Le gouvernement souhaite que la « représentativité » des syndicats ne soit plus déterminée de manière figée par cet arrêté de 1966 : il propose que la représentativité soit déterminée par des « élections » auxquelles l’ensemble des salariés participerait.


Autrement dit :


  • Si vous ne faites partie d’aucun syndicat et que vous n’adhérez pas à leurs idées, vous devrez tout de même vous plier aux volontés du syndicat élu puisque la majorité l’aura décidé ainsi ! Les conventions collectives continueront de s’appliquer à vous, même si le contenu ne vous convient pas.
  • Les syndicats seront toujours considérés comme aptes à gérer les comptes de la sécurité sociale. Peut-être que SUD remplacera la CFDT mais globalement le système ne changera pas. On se demande tout de même pourquoi ce sont les syndicats qui doivent gérer notre assurance maladie, notre capital retraite ou notre assurance chômage ! Pourquoi pas notre assurance auto ?


Qui plus est, l’avis du CES indique que les candidats aux élections devront être validés par un juge « indépendant ». On voit déjà venir à grand pas les principes d’une démocratie de cooptation, où ceux qui sont en place décideront de qui pourra participer aux élections.


La solution libérale



La question de la représentativité est simple pour les libéraux : les syndicats ne sont représentatifs que de leurs adhérents.

Cela implique que les conventions collectives ne doivent s’appliquer qu’aux adhérents des syndicats qui les ont signées.

Par ailleurs, il est évident que les syndicats, quel que soit le nombre de leurs membres, n'ont aucune légitimité pour gérer notre assurance mala die, notre capital retraite ou notre assurance chômage. Laissons cela à des personnes compétentes et responsables !


Nous vous remercions donc de faire suivre cet e-mail afin que nos idées se diffusent sur la Toile ! Profitons de l'existence d'Internet pour nous faire entendre !

Librement,

Le comité de Direction de Liberté Chérie

Fin de citation.

Je persiste et je signe : un pays moderne a BESOIN d'un syndicalisme responsable (autrement dit, pas celui dont nous sommes affligés, en France, maintenant!) et volontaire.

Je suis évidemment très hostile à cette idée saugrenue defendue par Ségolène Royal qui veut rendre l'adhésion à un syndicat obligatoire ... Je dois reconnaître qu'elle n'en parle plus ... Tant mieux! Elle aura sûrement été mal conseillée.

Je préconise que les syndicats ne reçoivent plus aucune aide directe ni de la part de l'Etat ni de la part des entreprises ... afin d'être astreints, s'ils veulent exister, à faire des adhésions ...

Cependant, il y a un problème technique. Dans un premier temps, il faut que l'Etat intervienne faute de quoi, ils vont tout simplement mourir ... Tous! Or, ce n'est pas souhaitable.

Vous lirez ci-dessous, grâce au lien, comment je propose de régler le problème.

http://www.propositions-audacieuses.net/article-974933.html

Autre sujet : je tente le changement de ma police de caractère : plus petite. Qu'en pensez-vous?

Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /Nov /2006 11:27
- Publié dans : Droit du travail - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Début de citation :

L’INEXORABLE ASCENSION DES SYNDICATS CFE-CGC  

DE LA POLICE NATIONALE  

A chaque élection, les syndicats CFE-CGC de la Police Nationale progressent fortement en nombre de voix, quelles que soient les manœuvres menées par les autres.  

Lors des dernières élections, nos syndicats de Police ont gagné :  

-         Synergie-Officiers-CGC                             219 voix     soit  +   3    %  

-         ALLIANCE-Police Nationale-CGC           6286 voix     soit  +  4,3 %  

-         SIAP-CGC                                                         9 voix     soit  +  5,8 % 

-         SNAPATSI-CGC                                           998 voix    soit  + 35,2 %  

Soit un gain total de plus de 7500 voix.  

Les Fonctions Publiques-CGC félicitent très chaleureusement leurs collègues de la Police Nationale qui leur font honneur par leur courage et leur professionnalisme sans faille auxquels leurs collègues ne se sont pas trompés.  

Les Fonctions Publiques-CGC remercient leurs collègues de la Police Nationale pour leurs résultats en constante progression qui consolident leurs implantations et leur reconnaissance de syndicats sérieux, solides et résolument tournés vers le seul et unique combat qui vaille : la défense de leurs collègues 

Voilà l’ exemple à suivre !  

Fin de citation.

Nul besoin de commenter ... Les résultats s'interprètent sans la moindre ambiguité.

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Commentaires

Citations

 

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur.
 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle.
(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu)

 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.
 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais).

 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné.
 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux.
 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées inventerait aussitôt une religion.
 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente.
 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché.
 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse.
 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets?
 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.
 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première.
 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions.
 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami.
 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser.
 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir.
 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison.
 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes.
 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun.
 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat fait mal les siennes.
 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.
(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu)

 Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.
 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté.
 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects.
 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout.
 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres.
 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut.
 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient.
 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide)

 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors.
 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance.
 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime.
 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome.
 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort)

 Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal)
(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe.
 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief.
 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse.
 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen.
 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours.
 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout.
 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleures.
 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.
(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.
 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.
 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand)

 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner.
 (Barbey d'Aurevilly)

 (Ndr : Vous voyez bien que je suis tout le contraire d'un séducteur!).
 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise de ceux qui aiment commander.
 (Jean Giraudoux).
 

 

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