Présentation générale

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Débats et interwiews lus ici ou là

Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 11:19
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
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Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du discours du Président de la  République prononcé à La Chapelle en Vercors. Ce discours reflète presque exactement ce que je pense sur le sujet ...
A quoi servirait-il que je le commente?
Je vous laisse ce soin ...

Début de citation :

Mes chers compatriotes,
Il y a quelques instants, en me recueillant devant le Mur des fusillés de la Chapelle en Vercors, j’ai pensé aux 16 otages exécutés par l’occupant.
J’ai pensé à la population du plateau du Vercors prenant fait et cause pour les maquis et s’exposant aux plus terribles représailles.
J’ai pensé aux villages bombardés, aux maisons brûlées au lance-flammes, aux maquisards massacrés, aux civils assassinés…
Le Vercors a payé cher son engagement dans la Résistance. En soutenant les maquis, ses habitants savaient qu’ils risquaient le pire. Mais pas un de ces hommes, pas une de ces femmes, durs à la peine, dont une nature rude avait trempé le caractère, n’hésita.
Pas un, pas une ne recula.
Retranchés dans leur montagne, ils défièrent pendant des mois la plus puissante armée du monde. Le Vercors devint le point de ralliement de ceux qui ne voulaient pas subir. Un instant le coeur de la France se mit à battre ici. Et dans ce paysage magnifique et austère se mit à renaître une fierté
française.
Alors, pourquoi tant d’hommes et de femmes se sont-ils engagés dans ce combat inégal dont l’issue tragique ne faisait à leurs yeux aucun doute ? La force étrange qui les poussait à risquer leur vie, s’imposait à eux comme une évidence. Ils se battaient pour une cause dont ils savaient seulement qu’elle était plus grande qu’eux et qu’elle les rattachait à une multitude d’autres hommes et d’autres femmes poussés par la même force et dévoués à la même cause. « Ils se battaient, disait Malraux à propos des Résistants, pour cette fierté mystérieuse dont ils ne savaient au fond qu’une chose c’est
qu’à leurs yeux la France l’avait perdue ».
Ils la lui rendirent.
Ils avaient tellement envie d’être fiers de leur pays. La France ? Elle était en eux. Chacun à sa façon, exprimait par ses actes ce sentiment profond que la France était leur bien commun, ce qu’ils avaient de plus précieux, ce qu’ils avaient de plus beau à transmettre à leurs enfants. Ils se sentaient comme les maillons d’une longue chaîne qui avait commencé bien avant eux et qui continuerait bien après eux, s’ils ne la laissaient pas mourir, non pas matériellement mais spirituellement.

Des chefs du maquis jusqu’au plus humble des maquisards qui mourut en chantant la Marseillaise, des infirmières déportées à Ravensbrück jusqu’aux blessés regardant le visage du bourreau qui allait les achever, tous avaient au fond d’eux-mêmes cette certitude qu’une nation est un principe spirituel qui se nourrit de la noblesse des coeurs, de la beauté des âmes, de la fermeté des caractères.
Ils aimaient leur patrie parce qu’ils aimaient ce qu’elle avait fait d’eux. Ils aimaient les hommes et les femmes qu’ils étaient devenus grâce à la France, grâce à leur patrie. Ce qu’ils appelaient la France c’était ces valeurs qui les unissaient, au fond, cette conception de l’honneur et de la dignité qui les portaient tous.
Ici, au moment où leur destin rejoignait celui des soldats de l’An II et de Bir Hakeim, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité avaient cessé pour eux d’exprimer une devise abstraite pour devenir la plus authentique et la plus profonde des expériences humaines.
Comme elle l’était pour tous les résistants, pour tous les Français libres, pour tous ceux qui avaient protégé des proscrits, pour toutes les mères qui avaient caché des enfants juifs parmi leurs propres enfants, pour tous ceux, qui face à la barbarie, avaient compris tout à coup ce que pouvait bien signifier le mot civilisation, pour tous ceux qui avaient découvert que la France avait une âme au moment même où elle allait la perdre.
C’est toujours au moment où l’on va les perdre que l’on mesure la signification et l’importance de ces choses indéfinissables avec lesquelles on a tellement l’habitude de vivre que l’on a l’impression qu’elles sont aussi naturelles que l’air que l’on respire.
Nous vivons peut-être l’un de ces moments où les repères s’effacent, où l’identité devient incertaine, où nait le sentiment que quelque chose qui nous est essentiel pour vivre est en train de se perdre. Tout semble concourir à l’aplatissement du monde.
Je veux le dire parce que je le pense, à force de vouloir effacer les Nations par peur du nationalisme on a ressuscité les crispations identitaires. C’est dans la crise de l’identité nationale que renaît le nationalisme qui remplace l’amour de la patrie par la haine des autres.
A force d’abandon nous avons fini par ne plus savoir très bien qui nous étions.
A force de cultiver la haine de soi nous avons fermé les portes de l’avenir. On ne bâtit rien sur la haine de soi, sur la haine des siens et sur la détestation de son propre pays.
Voilà pourquoi, mes chers compatriotes, nous devons parler de notre identité nationale. Ce n’est pas dangereux, c’est nécessaire. Ce qui serait dangereux ce serait de ne pas en parler, de faire comme si tout allait bien en se disant « A quoi bon ? ». C’est avec cette politique de l’autruche qu’on laisse le champ libre à tous les extrémismes. C’est pourquoi j’ai voulu ce débat. C’est pourquoi j’ai voulu que nous discutions ensemble, que nous réfléchissions ensemble. L’identité nationale ça nous concerne tous, ça concerne tous les Français.
Notre conscience nationale, elle s’est forgée dans l’épreuve. Depuis la Guerre de Cent ans jusqu’aux acquis du Vercors, de Corrèze, ou des Glières, depuis Valmy jusqu’au Chemin des Dames, depuis Lazare Ponticelli le dernier poilu engagé à 16 ans en trichant sur son âge parce qu’il voulait dire merci à la France qui l’avait accueilli jusqu’à ceux que Malraux, encore lui, appelait « les clochards épiques de Leclerc », depuis les pêcheurs de l’Isle de Sein jusqu’aux Cadets de Saumur, la France a vécu d’abord dans l’esprit et dans le coeur de ceux qui avaient le sentiment de lui devoir tant qu’ils étaient prêts à se battre pour elle et peut-être à mourir.
Alors, qu’avaient-ils donc le sentiment de lui devoir ? Si on le leur avait demandé chacun aurait sans doute donné sa réponse qui eût été bien différente de celle des autres. Le pêcheur de l’Ile de Sein ou le paysan du Vercors n’aurait pas répondu la même chose que Jean Moulin ou d’Estienne D’orves.
Tous pour tout avaient le sentiment de se battre pour la même chose. Cela, c’est l’identité nationale.
Marc Bloch, le plus grand historien peut-être – en tout cas à mes yeux - du XXe siècle, assassiné par la Gestapo n’avait pas la même connaissance de l’histoire de France que le cheminot qui risque sa vie en se livrant au sabotage. Mais ils avaient conscience, Marc Bloch et le cheminot, d’appartenir à la même histoire, comme l’immigré italien, espagnol ou polonais qui entra en résistance et qui se sentait tellement Français qu’il interdisait à ses enfants de parler à la maison une autre langue que le Français.
Pour nous Français, l’identité nationale ne saurait être une chape de plomb intellectuelle et morale pesant sur les consciences. La France est diverse. Elle l’a toujours été. La France c’est une multitude de petites patries, de terroirs. C’est une multitude de coutumes, de traditions, de croyances. La France ce sont d’innombrables histoires, d’innombrables généalogies qui s’entremêlent. La France, c’est l’un des pays les plus divers au monde. Cette diversité est inscrite dans les coeurs et dans les esprits, un pays où aucun village ne ressemble à un autre et où chacun s’efforce d’être différent de son voisin.
Cette diversité française est une richesse. Chaque culture, chaque tradition, chaque langue a une valeur infinie. Les laisser disparaître serait une faute. Nous nous appauvririons. Nous ne serions pas ce que nous sommes sans que nous ont donné et continuent à nous donner les cultures provençale, bretonne ou alsacienne, sans l’Outre-mer, sans ce que nous ont apporté les Antilles, la Réunion ou Tahiti, l’ouverture qu’elles nous ont donné sur le monde, sans ce que nous ont apporté l’Afrique ou le Maghreb. Regardez ce que la langue française doit à Aimé Césaire ou à Léopold Sedar Senghor.
Songez aux trésors que la langue d’Oc a déposé dans notre culture nationale. Notre identité, et c’est le miracle français, est à la fois singulière et plurielle.
Rien n’est plus étranger au génie de notre peuple que l’uniformité, que l’embrigadement. L’identité nationale française, c’est une culture millénaire, par des voies mystérieuses, imprègne tout. Elle est dans la pensée, dans la langue, dans l’architecture, dans l’art de vivre, dans le paysage…
Si en France chacun a sa théorie, chacun a sa doctrine, si chaque ville a sa personnalité, si chaque commune est un monde en soi, si chaque région a son climat, son ambiance, ses traditions, un Français reconnaît d’instinct une pensée française, une région française et il s’y sent chez lui.
Dans ce vieux pays où depuis si longtemps « ceux qui croient au ciel » se disputent avec « ceux qui n’y croient pas », il n’y a pas un seul homme, pas une seule femme qui ne reconnaisse dans les Cathédrales une expression de ce génie français auquel il a le sentiment de participer. Le Français qui
ne croit pas en Dieu n’imagine pas la France sans le Mont Saint Michel, sans Notre Dame de Paris ou sans la Cathédrale de Reims, ni son village sans le clocher de son église qui le surplombe depuis dix siècles. C’est la France. Pas un libre-penseur, pas un Franc-maçon, pas un athée qui ne se sente au
fond de lui l’héritier de la Chrétienté qui a laissé tant de traces profondes dans la sensibilité française et dans la pensée.
Regardons ce que la morale laïque des instituteurs de jadis doit à la morale chrétienne qu’on enseignait au Catéchisme. Regardons ce que la République doit à l’Ancien Régime. Regardons comment la République a accompli le vieux rêve Capétien d’une France une et indivisible dans un Etat dominant les féodalités. Les rois l’ont rêvé, la République l’a réalisé. Discernons dans le débat sans cesse recommencé entre Jacobins et Girondins, entre les centralisateurs et les décentralisateurs, la tension multiséculaire qui depuis Hugues Capet oppose les Provinces au pouvoir central et autour de laquelle
s’est construite pas à pas l’unité française.
Derrière la diversité, derrière les oppositions, les contradictions, les conflits dans lesquels notre peuple a trop souvent épuisé ses forces, il y a l’unité profonde de notre culture, et, j’ose le dire, de notre civilisation.
Passant sans cesse de la désunion à l’union le peuple français sait au fond de lui-même que ce qui le rassemble est plus fort que ce qui le divise.
Et on comprend l’Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d’être ému par le récit de la fête de la Fédération.
On est pleinement Français quand on prend conscience que la France Girondine et la France Jacobine sont les deux visages d’une même réalité nationale.
On est Français parce que l’on regarde la Chrétienté et les Lumières comme deux versants d’une même civilisation dont on se sent l’héritier.
Mais on est Français aussi parce que l’on ne se reconnaît pas dans une race, on est Français parce que l’on ne se laisse pas enfermer dans une origine, on est Français parce que l’on ne se laisse pas enfermer dans une religion.
Si l’on cherchait quelles sont les principales institutions, les principaux lieux où se fabrique depuis des siècles l’identité française, on verrait d’abord sans doute tous les lieux de la vie et du travail quotidiens où artisans, ouvriers, agriculteurs, ingénieurs, se transmettent de générations en générations des
cultures et des savoir-faire que la science et la technique modernes enrichissent chaque jour. Ce qui se joue dans l’industrie, dans l’agriculture, dans la ruralité, dans l’artisanat, ce n’est pas qu’économique, c’est aussi la disparition d’une forme de civilisation, d’un héritage de valeurs, d’une culture du travail.
Mais on trouverait aussi l’Ecole, le Louvre, l’Académie française, le Collège de France, la Comédie française… parce qu’être Français c’est croire que la raison, la science, l’art, la culture peuvent transcender les différences et, oserai-je le dire, parce que l’on croit plus ou moins consciemment à la toute puissance de la littérature. La littérature est un élément de l’identité nationale française. En ce sens, le prix unique du livre, pour sauver le livre et les libraires, exprime une part profonde de notre identité nationale au même titre que notre système si particulier d’aide à la création cinématographique ou l’aide qui est apportée à la chanson française ou à la création audiovisuelle. C’est de l’identité nationale française.
La France est une nation littéraire. Elle se parle à elle-même à travers la littérature. N’est-ce pas au fond en entendant un vers de Racine ou de Baudelaire ou en lisant une page des Misérables que nous nous sentons le plus Français ? Dans quel autre pays au monde un tel miracle serait-il possible ?
Nous conforterons l’identité française en apprenant à nos enfants à aimer la littérature, à aimer la poésie, à aimer et à respecter la langue française, en ce qu’elle est capable d’exprimer de beauté, d’intelligence, de profondeur de sentiment. Si nous voulons que demain la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, nous devons être fiers de notre histoire et faire de l’apprentissage de l’Histoire de France une priorité pour les enfants de nos écoles. C’est la raison pour laquelle, j’ai retenu l’idée de créer un Musée de l’Histoire de France que tous les enfants des écoles iront visiter, qui sera le Musée le plus moderne qui soit, qui ne sera pas figé dans le passé, qui sera vivant, qui apprendra l’Histoire au nom de l’avenir.
Si demain nous voulons que la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, il nous faut permettre à chacun d’accéder à la culture. Il nous faut réinventer, en les adaptant à notre époque, les Maisons de la culture, le concept ne doit pas être figé, le TNP de Jean Vilar qui voulait que le théâtre soit accessible à un public populaire, aux ouvriers des usines.
Nous avons besoin d’une politique culturelle qui soit à la hauteur de la place qu’occupe la culture française dans la culture universelle, de ce que dans son histoire la France a été capable d’accomplir dans le domaine des oeuvres de l’esprit. Nous avons besoin d’une politique culturelle à la hauteur des défis de l’ère de la globalisation. La culture aujourd’hui a deux ennemis redoutables : l’utilitarisme et la transformation en marchandises de tous les produits de l’intelligence et du travail humains. Une politique du patrimoine s’impose. Quand on a un patrimoine comme celui de la France, on n’a pas le droit de le laisser s’abîmer et on aide ceux qui en possèdent une parcelle à l’entretenir parce que c’est l’intérêt de tous, parce que c’est un investissement collectif. Avec Malraux nous avons été capables jadis d’inventer une politique du patrimoine. Il s’agit maintenant de la faire vivre. Notre culture ne vivra que si elle est encore capable d’étonner le monde.
Notre langue et la vision du monde qu’elle porte ne restera vivante que si elle est utilisée par des artistes, des savants, des ingénieurs, des entrepreneurs, que si nos lycées à l’étranger, nos universités, nos écoles attirent les meilleurs élèves du monde entier, si nos laboratoires attirent les meilleurs chercheurs. Si le meilleur de notre jeunesse part à l’étranger pour conquérir le monde, c’est très bien mais c’est très mal, si le meilleur de notre jeunesse part à l’étranger pour fuir un pays sclérosé qui ne leur laisse plus aucune chance de réaliser leurs rêves.
Si nous voulons que la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, nous devons travailler à ce qu’il y ait encore demain une pensée, une science, une création artistique, une littérature françaises.
En plaçant l’éducation et la culture au coeur de son identité, la France s’est forgée une prédisposition à l’universalisme et à l’ouverture. De siècles en siècles, la France n’a cessé de se mélanger, de se métisser, le mot ne me fait pas peur, d’assimiler et dans ce mélange, dans ce métissage, dans cette
assimilation de se transformer elle-même et de s’enrichir.
La France ne demande à personne d’oublier son histoire ou sa culture. Mais la France demande à ceux qui veulent lier leur sort au sien de prendre aussi son histoire et sa culture en partage. La France ne se pense pas comme une juxtaposition de communautés ou d’individus. La France n’est pas seulement
une communauté d’intérêts. Devenir Français, c’est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs et à des moeurs.
La France est une terre de liberté et d’égalité.
La France est un pays d’émancipation où chacun aspire à s’élever selon ses talents, ses mérites, son travail.
La France est un pays où la femme est libre.
La France est un pays où l’Eglise est séparée de l’État, où les croyances de chacun sont respectées.
Mais la France est un pays où il n’y a pas de place pour la burka, où il n’y a pas de place pour l’asservissement de la femme, sous aucun prétexte, dans aucune condition et dans aucune circonstance.
La France est un pays où il n’y a pas de place pour la confusion du spirituel et du temporel.
La France est un pays de tolérance et de respect. Mais la France demande aussi qu’on la respecte.
On ne peut pas vouloir bénéficier des droits sans se sentir obligé par les devoirs.
On ne peut pas vouloir bénéficier de la sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays.
On ne peut pas vouloir bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail parce que les allocations sont payées par le travail des autres.
On ne peut pas vouloir profiter de la gratuité des études qui est l’une des plus belles conquêtes de la République et ne pas être assidu aux cours, ne pas témoigner de la considération pour ses professeurs et ne pas respecter les bâtiments qui vous accueillent.
On ne peut pas vouloir tous les avantages de la République si l’on ne respecte aucune de ses lois, aucune de ses valeurs, aucun de ses principes.
Mais pour faire partager un idéal, mes chers compatriotes, encore faut-il y croire soi-même.
Pour s’ouvrir aux autres, il faut avoir suffisamment confiance en soi, être sûr de ses valeurs et de son modèle.
La France n’a jamais été plus ouverte que lorsqu’elle croyait en elle, en son universalité, en ce qu’elle avait à dire et à donner au monde. Jamais la France ne fut plus fraternelle que lorsqu’elle a cru à la force de ses principes, de sa pensée, de sa langue.
Le creuset français prenait ensemble des fils de paysans, d’ouvriers, d’immigrés et il en faisait un peuple libre de citoyens. Dès lors que la République donnait à chacun le sentiment qu’il avait sa chance, que la promotion sociale dépendait du mérite et du talent, la confiance nourrissait la confiance et la France pouvait s’ouvrir sans se dissoudre, conjuguer sans problème son universalisme et sa singularité.
C’était le temps d’une exception française évidente, assumée, qui ne procédait pas d’un sentiment de supériorité mais de la conscience d’avoir un message particulier à délivrer, un exemple à donner.
D’où vient donc, mes chers compatriotes, que la France qui avait triomphé de tant de difficultés au cours de son histoire se soit mise à douter à ce point d’elle-même qu’elle se mette à vivre l’ouverture non plus comme une chance mais comme une menace ?
D’où vient donc, mes chers compatriotes, que la République qui avait surmonté tant d’épreuves dont elle était sortie toujours plus forte se soit mise à ce point à ne plus tenir ses promesses ?
D’où vient donc que le sentiment d’injustice au lieu de se réduire n’ait cessé à ce point de croître ?
D’où vient ce sentiment de partager de moins en moins de culture commune, d’imaginaire commun, de morale commune ?
D’où vient ce sentiment au fond de désintégration civique et sociale?
Il vient d’une forme de renoncement. J’ose le mot.
En renonçant à la valeur du travail, nous avons renoncé au mérite républicain. C’est une erreur tragique.
En renonçant à demander à l’élève de travailler pour apprendre, en renonçant à lui faire découvrir la joie de la connaissance en récompense du long travail de la pensée.
En renonçant à exiger de l’assisté qu’il fasse tous les efforts qu’il peut pour trouver un emploi. En choisissant la voie des 35 heures, nous avons ouvert dans la méritocratie républicaine des brèches morales qui n’ont cessé de s’élargir. Ce fut une erreur totale. Que les choses soient claires, j’ai voulu
un débat, je ne veux pas imposer les conclusions avant qu’il y ait lieu, mais ces renoncements là, je ne les accepterai jamais. Et c’est parce que je ne les accepte pas, que j’ai voulu qu’à l’école primaire on revienne au savoir, que j’ai voulu instaurer le RSA plutôt que le RMI ou mettre fin aux effets délétères des 35 heures.
En renonçant à l’autorité, en renonçant même à employer le mot, nous avons pris un risque immense.
En sapant l’autorité du maître sur l’élève, nous n’avons pas rendu service à l’élève qui en se prenant pour l’égal du maître n’est même plus conscient de la nécessité absolue d’apprendre. On ne peut pas prétendre forger des âmes de citoyens avec de tels principes.
En sapant l’autorité de la Police républicaine, on n’a fait qu’encourager les voyous.
En sapant l’autorité de l’État, on n’a fait qu’ouvrir le champ libre à de nouvelles féodalités et donc à de nouvelles injustices.
En laissant croire que tout se vaut, que toutes les valeurs, que tous les comportements, que toutes les oeuvres se valent, on a porté un coup très rude à l’idée de civilisation et même à celle de société. Car dans une société civilisée, tous les comportements et tous les actes ne se valent pas.
Que reste-t-il de la République si l’on se met à considérer de la même manière le délinquant et la victime, celui qui fait son devoir et celui que ne le fait pas, celui qui fait son travail et celui qui ne fait rien ? Que reste-t-il de la République quand on place sur le même plan l’intérêt particulier et l’intérêt
général, le principe d’égalité et le droit à la différence ?
En confondant l’égalité avec l’égalitarisme, nous avons sapé l’égalité des chances, parce qu’en donnant la même chose à tout le monde, on a renoncé à corriger les inégalités les plus criantes liées à la naissance, à l’origine, au milieu social dans lequel on est né, au territoire ou au quartier dans lequel on habite. Au bout du compte, l’égalitarisme a renforcé l’injustice au lieu de la réduire.
Ces renoncements là, je ne les accepterai jamais !
Pour lutter contre l’injustice, il faut donner plus à ceux qui ont moins pour compenser les handicaps du départ. On ne répare pas l’injustice par le nivellement.
C’est pour cela que j’ai souhaité que 95% des Français puissent transmettre désormais à leurs enfants le fruit de leur travail sans droit de succession. J’ai supprimé les droits de succession parce que je crois au travail et parce que je crois à la famille. Ce sont les mêmes valeurs qui me font dire que nul ne doit pouvoir, sur le territoire de la République française, se voir prélever plus de la moitié de son revenu en impôts.
C’est pour cela aussi que j’ai voulu que les droits soient les mêmes que l’on ait plus ou moins 25 ans.
Il n’y a pas de raison que les jeunes de moins de 25 ans qui ont travaillé aient moins de droits que les autres simplement parce qu’ils sont jeunes.
En confondant trop souvent la laïcité avec le refus de toutes les religions on n’a pas non plus rendu service à la République. Car la laïcité, et je veux le dire pour être bien compris, ce n’est pas le refus de toutes les religions. C’est le respect de toutes les croyances et la neutralité de l’État. Il y a dans le
sentiment religieux qui vient du fond des âges quelque chose de profondément respectable. Et ce que nous avons aujourd’hui à construire c’est bien une société où chacun s’efforce de comprendre et de respecter l’autre.
C’est pour cette raison, mes chers compatriotes, que seront expulsés tous ceux qui viendront en France pour appeler à la violence et à la haine de l’autre. Ils n’ont rien à faire sur le territoire de la République française.
La République est au coeur de notre identité nationale. Elle est forcément un rêve inaccompli, un idéal inachevé.
La République, c’est la souveraineté de la Nation, c’est l’autorité, l’autorité de l’État, c’est l’égalité des chances, c’est le mérite, c’est le travail la République, c’est la laïcité, c’est la compréhension, le respect, la solidarité. C’est la primauté de l’intérêt général sur l’intérêt particulier.
Si l’on ne veut pas de la Nation, de l’autorité, de l’égalité des chances, du mérite, de la laïcité du travail, alors on ne veut pas non plus de la République.
La vérité c’est que depuis quelques décennies nous n’aimons plus assez la République et que nous en avons fait le bouc émissaire de tous nos échecs.
Si notre modèle d’intégration ne semblait plus fonctionner ce n’était pas parce qu’il y avait trop de République mais parce qu’il n’y en avait pas assez. Ce ne sont pas nos valeurs qui sont en cause, c’est leur oubli et, parfois même leur reniement.
On avait fini par nous faire croire que la République menaçait la démocratie. Mais quelle démocratie serions-nous si nous devenions une société où chacun serait enfermé dans sa communauté, dans sa bande ou dans sa tribu?
Rien n’est moins dangereux pour la démocratie et pour la liberté que la République fut-elle une et indivisible. Depuis deux siècles à part l’expérience sanglante de la Terreur nul totalitarisme n’a menacé nos libertés. C’est que la culture française est irréductible au totalitarisme.
Il y a 20 ans tombait le Mur de la Honte.
Les valeurs de la démocratie et de la République triomphaient.
Je vois bien depuis à quels excès peut conduire une démocratie d’opinion débridée. Je le vis tous les jours - où les nouveaux moyens de communication s’affichent comme des zones de non-droit. C’est vrai que c’est un problème que nous n’avons pas encore résolu et qui prend une ampleur croissante.
C’est un défi pour la démocratie, c’est un défi pour la République. Mais je veux prendre mes responsabilités. Je préfèrerai toujours ce genre d’excès à ce que fut le totalitarisme communiste qui de l’autre côté du rideau de fer faisait peser une chape de plomb sur toutes les consciences. Je préfère l’excès de la démocratie d’opinion à ce que l’on a vu au XXe siècle en Europe de l’Est.
Dois-je dire aussi que je persiste et je signe s’agissant du droit à la caricature? Je préfèrerai toujours les excès de la caricature à l’absence de droit à la caricature qui est la marque de tous les régimes totalitaires. Dans l’affaire des caricatures du Prophète j’ai choisi le camp de la liberté d’expression parce que pour moi c’est cela le coeur de l’identité nationale française. Au pays de Voltaire et de Victor Hugo chacun veut penser librement. Le besoin de liberté est en France dans l’air que l’on respire.
Trop de confiance accordée à la raison, trop d’héritage venu des Lumières et de la Chrétienté nous font un antidote absolument efficace au totalitarisme. Ce que nous appelons notre modèle républicain est-il condamné par l’économie, par la mondialisation ? Il est vrai que la République doit être réelle et pas seulement formelle. Quel que soit l’attachement aux grands principes, que valent-ils face à la montée du chômage et de l’exclusion ?
Comment parler de République si au lieu de continuer à trouver sa place dans la société si les études ne permettent pas de trouver un emploi décent, qu’est-ce qu’elle vaut la République si les sacrifices des parents et les efforts des enfants ne débouchent que sur le chômage ou la précarité ?
Quand le modèle individualiste semblait triompher partout, quand la Finance imposait partout sa logique spéculative, quand l’économie de rente prospérait, notre modèle républicain ancré dans notre histoire nationale pouvait paraître condamné. Il semblait bien que les marchés financiers auraient le dernier mot sur la politique.
La crise a fait, et c’est heureux, éclater le mythe, car c’est un mythe de l’uniformisation inéluctable et de l’avènement d’une civilisation comment l’appelait-il la civilisation des nomades connectés avec le monde entier mais sans ancrage national. Souvenez-vous, c’était il y a peu de temps que l’on nous servait ces balivernes.
Les grandes entreprises qui n’avaient plus de nationalité, elles étaient mondiales. Comme c’est curieux, mais quand il y a eu la crise, elles ont, ces mêmes entreprises mondiales, tout de suite trouvé à quel État elles devaient s’adresser pour être secourues. Fantastique ! On nous a expliqué pour nous
imposer cette idée folle, que les entreprises n’avaient pas de nationalité quand cela va bien mais quand cela va mal – j’en ai vu – elles étaient françaises, Monsieur ! Les grandes banques qui étaient internationales quand tout allait bien se sont retrouvées parfaitement nationales lorsqu’elles étaient au bord du gouffre. La catastrophe évitée de justesse, et c’est heureux, a fait ressurgir des vérités essentielles. Je l’affirme, les entreprises comme les personnes ont un ancrage national. Personne n’est de nulle part ou alors il n’est personne. On peut se sentir citoyen du monde, mais cela ne suffit pas
pour être un citoyen à part entière. Ceux qui cherchaient à théoriser l’oubli de la nationalité ne cherchaient pas tant à effacer les frontières qui séparent les peuples qu’à se libérer de toute exigence de solidarité.
La création de valeur pour l’actionnaire servait d’alibi à l’exonération de toute responsabilité morale et sociale. Alors, mes chers compatriotes, ne soyons pas naïfs, le but était d’abord d’échapper à ce premier devoir du citoyen qui s’appelle l’impôt. C’était cela la réalité.
La fin programmée des paradis fiscaux, la naissance d’une gouvernance mondiale pour lesquelles la France a tant oeuvré, le retour de l’État dans l’économie changent la donne. Mais surtout le citoyen revient sur le devant de la scène. Le citoyen exige des comptes. Il ne veut plus se sentir seul au monde face à la toute puissance supposée des marchés. Il exige le citoyen d’être protégé. Il veut davantage de solidarité, davantage de morale, davantage de démocratie, davantage de politique. Le moment est venu de redécouvrir que l’identité nationale n’est pas un repliement sur soi mais que l’identité nationale c’est un atout dans la compétition internationale. On n’est jamais concurrentiel en imitant les autres mais en tirant le meilleur parti de soi-même. Voila la clé.
Jouer la carte de notre identité nationale, c’est refuser que la France devienne une sorte de grand fond spéculatif cherchant sans cesse à saisir les opportunités du moment, allant et venant sans cesse d’une mode à une autre, n’inscrivant rien dans la durée.
Je ne veux pas d’une France sans usines, sans industries, sans agriculture, sans campagne et sans ruralité. La meilleure chance de la France est aux côtés de ses artistes, de ses entrepreneurs, de ses savants, de ses ouvriers, de ses agriculteurs, de ses artisans, de ses ingénieurs avec leur savoir-faire qui viennent de si loin. Ils vont ensemble enfanter le monde de demain. La France peut devenir le laboratoire de l’avenir.
Nous mettre au clair avec nous-mêmes sur ce que nous sommes, sur ce à quoi nous aspirons, sur ce qui nous fait vivre ensemble. Mes chers compatriotes, ce n’est pas regarder le passé mais préparer l’avenir que de faire ce travail et j’ai beaucoup de peine pour ceux qui pensent que l’identité nationale française est si faible qu’il ne faut même pas l’évoquer.
Demain comme hier nous n’accomplirons de grandes choses que si nous sommes fiers de notre pays, si nous sommes prêts, chacun d’entre nous, à voir en lui une cause qui nous dépasse.
Nous avons beaucoup de leçon à apprendre des autres, beaucoup de choses à changer. Notre pays a besoin de se réformer en profondeur. Je me suis attelé à cette tâche et que le message soit bien reçu, rien ne m’en détournera. Mais la France n’est pas une page blanche.
« Cher et vieux pays » disait le Général de Gaulle.
Oui, « cher et vieux pays » qui doit se transformer.
« Cher et vieux pays » qui doit accomplir une fois de plus tant de révolutions.
Que deviendrait la France si elle ratait la révolution écologique ?
Que deviendrait son identité si le traitement de toutes nos données numériques ou la numérisation de tous ses livres devaient entièrement nous échapper ?
Que deviendrait notre idéal hérité des Lumières si l’école devait échouer à donner à ses enfants les moyens intellectuels et moraux d’exercer librement leur jugement face aux médias de masse et à  Internet ?
Que deviendrait notre modèle d’intégration républicaine s’il ne retrouvait pas la compétitivité qui lui permettrait d’offrir un emploi à chacun ?
Quand je regarde le drapeau français qui s’est couvert de gloire au nom de la liberté sur tous les continents, mais quand j’entends la Marseillaise chantée avec ferveur, quand je lis les noms inscrits sur les monuments aux morts de nos villages, quand je vois dans l’armée française qui défile magnifiquement le 14 juillet le long travail des siècles, quand je rencontre des ouvriers dans les usines ou quand j’entre sous la coupole de l’Académie française, je vous le dis, je me sens honoré d’être Français. Etre Français est un honneur. Il nous appartient à tous de le mériter.
C’est de tout cela que je voudrais que nous parlions dans les mois qui viennent. Avec Eric Besson, j’ai voulu aujourd’hui vous livrer avec sincérité le fond de ma pensée non pas pour clore la discussion mais pour y apporter ma contribution.
Il vous appartient maintenant mes chers compatriotes de vous emparer de ce débat pour qu’il soit réellement le vôtre. La France, nous en avons hérité. La France nous la transmettrons à nos enfants. La seule question qui vaille : est-ce que nous serons à la hauteur des générations qui nous ont précédés ?
Est-ce qu’on leur laissera un pays à nul autre pareil ? Est-ce que l’on défendra nos valeurs, notre civilisation, nos idées ou est-ce que l’on se laissera emporter par des effets de mode successifs ? Ce débat est un débat noble. Il est fait pour les femmes et les hommes qui aiment leur pays. Ceux qui ne veulent pas de ce débat, c’est parce qu’ils en ont peur. S’ils ont peur de l’identité nationale française, c’est qu’ils ne la connaissent pas. Raison de plus pour ouvrir un débat qui va leur apprendre au fond ce que c’est que l’identité nationale française.
Vive la République! Vive la France !

Fin de citation.
Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 09:38
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Communauté : BLOGS, en parler ... - Par Jacques Heurtault
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Quand les choses sont bien dites par certains, pourquoi prendre le risque de les redire, en moins bien?

Je suis exactement dans cet état d'esprit avec l'hommage rendu par François Fillon à Raymond Forni qui vient de nous quitter, agé d'à peine 66 ans, ce qui est fort jeune de nos jours.


Début de citation :

Hommage à Raymond Forni

Le Premier ministre a consacré mardi, à l'Assemblée nationale, un hommage ému à Raymond Forni.


Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les députés,
Chers collègues,

Humbles devant la mort, nous le sommes plus encore quand celui qui nous quitte a donné, par sa présence, par ses contributions à notre vie politique, par son parcours personnel, l’image d’un destin exemplaire.
Parmi nous, il y a ceux qui luttent contre la pauvreté, la solitude, et ceux qui les ont subies.
Il y a ceux qui débattent du travail en usine, et ceux qui l’ont vécu.
Il y a ceux qui encouragent l’effort d’intégration, la réussite personnelle, la promotion sociale, et ceux qui ont su tout donner, tout surmonter pour les mener eux-mêmes à bien, jusqu’à obtenir du pays la reconnaissance la plus haute.
Raymond Forni était de ceux-là.
Je veux redire le message à la fois clair, positif et exigeant que son parcours adresse à tous ceux dont l’intégration dans la société française semble difficile.
Je pense aux jeunes issus de l’immigration, mais aussi à ceux que leur histoire scolaire ou familiale semble écarter des voies balisées de la réussite.
Raymond Forni était devenu citoyen français à 17 ans. A 32 ans, il était député du Territoire de Belfort, grand juriste, grand constitutionaliste.
Quinze ans pour passer d’une demeure modeste de Montreux-Château, à la représentation nationale, et par-delà, au Conseil de l’Europe, à la CNIL, à la présidence de la région Franche-Comté.
Quand l’intégration est courageuse, volontaire, loyale, aucune porte ne lui reste fermée.
Les combats de Raymond Forni ont toujours été guidés par ce souci proprement humaniste de respect de l’homme et de ses dons.
Le souci de la tolérance, de l’ouverture intellectuelle, de la justice.
Raymond Forni s’était fait connaître comme avocat en défendant, dans l’affaire Mercier  une lecture large et compréhensive de la liberté d’enseigner.
Il disait avoir connu son grand moment de député comme rapporteur d’une des lois qui ont honoré l’Assemblée nationale, la loi abolissant la peine de mort.
A cet esprit de tolérance et de générosité, je veux exprimer aujourd’hui l’hommage sans réserve du Gouvernement et de la nation.
Raymond Forni avait mis au service de l’Etat les talents que la France lui avait permis d’épanouir.
Son travail –  considérable, en particulier à la tête de la Commission des Lois – avait pour horizon la collectivité nationale.
Son éloquence était à la disposition de la République.
Il en vivait chaque progrès avec probité et avec une passion presque farouche.
Ceux d’entre vous qui ont eu le privilège de travailler ici même sous sa présidence s’en souviennent : au perchoir, Raymond Forni avait le ton rigoureux, parfois tranchant. Le ton, sans doute, de ceux qui s’étaient battus pour tous, qui n’avaient jamais fait un pas pour eux seuls.
La République avait donné à Raymond Forni le rang de quatrième personnage de l’Etat.
Lui-même s’était attribué en retour un titre modeste et beau, celui d’ « enfant de la République ».
La République que j’aime, c’est celle qui donne leur chance à des hommes de la qualité et de la trempe de Raymond Forni.

Fin de citation.
 
Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /Oct /2007 12:28
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Communauté : Réformer la France - Par Jacques Heurtault
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Voici l'article que vous trouverez dans Valeurs Actuelles sur le sujet ...

Début de citation : 

Malgré la faiblesse de leurs effectifs, les organisations syndicales survivent bien. L’ab­sence légale de publication des comptes favo­rise les dérives.

Pour François Chérèque, le “patron” de la CFDT, « c’est une catastrophe ». Pour Bernard Thibault, celui de la CGT, « il s’agit d’une campagne concertée pour décrédibiliser les syndicats de salariés ». C’est peu dire que “l’affaire DGS” a mis en émoi les fédérations syndicales.

 
Entre 2000 et 2007, le président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac, a fait retirer des comptes bancaires de son organisation plusieurs mil­lions d’euros en espèces. En début de semaine, les policiers de la brigade financière estimaient ces retraits à 17 millions d’euros, au moins. « Ça monte doucement tous les jours », précisait l’un d’eux à l’agence Reuters. Des opérations que la présidente du Medef, Laurence Parisot, a jugées « incompréhensibles ».

À qui cet argent était-il destiné ? Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour “abus de confiance”. La piste du financement syndical revient avec insistance. S’agissait-il d’obtenir la paix sociale en versant des “subventions” aux syndicats ? Les principaux intéressés démentent avec vigueur : « La CFDT n’a pas touché un euro de cet argent-là », affirme François Chérèque, pour qui « cet élément de suspicion est quelque chose d’insupportable ». Quant à Jean-Claude Mailly (Force ouvrière), s’il veut bien admettre « quelques problèmes », il « ne trouve pas que [le financement des syndicats] soit trouble ». Pas d’abus ni de détournements, soutient-il, tout en déplorant l’interdiction légale des mises à disposition des syndicats de permanents par les entreprises.

Il y a longtemps, pourtant, que se pose la question du financement des syndicats. Valeurs ac­tuelles y a déjà consacré plu­sieurs enquêtes. « Les fi­nances des syndicats ? Plus opaques encore que celles des partis politiques ! » écrivions-nous le 19 novembre 2004. « Les syndicats dits représentatifs le sont si peu que les cotisations de leurs adhérents ne peuvent assurer leur survie. D’où les dérives que l’on découvre… et celle que l’on ne connaît pas encore », résumions-nous le 15 janvier 2000, dans un dossier intitulé, déjà, « D’où vient l’argent des syndicats ».

En 2004, le ministre délégué aux Relations du travail, Gérard Larcher, avait réuni les cinq confédérations pour plancher sur le sujet. Leurs trésoriers avaient regretté « le climat d’incerti­tude et de précarité des systèmes de financement » et dénoncé des « incidents qui altèrent l’image du syndicalisme et laissent penser que l’attribution des droits syndicaux relèverait de l’abus de bien social ou du détournement de fonds ».

Une chose est sûre : les caisses des syndicats français ne souffrent pas trop de l’effritement constant de leur au­dience. Deniers du contribuable, petites combines et maquis des mécanismes de financement leur permettent de survivre et, pour certains, de prospérer sans jamais rendre de comptes. C’est ce que constate le rapport remis au gouvernement en mai 2006 par Raphaël Hadas-Lebel, président de section au Conseil d’État : « Le financement des organisations syndicales est caractérisé par une grande opacité : aucun document public ou administratif porté à notre connaissance ne présente de synthèses des ressources financières des syndicats en France, ni même des mécanismes de financement. »

Quelque dossier que l’on traite à propos du syndicalisme français, obtenir des données chiffrées s’avère pour le moins difficile. Effectifs des militants et des permanents, budget global, sources de financements… Les syndicats sont partout, mais personne ne peut dire précisément ce qu’ils représentent, encore moins ce qu’ils coûtent à l’État.

Alors que le taux de syndicalisation est de 30 % dans le très libéral Royaume-Uni, il tournerait en France autour de 7 à 9 %. Un chiffre gonflé par une poignée d’entreprises (La Poste, la SNCF…) ou certains ministères, comme l’Éducation nationale et les Finances, où la syndicalisation atteint 20 à 25 % des effectifs. Louis Viannet, ancien “patron” de la CGT, l’admettait : « Tous syndicats réu­nis, nous ne regroupons même pas 10 % des salariés, et ces salariés se trouvent tous dans les mêmes secteurs ». Même constat à la CFE-CGC dont le président, Bernard Van Craeynest, reconnaît avec lucidité : « Malgré les quinze dernières années, durant lesquelles nous avons eu tendance à regagner des adhérents, la faiblesse des effectifs demeure le pro­blème de fond. »

Car faute d’adhérents, les cotisations se font logiquement plus maigres. Elles représenteraient 57 % du budget total de FO et 34 % de celui de la CGT. Entre les deux, la CFE-CGC déclare un chif-fre de 40 %, la CFDT de 50 %. Mais la réalité est bien moins glorieuse. Selon Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail (IST), « les cotisations ne représentent tout au plus que 15 à 20 % des ressources financières du syndicalisme français ».

En Suède, en Allemagne ou en Belgique la part des cotisations dans les finances des syndicats est de l’ordre de 80 %. En Italie, selon le rapport Hadas-Lebel, les organisations perçoivent de leurs adhérents plus d’un milliard d’euros de cotisations, en Belgique 400 mil­lions. En France ? Moins de 200 mil­lions. Mais là encore, le conditionnel est de mise, les centrales entretenant le flou. « Les syndicats sont les seules institutions reconnues par l’État qui n’ont pas à produire de comptes, s’offusque Bernard Zimmern, président de l’Ifrap (Institut français pour la recherche sur les administrations publiques), et qui n’ont même pas à tenir une comptabilité. Ils échappent de ce fait à tout contrôle. »

Seule la CFDT publie sur son site Internet une ébauche de budget. « Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, affirme néanmoins Dominique Labbé, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Grenoble, auteur d’une Histoire des syndicats au XXe siècle (Le Seuil). La seule chose qu’il vous est permis de voir est le budget confédéral purgé de tous les satellites qui gravitent autour : instituts divers, tour-opérateurs, cabinets d’expertise comptable, unions de consommateurs… Comme si un groupe publiait les comptes du holding en omettant de communiquer les chiffres de ses multiples filiales… »

Si les effectifs, et par là-même les cotisations, ont fondu, les dépenses ont enflé. « Le syndicalisme français, pauvre il y a un siècle, est aujourd’hui relativement riche », constate Bernard Vivier. Rien qu’au niveau confédéral, la CGT a quintuplé le nombre de ses permanents en trente ans, de 60 à 300 personnes, alors que ses effectifs étaient divisés par deux et demi. Dominique Labbé estime à 10 000 le nombre total de permanents cégétistes, en cumulant la confédération, les fédérations, les unions départementales et locales, les sections d’entreprises et tous les satellites qui gravitent autour du syndicat communiste. La CFDT alignerait, quant à elle, de 8 000 à 10 000 permanents, Force ouvrière, 7 000. La CFE-CGC et la CFTC, 3 000 chacune. Et malgré l’hémorragie de leurs militants, FO et la CFDT n’ont pas hésité à se doter dans le courant des années 1990 de sièges parisiens plus que confortables. Un immeuble de 5 900 mètres carrés près de Montparnasse pour la première, 19 000 mètres carrés dans le XIXe arrondissement pour la seconde. Montant des investissements : 15 et 30 millions d’euros.

Où le “club des cinq” (la CGT, la CFDT, FO, la CGC et la CFTC) va-t-il chercher cet argent ? Comme souvent en France, la réponse est à chercher (au moins en partie) du côté de l’État et des collectivités locales. Les subventions publiques, les prélèvements sur les organismes paritaires et les avantages tirés des “droits syndicaux” constituent les trois sources principales auxquelles s’abreuvent les syndicats.

Les innombrables subventions dont bénéficient les syndicats constituent l’argent blanc de leurs budgets. Matignon montre discrètement l’exemple par le biais de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). Créé par Pierre Mauroy, cet organisme de droit privé géré par les grandes centrales est chargé de produire rapports et études sur le syndicalisme. Il perçoit une subvention annuelle de 3,3 millions d’euros, que se partagent à parts égales les “cinq grands” et l’Unsa-Éducation. Une part pour faire tourner l’institut, une autre pour produire lesdits rap­ports, le reste pour le syndicat.

La plupart des ministères y vont également de leur obole. En 2005, le mi­nistère du Travail a ainsi octroyé 29 millions d’euros à l’ensemble des centrales au titre de la formation des délégués syndicaux, des délégués du personnel, des conseillers prud’hommes… Le mi­nistère de l’Agriculture verse une dizaine de mil­lions d’euros aux syndicats d’agriculteurs. L’essentiel étant de participer, le Quai d’Orsay lâche 300 000 euros pour « soutenir la coopération syndicale internatio­nale ». Mais le plus généreux est sans conteste le minis­tère du Budget, avec pas moins de 300 millions d’euros d’abattements fis­caux, d’exonérations d’impôt ou de cotisations syndicales déduites de l’impôt sur le revenu à hauteur de 60 %.

À la générosité gouvernementale, s’ajoutent celles des régions, des départements et des municipalités qui, outre des subventions parfois importantes, fournissent à titre gracieux locaux, chauffage, nettoyage, informatique ou téléphone. Quant aux 64 militants syndicaux qui siègent au Conseil économique et social, ils reversent l’intégralité de leur indemnité (2 600 euros nets mensuels) à leur syn­dicat. CGT et CFDT em­pochent ainsi chacune entre 500 000 et 600 000 euros chaque année. Mer­ci qui ? Merci le contribuable.

La mise à disposition de permanents et les heures de délégation au titre des “droits syndicaux” constituent une autre ressource importante – la plus importante, même, mais pas la plus transparente… Les salariés mandatés se consacrent totalement ou partiellement à leur syndicat mais perçoivent leur salaire de leur employeur d’origine. À l’Éducation nationale, 2 500 personnes, en équivalents temps plein, seraient détachées auprès des syndicats. Du côté de la Po­lice, 1 600 agents bénéficient d’une décharge totale de service, soit plus d’un policier sur 100…

Autre employeur extrêmement généreux : la SNCF. Entre les mises à dis­position, les délégués syn­dicaux, les autorisations d’absence pour assister à des réunions syndicales, c’est 1 % de la masse salariale de l’entre­prise qui est consacré au syndicalisme, soit 1 700 équivalents temps plein. Quant à la Sécurité sociale, l’ANPE et l’Unedic, la for­mation des adultes ou les caisses de retraites complémentaires, ce sont autant de bases logistiques où les syndicats peuvent trouver permanents, locaux et ma­tériel informatique à un coût modique.

« Au total, dans les trois fonctions publiques, les organismes de la “Sécu” ou les grandes entreprises natio­nales, les “droits syndicaux” (décharges de service et autorisations d’absence di­verses) représentent au mi­nimum l’équivalent de 40 000 emplois à temps plein », estime Dominique Lab­bé. Le coût annuel moyen d’un salarié de l’État étant de 28 000 euros selon l’Insee, l’addition pour le contribuable est de plus d’un milliard d’euros. Est-ce raisonnable ?

Certes, le paritarisme a sa part de légitimité, les syndicats y exerçant une mission de service public. « Que les syndicats reçoivent de l’argent public n’est pas malsain en soi », affirme Bernard Vivier. Comment feraient-ils sans subventions pour former les 14 000 conseillers prud’hommes que néces­sitent chaque année les 200 000 conflits individuels du travail ? « En leur absence, il faudrait recruter des milliers de juges. Le contribuable n’y gagnerait pas forcément », explique-t-il.

« Le rapport Chertier de septembre 2006 sur le dialogue social ne dénombre pas moins de 140 organismes au sein desquels l’État nous demande de siéger », ajoute Bernard Van Craeynest. Il faut bien des professionnels pour assister à toutes ces réunions. « Or, je n’ai que soixante-deux salariés au siège. Je fais comment ? », demande le “patron” de la CGC. Impossible sans l’aide des pouvoirs publics. Reste que, bien au chaud au sein d’organismes brassant des sommes considérables (à lui seul le budget de la “Sécu” atteint 180 milliards d’euros), les partenaires sociaux ont tendance à abuser des contreparties censées couvrir les frais du paritarisme. Ainsi les organismes paritaires rem­boursent les yeux fermés des centaines de milliers d’euros au titre de la formation et de l’assistance technique de leurs administrateurs syndicaux. Au point que les syndicats peuvent avoir la « tentation de majorer artificiellement le nombre des journées/stagiaires déclarées », a plusieurs fois noté la Cour des comptes.

Il en est de même de l’argent de la formation permanente, collecté par les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés). Leur objectif : aider les chômeurs et les salariés peu qualifiés à parfaire leur formation professionnelle. Ces organismes reversent aux “cinq grands” et aux syndicats patronaux 0,75 % des 4 milliards d’euros perçus auprès des entreprises. Soit environ 30 millions d’euros chaque année. Pour pimenter l’affaire, un Fonds national de gestion de la formation professionnelle (Fongefor), créé en 1996, cha­peaute l’ensemble des OPCA et reverse également 0,75 % de la collecte aux partenaires sociaux. En 2001, par sa seule participation à la gestion de la formation professionnelle, la CGT a touché presque 4 millions d’euros. La CFDT, 5,5 millions.

Flairant de possibles dérapages, la Cour des comptes a mené une inspection fin 2005 mais n’a pas rendu publiques ses conclusions. L’affaire était-elle trop gênante ? Si l’on en croit Erwan Seznec, auteur de Syndicats, grands discours et petites combines (Hachette Littératures), « rien n’em­pêche un OPCA de choisir un centre [de formation] “ami” dans lequel une partie de l’argent versé pour payer les formations s’évaporera discrètement », écrit le journaliste. Comment ? « Il suffit d’organiser des stages fantômes. Le risque de se faire prendre est objectivement limité, dans la mesure où les contrôles sont rares. Ni l’Urssaf, ni les directions départementales du travail n’ont envie de lever ce gros lièvre », affirme-t-il. Sans parler des formations “bidons”, la tentation est grande de surfacturer les services rendus. C’est plus discret et plus simple : 150 heures au lieu de 100  heures, ni vu, ni connu. Et de la tentation au passage à l’acte, il n’y a souvent qu’un pas...

Fin de citation .

Je ne partage pas forcément toutes analyses déeloppées dans l'article mais la tonalité générale est assez bonne. A méditer ...

 



Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 00:26
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Cela va deux fois, en quelques jours, que je diffuse les idées de Laurent de Laurent Fabius après l'avoir, à plusieurs reprises, étrillé pendant la dernière campagne électorale ...

Vous allez finir par penser que je suis en train de retourner ma veste!

Ce en quoi vous auriez grand tort ...

Depuis le début, j'ai fait le choix de faire miennes les bonnes idées, d'où qu'elles viennent, même si elles viennent de Laurent Fabius ...

C'est la principale des raisons qui font que mes idées que vous lisez avec régularité sur mon blog sont bonnes! (Et vlan dans les chevilles ... Gonflé, le mec!).

Lisez plutôt :

Début de citation :

Qui sont ces « prétendus spécialistes » que vous fustigez ?

 Pour moi, il y a eu un défaut de prévoyance considérable de la part des prêteurs américains, puis des banques - en particulier des fonds et des hedge funds - ensuite des autorités de régulation et des agences de notation. Car, ce qui me frappe d’abord, c’est que cette crise était prévisible. Quand on a une masse de crédits distribués sans aucune garantie et qu’en même temps l’économie se contracte, il finit forcément par y avoir un retournement. Quand ces créances ont été titrisées, il était aisé de prévoir le risque. Autre chose qui me frappe : la contagion. Le système est si imbriqué que, très vite, on arrive à une crise. Et l’aspect psychologique joue à plein puisque, à partir d’une affaire localisée, faute de transparence, on aboutit à une crise planétaire ! Le marché a vite compris que tout cela était opaque.

 

Les banques centrales ont-elles eu raison d’injecter massivement des liquidités ?

Bien sûr. A partir du moment où le système interbancaire était bloqué puisque les banques refusaient de se prêter de l’argent, il fallait éviter la thrombose. Mais ces injections révélaient aussi que la crise était plus importante que prévu. Rajoutant à l’effet psychologique et à la spirale de crise. Je dirais donc que la situation actuelle est le résultat d’un manque de clairvoyance, d’un défaut de transparence et d’un effet contagion qui rend le système très fragile.

 

 Avez-vous le sentiment qu’il y a un pilote à la tête de la finance mondiale ?

Il ne peut pas y avoir un pilote ; il faut qu’il y ait des pilotes. Et ces pilotes, ce sont les autorités américaines (pour ce qui est des prêts immobiliers), les régulateurs nationaux, les agences de notation, les banques centrales - qui doivent impérativement se coordonner davantage - et les gouvernements eux-mêmes qui doivent tout faire pour éviter la contagion entre économie financière et économie réelle.

 

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a affirmé qu’elle ne croyait pas à la contagion de l’économie française.

Moi, j’ai bien peur qu’il y ait des conséquences sur la France. Car il y a une addition de facteurs qui poussent dans le même sens : climat de crise financière, décisions ponctuelles du gouvernement qui vont avoir des effets sur la consommation, telles la hausse de l’électricité, et aussi l’augmentation des prix de l’alimentation... Tout cela donne un climat morose, là où on nous annonçait une reprise. Alors que la croissance mondiale est très forte, cette crise risque d’aboutir un peu partout, y compris en France, à un freinage des investissements et de la consommation.

 

Aux manettes, que feriez-vous ?

Je m’assurerais de l’existence d’une bonne coordination entre les autorités financières internationales, d’une vraie discussion avec la Banque centrale européenne car elle ne doit surtout pas relever ses taux. Et je mettrais sur la table la question des hedge funds (il faut espérer que les Américains vont réagir sur le sujet comme Angela Merkel le réclame depuis des mois) et des bulles financières. Car ce qui se passe dans l’immobilier peut arriver dans d’autres secteurs, je pense notamment à certains marchés énergétiques. Le problème c’est que l’économie se « financiarise » totalement ; or les rendements financiers exigés sont sans commune mesure avec l’économie réelle. Comme les phénomènes de chute sont accélérés, cela donne à la fois un effet domino et un effet casino.

 

Les autorités politiques et financières réagissent-elles comme il faut ?

Avant tout, il faut faire preuve de sang-froid et développer une vision internationale coordonnée. Or, dans cette crise, on a eu un sentiment de flottement. D’autant que nous sommes en août et que beaucoup sont en vacances. Il fallait une réponse psychologique forte des autorités publiques. Pour le moment, je constate qu’on est en pleine tempête.

   

Interview réalisée par Alexandra Schwartzbrod.

Fin de citation.

 

Fabius n'a pas raison sur tout! En particulier, il a tort sur un point.

 

Il faut que la Banque Centrale Européenne relève ses taux, comme cela était prévu, en Septembre prochain.

Pourquoi?

C'est une affaire de crédibilité, tout simplement!

On vient de le voir : la Banque Centrale Européenne vient de s'offir le luxe d'intervenir massivement sur les marchés financiers en mettant à disposition les liquidités indispensables (plus de 200 milliards d'euros ... moins que les 250 milliards que j'avais un peu vite annoncé) alors que dans le même temps, la FED ne mettait au pôt que 90 milliards de dollars soit TROIS fois moins!

Première leçon (qui va payer dans le moyen et long terme) :
1. Quand la BCE doit être là, elle y est vraiment! Elle met le paquet ...

2. Les autres n'y sont pas ... du moins pas à la hauteur en rapport avec leur poids économique réel (ou supposé?). Bon à savoir pour la suite ...

Il faut DONC que la BCE relève ses taux, comme cela avait été annoncé, en septembre prochain.

Deuxième leçon :

De la sorte, elle apparaitra comme une institution qui dit à l'avance ce qu'elle fera et qui fait ensuite vraiment ce qu'elle a dit qu'elle ferait ...

Seuls les grands, les très grands, peuvent se permettre cela! Tout simplement parce qu'on peut leur faire confiance ...  

Jeudi 19 juillet 2007 4 19 /07 /Juil /2007 16:47
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Après avoir quelque peu égratigné le PS, il me faut rétablir un peu l'équilibre ...

Voic une interview que François Hollande donne à so journal militant qui mérite d'être lue.

Début de citation :

Nicolas Sarkozy s’est exprimé à Épinal sur la future réforme des institutions. Le PS a dénoncé une « dérive présidentialiste ». Pourtant, est-ce qu’il n’y avait pas une hypocrisie à ce que le droit ne dise pas ce qu’est la pratique du pouvoir ? Nicolas Sarkozy a une certaine propension à tout vouloir trancher, ordonner, régenter. Sa pratique du pouvoir renforce les excès de la Ve République, à savoir la concentration des décisions en un seul lieu. C’est le pouvoir personnel. Ce n’est pas ma conception de la démocratie.Il y a donc nécessité à un rééquilibrage de nos institutions. Le projet socialiste a fait le choix de la république parlementaire qui allie un président responsable, un Premier ministre lié par un contrat de majorité, un parlement respecté. Nicolas Sarkozy est précis sur ce qui renforce ses prérogatives présidentielles ; il est interrogatif sur ce qui pourrait les limiter. Il demande par exemple à se rendre au moins une fois par an devant le Parlement ; en revanche, il est plus évasif lorsqu’il s’agit de supprimer les procédures contraignantes qui brident l’initiative législative du Parlement.Mais finalement, la quasi-disparition du poste de Premier Ministre est-elle un problème ? N’est-ce pas une façon de rendre le président plus responsable ? La difficulté tient au fait que c’est malgré tout le Premier ministre qui demeure responsable devant le Parlement. Nous aboutissons donc à un paradoxe. C’est le président et non le chef du gouvernement qui, en fait, « détermine et conduit la politique de la nation », mais c’est le seul Premier ministre qui peut, en droit, être renversé par l’Assemblée.Dans un régime présidentiel, comme aux États-Unis, le parlement dispose habituellement de moyens de contrôle renforcés. Rien pour le moment n’y ressemble dans ce que suggère le chef de l’État. Le seul « statut de l’opposition » qui vaille, c’est le renforcement des droits de l’Assemblée nationale.

Parmi les nombreux points soulevés, quels sont ceux qui vous semblent prioritaires et sur lesquels pourrait éventuellement s’élaborer un consensus ?

Tout ce qui concourra à l’affermissement des pouvoirs du Parlement aura notre agrément. Suppression de l’article 49-3, du vote bloqué, de la procédure d’urgence, possibilité pour les assemblées de fixer pour partie leur ordre du jour, mandat unique…

Mais, là encore, j’observe la timidité du Président qui n’a évoqué par exemple la suppression de l’article 49-3 (adoption d’une loi sans vote) que pour exprimer sa propre « réserve ».

Il nomme une « commission sur les institutions », mais il encadre déjà sa réflexion. Elle devra être « au-dessus des partis », mais visiblement pas au-dessus de lui…

Pourquoi avoir stigmatisé la participation à la commission de modernisation de la vie politique qui sera présidée par Édouard Balladur ?

Toute réforme institutionnelle ne peut être adoptée au Parlement réuni en Congrès que par une majorité des trois cinquièmes. Ce qui suppose, si l’on veut aboutir, de rechercher un consensus. La bonne formule aurait été celle de la commission parlementaire. Commencer par l’écarter de la réflexion augure mal du sens des réponses à apporter.

L’ouverture, ce n’est pas choisir ses opposants sur chaque sujet. L’ouverture, c’est accepter un dialogue franc et ouvert avec l’opposition, dialogue à partir duquel les compromis peuvent être envisagés.

S’agissant des institutions, nous verserons nos propositions au débat et nous verrons le traitement que leur réservera l’Élysée dans la préparation de son projet.

À quelles conditions le PS est-il prêt à jouer le jeu de l’ouverture ?

Ne soyons dupes de rien. Nicolas Sarkozy pratique l’ouverture médiatique, mais la fermeture programmatique. Il cite Jaurès, mais met fin à l’impôt sur la fortune. Il nomme des personnalités issues de la diversité, mais opère l’amalgame entre immigration et menace sur l’identité nationale.

L’attraction du pouvoir peut être forte. Ce n’est pas nouveau. Mais que chacun prenne la mesure de ce qu’il accepte. On ne peut continuer à se prétendre de gauche et cautionner une politique résolument de droite. À chacun de prendre garde de ne pas finir comme dans la fable du corbeau et du renard, sauf à vouloir occuper un « fromage ».

Justement, vous dites que la droite mène une politique résolument à droite. Ce n’est pas une surprise !

Non. Mais Nicolas Sarkozy est, comme tous les hommes de droite, tenté de le faire oublier. Sa politique est malheureusement sans surprise. Au plan économique et social, l’adoption du paquet fiscal est une caricature. Le bouclier fiscal permettra, selon le ministère des Finances, à un petit millier de contribuables disposant d’un patrimoine financier supérieur à 15 millions d’euros de bénéficier d’une restitution moyenne de 250 000 euros par an. Ce qui coûtera à la collectivité 272 millions d’euros !

L’UMP a également porté de 20 % à 30 % l’abattement de l’ISF sur la valeur de la résidence principale…

Et elle a autorisé une nouvelle déduction pour les investissements dans les PME. Sans l’avouer, la droite vient de porter un coup décisif à l’impôt sur la fortune.

La transmission de la richesse d’une génération à l’autre n’a pas été oubliée non plus. Alors que 75 % des successions étaient déjà exonérées, un couple avec deux enfants disposant de 1,5 millions d’euros pourra désormais transmettre l’intégralité de son patrimoine sans que ses ayants droit n’aient à acquitter quoi que ce soit, soit un gain de 200 000 euros par foyer fiscal dans cet exemple précis.

Le chef de l’État parle de « choc de confiance »…

Ce « choc » ne touche qu’une poignée de Français. Cette politique n’est pas de nature à donner au pays un surcroît de croissance. Pire, elle sera financée par la dette, la diminution des services publics, la vente d’actifs et l’augmentation des taxes pour le plus grand nombre (franchises de santé ou TVA sociale).

Pour bénéficier de la politique de Nicolas Sarkozy, il faut commencer par être riche. C’est le principe du « pour gagner plus, il faut déjà avoir plus ».

Ce n’est pas tout à fait le discours de Nicolas Sarkozy…

Ce n’est pas son discours qui doit le plus solliciter notre vigilance, mais ses actes. Nicolas Sarkozy dit aimer l’école et ses enseignants, mais c’est son gouvernement qui s’apprête à supprimer plus de 17 000 postes en 2008 !

C’est Nicolas Sarkozy qui, la main sur le cœur, en rajoute sur le droit opposable au logement, mais c’est le même qui préfère accorder près de 4 milliards d’euros pour exonérer les intérêts d’emprunts alors que cette somme aurait pu permettre le doublement de la construction de logements sociaux.

C’est le candidat Sarkozy qui promettait de faire baisser la dette sous les 60 % du PIB ; c’est le même qui accepte qu’elle franchisse 65 % à la fin de l’année !

Peut-on au moins reconnaître au gouvernement de s’être immédiatement mis au travail ? Il y a par exemple le vote de la loi sur la récidive et les mineurs délinquants…

C’est un très bon exemple. Il illustre la précipitation dans laquelle le gouvernement travaille.

C’est quand même un véritable sujet ?

De quoi parle-t-on ? D’une nouvelle réforme de la loi pénale alors que l’encre n’est pas encore sèche pour les trois réformes précédentes. Y avait-il véritable urgence à légiférer ? Le gouvernement précédent avait-il laissé la France dans un tel état d’insécurité ?

Les sanctions existent et le débat au Sénat a permis de relever que les juges et les jurés appliquent déjà avec sévérité la loi pénale. Les condamnations en matière criminelle sont d’ores et déjà supérieures aux peines plancher que veut instituer Rachida Dati. En revanche, 30 % des peines prononcées aujourd’hui ne seront pas exécutées demain, faute de moyens suffisants alloués au ministère de la Justice. En revanche, la loi alourdira les peines pour les délits. Avec le projet actuel, nous allons essentiellement engorger nos prisons de délinquants – y compris mineurs – qui, faute de structures adaptées pour les encadrer et préparer leur réinsertion, vont entrer dans un processus d’escalade. La loi Dati est paradoxalement une machine à créer de la récidive.

On parle toutefois de « loi Dati », est-ce que ce n’est pas un progrès ?

Le progrès, c’est une femme issue de la diversité qui devient garde des Sceaux. La régression, c’est hélas la loi que cette même ministre défend au nom du gouvernement.

Est-ce que la nomination de plusieurs ministres issus de la diversité n’est pas une pierre jetée dans le jardin du PS ?

Dois-je rappeler que nous ne sommes pas au pouvoir ? Je souligne tout de même que depuis le congrès de Dijon, nous avons toujours veillé à ce que notre exécutif à nous, le bureau national, soit justement représentatif de la société française. Faouzi Lamdaoui, Malek Boutih, Safia Ottokoré, Kader Arif, Harlem Désir, Bariza Khiari, Ouarda Karraï, sont la démonstration de ce Parti socialiste qui valorise tous les talents.

Je ne suis pas certain que nous soyons étrangers à la décision de Nicolas Sarkozy. Sur la parité comme sur la diversité, nous avons été les précurseurs et tant mieux si la droite nous emboîte le pas et même nous précède au plan gouvernemental. Il nous faudra être encore plus ambitieux.

Vous rappelez que le PS a été à l’origine de certaines innovations dans la vie politique. Dans cette ligne, comment va s’organiser le processus de refondation annoncé ?

Nous allons nous remettre ensemble au travail dès l’université d’été de La Rochelle. J’insiste sur la nécessité de nous livrer à cette refondation, ensemble. Le calendrier politique de la rentrée sera chargé (débat budgétaire, réforme des institutions, préparation des municipales…) mais rien ne serait pire que de repousser à des jours meilleurs la réflexion. Je lancerai donc dès le mois de septembre trois groupes de travail, rassemblant toutes les générations, pour aboutir à trois grands forums thématiques qui se dérouleront entre le 24 novembre et le 20 janvier.

Il s’agira au terme de ces trois rendez-vous de nous accorder sur les diagnostics, les principes fondamentaux et les valeurs sur lesquels doit reposer une politique socialiste. Il s’agit de réaffirmer dès cette période une ambition qui se déclinera ultérieurement sous la forme d’un programme.

Nous entreprendrons parallèlement dès le début de l’année 2008 une double réflexion, d’abord sur l’évolution nécessaire de notre fonctionnement (adhésions, fonctionnement, etc.) et, plus stratégiquement, sur les modalités d’une structuration de la gauche.

Donc, si on comprend bien, il vaut mieux commencer par de bonnes vacances…

Oui… pour bien s’opposer, il faut commencer par bien se reposer. Bonnes vacances à toutes et tous ! Et merci pour le travail accompli pendant tous ces mois de campagne. Certes, nous n’avons pas gagné. Mais, soyons fiers de nos valeurs et prêts pour les combats démocratiques qui s’annoncent.

Propos recueillis par Thomas Colognac et Éric Lamien

Fin de citation.

Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /Juil /2007 22:46
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Gagner, tout seul ou presque, deux procès contre le clan Ceccaldi Raynaud, c'est une performance qui mérite d'être soulignée ...

Donc, moi aussi, je soutiens Christophe Gréber (http://www.monputeaux.com) dans son action. Je reprends donc à mon compte le billet de soutien qu'un militant socialiste blogophile apporte à Christophe!

Début de citation :

Pour qui s'intéresse comme moi à la politique et à internet, il est difficile de ne pas connaitre, et de ne pas admirer l'action politique que Christophe Grébert a entreprise à Puteaux et sur le net, avec une telle passion et une telle constance, depuis des années. Dans une blogosphère marquée trop souvent par la qualité inégale de certains de ses contenus, il a su inventer une utilisation des plus politiques de l'internet, concrète, précise, en maniant l'arme du blog comme l'un des rares contre-pouvoir de sa ville, Puteaux, qui semblait en manquer si cruellement.

Patiemment, modestement, il s'est imposé comme un leader de l'opposition municipale, incarnant une nouvelle génération en politique et en portant d'autres méthodes, d'autres approches, plus démocratiques, plus locales, plus en phase avec la société dans laquelle nous vivons. Cette expérience "locale" sert aujourd'hui d'exemple bien au delà de Puteaux et n'a pas peu contribué à la notoriété de cette ville. 

Apres de si longues années d'opposition municipale, si militantes et si actives -qu'il a payé durement par de nombreuses tentatives d'intimidation, de pressions en tout genre-, Christophe Grébert se présente devant les socialistes, d'abord, pour obtenir l'investiture aux municipales et solliciter ensuite le suffrage des Putéoliens. On ne peut rêver une construction politique plus logique et plus cohérente : travail de terrain pendant des années, militantisme local acharné (présence aux conseils municipaux, suivi pointilleux et critique précise de la politique du maire), rassemblement de la société civile grâce à son blog, et aujourd'hui construction d'un véritable projet municipal alternatif. 

Cette volonté de remettre la politique "à l'endroit", en privilégiant l'action sur le terrain et le militantisme local, la participation de la société civile à la construction d'un projet politique municipal, me semble aujourd'hui constituer les conditions de réussite de la gauche. Et ce n'est pas un hasard que ceux qui comprennent le mieux ce besoin de participation de la société, de sincérité dans l'investissement politique, proviennent d'une nouvelle génération ou internet symbolise justement cette nouvelle manière d'aborder la politique, le travail, le pouvoir : plus simple, plus concrète, plus constructive, plus pragmatique, moins bureaucratique, moins arrogante, moins technocratique, moins hiérarchique. 

Car Christophe Grébert est dabord le candidat d'une nouvelle manière de construire un projet politique municipal : participative, sa campagne se fixe comme objectif - à l'image de ce que Ségolène Royal a lancé pendant les présidentielles- de construire avec les militants, avec la société civile, tout un programme politique pour changer la donne à Puteaux, en y associant tout ceux qui veulent sortir de l'immobilisme, et connaitre enfin l'alternance après 30 ans de domination sans partage d'une famille et d'un clan sur cette ville. 

Pour toutes ces raisons, je pense qu'avec Christophe Grébert, Puteaux doit continuer de donner l'exemple : hier en en faisant un modèle d'opposition municipale, demain en incarnant le socialisme municipal et participatif du 21ème siècle. J'appelle les socialistes à voter pour notre bloggueur, camarade et je l'espère futur candidat aux municipales. 

Benoît Thieulin

Militant socialiste, memble de TemPSréels, la section virtuelle du Parti-socialiste.

Fondateur de la Netscouade (SARL)

Ancien Responsable de la Net-Campagne présidentielle de Ségolène Royal

Fin de citation.

 

Il m'importe peu que Christophe Gréber soit socialiste ou pas! Qu'il obtienne des soutiens chez les socialistes. Ce qui m'intéresse, c'est que Christophe mêne une démarche honnête ... pour le bien des gens face à des tenants du pouvoir que je souhaite voir lâcher prise.

 

Samedi 7 juillet 2007 6 07 /07 /Juil /2007 08:17
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Voici la deuxième partie du discours de politique générale de François Fillon.

Début de citation :

La France est grande lorsqu’elle montre l’exemple car les actes parlent toujours plus que le verbe.Elle continuera donc d’agir pour la paix, dans le cadre défini par les Nations Unies, au Liban, en Afghanistan et en Côte d’Ivoire. La France ne se dérobera pas aux devoirs de l’amitié et de la solidarité pour l’Afrique. La France ne se résignera pas à voir le Liban glisser dans la guerre civile.

La France ne se résignera pas à assister impuissante à l’assassinat de tous les dirigeants libanais qui osent défendre l’indépendance de leur pays.

La France ne se résigne pas à voir la bande de Gaza en état de siège permanent et la Palestine condamnée à une partition de fait avant même d’avoir pu exercer réellement sa souveraineté sur son territoire.

La France va prendre des initiatives pour aider les communautés libanaises à se parler à nouveau. Elle va prendre des initiatives pour ranimer la petite flamme de l’espoir d’une Palestine libre et démocratique coexistant pacifiquement avec un Etat d’Israël reconnu et respecté par tous ses voisins.

La France est grande lorsqu’elle s’engage résolument dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans la perspective de la réunion de Bali, en décembre prochain, la France se fait un devoir de convaincre ses alliés américains et les grands pays émergeants de se rallier à une approche concrète et ambitieuse pour préparer l’après Kyoto.

Dans cette affaire mondiale, la France s’engagera pleinement.

Nos technologies et nos capacités d’innovation, nos compétences en matière d’énergie notamment avec la préparation des réacteurs nucléaires de 4e génération, notre potentiel agricole, la richesse et le dynamisme de la France maritime, le civisme de nos concitoyens, leur attachement à la beauté de nos paysages, à la biodiversité, à la qualité de vie : tous ces atouts seront concentrés autour d’une stratégie volontariste.

Ce volontarisme se traduira aussi sur le plan fiscal. Il n’est plus possible de rester neutre face aux enjeux environnementaux. La fiscalité écologique doit émerger dans notre droit. Déjà l’Europe nous invite à mettre en place une eurovignette pour que les poids lourds circulant sur nos routes ne le fassent plus en totale franchise fiscale alors qu’ils engendrent des nuisances, des risques et des coûts en infrastructures. Nous mettrons en œuvre cette eurovignette qui pourra être expérimentée sans tarder en Alsace.

Mais nous devons aller plus loin et poser la question d’une taxation sur le contenu en carbone des produits offerts sur le marché.

L’instauration d’un grand ministère de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables est à l’image de la politique structurante et globale que nous allons conduire. Le « grenelle de l’environnement » qui se tiendra à l’automne en donnera le départ.

Notre monde a besoin de raison. Il a aussi besoin d’équilibre. Notre outil militaire doit être musclé autour de nos objectifs de projection de forces et de dissuasion.

Sous l’autorité du président de la République, le Gouvernement vous proposera une loi de programmation militaire. Elle sera précédée par un nouveau livre blanc qui sera rédigé à l’automne.

Les choix que nous devrons assumer ne seront pas faciles.

Ils ne se limiteront pas au point de savoir si et quand il faut un deuxième porte-avions. Il nous faudra quitter la logique traditionnelle de l’accumulation des exigences propres à chaque arme, pour mieux apprécier où sont les vrais besoins stratégiques, où sont les menaces de demain, où sont les enjeux industriels décisifs.

Notre responsabilité dans ces choix décisifs sera lourde, car je ne crois pas que le monde de demain soit plus pacifique que le monde d’hier.

Même si l’Europe paraît en quelque sorte sanctuarisée par sa solidarité au sein de l’Union, nous voyons bien que l’arc des crises se développe, et par là même les menaces potentielles sur nos intérêts vitaux. Il n’est donc pas question de baisser la garde. Nous devons armer notre vigilance, avec lucidité. Nous le ferons d’autant plus efficacement que nous pourrons agir dans le cadre de coopérations européennes et de notre alliance traditionnelle avec les Etats-Unis, sans rien sacrifier de l’indépendance nationale, ni de notre dialogue constructif et confiant avec la Russie.

Trois défis majeurs sont devant nous : désamorcer le scénario du choc des civilisations que nourrissent les terroristes, dissuader les Etats qui s’affranchissent des règles qui régissent l’accès et l’usage du nucléaire, organiser un accès équitable et sécurisé aux matières premières et aux énergies.

Le monde a besoin de la France. La France a besoin de l’Europe pour protéger ses intérêts et rayonner, et l’Europe avait besoin de la France pour se relancer.

Voilà qui est chose faite !

En défendant avec énergie et méthode l’idée d’un traité simplifié, le chef de l’Etat n’a pas seulement replacé notre pays au cœur des enjeux européens, il a aussi renforcé le couple franco-allemand tout en nous rapprochant des européens de l’Est.

Ce projet de traité modifie la philosophie économique de l’Union. En précisant que la concurrence est un moyen et non une fin en soi, ce traité confirme le rôle des services publics.

Le "non" de notre peuple au traité constitutionnel a été respecté.
Le "oui" à l’Europe politique a été restauré.
La ratification de ce nouveau traité sera soumise au Parlement au début de l’année 2008.

S’engagera alors la Présidence française de l’Union européenne. Elle sera dominée par des défis autour desquels tout mon gouvernement sera mobilisé.

Il faut que l’Europe joue un rôle moteur dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Il faut davantage de recherche européenne.

Il faut aider l’agriculture française et européenne, plus indispensable que jamais, à être performante et respectueuse de l’environnement.

Il faut une politique énergétique commune pour assurer nos approvisionnements. Il faut une politique commerciale mieux affirmée et moins naïve.

Il faut une politique industrielle permettant à l’Europe d’être plus présente dans les secteurs stratégiques. Il faut une Europe sociale forte, manifestation de nos valeurs communes de solidarité et de justice.

Il faut enfin débattre de l’identité de l’Europe et fixer ses frontières, développer les relations entre l’Europe et ses voisins et poser les bases d’une Union méditerranéenne comme nous y invite le Président de la République.

Mesdames et messieurs les députés,

L’identité de la France se forgeau jour le jour, dans notre capacité à vivre ensemble, en transcendant les origines, les préjugés et les discriminations, en combattant les peurs qui nous divisent. Dans les quartiers, il existe une jeune génération, qui cherche sa place, des repères, du respect.
Cette jeunesse a souvent été trompée.
Trompée par des discours complaisants.
Trompée par la faiblesse d’un Etat qui a cédé devant les lois de la rue, qui est resté trop souvent passif devant la pression mise sur des jeunes filles dont le seul tort était de vouloir vivre librement.
Trompée par ceux qui, par discrimination, mettent au panier le CV d’un jeune des cités dont les mérites sont pourtant éclatants.

Un plan "respect et égalité des chances" sera lancé. Visant les quartiers difficiles, il s’attachera d’abord à les désenclaver. L’incident du RER la semaine passée a bien montré à quel type de difficultés se heurtent au quotidien nos concitoyens et comment dans bien des cas les services publics répondent mal à leur attente. Ce plan mettra en avant l’égalité des chances par l’éducation avec la réduction du nombre d’élèves dans les établissements où se concentrent les difficultés et avec un renforcement du tutorat. Nous soutiendrons les internats de réussite éducative. Et enfin une dynamique nouvelle sera enclenchée sur la formation et l’accompagnement à l’emploi.

L’effort massif engagé en faveur de la rénovation des quartiers se poursuivra. En l’espace de cinq ans, notre retard en matière de construction, pris à la fin des années 90, devra être comblé. Pour cela nous devrons nous tenir à un objectif de 500 000 nouveaux logements construits par an dont 120 000 logements sociaux. Un système de caution publique afin de fluidifier et sécuriser le marché de la location sera mis en place. L’accession à la propriété, qui sera facilitée par la déduction des intérêts d’emprunts, doit s’accompagner d’un élargissement du marché de la vente. Nous permettrons aux locataires de logement HLM d’en devenir propriétaires avec un objectif de 40.000 accessions à la propriété par an.

Toute politique d’intégration suppose, en parallèle, une politique d’immigration choisie et non subie. La France est une terre d’asile, une terre d’accueil. La France a du cœur, mais elle n’est pas assez riche pour être la terre promise de tous les peuples en détresse ; cette terre que des réseaux mafieux vendent comme un pays de cocagne aux déshérités. Je n’accepterai jamais de régularisation globale qui n’aurait pas d’autre effet que de relancer des hommes et des femmes sur les chemins de l’exil. Le gouvernement combattra avec la plus grande détermination les filières d’immigration illégales et le travail dissimulé car j’y vois une forme moderne de traite des êtres humains.

Nous sommes une Nation. Une nation d’intégration. Et l’intégration signifie que celui qui vient légalement en France adopte la France, et, dès lors, la France l’adopte comme l’un des siens.

Ceux qui veulent venir en France devront avoir les moyens de s’y intégrer. Ils devront avoir un travail, et, à cet égard, des objectifs quantitatifs pluriannuels, seront établis après consultation des acteurs économiques et sociaux. Ils devront respecter nos valeurs républicaines. Ils devront apprendre notre langue.

Partager un destin commun, mesdames et messieurs les députés, c’est vivre dans la confiance et l’estime réciproques. Ce n’est pas verrouiller sa porte dès la nuit tombée. Ce n’est pas baisser le regard en traversant son quartier. La peur et la défiance sont les adversaires de l’unité nationale.

Le gouvernement ne craint pas d’employer le mot "fermeté". Il n’hésitera pas non plus à utiliser celui "d’autorité".

Face à la culture de la violence, je n’ai qu’un mot d’ordre : ne rien céder ! J’utilise le mot de "culture" à dessein, car c’est bien toute notre société qui est interpellée dans ses valeurs et sa morale.

Nous avions promis d’agir contre les multirécidivistes : le projet de loi qui vous sera présenté respecte notre engagement. Les délinquants auteurs d’actes graves, lorsqu’ils sont en situation de récidive, feront l’objet de peines planchers. Nous vous avions également promis de traiter la délinquance des mineurs. Dorénavant, la minorité ne sera plus un alibi d’office pour les jeunes délinquants. A force d’être excusés, impunis, certains jeunes délinquants en ont conclu que la société n’avait ni le courage de les recadrer, ni la générosité de les replacer dans le droit chemin. C’est cela qui doit cesser !

La Justice est l’un des fondements de l’Etat. Elle doit s’adapter aux évolutions de la société. Nous devons revoir la carte judiciaire. La carte actuelle héritée d’un autre âge ne correspond plus aux exigences de l’efficacité. Bien sûr, rien ne saurait se faire sans concertation. Mais on ne peut plus disperser les moyens. On ne peut plus laisser vivre de telles disparités entre les tribunaux au point que la manière d’y rendre de la justice finit par s’en ressentir, au mépris de l’égalité devant la justice.

Le Gouvernement s’attachera aussi dans le cadre d’une loi qu’il vous soumettra, à faire progresser notre système pénitentiaire. Nous devons consentir l’effort nécessaire pour garantir des conditions décentes de détention aux prisonniers en même temps que de bonnes conditions de travail aux surveillants. Dès cette session extraordinaire, le Gouvernement vous proposera de créer un contrôleur général des prisons et des autres lieux privatifs de liberté.

Sur la sécurité des Français, le Gouvernement ne négligera rien et ne lâchera rien.

Pour une meilleure performance de nos forces de sécurité intérieures, les moyens techniques et scientifiques de la police et de la gendarmerie seront étoffés dans le cadre d’une nouvelle loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure. La fusion de la DST et des renseignements généraux sera rapidement menée à bien.

Les événements récents dans le sud de la France, en Espagne et surtout en Grande-Bretagne, montrent que les menaces terroristes demeurent très présentes. La France n’est pas à l’abri. Les services de renseignements sont en alerte. La coopération internationale est intense. Rien ne sera laissé au hasard.

Et en particulier nous évaluerons les bénéfices qu’a retirés la Grande Bretagne de l’installation d’un réseau de télésurveillance.

De la même façon, nous ne relâcherons pas notre action contre les violences quotidiennes. L’excellence de nos résultats par le passé, qui doit beaucoup à l’ancien ministre de l’intérieur, ne devra pas s’infléchir. Je compte sur l’action des policiers et des gendarmes auxquels je dis toute ma confiance et mon soutien.

Mesdames et messieurs les députés,

Au cœur de la crise nationale, il y a un cancer : le chômage de masse. Ce cancer qui depuis un quart de siècle ronge nos capacités de production, lamine le corps social, bloque l’intégration, alimente l’extrémisme. L’objectif de mon gouvernement est donc simple et clair : c’est le plein emploi.

Le caractère endémique du chômage dans notre pays a fait du plein emploi une chimère, une promesse à laquelle les français, si souvent déçus, ne croient plus. Pourtant il n’y a là rien d’impossible, y compris en Europe, puisqu’une bonne moitié des membres de l’Union européenne connaissent le plein emploi, parfois depuis une décennie. Il n’existe donc pas plus de fatalité du chômage de masse aujourd’hui qu’il n’en existait pour l’inflation hier. Mon gouvernement se fixe ainsi pour objectif un taux de chômage de 5% à la fin du quinquennat.

L’heure est venue de tourner la page du malthusianisme économique et du conservatisme social.

Que la politique monétaire de l’Union ne soit pas aussi réactive que nous le souhaiterions, que la faiblesse du dollar et du yuan ne facilite pas la tâche de nos exportateurs, c’est incontestable !

Mais le problème n’est pas que là. Le cœur du problème est d’abord chez nous !

Il faut sortir la France de l’impasse dans laquelle elle s’est enfermée : celle de la "vieille croissance".

La "vieille croissance", c’est cette croissance molle marquée par une sous activité, une stagnation des revenus et le décrochage de nos moyennes entreprises dans la compétition internationale.

Cette "vieille croissance", c’est la croissance à crédit. Ce sont les dépenses publiques qui ignorent les nouveaux modes de gestion et la responsabilisation des acteurs. C’est le choix des déficits et de la dette qui ont privé l’Etat de toute marge de manœuvre.

La "vieille croissance", c’est le dérapage incontrôlé des dépenses sociales qui n’aura pas empêché beaucoup de nos concitoyens de basculer dans la précarité. Ce sont les prélèvements obligatoires pour soutenir à bout de bras un système asphyxié. C’est la consommation qui ignore les consommateurs avec leurs exigences et leurs droits. C’est le partage du travail et l’idée fausse suivant laquelle les préretraites ouvrent le chemin de l’emploi aux jeunes. C’est l’opposition stérile entre la flexibilité du marché de l’emploi et la sécurisation des salariés.

Pour tout dire la "vieille croissance", c’est, depuis quinze ans, un point de croissance en moins que la moyenne européenne et deux points de plus en matière de chômage.

Imaginons ensemble une "nouvelle croissance" !

Une croissance forte. Une croissance saine, qui ne soit pas une croissance "à crédit" dopée artificiellement par les dépenses publiques. Une croissance solidaire destinée à consolider la cohésion nationale.

Gagner le point de croissance qui nous manque, c’est l’objectif fixé par le chef de l’Etat !

Nous le ferons par la revalorisation du travail. Car nous croyons que c’est le travail des uns qui entraîne le travail des autres, c’est l’effort des uns qui stimule celui des autres, et c’est la récompense des uns qui motive les autres.

Cette logique nous a conduits à vous proposer des mesures qui visent tous les âges de la vie.

Ne plus soumettre le travail des étudiants à l’impôt. Faire sauter les verrous aux heures supplémentaires pour compenser l’effet étouffant des 35 heures. Conforter la réussite des dirigeants qui se distinguent par leurs performances mais interdire le scandale qui consiste à récompenser ceux qui échouent. Adapter enfin nos prélèvements fiscaux pour que ceux qui ont créé de la richesse grâce à leurs efforts puissent transmettre ce capital à leurs proches.

Le projet de loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat cristallise notre stratégie économique.

Il n’est que la première étape d’une réforme profonde du marché du travail et de l’environnement réglementaire de nos entreprises.

Nos entreprises - et spécifiquement nos PME - ont d’abord besoin d’un cadre réglementaire qui les aide et non qui les contraigne.

Je veux réduire l’impôt papier, c’est-à-dire tout ce qui fait que l’administratif entrave le productif. Une commission, à l’image de la commission Rueff Armand de 1959, sera constituée à cette fin sous la présidence du premier président de la Cour des Comptes, Philippe Séguin.

Je proposerai aussi qu’à l’instar du "Small business act" américain, les PME françaises puissent se voir réserver une part des marchés publics. Nous expérimenterons la suspension de certains effets de seuil.

La "flexisécurité" qui a fait ses preuves en Europe du Nord ne doit pas rester un sujet de voyages d’études. Le contrat unique de travail, la réforme du mode d’indemnisation du chômage, la fusion de l’ANPE et de l’Unedic, le revenu de solidarité active doivent réconcilier l’efficacité économique et la solidarité sociale.

Quant à la restructuration de notre système de formation professionnelle, elle est absolument nécessaire. 24 milliards d’euros sont consacrés à la formation ; 60 % des salariés n’y accèdent jamais. Je le dis clairement aux partenaires sociaux : nous ne pouvons plus attendre. J’entends qu’ils s’engagent dans une véritable refondation de la formation professionnelle. C’est un chantier pour 2008, et le Gouvernement, en concertation avec les régions, y sera particulièrement attentif.

Nos entreprises ont également besoin de prélèvements fiscaux et sociaux "intelligents".

Si nous voulons encourager le travail et le pouvoir d’achat, nous devons cesser de taxer plus ceux qui travaillent plus.

Si nous voulons en finir avec les délocalisations et la fuite des capitaux, nous devons encourager ceux qui continuent à investir et à produire dans notre pays.

Si nous voulons lutter contre ceux qui polluent, nous devons avantager ceux qui respectent l’environnement.

Pour toutes ces raisons, le président de la République a souhaité une réforme globale de notre système fiscal. Cette réforme n’est pas seulement un objectif, c’est un impératif.

Nos réflexions sur la TVA sociale s’inscriront dans le cadre de cet exercice. Personne ne peut refuser ce débat. Pourquoi ? Parce que le coût de notre protection sociale est croissant et qu’il le restera si nous voulons en maintenir les principes et la qualité. Dès lors que ce coût est financé par des cotisations qui pèsent sur le travail, nous aurons un choix clair : soit nous taxons toujours plus l’emploi, et nous laisserons partir à l’étranger les industries, immédiatement suivies par les services, soit nous trouvons un complément différent au financement de la solidarité nationale. Donc, le débat sur la TVA sociale aura lieu.

Et nous déciderons ensemble de ce qui est bon pour la France.Ce sera notre premier défi.

Deuxième défi : celui du vieillissement.

Nous ne pourrons le relever qu’à travers l’instauration de la 5e branche de la sécurité sociale consacrée à la dépendance. Nous devrons aussi poursuivre la mise en œuvre de la réforme des retraites. L’allongement de la durée de cotisation prévu en 2003 n’est pas une option. Il aura lieu au terme de la procédure prévue par la loi. Dans le même temps, au nom de la justice, au nom de l’équité, nous réformerons les régimes spéciaux de retraite.

Le troisième défi sera celui de l’assurance maladie. C’est celui qui s’impose comme le plus urgent compte tenu de la dérive des dépenses.

Les mécanismes prévus par la réforme votée en 2004 joueront. Ils nous amèneront à ratifier sans délai le plan de retour à l’équilibre proposé par les gestionnaires de l’assurance maladie.

Au-delà des mesures d’urgence, nous n’éviterons pas des décisions structurelles. Que cela soit clair : si, comme je le pense, nous devons refuser le rationnement des soins, si nous rejetons la seule maîtrise comptable, si nous voulons améliorer nos hôpitaux, y développer les soins contre le cancer et les soins palliatifs, si nous voulons convenablement prendre en charge la maladie d’Alzheimer, alors oui, il faudra faire des choix courageux, et la mise en place de franchises peut être une solution.

Les contraintes techniques plaident en faveur d’une franchise fractionnée avec un plafond annuel par personne. C’est une solution possible pour 2008. Mais l’équité commandera de réfléchir plus avant. L’idée du "bouclier sanitaire" permettrait de plafonner ce que paie chacun pour sa santé en fonction de son revenu. Je souhaite que s’ouvre sur ce sujet un débat sans a priori.

Mesdames et messieurs les députés,

Nous maintiendrons le cap du désendettement et du retour à l’équilibre budgétaire.

Nous ramènerons notre dette publique en deçà de 60 % du PIB et nous rétablirons une situation budgétaire à l’équilibre en 2012 au plus tard. Au printemps prochain, nous inscrirons cet effort dans un cadre pluri annuel. Dès 2008, les dépenses de l’Etat seront strictement reconduites en volume.

Ce défi, nous le relèverons avec tous nos partenaires, au premier rang desquels les collectivités territoriales. Les dotations de l’Etat qui leur sont allouées ne pourront pas globalement croître au-delà de l’inflation en 2008. Nous devrons rebâtir avec elles une relation contractuelle responsable. La contre partie de cet effort partagé pourrait résider dans la simplification et la stabilité des normes qui sont imposées aux collectivités. Dans cette perspective je rencontrerai les associations d’élus dans les prochains jours.

L’objectif de réduction des déficits et de désendettement de notre pays doit être partagé par tous.

Mais ce qui me semble au moins aussi important que les chiffres, ce sont les fondements de cet assainissement.

Nous ne serons pas dans le factice ou le virtuel. Nous voulons conduire une remise à niveau de nos finances publiques qui repose sur des réorganisations pérennes.

C’est pour cela que nous avons engagé la révision générale des politiques publiques et que nous avons d’ores et déjà annoncé le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

C’est cette approche qui nous permettra de réformer profondément et de rationaliser les structures et les politiques publiques.

Chaque ministre travaillera en portant l’ambition d’un véritable recentrage du service public sur ses missions, dans la clarté, pour plus d’efficacité.

Ici comme ailleurs, ma conviction est faite : tout doit être discuté, concerté et accompagné.

Les fonctionnaires sont les premières victimes de l’immobilisme de l’Etat. Leurs conditions de travail, leurs rémunérations, leur place dans la société française s’en ressentent. 50 % des économies retirées du non remplacement de tous les départs à la retraite seront donc affectés à l’amélioration des carrières dans la fonction publique.

Nous voulons faire partager par tous les fonctionnaires une ambition pour l’Etat : celle d’un Etat efficace et reconnu par la nation.

En quelques semaines, nous avons, mesdames et messieurs les députés, ouvert les chantiers du droit pénal de la récidive, de la fiscalité, du travail, de la protection sociale, de l’université, du service minimum dans les transports, de l’immigration.

Nous continuerons à aller de l’avant, comme le veut le président de la République.

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les députés,

Je mesure l’ambition et les difficultés de notre tâche. Mais je vois aussi les atouts de notre réussite.

D’abord les Français eux-mêmes.

Je me souviens de ce chef d’entreprise, au bord de la faillite, m’expliquant qu’aucun de ses salariés n’avait manqué à son appel lorsqu’il fallu se retrousser les manches.

Je me rappelle de ce professeur de collège, disant à une jeune fille qui portait le voile : "ici, on ne cache pas son visage, car dans l’école de la République chacun doit pouvoir se regarder sans se défier, ni se juger".

Et j’ai en mémoire ce sous-officier français, qui, il y a quelques années, m’expliquait que dans un village constamment bombardé de Somalie, la première tâche de sa compagnie consista à reconstruire la maternité détruite. Voilà les Français. Avec leurs élans, leur engagement et leur cœur.

Et puis, il y a la République.

Elle fait de chacun d’entre nous le compagnon de l’autre. La République, en France, vient de loin. Elle est née de siècles de combat pour faire triompher l’intérêt général, la liberté de conscience, et l’égalité face à la dure résistance des privilèges et des corporatismes.

La République est une action continue, permanente. Elle est une volonté politique. Une révolte face aux facilités. Face aux injustices. Face aux échecs. La République n’est que mouvement. Si elle tombe, elle se relève telle Gavroche sur sa barricade. Elle se relève toujours et c’est la faute à Voltaire, la faute à Rousseau ; c’est aussi pour nous la faute à Victor Hugo, à Clémenceau, à Gambetta, à de Gaulle, aux héros de vingt ans de la résistance et de la France libre.

"Vivre, ce n’est pas se résigner !", écrivait Camus. Sans cesse dans son histoire, la France a cru au mouvement. Elle n’a jamais fait bon ménage avec le statu quo et les arrangements à la petite semaine, ce que le général de Gaulle qualifiait en son temps de "petite soupe sur son petit feu, dans sa petite marmite". A ce nihilisme nous avons opposé un sens aigu du progrès.

Cette idée du progrès rassemble les Français. Les belles heures de notre histoire témoignent de cette soudaine unité dans l’action. Bien entendu, le progrès réclame des choix, des sacrifices parfois. Il commande d’établir des priorités. Il compromet les rentes.

Car le progrès accélère l’histoire.
Déjoue les scénarios écrits à l’avance.
Dénoue les situations que l’on disait compromises.

La France est fière et audacieuse. Nous lui avons proposé une rupture constructive. Elle s’y est reconnue. Nous avons sollicité d’elle un mandat pour agir. Elle nous l’a donné.

Il y a dans le pays un souffle de confiance. Le président de la République en est l’initiateur. J’en suis devant vous le dépositaire. Cette confiance, le Gouvernement, au titre de l’article 49.1 de notre Constitution, vous la demande.

Fin de citation.

Samedi 7 juillet 2007 6 07 /07 /Juil /2007 08:13
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Avec retard mais avec conviction, je reproduis ici le discours de politique générale de François Fillon. Comme il est trop long pour être diffusé d'un seul tenant, je le scinde en deux parties.

Début de citation :

Monsieur le président,
Mesdames et messieurs les députés, La France sort de six mois de campagne électorale. Elle en sort avec un président de la République qui dispose d’un mandat clair pour faire entrer notre pays dans le 21e siècle.

Avec Nicolas Sarkozy, les Français ont pris leur destin en main. En se passionnant pour la campagne, en s’engageant clairement dans leur vote, en exprimant leur confiance en eux-mêmes, ils ont jeté les fondements d’une France nouvelle. D’une France qui, au-delà des partis, a voulu affirmer sa volonté de changement et sa modernité.De ce message nous sommes tous comptables.

Mesdames et messieurs les députés,

Je me fais une haute idée du Parlement. J’ai siégé sur ses bancs durant plus de vingt ans. J’ai suffisamment été à votre place pour ne pas voir en vous le parlementaire que je fus. Et j’ai suffisamment connu le jeu des alternances pour respecter l’opposition.

En démocratie, le succès des uns ne signifie pas le déni des autres. Chaque Français doit être respecté dans ses convictions et ses votes.

Je crois à l’écoute, à la synergie des différences et des intelligences. C’est pourquoi, l’opposition n’est pas un adversaire mais un contradicteur nécessaire, et je le souhaite constructif.

Quant à la majorité, elle est tout à la fois le partenaire et l’aiguillon du gouvernement. Elle a le droit et même le devoir d’assumer sa victoire, cela sans arrogance mais aussi sans complexe. Sa loyauté ne saurait étouffer sa créativité.

Comme chacun d’entre vous, j’aime passionnément la France. Comme vous, j’ai observé, au cours de mes mandats successifs, ses faiblesses et ses atouts.

Ses faiblesses sont à l’image d’une vieille et grande puissance qui, depuis trente ans, hésite à repenser ses structures et ses habitudes. Droite et gauche confondues, nous nous sommes efforcés d’ajuster le modèle français au lieu de le repenser de fond en comble.

J’ai moi-même longtemps privilégié cette approche empirique, avant de constater qu’elle avait atteint ses limites.

Aucun gouvernement ne fut aveugle, ni inactif, devant ce diagnostic, mais aucun n’aura réussi à enrayer cette lente spirale qui nous a fait chuter au 16e rang des pays de l’OCDE, en termes de richesses par habitant.

Je vous dois la vérité car elle est au cœur de la rupture.

Nous n’avons pas réussi, faute d’avoir osé rompre avec ce cercle vicieux qui consiste à travailler de moins en moins et à s’endetter de plus en plus afin de combler l’écart croissant entre nos capacités de production et nos ambitions redistributives qui n’ont cessé de s’élargir.

Nous n’avons pas réussi, faute d’aller au bout des réformes. Par appréhension politique, par hésitation intellectuelle.

Ces atermoiements ont provoqué un divorce entre les pouvoirs et les citoyens. Il a été sanctionné par une instabilité électorale et gouvernementale unique en Europe qui fut préjudiciable à toute continuité politique.

Cette continuité, la France en a été privée.

Elle en a été privée, car nous n’avons pas su trouver le courage et les mots pour expliquer à nos concitoyens qu’une césure historique était à l’œuvre.

Je veux parler de la mondialisation. Pendant des siècles, la France, avec quelques rares autres nations, a "dominé" politiquement et économiquement le monde. Cette puissance sans égale nous a permis de bâtir une civilisation riche et prospère.

Désormais, le monde se réveille et prend sa revanche sur l’histoire. Des continents entiers sont en quête de progrès. Leur population est jeune, douée, terriblement motivée. Quand nous luttons pour préserver notre héritage, ils se battent pour constituer le leur. Cette nouvelle donne historique, à la fois angoissante et passionnante, exigeait et exige plus que jamais de la France un sursaut qui n’a que trop tardé.

L’embellie économique et sociale que nous connaissons depuis deux ans est encourageante. Mais elle ne nous dispense pas d’un examen lucide sur les ressorts usés du modèle français.

Malgré cela, l’énergie de notre pays est demeurée vivace, preuve s’il en est de l’extraordinaire génie de notre peuple. Tout comme vous, j’ai vu durant cette campagne ces Français qui ne baissent pas les bras, qui se battent, innovent, lancent des projets.

Nos atouts sont forts : une créativité exceptionnelle, un patrimoine sublime, des travailleurs qualifiés et productifs, des entrepreneurs et des artisans passionnés, des infrastructures publiques de qualité, des pôles d’excellence, une démographie solide.

Qui n’a vu, en chaque citoyen, cette envie de se dépasser, de construire, d’aller au bout de ses rêves ? La plus grande force de la France, ce sont les Français eux-mêmes ! Les Français qui, bien souvent, ont été plus entreprenants et modernes que ceux qui parlaient en leur nom. Les Français avec leur ambition, leur courage, leur fierté d’appartenir à un grand peuple.

Tout le sens de l’élection de Nicolas Sarkozy est là : dans cette volonté farouche de notre peuple de se libérer, en rompant avec les pesanteurs, avec le défaitisme et les hésitations du passé.

Cette vitalité doit pouvoir s’exprimer pleinement. Et pour cela, il faut renouveler notre démocratie politique, moderniser notre démocratie sociale, porter notre excellence intellectuelle et scientifique. En définitive, il faut réécrire notre contrat politique, social et culturel.

Mesdames et messieurs les députés,

Nous avons dit qu’il fallait changer la politique. Ce gouvernement d’ouverture, au sein duquel émergent de nouveaux visages qui incarnent la diversité française, qui associe des personnalités aux sensibilités différentes, est l’amorce d’une mutation politique.

Cette ouverture est plus qu’une affaire gouvernementale, c’est un nouvel état d’esprit !
C’est une autre façon de penser la démocratie.
Une nouvelle manière d’associer les intelligences et de respecter les différences.
Une opportunité de se détacher des postures idéologiques et des réflexes claniques. De rassembler la France en enjambant les clivages.

"Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela c’est une erreur nationale impardonnable", disait le Général de Gaulle. Il n’y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche, il n’y a qu’un peuple : le peuple français capable d’unir ses forces lorsque les enjeux sont clairs et justes.

La politique française a besoin de convictions fortes et d’idées nouvelles et, pour cela, elle doit pouvoir considérer le choc des convictions comme le tremplin d’une citoyenneté éclairée et tolérante.

L’ouverture est à l’image de cette France en mouvement. Mais elle n’est qu’une étape. Sous l’autorité du président de la République, je vous propose de poser les bases d’une démocratie mieux équilibrée et plus transparente.

Une démocratie au sein de laquelle le pouvoir exécutif agit avec clarté, dans l’unité du couple formé par le chef de l’Etat et le Premier ministre. Induite par le quinquennat, cette modernisation de nos institutions - que j’appelle de mes vœux depuis longtemps - est un facteur de modernité et d’efficacité.

Devant cet exécutif plus resserré et plus efficace, les pouvoirs du Parlement doivent être renforcés.

Le président de la République a choisi d’engager résolument la modernisation de nos institutions. Dans les prochains jours, il invitera les assemblées et leurs groupes à émettre leurs propositions.

Parallèlement, il entend réunir une commission réunissant des personnalités incontestables pour leurs compétences et représentatives de notre diversité politique qui sera chargée d’éclairer ses choix.

La procédure législative doit incontestablement être dépoussiérée.
Le partage entre le travail en commission et celui en séance publique revu.
La fixation de l’ordre du jour doit être plus partagée.
Le nombre et le rôle des commissions ne peuvent rester ce qu’ils étaient en 1958. N’est-il pas légitime de souhaiter la création d’une commission du développement durable ou de s’interroger sur la lourdeur d’une commission regroupant les affaires sociales, la culture et l’éducation ?

Dans cette perspective, la décision consistant à laisser la présidence de la Commission des finances à un membre de l’opposition constitue une avancée considérable. C’est la première fois sous la Ve République que l’opposition se voit ainsi reconnue une telle place.

La procédure budgétaire doit être revue avec pour objectif l’approfondissement du contrôle des dépenses publiques. Pour y parvenir, le parlement devra pouvoir disposer de moyens d’audit et de contrôle renforcés.

Ce contrôle parlementaire sera étendu aux nominations à certains postes publics. Les dirigeants des entreprises publiques et les responsables des autorités administratives indépendantes seraient concernés au premier chef.

Les commissions compétentes auront le pouvoir de donner leur avis sur les personnes que le Gouvernement entend nommer. Des auditions publiques pourront être organisées. Au soupçon d’allégeance, s’imposera désormais la certitude de la compétence.

Le Gouvernement est également favorable, dans le respect de l’autonomie des assemblées, à ce que des missions de contrôle, associant des présidents ou des rapporteurs d’opposition se développent systématiquement.

Nous rechercherons ensemble comment mieux assurer la représentation de la diversité politique de la société française sans mettre en péril le principal atout de la cinquième république : des majorités nettes et stables pour agir.

Faut-il faire élire quelques députés au scrutin proportionnel ?

Faut-il renforcer le rôle du Sénat en lui ajoutant cette mission de représentation de la diversité ?

Aucun sujet ne doit être tabou si nous souhaitons sincèrement aboutir à un consensus sur la modernisation de notre démocratie.

Enfin nous devrons engager, comme le demande le conseil constitutionnel, une révision de la carte des circonscriptions législatives.

Ce travail sera engagé dans la transparence et en y associant l’opposition. Nous étudierons la faisabilité d’un dispositif permettant à une partie du corps électoral d’imposer un débat sur un texte de loi et nous réformerons le conseil supérieur de la magistrature pour consacrer l’indépendance de l’autorité judiciaire.

Voilà quelques unes des modifications constitutionnelles envisagées sans omettre la modification de l’article 18 de la Constitution pour permettre au Président de la République de venir s’exprimer devant la Représentation nationale comme l’exige la clarté politique.

Cette rénovation institutionnelle doit être secondée par une modernisation de notre démocratie sociale, dont les fondements ont été créés dans la foulée de l’après-guerre.

Certains pourraient se satisfaire du statu quo, de cette situation d’impuissance qui conduit les partenaires sociaux à être sur la défensive et la contestation, plutôt que l’anticipation et la participation.

Pas nous, qui constatons la propension des Français à agir collectivement, notamment au sein du secteur associatif.

Et pas moi qui suis à l’origine de la loi du 4 mai 2004 sur le dialogue social.

Je crois à ce dialogue car on ne bâtit pas une économie efficace sur les décombres de la cohésion sociale.
J’y crois parce que tout ne peut plus être piloté par l’Etat.
J’y crois parce que l’heure est venue de dégager des compromis sociaux sur le terrain, dans les entreprises, là où entrepreneurs et salariés doivent joindre leurs intérêts.

Dès son entrée en fonction, le président de la République a reçu les partenaires sociaux. Ce ne fut pas une rencontre d’usage, mais bien la volonté de changer les usages ! Nous leur avons précisé nos objectifs, notre calendrier, en toute transparence. Et nous les avons invités à faire des propositions précises, notamment sur l’évolution du marché du travail. A la fin de l’année, ces propositions devront être mises sur la table.

Si tel n’est pas le cas, le Gouvernement prendra ses responsabilités sans faillir. Car nul ne doit s’y tromper : la nécessité de la concertation et de la négociation ne peut se substituer à l’obligation d’agir.

Les circonstances sont historiques. Les partenaires sociaux ont en main la possibilité de reconfigurer, avec nous, les règles et l’organisation de notre marché du travail.

Cette confiance que nous leur accordons préfigure, à mes yeux, une modernisation d’ampleur de la démocratie sociale. La représentativité des organisations syndicales devrait reposer sans équivoque sur le critère de leur audience parmi les salariés, et cela à tous les niveaux de négociation.

C’est dans cette perspective que s’inscrirait l’élection à un seul tour, ouverte à chaque syndicat légalement constitué dans l’entreprise.

Cette nouvelle organisation du dialogue social favorisera la prise de responsabilité et une réelle décentralisation des négociations sociales qui doit permettre à la culture du contrat de s’imposer.

L’énergie nationale ne trouverait qu’imparfaitement son accomplissement si elle devait être privée de son principal ressort : je veux parler de l’intelligence française.

L’immense cohorte de nos savants, biologistes, mathématiciens, philosophes, juristes, historiens qui firent notre rayonnement ne doit pas s’arrêter au seuil d’un siècle, où, précisément, le pouvoir de la matière grise dessinera notre avenir.

Toute notre tradition spirituelle, philosophique et scientifique, toute l’ambition républicaine, convergent vers la nécessaire réforme de nos universités.

Depuis vingt-cinq ans, c’est le statu quo institutionnel.
Résultat : depuis vingt-cinq ans, nos universités perdent des places dans les classements internationaux.
Depuis vingt-cinq ans nous subissons une démocratisation de l’enseignement supérieur, sans nous en donner les moyens.
Résultat : depuis vingt-cinq ans, faute de courage, nous acceptons la sélection par l’échec plutôt que par l’orientation et le mérite.
Depuis vingt-cinq ans, la recherche scientifique s’éloigne de l’université pour tenter d’échapper à sa perte d’influence et à son manque de réactivité.

Nous allons rebâtir l’université française.
Nous nous fixons un double objectif :
-  conduire 50 % de notre jeunesse à un diplôme de l’enseignement supérieur.
-  faire de nos universités de véritables pôles d’excellence.

Pour cela, leur gouvernance sera clarifiée et renforcée. Leur autonomie sera réelle. Leurs responsabilités financières et pédagogiques seront accrues. Elles disposeront librement de leur patrimoine.

Cette réforme décisive s’accompagnera d’une concertation de fond, dès à présent engagée, sur les conditions de vie et de travail des étudiants.

Il s’agit de lutter contre l’échec en première année de licence, de promouvoir l’excellence des masters, d’assurer l’insertion professionnelle des étudiants, de mettre à niveau les infrastructures existantes, de créer des campus avec des logements, des installations sportives, des bibliothèques modernes ouvertes le soir et le dimanche comme il en existe dans tous les pays développés.

La rénovation de l’université française est une priorité absolue de mon Gouvernement. Je vous proposerai d’y consacrer 5 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2012.

L’accroissement de notre effort de recherche est indissociable de la réforme de l’université. Je ne serai pas de ceux qui sacrifieront la recherche fondamentale au prétexte qu’elle serait improductive à court terme, mais j’engagerai l’évolution nécessaire de nos grands organismes publics par une stricte évaluation des programmes.

Je crois tout aussi nécessaire l’accroissement de notre effort dans les entreprises. Une simplification radicale du crédit impôt recherche sera engagée. Globalement la part du PIB consacré à la recherche doit tendre vers les 3 % reconnus comme indispensables par tous les Européens.

Cette ambition universitaire et scientifique ne peut trouver toute sa mesure que si elle s’adosse à un système éducatif puissant, animé par un personnel respecté et motivé.

Les conditions du métier d’enseignant seront débattues sans tabou.

L’école n’a pas besoin d’une réforme législative de plus, elle a besoin d’aller au bout de la réforme structurelle engagée en 2005.

Quatre principes la guident :

-  la liberté pédagogique dont la conséquence logique est l’évaluation a posteriori et l’assouplissement de la carte scolaire.
-  l’acquisition du socle commun des connaissances fondamentales par tous nos enfants.
-  la reconnaissance pleine et entière des filières professionnelles.
-  la généralisation du soutien scolaire individualisé.

A cet égard, l’engagement du président de la République sera mis en œuvre sans délai.

Quatre fois par semaine, écoliers, collégiens et lycéens pourront bénéficier d’un encadrement éducatif d’au moins 2 heures par jour. Les études dirigées, de fin de journée, seront notamment assurées par des professeurs volontaires et par des assistants d’éducation. Elles seront effectives pour tous les collégiens à la rentrée 2008, et dans la totalité de l’enseignement scolaire à la rentrée 2011.

Pour le Gouvernement, l’école de la République, c’est celle des valeurs : valeurs de l’effort, du civisme, de la discipline, de la fraternité, et, à ce titre, l’affirmation d’un droit opposable à la scolarisation de tout élève handicapé devra se traduire dans les faits. Pour cela, le nombre d’unités pédagogiques d’intégration sera doublé au cours des trois prochaines années. C’est une solidarité que nous devons à nos concitoyens qui souffrent d’un handicap.

Parce que notre système éducatif présente la caractéristique d’offrir le plus grand nombre d’options et les horaires de cours les plus chargés d’Europe, un effort de rationalisation sera engagé. Il doit aboutir à un meilleur équilibre éducatif, laissant plus de place aux pratiques périscolaires, sportives et culturelles.

La culture est l’un des relais de notre créativité. Elle nourrit les espoirs et les rêves de notre civilisation. Elle est le rempart aux maux qui la guettent : l’uniformité, l’utilitarisme, le désenchantement, la sauvagerie.

L’accès à la culture passe par l’éducation.
Il passe par le service public de l’audiovisuel qui doit assumer pleinement sa vocation.
Il passe par la régionalisation des initiatives et des créations.
Il passe par l’engagement soutenu des partenaires privés à travers les fondations et le mécénat.
Il passe par la dématérialisation des supports et la diffusion en numérique. L’accès à la culture passe aussi par notre patrimoine. Toutes les régions de France ont de justes raisons d’en être fières. Toutes ne manquent pas également de souligner le poids de cette charge.

Le financement des chantiers pour le patrimoine ne devra plus subir les fluctuations aberrantes du passé. La continuité de l’effort en ce domaine doit être respectée. Je veux aussi que l’accès à notre patrimoine artistique soit réellement démocratisé.

La gratuité des musées que pratiquent plusieurs pays européens provoque de vifs débats au sein du monde de la culture. Je veux qu’une expérimentation soit conduite avec un échantillon d’établissements à Paris et en Province pour en mesurer toutes les conséquences. Je veux que les jeunes puissent accéder facilement à toutes les ressources culturelles, à travers un "passeport culture" valable sur l’ensemble du territoire national.

Mesdames et messieurs les députés,

En nous fixant pour priorité la rénovation de notre contrat politique, social et intellectuel, je ne fais, en définitive, que vous parler de l’identité de la France.

Oui, la France a une identité.
Une identité qui s’est construite dans une France rurale qui fait encore sa beauté et dont le dynamisme sera soutenu comme un atout de notre avenir.
Une identité dont les racines plongent vers le bassin méditerranéen et l’espace européen.
Une identité qui s’étoile vers ses départements et territoires d’Outremer dont l’essor culturel, économique et social doit se conjuguer avec celui de la métropole.
Une identité forte et pourtant en mouvement, car fondée sur le droit du sol, la laïcité et la citoyenneté.

Cette identité doit être défendue avec fierté et enrichie avec audace.

Il y a une exception française, comme il y a une exception italienne, chinoise ou britannique. Mais il est indéniable qu’il y a une vocation française, c’est d’être à jour des grands défis du monde. Supprimez l’identité, et vous supprimerez l’universalité. Réaffirmez cette identité et vous confirmerez, l’universalité française.

La France est grande lorsqu’elle est grande pour le monde.
Elle est grande lorsqu’elle prend ses responsabilités pour le Darfour.
La France est grande lorsqu’elle défend, à travers la libération d’Ingrid Bétancourt et des infirmières bulgares injustement condamnées, les droits inaliénables de tout être humain.
Lorsqu’elle s’engage dans le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Elle est grande lorsqu’elle milite pour l’élargissement du conseil de sécurité des Nations unies et une réforme des instances internationales, et notamment celles du FMI et de la Banque mondiale.
Lorsqu’elle multiplie les projets de co-développement avec le continent africain en mobilisant les crédits de coopération sur les actions ayant un impact direct sur les flux migratoires et en négociant des partenariats avec les pays d’origine.

Elle est grande lorsqu’elle défend, sans complexe, l’idée d’une mondialisation économiquement équitable. Si le monde de demain n’a pour seule ambition que d’être un vaste casino où se joue l’avenir des hommes sur un coup de dé, si les succès commerciaux dérogent à tous les droits sociaux, humains ou environnementaux, alors nous irons à la catastrophe.

Le Gouvernement ne laissera pas les négociations au sein de l’OMC se déployer contre notre agriculture. Pour nos entreprises industrielles et de services, nous exigeons la réciprocité. Pour l’accès aux marchés publics, nous demanderons à l’Union européenne de négocier une dérogation en faveur de nos PME comme l’ont obtenue les Etats-Unis, le Japon et le Canada.

Fin de citation (première partie). 

Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /Mai /2007 18:48
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Je livre à votre réflexion cet éditorial de Jean-Jacques Urvoas, un militant du courant animé par Dominique Strauss-Kahn "Socialisme et Démocratie".

Je le trouve très intéressant ... A l'évidence, les "DSK" ont amorcé une réflexion profonde et particulièrement lucide. La Gauche a tout intérêt à se réveiller si elle ne veut pas aller vers d'autres déboires électoraux.

Début de citation :

2007 ne sera pas une date ordinaire dans l’histoire de la droite. Pour la première fois depuis 1958, un leader conservateur vient de remporter nettement l’élection présidentielle tout en s’assumant avec de « nouveaux habits » selon les mots d’Alain Bergounioux et de Caroline Werkoff-Leloup1. Il a su proposer une synthèse certes complexe mais complète et cohérente lui permettant de s’adresser à un pays dont l’orientation conservatrice est réelle et profonde.

En réalité, ce succès vient de loin et découle d’un long travail idéologique ce qui en soi est une nouveauté. En effet, traditionnellement la droite de gouvernement n’aime pas les idées et moins encore ceux qui les façonnent. Son discours s’est souvent voulu pragmatique et transformiste. Ce fut d’ailleurs l’une de ses principales qualités lui donnant force et aisance : son infatigable capacité d’adaptation aux situations changeantes enfantées par l’actualité.

Pour elle, l’histoire avait peut être un « sens », le sens partiel et contrarié que tentaient d’y mettre les générations successives, mais elle n’avait point de « sens » prédéterminé, qu’il conviendrait de suivre comme un nouveau fil d’Ariane offert à l’humanité toute entière. Pour la droite classique, entre l’idéal et la force des choses, il y avait un hiatus permanent que l’histoire n’avait pas vocation à réduire mais que la politique avait en revanche pour fonction d’aménager. Sceptique sur le sens ultime de l’aventure historique, la droite n’en était que plus à l’aise sur le terrain banal de l’action gouvernementale. « Va et vient entre le réel et les valeurs » comme l’écrivait Merleau-Ponty, une fois guérie de ses illusions historicistes, la politique façon De Gaulle ou Pompidou devenait alors un art modeste et indispensable, l’art du compromis avec le réel.

Ce sont les victoires de François Mitterrand et la conquête par les socialistes de majorités parlementaires qui vont avoir peu à peu raison de ce chef d’oeuvre d’ambiguïté auquel la droite s’était identifiée. Consciente de son déficit de modernité, incapable de penser en termes féconds l’aspiration à une plus grande autonomie de la société civile et de prendre en compte les attentes néolibérales des couches moyennes, la droite va profiter de n’être prisonnière d’aucun système clos.

Ainsi par exemple, après avoir hésité douloureusement entre un statu quo technocratique hérité des belles années de la Vème République et une nostalgie ultralibérale, sorte de fantasme sadomasochiste surgi d’un autre âge à l’usage d’une société qui jouait à se faire peur avec son propre déclin, elle va redécouvrir un certain libéralisme inégalitaire.

Celui-ci lui propose de se doter d’une pensée spécifique, très en retrait par rapport à l’héritage démocratique des Lumières et de la Révolution française. Cette « nouvelle droite » délivre un message sur les inégalités qui tient en trois points : les inégalités sociales ne sont que le reflet des inégalités génétiques et l’action sociale est donc impuissante à les faire reculer, les inégalités ne sont pas seulement inévitables mais, filles de la sélection naturelle, elles sont nécessaires à l’équilibre social et l’action des pouvoirs publics ne doit pas contrarier mais favoriser l’épanouissement des élites, les partis conservateurs et libéraux sont gravement contaminés par la fièvre égalitariste et se conduisent en auxiliaires zélés et sournois du parti de la décadence.

Puis ce sera, à la fin des années 80, la mise en accusation de l’Etat au nom d’un libéralisme, concept à géométrie variable et thème passe partout fournissant une référence commode à tous ceux qui ne voulaient ni payer pour les autres, ni se laisser marcher sur les pieds par la puissance publique, l’Etat. Mais le souvenir gaulliste était trop fort. Le RPR, tiraillé entre l’audace et la timidité, entre le maximalisme de ses désirs et le minimalisme de sa pratique effective, finit par n’accoucher que d’une nouvelle version d’un poujadisme sophistiqué se réduisant à une série d’anathèmes comme un « Etat pléthorique », une « fiscalité spoliatrice », une « sécurité sociale anesthésiante ».

On pourrait encore évoquer le retour des questions spirituelles gommées au fur et à mesure de la déchristianisation du pays. Comme le rappelle Eric Dupin «Ordre, propriété, religion » composaient la trilogie du parti de l’Ordre en 1849 qui retrouve des accents contemporains...

Bref, refusant de ne rassembler qu’un dernier carré de travailleurs indépendants de la terre et de l’atelier en déclin numérique rapide, rejetant ses combats désuets en faveur de privilèges corporatistes, la droite a entamé une mutation idéologique dont le candidat de l’UMP vient de bénéficier.

Il a réussi à devenir le syncrétisme de la droite : idéologiquement orléaniste comme Balladur, politiquement bonapartiste comme Chirac et culturellement légitimiste comme Giscard. A ce stade, peu importe que ces réponses aux questions pressantes d’un pays résolu à inventer un avenir différent alignent la France sur les nouveaux équilibres idéologique du monde occidental entraînée par la révolution libérale. Le danger est ailleurs : désormais c’est la droite qui envisage l’avenir avec confiance.

Fin de citation.

La publication de cet article ne signifie pas que j'adhère à son contenu. Il n'empêche qu'il y a des éléments de réflexion particulièrement intéressants. C'est la conclusion qui me frappe le plus.

Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 08:00
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Voici le texte d'une interview de Pierre Cahuc que j'ai extrait du quotidien Le Monde et qui renvoie dos à dos la gauche et la droite, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, sur l'épineux problème de la résorption du chômage.

Début de citation :

Que pensez-vous des choix économiques et sociaux de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy et de la manière dont ils veulent s'y prendre pour faire baisser le chômage ?

 

Je doute que l'un ou l'autre puisse faire vraiment reculer le chômage en proposant essentiellement des gadgets fiscaux à l'efficacité non avérée.  

Nicolas Sarkozy est en train de tomber dans le même piège idéologique que les socialistes avec les 35 heures. Avec l'exonération de charges et d'impôt sur les heures supplémentaires, il a inventé un dispositif qui colle à son slogan "travailler plus pour gagner plus". Il veut mettre en oeuvre une mesure qui n'existe, à ma connaissance, dans aucun autre pays, exactement ce qu'il reproche aux 35 heures, et dont les effets sur l'emploi sont imaginaires. Il n'y a dans les faits aucune relation systématique entre la durée du travail, à la hausse ou à la baisse, et l'emploi. Pour preuve, notre taux d'emploi des 25-55 ans est le même qu'aux Etats-Unis, avec une durée annuelle du travail globale plus faible.

Si on détaxe les heures supplémentaires, les entreprises et les salariés peuvent avoir intérêt, d'un commun accord, à déclarer des heures fictives pour payer moins d'impôt. C'est un phénomène bien connu, y compris par Bercy. Et quand on dit que l'on va baisser les charges, les entreprises sont contentes mais elles oublient que le financement des allégements se fera sur des heures normales. La détaxation des heures supplémentaires favorise les salariés en place au détriment de l'embauche.

Il aurait été beaucoup plus efficace de simplifier une législation du travail devenue tellement complexe qu'elle n'est vraisemblablement pas appliquée : 40 % des entreprises à 39 heures ne déclarent pas d'heures supplémentaires alors qu'elles devraient normalement en signaler au moins quatre par semaine.

Et les propositions de Mme Royal ?

Elles concernent, pour l'essentiel, les petites et moyennes entreprises. Certes, les PME créent plus d'emplois mais elles en détruisent aussi davantage. Penser que le redéploiement des aides en direction des PME permet d'augmenter le volume global d'emplois, c'est une vue de l'esprit. Aucune étude sérieuse ne permet d'étayer ce point de vue.

 

Quant au contrat première chance, il est, d'abord, une mesure très ciblée d'exonération de charges et de salaires, de six mois à un an, qui crée un effet de seuil énorme. Que se passera-t-il pour le jeune embauché, au bout de cette période ? Comment peut-on encore défendre des mesures ayant de tels effets de seuil, sachant que ces derniers nuisent à l'emploi ?

En somme, vous renvoyez les deux débatteurs dos à dos...

Les problèmes de fond sont très peu abordés. Mme Royal propose de tout renvoyer à la négociation avec les partenaires sociaux. Mais ceux-ci sont très peu présents dans le secteur privé, où le taux de syndicalisation est de 5 %, essentiellement investis dans le paritarisme, et ils n'ont guère manifesté de volonté de réforme. La candidate est consciente de ces difficultés, mais ses propositions pour augmenter la représentativité syndicale grâce à un financement public sont évasives et peu convaincantes. M. Sarkozy a davantage évoqué ces problèmes, qu'il s'agisse du monopole de représentation des syndicats au premier tour, du déroulement de la négociation collective, etc. Pour relancer la démocratie sociale, ce qui est l'objectif affiché de Mme Royal, il faut s'attaquer à ces questions.

La réforme du service public de l'emploi vous semble-t-elle à l'ordre du jour ?

Le candidat de droite a dit qu'il fusionnerait Unedic et ANPE pour améliorer le service public de l'emploi. Rationaliser cet ensemble formé de salariés sous statuts différents est nécessaire : 25 000 personnes travaillent à l'ANPE, 15 000 à l'Unedic, 15 000 à l'AFPA, et 10 000 mettent en place les politiques publiques. Ce sont des effectifs relativement pléthoriques et redondants.

 

Il est surprenant que M. Sarkozy n'ait pas articulé cette réforme avec celle du contrat de travail, un de ses sujets importants mais absent du débat du 2 mai. Ce silence m'inquiète, car nous avons, dans ce domaine, un problème structurel. En revanche, et c'est plutôt positif, l'idée de sécurité sociale professionnelle semble assez consensuelle.

Revoir les conditions d'octroi des aides publiques aux entreprises, est-ce une garantie d'efficacité ?

Il y a eu sur ce point des déclarations passablement démagogiques de part et d'autre. Quand on allège les charges sur les bas salaires, c'est pour baisser le coût du travail et créer des emplois. Si on conditionne ces allégements à l'augmentation des bas salaires, c'est un non-sens. Et il y a un instrument pour cela, la prime pour l'emploi. Il ne faut pas tout mélanger. Conditionner les aides à l'augmentation des salaires ou à l'engagement de ne pas délocaliser, c'est une vue de l'esprit.

 

Les délocalisations ont été assez peu abordées...

Elles ont surtout été abordées de manière préoccupante. Que veut dire protéger les travailleurs contre les délocalisations, ce qu'a proposé M. Sarkozy, dans une économie ouverte ? On sait bien que certaines délocalisations sont incontournables, et que le vrai problème est de permettre aux salariés de passer de secteurs en difficulté à d'autres plus dynamiques. M. Sarkozy a aussi parlé de taxation des importations. C'est une tentation protectionniste assez inquiétante pour la dynamique à long terme de notre économie.

 

Quels autres sujets auriez-vous voulu voir traiter ?

Une grande absente du débat a été l'évaluation des politiques de l'emploi : depuis trente ans, une multitude de dispositifs ont été mis en place sans être réellement évalués, faute d'organismes indépendants ayant un accès aux données. En conséquence, nous ne savons pas ce qui marche et ce qui ne marche pas. Les réformes Hartz réalisées en Allemagne au début des années 2000 imposent des évaluations des dispositifs par plusieurs organismes indépendants qui présentent leurs conclusions au Parlement tous les ans. Tant qu'il n'y aura pas un tel retour d'expérience en France, nous continuerons à créer des dispositifs plus farfelus les uns que les autres.

 

Je regrette aussi que l'ouverture des professions et des secteurs réglementés n'ait pas été évoquée, alors qu'on estime, dans l'hôtellerie-restauration et le commerce, à quelque 3 millions de postes notre différentiel d'emplois sur ce point avec les Etats-Unis. Il faudrait, enfin, aborder de front les questions de l'évolution du smic, de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans et des 35 heures, au lieu de les contourner.

Propos recueillis par Rémi Barroux et Claire Guélaud.
Fin de citation.
 
Les nouveaux politiques, quels qu'ils soient, vont-ils enfin arrêter cette stupide litannie de mesures en tout genre qui sont si nombreuses que même le professionnel que je suis ne parvient pas à mettre en oeuvre?
Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 14:33
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Voici un article que j'ai extrait du quotidien "Les Echos", sous la plume de Jacques Barraux.

Début de citation :

On le pressentait depuis quelques mois, la campagne présidentielle l'a confirmé : la France entre dans un nouveau cycle de son histoire. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu les « Trente Glorieuses », les deux chocs pétroliers, les années Mitterrand-Chirac. Aujourd'hui, une large majorité de Français souhaitent une réconciliation de la France avec son siècle. Aux yeux du monde extérieur, la prise de conscience d'un basculement se fera dimanche soir 6 mai 2007 avec l'arrivée au pouvoir de la génération encore à l'école primaire quand le général de Gaulle fondait la Ve République. L'Elysée d'abord, le Parlement ensuite vont avoir pour mission de lever le voile de tristesse et de défaitisme qui semblait recouvrir le pays depuis le choc Chirac-Le Pen de 2002 et le « non » à l'Europe de 2005.

« Nous avons été battus parce que nous pensions en arrière », écrivait l'historien Marc Bloch pour expliquer le désastre de 1940. Tel est le message adressé par le pays réel à la classe politique tout au long de la campagne ensoleillée que la France a connue ces dernières semaines. Une mobilisation des électeurs d'une ampleur exceptionnelle lors du premier tour de la présidentielle, une concentration massive des votes sur les trois principaux candidats réformistes, une nette marginalisation des partis révolutionnaires ou réactionnaires, tout prouve l'envie d'agir des Français.

La classe politique est prévenue : elle doit se mettre au diapason d'une nation plus ouverte, plus offensive, plus en phase avec la modernité que ne l'exprimait jusqu'à ces derniers temps le discours compassionnel de ses élites vieillissantes. Fait nouveau, le citoyen semble s'exaspérer de la traditionnelle dissociation dans notre pays entre la vie réelle et le débat politique abstrait. Paradis de la controverse idéologique, la France était entrée dans le XXIe siècle en repoussant, jusqu'aux limites de l'absurde, la contradiction entre les mots et les choses. Entre le rituel partisan - socialisme contre libéralisme, libre-échange contre protectionnisme - et les réalités terre à terre de la vie quotidienne des Français, citoyens informés des contraintes de l'économie mondiale, producteurs et consommateurs exercés aux aléas du marché, électeurs pénétrés des enjeux géopolitiques d'une France immergée dans l'Europe et d'une Europe confrontée au choc des empires.

Le scrutin de dimanche est le signe avant-coureur de l'orage qui s'annonce dans les partis de gouvernement et dans tous les organes de représentation. A gauche, le Parti socialiste ne peut plus retarder la clarification de sa doctrine face au modèle de la social-démocratie que plébiscitent ses nouveaux adhérents. Ségolène Royal est parvenue au deuxième tour de la présidentielle en dynamitant le vieux socle marxiste qui permettait de mêler les voix de l'extrême gauche et de la gauche modérée lors des grands rendez-vous électoraux des décennies précédentes. A droite - pour l'instant majoritaire dans le pays - c'est la tradition gaulliste du dirigisme qui se heurte aux convictions libérales de la jeune génération des entrepreneurs acquis au style de Nicolas Sarkozy. Dans le fond comme dans la forme et du plus profond du pays monte le désir d'un rajeunissement des appareils de pouvoir, qu'ils soient publics ou privés, politiques ou technocratiques. Sensibilité de gauche et sensibilité de droite se rejoignent dans l'aspiration aux nouvelles formes de dialogue social et de régulation de la vie économique. Le climat de reprise dans les pays de la zone euro est le beau cadeau d'accueil de l'Europe aux futures équipes de l'Elysée et de Matignon. Qu'elles en profitent au plus vite pour repeindre la maison commune.

Fin de citation.

Est-il besoin de dire à quel point j'approuve les idées développées dans ce texte? Non, bien évidemment ...

Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 19:17
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Je livre à votre réflexion cet interview de Henri Emmanuelli au quotidien Sud Ouest.

Début de citation :

Sud Ouest : 

Très discret depuis le début de la campagne du second tour, Henri Emmanuelli est sorti de sa réserve, hier soir à Morcenx (Landes), lors d’un meeting unitaire de la gauche « pour la victoire de Ségolène Royal ». Le député socialiste des Landes a appelé de ses voeux la constitution d’un « grand parti progressiste » au lendemain de la présidentielle. Quelques heures avant son discours, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste nous a reçus dans son bureau du Conseil général des Landes pour expliquer sa position.

Pourquoi appeler entre les deux tours à la création d’un grand parti progressiste ?

Henri Emmanuelli. Je pense que Ségolène Royal a raison de dire qu’il faut bouger. Je me félicite que la candidate socialiste ait réalisé un bon score au premier tour en bénéficiant notamment du vote utile, mais en même temps je regrette la faiblesse du reste de la gauche. Je considère que nous sommes arrivés au bout d’un cycle, entamé avec le congrès d’Epinay. Il est donc temps de bouger et de créer un grand parti progressiste, qui permette de référencer à nouveau la gauche. Un parti de rassemblement, ouvert à toutes celles et ceux qui défendent des valeurs de progrès et de solidarité. La base militante existe.

Quelles doivent être, selon vous, les valeurs défendues par ce nouveau parti ?

J’en vois trois essentielles : la laïcité, la régulation politique de l’économie de marché et la redistribution. Il faudra aussi apporter une réponse progressiste au problème de l’immigration.

Il s’agit donc d’un parti plus antilibéral que réformiste...

Cette opposition entre antilibéraux et réformistes n’a aucun sens. Réformistes, les socialistes le sont depuis toujours. Je suis évidemment favorable à l’économie de marché. Mais je crois nécessaire de la soumettre à des règles sociales, fiscales et à l’action publique. La question du socialisme et de l’économie de marché a été tranchée très exactement le 23 mars 1983, à 11 heures du matin. C’était un vendredi. Et ce jour-là, le Conseil des ministres a adopté le plan Delors pour que la France reste dans le serpent monétaire européen. Cela dit, la libre compétition n’a jamais garanti naturellement un optimum économique et social. Elle ne favorise pas la redistribution. Je suis donc réformiste et antilibéral, et j’assume les deux.

Qui peut conduire la création de ce parti progressiste que vous appelez de vos voeux et dans quel délai ?

Si Ségolène Royal est élue, ce que je souhaite, il lui reviendra de créer ce grand parti progressiste. Dans le cas contraire, ce sera à la direction du Parti socialiste de prendre l’initiative. Le principe devra à mon avis être acté avant les législatives.

En attendant, Ségolène Royal tend la main à l’UDF...

Il est normal qu’une candidate au second tour multiplie les efforts pour rassembler un maximum d’électeurs. Mais je ne pense pas qu’une campagne doive être assortie de tractations sur la composition du gouvernement ou le choix du Premier ministre. Comme je ne crois pas à un mixage de la gauche et de la droite. Ma conviction profonde est qu’une démocratie doit vivre normalement et sainement avec un camp progressiste et un camp conservateur.

Fin de citation.

Une interview qui mérite un examen attentif ... et sur laquelle je reviendrai ultérieurement ...

Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 10:09
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J'ai clairement annoncé mon vote pour François Bayrou et je n'y reviendrai pas. Je viens de lire l'article de Alain Richard, paru dans Libération ... Il me scandalise, ni plus ni moins! Il me scandalise tellement que, en cas de duel Sarko Ségo au deuxième tour (c'est aux électeurs d'en décider et à eux seuls), je vais finir par voter Sarko ...

Voici ce qu'écrit Alain Richard, rocardien de toujours, contre son "père " politique, Michel Rocard lui-même :

Début de citation :

Comme quelques autres avant lui, Michel Rocard intervient dans la campagne en faveur d'une alliance entre M. Bayrou et Ségolène Royal pour éviter l'élection de M. Sarkozy, en disant qu'on a, entre PS et UDF, des idées proches sur la plupart des sujets importants. Michel Rocard a été inattentif : sa proposition part d'une incompréhension de l'orientation politique et de la stratégie de l'UDF dans cette élection.
Si on lit les propositions énoncées par M. Bayrou en réponse aux défis économiques et sociaux qu'affronte la France, on n'y trouve que les recettes conservatrices les plus communes. Rien dans son programme sur la fiscalité, la politique de l'emploi, les services publics ou la protection sociale n'est en cohérence avec une vision sociale-démocrate du redressement du pays. Cela a été bien démontré par les économistes proches de nos idées.
M. Bayrou prend certes des positions sur l'actualité visant à intéresser les électeurs de gauche, ainsi sur le maintien des emplois d'enseignants ou la critique de déclarations choquantes du candidat UMP. Mais ce sont des «messages» parlant à la sensibilité pour attirer des hésitants, non des engagements politiques tangibles. C'est moins déplaisant que M. Sarkozy citant Jaurès, mais la technique est la même. Le rôle d'un dirigeant politique est de débusquer ces habiletés, non de s'y laisser prendre.
Et c'est se leurrer de croire M. Bayrou disposer d'une «alliance» entre socialistes et centristes. Si on le lit avec un peu d'attention, il dit depuis des mois exactement le contraire ! Il critique violemment le Parti socialiste pour son action au pouvoir et souhaite ouvertement son éclatement. Ce qu'il entend construire pour soutenir son éventuelle présidence, ce n'est pas une coalition fondée sur le contrat, mais un mouvement politique unique dépendant directement de lui et alimenté par des ralliements individuels de droite et de gauche. C'est l'appel aux «sans-parti», avec tout ce que cela représente politiquement. Michel Rocard a toujours défendu le rôle démocratique vital des partis, que M. Bayrou qualifie obstinément de «vieux appareils». Il y a maldonne...
La meilleure preuve que Michel Rocard s'est fourvoyé, c'est la réponse du candidat UDF à sa demande : il n'a même pas mentionné l'idée d'alliance. Logique avec son projet de déconstruction de la gauche, il se borne au commentaire ironique «les choses bougent» ; entendez «une divergence au PS, tiens c'est bon à prendre». Et il réitère son désir de recueillir des «bonnes volontés», autant de droite que de gauche. Le contraire d'un accord de forces politiques qui se respectent et répondent de leurs choix devant le peuple.
Michel Rocard ne fait qu'illustrer ce que DSK avait relevé il y a quelque temps : Bayrou, c'est une illusion. En le décrivant comme un allié crédible du PS, on sert sa tactique d'affaiblissement de la gauche au premier tour. Et si par extraordinaire il devançait Ségolène Royal et figurait au second tour, il est naïf d'imaginer qu'il rassemblerait les voix de gauche contre l'UMP. Le traumatisme à gauche et le désarroi des électeurs conduiraient à une déperdition de grande ampleur face à M. Sarkozy. Le «vote utile» vers l'UDF est une autre illusion.
Le plus simple et le plus efficace pour éviter la désillusion, c'est de soutenir la candidate socialiste pour la mettre en bonne position face à la droite. Si alors M. Bayrou faisait mouvement vers nous à l'étonnement de tous, une page nouvelle pourrait s'écrire. Mais dans la réalité d'aujourd'hui, à la veille du 22 avril, aucun socialiste ne peut prendre le risque d'une nouvelle élimination de la gauche. Aussi, au nom du respect que tant d'entre nous lui portons, je souhaite que Michel Rocard annonce que, comme tous ses camarades, il votera pour Ségolène Royal.
 
Fin de citation.
 
J'étais présent au meeting de François Bayrou, à Bercy, ce Mercredi 18 Avril. Je peux témoigner qu'à aucun moment François Bayrou n'a attaqué Ségolène Royal même s'il s'en est pris au P.S et à l'UMP qui, a-t-il dit, depuis 25 ans, se partagent le pouvoir sans jamais résoudre les problèmes de fond.
 
Il a , par contre, à deux reprises, attaqué nommément Nicolas Sarkozy ... Et, à deux reprises, a obtenu une approbation puissante de ses propos de la part de la quasi totalité des 17.000 personnes présentes.
 
A l'évidence, François Bayrou ne met pas un signe égal entre Ségo et Sarko. A l'évidence Ségo a sa préférence si les électeurs décident que ce sera un duel Sarko contre Ségo au deuxième tour. Ainsi ai-je clairement entendu François Bayrou annoncer que, lui-même venant du centre-droit, il nommerait, s'il était élu, un premier ministre de centre gauche! 
Tant et si bien que cela m'amène à dire très clairement que si les ségolénistes s'obstinent à classer les électeurs de François Bayrou à droite, donc moi-même, et si les électeurs décident que ce sera un duel Ségo contre Sarko, alors je voterai sûrement Sarko! Logique, non? Puisque, d'après les militants zélès de Ségo, je suis de droite ... autant aller jusqu'au bout de leur démarche ... C'est vraiment ça qu'il veulent?     
Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /Avr /2007 21:56
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Non, François Fillon n'est pas Nicolas Sarkozy ... Plus précisément Nicolas Sarkozy n'est pas François Fillon et c'est bien dommage ...

Il y a, chez François Fillon, de la pondération, qualité absolument indispensable à l'exercice d'une fonction dirigeante que je ne retrouve pas chez Nicolas Sarkozy.

Voici l'interview que François Fillon vient d'accorder au quotidien Sud Ouest :

Début de citation :

Nicolas Sarkozy a beaucoup droitisé sa campagne, ces derniers temps. Ne risque-t-il pas de perdre au centre ce qu'il va gagner à droite ?
François Fillon.
Je ne crois pas que l'on puisse dire que Nicolas Sarkozy mène une campagne droitière. Sa force est de s'appuyer sur un langage de vérité. Il a décomplexé la droite par rapport à des valeurs et des convictions qu'elle ne mettait plus suffisamment en avant. Mais son projet est suffisamment innovant pour répondre à beaucoup de préoccupations des Français qui se réclament du centre ou du gaullisme social, comme moi. A l'inverse, celui de François Bayrou comporte des éléments très droitiers : il veut supprimer l'ISF, pas nous; il veut mettre en place un système de retraite par points et selon la pénibilité, qui conduirait, par exemple, les enseignants à travailler plus longtemps.
Quant à notre conception de l'identité nationale, elle n'a rien à voir avec celle de M. Le Pen. Pour nous, l'identité nationale s'enrichit en permanence par l'intégration des populations étrangères.

Proposer de faire élire des députés à la proportionnelle, ce n'était donc pas un clin d'oeil au Front national ?
C'était une position de Brice Hortefeux, qui n'engage absolument pas Nicolas Sarkozy et qui n'est pas celle de l'UMP. Nous sommes attachés au scrutin majoritaire à l'Assemblée nationale. Nous pensons que la proportionnelle, même à petite dose, mine les fondements de la Ve République, qui repose sur le besoin de majorité pour gouverner. En revanche, nous proposons d'introduire de la proportionnelle au Sénat, qui, lui, n'a pas la possibilité de bloquer l'action gouvernementale.

Les Français sont-ils mûrs pour des réformes profondes ?
La France est mûre pour des réformes profondes. Ce sont les responsables politiques dont je fais partie qui se sont montrés plus timorés que les Français eux-mêmes. Combien de gouvernements ont renoncé à des projets simplement parce qu'un préavis de grève était déposé ! Bien sûr, les Français ne sont pas prêts à n'importe quelle réforme. Mais je les crois encore beaucoup plus critiques envers les hommes politiques qui ne tiennent pas leurs engagements, qui ont peur d'affronter l'impopularité et naviguent au gré du vent. Il faut du courage et de la clarté politique. Avec un chef d'Etat engagé, qui assume lui-même les réformes, avec un gouvernement resserré qui constitue une véritable équipe de France, avec l'assurance de gouverner sur la durée, je pense qu'on peut convaincre les Français et changer profondément le pays.

Par exemple, avec une nouvelle réforme des retraites remettant en cause les régimes spéciaux, ne craignez-vous pas un blocage du pays ?
En tout cas, c'est un risque à affronter. Car le maintien des régimes spéciaux au moment où l'on demande à tous les Français de travailler plus longtemps est une injustice insupportable qui sera de plus en plus mal ressentie. L'action ne doit pas empêcher la concertation. Le dialogue social sera préservé. Pour les retraites, il y a un rendez-vous prévu par la loi en 2008. D'autres réformes peuvent aller plus vite, comme l'instauration d'un service minimum dans les transports.

Justement : Anne-Marie Idrac, la présidente de la SNCF, dit qu'une loi n'est pas nécessaire.
Qu'elle le prouve ! Et la seule manière, c'est de démontrer aux usagers qu'un service minimum peut fonctionner sans loi. Nous avons dit aux organisations syndicales que, pour nous, l'essentiel c'est la garantie d'un service minimum. Si elles sont capables de proposer un système efficace qui aboutit à ce résultat, nous ne sommes pas « obsédés » par l'idée d'une loi. En revanche, si cet été il n'y a pas d'accord, alors nous proposerons un texte.

Avec un président beaucoup plus interventionniste, comme Nicolas Sarkozy, ne va-t-on pas vers un dépérissement de la fonction de Premier ministre ?
Nous allons vers une adéquation des principes à la réalité. Chacun sait que le Premier ministre exécute la politique du président de la République. Mais nous nous sommes enfermés dans un système où le président, pour se protéger, faisait semblant de ne pas assumer les réformes, notamment les plus difficiles. C'est un mauvais système, qui introduit un doute sur la détermination de l'exécutif, puisqu'on ne sait pas ce que le président veut vraiment !
Le quinquennat permet une concordance entre les dates de l'élection présidentielle et des élections législatives; le projet politique qui prime est donc celui du président. C'est lui qui doit être le chef d'orchestre. Il faut que le gouvernement se sente soutenu par le président et que l'on arrête de penser que le chef de l'Etat peut durer en changeant régulièrement d'équipe. Il faut dix ans pour installer une véritable politique du plein-emploi. Si vous menez deux politiques différentes au cours d'un même quinquennat, aucune des deux n'aura d'effet.

Vous sentez-vous prêt pour Matignon ?
Je m'interdis de penser même à l'après-premier tour de l'élection présidentielle. Annoncer à l'avance le choix du Premier ministre réduirait l'assise politique de notre candidat. Je me suis concentré depuis deux ans sur la préparation et la cohérence de notre projet.
Quant à la composition du gouvernement, elle dépend du message exprimé par les Français au premier et au deuxième tour.

Il inquiète, et vous pouvez rassurer : vous êtes complémentaires.
Les Français découvriront que Nicolas Sarkozy n'a rien d'inquiétant. Ce qui est inquiétant, ce sont les gens incompétents, qui n'ont pas d'expérience, les gens qui proposent des aventures institutionnelles. Ce qui fait la force de Nicolas Sarkozy par rapport à Ségolène Royal, c'est le travail que nous avons fait sur nous-mêmes depuis deux ans et qui nous a conduits à analyser nos handicaps et à proposer une rupture, d'abord avec nos propres erreurs. Ségolène Royal improvise car elle traîne un Parti socialiste qui n'a pas fait ce travail de fond.

Diriez-vous encore, comme en 2005 après votre éviction du gouvernement : « On ne retiendra rien de Chirac, hormis mes réformes » ?
C'était une phrase un peu prétentieuse. Je voulais simplement dire que quelques réformes ont été faites pendant les deux mandats de Jacques Chirac et que j'ai pris ma part à trois ou quatre d'entre elles, comme la fin du monopole des Télécommunications ou la réforme des retraites.

Fin de citation. 

Non, décidément, François Fillon n'est pas Nicolas Sarkozy. Il n'est pas, lui, candidat à la Présidence de la République. Et c'est bien dommage ... 

Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /Avr /2007 20:46
- Publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là - Par Jacques Heurtault
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Dans cette campagne, il y a un courant d'opinion hautement représentatif de l'Histoire récente de notre pays, le gaullisme, qui n'a pas eu la possibilité de s'exprimer.

Aussi ai-je décidé de lui offrir les colonnes de mon blog.

Voici le message que Alain Kerhervé diffuse sur le blog "gaullisme.fr".

Début de citation :

Pour la première fois depuis l'avènement de la Vème république en 1958, il n'y aura pas de candidat se réclamant du gaullisme à l'élection présidentielle.

"L'affaire des parrainages" a montré sur le fond les limites du système de filtrage, même si les circonstances particulières dues à la proximité des élections locales de 2008 ont accentué le phénomène.

Le constat est affligeant : les deux grands partis dominants ont pris le pouvoir. A défaut de VIème république réclamée par ceux qui veulent leur revanche sur la république gaullienne, le sentiment partagé par beaucoup est que nous ne sommes plus très loin d'un retour à la IVème république.

Est-ce suffisant pour s'enfermer dans sa coquille et se réfugier dans un mutisme aussi réprobateur soit-il ? Non.

L'importance de l'élection présidentielle au suffrage universel instauré par le général de Gaulle en 1962 contre la majorité des partis politiques, mais avec l'appuie du peuple français, nous impose, nous les gaullistes de conviction, à participer à cet acte majeur.

L'absence d'un candidat suffisamment porteur de nos idées implique que notre jugement portera sur les thèmes majeurs concernant la France et les Français, mais également sur le comportement des candidats. L'objet de cette consultation est de donner à la France un Président qui représentera, notamment à l'extérieur de l'hexagone, les valeurs et les intérêts français.

 

Un état fort et respecté

Pour la France, il ne peut y avoir de nation sans état , ni dtat sans nation. Lieu commun diront certains. Certes ! Mais il est bon de le rappeler avec détermination tant il est vrai que les ultralibéraux, d'une part, et les collectivistes, d'autre part, veulent, pour des raisons diamétralement opposées, le défaire.

L'état, tel que l’a précisé le Général, repose sur l’intérêt et le sentiment de la nation.   Il doit être préservé dans ses droits, sa dignité, son autorité, au milieu des vicissitudes du dénuement et de l’intrigue. Vaste programme car il doit en plus rétablir autour de lui l’unité nationale : son champ d'intervention ne saurait se limiter aux seules missions régaliennes.

Il ne peut, ni ne doit, en aucun cas, se désintéresser :

  • ni du modèle social qui est le ciment de notre peuple

  • ni de l'orientation économique, bien que basée sur la liberté d'entreprendre, qui doit prendre en compte les intérêts supérieurs de la Nation avec les conséquences que l'on connaît sur l'emploi, les délocalisations, le pouvoir d'achat…

  • ni de l'aménagement du territoire et du maillage des services publics

  • ni du nouveau contrat social basé sur la libre association du capital et du travail, dans une perspective participative devant déboucher à terme sur la copropriété des entreprises, seul remède possible au mondialisme dont la libéralisation des capitaux nous entraîne dans un monde, sans frontières et ou règnera la loi du plus fort.

 

Il ne s'agit pas pour les candidats à l'élection présidentielle de ressasser ce que furent les trente glorieuses, mais de se rappeler que l'état alors, orientait, traçait une perspective d'avenir.  Une politique, aux objectifs clairement désignés, permettait aux Français d'affronter les obstacles : étapes programmées et efforts équitablement partagés. Le futur Président devra rétablir le plan, cette "ardente obligation" comme le qualifiait Charles de Gaulle.

 

Une Europe différente, c'est possible

Le président de la République, seul détenteur de la légitimité nationale que lui confère l'élection au suffrage universel, doit veiller au respect de la constitution, assurer par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, ainsi que la continuité de l'état. Il est garant de notre indépendance et de l'intégrité du territoire, il est le chef des armées et signe les traités. Il détermine également les grandes orientations de notre politique dont la mise en œuvre est conduite par le gouvernement qu'il a nommé. Mais qu'en est-il exactement dans une Europe qui, à coup de directives, impacte nos législations nationales et prive, ainsi, le président des marges de manœuvre nécessaires pour mener à bien la politique pour laquelle il a été élu ?

Depuis 30 ans, l'Europe se construit sur un modèle supranational, dépossédant les peuples qui la composent de la maîtrise de leur destin. La technocratie anglo-saxone a pris le pouvoir à Bruxelles. L'élection présidentielle doit être l'occasion de tracer, pour les années à venir, une orientation différente.

Les gaullistes, par l'héritage reçu et qu'ils assument avec conviction, mais également par l'attachement indéfectible à construire une Union respectant l'indépendance des Nations qui la composent, soutiennent la conception d'une Europe organisée autour de politiques et projets communs librement acceptés. Lesquels se traduisent par une délégation de souveraineté cadrée et limitée à l'objet et dans le temps, et non, comme l'instituait le projet de traité constitutionnel européen (TCE) rejeté par les Français le 29 mai 2005, par un transfert de compétences inscrit dans le marbre. Ils ont appelé les Français, et ont été suivis, à rejeter le projet de traité constitutionnel européen qui tentait de dissoudre la France « dans une purée de marrons », ce qu’avait prévu et dénoncé le Général de Gaulle.

La politique fédéraliste se traduit dans les faits par l'euro, monnaie unique, avec sa politique de monnaie forte, voire de monnaie refuge, décidée par quelques banquiers. Nous sommes dans l’obligation de constater que les peuples subissent aujourd’hui les conditions de ce transfert de souveraineté dont les conséquences sont insupportables. Le futur Président devra en tenir compte, et si les choses restent en l’état, il lui appartiendra de prendre une décision qui pourrait aller jusqu’à la rupture.

Pour les gaullistes, l'indépendance de la France reste le fil conducteur de leur réflexion et des politiques à mener. Aussi s’opposent-ils à la réintégration de nos forces armées au sein de l'OTAN, refusent-ils d'infléchir notre politique étrangère en la confiant à un responsable européen et ils se lèveront contre toute tentative de récupération de notre siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU en faveur d’une autre autorité.

Le dernier acte d'indépendance de la France, relatif à la guerre irakienne est resté dans nos mémoires, et dans celle des autres peuples qui ont manifesté, à cette occasion, leur attachement à une France libre de penser et d'agir. La fermeté du couple Chirac-de Villepin face à la folie guerrière du pouvoir américain restera gravée dans l'Histoire comme un exemple de courage et de volonté politique : c'est cela le gaullisme de conviction que nous entendons promouvoir.

Il faut continuer dans cette voie. Les Gaullistes appellent les candidats à respecter la décision du peuple et à rectifier fondamentalement l'orientation européenne que certains nous imposent. Le principe de toute souveraineté résidant essentiellement dans la nation, seul le peuple a le pouvoir de trancher. S’opposer à ses décisions est la négation même du gaullisme.

 

Des institutions stables

La constitution proposée par le général de Gaulle et acceptée largement par nos concitoyens lors du référendum du 28 septembre 1958, modifiée par l'instauration de l'élection présidentielle au suffrage universel (référendum du 28 octobre 1962) et ceci contre l'avis quasi-unanime des partis politiques, détermine le cadre dans lequel doit se définir les prérogatives des diverses institutions et s'organiser notre vie politique.

Depuis 50 ans, elle a prouvé son efficacité, et dans toutes les circonstances, donné à l'exécutif les moyens d'assurer la continuité de l'état.

Néanmoins, depuis les années mitterrandiennes, elle a subi des assauts qui l'ont fragilisée. La cohabitation n'est pas l'application normale du texte fondamental. La Vème République, c'est un président de la république légitime et une majorité législative qui le soutient. En acceptant un jeu contraire, Mitterrand et Chirac en 1986, Mitterrand et Balladur en 1993, puis Chirac et Jospin en 1997, ont favorisé avant tout leur "carrière" politique.

Acceptée par référendum le 24 septembre 2000, la durée du mandat présidentiel a été alignée sur celle de l'Assemblée nationale. Cette réforme initiée par Valéry Giscard d'Estaing a été portée par le seul argument : l'élection concomitante du Président de la république et des députés doit éviter toute nouvelle cohabitation. Mais il n'y a, ni dans les textes, ni dans la pratique, une "garantie anti-cohabitation". 2007 pourrait le démontrer. Et dans ce cas, que se passera-t-il ?

Maintenant, les candidats proposent d'aller plus loin : Ségolène Royal et François Bayrou envisagent une VIème République, Nicolas Sarkozy se veut le défenseur de nos institutions mais préconise des modifications dont la portée va, pour le moins, aussi loin que les autres. Tous affirment que la crise de confiance est purement mécanique. Ils veulent adapter la règle aux joueurs, alors que ce doit être le contraire.

Notons, tout de même, une différence de conception : Nicolas Sarkozy veut abandonner "la culture référendaire" en donnant à l'élection présidentielle le statut d'un "chèque en blanc". C'est la démocratie "service minimum" pour les 5 ans à venir, alors que ses deux challengers affirment s'y tenir pour que les Français donnent leur avis sur les grands projets. Mais attention ! Le trop plein de démocratie tue la démocratie. En instaurant le référendum d'initiative populaire, le risque d'alourdir les procédures et de banaliser la pratique est indéniable.

Il devient urgent d'arrêter cette "farfouille constitutionnelle" et de revenir aux fondamentaux de la Vème République :

  • un mandat présidentiel plus long que celui des députés,

  • une séparation nette et sans ambigüité des pouvoirs exécutif et législatif, respect de la solidarité gouvernementale,

  • la pratique du référendum à l'initiative du Président pour asseoir ses réformes essentielles sur la volonté populaire,

  • une déontologie, pas toujours transcriptible dans les textes, redonnant à nos élus, à commencer par le premier d'entre eux, l'honnêteté politique sans laquelle rien ne peut se faire dans la sérénité,

  • La défense de notre langue et la promotion de la francophonie.

Tout le reste n'est que circonstanciel, donc sans aucun intérêt.

 

Une sensibilité sociale à fleur de peau

Un état stratège, une Europe des nations, des institutions nationales stables, autant d'éléments essentiels au progrès social. "En notre temps la seule querelle qui vaille est celle de l'Homme... C'est l'Homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer" affirmait le général de Gaulle. Est-il concevable que la France du 21ème siècle soit encore celle des sdf campant le long du canal Saint-Martin, des chômeurs vivant sans aucune dignité, des bas salaires sans perspective d'évolution, de la médecine à deux vitesses, des délocalisations de plus en plus nombreuses, des paradis fiscaux et des salaires indécents de certains dirigeants d'entreprise, … ? Le ciment social est indispensable à la cohésion nationale. La fracture sociale que l'on nous promettait de réduire est toujours une réalité indéniable.

Les gaullistes ne sauraient se contenter de cette seule approche. Le capitalisme a triomphé du collectivisme. Mais il reste à faire "notre révolution" : mettre aux archives de l'histoire la "lutte des classes". Les salariés et les entrepreneurs ont des intérêts communs évidents. Ils doivent s'entendre pour mener à bien les projets économiques qui les unissent. Il n'y a plus, sur le fond, d'intérêts divergents. Il faut franchir le pas : accepter le partage du pouvoir et de la propriété pour mettre un terme aux OPA hostiles.

Les services publics ont également un rôle à jouer dans cette politique sociale. La France a développé après guerre, notamment sous de Gaulle qui a renforcé l'exception française que certains veulent dénigrer aujourd'hui : transports collectifs, énergie (EDF-GDF), assurance maladie, des finances publiques au service de la nation, tout cela imaginé et encadré par une planification évolutive. Il faut, bien entendu, prendre en compte les évolutions de notre époque. Il n'est pas interdit de mieux gérer les finances publiques ; plus de dépenses n'est pas synonyme de plus de bien être. Ainsi peut être assurée l'efficacité du service public sur la totalité de notre territoire.

 

Voter pour préparer nos futurs combats

Les gaullistes et républicains sociaux doivent s'interdire toute dérive polémiste. Tout ce qui peut nuire à la France doit être banni. Il n'en reste pas moins que le scrutin majeur va confier à un citoyen français les leviers de notre destin. Il convient d'agir sereinement mais avec détermination. Pas de candidat "gaulliste et républicain", pas de ralliement. Nous devons défendre nos idées : elles nous fédèrent. Chacun de nous, le moment venu, face à sa conscience, exprimera un choix. Mais chacun de nous le fera en misant sur l'avenir, sur notre volonté d'unir, sur notre capacité à toujours défendre les convictions qui nous animent. Le combat pour une France forte, indépendante, humaniste, républicaine et sociale, en un mot une France gaulliste, doit perdurer.

Conformément aux fondamentaux de la Ve république, l’élection présidentielle doit rester un moment privilégié de la vie politique et démocratique de la France : la rencontre d’une conscience (celle du candidat) et d’une confiance (celle du peuple).

Fin de citation.

Je pense que, dans cette compétition, deux figures se détachent sur le plan de la personnalité et peuvent, par le potentiel de leur stature politique (je dis bien le potentiel!), devenir des éléments fédérateurs dont le pays a tant besoin.

François Bayrou, par son positionnement, peut rassembler au delà, très au delà, des partis politiques qui structurent la vie politique du pays. Il peut apaiser la Nation qui a besoin de mobiliser son énergie, ses énergies, pour avancer résolument vers l'avenir ...

C'est mon choix.

Ségolène Royal, parce qu'elle est femme, de culture de droite de par ses origines (un père militaire), et influente à gauche puisque intronisée (non sans mal d'ailleurs ce qui suppose des qualités de stratège), par le principal parti d'une gauche qui finira bien par se réformer si elle ne veut pas disparaitre purement et simplement, peut, elle aussi, fédérer les forces vives de la Nation car il est certain qu'elle ne commettra pas d'excès et qu'elle ne s'en laissera conter par personne.

Ce n'est pas mon choix mais ça pourrait le devenir ... Je ne suis pas seul à décider.

Nicolas Sarkozy n'a pas, pour l'instant, toutes les qualités que j'attends d'un homme d'Etat. Il s'énerve trop facilement, me faisant penser plus souvent qu'il ne faudrait au maire de ma commune qui, au fil des Conseils municipaux, révèle qu'il est capable de tout tout en étant capable de rien. Loin de moi l'idée de rabaisser Nicolas Sarkozy au niveau de Jacques J.P. Martin!
Ce n'est pas mon choix mais ça le deviendrait ... si Le Pen était présent au second tour.

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Commentaires

Citations

 

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur.
 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle.
(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu)

 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.
 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais).

 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné.
 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux.
 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées inventerait aussitôt une religion.
 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente.
 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché.
 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse.
 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets?
 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.
 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première.
 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions.
 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami.
 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser.
 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir.
 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison.
 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes.
 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun.
 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat fait mal les siennes.
 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.
(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu)

 Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.
 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté.
 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects.
 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout.
 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres.
 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut.
 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient.
 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide)

 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors.
 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance.
 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime.
 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome.
 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort)

 Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal)
(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe.
 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief.
 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse.
 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen.
 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours.
 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout.
 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleures.
 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.
(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.
 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.
 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand)

 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner.
 (Barbey d'Aurevilly)

 (Ndr : Vous voyez bien que je suis tout le contraire d'un séducteur!).
 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise de ceux qui aiment commander.
 (Jean Giraudoux).
 

 

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