Présentation générale

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

Ségolène Royal

Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /Juil /2007 13:18
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Epinay? C'est au nord de Paris, ça?
Exact! L'extrême droite y a fait des scores assez fabuleux ... Autour de 25%!

Mais c'est surtout la ville où a été fondé le Parti Socialiste à partir de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) ou, du moins de ce qu'il en restait ... et quelques autres structures telle la Convention des Institutions Républicaines mais pas encore les restes du P.S.U (Parti Socialiste Unifié) qui rejoindra le P.S en 1974 ...

Voici ce qu'en dit un ancien membre du Comité directeur de ce nouveau parti ...

Début de citation :

"C’est à Epinay en 1971 que naît le PS d’aujourd'hui : la vieille SFIO a vécu et il s’agit de refonder un parti nouveau. Il se construit sur le débat d’idées en son sein et met en place un type d’organisation considéré à l’époque comme vivifiant, reposant sur les courants de pensée et les choix de direction à la proportionnelle.

    Il y a de cela 36 ans … Depuis les courants de pensée sont devenus des tendances et les tendances des clans ; ces clans se sont imposés comme de véritables partis dans le parti : aujourd’hui chaque clan a ses réseaux, ses activités propres, son chef, son site,  L’évolution se fait en parallèle à la présidentialisation croissante du régime, ce qui finit par donner aux chefs de clans un égo surdimensionné. Chacun d’eux dispose aujourd’hui d’un appareil, de lieutenants-flingueurs, devenus experts en phrases assassines… dont les médias ont été abreuvés tout au long de la campagne de désignation de la candidate et hélas bien au-delà …


    « Eléphantillage », une pratique politique, un comportement inhérent à ce qui est devenu un « communautarisme de clan », lequel génère débinage, persiflage, canardage, etc … mots qui riment étrangement avec « enfantillage » ! Dès le 6 mai, les vaincus des primaires socialistes, pressés d’entrer à nouveau en lice, ont entonné sur les écrans le cantique des lamentations sur la « défaite », accompagnées de réflexions blessantes et cruelles.

    « Eléphantillage », des livres de lieutenants-flingueurs aux pages fielleuses, et on nous en annonce une demi-douzaine écrits par d'irascibles plumitifs dont la réflexion politique semble se limiter à déverser leur bile de rentrée sur la candidate de leur propre parti ! L’un d’eux entre même au bureau national, en sosie d’un chef de clan qui se met en veille…

    Ce n’est pas tout, l’ « éléphantillage » nous a conduit au fil des ans à un parti que d’aucuns qualifient d’immobile. Nous n’avons pas tranché sur des sujets de société majeurs, ni remis en cause notre attachement, devenu archaïque, à l’économie administrée, tant est lourd le poids des appareils de clans ! Ils n’acceptent que des compromis qui ne les gênent pas, même s’ils ne répondent guère aux problèmes nouveaux que pose notre société en mutation, et en guise de bilan, ils se limitent à déclarer ensuite cette élection « imperdable » ...

    La première rupture qui s’impose touche donc au mode de fonctionnement du PS qui génère ce phénomène claniste. La proportionnelle était novatrice à Epinay après la sclérose du molletisme. Elle impliquait que le 1er secrétaire soit élu par le Comité Directeur ; maintenant ce sont les militants qui le choisissent, ce qui marque une première prise en compte de la présidentialisation de la vie politique, en contradiction avec le jeu des tendances et des clans.

    Pourquoi ne pas reconnaître cette contradiction et inverser l’ordre des facteurs pour procéder en premier à l'élection d'un(e) 1er secrétaire avec son programme et son équipe face à une opposition interne et à son candidat ? Le moment est propice pour cette élection qu’il serait salutaire d’envisager le plus tôt possible. Rien ne serait pire que de reprendre le jeu pervers de la concurrence des motions, même s’il faut s’attendre à une vive réaction des clans qui vont jouer leur … survie …
Mais les militants ont le droit, cette fois-ci, de ne pas se laisser impressionner, de manifester leur ras le bol et d’imposer leur volonté !

Gérard Denecker,

Membre du Comité Directeur du Parti Socialiste d'Epinay (1971).

Fin de citation.

On réfléchit beaucoup au Parti Socialiste à une nécessaire refondation de celui-ci ...

Bonne lecture! Et bienvenue aux commentaires ... Et qu'on ne vienne pas me dire que le mode de fonctionnement du PS ne regarde que le PS lui-même ... C'est tout simplement faux! Car tout ce qui concerne les partis politiques concerne l'ensemble des électeurs.

Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 16:00
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

La première réflexion qui me vient à l'esprit c'est de dire, de clamer, haut et fort, qu'il faut aller voter, en masse compacte, afin de battre nettement tous les records de participation électorale, y compris celui du référendum de 1962 en faveur de l'indépendance de l'Algérie où, je crois, le taux de participation avait dépassé les 90%.

Cette participation doit être massive, non parce qu'il s'agit d'un choix de société - j'estime que telle n'est pas le but de la consultation d'aujourd'hui; la France n'est pas du tout en marche vers je ne sais quelle "révolution" qu'il faudrait combattre selon certains ou garantir le succès selon d'autres - mais plus simplement parce que, de tous les candidats présents au premier tour, Le Pen est le seul qui a appelé à l'abstention.
Il résulte donc de cette décision que quiconque s'abstient au second tour, alors qu'il a voté au premier, le fait en connaissance de cause pour confirmer son choix du premier tour en faveur de Le Pen.
La meilleure manière de se démarquer de cette estampille, c'est de se déplacer et de voter.

Une fois dans l'isoloir, l'électeur lepéniste du premier tour doit se poser une question : "Pourquoi ai-je voté Le Pen?" S'il répond, "C'est pour marquer mon adhésion aux idées de remise en ordre drastique du pays", il doit alors, très logiquement, voter pour Nicolas Sarkozy. Ce dernier a en effet réussi à capter un très gros tiers des voix de Le Pen dès le premier tour, faisant chuter celui-ci à environ 10%, ouvrant ainsi la perspective - oh, combien heureuse! - d'une possible quasi éradication à venir de Front National, ce qui ne manquerait pas de réouvrir la possibilité d'un fonctionnement normal de notre démocratie ...
S'il se répond à lui-même "C'est pour protester contre la situation qui m'est faite; je suis dans la merde et personne ne se préoccupe vraiment de résoudre les difficultés du pays", il doit alors, très logiquement, voter pour Ségolène Royal qui est la candidate de l'opposition au pouvoir en place. Quand un gouvernement ne donne pas satisfaction, on doit, très naturellement, envisager la perspective de pousser dans le sens d'un changement de majorité.
 

 

La seconde réflexion qui me vient à l'esprit, c'est que, quelque soit le résultat, celui-ci doit être accepté par TOUS! Si d'aucuns étaient tentés par une contestation émeutière du résultat, ils doivent savoir que je me rangerais résolument du coté de la République, du coté du nouvel élu ou de la nouvelle élue, n'hésitant pas à appeler à une répression très ferme et immédiate. Je reste, aujourd'hui encore, profondément marqué par les émeutes de Novembre 2005 qui ont duré plus de trois semaines alors qu'elles auraient du être jugulées en trois jours. Sur ce plan, le gouvernement de l'époque et son ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, n'ont pas fait ce qu'il fallait. Pour moi - républicain et démocrate - les choses sont claires : les émeutiers doivent craindre pour leur intégrité physique voire même pour leur vie. Quand un peuple a voté, tout le monde doit respecter sa décision, surtout si elle est acquise après une exceptionnelle participation, même si l'écart entre les deux candidats est faible.

 

Ma troisième remarque portera sur le vote blanc ou nul. Je ne voterai pas blanc ou nul demain Dimanche. Certes, je comprends parfaitement que des responsables politiques puissent, soucieux de ne pas se couper de leurs électeurs pour les consultations à venir, dire publiquement qu'ils refusent de choisir entre l'une ou l'autre. Mais, dans l'isoloir, l'électeur qui serait confronté à un doute pouvant le conduire à voter blanc n'est pas soumis à la même contrainte! Il doit choisir. C'est le sens de mon propos en forme d'appel explicite : pas de bulletins blancs ou nuls. Les électrices et les électeurs qui seraient tentés de s'exprimer de la sorte doivent avoir présent à l'esprit qu'une forte proportion de ce type de votes ne manquerait pas d'être exploité par Le Pen ... Il dirait que les électeurs n'ont pas voulu dévoiler leurs intentions frontistes en ne se déplaçant pas aux urnes et ont donc voté blanc ou nul. Pour cette seule raison : pas de bulletins blancs ou nuls afin de dire une fois pour toutes à Monsieur Le Pen : "Votre démagogie ne nous intéresse pas. Nous ne sommes pas de votre bord".

 

Ces trois réflexions liminaires sont, pour moi, les plus importantes. C'est la raison pour laquelle elle sont développées "en tête de gondole". Quelque soit le résultat, je serai heureux si la participation est massive et supérieure à 90% et si le pourcentage de bulletins blancs ou nuls est inférieur à 2%. C'est la meilleure façon de combattre le nihilisme de Le Pen.

 

Et mon choix personnel? Je l'ai clairement laissé entendre voire même dit, avec quelques réserves : ce sera Ségolène Royal ...alors même que le programme économique de Nicolas Sarkozy me parait beaucoup plus cohérent.
Comme c'est étrange, n'est-ce pas? "Il est pour Sarkozy et il vote contre lui!"

Non, ce n'est pas étrange ... C'est le résultat NATUREL de ma réflexion.

1. Pour la première fois en France, une femme peut devenir Présidente de la République. 53% des électeurs sont des électrices. Il est donc souhaitable de mettre une femme à la tête du pays.
2. Il ne s'agit pas d'élire une majorité parlementaire mais de choisir UNE personne qui détiendra des pouvoirs importants et qui doit donc avoir des qualités particulières du point de vue de sa personnalité. Je préfère la personnalité de Ségolène Royal à celle de Nicolas Sarkozy. Elle a su déjouer tous les complots que ses propres amis politiques ont ourdi contre elle. Là où Edith Cresson avait dû rendre les armes au bout de 11 mois, Ségo a gagné toutes les élections auxquelles elle s'est présentée. Législatives, régionales, internes à son parti ... Toutes! Même Mitterrand n'y est pas parvenu ...
3. Elle a innové dans la méthode et dans la façon de conduire une action politique. La démocratie participative n'est pas un vain mot pour elle mais bien une réalité, certes embryonnaire, mais une réalité tout de même. Contre vent et marée, face aux quolibets de ses propres amis (quels boulets ils sont!), elle s'est imposée. Elle s'imposera également une fois élue si telle est la volonté des électeurs.
4. Issue d'un milieu culturellement porté à droite alors qu'elle défend maintenant les couleurs de la gauche, elle sera une excellente synthèse de ce dont le pays a besoin maintenant ... Elle pourrait même devenir un phare sur la scène internationale et faire mieux, sur cette scène, que Jacques Chirac dans son dernier quinquennat.

Voilà pour les raisons qui me font choisir de voter pour Ségolène Royal.

Voici maintenant les raisons qui me conduisent à voter contre Nicolas Sarkozy.

On m'objectera : "Quelle importance? Vous venez de nous dire les raisons - positives - qui vous conduisent à voter pour Ségolène Royal. Restez sur le positif!".
Pas si simple! Dans la mesure où je suis d'accord avec de nombreuses propositions faites par Nicolas Sarkozy, je dois à mes lecteurs d'expliquer mon choix faute de quoi ils pourraient légitimement penser que je raconte vraiment n'importe quoi!

Avant d'attaquer bille en tête, je vais redire que je suis extrêmement satisfait du très important travail de rénovation idéologique et programmatique que l'UMP a fait sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy. Désormais, ce parti apparait comme un parti de droite qui s'assume complètement. J'espère que ce travail de redéfinition de la ligne politique va se traduire par un recul durable de l'influence du Front National, si possible même par une marginalisation à 3 ou 4%. J'observe que, à Nogent sur Marne, la plus grande part du travail a été faite puisque le F.N. est descendu à 5,5% alors qu'on l'a connu à plus de 12% il n'y a pas si longtemps. Il faut poursuivre dans cette voix partout afin d'atteindre des résultats comparables partout ... Pour l'heure, le travail n'est pas, loin s'en faut, complètement terminé.

Comte tenu de la cohérence interne des propositions programmatiques de l'UMP, il faut s'interroger sur les forces qui soutiennent cette cohérence. Indiscutablement, la haute finance internationale est derrière et même avec Nicolas Sarkozy, sur une base d'adhésion plutôt que sur une base de "faute de mieux" qui était le cas de figure dans lequel on se trouvait avec Jacques Chirac. Le CAC 40 et la haute finance internationale ne sont pas ma tasse de thé et ne l'ont jamais été. Je ne fais pas partie de ce monde pour deux bonnes et simples raisons.
1. Mes origines sociales et mon histoire personnelle me font préférer les gens du peuple plutôt que les grands bourgeois.
2. Ma fortune personnelle et mes revenus ou ceux de mon épouse nous classent tout aussi clairement ni chez les pauvres ni chez les très riches. Il y a même bien plus d'écart entre un grand bourgeois et nous (mon épouse et moi-même) qu'entre nous et les érèmistes ou même les smicards. Nous vivons du produit de notre travail et non pas des revenus tirés de notre patrimoine.
La question est donc : Nicolas Sarkozy saura -t-il se libérer du boulet de la grande bourgeoisie? Je pense que non. Mais je me réjouirai le premier si je constatais m'être trompé.

Quand on est le Numéro 1 d'un Etat aussi puissant que la France, on est évidemment soumis à une pression externe énorme. C'est inévitable. Pour y résister lucidement, les chefs d'Etat disposent d'une administration qui, par sa force naturelle d'inertie, tempère les analyses et modère les décisions potentiellement excessives. Or Nicolas Sarkozy envisage clairement de secouer le cocotier de la Fonction Publique, ce dont je me réjouis, laquelle saura lui rendre la monnaie de sa pièce en laissant "filer la pelote". La question est donc : Nicolas Sarkozy aura-t-il les nerfs d'acier qui lui permettront, comme il l'a toujours dit, d'ouvrir la plupart des chantiers de réforme en même temps? Je pense que non. Il est dans une logique " Faites moi confiance. Vous allez voir ce que vous allez voir!". Ou bien encore  " Vous verrez : dans cent jours, les choses auront déjà changé.".
J'ai toujours défendu, depuis que je me suis lancé dans cette grande aventure du blog politique, que les propositions audacieuses que je formule ne peuvent être mises en oeuvre que dans la durée. J'ai annoncé, plusieurs fois, que 2 mandatures sont nécessaires ... C'est un marathon ou, mieux encore, une course à étapes telle le Tour de France cycliste. Pas un sprint ... Pendant toute la durée du mandat, les dirigeants doivent rappeler l'objectif concret et expliquer que telle décision ponctuelle s'inscrit dans le programme de réalisation  du projet afin d'atteindre l'objectif. Nicolas Sarkozy, trop impulsif, trop impatient, ne respectera pas cette logique de la course de fond. Et pourtant, il fait du cyclisme.

Qui se ressemblent s'assemblent ... Ce vieil adage est bien connu.
Précisément, à Nogent sur Marne, le principal soutien de Nicolas Sarkozy, c'est ... Jacques J.P. Martin, "maire" de la commune (j'ai expliqué pourquoi, désormais, c'est à dire depuis l'annulation des budgets 2004 et 2005, je mets des guillemets autour du label de maire quand je parle de Jacques J.P. Martin.). Jacques Martin est capable de rassembler le temps d'une campagne électorale ... de batir un programme pour gagner l'élection et de faire ce qu'il faut pour gagner cette élection. La suite est moins drôle ... pour les administrés.
Certes je fais grâce à Nicolas Sarkozy de ne pas le rabaisser au niveau de Jacques J.P. Martin. Les deux hommes, c'est évident, n'ont pas la même envergure, à l'avantage de Nicolas Sarkozy ... S'il est élu, Nicolas Sarkozy n'aura pas les mêmes responsabilités non plus ... Mais il aura la même manière de réagir car, ça, on le porte en soi, c'est un trait de caractère ... quasi indélébile.
J'ai, en à peine deux ans de mandat, constaté un trop grand nombre de fois de quels abus manifestes est capable Jacques Martin pour me dire que Nicolas Sarkozy porte en lui les mêmes caractéristiques ... qui produiront les mêmes effets.
Alors que le système de défense de Jacques J.P. Martin s'écroule, pour les raisons que j'ai déjà évoqué dans plusieurs de mes articles,  pas une seule fois Nicolas Sarkozy n'a pris ses distances! Mieux (ou pire si on préfère!) : il a fait en sorte de lui accorder la Légion d'Honneur! Remise en mains propres par Brice Hortefeux ... La Légion d'Honneur à un "maire" qui :
1. a dilapidé l'argent public
2. a augmenté les impôts de presque 60%
3. n'a même pas eu le courage de reconnaitre ses fautes et a tenté de justifier ses décisions en mettant en cause la gestion précédente, celle de Estelle Debaecker, 
4. vient de se faire annuler deux budgets par le Tribunal Adminsistratif, fait rarissime!

Ce sera donc Non à Nicolas Sarkozy pour la Présidence de la République tout comme ce sera Non à Jacques J.P. Martin pour la mairie de Nogent sur Marne.    

    

 

Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 16:33
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
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Ségolène Royal a tenu meeting à Lille ... Rien de surprenant. Le nord est un territoire où la gauche est très influente. Traditionnellement, les candidats, lors de consultations nationales, terminent leur campagne dans les régions qui leur sont plutôt favorables plutôt que dans les "terres de missions" ...

Ségo, en bonne tacticienne, déclare se réjouir de la prise de position de François Bayrou ("Je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy"). Elle va même plus loin : "Il est courageux, il va jusqu'au bout de sa cohérence", voire encore plus loin : "Oui ce serait bien ..." que Bayrou aille encore plus loin et dise qu'il votera pour elle. "Comme je n'imagine pas qu'il puisse s'abstenir, compte tenu de l'enjeu, je crois que les choses sont subtilement dites". elle poursuit : "Si je suis élue, je travaillerai avec le centre en général et François Bayrou en particulier". Déclarations pleines du plus pur bon sens dans la situation actuelle, à deux jours du scrutin ...

Eh bien! Mauroy, l'inimitable Mauroy, le plus pur representant de la plus vieille SFIO, trouve le moyen de déclarer : "Le premier cercle, c'est le PS, le deuxième, les organisations de gauche, et le troisième tous les citoyens qui veulent rejoindre le grand mouvement de la gauche"!

Il me vient une question que je vais poser avec le langage un peu cru que j'affectionne parfois : Mauroy, quand il a dit "ça" était-il en état d'ébriété? On lui connait un visage beaucoup plus rouge que rose ainsi qu'un profil de barrique ...

C'est une question légitime!

S'il avait tenu ces propos avant le premier tour, on aurait pu conclure, logiquement, qu'il était lucide ... On doit chercher, c'est bien naturel, à rassembler son camp ...

Mais là, nous sommes au deuxième tour ... Les résultats du premier sont limpides! L'extrême gauche est, objectivement, ratatinée ... Non seulement elle n'a même pas été capable de rassembler avant le premier tour (un candidat "anti-libéral" et un seul pour porter la voix du "Non de gauche") mais encore elle "rassemble" 10% des électeurs en comptant Voynet dans l'extrême gauche alors qu'on ne doit pas le faire! C'est deux fois moins que les voix qui se sont portées sur François Bayrou ... Mauroy ne doit plus savoir compter. Ou bien il était en état d'ébriété ...

Si encore il avait explicitement fait référence à François Bayrou et la force organisée de ses militants ... Même pas! Bayrou et ses 7 millions de voix ramenés à l'échelle d'une individualité parmi d'autres n'ayant qu'une seule chose à faire : se rallier dans un camp contre l'autre! Mauroy était bel et bien en état d'ébriété ... 

N'importe quel "pékin" est capable de comprendre le langage qu'il faut désormais tenir aux extrêmistes de gauche!

Le voici : "Vous ne voulez pas de Ségo et du centre gauche? Pourquoi? Parce qu'elle n'est pas assez à gauche? Qu'à cela ne tienne! Vous aurez donc Sarko qui, lui, est carrément à droite! Et même bien à droite ..."

J'espère au moins que Sarko aura, lui, l'intelligence de maintenir le cap à droite afin de capter toutes les voix ou presque du Front National. Avec les voix de Philippe de Villiers et celles de CPNT - Frédéric Nihous, ça lui fait quasiment 45% d'assuré ... Le reste devient presque un jeu d'enfant!

J'approuve donc sans la moindre réserve la proposition de Rocard qui dit clairement que le P.S doit s'allier avec le centre s'il veut gagner les élections!

Notons au passage que c'est le même Mauroy qui, après avoir entendu la première proposition Rocard, a suggéré que le PS prenne des sanctions à son encontre! En pleine campagne électorale ...

Mauroy est en état d'ébriété! Aucun doute n'est permis ... J'en suis tellement convaincu que je tiens pour certain que le même Mauroy va faire des pieds et des mains pour que le PC obtienne d'une façon ou d'une autre 20 sièges aux prochaines législatives afin de pouvoir constituer son groupe parlementaire ...
Les résultats du premier tour permettent pourtant de conclure qu'il est objectivement possible d'éradiquer l'implantation parlementaire du PC puis de proposer à ce dernier de rejoindre le P.S avec armes et bagages (notamment le siège de la place du colonel Fabien). A moins qu'il ne soit préférable de faire l'inverse. Mais c'est alors le calendrier qui s'y oppose!

  
    

Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 18:06
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Oui, la parole à Ségo ... puis à Sarko et, enfin, le meilleur pour la fin, à François Bayrou ...

Il s'agit d'une interview donnée au quotidien Le Monde.

Début de citation.

Le Monde : Pensez-vous que le débat avec François Bayrou a été bénéfique pour vous ?

Ségolène Royal : C'est la démocratie qui en a tiré un bénéfice. C'est un événement inédit dans l'histoire politique française qu'un candidat placé au second tour de l'élection présidentielle propose un débat avec un candidat qui n'a pas été retenu au premier tour. J'ai pris cette initiative parce que cela correspond à l'idée que je me fais de la politique. C'est cohérent avec ce que je suis, ma façon différente de faire de la politique, le constat que j'avais fait de la crise démocratique, le score de François Bayrou, les messages qu'ont envoyés ses électeurs. J'ai retenu du premier tour une confirmation de ce que j'ai entendu dans les débats participatifs : les Français ont envie que la vie politique se rénove en profondeur et que l'on puisse dépasser les antagonismes bloc contre bloc.

Le débat l'a montré. Une douzaine de fois, François Bayrou a manifesté son accord avec ce que je disais. Sans renoncer à la confrontation principale entre la droite et la gauche, il y a quelque chose à inventer, j'ai senti que le moment était venu. La politique a un besoin profond de rénovation. J'ai donné un contenu et une preuve à cette rénovation.

Avant le premier tour, vous aviez une autre attitude. Comment expliquez-vous ce changement vis-à-vis du parti centriste ?

C'est vrai, je l'ai dit : l'UDF a toujours gouverné avec la droite. Et, dans les collectivités territoriales, l'UDF ne vote jamais les budgets des régions, des départements ou des mairies de gauche, même s'ils sont bons. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise la confrontation bloc contre bloc. C'est pourquoi il y aura une part de proportionnelle dans la réforme des institutions. FrançoisBayrou, qui l'a vu de près, a fait un constat sur l'Etat UMP, sur le bilan et sur les dérives idéologiques et langagières de Nicolas Sarkozy. La création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, la théorie génétique pour les pédophiles, la façon dont sa campagne s'est brutalisée ont heurté une partie de l'électorat centriste.

La communauté de valeurs va du PS à l'UDF ?

Je ne parle pas de recomposition politique ou d'appareils politiques. Je ne me pose pas, pour l'instant, la question des coalitions. Si nous sommes dans des affrontements permanents 50-50, la France ne peut pas s'en sortir, se remettre en mouvement. Sur certains thèmes fondamentaux, je réussirai à sortir de cet affrontement bloc contre bloc, quel que soit le choix définitif de l'UDF en tant que parti.

Sur la réforme des institutions, l'Etat impartial, nous avons une vision commune. Je ne veux plus que l'Etat soit maîtrisé par un seul parti, par un seul clan, ce n'est pas la République. Je suis la seule à avoir une vision de la réforme institutionnelle complète. Ce n'est pas le cas du côté de la droite. Elu avec 82% des voix, Jacques Chirac avait l'occasion exceptionnelle de déverrouiller la vie politique française. Il ne l'a pas fait, tous les pouvoirs sont restés concentrés. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est toujours président de l'UMP. Ce qui est contraire à l'esprit des institutions.

Quels signaux allez-vous envoyer à la gauche inquiète de votre évolution vers le centre ?

La gauche n'est pas inquiète car je rassemble sur la base du pacte présidentiel. Les valeurs et les idées de ceux qui m'ont soutenue ne sont pas oubliées. Je les ai tous reçus ou contactés car je veux que leur idéal et leurs bonnes idées rejoignent le pacte. Compte tenu de la situation dans laquelle la France se trouve, il faut absolument lui éviter cinq années de droite dure.

Quant au vote autour de François Bayrou, il est assez varié et toutes les motivations sont d'ailleurs respectables. J'ai pris acte de cette réalité-là sans la mépriser et j'ai pris l'initiative de sortir des schémas traditionnels. Par ailleurs, j'en ai assez de ce procès permanent où lorsque l'on se parle ou l'on dialogue, on est déjà suspect. Il est temps de passer à l'âge adulte de notre démocratie.

Arlette Laguiller se détermine pour la première fois pour le candidat socialiste depuis 1981. Que lui dites-vous ?

La question de la protection de la dignité des travailleurs est centrale. C'est un beau combat qui a le mérite d'être désintéressé. Elle est populaire et estimée. J'ai cité son nom en meeting et elle a été acclamée. Les personnalités qui sont cohérentes, qui ont un idéal principal et ne lâchent pas, sont très attachantes. Je ne la voyais pas pour lui demander quoi que ce soit. Juste pour le plaisir de la rencontrer, de la remercier.  Je veux une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres. Je veux être présidente d'une France apaisée et énergique.

Vous aviez été en concurrence avec Dominique Strauss-Kahn. Il a été très absent dans votre campagne du premier tour, et puis là il est très présent. La photo de votre déjeuner en tête à tête, c'est celle de Mitterrand-Rocard en 1988 ?

Dominique est présent à mes côtés à sa demande et je m'en félicite. C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre, si tel est mon choix.

Il n'y a pas de rapprochement de ligne entre M. Strauss-Kahn et vous aujourd'hui ?

La seule ligne aujourd'hui, c'est le pacte présidentiel. Ma volonté, c'est de rassembler tous les talents autour de ce pacte. Je suis dans une démarche de sincérité et de fidélité à mes engagements, dans le respect des personnalités différentes, de leurs bonnes idées. Par exemple, j'ai confié une mission à José Bové sur la mondialisation et la souveraineté alimentaire.

Quand vous parlez du "bout de chemin" que vous allez faire ensemble avec François Bayrou, ce chemin va jusqu'où ? Jusqu'au second tour, au-delà des législatives?

Il faut respecter les étapes. Maintenant, c'est à François Bayrou de se définir. Il a dit qu'il attendait le débat mercredi pour se déterminer. Et s'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi.

Pourriez-vous prendre François Bayrou comme premier ministre ?

Je l'ai déjà dit : par définition, je ne m'interdis rien.

Sur les retraites, les 35 heures, comment pouvez-vous concilier votre vision et celle des électeurs de François Bayrou ?

Le travail d'explication doit continuer. Je pars avec des préjugés très lourds, sous prétexte que les socialistes sont incompétents en économie et préfèrent le social. De plus, comme je suis une femme, par définition, il y a un préjugé d'incompétence, même si j'ai le soutien de toute la nouvelle école des économistes qui comptent en France et sur la scène internationale. Mon pacte réconcilie l'efficacité économique et le progrès social. C'est une vision neuve, qui suscite aussi l'intérêt des organisations syndicales de salariés que j'ai reçues. J'appelle donc les électeurs à regarder ce qu'il y a dans le pacte présidentiel que j'ai construit après une importante phase d'écoute.

Lors du débat, nous avons d'ailleurs levé des ambiguïtés, puisque François Bayrou voyait dans mon programme une étatisation de l'économie. C'est tout sauf ça. L'économie de marché est une réalité incontournable. Mais je crois qu'elle a besoin d'une régulation pour éviter ses désordres. Et les entreprises y ont tout intérêt. Elles sont d'ailleurs les premières à se tourner vers l'Etat quand elles sont en difficulté. C'est l'Etat qui définit la politique fiscale. Mais les partenaires sociaux définissent la politique sociale. L'Etat a reculé pendant cinq ans sur l'investissement dans la recherche et l'innovation, c'est très grave, il va falloir au contraire en faire une priorité. Les pouvoirs publics, en redistribuant l'argent public, ont un rôle très important dans le développement économique. En même temps, je supprimerai les aides aux entreprises qui n'en ont pas besoin, pour les concentrer sur les PME qui innovent. Je souhaite débureaucratiser l'intervention de l'Etat et la cibler sur les vrais besoins.

Pensez-vous qu'il faut réduire la dépense publique ou pas ?

Oui, il faut lutter contre les gaspillages et les doubles emplois et rendre la dépense publique plus efficace. Il faut relancer la croissance et diminuer le chômage. D'abord par la confiance. J'ai un discours très moderne vis-à-vis des entreprises. Je leur dis même : faites du profit, gagnez de l'argent, à condition qu'il soit honnêtement gagné et équitablement distribué. Avancez, prenez des risques. Mais il faudra que les banques aident davantage les PME. Les entreprises manquent d'épargne. Aujourd'hui, la rente est avantagée par rapport à la rémunération du travail, y compris dans les différentes propositions faites par Nicolas Sarkozy. Je propose, au contraire, de moduler l'impôt sur les sociétés en fonction de l'utilisation des bénéfices. Tout ce qui sera réinvesti dans l'entreprise bénéficiera d'allégements fiscaux. Je veux un pacte de croissance avec les PME, le Small Business Act.

Les organisations syndicales de salariés seront encouragées au compromis que je propose sur la base d'un dialogue social rénové. Du côté du Medef, c'est plus compliqué, parce que le Medef est un agglomérat de grandes banques, d'entreprises du CAC 40 et de PME qui n'ont pas toutes le même intérêt. Mais, là aussi, les choses bougent et je sais que beaucoup de patrons veulent sortir du manichéisme social. Je le vois par exemple avec les prises de position du Centre des jeunes dirigeants.

Sur les 35 heures, vous aviez porté une critique et maintenant vous dites qu'il faut les généraliser. Ce n'est pas une contradiction ?

Non. La deuxième loi sur les 35 heures était trop uniforme. Mais la diminution du temps de travail reste un objectif. En revanche, la façon dont on y parvient devra à nouveau être mise sur la table entre partenaires sociaux. Ce qui a manqué, dans l'application de la loi, c'est l'accompagnement humain. C'est aussi le faible poids des syndicats qui a permis dans certaines entreprises une application des 35 heures qui a dégradé les conditions de travail.

Allez-vous renationaliser GDF, comme le revendique la gauche ?

Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche. Les enjeux ont changé. Quand on voit les problèmes énergétiques que la France et l'Europe vont devoir gérer dans les années qui viennent, les enjeux financiers considérables, cela mérite quand même un débat public. Nous avons besoin d'un grand pôle public de l'énergie.

Sur les retraites, remettez-vous en cause le principe de 42 ans de cotisation pour le salarié moyen à terme ?

La question des retraites sera totalement remise à plat. Sur la question de la durée de cotisation, il faudra prendre en compte la pénibilité et regarder de très près la question des retraites des femmes. Il y aura une discussion avec les partenaires sociaux. On ne pourra pas déconnecter la question des retraites de celle de la réussite de la lutte contre le chômage, car des emplois en plus ce sont des cotisations en plus. Il faut éviter de brutaliser la question des retraites en l'abordant comme le fait la droite et s'orienter vers des systèmes de retraite à la carte, plus souples. Il n'y aura pas de retraite couperet. En même temps, il faut garantir à ceux qui ont travaillé le plus durement d'accéder à une qualité de vie suffisante.

Faut-il modifier les règles de présentation des candidats aux élections professionnelles ?

Cette question sera traitée dans le débat sur les règles de représentativité qui seront revues. Sans brutaliser du jour au lendemain le paysage syndical. Les organisations syndicales y sont prêtes, si l'on réussit le syndicalisme de masse, soit avec un crédit d'impôt, soit avec un chèque syndical, c'est-à-dire une incitation à adhérer à une organisation syndicale. Lorsque l'on a interrogé les salariés sur la raison pour laquelle ils n'adhéraient pas à une organisation syndicale, ils ont répondu : la peur. Est-il normal que dans la France de 2007 un droit constitutionnel fasse encore peur? Non, car un pays moderne a besoin d'un bon dialogue social.

Vous parlez de la dette, mais vous n'avez pas chiffré la manière de desserrer cet étau.

La marge de manœuvre passe par la réforme de l'Etat et la clarification des compétences des collectivités territoriales. Quand j'ai interrogé José Luis Zapatero ou Romano Prodi sur la manière dont ils avaient réduit la dette de leur pays, ils m'ont répondu que c'est par une meilleure répartition des responsabilités, des compétences pour éviter des doublons, des chevauchements de financement, qu'ils y sont parvenus.

Ensuite, on peut rendre plus efficace le service public. Plutôt que de dire comme Nicolas Sarkozy que l'on va supprimer un fonctionnaire sur deux – ce qui, à mon avis, n'est pas très responsable et d'ailleurs il ne l'a pas fait quand il était ministre des finances –, on peut améliorer l'efficacité du service public. Enfin, la baisse de la dette passe évidemment par la relance de la croissance. Je crois beaucoup au levier écologique. La France a pris du retard. Or les experts estiment que de un à deux millions d'emplois peuvent être créés dans ce domaine. En Espagne et en Allemagne, j'ai été surprise de voir le nombre d'emplois créés grâce à ce secteur.

Si vous êtes élue, c'est vous qui mènerez la campagne des législatives ?

Mon rôle, c'est de réunir une majorité présidentielle.

Ou bien est-ce le chef du gouvernement ou le chef du parti qui mènera cette campagne ?

Nous n'en sommes pas là. Ce qui intéresse aujourd'hui les Français, c'est le second tour de l'élection présidentielle.

Si François Bayrou prend l'option d'entrer dans la majorité présidentielle, y aura-t-il des accords, des désistements entre le PS et son parti, comme il y en avait autrefois et aujourd'hui encore entre le PS et le Parti communiste ?

Si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en œuvre le pacte présidentiel.

Avez-vous le sentiment que le PS y est prêt ?

C'est la dynamique politique qui va le définir. Là, je construis une majorité présidentielle dans la cohérence, la clarté, le respect des partenariats et les valeurs du progrès économique, social et écologique.

Vous n'êtes pas comme Nicolas Sarkozy, qui dit que tous les députés UDF qui l'auront rejoint avant le 6 mai auront l'investiture de sa majorité présidentielle.

Je laisse à d'autres ces débauchages et ces pressions. La bataille principale, elle est pour la France neuve et donc contre la droite dure, avec le bilan désastreux que le candidat sortant refuse d'assumer. C'est l'homme du passé et du passif. Il s'en prend à Mai 68 dans son discours de Bercy en oubliant que les ouvriers, qu'il découvre, ont obtenu les accords de Grenelle. Moi, je veux prendre le meilleur de chaque époque pour inventer la France de demain.

Et, demain, vous prendrez le PS ?

Ce n'est pas compatible avec la fonction de chef de l'Etat.

Fin de citation.

J'ai surligné les passages qui m'intéressent le plus et qui ont, pour moi, une importance majeure.

Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /Mars /2007 20:12
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Daniel Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Daniel Heurtault, mon frère, ardent défenseur de Ségolène Royal, me prie de publier une réponse circonstanciée à un échange qu'il a eu avec Jean-Pierre, un autre lecteur et commentateur assidu (Merci à tous!) sur la question des retraites.

Il reprend des déclarations que Ségo a faites sur le sujet et "qui valent engagement et lui sont opposables" dit-il ... Dont acte.

Début de la réponse :

A Jean-Pierre et à tous ceux que ça intéresse ... 

À votre question sur les positions de Ségolène Royal sur la réforme des retraites, je ne peux que vous donner des prises de positions qui valent engagement politique. Sur la technique, elle saura, me semble-t-il, s’entourer d’experts compétents, il y en a certainement, qui lui prépareront des dossiers d’aide à la décision sur la base de ses engagements. Puis en fait, c’est son futur 1er ministre qui devra s’y coller. De plus il y a le C.O.R et son rapport qui, j’en conviens, est ardu. Pour ma part, je suis absolument incompétent pour en débattre.

Voici donc les positions de Ségolène Royal, datées avec la source citée, donc c’est vérifiable et opposable s’il s’avérait qu’elle change d’avis.

Elle part d’un constat que : La loi Fillon a commis la faute majeure d'ignorer la négociation sociale ( n’en déplaise à Jasmin !)

« La loi Fillon  a commis la faute majeure d'ignorer la négociation sociale. Ma démarche est à l'inverse : je crois à l'intelligence collective des salariés et des citoyens pour adapter et préserver notre système par répartition. Je ne crois pas qu'il faille clore la discussion avant de l'ouvrir. La gauche a mis en place le Conseil d'Orientation des Retraites, dont les travaux associent les partenaires sociaux au fait des enjeux. Pour les retraites comme pour l'assurance maladie, le meilleur chemin est de construire ensemble, pour le pays, des solutions garantes d'un contrat juste et durable. Encore une fois, les bonnes décisions procèdent des bonnes méthodes. M. Fillon vient de nous donner un nouvel aperçu de sa manière provocante. Je préfère accorder, dès 2007, la priorité au dialogue indispensable sur l'avenir de nos retraites. » Le Nouvel Observateur, 5 octobre 2006

Puis elle fait l’analyse des faiblesses de la loi : La loi sur les retraites pénalise les femmes…

« L'allongement de la durée des cotisations pénalise très fortement les femmes dont les périodes de travail ont été interrompues à cause de l'éducation des enfants ou minorées à cause du travail à temps partiel forcé, c'est à dire souvent les catégories les moins qualifiées. Il faudra donc traquer l'ensemble des inégalités et des injustices créées par cette loi. » RTL, 7 juin 2006

… et a oublié les retraités modestes…

 

 

« J'ajoute que la question des retraites pose aussi celle du pouvoir d'achat des petits retraités. Vous savez, je suis parlementaire et, dans ma circonscription, je vois de plus en plus de personnes qui vivent des petites retraites issues de leur travail – et je ne parle même pas des personnes âgées au minimum vieillesse – et qui ne font qu'un repas par jour. Parce que je vais vous dire : avec l'augmentation du coût de l'énergie donc du chauffage, eh! bien les petits retraités sont obligés, pour pouvoir se chauffer, de moins s'alimenter. Quand on voit, dans une société comme la France, cette paupérisation des petits retraités, on se dit que le dispositif n'est pas juste. »
RTL, 7 juin 2006

Et s’en attendre la négociation, parce qu’il y a urgence, elle s’engage sur une revalorisation de 5% des petites retraites.

 Et elle agit immédiatement après son élection : Ouvrir une consultation générale avec les syndicats ( désolé pour Jasmin mais qu’elle le veuille ou non c’est incontournable)

 

 

« Puisque la Loi Fillon n'est pas financée et que si les Français nous font confiance en 2007, nous aurons ce problème-là à régler, nous devons le faire non pas en dénonçant du doigt un certain nombre de catégories en dressant les Français les uns contre les autres ( ndlr comme le fait Sarkosy), mais en ouvrant - comme le dit le projet socialiste - une consultation générale avec les organisations syndicales, qui permettra à la fois de résoudre un certain nombre d'inégalités, en particulier le pouvoir d'achat des petites retraites, de regarder où l'on peut trouver un certain nombre de financements, et surtout - je l'espère - de relancer la croissance parce que c'est là que se trouve la clef du financement des acquis sociaux et des protections sociales, en général » RTL, 14 septembre 2006

« Ce travail (réforme des retraites) devra se faire en négociation avec les organisations syndicales parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, gouverner aujourd'hui un pays moderne, c'est s'appuyer sur les intelligences collectives, sur les gens qui sont tous les jours au contact des problèmes, soit qu'ils les vivent, soit qu'ils y réfléchissent. Les dirigeants n'ont pas la science infuse mais s'ils prennent un peu de temps pour faire confiance à leurs interlocuteurs et réfléchir avec eux, alors ils sont collectivement intelligents ». RTL, 7 juin 2006

« Je crois à l'intelligence collective des salariés et des citoyens pour adapter et préserver notre système par répartition »

Elle ouvre des pistes que la réforme devra prendre en compte :

Le calcul de la durée des cotisations doit prendre en compte la pénibilité des tâches et l’espérance de vie :

 

 

« Pour calculer la durée des cotisations, il faudra  ne pas imposer à tout le monde la même règle. Parce que si vous imposez à tout le monde la même règle, vous commettez des injustices. Il faut tenir compte de la pénibilité des tâches et de l'espérance de vie. Si on tient compte de ces deux critères, on peut adapter intelligemment la durée des cotisations pour être juste ». RTL, 7 juin 2006

Nos régimes de retraites ne peuvent pas ignorer l'évolution démographique :

« Notre système par répartition est un contrat fondé sur un partage du temps entre vie professionnelle et retraite. Il doit être équitable entre les générations et au sein d'une même génération. L'allongement de la vie - un trimestre de plus tous les ans - est une bonne nouvelle, mais nos régimes de retraite ne peuvent ignorer cette évolution démographique : d'ici à 2050, les plus de 60 ans seront deux fois plus nombreux. Pour aborder de façon sereine le partage entre activité et retraite de cette augmentation de la durée de vie, il faut le plein-emploi car trop de salariés ont des carrières incomplètes et trop de jeunes doivent attendre des années avant d'entrer dans la vie active. Il faut aussi tirer toutes les conséquences de la pénibilité du travail. » Le Nouvel Observateur, 5 octobre 2006

Le nécessaire changement de fin de carrière :

 

 

« Je crois aussi que beaucoup de salariés souhaitent un passage moins brutal de l'activité à la retraite et une plus grande liberté de choix individuel. Jaurès, déjà, tenait pour «barbare» le fait que «jusqu'à un certain mouvement imperceptible d'une aiguille sur une horloge, l'homme est surmené et qu'aussitôt que l'aiguille a appuyé sur une petite marque noire il passe dans le néant du travail». On doit pouvoir choisir de partir progressivement, en cumulant une partie de sa retraite avec une activité à temps partiel. On doit aussi avancer résolument dans la redéfinition et l’aménagement des fins de carrière, métier par métier » Le Nouvel Observateur, 5 octobre 2006

Les régimes spéciaux :

 

 

« Je pense qu'il y a un chantier d'harmonisation à conduire dans le système de réforme des retraites. Mais je pense qu'il y a dans notre pays, des inégalités bien plus criantes que celles-ci ; et une fois de plus, penser que l'on peut réformer un sujet aussi difficile que les retraites en clouant au pilori - parce que c'est bien de cela qu'il s'agit - un service public, une entreprise publique et les salariés qui ont des acquis sociaux depuis longtemps. » RTL, 14 septembre 2006

Pour Jacques, il faut savoir maintenant si ses propositions audacieuses peuvent s’inscrire dans ce projet politique ou non, toutes ou partiellement ?

En tout cas il serait intéressant de les faire remonter par le biais des débats qui s’organisent un peu partout en France et que nous appelons « les débats du changement », sur le mode participatif, où sont recueilli les solutions, le comment faire, car là aussi l’intelligence collective est garante de résultats gagnant-gagnant.

Fin de citation.

Le débat peut donc continuer.

Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /Mars /2007 16:09
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
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Voici un bon résumé de ce que je retiens du positionnement de Ségolène Royal.

Début de citation :

Agir juste et tenir parole

J’ai pris le temps d’écouter les Français dans les 5 000 débats participatifs qui ont précédé l’élaboration de mon pacte présidentiel.J’ai voulu cette démarche ; elle permet de construire une vision commune, de sortir des formules toutes faites et, au final, d’agir juste pour tenir sa parole.
Vous ne voulez plus
d’un pays fait d’inégalités et de précarités. Je propose une nouvelle façon de voir les choses et d’agir car les rustines ne suffisent plus.

Je veux une France solidaire et efficace, harmonieuse et apaisée. Pas un
pays où l’on dresse les gens les uns contre les autres, mais une France du respect et de la justice. Car je pense qu’une France plus juste sera une France plus forte.

Je veux une société de responsabilité, dans laquelle à tous les droits correspondent
des devoirs, et à tous les devoirs, des droits. Je vous propose un pacte gagnant gagnant.

Je veux réconcilier les Français avec leurs entreprises en favorisant celles
qui font le choix du capital humain plutôt que celui du capital financier. Je veux en finir avec les aides uniformes qui confondent petites et grandes entreprises, pour concentrer nos moyens sur celles qui investissent et créent de l’emploi.

Je souhaite qu’en contrepartie de toute prestation, il y ait des obligations. Je ne veux pas de l’assistanat qui est une humiliation. Je veux que chacun retrouve sa dignité dans le travail. Il est impératif de donner à tous nos concitoyens les moyens de maîtriser et de choisir leur vie.

Notre pays a besoin d’un changement profond qui s’appuie sur les
valeurs de la gauche et du progrès. Avec vous, je veux tenir cette promesse républicaine. Avec vous, je veux remettre la France debout. C’est le sens du pacte présidentiel que je vous propose de réaliser ensemble.


Fin de citation.

Pour faire encore plus court, je retiens

1. Elle a réussi à imposer SA méthode (les débats participatifs) contre les caciques de son parti.

2. Pas de droits sans devoirs; pas de devoirs sans droits ... Comparativement au discours des éléphants du P.S. (ou, pire encore, des autres candidats de la gauche ...), on sent une très nette différence. Jamais aucun leader socialiste n'a tenu un tel positionnement dans le passé récent. Même pas Mitterrand.

3. Elle veut une France apaisée ... Je comprends qu'elle aura besoin de toutes les énergies. Que les patrons ne seront pas montrés du doigt. Les immigrés non plus. Si faute de gestion il y a eu dans le passé, aucune catégorie n'en est directement responsable ... Quoiqu'il en soit, il faut que la France soit apaisée pour que la réussite soit au rendez-vous ...

4. Pas de prestation sans contrepartie. Voilà une idée qui me convient et qui en rejoint une autre : " Pas de droit sans devoirs, pas devoir sans droit". A ceux qui craindraient que Ségo ne soit vraiment de droite, les anciens de la politique (dont je suis) peuvent répondre que cette phrase est directement extraite d'une chanson révolutionnaire qui a fait le tour du monde. Il s'agit de "L'internationale", ni plus ni moins. Toutefois, Ségo ne reprend pas à son compte d'autres phrases de cette chanson telles " Ni Dieu, ni César ni tribun" ou bien " Ils sauront bientôt que nos balles (de fusil. Ndr) sont pour nos propres généraux" ou bien, plus célèbre encore, "Du passé faisons table rase" ... Ce n'est pas moi qui m'en plaindrait! 

Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /Mars /2007 22:45
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
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Je reproduis ici un éditorial que Jean Pierre Chevènement publie sur son blog et qui révèle assez bien dans quelles conditions s'est fait le ralliement des "éléphants" du P.S à Ségolène Royal ...

Début de citation :

Je réponds avec retard à plusieurs messages, et en particulier à celui de Lionel en date du 23 février, qui me demande « jusqu'à quand je vais avaler mon chapeau » suite à la demande de Lionel Jospin, corroborée par une déclaration publique de Daniel Vaillant, de ne pas me voir figurer dans le « pack » du pacte présidentiel de Ségolène Royal.

Ma réponse sera simple : j'ai demandé à Ségolène Royal
d'être chargé de la « coordination des interventions thématiques » et rien de plus, ce qu'elle m'a accordé. Je pense ainsi à me rendre utile. Dans la phase actuelle, il m'a semblé que le message de la candidate était la chose la plus importante et il me semble naturel de mettre mon expérience à son service. J'aimerais qu'il en aille de même pour tous les autres.

C'est pourquoi la création de « l'équipe du pacte présidentiel », composée de treize dirigeants socialistes, me paraît une bonne chose, en ce qu'elle clôt la phase de tensions internes au PS, liée à la désignation du candidat le 16 novembre dernier. Il aura fallu trois mois pour convaincre les concurrents malheureux de Ségolène Royal de se mobiliser. L'essentiel est qu'ils se mobilisent, y compris Lionel Jospin.

Que celui-ci ait mis comme condition de sa participation le fait de ne pas s'y trouver avec moi, témoigne d'une fixation malheureuse de sa part et d'une incapacité persistante à analyser les causes de son échec. Le fait que seulement 11% des ouvriers aient voté pour lui le 21 avril 2002 devrait le faire réfléchir davantage.

Qu'on le veuille ou non, la gauche plurielle (1997-2002) appartient à l'Histoire et non à la comédie de boulevard ou au spectacle de grand guignol. Il peut être tentant de transformer les problèmes politiques en problèmes moraux : cette approche moralisante des problèmes politiques permet peut-être de préserver un certain capital narcissique. Elle ne permet pas de comprendre la société ni le sens des évènements. De longue date, Lionel Jospin et moi-même avons eu des désaccords : sur le tournant libéral de 1983, sur la guerre du Golfe, sur l'Europe, qu'il s'agisse du traité de Maastricht ou de la Constitution européenne, sur le voile, la Corse, c'est-à-dire sur la conception républicaine de la nation. Cela ne m'a pas empêché de chercher avec lui, de 1995 à 2000, le dépassement positif de ces divergences, ce qui n'a malheureusement pas été possi ble. Je laisse aux historiens le soin de définir les responsabilités. Quand on n'analyse pas les causes d'un échec on est condamné à le reproduire. Heureusement Ségolène Royal a clairement situé l'enjeu : la reconquête des couches populaires et de dépassement du clivage du « oui » et du « non », par le redressement économique de la construction européenne.

L'échec du 21 avril 2002 n'a pas été seulement l'échec de Lionel Jospin, il a été aussi le mien, celui de l'affirmation d'un courant républicain civique dont l'absence manque cruellement à la gauche depuis deux décennies. Non que mon score ait été déshonorant (5,34 % des voix, plus de 1,5 millions d'électeurs). Faut-il rappeler que Bayrou, avec l'UDF derrière lui, a réuni 6,8 % des voix en 2002 ? Mais je suis bien obligé de constater que le maintien de ce courant républicain civique, lancé avec le Ceres, puis « Socialisme et République », puis le Mouvement des Citoyens, le Pôle Républicain, et enfin le Mouvement Républicain et Citoyen, s'est révélé une entreprise difficile même si, sur la longue durée, nous avons pu marquer des points (Irak, Corse, laïcité, Constitution européenne, etc.).

Nous continuons le combat avec Ségolène Royal qui a évidemment besoin d'autres soutiens mais qui a aussi besoin du nôtre, non seulement pour réaliser le dépassement du « oui » et du « non » au projet de Constitution européenne le 29 mai 2005, mais aussi pour qu'en tous domaines la référence aux valeurs républicaines se traduise dans les actes.

C'est en pleine lucidité que j'ai choisi de privilégier, derrière Ségolène Royal, l'union et le rassemblement sur la ligne politique de
l'accord MRC-PS du 9 décembre 2006 plutôt que d'entretenir des polémiques inopportunes. La seule priorité est aujourd'hui de faire élire Ségolène Royal. Après, on verra. Pour le moment, mon chapeau, vous le constaterez à l'occasion, reste bien vissé sur ma tête.  

Jean-Pierre Chevènement

Fin de citation.

Tous ceux qui me lisent savent bien que je suis en désaccord avec le positionnement de Jean-Pierre Chevènement sur la question européenne. Il a soutenu le NON. J'ai soutenu le OUI.

Pourtant, sans que je puisse vraiment savoir pourquoi, cet homme m'est TRES sympathique. Il a, INDISCUTABLEMENT, la carrure d'un chef d'Etat. On pourrait lui confié les clés de la République. On sait qu'il en ferait un usage particulièrement responsable.

Il en fait, dans cet article, la brillante démonstration. Il sait bien que Madame Royal est favorable au OUI. Il la soutient cependant sans la moindre ambigüité. Il s'investit personnellement dans sa campagne, avec une disponibilité et une loyauté que l'on aimerait trouver chez les "éléphants".

Je suis stupéfait d'apprendre que Jospin a mis des conditions pour rallier Ségo ... Ca en dit vraiment long sur la mentalité de cet homme (Jospin) qui s'avère être encore plus imbu de sa personne qu je ne le pensais ...

Je doute que l'Histoire retienne le nom de Lionel Jospin ... Je crois qu'elle retiendra plus vraisemblablement (à sa juste place, c'est à dire pas la première)  le nom de Jean Pierre Chevènement. Et pas en des termes négatifs, loin de là ...

Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /Fév /2007 08:00
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
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La Présidente d’une France forte en Europe

et active pour la paix dans le monde

Remontée des débats

Le constat est unanime : La France ne réussira pas seule. Elle doit s’appuyer sur l’Europe, mais pas sur n’importe quelle Europe. Reconstruire une Europe politique est la priorité pour beaucoup. Certains souhaitent le renforcement d’une diplomatie et d’une politique de défense européenne. « Arrêtons le pessimisme ». « Il faut croire en la France et en ses capacités ». « Il faut une France sûre d’elle-même, capable d’agir pour l’intérêt européen et mondial. » « Nous voulons une France intégrée et ouverte». « Si la France offrait à nouveau une image d’ouverture et de modernité, elle deviendrait plus crédible et utile pour le monde ».

Les citoyens veulent une France solidaire des pays en développement, qui construise cette solidarité avec ces pays. De nombreux contributeurs souhaitent enfin « que l’ONU revienne au centre du jeu ». S’agissant de l’immigration, « il faut agir avec tolérance, humanité et sans démagogie ». Les questions d’immigrations sont perçues comme intimement liées aux questions d’intégration et de respect. Les citoyens s’accordent sur la nécessité d’adopter une approche globale de l’immigration, centrée sur l’intégration des immigrés en France (leurs conditions d’accueil sont jugées déplorables et humiliantes) et le co-développement avec les pays d’origine. « Il est nécessaire de maintenir un niveau suffisant d’immigration de travail ». « L’immigration choisie est profondément opportuniste et injuste à l’égard des pays d’origine ».

Enjeux

L’Europe est en panne et la voix de la France dans le monde est affaiblie. Or le monde a besoin de l’Europe et les Français aussi.

Propositions

- Redonner un nouveau souffle à l’Europe

88- Construire une Europe plus protectrice et plus en phase avec les besoins de ses citoyens : mettre en place rapidement des politiques communes ambitieuses sur les enjeux majeurs : recherche/innovation, énergie, environnement ; préserver, par une directive-cadre le développement de services publics de qualité.

89- Inscrire dans les statuts de la Banque centrale européenne l’objectif de croissance emploi; créer un gouvernement de la zone euro.

90- Tirer vers le haut le niveau de vie et la protection sociale dans tous les pays européens grâce à un protocole social.

91- Négocier un traité institutionnel soumis à référendum pour que l’Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace.

92- Lancer avec nos partenaires européens une initiative pour une Conférence internationale de paix et de sécurité au Proche Orient.

- Assurer la sécurité de la France

93- Doter notre défense nationale de moyens à la hauteur des risques nouveaux auxquels nous sommes confrontés. Notre capacité de dissuasion nucléaire doit être préservée.

94- Inscrire notre effort de défense dans une politique européenne de sécurité, avec des coopérations en matière de recherche/innovation et d’équipements. L’objectif est à la fois de renforcer notre sécurité et de rationaliser nos dépenses.

- La France active pour la paix dans le monde

95- Maîtriser la mondialisation en oeuvrant à une plus grande transparence et efficacité des instruments de régulation : introduire à l’OMC une hiérarchie des normes qui équilibre les mesures de nature commerciale par le respect des normes sociales et environnementales ; réformer profondément le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain ; mettre en place une taxe sur les flux financiers de type Tobin.

96- Réviser notre politique d’aide au développement : passer à un véritable codéveloppement en favorisant les projets concrets associant directement les bénéficiaires.

97- Relancer la coopération euroméditerranéenne.

- Immigration

98- Instituer un visa permettant des aller-retour multiples sur plusieurs années, afin que les migrations s’adaptent aux besoins réels du marché du travail.

99- Rétablir la règle des 10 ans comme critère de régularisation.

100- Régulariser les sans papiers à partir de critères fondés sur la durée de présence en France, la scolarisation des enfants et la possession ou la promesse d’un contrat de travail.

Fin de la cinquième et dernière partie.

Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /Fév /2007 08:00
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
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La Présidente de l’excellence environnementale

Remontée des débats

Les intervenants sont soucieux de la gravité de la crise écologique, et particulièrement préoccupés par les risques liés au changement climatique. Plusieurs se sont interrogés sur les limites de la croissance : « Il faut produire moins et mieux » et « réduire notre train de vie pour tendre vers un modèle économique plus écologique », car « croire à une croissance infinie est croire à un mythe ». Ce constat s’accompagne dans le même temps de l’idée que le changement est possible. « Si systématiquement tous les projets comportent un volet environnement, on peut faire assez rapidement changer les choses ». Il faut des politiques publiques fortes, mais chacun doit aussi prendre ses responsabilités. De nombreux contributeurs invitent les pouvoirs publics à favoriser les éco-technologies durables et toutes les techniques dont l’emploi est moins néfaste à l’environnement. Enfin l’environnement est perçu comme un secteur porteur pour le développement de nouveaux métiers, nouveaux services, et donc de nouveaux emplois durables.

Enjeux

Le réchauffement climatique impose un changement radical de nos comportements. Mais la sauvegarde de notre planète est aussi une chance pour la croissance économique et l’emploi. Nous pouvons donc choisir sereinement un nouveau modèle de développement.

Propositions

60- Préparer l’après pétrole :

- Anticiper l’épuisement du pétrole en soutenant massivement les énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation en 2020, ce qui permettra de créer 70 000 emplois et de réduire la part du nucléaire.

- Créer un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF.

61- Lutter contre le changement climatique :

- Généraliser l’isolation et les économies d’énergie dans le logement, ce qui permettra de créer 80 000 emplois.

- Développer les transports collectifs grâce à un prélèvement exceptionnel sur les superprofits des sociétés pétrolières.

- Appliquer le principe pollueur-payeur en organisant la responsabilité des entreprises responsables d’atteintes à l’environnement.

- Instaurer la vérité des coûts du transport de marchandises par la route en négociant une éco-redevance pour décourager le transport par camion et transférer le fret vers le rail, comme dans d’autres pays européens.

62- Développer la valeur ajoutée environnementale :

- Conditionner les nouveaux permis de construire à l’adoption de normes de performance énergétique plus exigeantes.

- Encourager les éco-industries par une TVA tendant vers zéro.

63- Mobiliser toute la société au service de l’excellence environnementale :

- Créer un poste de vice-Premier ministre chargé du développement durable. La compétence du vice-Premier ministre sera élargie à la responsabilité de l’aménagement du territoire.

- Transformer le Conseil économique et social en Conseil économique, social et environnemental (CESE).

64- Promouvoir la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement (OME).

65- Promouvoir une agriculture qui assure une alimentation de qualité, respectueuse de l’environnement :

- Favoriser la valeur ajoutée de nos produits agricoles afin d’améliorer les revenus et de favoriser l’installation des jeunes,

- Promouvoir la réorientation de la PAC vers les aides agro-environnementales, et assurer la transparence et une meilleure répartition des aides,

- Transférer aux Régions la gestion des aides directes à l’agriculture,

- Encourager les contributions des agriculteurs à la fourniture d’énergie (biomasse, agrocarburants, biogaz, fermes éoliennes).

66- Arrêter les cultures OGM en plein champ, dans l’attente des résultats d’un grand débat public qui définira la politique à mettre en oeuvre pour ne pas handicaper les cultures conventionnelles et préserver le développement de l’agriculture biologique.

67- Prévenir l’impact des pollutions sur la santé :

- Encourager, par des incitations fiscales, les industries qui s’engageront à éliminer les composés toxiques au-delà des contraintes imposées par le règlement européen REACH.

- Mettre en oeuvre un programme national de réduction de l’utilisation des pesticides.

- Atteindre l’objectif de zéro déchet industriel d’ici 2012.

68- Promouvoir l’idée d’une « PAC mondiale » pour organiser les marchés de manière plus équilibrée et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement.

 

La Présidente d’une République nouvelle

Remontée des débats

Les citoyens veulent prendre la parole plus souvent et plus directement pour décider eux-mêmes.

« Référendum ou proposition d’initiative citoyenne », « droit de pétition », voire « référendum perpétuel », etc. Ttous les outils de la démocratie participative ont été explorés.

Ils veulent rapprocher le citoyen de l’élu, et être consultés et associés aux décisions. Il s’agit de restaurer la confiance et de renouveler les termes du débat public pour réconcilier les Français avec la politique. Les débatteurs aspirent à des élus qui ressemblent aux citoyens. Ils sont très nombreux à préconiser une plus stricte limitation du cumul des mandats.

En matière de modernisation des institutions, les participants évoquent notamment : l’instauration de la proportionnelle, le vote obligatoire, la reconnaissance du vote blanc, etc.

De nombreuses idées sont avancées pour repenser l’organisation territoriale, et notamment la simplifier. Les débatteurs aspirent à des services publics plus efficaces : « Nous voulons un Etat réformé, plus efficace et plus juste ».

Qu’on l’imagine obligatoire ou facultatif, d’une durée de quelques semaines ou de plusieurs mois, organisé dans un cadre strict ou sur la base d’un projet personnel, le service civique trouve un écho indéniable auprès des participants aux débats.

Les débats ont suscité de nombreux témoignages douloureux sur les discriminations liées au sexe, à l’âge pour les « presque seniors », à la religion, au quartier d’origine, au handicap, etc. L’homophobie dans le monde du travail a souvent été évoquée.

Enjeux

Trop de citoyens se sont éloignés de la politique et réfugiés dans l’abstention parce qu’ils avaient le sentiment, souvent justifié, qu’ils n’étaient ni écoutés ni considérés. La démocratie française a besoin d’eux et nous devons donc construire ensemble une République nouvelle.

Propositions

- Démocratiser les institutions

69- Instaurer le non cumul des mandats pour les parlementaires.

70- Introduire une part de proportionnelle pour l’élection des députés et modifier le mode de scrutin pour l’élection des sénateurs.

71- Revaloriser le rôle du Parlement : le Premier ministre sollicitera dès sa nomination la confiance du Parlement, le vote bloqué et le 49-3 seront supprimés pour les lois ordinaires.

La présidence de la Commission des finances sera confiée à un membre de l’opposition.

72- Supprimer le droit de veto du Sénat en matière constitutionnelle.

73- Introduire la démocratie participative dans toutes les collectivités publiques (jurys citoyens, budgets participatifs, etc.). Des citoyens ayant recueilli un million de signatures pourront demander au Parlement l’examen d’une proposition de loi.

74- Refuser toute remise en cause de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, et intégrer à la Constitution une charte de la laïcité.

75- Donner le droit de vote pour les élections locales aux étrangers séjournant régulièrement en France depuis plus de cinq ans.

- Revivifier la démocratie sociale

76- Organiser systématiquement la concertation et la négociation préalablement à toute réforme en matière sociale, en fondant la représentativité des organisations sur l’élection et en généralisant le principe de l’accord majoritaire pour la validation des accords collectifs.

77- Promouvoir un syndicalisme de masse par un financement public transparent et en instituant une information systématique sur le droit syndical et les modalités d’adhésion lors de la signature du contrat de travail. Un crédit d’impôt sera accordé pour les cotisations syndicales.

78- Instaurer un service civique pour les jeunes.

- Protéger le pluralisme des médias

79- Etablir une Haute autorité du pluralisme dont les membres seront désignés par le Parlement à une majorité des 3/5èmes.

80- Renforcer les mesures anti-concentration.

81- Taxer les recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l’audiovisuel public.

- Les Outre-mers : assurer l’égalité, respecter la diversité

82- Garantir la continuité territoriale en imposant aux compagnies aériennes des obligations renforcées de service public.

83- Introduire un enseignement sur l’outre-mer dans les programmes scolaires, notamment sur l’histoire de l’esclavage.

Fin de la quatrième partie.

Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /Fév /2007 19:00
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Depuis que je gère ce blog, j'ai clairement affiché ma TOTALE indépendance d'esprit. C'est précisément à cause de cela que je me suis autorisé à m'abonner aux différentes news-letters des trois principaux candidats ... quand ils en ont une et ... quand ils veulent bien m'abonner ...

J'ai donc proposé de participer à la "Ségosphère" ... C'est à dire à reprendre sur mon blog des arguments mis en avant par la candidate Ségolène Royal ...étant entendu que j'étais seul juge de ce que je pouvais reprendre ou non, critiquer ou non ...

Las! Mon blog n'étant pas exclusivement destiné à défendre Mme Royal (et pas davantage, pour autant, à la démolir -itou pour les deux autres), je n'ai pas été sélectionné ...

Puis voilà que Gabrielle m'envoie un message (c'est sûrement un ange!) m'invitant à reprendre un argumentaire sur l'agrandissement de l'équipe de campagne de Ségolène ...

J'en déduis -peut-être un peu hativement- que je fais l'objet d'un retour en grâce ... Dont acte! Merci Gabrielle.

J'ai donc l'intention de continuer comme par le passé ... Reprendre, pour le mettre en valeur, ce que j'estime bien dans le programme d'Un Tel et faire de même avec le programme de Tels Autres ...

Pas de méchanceté gratuite contre tel ou tel candidat sur ce blog mais l'exposé aussi méthodique que possible des arguments solides des uns et des autres ... sans oublier, charité bien ordonnée commence toujours par soi-même, MES propositions et MES arguments.  

Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /Fév /2007 08:00
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

La Présidente de la sécurité sociale

Remontée des débats

La hausse du coût de la santé et l’égalité d’accès aux soins ont été largement débattues. La CMU est très commentée. Jugée imparfaite, sa vocation première est toutefois reconnue comme louable.

« La retraite ne doit pas être une mort sociale. Rien n’est plus beau que la liberté que donne la retraite, à condition d’avoir les moyens ». Les discours sur les bienfaits de l’allongement de la durée de la vie qui justifieraient le recul de l’âge de la retraite, semblent être destinés à des privilégiés et non à ceux qui ont travaillé tôt avec des conditions de travail pénibles.

Le financement des retraites n’est pas garanti. Cela préoccupe toutes les générations. Une modification des règles n’est pas exclue, pourvu qu’elles soit équitable et justifiée.

Si le nombre de personnes âgées dépendantes ne fait que croître dans les années à venir, le souci qu’elles vieillissent dans la dignité et le respect, qu’elles restent des citoyens actifs jusqu’au bout ressort des débats. « Oui, la jeunesse, c’est important. Mais que penser d’une société qui ne fait pas tout pour ses aînés dépendants ?»

Enjeux

La droite a fragilisé notre sécurité sociale en laissant se creuser les déficits, en votant une réforme des retraites injuste, en multipliant les franchises pour les soins et en déstabilisant l’hôpital public.

Propositions

- La santé pour tous

36- Mettre en oeuvre un grand plan de prévention et de recherche des maladies graves (cancer, SIDA, Alzheimer, maladies orphelines).

37- Assurer de façon pérenne le financement de l’hôpital public, de manière à lui permettre de faire face à toutes ses missions en veillant à l’égalité territoriale d’accès aux soins.

38- Créer des dispensaires, notamment dans les zones rurales.

39- Mettre en oeuvre une carte santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d’une consultation par semestre. Contraception gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans.

40- Renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire, et de la médecine du travail.

41- Réaffirmer le droit à la CMU et sanctionner les refus de soins.

42- Adapter les conditions d’attribution de l’allocation adultes handicapés (AAH) aux maladies évolutives à diagnostic incertain.

43- Mettre en oeuvre une politique de lutte contre l’obésité, fondée sur une détection précoce et des actions sur la qualité de l’alimentation.

44- Rétablir les moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière, pour des raisons de dignité et de santé publique.

45- Négocier avec les partenaires sociaux le renforcement de l’indépendance de la médecine du travail.

46- Défendre l’accès aux soins des malades dans les pays en développement, par la promotion de médicaments génériques moins coûteux.

- Sécuriser les retraites

47- Ouvrir avec les partenaires sociaux une large négociation portant notamment sur :

- la fixation d’un minimum de pension garantie s’approchant du SMIC,

- la revalorisation des petites retraites,

- la prise en compte du travail pénible et des charges de famille,

- l’augmentation de l’emploi des seniors,

- le mode de financement des régimes spéciaux,

- la remise à niveau du fonds de réserve des retraites,

- Dépendance et personnes âgées

48- Développer le maintien à domicile des personnes âgées.

49- Augmenter le nombre de places dans les structures d’accueil existantes en renforçant la formation du personnel et sa qualification.

La Présidente de la lutte contre toutes les formes de violence

Remontée des débats

Les actes de violences semblent se banaliser : aux atteintes physique aux personnes, s’ajoutent les atteintes aux biens, les actes d’incivilités, mais aussi les violences routières, les violences morales, les discriminations, etc. Tout traduit la montée de la violence de la société, en dépit des annonces rassurantes des autorités de l’Etat, le sentiment d’insécurité apparaît comme profondément ancré.

Nombreux sont, d’ailleurs, les contributeurs qui contestent les statistiques, évoquant le « flou des chiffres ».

Les violences domestiques touchent toutes les catégories sociales, et concernent les adultes comme les enfants. La violence en milieu scolaire est souvent évoquée, tout comme celle ayant désormais cours sur les terrains de sport, pourtant cités comme des lieux de fraternité.

La sécurité est un droit des citoyens et un devoir de l’Etat. Pour les contributeurs, cette coopération doit se faire au niveau local via une police « aux cotés des citoyens », qu’on l’appelle « police de proximité », « police de quartier » ou « police de contact ».

Les mesures répressives, pour être efficaces, doivent s’accompagner de mesures éducatives : développement des peines alternatives et des travaux d’intérêt général (TIG). Réinsertion, revalorisation et surtout accompagnement ont été les maîtres mots de ce débat.

Enjeux

Le droit à la sécurité et la justice sont des droits fondamentaux. Les violences, notamment les atteintes aux personnes, n’ont cessé d’augmenter depuis 2002. Il faut être lucide et implacable contre toutes les délinquances et avec toutes les causes des violences.

Propositions

- Lutter résolument contre les violences

50- Rétablir la civilité :

- Apprendre la civilité aux enfants : des programmes d’éducation au respect de l’autre pour apprendre aux enfants à gérer les conflits par la parole plutôt que par la violence.

- Garantir à chacun de voyager sans crainte dans les transports en commun (RER, TER, trains de banlieue, tram et bus, spécialement la nuit) en imposant des obligations règlementaires plus grandes aux transporteurs (recours plus grand aux équipements technologiques, personnel plus importants aux horaires sensibles…).

- Mettre en place des gardiens dans tous les immeubles sociaux.

51- Lutter contre les violences scolaires en renforçant la présence des adultes dans les établissements :

- Recruter des surveillants des collèges.

- Doter chaque établissement d’une infirmière scolaire et d’une assistante sociale à temps plein.

52- Etre ferme face aux mineurs violents :

- Mettre en place une politique de prévention précoce de la violence : encadrement éducatif renforcé, mise en place de tuteurs référents.

- Développer les brigades des mineurs dans chaque commissariat des grandes zones urbaines.

- Prendre des sanctions fermes et rapides : un plan d'urgence sera mis en place pour la justice des mineurs (recrutement de juges des enfants, d’éducateurs, de greffiers)

- Mettre en oeuvre des solutions nouvelles pour extraire les mineurs de la délinquance : suppression des peines de prison pour les mineurs en dehors des cas d’atteintes graves aux personnes ; développement des centres éducatifs renforcés, si besoin avec un encadrement militaire.

53- Faire de la lutte contre les violences conjugales une priorité nationale :

Faire adopter une loi cadre sur les violences conjugales prenant en compte tous les aspects permettant d’éradiquer ce fléau.

54- Créer une nouvelle police de quartier pour mieux assurer la sécurité quotidienne :

- Procéder à une répartition plus juste des effectifs : donner la priorité aux renforcements quantitatifs et qualitatifs des zones sensibles.

- Affecter des policiers expérimentés, bénéficiant d'une réelle différenciation de rémunération, dans les secteurs plus difficiles (avantages de carrières, aides au logement, etc.)

55- Aider les victimes :

- Faciliter et moderniser le dépôt de plainte pour briser la loi du silence : amélioration de l’accueil dans les commissariats par la mise en place de travailleurs sociaux de la police nationale, possibilité de déposer plainte via Internet.

- Mettre un avocat à la disposition des victimes de violences graves dans l'heure suivant le dépôt de plainte.

- Répondre au besoin de justice

56- Doubler le budget de la justice pour la rendre plus rapide et respectueuse des droits.

57- Faciliter l’accès à la justice des plus modestes :

- Renforcer l’aide juridictionnelle.

- Renforcer les maisons de la justice et du droit

- Mettre en place un service public d’aide au recouvrement des dommages et intérêts alloués aux victimes.

58- Protéger les citoyens :

- Assurer la présence d’un avocat dès la première heure de garde à vue.

- Encadrer strictement le recours à la détention provisoire dont la France use beaucoup plus largement que les autres pays européens, en imposant notamment des délais butoirs.

- Renforcer les alternatives à la prison préventive.

- Assurer dans les prisons des conditions qui permettent la réinsertion du détenu.

- Créer un organe indépendant de contrôle des prisons.

59- Rendre la justice impartiale et efficace :

- Modifier la composition du Conseil supérieur de la magistrature pour garantir son pluralisme et l’équilibre entre magistrats et non magistrats.

- Recomposer l’organisation judiciaire en fonction des besoins et de la démographie de la population.

- Réformer la justice du travail après consultation des acteurs concernés.

- Mettre en place la possibilité de conduire des « actions de groupe ».

Fin de la troisième partie

Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 08:00
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

La Présidente du travail pour tous

Remontée des débats

Les débats ont beaucoup porté sur la précarité du travail. Cette précarité touche même les diplômés, qui enchaînent, faute de trouver un emploi, des stages non rémunérés. L’ascenseur social est bloqué. Seuls les plus favorisés s’en sortent. Les jeunes sont convaincus qu’ils auront une vie moins agréable que leur parent.
La sécurité sociale doit s’inscrire dans une démarche du « donnant-donnant ». Les droits nouveaux doivent être accompagnés de devoirs nouveaux. On passerait d'une logique « passive » dans laquelle on donne une allocation à une logique « active » pour définir un parcours d'évolution vers l'emploi.
Pour lutter plus efficacement contre les délocalisations, plusieurs intervenants suggèrent de favoriser l’actionnariat salarié.


Enjeux

Le chômage ne baisse pas, sauf dans les statistiques officielles, la précarité se répand, le nombre de Rmistes a augmenté de plus de 250 000 depuis 2002. 70 % des embauches se font avec des CDD et de l’intérim. Et comment travailler plus quand tant de jeunes et de moins jeunes voudraient travailler tous ?

Propositions

- Lutter contre la précarité
14- Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.
15- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE pour faire du CDI la règle.
16- Développer la négociation collective à tous les niveaux et sur tous les thèmes, notamment sur les questions d’organisation du travail, de conditions de travail, d’aménagement du temps de travail, de pénibilité, de temps partiel subi. Sur les 35 heures :
ouvrir les négociations pour déterminer comment on peut consolider cet acquis et réduire ses effets négatifs pour les ouvriers et les employés.
- Sécuriser l’entrée des jeunes dans la vie active
17- Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche.
18- Instaurer un plan à taux zéro de 10 000 euros en faveur de chaque jeune pour l’aider à construire un projet.
- Favoriser le retour à l’emploi
19- Mettre en place un revenu de solidarité active (RSA) permettant l’amélioration d'un tiers
de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux reprenant le travail.
20- Renforcer la qualification et la capacité de revenir à l’emploi des salariés menacés de
licenciement : mettre en oeuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de
l’expérience professionnelle et reconnaître à chacun un droit à la formation et à la
reconversion inversement proportionnel à la durée des études.
21- Mettre en place une sécurité sociale professionnelle garantie par l’Etat et permettant à chaque personne privée d’emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant :
- une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du dernier salaire net perçu ;
- une formation qualifiante ;
- une aide personnalisée à la recherche d’emploi ;
Cette prestation sera assurée par le service public de l’emploi.


La Présidente de la réussite éducative et culturelle


Remontée des débats

L’école n’apparaît plus comme un lieu sacralisé, les élèves semblent perdre, peu à peu, leurs repères. Pourtant, l’école joue un rôle essentiel en tant que lieu de socialisation. C’est le lieu où doit s’apprendre le respect des règles du bien vivre en société. Les élèves et les citoyens en puissance qui doivent être formés.
Les ZEP ont été beaucoup débattues. L’individualisation du parcours scolaire, le soutien personnalisé aux devoirs permettraient de remédier à l’échec scolaire. La création de classes à «géométrie variable » avec un maximum de 25 élèves par classe a été régulièrement évoquée.
La formation des enseignants est également abordée. Repenser totalement l’IUFM, encourager la formation continue, telles sont quelques unes des suggestions concrètes des internautes.
Sur la carte scolaire, certains pensent qu’une utilisation différente permettrait de résoudre certains problèmes, d’autres citent à plusieurs reprises l’exemple de la ville de Tours, qui a réintégré dans le centre ville les ZEP afin de favoriser la mixité sociale.
La nécessité d’un lien très fort entre l’école et les parents est soulignée pour réinstaurer la confiance réciproque. La multiplication des rencontres entre les parents et les professeurs est souhaitée tant la responsabilisation des parents est perçue comme un levier essentiel.
Se dégage le sentiment que le temps de la réforme est arrivé. Que l’école revienne aux fondamentaux ou qu’elle s’engage résolument dans la modernité, la réforme paraît essentielle pour réduire les inégalités sociales, pour permettre à tous les enfants de trouver leur place dans la société.

Enjeux

Aujourd’hui, 150 000 élèves sortent du système scolaire sans qualification. L’école doit tenir la promesse républicaine d’égalité scolaire.

Propositions

- Reconnaître la mission fondamentale des enseignants
22- Organiser des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif, pour améliorer leurs conditions de travail dans l’école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire.
- S’attaquer à l’échec scolaire à la racine
23- Mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle.
- Réaliser la promesse républicaine d’égalité scolaire
24- Organiser le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.
25- Limiter à 17 le nombre d’élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire.
26- Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire.
27- Renforcer la présence adulte dans les établissements y compris, lorsque ce sera nécessaire, par la présence d’un deuxième adulte dans les classes.
28- Implanter des classes préparatoires aux grandes écoles dans les quartiers qui en sont dépourvus. L’excellence scolaire ne doit pas être réservée aux établissements de centreville.
- Epauler les parents en difficulté
29- Créer des emplois-parents, la généralisation d’écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour les aider à conforter leur autorité.
- Donner à notre Université les moyens de l’excellence
30- Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l’excellence. En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l’OCDE. Renforcer l’autonomie des universités dans le cadre national. Associer les régions à la remise à niveau des universités (bâtiments, logements étudiants…).
31- Créer un service public d’orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.
32- Créer une allocation autonomie pour les jeunes sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l’entrée dans la vie active.
33- Engager le chantier national proposé par le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale.
- La culture, levier de la réussite scolaire
34- Soutenir la création et l’emploi culturels.
35- Inscrire l’éducation artistique et la pratique artistique à tous les niveaux de la
maternelle à l’université. A cette fin, sera mis en oeuvre un plan national, avec les
Régions, d’aménagement d’équipements culturels dans les universités et les lycées (salles de répétition et de spectacles, ateliers-studios, tables de montage, etc.). Les intermittents du spectacle et les élèves des écoles supérieures spécialisées pourront participer à ce mouvement en résidence d’artistes.

Fin de la deuxième partie

Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /Fév /2007 21:24
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...
Comme promis (et comme prévu!), voici, ci-dessous, la première partie du Pacte présidentiel de Ségolène Royal.
Je dis "première partie" car, pour rendre la "digestion" plus facile, je l'ai, arbitrairement tronçonné en plusieurs parties.
Ce genre de texte est, par nature, assez difficile à assimiler. Je note avec satisfaction que la candidate a voulu le présenter clairement. J'avais pris connaissance du contenu du texte dans un numéro du Monde qui n'avait pas retenu cette présentation là.
Chacune des parties est présentée de la même façon :
1. Un titre
2. Remontée des débats
3. Enjeux.
4. Propositions.
 
J'aime bien cette façon de présenter les choses. Les lecteurs sont adultes et responsables et sont capables de comprendre et de décortiquer ...
 
 
Début de citation :
 
 Ce que vous m’avez dit, je l’ai entendu. Ce que je savais, vous l’avez confirmé. Aujourd’hui, je vous propose le Pacte présidentiel : 100 propositions pour que la France retrouve une ambition partagée, la fierté, et la fraternité.
Plus de 6 000 débats ont été organisés sur tout le territoire.
J’ai reçu par Internet 135 000 contributions. J’ai écouté les partenaires sociaux, j’ai rencontré les associations, j’ai mobilisé les experts. Vous avez été nombreux à vouloir participer à cette oeuvre collective.
J’ai souhaité ce travail d’écoute et de confrontation des idées. J’ai voulu que les citoyens reprennent la parole pour que je puisse porter leur voix : vous ne supportez plus que l’on rédige dans l’ombre des programmes aussi vite oubliés
qu’ils sont écrits. Les promesses doivent être tenues, elles doivent être crédibles.
Ce Pacte présidentiel, c’est ensemble que nous le mettrons en oeuvre.
Plus juste, la France sera plus forte.
Ségolène ROYAL
La Présidente de la confiance retrouvée
Remontée des débats.
Pour relancer la croissance, les participants aux débats se sont prononcés davantage pour des réformes structurelles que pour des politiques macroéconomiques nécessairement limitées par l’ampleur de la dette publique.
Il faut stimuler la création d’entreprises, renforcer l’investissement et la recherche, remédier à la sous-qualification, développer la formation professionnelle, soutenir les PME et renforcer l’efficacité de la dépense publique.
Enjeux
Un développement durable, une croissance forte, une dette publique maîtrisée, la réconciliation des Français avec les entreprises sont les préalables nécessaires à un retour de la confiance, à l’esprit d’initiative, à un partage effectif des richesses et à une maîtrise de la mondialisation.
Propositions
 
1- Investir massivement dans l’innovation et la recherche : augmentation pendant le quinquennat du budget de la recherche et des crédits publics pour l’innovation de 10 % par an (le budget public de recherche-développement a diminué de 1 à 0,8% du PIB entre 2002 et 2005). Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche-développement : je propose de porter cette part à 15%.
2- Mettre en place une politique industrielle capable de préparer l’avenir et de réduire les risques de délocalisations avec la création d’une Agence nationale de réindustrialisation.
3- Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics.
4- Donner la priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires.
5- Sécuriser le parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d'entreprises (simplifications), en généralisant les ateliers de la création dans toutes les régions, en améliorant la protection sociale des entrepreneurs, et en mettant en place un mécanisme de cautionnement mutuel pour ceux qui garantissent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine privé.
6- Réformer l’Etat. Un euro dépensé doit être un euro utile. Une décentralisation aboutie. Des services publics de qualité présents sur tout le territoire et accessibles par Internet. La généralisation des logiciels libres dans l’administration.
La Présidente du pouvoir d’achat garanti
Remontée des débats
L’introduction de l’euro, l’augmentation de la fiscalité locale, la hausse des prix de l’énergie et le manque de concurrence dans certains secteurs sont considérés comme étant à l’origine de la vie chère. L’indice des prix ne reflète pas la réalité de la consommation : il est incomplet, il ne prend pas en compte des dépenses nouvelles, et il ne pondère pas les dépenses selon les revenus.
Mais la vie chère c‘est surtout le logement : le consensus est total sur la gravité de la situation. Il n’y a pas assez de logements, les logements sont trop chers. Il faut mieux appliquer la loi SRU, adopter une politique active de construction de logements, et mettre en place un service public de la caution : « contre la dictature des agences et des proprios. »
Le surendettement des ménages est également une préoccupation. La publicité pour les prêts à la consommation et les conditions d’obtention des crédits doivent être davantage réglementée. Il est également nécessaire d’offrir de nouvelles formes de crédits solidaires.
Pour la participants des débats, le constat est net : les salaires stagnent et la précarité augmente.
La hausse des salaires est économiquement justifiée mais doit être financée. L’Etat doit s’impliquer par une politique volontariste et prendre sa part de l’effort de financement.
Le recours aux heures supplémentaires n’est pas considéré comme une solution adaptée à tous.
Elles ne sont pas toujours payées et ne concernent pas tous les salariés. De plus c’est souvent l’employeur qui oblige, pas l’employé qui choisit : « C’est ignorer le monde du travail que de prétendre le contraire. »
Il faut revaloriser les petites retraites et réformer, globalement, le système des retraites. Les principales victimes en sont les femmes (veuves), le monde agricole et l’artisanat.
Enjeux.
La vie chère est une réalité vécue par une grande majorité de Français et pas seulement les plus modestes. Les salaires stagnent, les pensions s’amenuisent, les prestations sociales ne compensent pas les aléas de la vie. L’accès de tous à un logement de qualité est devenu difficile pour de nombreuses familles.
Propositions.
7- Augmenter les salaires :
- Le SMIC sera porté à 1500 €, le plus tôt possible dans la législature.
- Afin de tirer vers le haut tous les salaires, une conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux sera organisée dès juin 2007.
Cette conférence sera annuelle.
8- Revaloriser immédiatement les petites retraites :
- L’amélioration des petites retraites sera la première priorité de la réforme des retraites. Elles seront augmentées de 5%.
- Le minimum vieillesse sera versé mensuellement.
- Le paiement des retraites de la sécurité sociale sera rétabli au 1er jour de chaque mois.
9- Revaloriser immédiatement de 5% les allocations aux personnes en situation de handicap.
10- Doubler l’allocation de rentrée scolaire qui sera versée aux familles en deux fois.
11- Réduire les coûts bancaires :
- Les tarifs bancaires seront réglementés par l’Etat : les agios et les pénalités liées aux incidents de paiement seront plafonnés et feront systématiquement l’objet d’une facture.
- L’Etat créera un service universel bancaire de base, favorisant les prêts sociaux et le microcrédit.
- Afin de prévenir le surendettement, la publicité pour les prêts à la consommation sera réglementée et les établissements financiers qui octroieraient un crédit à des personnes non solvables seront sanctionnés. Ils devront participer au règlement des situations de surendettement à parité avec les organismes publics.
12- Lutter contre le logement cher, une sécurité logement tout au long de la vie :
- Augmenter les allocations logement de manière à limiter à 25% le montant des dépenses de logement pour les ménages modestes.
- Construire 120 000 logements sociaux par an grâce à une incitation au livret A . L’Etat pourra se substituer aux maires qui n’appliquent pas la loi SRU.
- Créer un service public de la caution afin que celle-ci ne soit plus un frein à l’accès au logement tout en sécurisant le propriétaire. En contrepartie, les procédures d’expulsion des locataires de mauvaise foi seront simplifiées.
- Conditionner les avantages fiscaux et les aides publiques à une modération des loyers.
- Remettre à la location les logements vacants spéculatifs. Les communes pourront également les acquérir par une procédure exceptionnelle.
- Encourager l’accès à la propriété par l’extension des prêts à taux zéro. Dans le logement social, les locataires qui ont payé pendant 15 ans leur loyer pourront accéder à la propriété.
- Sanctionner financièrement les communes qui ne respectent pas le ratio moyen de un pour mille habitants pour les hébergements d’urgence.
13- Mettre en place plusieurs indices des prix reflétant la dépense des ménages (minima sociaux, SMIC, retraites).
 
Fin de la première partie.
Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 22:58
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Connaitra t-on la méthode utilisée pour définir le panel? Je trouve ce genre d'émission excellente mais je suis tellement échaudé que je me méfie un peu ...

Je viens de visionner l'émission de Ségolène Royal. Très bien! Sauf la première demie-heure où elle semble réciter des réponses toutes faites ... Elle n'est pas crédible. Par contre, au fur et à mesure que l'émission se développe, on sent, on découvre la mère de famille qui parle "concret" et qui affirme ses convictions. Ca me plait bien même si je ne suis pas d'accord sur le fond avec certaines de ses propositions ... Je la sens un peu coincée par un appareil. Elle VEUT gagner ... Si elle continue comme ça, elle PEUT gagner! Sa démarche (peut importe son "programme"!) est neuve, proche des préoccupations des gens et j'ai très bien fait la différence entre des propos convenus (auxquels elle ne donne pas l'impression de croire elle-même) et la flamme qui l'habite quand elle est sur le terrain des vrais problèmes .... 

Il se confirme (et ça me réjouit!) que Bayrou + Sarko + Ségo = environ 75% ... Si ça continue, Il y a des "nonistes" qui vont pleurer ... Mais je m'efforcerais de les consoler! On aura besoin de tout le monde pour transformer la France et la mettre au niveau du XXIème siècle! 
        

Mercredi 14 février 2007 3 14 /02 /Fév /2007 17:21
- Publié dans : Ségolène Royal - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue ...

Ayant publié le discours d'investiture complet de Nicolas Sarkozy, je me doid d'en faire autant pour Ségolène Royal.

Voici donc la version écrite de ce discours qui peut, comme c'est l'usage, présenter quelques différences avec le discours prononcé, sans pour autant en altérer le contenu.

Début de citation :

Je suis heureuse de voir toute la famille de la gauche rassemblée et vous tous et toutes aussi nombreux que je salue. C'est forte de cette unité que je peux m'adresser à tout le peuple français.
A cet instant, je veux m'adresser à tous les Français, c'est-à-dire à chacun de vous, qui attendez de savoir de quoi demain sera fait.
Je vais vous parler avec gravité.
L'élection présidentielle est le moment clef où se refonde le pacte républicain et où on va décider l'avenir d'au moins deux générations.
J'ai voulu prendre le temps de vous écouter.
J'ai entendu vos appels, vos craintes, vos détresses, vos révoltes mais aussi vos attentes, vos désirs, vos espérances.
Aujourd'hui, voici venu le jour de vous dire comment j'entends répondre à ces crises qui minent notre société et qui instillent dans ses veines le terrible poison du doute, de la résignation et, parfois, de la colère mais comment aussi permettre à la France de saisir toutes ses chances, et elles sont nombreuses, de libérer tous ses talents, toutes ses énergies.

Vous êtes venus très nombreux dans cette phase de démocratie participative.
Plus de 2 millions d'entre vous sont venus, d'une façon ou d'une autre, dire ce qu'ils avaient sur le cœur et que la société politique n'entendait plus.
Cette parole que vous avez prise, je vous demande de la garder.
A ceux qui ne l'ont pas prise, je demande de la prendre au plus vite. J'ai besoin de vous, de vos intelligences, de vos exigences, de vos générosités pour construire une France qui se ressemble et se rassemble.

Avec moi, plus jamais la politique ne se fera sans vous.
C'est forte de cette phase d'écoute et soucieuse de respecter votre effort pour prendre la patole que je me sens en mesure, aujourd'hui, de vous proposer plus qu'un programme : un pacte d'honneur, un contrat présidentiel, que je propose à tous et à toutes, les plus vulnérables comme les plus forts, ceux qui sont nos partisans depuis toujours et ceux qui ne le sont pas ; car la France a besoin de tous les siens ; elle a besoin de ceux qui vont bien comme de ceux qui décrochent ou qui ont peur de décrocher. Je veux, aujourd'hui, redonner courage et espoir aux plus faibles. Je veux, à tous, dire que le temps de l'imagination et de l'audace est venu. Je n'oublierai personne car, pour que la France se relève, elle a besoin de chacun et de chacune.

J'ai bien dit un pacte d'honneur et de confiance. Car j'ai aussi compris (et je m'en réjouis !) que vous ne croyez plus à la magie des promesses qui n'engagent que ceux qui les reçoivent. Vous ne croyez plus aux engagements d'un jour et à la démagogie. Et c'est pourquoi je veux vous dire la vérité, la difficulté de la tâche qui nous attend, en même temps que ma détermination à l'accomplir avec vous.
Nous allons agir ensemble.
Nous allons, ensemble, faire que la France se retrouve et que chacun l'aime et se retrouve en elle et accomplisse le changement profond, une autre façon de voir les choses.

Le temps n'est plus aux colmatages ou aux accommodements avec des systèmes qui ne fonctionnent plus.
Il faut tout revoir, tout repenser – et ne craindre ni d'imaginer ni d'inventer.
Il faut entendre et lire, dans les cahiers d'Espérances issus de nos débats participatifs, le cas d'Odile, cette mère célibataire, admirable de courage et de dignité, qui attend un logement depuis 4 ans et raconte sa honte de vivre, avec ses deux filles, dans une chambre de 12 m².
Il faut entendre Martine me dire, les yeux secs, le regard fier, mais les larmes dans la voix : « quand les enfants sont invités à un goûter d'anniversaire, j'invente une excuse pour qu'ils n'y aillent pas parce que je ne peux pas rendre l'invitation ».
Je faut entendre ce père de famille alsacien que je n'oublierai, moi, jamais : « je vis le RMI comme une maladie honteuse ; je ne veux pas être un assisté malgré moi ; je ne veux pas que les enfants me voient comme ça».
Ou encore, à Roubaix, l'histoire d'Adeline, terrorisée à l'idée de retrouver, après notre débat, un mari violent et dont elle ne sait pas qu'il sera capable, un jour, de la battre à mort, comme le subisse trois femmes par semaine.
Ces cris de détresse silencieuse, ces pauvres vies brisées, ces familles humiliées, ravagées par la misère et l'iniquité, ces destins marqués au sceau d'une malédiction qui ne dit pas son nom – c'est tout cela que j'ai à l'esprit, là, à l'instant de m'adresser à vous et c'est cela qui me donne le désir de me battre, de vaincre et de proposer cette politique d'alternance qui, seule, sera capable de surmonter les crises.

Crise des banlieues : dans les quartiers, le feu couve sous la cendre.
Crise économique, avec les emplois qui se détruisent.
Crise sociale.
Crise éducative.
Crise morale.
Crise écologique.
Crise internationale enfin, sur fond de prolifération nucléaire, de montée des fanatismes et hystéries guerrières.
Pour surmonter ces crises, il faut une nouvelle politique.
Pour surmonter ces crises, il faut une France Neuve.
Voilà ce que vous m'avez dit.
Et voilà ce que j'entends mettre en œuvre.

Comment augmenter les bas salaires si les entreprises ferment ?
Comment augmenter les petites retraites si les déficits se creusent ?
Comment augmenter l'effort pour l'éducation et la santé lorsque la dette explose ?
Telles sont les questions que vous m'avez posées. Mais vous m'avez dit aussi que chaque nouveau droit devait aller de pair avec des devoirs.
Et vous l'avez fait avec une franchise, une lucidité, une volonté de refuser les solutions toutes faites et les fausses promesses des marchands d'illusion, vous l'avez fait avec une rigueur dont je dois vous dire qu'elles m'obligent. Et c'est pourquoi j'ai décidé de vous parler en premier de notre situation économique et, en particulier, du problème de la dette.
La dette publique est devenue insoutenable. Elle représente 64% du PIB et 18 000 euros par Français.
Les intérêts qu'elle génère sont devenus à eux seuls la 2ème dépense du budget de la Nation.
Le déficit des comptes sociaux a triplé.
La sécurité sociale est grevée par plus de 80 milliards de déficit cumulé.
Notre appareil productif est affaibli.
Notre commerce extérieur affiche un déficit de 30 milliards d'euros.
La production industrielle stagne et l'investissement productif des entreprises ne décolle pas.
Voilà la France qu'ils nous laissent.
Voilà l'état des lieux au sortir de la période qui s'achève.
Et c'est à vous, c'est à moi, c'est à tous les Français qui, à partir d'aujourd'hui nous rejoindront, qu'il appartient de relever le pays.

Je suis convaincue, par exemple, qu'il faut changer, de toute urgence, notre façon même de concevoir la création de valeurs et de richesses.
Je suis convaincue qu'un développement durable repose aujourd'hui sur trois piliers (économique, social, environnemental) et que la défaillance d'un seul peut faire crouler le tout.
Nous sommes la 5e puissance économique mondiale. Mais nous devons ce rang au travail des Français qui conquièrent des marchés, innovent, prennent des risques et travaillent dur. Et je suis convaincue que nous ne tiendrons durablement ce rang que si nous recréons notre capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés et à créer, en fait, ce vrai dialogue social qui reste, en France, si terriblement archaïque.

L'inventivité des entrepreneurs doit être, reconnue. Mais la dignité du travail doit être respectée et même remise à l'honneur. Avec cette reconnaissance et ce respect, nous réussirons comme l'ont fait ….. Voilà pourquoi je m'engage à tout faire pour que, si je suis élue, un nouvel essor soit donné à la démocratie sociale et au dialogue social constructif qui va avec. Et voilà pourquoi je m'engage, en même temps, à soutenir l'effort des entreprises innovantes et créatrices d'emplois. C'est ce que j'appelle les cercles vertueux.
Je le crois de toute mon âme : nous avons les moyens de relancer la croissance et la machine économique. Je veux réconcilier les Français avec l'entreprise pour sortir la France des déficits et accomplir des progrès sociaux dont nous avons besoin.
J'en ai pris une claire conscience tout au long de ces semaines passées à écouter et observer : nous sommes un pays d'excellence technologique où pas un jour ne passe sans que des hommes et des femmes se lancent pour donner corps à un projet créateur d'activité, de valeur et d'emploi.
Eh bien je suis reconnaissante à ces entrepreneurs du risque qu'ils prennent et qui permet de créer, chaque année, les emplois que la mondialisation financière déplace.
Je sais gré à ces PME de moins de 250 salariés qui sont plus de 2 millions en France et qui sont nos premières créatrices d'emplois.
Et je m'engage aujourd'hui, devant vous, à tout faire pour soutenir leur effort et pour créer l'environnement dont elles ont besoin et qu'elles méritent.

Je m'engage aussi à faire de la recherche et de l'innovation une des priorités majeures de mon mandat.
Je m'engage à augmenter le budget national de recherche-développement de 10 % par an.
Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la Recherche et l'innovation, je m'engage à porter cette part à 15%.
Par des mesures fiscales, je m'engage à encourager les entreprises à innover et à faciliter, pour cela, leur accès aux financements bancaires.
L'Etat soutiendra les pôles de compétitivité qui associent laboratoires et entreprises dans des réseaux d'excellence.
Trop de régions attendent aujourd'hui une aide de l'Etat qui ne vient pas ! Eh bien l'Etat, si je suis élue, soutiendra les porteurs de projets, partout où ils se trouveront, en généralisant les Ateliers de la Création.
Je m'engage à ce que les entrepreneurs qui garantissent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine propre soient sécurisés par un mécanisme de caution mutuelle.

Je veux aussi que l'école et l'entreprise se rapprochent.
Je veux que l'entreprise devienne un lieu familier aux jeunes dès l'enseignement secondaire et jusqu'à l'université.
Je le veux parce que vous le voulez.
Et vous le voulez parce que l'insertion professionnelle de nos enfants et, donc, leur choix de métier et d'avenir en seront facilités.

Les Français, je l'ai également compris, aspirent à voir l'Etat réformer profondément sa gestion pour dégager des économies et donc des marges d'action.
Sans doute cette réforme sera-t-elle, chez nous, plus difficile à mener qu'ailleurs.
Car la France, n'est-ce pas, s'est constituée autour de son Etat central !
Car il fut, cet Etat, partie prenante à sa construction, sa puissance, sa grandeur !
Mais nous devons agir.
Nous avons un Etat qui est devenu beaucoup trop lourd.
Nous avons trop ministères.
Nous avons des ministères qui ont, en dix ans, changé huit fois de périmètres et donc de dénominations avec toutes les dépenses inutiles, toutes les pertes d'efficacité, que cela suppose.
Il faut réformer tout cela.
Il faut alléger le poids de nos administrations.
Il faut les mettre au service des citoyens alors que, trop souvent, les citoyens ont le sentiment d'être le jouet des administrations.
Il faut soulager des administrations centrales qui s'épuisent à gérer des personnels répartis sur le territoire et des crédits de toutes sortes.
Il faut en finir avec cette lourdeur de l'Etat central qui engendre toujours plus de textes législatifs ou réglementaires – et des textes qui, bien souvent, sont à la fois illisibles et inutiles.
Les fonctionnaires en sont les premières victimes lorsqu'ils s'épuisent en réunions stériles au lieu de donner l'impulsion et la créativité dont ils sont porteurs et qui sont leur vraie vocation.
Face à cette situation, face à ce gaspillage d'énergie et de substance, je propose :
- de limiter le nombre de ministères,
- d'en finir avec l'inflation réglementaire qui nous caractérise trop souvent
- d'expérimenter à chaque fois pour réformer vraiment
- d'engager une nouvelle étape de la régionalisation, mettant fin à la ruineuse superposition des compétences.
Ce sont les régions qui, par exemple, mettront à niveau les bâtiments et résidences universitaires.
C'est aux régions qu'incombera la tâche de sortir les prisons françaises de l'état honteux où elles se trouvent.
Ce sont les régions qui piloteront le service des aides économiques et de la formation professionnelle.
L'Etat, certes, garantira par un fond de « péréquation » l'égalité entre les régions qui bénéficieront donc, pour remplir ces nouvelles missions, d'un transfert de ressources. Mais nouvelles missions pour les régions, il y aura. Nouvelles intelligences territoriales, on verra naître.
Et tant pis pour ce vieux jacobinisme qui est l'un des démons les plus malins de ce pays !
J'ai la passion du service public.
Je sais que les Français sont habités par la même passion.
Et, aussi, les fonctionnaires qui ont une conception exigeante de leur mission.
Ensemble, nous allons donner un coup de jeune à cet Etat colbertiste, jacobin, centralisé à l'excès, croulant sous le poids des ans, des bureaucraties inutiles et des réglementations trop complexes.
Ensemble, nous allons mettre l'Etat à l'heure de ce désir d'autonomie, de responsabilité civique et de liberté que j'ai senti monter d'un bout à l'autre de la France.



Je veux construire un ordre social et économique juste
Le règne sans frein du profit financier est intolérable aux pour l'intérêt général.
Il est insupportable à ceux qui vivent de leur travail et il est dramatique pour ceux qui n'arrivent pas à en vivre.
C'est ce cri de colère que j'entends monter de la France qui travaille et de celle qui aimerait travailler. Colère contre les délocalisations qui dévorent l'emploi.
Colère contre le fait que 23% des jeunes sont sans emploi, que l'âge du premier emploi n'en finit pas de reculer et que la précarité des contrats se généralise.
Colère quand priorité est donnée à la rente et au capital financier et que cela conduit à l'augmentation constante des loyers et du foncier.
Colère quand la moitié des salariés du privé touche moins de 1400 euros par mois, que 4 millions de salariés sont payés au Smic au bout de 20 à 30 ans de travail.
Colère encore quand on sait qu'il y a 7 millions de pauvres en France qui vivent avec moins de 700 euros par mois, que 2 millions d'enfants sont condamnés à vivre dans la pauvreté et qu'il y a là comme une forme moderne de malédiction et de destin.
Les Français, oui, sont en colère face à cela.
Et moi, Ségolène Royal, je dis que ce n'est pas juste, c'est le pacte social qui est rompu et que c'est dangereux.
Nous devons refuser cette situation.
Nous devons stopper le descenseur social.
Comme le criait le père Wreznisky, le fondateur d'ATD Quart Monde, « c'est l'homme qui crée la misère, c'est l'homme qui peut détruire la misère ».
Quand, dans un pays comme la France, deux millions de personnes ont recours à l'aide alimentaire, quand on sait qu'il y a, chaque jour, en France, 2000 accidents graves du travail, quand on sait qu'à 35 ans un ouvrier ou un employé a sept ans de moins d'espérance de vie qu'un cadre, quand on sait que 27% des salariés travaillent debout en permanence, que 37% sont exposés à l'inhalation de produits chimiques sur leur lieu de travail, quand on sait que les victimes de l'amiante ne sont toujours pas indemnisées ou qu'un million et demi de personnes se trouvent en situation de surendettement, quand on sait, enfin, que les femmes sont les premières victimes des bas salaires et des petites pensions, que l'écart de salaire avec les hommes est encore de 25%, quand on sait tout cela, on est bien obligé de se dire, et de crier, que, oui, le lien social se délite ; on est bien obligé de se dire et de crier que tout cela est comme une cicatrice sur le corps d'un pays qui a inventé la plus belle devise du monde : « liberté, égalité, fraternité » ; et moi, Ségolène Royal, je ne peux pas ne pas m'associer à ce cri, le relayer, lui prêter ma voix et ma volonté

Vous m'avez dit des choses simples et vraies.
Vous m'avez dit vouloir des écarts de revenus moins injustes, une réforme de la fiscalité qui taxe davantage le capital que le travail.
Vous m'avez dit vouloir que le travail soit payé à son juste prix.
Vous m'avez dit, enfin, vouloir que des solutions à la crise du logement soient trouvées au-delà des éternels discours.
Est-il normal, m'avez-vous dit, que des jeunes travailleurs habitent en caravane et que de petits retraités soient chassés de leur logement faute de pouvoir payer leur loyer ? .
Eh bien je vous ai entendus.
Et je n'aurai de cesse, si je suis élue, que de répondre à votre juste colère.

Je propose un pacte présidentiel pour le pouvoir d'achat garanti et la sécurité du logement tout au long de la vie.
Je propose (parce que vous avez été nombreux à me dire que les chiffres officiels de la hausse des prix sont inférieurs à la réalité) une réforme de l'indice des prix. Nous utiliserons des indices de prix différents, tenant compte de la réalité des dépenses des ménages pour revaloriser les retraites, le SMIC et les minima sociaux.
Je m'engage à une hausse du SMIC à 1500 € par mois et à une hausse des bas salaires, au dessus du SMIC, qui sera fixée par les partenaires sociaux dès juin 2007 dans le cadre de la conférence sur les salaires.
Pour que cette augmentation puisse se faire rapidement, et sans pénaliser les petites entreprises, je m'engage à mettre en place un plan massif de formation professionnelle débouchant sur un système gagnant – gagnant : le salarié sera mieux payé, mieux qualifié et l'entreprise plus performante.
Je m'engage, pour les jeunes sans ressources et qui vivent, de plus en plus nombreux, dans la précarité, je m'engage à créer une allocation d'autonomie et d'entrée dans la vie active ; laquelle allocation leur sera versée en contrepartie d'une obligation de formation sérieuse, d'une recherche active d'emploi et, pour les étudiants, d'heures de soutien scolaire auprès d'élèves en difficulté.
Je mettrai en place un plan de rattrapage pour les petites retraites, avec une hausse immédiate de 5 % intervenant dès 2007. Le minimum vieillesse sera versé mensuellement et les retraites de la Sécurité Sociale seront payées au 1er de chaque mois, pour éviter les découverts. Nous procéderons aussi, dès 2007, à une augmentation de 5 % de l'allocation adulte handicapé.
Je rétablirai également le programme Handiscol qui a été démantelé pour permettre d'accueillir tous les enfants handicapés dans le sein de l'école.

J'insiste sur la question du logement.
Je l'ai souvent dit, vous le savez : tout commence par les familles car, si les familles fonctionnent bien et assument leur devoir d'affection, d'éducation et de surveillance, alors les enfants démarrent dans la vie dans de bonnes conditions.
Eh bien le logement est la condition première d'une vie de famille sécurisée.
Et les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire si l'on veut aider les familles à être ces lieux d'éducation et d'épanouissement des enfants qu'elles doivent être.
Il y a les Sans-Domicile-Fixe, naturellement, pour lesquels des solutions d'urgence doivent être trouvées : je propose, à cet égard, de faire obligation à chaque ville de créer une place d'hébergement d'urgence pour 1000 habitants ; je propose une politique d'accompagnement humain permettant à ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccrocher à une utilité sociale ; et je rends hommage au travail des associations qui jouent un si grand rôle pour réinsérer ces gens dans l'activité et dans l'emploi.
Mais l'urgence ne doit pas faire oublier les autres problèmes de fond.
Les scandales les plus criants ne doivent pas occulter le fait que la crise du logement frappe aussi celles et ceux qui travaillent et qui font des efforts pour payer leur loyer.
Je propose, là-dessus, quatre mesures concrètes, bien connues de ceux qui se battent sur ce problème et que j'ai également rencontrés dans le cadre de ces débats participatifs :
1. La construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute d'obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L'Etat se substituera à la carence de ceux qui s'enferment dans l'égoïsme territorial en lançant lui-même les programmes de logement nécessaires. Il faut cela pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale ou un vain mot. Il faut cela pour que l'amélioration de la situation des plus démunis ne produise pas l'aggravation de la situation de ceux qui paient leur loyer.

2. La création d'un service public de la caution permettant d'assurer les impayés de loyer et d'éviter les expulsions.

3. La mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et la possibilité existera pour les communes de procéder à des acquisitions-réquisitions.

4. L'accès à la propriété sera favorisé et encouragé par l'extension des prêts gratuits. Aujourd'hui, les Français aspirent à la propriété de leur logement. Je veux que ce soit possible et que ceux, notamment, qui ont fait l'effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété.

5. Enfin, avec les Régions, l'Etat aidera à la mise en place d'un programme de logement pour les étudiants et les jeunes travailleurs.


Je serai, aussi, la Présidente du travail pour tous et du métier pour chacun.
Je réhabiliterai la valeur travail.
Dans le pacte présidentiel que je vous propose.
Et d'abord, à la base, j'engagerai une lutte sans merci contre le chômage des jeunes, un des plus élevés d'Europe et l'une des sources du découragement, de la révolte contre l'absence de futur et, à la fin, de la délinquance.
Tout jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et universitaire avec un diplôme : c'est le contrat qu'il faut passer entre la Nation et son école.
Pour les 190 000 jeunes qui sortent de l'école ou de l'université sans aucune qualification, je reprends la proposition de Jacques Delors d'ouvrir un chantier d'intérêt national.
Aucun jeune, diplômé ou qualifié, ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu'une formation ou un contrat ne lui soit proposé - c'est un droit pour lui et un devoir pour nous.
Tout jeune doit pouvoir bénéficier d'une possibilité d'insertion et je propose, à cet effet, de généraliser les bourses et les emplois-tremplins que les Régions ont mis en place, avec un objectif de 500 000 emplois tremplin.
L'Etat ouvrira, enfin, un nouveau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d'un prêt gratuit de 10.000 euros, pour lui permettre de construire son premier projet de vie. Je le dis solennellement à toutes celles et tous ceux qui doutent, qui rencontrent plus de portes fermées que de mains tendues : la France a besoin de vos talents et de votre énergie ; les entreprises et les services publics ont un devoir à remplir à l'égard d'une génération qui représente aussi leur avenir.
Je leur dis aussi qu'à leur âge, on a le droit à l'erreur, que la peur de l'échec ne doit pas paralyser, qu'on apprend et qu'on se renforce aussi dans les difficultés que l'on rencontre : vous devez croire en vous car la France aime ses enfants, tous ses enfants et n'est elle-même que lorsqu'elle lutte contre toutes les formes de discrimination.

Dans l'intérêt des entreprises comme des salariés, dans l'intérêt de la France, je créerai la Sécurité Sociale professionnelle qui garantira, contre une formation et une recherche active d'emploi, une rémunération égale à 90% du dernier salaire perçu afin de permettre, sans drame, la mutation des emplois.
Et pour encourager, enfin, le passage du RMI au travail, je donnerai raison à ceux qui, comme l'association Emmaüs, demandent depuis longtemps la création d'un Revenu de Solidarité Active qui garantira les prestations en un mécanisme unique, durable, et garantissant que quelqu'un qui retrouve un travail ne puisse plus voir ses revenus baisser.

Et puis, n'est-ce pas, tout se tient : emploi, famille, école ?
Quand un maillon vient à casser, c'est la chaîne qui se voit fragilisée.

Et c'est l'éducation qui tient tout l'édifice.

C'est pourquoi, avec moi, l'Education, encore l'Education, toujours l'Education, elle sera au cœur de tout et en avant de tout !
L'Ecole est le cœur battant de la République.
L'Ecole est le lieu où se transmettent les savoirs et les valeurs républicaines.
L'école est le creuset où se forment les futurs citoyens.
Et l'école, vous me l'avez également dit, traverse une crise profonde.
J'ai entendu le signal d'alarme que lancent beaucoup de parents : l'Ecole tiendra-t-elle demain sa promesse d'égalité des chances ?
J'ai entendu le message des enseignants, en première ligne dans ce combat pour l'égalité et, donc, la citoyenneté : face aux difficultés qui s'accumulent, aux violences, aux incivilités qui angoissent, face aux coupes sombres dans les budgets et les emplois, face à un pouvoir d'achat qui semble baisser dans la mesure exacte où croissent les difficultés du métier, comment ne pas être tenté, parfois, de baisser les bras ?
A ces enseignants qui se battent en première ligne sur le front de la citoyenneté de demain, je veux dire ceci.
Vous serez soutenus, encouragés par la République dans votre mission.
Votre place sera mieux reconnue, vos filières de formation encore améliorées si vous en sentez le besoin.
Votre droit à l'innovation et à l'expérimentation du travail en équipe sera pleinement reconnu sans que vous ayiez à craindre les inspections un peu trop rigides.
Nous créerons un service public d'accueil de la petite enfance.
L'obligation scolaire sera fixée à 3 ans et les chances scolaires des enfants en seront accrues.
Collège et école devant assurer en son sein, ou dans les quartiers, le soutien scolaire gratuit, nous confierons cette nouvelle mission, comme vous l'avez proposé dans plusieurs débats participatifs, à un corps nouveau de répétiteurs dont la mise en place sera discutée avec l'équipe pédagogique, les associations de parents d'élèves et les élus.


La carte scolaire favorisera la mixité sociale, au lieu de consolider les ghettos.
Elle sera redécoupée pour que les secteurs soient plus hétérogènes et que chaque famille ait le choix entre plusieurs établissements. Les gros collèges seront divisés pour ne pas dépasser 600 élèves et ayant eu à nouveau confirmation des brutalités et violences subies par les élèves et les enseignants, un nouveau métier sera créé pour renforcer la discipline et développer massivement le sport et la culture qui sont les meilleurs remparts contre l'agressivité.
L'échec scolaire étant aggravé par la détresse financière et sociale et éducative des familles, je créerai des emplois-parents dans les quartiers comme l'a proposé l'association AC Le Feu et je généraliserai les écoles de parents.
L'allocation de rentrée scolaire sera doublée dès 2007 afin que soit pleinement garantie la gratuité scolaire.
La société de la connaissance exigeant un investissement massif dans l'Université et la recherche, je veillerai à renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national et je les encouragerai à se regrouper entre régions pour atteindre une taille comparable à celle des grandes universités du monde.
Je détaillerai, jeudi prochain à Dunkerque et vendredi prochain à Strasbourg, un plan de réformes global concernant l'Education, la Recherche et la Culture.


Vous avez aussi, au cours des débats, beaucoup parlé des insécurités, des désordres et de la violence dans nos villes et à leurs périphéries..
Et de fait, depuis cinq ans, la violence à l'encontre des personnes n'a cessé d'augmenter.
4 millions de personnes ont été agressées verbalement ou physiquement dans la seule année 2005.
Le nombre de mineurs mis en cause pour des actes d'atteintes aux personnes a augmenté de 32% depuis 2002, et de 83 % en huit ans.
Plus rien ne semble être épargné par cette épidémie de violence : ni l'école, ni les familles, ni les jeunes.

J'ai parlé, déjà, des violences qui frappent les femmes. Permettez-moi d'y revenir. Car ce thème est revenu, dans nos débats, avec une terrible insistance. Et je dois avouer que j'y suis moi-même, en tant que femme, particulièrement sensible. Une femme sur dix est victime de violences conjugales. En 2004, chaque semaine, trois femmes ont été tuées par leur conjoint. Les violences, abandons, mauvais traitements d'enfants ont augmenté de 34% depuis 2002. Je veux vous le dire aujourd'hui : la première loi votée par le prochain parlement sera, je l'espère, une loi efficace contre les violences faites aux femmes.

J'ai parlé aussi de cette autre forme de violence, de cette violence douce et à peine visible, qu'est l'inégalité devant l'accès aux soins. Permettez-moi d'y insister aussi. Car enfin est-il normal que des quartiers entiers, des zones rurales, n'aient plus de médecin généraliste ? Est-il normal que trouver une prise en charge pour une personne âgée dépendante relève souvent, aujourd'hui, de l'exploit ? Est-il normal, est-il acceptable, qu'il n'y ait pratiquement plus, en France, de structures de santé de proximité ? Non, cela n'est pas normal. Non, cela n'est pas acceptable. Oui, vous êtes nombreux, très nombreux, à vivre cet état de fait comme une violence faite aux plus faibles, une brutalité terrible à l'endroit des plus modestes. Et c'est pourquoi, après vous avoir écouté, je souhaite mettre en oeuvre une politique de santé publique notamment axée sur la création d'une nouvelle génération de dispensaires en milieu rural et dans les quartiers urbains sensibles.

Et puis, il y a la violence dans les quartiers…
Où en sont-ils, les quartiers, un an après les émeutes ?
Est-ce parce qu'on les entend moins, est-ce parce que la machine à images a cessé de s'intéresser à eux et de concentrer sur eux son faisceau de lumière, que le problème est résolu ?
Et quelles réponses ont-elles été données aux appels à la justice, à l'égalité des chances, à la sécurité, qui se sont exprimés, aussi, avec une telle exaspération ?
A-t-on porté remède au précariat ? à l'insécurité sociale ? aux discriminations ? à la désertion des services publics ? au chômage des jeunes ?
Non, hélas.
Rien, ou presque rien, n'a été fait.
Or chacun sait que, si rien n'est fait, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ce que la France a connu hier ne sera rien en comparaison de ce qu'elle connaîtra demain.
Il y aura des émeutes d'une violence extrême, et qui ne seront plus limitées aux seuls quartiers dits sensibles.
Il y aura des gestes de désespoir radical, des actes de nihilisme sans pareil, qui laisseront les pouvoirs publics sans ressource et sans voix.
La France entrera en crise.
Et c'est tout le lien social qui, de proche en proche, menacera de craquer. Il y a urgence. J'ai la ferme volonté d'empoigner ce problème à bras le corps. Ecoutons là encore, les propositions et les attentes de ceux qui agissent tous les jours sur le terrain.
Mettre les parents devant leur responsabilité pour assumer leur rôle, tout leur rôle.
Aider les mamans seules, débordées par les pré-adolescents, à se regrouper pour encadrer leurs enfants et bénéficier pour cela d'emplois parents.
La bataille pour l'emploi des jeunes de quartier doit se gagner.
Renforcer les procédures de l'encadrement scolaire et créer partout des mini-internats urbains, pour les jeunes qui ont décroché de l'école, imaginer une école de la deuxième chance avec de la culture, du sport, des voyages éducatifs, du travail solidaire.
Soutenir les associations, les élus de terrain, les travailleurs sociaux qui savent mieux que personne, pour les vivre, où sont les bonnes solutions.

A la première incartade, répondre par une sanction ferme, rapide et proportionnée, je dis bien proportionnée, alors que, trop souvent, le premier délit n'est pas sanctionné par une justice débordée qui manque de moyens ; ou alors, à l'inverse, on frappe trop lourdement des mineurs qui, en dehors des cas d'atteintes graves aux personnes, n'ont pas leur place en prison et en ressortent à 70% récidivistes et développer toutes les formes d'encadrement y compris militaire dans des chantiers humanitaires.
Créer des polices de quartier pour remplacer cette proximité hélas supprimée et renforcer les moyens de la justice des mineurs.
Mais il faut aussi : entendre le malaise que cette violence exprime, y remédier sur la longue durée, ne pas traiter les délinquants comme des sauvages ou des barbares.
Je ne veux pas de cette société toujours plus violente où, comme me l'a dit l'un d'entre vous lors d'un débat, « une bonne partie des violences est engendrée par le manque de considération envers certains jeunes. Ils ne se sentent pas utiles à la Nation et ont, de ce fait, l'impression que la Nation ne fait rien pour eux, et donc, qu'ils ne lui doivent rien ».
Je ne veux pas de cette société du « tous contre tous », cette société du « chacun pour soi ».
Je veux que la France aime sa jeunesse et exerce sur elle une juste autorité pour lui permettre de grandir.

Je ne veux pas, moi, d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une charge, voire une menace ou un danger.
Car une société qui a peur de sa jeunesse est une société qui n'a plus confiance en elle et qui manque à son devoir d'hospitalité à l'égard de la génération suivante.
Je veux une société qui fait confiance aux jeunes. Je pense qu'un ordre n'est pas juste, qui considère les enfants de la République inégaux en droits tout en leur imposant les mêmes devoirs.
Je crois qu'un pays est malade quand, ressuscitant le fantasme du XIXème siècle des fameuses « classes dangereuses », il devient sourd au cri de souffrance qui monte, qu'on le veuille ou non, des quartiers difficiles ou sensibles.
Et je ne peux pas me résoudre à cette souffrance.
Et je ne peux pas imaginer qu'il suffise d'envoyer des bataillons de police ou de gendarmerie.
Et je ne peux pas me faire à l'idée qu'il y ait deux jeunesses : l'une qui serait vouée à la réussite et l'autre condamnée à l'échec ou, pire, à la violence brute parce qu'au départ il n'y a pas les mêmes chances et qu'on n'a pas su encadrer à temps les enfants et les faire réussir à l'école comme le dit très bien Kerry James.
J'aurai prochainement l'occasion de dire avec plus de précisions en appui sur les associations, AC Le Feu, Parlement des Banlieues, dans les Banlieues ce que demain l'Etat fera.
Je sais que je réussirai à trouver des solutions et à empêcher de nouvelles explosions. Parce qu'au plus profond de moi, si je suis présidente de la République, je veux réaliser pour chaque enfant né ici ce que j'ai voulu pour mes propres enfants.
Je veux une nouvelle donne avec tous les jeunes de France.
Mais quand j'entends Karim, de Toulon, m'expliquer qu'il ne comprend pas pourquoi il doit subir, plusieurs fois par jour, les contrôles d'identité, je me dis qu'il n'exprime pas si mal que cela cette part du mal français qui le touche et qu'il m'incombera, avec vous tous, de traiter ! .

Je veux lutter farouchement contre les discriminations et les humiliations.
Je veux une France qui s'accepte telle qu'elle est devenue et qui considère même que c'est une chance d'être désormais ainsi : riche d'histoires diverses, colorée, métissée.
Je veux une France qui reconnaisse comme ses enfants légitimes tous ceux dont les familles sont venues d'ailleurs et qui sont aujourd'hui des Français à part entière et dont les parents et les grands parents ont donné leur vie pour nos libertés.
Du fond du cœur, je vous le redis : la France a besoin de vous ; vous êtes la chance de la France ; je veux une France qui vous écoute, une France qui vous comprenne et une France qui, en même temps, soit exigeante envers vous.
Je veux une France qui entende ce que lui dit Diam's dans « Ma France à moi » : « Il ne faut pas croire qu'on la déteste, mais elle nous ment (…). Ma France à moi leur tiendra tête jusqu'à ce qu'ils nous respectent ».
Je ne veux plus entendre parler de deuxième, troisième ou quatrième génération pour certains enfants d'immigrés alors qu'on ne le fait jamais pour ceux dont les familles sont originaires d'Europe.


J'ai entendu aussi les graves problèmes de santé des jeunes. Et ce désarroi me paraît totalement inconcevable dans un pays comme le nôtre.
Je propose la gratuité totale des soins pour les moins de 16 ans. Je propose la mise en œuvre d'une carte santé jeune 16/25 ans. Je souhaite que la contraception soit gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans afin de lutter contre les grossesses précoces. Je propose de renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire. Toutes ces actions entraîneront des économies dans les dépenses de santé car la prévention dès le plus jeune âge est très efficace.

C'est sur les jeunes aussi que je compte pour protéger la planète car c'est pour vous et la génération qui vient que nous devons agir.

Je veux faire de la France le pays de l'excellence environnementale. C'est pour moi une conviction profonde et ancienne qui remonte à mon enfance rurale et consolidée dans mon action de Ministre de l'environnement.

Vous ne voulez plus, et moi non plus, de cette irresponsabilité qui détruit la planète, qui laisse la biodiversité s'épuiser, qui ne prépare pas l'après-pétrole. Vous m'avez fait part de vos alarmes. Vous avez raison. Le réchauffement planétaire est une menace sur le monde et sur la paix : déplacement massif de populations, accès à l'eau potable. Je ferai de cette cause une grande cause nationale pour la France.
J'engagerai la France dans la voie de l'excellence environnementale comme cela n'a jamais été fait. 100 000 emplois, non délocalisables peuvent être créés. Un investissement massif dans l'environnement conduira à développer de nouveaux métiers, de nouvelles compétences, Dans le domaine du bâtiment, des transports, de l'agriculture, l'essor des écoproduits et des écoprocédés sera un moteur de l'activité et de la croissance durable. Tout comme les bio-carburants pouvant créer de nouveaux emplois.

Le défi environnemental doit être vu comme une chance. A condition d'anticiper plutôt que subir les mutations. Là aussi, il y a deux logiques : celle du laissez-faire, du libéralisme, qui vise le profit immédiat et nous prépare au pire. Ou celle de la volonté, qui relève les défis, pour laisser à nos enfants une planète vivable et qui applique le principe pollueur-payeur, empêche la destruction de biens collectifs publics.

Je vous propose :
- un plan de développement massif des énergies renouvelables pour qu'elles représentent 20 % de la consommation d'énergie en 2020, ce qui permettra de réduire la part du nucléaire ; ce plan de développement national s'appuiera sur une politique commune européenne de l'énergie ;
- une fiscalité écologique qui encourage les bonnes pratiques ;
- de favoriser les économies d'énergie dans le logement. Tout permis de construire devra intégrer les énergies renouvelables.
J'ai développé tous ces sujets à Montluçon avec un plan d'action très précis.



Une agriculture assurant une alimentation de qualité et respectant l'environnement est aussi à notre portée.

Nous pouvons surmonter la crise de confiance entre nos concitoyens et leur agriculture, née des crises alimentaires et des abus d'engrais et de pesticides. Je veux redonner aux agriculteurs la fierté de leur métier Il faut aujourd'hui produire autrement : la qualité doit primer sur la quantité ; l'environnement doit respecté et les paysages préservés et ceux qui font ces efforts doivent recevoir davantage d'aide car ils agissent pour l'intérêt général.

Je proposerai à nos partenaires une refondation de la politique agricole commune pour réorienter les aides vers le développement rural, en modulant les primes et en assurant leur transparence.

Cette réorientation de la PAC doit permettre à l'Europe de se nourrir par elle-même et aux paysans de vivre dignement de leur travail tout en maintenant nos identités rurales vivantes. De nouveaux emplois et une nouvelle fierté rurale sera développée grâce aux biocarburants et à la valorisation de la biomasse, au développement de la filière bois et de la bio construction.


Pour mettre en œuvre toutes ces réformes, nous avons besoin d'institutions impartiales, qui fonctionnement et qui répondent aux besoins de notre temps. C'est pourquoi je vous propose une République Nouvelle.

Des réformes profondes doivent être faites pour moderniser les institutions.

Du côté du parlement et de la démocratie représentative, le mandat unique sera instauré, le Sénat réformé, le pouvoir de contrôle du Parlement sera renforcé et le 49.3 supprimé.

Je veux aussi que l'opposition soit respectée même si cela n'a guère été le cas au cours de ces cinq dernières années.

Pour rééquilibrer le rôle de la majorité et de l'opposition, et pour permettre un dialogue constructif au sein du pays, la présidence de la commission des finances de l'Assemblée Nationale sera confié à un député de l'opposition.

Démocratie participative : les citoyens pourront faire examiner par le Parlement une proposition de loi qui aura recueilli 1 million de signatures. Le développement des jurys de citoyens et des budgets participatifs sera encouragé et le référendum d'initiative populaire instauré.

Démocratie sociale : pour faciliter le développement d'un syndicalisme beaucoup plus représentatif, un crédit d'impôt sera accordé pour les cotisations syndicales. La représentativité sera fondée sur l'élection et le principe majoritaire mis en œuvre pour les accords sociaux.
Je veux que la France se modernise dans la qualité de ses relations sociales. Tout le monde doit y gagner, entreprises, salariés et avec le pays tout entier dans une logique de cercle vertueux qui met fin aux logiques d'affrontement et qui permet des compromis sociaux qui nous permettront d'être plus forts.

Dans les 6 mois qui suivront l'élection présidentielle, je consulterai le peuple français sur ces propositions de réformes démocratiques de nos institutions.


Outre-mers

Je me suis rendue à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et je n'oublie pas les autres outre-mer dont la culture, me le rappelait Aimé Césaire, est aussi la nôtre.
Je veux une République, de la reconnaissance et de la responsabilité. Et des politiques publiques qui tiennent compte de leur identité, de leur diversité et des problèmes de la continuité territoriale.

L'histoire des outre-mers n'est pas périphérique : c'est notre histoire commune. L'esclavage et la colonisation en font partie et doivent trouver toute leur place dans nos programmes scolaires ainsi que les grandes œuvres littéraires et historiques, Louis Delgresse, Frantz Fanon, La Mulâtresse Solitude, Aimé Césaire.

Je veux que la France revienne à la table de l'Europe et je ferai tout pour cela.

L'Europe doit rester la grande ambition et la grande réalisation du XXIème siècle. Je sais que vous le voulez comme moi. Mais, je sais aussi que, comme moi, vous ne voulez pas n'importe quelle Europe, vous me l'avez dit dans les débats. Je ne veux pas d'une Europe qui ne serait qu'une zone de libre échange adossée à l'OTAN. Je veux encore moins d'une Europe de tous contre tous où le dumping fiscal et social remplace la solidarité, et dans laquelle la concurrence sert de projet de société. L'Europe que je veux doit élever le niveau de tous les pays et de chaque individu, et non les abaisser.

L'Europe doit se fixer comme objectif une croissance dynamique et créatrice d'emplois

Je veux relancer des politiques communes sur les enjeux majeurs que nous affrontons. En Europe, comme en France, la croissance naîtra de l'investissement dans la recherche, dans l'innovation, dans les énergies renouvelables, dans les transports.

L'Europe doit se battre aussi pour une politique industrielle, à l'instar de ce que font les Etats-Unis et les grands pays émergents. L'Europe ne doit plus s'abandonner au seul dogme de la concurrence. Airbus n'aurait pu être lancé si la doctrine actuelle de l'Europe avait été applicable en 1970…

Pour réussir cela, les outils actuels ne sont pas adaptés. La croissance et l'emploi doivent être inscrits dans les statuts de la Banque centrale européenne . Il faut mettre en place un gouvernement économique de la zone euro » pour une politique de croissance coordonnée

Le Pacte de stabilité ne doit pas servir à freiner la croissance mais à la stimuler. Je propose de sortir du chiffrage du déficit les dépenses consacrées à la recherche et à l'innovation.
Nous accumulons un retard très inquiétant qui risque d'être ravageur, face à l'Inde et à la Chine. Il est temps, j'allais dire, de passer aux choses sérieuses.

Je veux une Europe qui protège ses citoyens et les aide à tirer profit de la mondialisation
Il n'est pas supportable de voir des entreprises faisant des bénéfices délocaliser leur production. L'Europe doit se protéger et nous protéger. Avec moi elle fera reconnaître le respect des normes sociales et environnementales dans toutes les négociations de l'OMC.

La concurrence déloyale est encore moins supportable à l'intérieur de l'Europe. Je proposerai l'instauration de taux planchers en matière d'impôt sur les sociétés pour freiner les délocalisations fiscales.

De même, je proposerai à nos partenaires la négociation d'un protocole social pour renforcer les droits des travailleurs.

L'Europe devra s'atteler au dialogue avec la Méditerranée et mettre enfin en place des politiques de co-développement.

C'est la meilleure façon d'endiguer l'immigration illégale et lutter contre les mafias qui l'organisent. Décourager les migrations de la misère, c'est soutenir le développement des pays pauvres, en réduisant les écarts entre Nord et Sud. C'est notre devoir.

Le co-développement sera donc mon objectif. L'aide publique sera radicalement réformée et réorientée vers les circuits courts, la santé, l'éducation, l'énergie solaire, les associations de femmes, le micro crédit, comme je l'ai vu au Sénégal, et cessera d'alimenter les gouvernements corrompus.

Cela me conduit à vous dire comment je conçois le rôle de la France dans le monde et la façon dont j'entends lui faire tenir son rang.


La France c'est un paysage que nous aimons, c'est aussi une grande Histoire, certes pas uniforme, mais avec des moments sublimes, quelquefois des abîmes et, en arrière-plan, la grande lumière jamais éteinte de la Révolution française.
C'est également une langue dont Fernand Braudel nous a enseigné la part qui est la sienne dans la construction de notre identité. N'oublions jamais la dimension de la francophonie. Il y aura, en 2050, trois cents millions d'hommes et de femmes qui parleront français ! Je souhaite qu'il y en ait davantage. Bien davantage. Je souhaite une France qui parle, dans sa langue, sa propre langue, au monde.

Car la France c'est plus que la France. La France c'est ce drôle de pays qui, comme disait André Malraux, n'est jamais aussi grand que lorsqu'il l'est pour tous les hommes. La France ce sont des valeurs exigeantes et belles proclamées par la Révolution française. La France ce sont des valeurs universelles qui nous obligent et que nous devons porter haut pour ne pas décevoir ceux qui ont foi en nous. L'Histoire de France est une Histoire vivante. C'est une histoire qui, parce qu'elle est vivante, doit continuer de parler au monde.

Le monde… Nous savons tous ce qu'il en est : la mondialisation, les échanges, les influences croisées et fertilisantes, mais aussi le tohu-bohu, l'iniquité, le malheur, les crimes de masse, les guerres. Je ne veux pas d'une France qui aurait la tentation de s'éloigner de la scène, de renoncer, de laisser faire. Je ne veux pas d'une France qui laisserait ce monde se casser, éclater en morceaux, en blocs de vie et de pensée hostiles les uns aux autres. Je ne veux pas d'une France qui se résignerait à sortir de l'Histoire.
Allons-nous rester là, spectateurs muets, apeurés, bientôt victimes ? Avons-nous quelque chose à dire, encore, au monde ? Avons-nous quelque chose, encore, à lui apporter ? Les Français le croient. Les Français le veulent. Je le crois et le veux avec eux.
Les fins de la politique de la France, si je suis élue, seront simples et fidèles à notre vocation la plus haute : la paix, bien sûr ; la sécurité pour les Etats ; mais aussi la justice pour les peuples et le développement pour tous.
La paix ? Elle n'est possible que fondée sur l'équilibre d'un monde multipolaire. C'est pourquoi tous les efforts visant à faire redémarrer l'Europe et à en faire une puissance également politique seront poursuivis avec une ardeur particulière. C'est pourquoi tout sera fait pour remédier au déséquilibre des puissances qui est la règle d'aujourd'hui dans nos rapports avec nos partenaires et alliés. Et c'est pourquoi, aussi, la France, si je suis élue, pèsera de tout son poids pour que soit respecté le droit international. Celui-ci existe. Il n'est que de l'appliquer. Nous réclamerons de nos meilleurs amis que les résolutions du Conseil de Sécurité soient mises en œuvre, que les grands traités du désarmement, de l'environnement, soient respectés. La France et le Royaume-Uni ont la lourde responsabilité d'être membres permanents du Conseil de Sécurité. Nous y jouerons tout notre rôle, à l'écoute certes de nos partenaires européens mais aussi de tous les pays prêts à travailler avec nous. Le multilatéralisme, c'est la mobilité de l'action au service des principes que les Nations Unies ont fixés.

Veiller à la sécurité de tous, c'est aussi donner l'exemple. Et c'est pourquoi nous continuerons à déployer des forces au service du droit, s'il le faut, en Afrique comme au Proche-Orient.
La Justice pour les peuples exige que nous parlions fermement, en toutes circonstances, devant nos alliés, nos amis et en agissant dans toutes les instances où se bâtit aujourd'hui la justice internationale.
Le développement implique que la France, qui fut l'une des premières à plaider pour l'aide publique, ne se paie pas de mots. Nous sommes tous terriblement en retard sur nos engagements à l'égard des pays défavorisés. Il faudra redoubler d'efforts. Il faudra que la France indique le chemin à tous ceux qui s'accommodent à bon compte des promesses non tenues et des inégalités criantes.

Le réalisme, c'est aussi choisir des priorités. Nous regarderons d'abord devant notre porte, et je vais vous surprendre : notre porte, c'est l'Afrique :
L'Afrique est notre voisine. Elle est là, cette Afrique à laquelle m'attachent tant de liens. Elle est là, vivante, dynamique, mais accablée de maux et de tensions. Chaque Africain qui parvient à nous rejoindre en témoigne. Et il ne comprend pas qu'après tous nos beaux discours, nous tournions la tête et nous barricadions. Il ne comprend pas, parce que l'avenir, qui appartient aujourd'hui aux Chinois et aux Indiens encore oubliés, écartés, voici moins de vingt ans, appartiendra peut-être demain à son frère, à son fils, un Africain.
De quoi souffre l'Afrique ? D'une économie mondiale absolument débridée qui ne laisse aucune chance à des productions agricoles fragiles et incapables de rivaliser avec les politiques de pays bardés d'atouts financiers et technologiques. Un peu de bon sens, un peu de justice, recommanderaient que l'on remette un peu d'ordre sur les marchés, que des avantages soient laissés aux pays les plus pauvres, que des préférences – il faut le dire – soient accordées par l'Europe à l'Afrique, quitte pour celle-ci, en échange, à savoir orienter ses achats vers l'Europe. Organisons, d'Europe vers l'Afrique et de l'Afrique vers l'Europe, des relations favorisées et équitables.

De quoi souffre la démocratie africaine ? D'un jeu trop brutal des alternances. Du poids des oligarchies. De la corruption de certaines élites. Et je n'oublie pas cette honte que fut, à la toute fin du XX° siècle, le génocide des Tutsis au Rwanda : un crime contre l'humanité ; une insulte à l'humanité de l'homme ; un deuil pour le monde. Ni enfin, aujourd'hui, la tragédie du Darfour que la communauté internationale a sans doute le moyen de stopper : pourquoi ne le fait-elle pas ? pourquoi la France, la grande France, celle des internationalistes qui ont fondé notre parti, celle des Républicains qui croient que nous avons, sur la scène du monde, un rôle particulier, ne fait-elle pas pression pour que s'arrête le massacre ?
L'Afrique est à la portée de la France et de l'Europe. Elle est à notre heure. Je veillerai à ce que celle-ci soit saisie et gardée. Il ne s'agira pas de manifestations éphémères, de cérémonies d'un jour, de tournées à bride abattue mais d'un effort opiniâtre sur pied égal avec les Africains, dirigeants ou non.

Notre voisin, c'est aussi, bien sûr, le Proche et Moyen-Orient. On plaidera pour des conférences. Je dis oui, naturellement. Mais je plaidera

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Citations

 

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur.
 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle.
(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu)

 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.
 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais).

 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné.
 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux.
 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées inventerait aussitôt une religion.
 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente.
 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché.
 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse.
 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets?
 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.
 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première.
 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions.
 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami.
 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser.
 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir.
 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison.
 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes.
 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun.
 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat fait mal les siennes.
 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.
(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu)

 Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.
 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté.
 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects.
 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout.
 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres.
 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut.
 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient.
 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide)

 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors.
 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance.
 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime.
 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome.
 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort)

 Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal)
(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe.
 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief.
 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse.
 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen.
 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours.
 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout.
 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleures.
 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.
(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.
 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.
 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand)

 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner.
 (Barbey d'Aurevilly)

 (Ndr : Vous voyez bien que je suis tout le contraire d'un séducteur!).
 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise de ceux qui aiment commander.
 (Jean Giraudoux).
 

 

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