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Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous feront blancs ou noirs. (Jean de La Fontaine). L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle. (Adolphe Thiers). Le journalisme est une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines. (Honoré de Balzac). La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu). Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine. (Michel de Montaigne). Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses, Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses. (Charles Cros). Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage. (Marie-Joseph Chénier). O! liberté, que de crimes on commet en ton nom! (Madame Roland, Dernières paroles sur l'échafaud). Caesar pontem fecit. (Jules César, La guerre des Gaules). Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin. (Jules Renard). (Ndlr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais). Mon Dieu, le plus souvent l'apparence déçoit. Il ne faut pas toujours juger sur ce qu'on voit (Molière, Le Tartuffe). L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné. (Georges Clemenceau). Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux. (Colin d'Harleville, L'Optimiste). Une société d'athées inventerait aussitôt une religion. (Honoré de Balzac). Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. (Beaumarchais). Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente. (Jules Renard). Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. (François Rabelais). Être contesté, c'est être constaté. (Victor Hugo). Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché. (Victor Hugo). Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse. (Pierre Véron). La critique est aisée, mais l'art est difficile (Destouches, Le Glorieux). L'univers m'embarrasse et je ne puis songer Que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger. (Voltaire). Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets? (Beaumarchais, Le Barbier de Séville). C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir. (Chateaubriant, Mémoires d'outre-tombe). Les fous sont aux échecs les plus proches des rois. (Mathurin Régnier). Combien l'éducation durera-t-elle? Juste autant que la vie. Quelle est la première partie de la politique? L'éducation. La seconde? L'éducation. Et la troisième? L'éducation. (Jules Michelet, Le Peuple). Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants. (Charles Perrault). Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts. (Alexis de Tocqueville) C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première. (Boucher de Perthes). Les Français vont instinctivement au pouvoir; ils n'aiment point la liberté; l'égalité seule est leur idole. Or l'égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes. (Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe). L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions. (Ernest Jaubert). Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami. (Alphonse Karr). Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser. (La Rochefoucauld). Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir. (Ernest Renan). La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison. (Charles de Saint-Evremond). Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes. (François Guizot, Essai sur l'histoire de France) C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun. (Joseph Léonard). Le mot ne manque jamais quand on possède l'idée. (Gustave Flaubert). Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat les fait mal. (Talleyrand). Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins. (Georges Clemenceau). La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement. (Henri de Rochefort). C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.(La Rochefoucauld). La haine, c'est la colère des faibles. (Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin). Le trop de promptitude à l'erreur nous expose. (Pierre Corneille). On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. (Georges Clemenceau). Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire. (Mme de la Sablière). J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu). Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef. (Stéphane Mallarmé). Ce n'est point règner qu'être trois à règner. (Pierre Santucci, Commentaires sur le Consulat). Le silence des peuples est la leçon des rois. (Mirabeau) Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent. (L. Barenton). La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté. (Talleyrand). La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites. (Louis Latzarus). Pour violer une règle, il faut la connaître. (Paul Eluard). Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects. (Ernest Hemingway). Le peuple ne veut pas qu'on lui donne; il veut prendre. (Henri de Montherlant). C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes. (Disraëli). Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout. (Tristan Bernard). Il faut une bonne mémoire après qu'on a menti. (Pierre Corneille). Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres. (Paul Valéry). Le talent est devenu le nom biblique de l'argent. (Hervé Bazin). L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut. (Jean-Marc Paulhan). Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient. (Tacite). Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts. (La Rochefoucault). De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide). On voit que de tout temps, les petits ont pâti des sottises des grands. (Jean Racine, la Thébaïde). Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors. (Démocrite). L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance. (Jean d'Ormesson). Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. (Montesquieu). La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime. (Henry de Montherlant). Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome. ( Albert Einstein). La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort). Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux. (Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe). La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal, Pensées). Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe. (Talleyrand). La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief. (La Rochefoucauld, Maximes). La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse. (Sully Prud'homme, Pensées). La nécessité nous délivre de l'embarras du choix. (Vauvenargues, Réflexions et Maximes). Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen. (Talleyrand). C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours. (Benjamin Constant). C'est mon opinion et je la partage. (Henri Monnier, Mémoires de M. Joseph Prud'homme). L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort. (Voltaire). Si j'avance, suivez-moi; si je meurs, vengez-moi; si je recule, tuez-moi. (Henri de La Rochejaquelein). Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire. (Mme de la Sablière). La patience est le courage de la vertu. (Bernardin de Saint-Pierre). Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. (Victor Hugo, Les Chants du crépuscule). La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout. (Henri Poincaré). Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleure. (Jules Verne, L'Ile mystérieuse). Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit. (Napoléon; Le Mémorial de Sainte-Hélène.). L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir. (Michel de Montaigne, Essais). Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique. (Henri Poincaré). La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand). Mon âme a son secret, ma vie a son mystère. (Félix Arvers, Mes heures perdues.). La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner. (Barbey d'Aurevilly). (Ndlr : Vous voyez bien que je suis tout le contraire d'un séducteur!). L'art de plaire est l'art de tromper. (Vauvenargues, Réflexions et Maximes) Servir! C'est la devise de ceux qui aiment commander. (Jean Giraudoux). Un fait est un fait! Et les faits sont têtus! (Lénine). Pas de manequins dans le Parti! Que les bouches s'ouvrent! (Maurice Thorez). Vingt fois sur le métier, remettre son ouvrage! (Pénélope). O! Tempora! O! Mores! (Cicéron). Panem et circenses! (Juvenal). Ici et maintenant. (François Mitterrand). La religion, c'est l'opium du peuple; C'EST AUSSI SON ESPERANCE. (Karl Marx). L'incroyance est la ruine non seulement des individus, mais des sociétes. (Lammenais). L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir. (Pierre Corneille, Le Cid). Combat terrible, au corps à corps, voilà déjà longtemps que leurs chevaux sont morts. (Victor Hugo). L'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur. (Jules Renard). La terre n'aime pas le sang et les ordures. (Agrippa d'Aubigné). Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet. (Georges Courteline). La France est un pays extrêmement fertile. On y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. (Georges Clemenceau). Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous feront blancs ou noirs. (Jean de La Fontaine). L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle. (Adolphe Thiers). Le journalisme est une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines. (Honoré de Balzac). La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu). Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine. (Michel de Montaigne). Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses, Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses. (Charles Cros). Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage. (Marie-Joseph Chénier). O! liberté, que de crimes on commet en ton nom! (Madame Roland, Dernières paroles sur l'échafaud). Caesar pontem fecit. (Jules César, La guerre des Gaules). Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin. (Jules Renard). (Ndlr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais). Mon Dieu, le plus souvent l'apparence déçoit. Il ne faut pas toujours juger sur ce qu'on voit (Molière, Le Tartuffe). L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné. (Georges Clemenceau). Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux. (Colin d'Harleville, L'Optimiste). Une société d'athées inventerait aussitôt une religion. (Honoré de Balzac). Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. (Beaumarchais). Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente. (Jules Renard). Il me semble que la bureaucratie ait, en France, pour unique fonction de ne rien faire et de tout empêcher. Si tel est en effet son rôle, il faut convenir qu'elle le remplit d'une façon irréprochable. (Delphine Gay de Girardin). La calomnie est une guêpe qui vous importune et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu'on ne soit sûr de la tuer, sans quoi elle revient à la charge, plus furieuse que jamais. (Chamfort). La France doit redouter, également, les gens qui ne sont capables de rien et les gens qui sont capables de tout. (Adolphe Thiers) Quiconque n'a pas de caractère n'est pas un homme, c'est une chose. (Chamfort). Plus ça change, plus c'est la même chose. (Alphonse Karr). Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. (François Rabelais). Être contesté, c'est être constaté. (Victor Hugo). Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché. (Victor Hugo). Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse. (Pierre Véron). La critique est aisée, mais l'art est difficile (Destouches, Le Glorieux). L'univers m'embarrasse et je ne puis songer Que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger. (Voltaire). Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets? (Beaumarchais, Le Barbier de Séville). C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir. (Chateaubriant, Mémoires d'outre-tombe). Les fous sont aux échecs les plus proches des rois. (Mathurin Régnier). Combien l'éducation durera-t-elle? Juste autant que la vie. Quelle est la première partie de la politique? L'éducation. La seconde? L'éducation. Et la troisième? L'éducation. (Jules Michelet, Le Peuple). Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants. (Charles Perrault). Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts. (Alexis de Tocqueville) C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première. (Boucher de Perthes). Les Français vont instinctivement au pouvoir; ils n'aiment point la liberté; l'égalité seule est leur idole. Or l'égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes. (Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe). L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions. (Ernest Jaubert). Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami. (Alphonse Karr). Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser. (La Rochefoucauld). Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir. (Ernest Renan). La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison. (Charles de Saint-Evremond). Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes. (François Guizot, Essai sur l'histoire de France) C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun. (Joseph Léonard). Le mot ne manque jamais quand on possède l'idée. (Gustave Flaubert). Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat les fait mal. (Talleyrand). Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins. (Georges Clemenceau). La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement. (Henri de Rochefort). C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.(La Rochefoucauld). La haine, c'est la colère des faibles. (Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin). Le trop de promptitude à l'erreur nous expose. (Pierre Corneille). On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. (Georges Clemenceau). Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire. (Mme de la Sablière). J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu). Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef. (Stéphane Mallarmé). Ce n'est point règner qu'être trois à règner. (Pierre Santucci, Commentaires sur le Consulat). Le silence des peuples est la leçon des rois. (Mirabeau) Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent. (L. Barenton). La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté. (Talleyrand). La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites. (Louis Latzarus). Pour violer une règle, il faut la connaître. (Paul Eluard). Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects. (Ernest Hemingway). Le peuple ne veut pas qu'on lui donne; il veut prendre. (Henri de Montherlant). C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes. (Disraëli). Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout. (Tristan Bernard). Il faut une bonne mémoire après qu'on a menti. (Pierre Corneille). Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres. (Paul Valéry). Le talent est devenu le nom biblique de l'argent. (Hervé Bazin). L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut. (Jean-Marc Paulhan). Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient. (Tacite). Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts. (La Rochefoucault). De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide). On voit que de tout temps, les petits ont pâti des sottises des grands. (Jean Racine, la Thébaïde). Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors. (Démocrite). L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance. (Jean d'Ormesson). Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. (Montesquieu). La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime. (Henry de Montherlant). Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome. ( Albert Einstein). La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort). Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux. (Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe). La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal, Pensées). Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe. (Talleyrand). La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief. (La Rochefoucauld, Maximes). La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse. (Sully Prud'homme, Pensées). La nécessité nous délivre de l'embarras du choix. (Vauvenargues, Réflexions et Maximes). Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen. (Talleyrand). C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours. (Benjamin Constant). C'est mon opinion et je la partage. (Henri Monnier, Mémoires de M. Joseph Prud'homme). L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort. (Voltaire). Si j'avance, suivez-moi; si je meurs, vengez-moi; si je recule, tuez-moi. (Henri de La Rochejaquelein). Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire. (Mme de la Sablière). La patience est le courage de la vertu. (Bernardin de Saint-Pierre). Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. (Victor Hugo, Les Chants du crépuscule). La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout. (Henri Poincaré). Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleure. (Jules Verne, L'Ile mystérieuse). Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit. (Napoléon; Le Mémorial de Sainte-Hélène.). L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir. (Michel de Montaigne, Essais). Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique. (Henri Poincaré). La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand). Mon âme a son secret, ma vie a son mystère. (Félix Arvers, Mes heures perdues.)

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Présentation générale

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Vendredi 11 janvier 2008
publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là communauté : BLOGS, en parler ... par Jacques Heurtault recommander
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Quand les choses sont bien dites par certains, pourquoi prendre le risque de les redire, en moins bien?

Je suis exactement dans cet état d'esprit avec l'hommage rendu par François Fillon à Raymond Forni qui vient de nous quitter, agé d'à peine 66 ans, ce qui est fort jeune de nos jours.


Début de citation :

Hommage à Raymond Forni

Le Premier ministre a consacré mardi, à l'Assemblée nationale, un hommage ému à Raymond Forni.


Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les députés,
Chers collègues,

Humbles devant la mort, nous le sommes plus encore quand celui qui nous quitte a donné, par sa présence, par ses contributions à notre vie politique, par son parcours personnel, l’image d’un destin exemplaire.
Parmi nous, il y a ceux qui luttent contre la pauvreté, la solitude, et ceux qui les ont subies.
Il y a ceux qui débattent du travail en usine, et ceux qui l’ont vécu.
Il y a ceux qui encouragent l’effort d’intégration, la réussite personnelle, la promotion sociale, et ceux qui ont su tout donner, tout surmonter pour les mener eux-mêmes à bien, jusqu’à obtenir du pays la reconnaissance la plus haute.
Raymond Forni était de ceux-là.
Je veux redire le message à la fois clair, positif et exigeant que son parcours adresse à tous ceux dont l’intégration dans la société française semble difficile.
Je pense aux jeunes issus de l’immigration, mais aussi à ceux que leur histoire scolaire ou familiale semble écarter des voies balisées de la réussite.
Raymond Forni était devenu citoyen français à 17 ans. A 32 ans, il était député du Territoire de Belfort, grand juriste, grand constitutionaliste.
Quinze ans pour passer d’une demeure modeste de Montreux-Château, à la représentation nationale, et par-delà, au Conseil de l’Europe, à la CNIL, à la présidence de la région Franche-Comté.
Quand l’intégration est courageuse, volontaire, loyale, aucune porte ne lui reste fermée.
Les combats de Raymond Forni ont toujours été guidés par ce souci proprement humaniste de respect de l’homme et de ses dons.
Le souci de la tolérance, de l’ouverture intellectuelle, de la justice.
Raymond Forni s’était fait connaître comme avocat en défendant, dans l’affaire Mercier  une lecture large et compréhensive de la liberté d’enseigner.
Il disait avoir connu son grand moment de député comme rapporteur d’une des lois qui ont honoré l’Assemblée nationale, la loi abolissant la peine de mort.
A cet esprit de tolérance et de générosité, je veux exprimer aujourd’hui l’hommage sans réserve du Gouvernement et de la nation.
Raymond Forni avait mis au service de l’Etat les talents que la France lui avait permis d’épanouir.
Son travail –  considérable, en particulier à la tête de la Commission des Lois – avait pour horizon la collectivité nationale.
Son éloquence était à la disposition de la République.
Il en vivait chaque progrès avec probité et avec une passion presque farouche.
Ceux d’entre vous qui ont eu le privilège de travailler ici même sous sa présidence s’en souviennent : au perchoir, Raymond Forni avait le ton rigoureux, parfois tranchant. Le ton, sans doute, de ceux qui s’étaient battus pour tous, qui n’avaient jamais fait un pas pour eux seuls.
La République avait donné à Raymond Forni le rang de quatrième personnage de l’Etat.
Lui-même s’était attribué en retour un titre modeste et beau, celui d’ « enfant de la République ».
La République que j’aime, c’est celle qui donne leur chance à des hommes de la qualité et de la trempe de Raymond Forni.

Fin de citation.
 
Vendredi 19 octobre 2007
publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là communauté : Réformer la France par Jacques Heurtault recommander
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Voici l'article que vous trouverez dans Valeurs Actuelles sur le sujet ...

Début de citation : 

Malgré la faiblesse de leurs effectifs, les organisations syndicales survivent bien. L’ab­sence légale de publication des comptes favo­rise les dérives.

Pour François Chérèque, le “patron” de la CFDT, « c’est une catastrophe ». Pour Bernard Thibault, celui de la CGT, « il s’agit d’une campagne concertée pour décrédibiliser les syndicats de salariés ». C’est peu dire que “l’affaire DGS” a mis en émoi les fédérations syndicales.

 
Entre 2000 et 2007, le président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac, a fait retirer des comptes bancaires de son organisation plusieurs mil­lions d’euros en espèces. En début de semaine, les policiers de la brigade financière estimaient ces retraits à 17 millions d’euros, au moins. « Ça monte doucement tous les jours », précisait l’un d’eux à l’agence Reuters. Des opérations que la présidente du Medef, Laurence Parisot, a jugées « incompréhensibles ».

À qui cet argent était-il destiné ? Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour “abus de confiance”. La piste du financement syndical revient avec insistance. S’agissait-il d’obtenir la paix sociale en versant des “subventions” aux syndicats ? Les principaux intéressés démentent avec vigueur : « La CFDT n’a pas touché un euro de cet argent-là », affirme François Chérèque, pour qui « cet élément de suspicion est quelque chose d’insupportable ». Quant à Jean-Claude Mailly (Force ouvrière), s’il veut bien admettre « quelques problèmes », il « ne trouve pas que [le financement des syndicats] soit trouble ». Pas d’abus ni de détournements, soutient-il, tout en déplorant l’interdiction légale des mises à disposition des syndicats de permanents par les entreprises.

Il y a longtemps, pourtant, que se pose la question du financement des syndicats. Valeurs ac­tuelles y a déjà consacré plu­sieurs enquêtes. « Les fi­nances des syndicats ? Plus opaques encore que celles des partis politiques ! » écrivions-nous le 19 novembre 2004. « Les syndicats dits représentatifs le sont si peu que les cotisations de leurs adhérents ne peuvent assurer leur survie. D’où les dérives que l’on découvre… et celle que l’on ne connaît pas encore », résumions-nous le 15 janvier 2000, dans un dossier intitulé, déjà, « D’où vient l’argent des syndicats ».

En 2004, le ministre délégué aux Relations du travail, Gérard Larcher, avait réuni les cinq confédérations pour plancher sur le sujet. Leurs trésoriers avaient regretté « le climat d’incerti­tude et de précarité des systèmes de financement » et dénoncé des « incidents qui altèrent l’image du syndicalisme et laissent penser que l’attribution des droits syndicaux relèverait de l’abus de bien social ou du détournement de fonds ».

Une chose est sûre : les caisses des syndicats français ne souffrent pas trop de l’effritement constant de leur au­dience. Deniers du contribuable, petites combines et maquis des mécanismes de financement leur permettent de survivre et, pour certains, de prospérer sans jamais rendre de comptes. C’est ce que constate le rapport remis au gouvernement en mai 2006 par Raphaël Hadas-Lebel, président de section au Conseil d’État : « Le financement des organisations syndicales est caractérisé par une grande opacité : aucun document public ou administratif porté à notre connaissance ne présente de synthèses des ressources financières des syndicats en France, ni même des mécanismes de financement. »

Quelque dossier que l’on traite à propos du syndicalisme français, obtenir des données chiffrées s’avère pour le moins difficile. Effectifs des militants et des permanents, budget global, sources de financements… Les syndicats sont partout, mais personne ne peut dire précisément ce qu’ils représentent, encore moins ce qu’ils coûtent à l’État.

Alors que le taux de syndicalisation est de 30 % dans le très libéral Royaume-Uni, il tournerait en France autour de 7 à 9 %. Un chiffre gonflé par une poignée d’entreprises (La Poste, la SNCF…) ou certains ministères, comme l’Éducation nationale et les Finances, où la syndicalisation atteint 20 à 25 % des effectifs. Louis Viannet, ancien “patron” de la CGT, l’admettait : « Tous syndicats réu­nis, nous ne regroupons même pas 10 % des salariés, et ces salariés se trouvent tous dans les mêmes secteurs ». Même constat à la CFE-CGC dont le président, Bernard Van Craeynest, reconnaît avec lucidité : « Malgré les quinze dernières années, durant lesquelles nous avons eu tendance à regagner des adhérents, la faiblesse des effectifs demeure le pro­blème de fond. »

Car faute d’adhérents, les cotisations se font logiquement plus maigres. Elles représenteraient 57 % du budget total de FO et 34 % de celui de la CGT. Entre les deux, la CFE-CGC déclare un chif-fre de 40 %, la CFDT de 50 %. Mais la réalité est bien moins glorieuse. Selon Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail (IST), « les cotisations ne représentent tout au plus que 15 à 20 % des ressources financières du syndicalisme français ».

En Suède, en Allemagne ou en Belgique la part des cotisations dans les finances des syndicats est de l’ordre de 80 %. En Italie, selon le rapport Hadas-Lebel, les organisations perçoivent de leurs adhérents plus d’un milliard d’euros de cotisations, en Belgique 400 mil­lions. En France ? Moins de 200 mil­lions. Mais là encore, le conditionnel est de mise, les centrales entretenant le flou. « Les syndicats sont les seules institutions reconnues par l’État qui n’ont pas à produire de comptes, s’offusque Bernard Zimmern, président de l’Ifrap (Institut français pour la recherche sur les administrations publiques), et qui n’ont même pas à tenir une comptabilité. Ils échappent de ce fait à tout contrôle. »

Seule la CFDT publie sur son site Internet une ébauche de budget. « Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, affirme néanmoins Dominique Labbé, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Grenoble, auteur d’une Histoire des syndicats au XXe siècle (Le Seuil). La seule chose qu’il vous est permis de voir est le budget confédéral purgé de tous les satellites qui gravitent autour : instituts divers, tour-opérateurs, cabinets d’expertise comptable, unions de consommateurs… Comme si un groupe publiait les comptes du holding en omettant de communiquer les chiffres de ses multiples filiales… »

Si les effectifs, et par là-même les cotisations, ont fondu, les dépenses ont enflé. « Le syndicalisme français, pauvre il y a un siècle, est aujourd’hui relativement riche », constate Bernard Vivier. Rien qu’au niveau confédéral, la CGT a quintuplé le nombre de ses permanents en trente ans, de 60 à 300 personnes, alors que ses effectifs étaient divisés par deux et demi. Dominique Labbé estime à 10 000 le nombre total de permanents cégétistes, en cumulant la confédération, les fédérations, les unions départementales et locales, les sections d’entreprises et tous les satellites qui gravitent autour du syndicat communiste. La CFDT alignerait, quant à elle, de 8 000 à 10 000 permanents, Force ouvrière, 7 000. La CFE-CGC et la CFTC, 3 000 chacune. Et malgré l’hémorragie de leurs militants, FO et la CFDT n’ont pas hésité à se doter dans le courant des années 1990 de sièges parisiens plus que confortables. Un immeuble de 5 900 mètres carrés près de Montparnasse pour la première, 19 000 mètres carrés dans le XIXe arrondissement pour la seconde. Montant des investissements : 15 et 30 millions d’euros.

Où le “club des cinq” (la CGT, la CFDT, FO, la CGC et la CFTC) va-t-il chercher cet argent ? Comme souvent en France, la réponse est à chercher (au moins en partie) du côté de l’État et des collectivités locales. Les subventions publiques, les prélèvements sur les organismes paritaires et les avantages tirés des “droits syndicaux” constituent les trois sources principales auxquelles s’abreuvent les syndicats.

Les innombrables subventions dont bénéficient les syndicats constituent l’argent blanc de leurs budgets. Matignon montre discrètement l’exemple par le biais de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). Créé par Pierre Mauroy, cet organisme de droit privé géré par les grandes centrales est chargé de produire rapports et études sur le syndicalisme. Il perçoit une subvention annuelle de 3,3 millions d’euros, que se partagent à parts égales les “cinq grands” et l’Unsa-Éducation. Une part pour faire tourner l’institut, une autre pour produire lesdits rap­ports, le reste pour le syndicat.

La plupart des ministères y vont également de leur obole. En 2005, le mi­nistère du Travail a ainsi octroyé 29 millions d’euros à l’ensemble des centrales au titre de la formation des délégués syndicaux, des délégués du personnel, des conseillers prud’hommes… Le mi­nistère de l’Agriculture verse une dizaine de mil­lions d’euros aux syndicats d’agriculteurs. L’essentiel étant de participer, le Quai d’Orsay lâche 300 000 euros pour « soutenir la coopération syndicale internatio­nale ». Mais le plus généreux est sans conteste le minis­tère du Budget, avec pas moins de 300 millions d’euros d’abattements fis­caux, d’exonérations d’impôt ou de cotisations syndicales déduites de l’impôt sur le revenu à hauteur de 60 %.

À la générosité gouvernementale, s’ajoutent celles des régions, des départements et des municipalités qui, outre des subventions parfois importantes, fournissent à titre gracieux locaux, chauffage, nettoyage, informatique ou téléphone. Quant aux 64 militants syndicaux qui siègent au Conseil économique et social, ils reversent l’intégralité de leur indemnité (2 600 euros nets mensuels) à leur syn­dicat. CGT et CFDT em­pochent ainsi chacune entre 500 000 et 600 000 euros chaque année. Mer­ci qui ? Merci le contribuable.

La mise à disposition de permanents et les heures de délégation au titre des “droits syndicaux” constituent une autre ressource importante – la plus importante, même, mais pas la plus transparente… Les salariés mandatés se consacrent totalement ou partiellement à leur syndicat mais perçoivent leur salaire de leur employeur d’origine. À l’Éducation nationale, 2 500 personnes, en équivalents temps plein, seraient détachées auprès des syndicats. Du côté de la Po­lice, 1 600 agents bénéficient d’une décharge totale de service, soit plus d’un policier sur 100…

Autre employeur extrêmement généreux : la SNCF. Entre les mises à dis­position, les délégués syn­dicaux, les autorisations d’absence pour assister à des réunions syndicales, c’est 1 % de la masse salariale de l’entre­prise qui est consacré au syndicalisme, soit 1 700 équivalents temps plein. Quant à la Sécurité sociale, l’ANPE et l’Unedic, la for­mation des adultes ou les caisses de retraites complémentaires, ce sont autant de bases logistiques où les syndicats peuvent trouver permanents, locaux et ma­tériel informatique à un coût modique.

« Au total, dans les trois fonctions publiques, les organismes de la “Sécu” ou les grandes entreprises natio­nales, les “droits syndicaux” (décharges de service et autorisations d’absence di­verses) représentent au mi­nimum l’équivalent de 40 000 emplois à temps plein », estime Dominique Lab­bé. Le coût annuel moyen d’un salarié de l’État étant de 28 000 euros selon l’Insee, l’addition pour le contribuable est de plus d’un milliard d’euros. Est-ce raisonnable ?

Certes, le paritarisme a sa part de légitimité, les syndicats y exerçant une mission de service public. « Que les syndicats reçoivent de l’argent public n’est pas malsain en soi », affirme Bernard Vivier. Comment feraient-ils sans subventions pour former les 14 000 conseillers prud’hommes que néces­sitent chaque année les 200 000 conflits individuels du travail ? « En leur absence, il faudrait recruter des milliers de juges. Le contribuable n’y gagnerait pas forcément », explique-t-il.

« Le rapport Chertier de septembre 2006 sur le dialogue social ne dénombre pas moins de 140 organismes au sein desquels l’État nous demande de siéger », ajoute Bernard Van Craeynest. Il faut bien des professionnels pour assister à toutes ces réunions. « Or, je n’ai que soixante-deux salariés au siège. Je fais comment ? », demande le “patron” de la CGC. Impossible sans l’aide des pouvoirs publics. Reste que, bien au chaud au sein d’organismes brassant des sommes considérables (à lui seul le budget de la “Sécu” atteint 180 milliards d’euros), les partenaires sociaux ont tendance à abuser des contreparties censées couvrir les frais du paritarisme. Ainsi les organismes paritaires rem­boursent les yeux fermés des centaines de milliers d’euros au titre de la formation et de l’assistance technique de leurs administrateurs syndicaux. Au point que les syndicats peuvent avoir la « tentation de majorer artificiellement le nombre des journées/stagiaires déclarées », a plusieurs fois noté la Cour des comptes.

Il en est de même de l’argent de la formation permanente, collecté par les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés). Leur objectif : aider les chômeurs et les salariés peu qualifiés à parfaire leur formation professionnelle. Ces organismes reversent aux “cinq grands” et aux syndicats patronaux 0,75 % des 4 milliards d’euros perçus auprès des entreprises. Soit environ 30 millions d’euros chaque année. Pour pimenter l’affaire, un Fonds national de gestion de la formation professionnelle (Fongefor), créé en 1996, cha­peaute l’ensemble des OPCA et reverse également 0,75 % de la collecte aux partenaires sociaux. En 2001, par sa seule participation à la gestion de la formation professionnelle, la CGT a touché presque 4 millions d’euros. La CFDT, 5,5 millions.

Flairant de possibles dérapages, la Cour des comptes a mené une inspection fin 2005 mais n’a pas rendu publiques ses conclusions. L’affaire était-elle trop gênante ? Si l’on en croit Erwan Seznec, auteur de Syndicats, grands discours et petites combines (Hachette Littératures), « rien n’em­pêche un OPCA de choisir un centre [de formation] “ami” dans lequel une partie de l’argent versé pour payer les formations s’évaporera discrètement », écrit le journaliste. Comment ? « Il suffit d’organiser des stages fantômes. Le risque de se faire prendre est objectivement limité, dans la mesure où les contrôles sont rares. Ni l’Urssaf, ni les directions départementales du travail n’ont envie de lever ce gros lièvre », affirme-t-il. Sans parler des formations “bidons”, la tentation est grande de surfacturer les services rendus. C’est plus discret et plus simple : 150 heures au lieu de 100  heures, ni vu, ni connu. Et de la tentation au passage à l’acte, il n’y a souvent qu’un pas...

Fin de citation .

Je ne partage pas forcément toutes analyses déeloppées dans l'article mais la tonalité générale est assez bonne. A méditer ...

 



Samedi 18 août 2007
publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là par Jacques Heurtault recommander
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Cela va deux fois, en quelques jours, que je diffuse les idées de Laurent de Laurent Fabius après l'avoir, à plusieurs reprises, étrillé pendant la dernière campagne électorale ...

Vous allez finir par penser que je suis en train de retourner ma veste!

Ce en quoi vous auriez grand tort ...

Depuis le début, j'ai fait le choix de faire miennes les bonnes idées, d'où qu'elles viennent, même si elles viennent de Laurent Fabius ...

C'est la principale des raisons qui font que mes idées que vous lisez avec régularité sur mon blog sont bonnes! (Et vlan dans les chevilles ... Gonflé, le mec!).

Lisez plutôt :

Début de citation :

Qui sont ces « prétendus spécialistes » que vous fustigez ?

 Pour moi, il y a eu un défaut de prévoyance considérable de la part des prêteurs américains, puis des banques - en particulier des fonds et des hedge funds - ensuite des autorités de régulation et des agences de notation. Car, ce qui me frappe d’abord, c’est que cette crise était prévisible. Quand on a une masse de crédits distribués sans aucune garantie et qu’en même temps l’économie se contracte, il finit forcément par y avoir un retournement. Quand ces créances ont été titrisées, il était aisé de prévoir le risque. Autre chose qui me frappe : la contagion. Le système est si imbriqué que, très vite, on arrive à une crise. Et l’aspect psychologique joue à plein puisque, à partir d’une affaire localisée, faute de transparence, on aboutit à une crise planétaire ! Le marché a vite compris que tout cela était opaque.

 

Les banques centrales ont-elles eu raison d’injecter massivement des liquidités ?

Bien sûr. A partir du moment où le système interbancaire était bloqué puisque les banques refusaient de se prêter de l’argent, il fallait éviter la thrombose. Mais ces injections révélaient aussi que la crise était plus importante que prévu. Rajoutant à l’effet psychologique et à la spirale de crise. Je dirais donc que la situation actuelle est le résultat d’un manque de clairvoyance, d’un défaut de transparence et d’un effet contagion qui rend le système très fragile.

 

 Avez-vous le sentiment qu’il y a un pilote à la tête de la finance mondiale ?

Il ne peut pas y avoir un pilote ; il faut qu’il y ait des pilotes. Et ces pilotes, ce sont les autorités américaines (pour ce qui est des prêts immobiliers), les régulateurs nationaux, les agences de notation, les banques centrales - qui doivent impérativement se coordonner davantage - et les gouvernements eux-mêmes qui doivent tout faire pour éviter la contagion entre économie financière et économie réelle.

 

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a affirmé qu’elle ne croyait pas à la contagion de l’économie française.

Moi, j’ai bien peur qu’il y ait des conséquences sur la France. Car il y a une addition de facteurs qui poussent dans le même sens : climat de crise financière, décisions ponctuelles du gouvernement qui vont avoir des effets sur la consommation, telles la hausse de l’électricité, et aussi l’augmentation des prix de l’alimentation... Tout cela donne un climat morose, là où on nous annonçait une reprise. Alors que la croissance mondiale est très forte, cette crise risque d’aboutir un peu partout, y compris en France, à un freinage des investissements et de la consommation.

 

Aux manettes, que feriez-vous ?

Je m’assurerais de l’existence d’une bonne coordination entre les autorités financières internationales, d’une vraie discussion avec la Banque centrale européenne car elle ne doit surtout pas relever ses taux. Et je mettrais sur la table la question des hedge funds (il faut espérer que les Américains vont réagir sur le sujet comme Angela Merkel le réclame depuis des mois) et des bulles financières. Car ce qui se passe dans l’immobilier peut arriver dans d’autres secteurs, je pense notamment à certains marchés énergétiques. Le problème c’est que l’économie se « financiarise » totalement ; or les rendements financiers exigés sont sans commune mesure avec l’économie réelle. Comme les phénomènes de chute sont accélérés, cela donne à la fois un effet domino et un effet casino.

 

Les autorités politiques et financières réagissent-elles comme il faut ?

Avant tout, il faut faire preuve de sang-froid et développer une vision internationale coordonnée. Or, dans cette crise, on a eu un sentiment de flottement. D’autant que nous sommes en août et que beaucoup sont en vacances. Il fallait une réponse psychologique forte des autorités publiques. Pour le moment, je constate qu’on est en pleine tempête.

   

Interview réalisée par Alexandra Schwartzbrod.

Fin de citation.

 

Fabius n'a pas raison sur tout! En particulier, il a tort sur un point.

 

Il faut que la Banque Centrale Européenne relève ses taux, comme cela était prévu, en Septembre prochain.

Pourquoi?

C'est une affaire de crédibilité, tout simplement!

On vient de le voir : la Banque Centrale Européenne vient de s'offir le luxe d'intervenir massivement sur les marchés financiers en mettant à disposition les liquidités indispensables (plus de 200 milliards d'euros ... moins que les 250 milliards que j'avais un peu vite annoncé) alors que dans le même temps, la FED ne mettait au pôt que 90 milliards de dollars soit TROIS fois moins!

Première leçon (qui va payer dans le moyen et long terme) :
1. Quand la BCE doit être là, elle y est vraiment! Elle met le paquet ...

2. Les autres n'y sont pas ... du moins pas à la hauteur en rapport avec leur poids économique réel (ou supposé?). Bon à savoir pour la suite ...

Il faut DONC que la BCE relève ses taux, comme cela avait été annoncé, en septembre prochain.

Deuxième leçon :

De la sorte, elle apparaitra comme une institution qui dit à l'avance ce qu'elle fera et qui fait ensuite vraiment ce qu'elle a dit qu'elle ferait ...

Seuls les grands, les très grands, peuvent se permettre cela! Tout simplement parce qu'on peut leur faire confiance ...  

Jeudi 19 juillet 2007
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Après avoir quelque peu égratigné le PS, il me faut rétablir un peu l'équilibre ...

Voic une interview que François Hollande donne à so journal militant qui mérite d'être lue.

Début de citation :

Nicolas Sarkozy s’est exprimé à Épinal sur la future réforme des institutions. Le PS a dénoncé une « dérive présidentialiste ». Pourtant, est-ce qu’il n’y avait pas une hypocrisie à ce que le droit ne dise pas ce qu’est la pratique du pouvoir ? Nicolas Sarkozy a une certaine propension à tout vouloir trancher, ordonner, régenter. Sa pratique du pouvoir renforce les excès de la Ve République, à savoir la concentration des décisions en un seul lieu. C’est le pouvoir personnel. Ce n’est pas ma conception de la démocratie.Il y a donc nécessité à un rééquilibrage de nos institutions. Le projet socialiste a fait le choix de la république parlementaire qui allie un président responsable, un Premier ministre lié par un contrat de majorité, un parlement respecté. Nicolas Sarkozy est précis sur ce qui renforce ses prérogatives présidentielles ; il est interrogatif sur ce qui pourrait les limiter. Il demande par exemple à se rendre au moins une fois par an devant le Parlement ; en revanche, il est plus évasif lorsqu’il s’agit de supprimer les procédures contraignantes qui brident l’initiative législative du Parlement.Mais finalement, la quasi-disparition du poste de Premier Ministre est-elle un problème ? N’est-ce pas une façon de rendre le président plus responsable ? La difficulté tient au fait que c’est malgré tout le Premier ministre qui demeure responsable devant le Parlement. Nous aboutissons donc à un paradoxe. C’est le président et non le chef du gouvernement qui, en fait, « détermine et conduit la politique de la nation », mais c’est le seul Premier ministre qui peut, en droit, être renversé par l’Assemblée.Dans un régime présidentiel, comme aux États-Unis, le parlement dispose habituellement de moyens de contrôle renforcés. Rien pour le moment n’y ressemble dans ce que suggère le chef de l’État. Le seul « statut de l’opposition » qui vaille, c’est le renforcement des droits de l’Assemblée nationale.

Parmi les nombreux points soulevés, quels sont ceux qui vous semblent prioritaires et sur lesquels pourrait éventuellement s’élaborer un consensus ?

Tout ce qui concourra à l’affermissement des pouvoirs du Parlement aura notre agrément. Suppression de l’article 49-3, du vote bloqué, de la procédure d’urgence, possibilité pour les assemblées de fixer pour partie leur ordre du jour, mandat unique…

Mais, là encore, j’observe la timidité du Président qui n’a évoqué par exemple la suppression de l’article 49-3 (adoption d’une loi sans vote) que pour exprimer sa propre « réserve ».

Il nomme une « commission sur les institutions », mais il encadre déjà sa réflexion. Elle devra être « au-dessus des partis », mais visiblement pas au-dessus de lui…

Pourquoi avoir stigmatisé la participation à la commission de modernisation de la vie politique qui sera présidée par Édouard Balladur ?

Toute réforme institutionnelle ne peut être adoptée au Parlement réuni en Congrès que par une majorité des trois cinquièmes. Ce qui suppose, si l’on veut aboutir, de rechercher un consensus. La bonne formule aurait été celle de la commission parlementaire. Commencer par l’écarter de la réflexion augure mal du sens des réponses à apporter.

L’ouverture, ce n’est pas choisir ses opposants sur chaque sujet. L’ouverture, c’est accepter un dialogue franc et ouvert avec l’opposition, dialogue à partir duquel les compromis peuvent être envisagés.

S’agissant des institutions, nous verserons nos propositions au débat et nous verrons le traitement que leur réservera l’Élysée dans la préparation de son projet.

À quelles conditions le PS est-il prêt à jouer le jeu de l’ouverture ?

Ne soyons dupes de rien. Nicolas Sarkozy pratique l’ouverture médiatique, mais la fermeture programmatique. Il cite Jaurès, mais met fin à l’impôt sur la fortune. Il nomme des personnalités issues de la diversité, mais opère l’amalgame entre immigration et menace sur l’identité nationale.

L’attraction du pouvoir peut être forte. Ce n’est pas nouveau. Mais que chacun prenne la mesure de ce qu’il accepte. On ne peut continuer à se prétendre de gauche et cautionner une politique résolument de droite. À chacun de prendre garde de ne pas finir comme dans la fable du corbeau et du renard, sauf à vouloir occuper un « fromage ».

Justement, vous dites que la droite mène une politique résolument à droite. Ce n’est pas une surprise !

Non. Mais Nicolas Sarkozy est, comme tous les hommes de droite, tenté de le faire oublier. Sa politique est malheureusement sans surprise. Au plan économique et social, l’adoption du paquet fiscal est une caricature. Le bouclier fiscal permettra, selon le ministère des Finances, à un petit millier de contribuables disposant d’un patrimoine financier supérieur à 15 millions d’euros de bénéficier d’une restitution moyenne de 250 000 euros par an. Ce qui coûtera à la collectivité 272 millions d’euros !

L’UMP a également porté de 20 % à 30 % l’abattement de l’ISF sur la valeur de la résidence principale…

Et elle a autorisé une nouvelle déduction pour les investissements dans les PME. Sans l’avouer, la droite vient de porter un coup décisif à l’impôt sur la fortune.

La transmission de la richesse d’une génération à l’autre n’a pas été oubliée non plus. Alors que 75 % des successions étaient déjà exonérées, un couple avec deux enfants disposant de 1,5 millions d’euros pourra désormais transmettre l’intégralité de son patrimoine sans que ses ayants droit n’aient à acquitter quoi que ce soit, soit un gain de 200 000 euros par foyer fiscal dans cet exemple précis.

Le chef de l’État parle de « choc de confiance »…

Ce « choc » ne touche qu’une poignée de Français. Cette politique n’est pas de nature à donner au pays un surcroît de croissance. Pire, elle sera financée par la dette, la diminution des services publics, la vente d’actifs et l’augmentation des taxes pour le plus grand nombre (franchises de santé ou TVA sociale).

Pour bénéficier de la politique de Nicolas Sarkozy, il faut commencer par être riche. C’est le principe du « pour gagner plus, il faut déjà avoir plus ».

Ce n’est pas tout à fait le discours de Nicolas Sarkozy…

Ce n’est pas son discours qui doit le plus solliciter notre vigilance, mais ses actes. Nicolas Sarkozy dit aimer l’école et ses enseignants, mais c’est son gouvernement qui s’apprête à supprimer plus de 17 000 postes en 2008 !

C’est Nicolas Sarkozy qui, la main sur le cœur, en rajoute sur le droit opposable au logement, mais c’est le même qui préfère accorder près de 4 milliards d’euros pour exonérer les intérêts d’emprunts alors que cette somme aurait pu permettre le doublement de la construction de logements sociaux.

C’est le candidat Sarkozy qui promettait de faire baisser la dette sous les 60 % du PIB ; c’est le même qui accepte qu’elle franchisse 65 % à la fin de l’année !

Peut-on au moins reconnaître au gouvernement de s’être immédiatement mis au travail ? Il y a par exemple le vote de la loi sur la récidive et les mineurs délinquants…

C’est un très bon exemple. Il illustre la précipitation dans laquelle le gouvernement travaille.

C’est quand même un véritable sujet ?

De quoi parle-t-on ? D’une nouvelle réforme de la loi pénale alors que l’encre n’est pas encore sèche pour les trois réformes précédentes. Y avait-il véritable urgence à légiférer ? Le gouvernement précédent avait-il laissé la France dans un tel état d’insécurité ?

Les sanctions existent et le débat au Sénat a permis de relever que les juges et les jurés appliquent déjà avec sévérité la loi pénale. Les condamnations en matière criminelle sont d’ores et déjà supérieures aux peines plancher que veut instituer Rachida Dati. En revanche, 30 % des peines prononcées aujourd’hui ne seront pas exécutées demain, faute de moyens suffisants alloués au ministère de la Justice. En revanche, la loi alourdira les peines pour les délits. Avec le projet actuel, nous allons essentiellement engorger nos prisons de délinquants – y compris mineurs – qui, faute de structures adaptées pour les encadrer et préparer leur réinsertion, vont entrer dans un processus d’escalade. La loi Dati est paradoxalement une machine à créer de la récidive.

On parle toutefois de « loi Dati », est-ce que ce n’est pas un progrès ?

Le progrès, c’est une femme issue de la diversité qui devient garde des Sceaux. La régression, c’est hélas la loi que cette même ministre défend au nom du gouvernement.

Est-ce que la nomination de plusieurs ministres issus de la diversité n’est pas une pierre jetée dans le jardin du PS ?

Dois-je rappeler que nous ne sommes pas au pouvoir ? Je souligne tout de même que depuis le congrès de Dijon, nous avons toujours veillé à ce que notre exécutif à nous, le bureau national, soit justement représentatif de la société française. Faouzi Lamdaoui, Malek Boutih, Safia Ottokoré, Kader Arif, Harlem Désir, Bariza Khiari, Ouarda Karraï, sont la démonstration de ce Parti socialiste qui valorise tous les talents.

Je ne suis pas certain que nous soyons étrangers à la décision de Nicolas Sarkozy. Sur la parité comme sur la diversité, nous avons été les précurseurs et tant mieux si la droite nous emboîte le pas et même nous précède au plan gouvernemental. Il nous faudra être encore plus ambitieux.

Vous rappelez que le PS a été à l’origine de certaines innovations dans la vie politique. Dans cette ligne, comment va s’organiser le processus de refondation annoncé ?

Nous allons nous remettre ensemble au travail dès l’université d’été de La Rochelle. J’insiste sur la nécessité de nous livrer à cette refondation, ensemble. Le calendrier politique de la rentrée sera chargé (débat budgétaire, réforme des institutions, préparation des municipales…) mais rien ne serait pire que de repousser à des jours meilleurs la réflexion. Je lancerai donc dès le mois de septembre trois groupes de travail, rassemblant toutes les générations, pour aboutir à trois grands forums thématiques qui se dérouleront entre le 24 novembre et le 20 janvier.

Il s’agira au terme de ces trois rendez-vous de nous accorder sur les diagnostics, les principes fondamentaux et les valeurs sur lesquels doit reposer une politique socialiste. Il s’agit de réaffirmer dès cette période une ambition qui se déclinera ultérieurement sous la forme d’un programme.

Nous entreprendrons parallèlement dès le début de l’année 2008 une double réflexion, d’abord sur l’évolution nécessaire de notre fonctionnement (adhésions, fonctionnement, etc.) et, plus stratégiquement, sur les modalités d’une structuration de la gauche.

Donc, si on comprend bien, il vaut mieux commencer par de bonnes vacances…

Oui… pour bien s’opposer, il faut commencer par bien se reposer. Bonnes vacances à toutes et tous ! Et merci pour le travail accompli pendant tous ces mois de campagne. Certes, nous n’avons pas gagné. Mais, soyons fiers de nos valeurs et prêts pour les combats démocratiques qui s’annoncent.

Propos recueillis par Thomas Colognac et Éric Lamien

Fin de citation.

Mardi 10 juillet 2007
publié dans : Débats et interwiews lus ici ou là par Jacques Heurtault recommander
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Gagner, tout seul ou presque, deux procès contre le clan Ceccaldi Raynaud, c'est une performance qui mérite d'être soulignée ...

Donc, moi aussi, je soutiens Christophe Gréber (http://www.monputeaux.com) dans son action. Je reprends donc à mon compte le billet de soutien qu'un militant socialiste blogophile apporte à Christophe!

Début de citation :

Pour qui s'intéresse comme moi à la politique et à internet, il est difficile de ne pas connaitre, et de ne pas admirer l'action politique que Christophe Grébert a entreprise à Puteaux et sur le net, avec une telle passion et une telle constance, depuis des années. Dans une blogosphère marquée trop souvent par la qualité inégale de certains de ses contenus, il a su inventer une utilisation des plus politiques de l'internet, concrète, précise, en maniant l'arme du blog comme l'un des rares contre-pouvoir de sa ville, Puteaux, qui semblait en manquer si cruellement.

Patiemment, modestement, il s'est imposé comme un leader de l'opposition municipale, incarnant une nouvelle génération en politique et en portant d'autres méthodes, d'autres approches, plus démocratiques, plus locales, plus en phase avec la société dans laquelle nous vivons. Cette expérience "locale" sert aujourd'hui d'exemple bien au delà de Puteaux et n'a pas peu contribué à la notoriété de cette ville. 

Apres de si longues années d'opposition municipale, si militantes et si actives -qu'il a payé durement par de nombreuses tentatives d'intimidation, de pressions en tout genre-, Christophe Grébert se présente devant les socialistes, d'abord, pour obtenir l'investiture aux municipales et solliciter ensuite le suffrage des Putéoliens. On ne peut rêver une construction politique plus logique et plus cohérente : travail de terrain pendant des années, militantisme local acharné (présence aux conseils municipaux, suivi pointilleux et critique précise de la politique du maire), rassemblement de la société civile grâce à son blog, et aujourd'hui construction d'un véritable projet municipal alternatif. 

Cette volonté de remettre la politique "à l'endroit", en privilégiant l'action sur le terrain et le militantisme local, la participation de la société civile à la construction d'un projet politique municipal, me semble aujourd'hui constituer les conditions de réussite de la gauche. Et ce n'est pas un hasard que ceux qui comprennent le mieux ce besoin de participation de la société, de sincérité dans l'investissement politique, proviennent d'une nouvelle génération ou internet symbolise justement cette nouvelle manière d'aborder la politique, le travail, le pouvoir : plus simple, plus concrète, plus constructive, plus pragmatique, moins bureaucratique, moins arrogante, moins technocratique, moins hiérarchique. 

Car Christophe Grébert est dabord le candidat d'une nouvelle manière de construire un projet politique municipal : participative, sa campagne se fixe comme objectif - à l'image de ce que Ségolène Royal a lancé pendant les présidentielles- de construire avec les militants, avec la société civile, tout un programme politique pour changer la donne à Puteaux, en y associant tout ceux qui veulent sortir de l'immobilisme, et connaitre enfin l'alternance après 30 ans de domination sans partage d'une famille et d'un clan sur cette ville. 

Pour toutes ces raisons, je pense qu'avec Christophe Grébert, Puteaux doit continuer de donner l'exemple : hier en en faisant un modèle d'opposition municipale, demain en incarnant le socialisme municipal et participatif du 21ème siècle. J'appelle les socialistes à voter pour notre bloggueur, camarade et je l'espère futur candidat aux municipales.