Le blog politique de Jacques Heurtault Propositions audacieuses
Invitation au débat
Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire. Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs. Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif. Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!". Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.
Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.
Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.
Jacques Heurtault
Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).
"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.
Après cette polémique provoquée par "La lettre de Guy Môquet", déclenchée par des hargneux, j'ai pensé qu'une bonne façon de rendre hommage à toutes les victimes de la barbarie nazie, c'était de publier les paroles de cette célèbre chanson de Jean Ferrat "Nuit et Brouillard" ... Les voici. Début de citation : Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre Ils ne devaient jamais plus revoir un été La fuite monotone et sans hâte du temps Survivre encore un jour, une heure, obstinément Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge Les veines de leurs bras soient devenues si bleues Les Allemands guettaient du haut des miradors La lune se taisait comme vous vous taisiez En regardant au loin, en regardant dehors Votre chair était tendre à leurs chiens policiers On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ? L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été Je twisterais les mots s'il fallait les twister Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent Fin de citation.
Mai 68 étant à l'honneur, il me vient à l'esprit de reproduire une chanson de Jean Ferrat qui fustigeait cette jeunesse bourgeoise qui, non contente de se faire payer des études à l'université, prétendait donner des leçons à ceux qui travaillaient, en moyenne, non pas 35 heures mais 44 heures par semaine ...
Son titre est particulièrement emblèmatique :
Pauvres petits cons ...
En voici les paroles ...
Début de citation :
On parle de vous sans cesse De vos opinions Vos voitures vos maîtresses Vos clubs en renom Vous avez pour vous la presse La télévision Vous vous dites la jeunesse Pauvres petits c... Vous vous dites la jeunesse Pauvres petits cons Fils de bourgeois ordinaires Fils de Dieu sait qui Vous mettez les pieds sur terre Tout vous est acquis Surtout le droit de vous taire Pour parler au nom De la jeunesse ouvrière Pauvres petits c... De la jeunesse ouvrière Pauvres petits cons Vos guitares vos idoles Et vos James Bond Je m'en contre-foutrai comme De colin-tampon Si celui-ci que l'on berne N'prenait pour de bon Vos vessies pour des lanternes Pauvres petis c... Vos vessies pour des lanternes Pauvres petits cons Quand le temps de vos colères Quand vos contorsions Ne seront plus qu'éphémères Et vieilles illusions Fils de bourgeois ordinaires Pour qui nous savons Vous voterez comme vos pères Pauvres petits c... Vous voterez comme vos pères Pauvres petits cons Je n'partirai pas en guerre Contre vos moulins Si à la prochaine guerre Le fait est certain Qui se f'ra casser la gueule Pour vos opinions C'est encore nous ma parole Pauvres petits c... C'est encore nous ma parole Pauvres petits cons Si votre papa fait mine De couper les fonds Si vos petites combines Ne tournent plus rond Si votre moi vous chagrine Plus que de raison Il y a des places en usine Pauvres petits c... Il y a des places en usine Pauvres petits cons
Fin de citation
Comme la chanson précédente (elle, je ne veux qu'elle ...) est susceptible d'être considérée comme ringarde aux yeux des "fans" de Ségo (pas assez "intello", peut-être; ce en quoi ils commettraient une très grave erreur d'appréciation, lourde, très lourde de conséquences), j'en rajoute une autre qui, celle-là doit sûrement leur plaire.
Le poète a toujours raison Qui voit plus haut que l'horizon Et le futur est son royaume Face à notre génération Je déclare avec Aragon La femme est l'avenir de l'homme Entre l'ancien et le nouveau Votre lutte à tous les niveaux De la nôtre est indivisible Dans les hommes qui font les lois Si les uns chantent par ma voix D'autres décrètent par la bible Le poète a toujours raison Qui détruit l'ancienne oraison L'image d'Eve et de la pomme Face aux vieilles malédictions Je déclare avec Aragon La femme est l'avenir de l'homme Pour accoucher sans la souffrance Pour le contrôle des naissances Il a fallu des millénaires Si nous sortons du moyen âge Vos siècles d'infini servage Pèsent encor lourd sur la Terre Le poète a toujours raison Qui annonce la floraison D'autres amours en son royaume Remet à l'endroit la chanson Et déclare avec Aragon La femme est l'avenir de l'homme Il faudra réapprendre à vivre Ensemble écrire un nouveau livre Redécouvrir tous les possibles Chaque chose enfin partagée Tout dans le couple va changer D'une manière irréversible Le poète a toujours raison Qui voit plus haut que l'horizon Et le futur est son royaume Face aux autres générations Je déclare avec Aragon La femme est l'avenir de l'homme
Fin de citation.
Vous avez, évidemment, tous, reconnu la chanson "La Femme est l'avenir de l'Homme" si magnifiquement interprétée par le grand, l'immense Jean Ferrat.
Allez jusqu'au bout ... en remplaçant, dans la sixième strophe, le mot "couple" par le mot "monde" ou bien, mieux encore, par le mot "France", ça donne un feu d'enfer ...
Comme l'atmosphère est une certaine euphorie chez les militants de Ségolène Royal (quoi de plus normal, au fond?), j'ai voulu leur faire un petit plaisir ...
Une chanson ... appropriée aux circonstances, pas moins! Les chansons populaires que j'affectionnent beaucoup même si elle sont de qualités assez inégales ne sont-elles pas un bon support médiatique?
Devinez laquelle!
Ceux de ma génération ne l'ont probablement pas oubliée ...
En voici les paroles :
Paroles: Vangarde, Byl. Musique: Carrère-Schmitt, Ibach 1971 Titre original: "Help, get me some help" © 1971 Disque Carrère
... au refrain (deux fois) ...
Toujours dans la même veine de lutte contre ce que Bertold Brecht appela "la bête immonde" ("le ventre est encore fécond d'où peut sortir la bête immonde"), voici les paroles d'une chanson de Jean Ferrat : "Le bruit des bottes". Le texte est suffisamment explicite pour se passer de commentaires. Le texte se rapporte principalement au coup d'état du 11 Septembre 1973, au Chili. et à la lutte anti-franquiste ...
C'est partout le bruit des bottes C'est partout l'ordre en kaki En Espagne on vous garotte On vous étripe au Chili On a beau me dire qu'en France On peut dormir à l'abri Des Pinochet en puissance Travaillent aussi du képi Quand un Pinochet rapplique C'est toujours en général Pour sauver la République Pour sauver l'Ordre moral On sait comment ils opèrent Pour transformer les esprits Les citoyens bien pépères En citoyens vert-de-gris A coup d'interrogatoires De carotte et de bâton De plongeon dans la baignoire De gégène et de tison Il se peut qu'on vous disloque Ou qu'on vous passe à tabac Qu'on vous suicide en lousdoc Au fond d'un commissariat Il se peut qu'on me fusille Pour avoir donné du feu Pour avoir joué aux billes Avec un petit hébreu On va t'écraser punaise Pour avoir donné du pain Pour avoir donné du pèze Au petit nord-africain Il se pourrait qu'on m'accuse Avec un petit gourdin D'avoir étudié Marcuse D'avoir été sartrien Ils auront des électrodes Ils diront tu veux du jus Pour connaître la période Où j'étais au P.S.U. A moins qu'ils me ratatinent Pour mon immoralité Pour avoir baisé Delphine Pour avoir été pédé A moins qu'ils ne me condamnent A mourir écartelé Entre l'amour de Roxane Et celui du beau Dédé Il se peut qu'on me douillette Pour que je veuille attester Qu'en mil neuf cent soixante-sept Je lisais l'Humanité Il se peut qu'on me tourmente Et qu'on me fasse avouer Que dans les années soixante J'étais à la C.G.T. A moins qu'ils me guillotinent Pour avoir osé chanter Les marins du Potemkine Et les camps de déportés A moins qu'avec un hachoir Ils me coupent les dix doigts Pour m'apprendre la guitare Comme ils ont fait à Jara C'est partout le bruit des bottes C'est partout l'ordre en kaki En Espagne on vous garotte On vous étripe au Chili Il ne faut plus dire qu'en France On peut dormir à l'abri Des Pinochet en puissance Travaillent aussi du képi Travaillent aussi du képi
C'est d'un commentaire posté par James Arly que m'est venu cette idée de publier les paroles d'une chanson de Guy Béart, (le papa d'Emmanuelle, qui est très belle).
Qui suis-je, qu'y puis-je, dans ce monde en litige Qui suis-je, qu'y puis-je, dans ce monde en émoi, etc
Ceux qui sont de ma génération et les plus agés que moi se souviennent peut-être de cette chanson.
J'ai d'autant plus de bonheur à la publier que j'ai eu quelques difficultés à la trouver. Comme quoi, avec de la patience et de la ténacité, on peut faire avancer les choses ...
En voici le texte complet.
Je suis né dans un arbre Et l'arbre on l'a coupé Dans le soufre et l'asphalte Il me faut respirer Mes racines vont sous le pavé Chercher une terre mouillée Qui suis-je Qu'y puis-je Dans ce monde en litige Qui suis-je Qu'y puis-je Dans ce monde en émoi ? On m'a mis à l'école Et là j'ai tout appris Des poussières qui volent À l'étoile qui luit Une fois que j'ai tout digéré On me dit "Le monde a changé !" Qui change Qui range Dans ce monde en mélange Qui change Qui range Dans ce monde en émoi ? On m'a dit "Faut te battre !" On m'a dit "Vas-y !" On me donne une grenade On me flanque un fusil Une fois qu'on s'est battu beaucoup On me dit "Embrassez-vous !" Qui crève Qui rêve Dans ce monde sans trêve Qui crève Qui rêve Dans ce monde en émoi ? J'ai pris la route droite La route défendue La route maladroite Dans ce monde tordu En allant tout droit tout droit tout droit Je me suis retrouvé derrière moi ! Qui erre Qui espère Dans ce monde mystère Qui erre Qui espère Dans ce monde en émoi ? On m'a dit "la famille", Les dollars les autos On m'a dit "la faucille", On m'a dit "le marteau", On m'a dit on m'a dit on m'a dit Et puis on s'est contredit ! Qui pense Qui danse Dans cette effervescence Qui pense qui danse Dans ce monde en émoi ? Mes amours étaient bonnes Avant que les docteurs Me disent que deux hormones Nous dirigent le cœur Maintenant quand j'aime je suis content Que ça ne vienne plus de mes sentiments ! Qui aime Qui saigne Dans ce monde sans thème Qui aime Qui saigne Dans ce monde en émoi ? Et pourtant je me jette Et j'aime et je me bats Pour des mots pour des êtres Pour cet homme qui va Tout au fond de moi je crois je crois Je ne sais plus au juste en quoi ! Qui suis-je Qu'y puis-je Dans ce monde en litige Qui suis-je Qu'y puis-je Dans ce monde en émoi ?
J'ai d'autant plus de bonheur à la publier que c'est non sans mal que j'ai pu en trouver les paroles ...
Voici les paroles d'une très belle chanson de Guy Béart que j'ai fredonnée un certain nombre de fois. Et je n'étais pas le seul ...Elle me semble, parfois, avoir conservé toute son actualité.
Le Grand Chambardement (1969). J'avais 20 ans.
La terre perd la boule Et fait sauter ses foules Voici finalement Le grand le grand Voici finalement Le grand chambardement Un grain de sable explose Un grain c'est peu de choses Mais deux mais dix mais cent Ça c'est intéressant Voyez messieurs mesdames Dans l'univers en flammes Entre les hommes-troncs La danse des neutrons C'est l'atome en goguette Le ping-pong des planètes La lune fait joujou Et met la terre en joue C'est la grande escalade Les monts en marmelade Sous le rayonnement Du grand du grand Sous le rayonnement Du grand chambardement Place pour le quadrille Des fusées, des torpilles Ce soir c'est le grand bal La "der des der" globale Oyez les belles phrases La Chine table rase Se crêpant le chignon A coups de champignons Sur les montagnes russes Passées au bleu de Prusse Les bons gars du Far-West Ont bien tombé la veste Regardez qui décide Ce joyeux génocide Qui dirige vraiment Le grand chambardement Ciel ! Ce sont les machines Les machines divines Qui nous crient en avant En langue de savant Que les calculatrices Sur le feu d'artifice Alignent leurs zéros Comme des généraux Elles ont fait merveille Bravo pour ces abeilles ! Qu'on décore à cette heure Le grand ordinateur ! Nous finirons la guerre Avec des lance-pierres Si nous vivons demain Nous en viendrons aux mains Si nous vivons demain Nous en viendrons aux mains
Jacques Baumel, Compagnon de la Libération, ancien maire de Rueil-Malmaison, est décédé.
Gaulliste, de droite (ce n'est pas un péché), sa dépouille vient d'être saluée en l'église Saint-Louis des Invalides. Une chorale de jeunes (c'est très important qu'ils soient jeunes) a interprété le Chant des Partisans, de Maurice Druon, Joseph Kessel et Anna Marly.
Mon hommage sera de reproduire ce chant que je connais presque par coeur.
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines? Ami entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne? Ohé! partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme! Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes… Montez de la mine, descendez des collines, camaradesSortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé! les tueurs! A la balle et au couteau, tuez vite! Ohé! saboteur! Attention à ton fardeau… Dynamite… C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves. Ici, nous, vois-tu, nous, on marche et nous, on tue! nous, on crève… Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place. Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons! Dans la nuit, la liberté nous écoute… Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne!… Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines !…
Anna Marly est, elle aussi, récemment décédée. Moins connue, elle n'en mérite pas moins l'hommage que l'on doit à tous les patriotes qui ne se comptent que parmi les partisans de la Liberté.
Ce Chant a été composé entre midi et 16 heures, le 30 Mai 1943, dans la banlieue de Londres.
Ceux qui, pieusement, sont morts pour la PatrieOnt droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie (Victor Hugo)
Si les Ricains n'étaient pas là Vous seriez tous en Germanie A parler de je ne sais quoi, A saluer je ne sais qui. Bien sûr les années ont passé. Les fusils ont changé de mains. Est-ce une raison pour oublier Qu'un jour on en a eu besoin ? Un gars venu de Géorgie Qui se foutait pas mal de toi Est v'nu mourir en Normandie, Un matin où tu n'y étais pas. Bien sûr les années ont passé. On est devenus des copains. A l'amicale du fusillé, On dit qu'ils sont tombés pour rien. Si les Ricains n'étaient pas là Vous seriez tous en Germanie A parler de je ne sais quoi, A saluer je ne sais qui.
Il y a une autre manière de faire de la politique. Plusieurs de nos grandes vedettes l'ont parfaitement illustrée. C'est la chanson populaire dite "engagée".
Vous trouverez donc dans cette catégorie les textes de chansons populaires de langue française riche de sens, aussi bien de "gauche" que de "droite" ...
C'est moi qui les choisit. Elles reflètent assez bien mon histoire personnelle, mes réflexions ...
Peu de chance d'y trouver des chansonnettes "à la con" style "Star Ac"!
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