La première réflexion qui me vient à l'esprit c'est de dire, de clamer, haut et fort, qu'il faut aller voter, en masse compacte, afin de battre nettement tous les records de participation électorale, y compris celui du référendum de 1962 en faveur de l'indépendance de l'Algérie où, je crois, le taux de participation avait dépassé les 90%.
Cette participation doit être massive, non parce qu'il s'agit d'un choix de société - j'estime que telle n'est pas le but de la consultation d'aujourd'hui; la France n'est pas du tout en marche vers je ne sais quelle "révolution" qu'il faudrait combattre selon certains ou garantir le succès selon d'autres - mais plus simplement parce que, de tous les candidats présents au premier tour, Le Pen est le seul qui a appelé à l'abstention.
Il résulte donc de cette décision que quiconque s'abstient au second tour, alors qu'il a voté au premier, le fait en connaissance de cause pour confirmer son choix du premier tour en faveur de Le Pen.
La meilleure manière de se démarquer de cette estampille, c'est de se déplacer et de voter.
Une fois dans l'isoloir, l'électeur lepéniste du premier tour doit se poser une question : "Pourquoi ai-je voté Le Pen?" S'il répond, "C'est pour marquer mon adhésion aux idées de remise en ordre drastique du pays", il doit alors, très logiquement, voter pour Nicolas Sarkozy. Ce dernier a en effet réussi à capter un très gros tiers des voix de Le Pen dès le premier tour, faisant chuter celui-ci à environ 10%, ouvrant ainsi la perspective - oh, combien heureuse! - d'une possible quasi éradication à venir de Front National, ce qui ne manquerait pas de réouvrir la possibilité d'un fonctionnement normal de notre démocratie ...
S'il se répond à lui-même "C'est pour protester contre la situation qui m'est faite; je suis dans la merde et personne ne se préoccupe vraiment de résoudre les difficultés du pays", il doit alors, très logiquement, voter pour Ségolène Royal qui est la candidate de l'opposition au pouvoir en place. Quand un gouvernement ne donne pas satisfaction, on doit, très naturellement, envisager la perspective de pousser dans le sens d'un changement de majorité.
La seconde réflexion qui me vient à l'esprit, c'est que, quelque soit le résultat, celui-ci doit être accepté par TOUS! Si d'aucuns étaient tentés par une contestation émeutière du résultat, ils doivent savoir que je me rangerais résolument du coté de la République, du coté du nouvel élu ou de la nouvelle élue, n'hésitant pas à appeler à une répression très ferme et immédiate. Je reste, aujourd'hui encore, profondément marqué par les émeutes de Novembre 2005 qui ont duré plus de trois semaines alors qu'elles auraient du être jugulées en trois jours. Sur ce plan, le gouvernement de l'époque et son ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, n'ont pas fait ce qu'il fallait. Pour moi - républicain et démocrate - les choses sont claires : les émeutiers doivent craindre pour leur intégrité physique voire même pour leur vie. Quand un peuple a voté, tout le monde doit respecter sa décision, surtout si elle est acquise après une exceptionnelle participation, même si l'écart entre les deux candidats est faible.
Ma troisième remarque portera sur le vote blanc ou nul. Je ne voterai pas blanc ou nul demain Dimanche. Certes, je comprends parfaitement que des responsables politiques puissent, soucieux de ne pas se couper de leurs électeurs pour les consultations à venir, dire publiquement qu'ils refusent de choisir entre l'une ou l'autre. Mais, dans l'isoloir, l'électeur qui serait confronté à un doute pouvant le conduire à voter blanc n'est pas soumis à la même contrainte! Il doit choisir. C'est le sens de mon propos en forme d'appel explicite : pas de bulletins blancs ou nuls. Les électrices et les électeurs qui seraient tentés de s'exprimer de la sorte doivent avoir présent à l'esprit qu'une forte proportion de ce type de votes ne manquerait pas d'être exploité par Le Pen ... Il dirait que les électeurs n'ont pas voulu dévoiler leurs intentions frontistes en ne se déplaçant pas aux urnes et ont donc voté blanc ou nul. Pour cette seule raison : pas de bulletins blancs ou nuls afin de dire une fois pour toutes à Monsieur Le Pen : "Votre démagogie ne nous intéresse pas. Nous ne sommes pas de votre bord".
Ces trois réflexions liminaires sont, pour moi, les plus importantes. C'est la raison pour laquelle elle sont développées "en tête de gondole". Quelque soit le résultat, je serai heureux si la participation est massive et supérieure à 90% et si le pourcentage de bulletins blancs ou nuls est inférieur à 2%. C'est la meilleure façon de combattre le nihilisme de Le Pen.
Et mon choix personnel? Je l'ai clairement laissé entendre voire même dit, avec quelques réserves : ce sera Ségolène Royal ...alors même que le programme économique de Nicolas Sarkozy me parait beaucoup plus cohérent.
Comme c'est étrange, n'est-ce pas? "Il est pour Sarkozy et il vote contre lui!"
Non, ce n'est pas étrange ... C'est le résultat NATUREL de ma réflexion.
1. Pour la première fois en France, une femme peut devenir Présidente de la République. 53% des électeurs sont des électrices. Il est donc souhaitable de mettre une femme à la tête du pays.
2. Il ne s'agit pas d'élire une majorité parlementaire mais de choisir UNE personne qui détiendra des pouvoirs importants et qui doit donc avoir des qualités particulières du point de vue de sa personnalité. Je préfère la personnalité de Ségolène Royal à celle de Nicolas Sarkozy. Elle a su déjouer tous les complots que ses propres amis politiques ont ourdi contre elle. Là où Edith Cresson avait dû rendre les armes au bout de 11 mois, Ségo a gagné toutes les élections auxquelles elle s'est présentée. Législatives, régionales, internes à son parti ... Toutes! Même Mitterrand n'y est pas parvenu ...
3. Elle a innové dans la méthode et dans la façon de conduire une action politique. La démocratie participative n'est pas un vain mot pour elle mais bien une réalité, certes embryonnaire, mais une réalité tout de même. Contre vent et marée, face aux quolibets de ses propres amis (quels boulets ils sont!), elle s'est imposée. Elle s'imposera également une fois élue si telle est la volonté des électeurs.
4. Issue d'un milieu culturellement porté à droite alors qu'elle défend maintenant les couleurs de la gauche, elle sera une excellente synthèse de ce dont le pays a besoin maintenant ... Elle pourrait même devenir un phare sur la scène internationale et faire mieux, sur cette scène, que Jacques Chirac dans son dernier quinquennat.
Voilà pour les raisons qui me font choisir de voter pour Ségolène Royal.
Voici maintenant les raisons qui me conduisent à voter contre Nicolas Sarkozy.
On m'objectera : "Quelle importance? Vous venez de nous dire les raisons - positives - qui vous conduisent à voter pour Ségolène Royal. Restez sur le positif!".
Pas si simple! Dans la mesure où je suis d'accord avec de nombreuses propositions faites par Nicolas Sarkozy, je dois à mes lecteurs d'expliquer mon choix faute de quoi ils pourraient légitimement penser que je raconte vraiment n'importe quoi!
Avant d'attaquer bille en tête, je vais redire que je suis extrêmement satisfait du très important travail de rénovation idéologique et programmatique que l'UMP a fait sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy. Désormais, ce parti apparait comme un parti de droite qui s'assume complètement. J'espère que ce travail de redéfinition de la ligne politique va se traduire par un recul durable de l'influence du Front National, si possible même par une marginalisation à 3 ou 4%. J'observe que, à Nogent sur Marne, la plus grande part du travail a été faite puisque le F.N. est descendu à 5,5% alors qu'on l'a connu à plus de 12% il n'y a pas si longtemps. Il faut poursuivre dans cette voix partout afin d'atteindre des résultats comparables partout ... Pour l'heure, le travail n'est pas, loin s'en faut, complètement terminé.
Comte tenu de la cohérence interne des propositions programmatiques de l'UMP, il faut s'interroger sur les forces qui soutiennent cette cohérence. Indiscutablement, la haute finance internationale est derrière et même avec Nicolas Sarkozy, sur une base d'adhésion plutôt que sur une base de "faute de mieux" qui était le cas de figure dans lequel on se trouvait avec Jacques Chirac. Le CAC 40 et la haute finance internationale ne sont pas ma tasse de thé et ne l'ont jamais été. Je ne fais pas partie de ce monde pour deux bonnes et simples raisons.
1. Mes origines sociales et mon histoire personnelle me font préférer les gens du peuple plutôt que les grands bourgeois.
2. Ma fortune personnelle et mes revenus ou ceux de mon épouse nous classent tout aussi clairement ni chez les pauvres ni chez les très riches. Il y a même bien plus d'écart entre un grand bourgeois et nous (mon épouse et moi-même) qu'entre nous et les érèmistes ou même les smicards. Nous vivons du produit de notre travail et non pas des revenus tirés de notre patrimoine.
La question est donc : Nicolas Sarkozy saura -t-il se libérer du boulet de la grande bourgeoisie? Je pense que non. Mais je me réjouirai le premier si je constatais m'être trompé.
Quand on est le Numéro 1 d'un Etat aussi puissant que la France, on est évidemment soumis à une pression externe énorme. C'est inévitable. Pour y résister lucidement, les chefs d'Etat disposent d'une administration qui, par sa force naturelle d'inertie, tempère les analyses et modère les décisions potentiellement excessives. Or Nicolas Sarkozy envisage clairement de secouer le cocotier de la Fonction Publique, ce dont je me réjouis, laquelle saura lui rendre la monnaie de sa pièce en laissant "filer la pelote". La question est donc : Nicolas Sarkozy aura-t-il les nerfs d'acier qui lui permettront, comme il l'a toujours dit, d'ouvrir la plupart des chantiers de réforme en même temps? Je pense que non. Il est dans une logique " Faites moi confiance. Vous allez voir ce que vous allez voir!". Ou bien encore " Vous verrez : dans cent jours, les choses auront déjà changé.".
J'ai toujours défendu, depuis que je me suis lancé dans cette grande aventure du blog politique, que les propositions audacieuses que je formule ne peuvent être mises en oeuvre que dans la durée. J'ai annoncé, plusieurs fois, que 2 mandatures sont nécessaires ... C'est un marathon ou, mieux encore, une course à étapes telle le Tour de France cycliste. Pas un sprint ... Pendant toute la durée du mandat, les dirigeants doivent rappeler l'objectif concret et expliquer que telle décision ponctuelle s'inscrit dans le programme de réalisation du projet afin d'atteindre l'objectif. Nicolas Sarkozy, trop impulsif, trop impatient, ne respectera pas cette logique de la course de fond. Et pourtant, il fait du cyclisme.
Qui se ressemblent s'assemblent ... Ce vieil adage est bien connu.
Précisément, à Nogent sur Marne, le principal soutien de Nicolas Sarkozy, c'est ... Jacques J.P. Martin, "maire" de la commune (j'ai expliqué pourquoi, désormais, c'est à dire depuis l'annulation des budgets 2004 et 2005, je mets des guillemets autour du label de maire quand je parle de Jacques J.P. Martin.). Jacques Martin est capable de rassembler le temps d'une campagne électorale ... de batir un programme pour gagner l'élection et de faire ce qu'il faut pour gagner cette élection. La suite est moins drôle ... pour les administrés.
Certes je fais grâce à Nicolas Sarkozy de ne pas le rabaisser au niveau de Jacques J.P. Martin. Les deux hommes, c'est évident, n'ont pas la même envergure, à l'avantage de Nicolas Sarkozy ... S'il est élu, Nicolas Sarkozy n'aura pas les mêmes responsabilités non plus ... Mais il aura la même manière de réagir car, ça, on le porte en soi, c'est un trait de caractère ... quasi indélébile.
J'ai, en à peine deux ans de mandat, constaté un trop grand nombre de fois de quels abus manifestes est capable Jacques Martin pour me dire que Nicolas Sarkozy porte en lui les mêmes caractéristiques ... qui produiront les mêmes effets.
Alors que le système de défense de Jacques J.P. Martin s'écroule, pour les raisons que j'ai déjà évoqué dans plusieurs de mes articles, pas une seule fois Nicolas Sarkozy n'a pris ses distances! Mieux (ou pire si on préfère!) : il a fait en sorte de lui accorder la Légion d'Honneur! Remise en mains propres par Brice Hortefeux ... La Légion d'Honneur à un "maire" qui :
1. a dilapidé l'argent public
2. a augmenté les impôts de presque 60%
3. n'a même pas eu le courage de reconnaitre ses fautes et a tenté de justifier ses décisions en mettant en cause la gestion précédente, celle de Estelle Debaecker,
4. vient de se faire annuler deux budgets par le Tribunal Adminsistratif, fait rarissime!
Ce sera donc Non à Nicolas Sarkozy pour la Présidence de la République tout comme ce sera Non à Jacques J.P. Martin pour la mairie de Nogent sur Marne.
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