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Présentation générale

Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

 

Comme vous, j'ai besoin d'air!

Comme vous, j'ai des choses à dire.


Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.


Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

 

Nicolas Sarkozy

Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 18:57
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Voici donc le texte de l'interview de Nicolas Sarkozy au Journal du Dimanche ... dans lequel il annonce son refus de gracier 3.000 détenus ... notamment. Mais aussi bien d'autres choses.

C'est clair, c'est net! Il n'y a aucune ambiguité ... Puissent tous les hommes politiques avoir la même franchise et la même liberté de ton!

Début de citation :

Pas de traditionnelle interview télévisée du Chef de l'Etat à l'occasion du 14 juillet cette année. La rupture, c'est aussi ça?

Depuis que j'ai été élu, je me suis souvent exprimé. Aujourd'hui encore je m'exprime dans votre journal. Le 12 juillet, je le ferais à Epinal à propos de l'avenir de nos institutions. Je veux entretenir un dialogue continu avec les Français, leur expliquer ce que je fais, leur rendre compte des décisions que je prends, leur parler chaque fois que j'ai quelque chose d'important à leur dire. La prise de parole obligée, convenue, à date fixe, le 14 juillet ou un autre jour, ce n'est pas ma conception du dialogue avec les Français. Je ne veux me démarquer de personne. Je veux juste fonder ma relation avec les Français sur la sincérité et sur le respect.

Fini le temps où la parole présidentielle était rare?

Ce n'est pas la rareté qui fait la force de la parole présidentielle mais ce qu'elle exprime.

Allez-vous renoncer au traditionnel droit de grâce présidentiel du 14 juillet?

Il n'y aura pas de grâce collective. J'avais dit, pendant la campagne présidentielle qu'il n'y aurait pas d'amnistie, j'ai tenu ma promesse. L'élection présidentielle ne donne pas le droit "d'effacer les ardoises". Quelle logique y aurait-il à ne pas amnistier les contraventions et à gracier les délinquants ? Ou faut-il admettre que la justification de la grâce présidentielle soit de vider les prisons qui sont surpeuplées. Le décret qui m'a été proposé visait à faire sortir 3.000 détenus de prison. Depuis quand le droit de grâce sert-il à gérer les prisons ? Que les juges d'application des peines appliquent les textes et, alors on respectera l'indépendance de la justice. La justice réclame à corps et à cris son indépendance, et la première chose qu'on me demande c'est de gracier 3.000 personnes. Eh bien non !

C'est une évolution de taille...

C'est ma conception de la République. Je ne ferai pas d'amnistie collective et je n'accorderai pas de grâce collective. En revanche, je reconnais l'utilité, pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles, d'une grâce individuelle prononcée de façon transparente. Un individu saute dans la Seine, sauve trois enfants en train de se noyer, il se trouve qu'il a un casier judiciaire. La grâce individuelle peut alors jouer. Mais la grâce collective pour réguler les prisons, je ne l'accepte pas.

Y aura-t-il des grâces individuelles cette année?

Comment le dire à l'avance ? Chaque cas est un cas de conscience. Ce que je rejette c'est la décision collective et automatique. J'ai voulu mettre en application cette doctrine. Je ne prétends pas que ce que je fais est bien, que c'est juste, que c'est la vérité. J'essaye de trouver une cohérence.

Vous êtes élu depuis deux mois, les choses se passent-elles comme vous les aviez imaginées?

Ce n'est pas à moi de faire un bilan et certainement pas au bout de deux mois ! J'essaye de faire ce que j'avais pensé devoir faire : l'ouverture, un style nouveau, une certaine rapidité de prise de décision, les grandes réformes engagées, oui tout cela je l'avais rêvé, j'en avais pris l'engagement. Je le mets en oeuvre. C'est lourd, c'est grave, c'est passionnant, c'est difficile, je n'en suis pas surpris.

Vous avez annoncé vouloir poursuivre l'ouverture...

Pour faire de grandes réformes, il faut une grande majorité. Président de la République, je dois me libérer de mes attaches partisanes, de mes liens amicaux. Il y a des talents dans toutes les familles politiques. Etre le Président de tous les Français, est pour moi une obsession. Quand je commence ma journée de travail je ne me dis pas: je veux être le Président des 21 millions de Français qui ont voté pour moi, même si je ne veux pas trahir mes engagements vis-à-vis d'eux, mais je pense aux 17 millions qui n'ont pas voté pour moi. L'ouverture, je la fais d'autant plus facilement que je n'en avais pas besoin arithmétiquement. Ce n'est pas de la petite politique. Avec Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Eric Besson ou Jean-Marie Bockel les choses se passent bien. Je n'ai qu'à me louer de cette équipe. Le ministre des Affaires Etrangères fait un parcours sans faute. Je l'ai vu notamment au sommet de Bruxelles. Je suis fier de l'image qu'il donne de la France. Ce n'est pas anecdotique de confier à Hubert Védrine une mission sur la place de la France dans la mondialisation. C'est réfléchi. Quand Martin Hirsch me parle de "bouclier sanitaire", je trouve que c'est une réflexion intéressante. Quand j'observe le parcours de Rachida Dati, je suis fier... Je veux donner l'image d'une France apaisée, réconciliée.

Rachida Dati, ce n'est pas l'ouverture...

C'est l'ouverture à la diversité. Pour moi c'est très important de dire à tous les jeunes des banlieues: regardez d'où vient Rachida, regardez où elle est. Il n'y a pas deux justices, il n'y en a qu'une seule. Regardez ce qu'incarne Rachida, ce que cela signifie pour tous. La "nouvelle vague", comme titre un hebdomadaire cette semaine, c'est ça. On disait que j'étais sectaire, que je copiais Le Pen, voilà la réponse: Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara...J'ajoute que la vraie parité, ce n'est pas le nombre des femmes, ce sont les responsabilités qu'elles occupent.

Prendre dans votre équipe des personnalités du parti socialiste, c'est aussi un calcul politique?

Je le répète, je ne dois pas être l'homme d'un seul parti. Je veux que Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France à la direction générale du FMI parce qu'il m'a paru être le plus apte à ce poste. J'ai déjà présenté sa candidature à Zapatero, à Prodi, à Gordon Brown, à Bush... Je sais que c'est un poste très convoité. Pour l'obtenir, il faut avoir une forte crédibilité, une expérience incontestable, être polyglotte, Dominique Strauss Kahn a ces qualités. Lui et moi avons la même vision du fonctionnement du FMI. Et je devrais priver la France de sa candidature parce qu'il est socialiste? Comment serais-je le Président de tous les Français si je raisonnais comme ça. Je n'ai pas demandé à Dominique Strauss Kahn de ne plus être socialiste. Le Président de la République doit rassembler.

L'ouverture se pratiquera-t-elle aussi pour la commission qui va travailler sur la réforme des institutions ?

Je veux changer les moeurs politiques dans notre pays. Il est de mon devoir de fixer la ligne, le cap. Mais ce travail ne se fera pas sur mes seules idées. J'ai demandé à Edouard Balladur, ancien Premier ministre de présider cette commission. J'ai également demandé à Jack Lang, agrégé de droit public, d'y participer. Au nom de quoi devrais-je me priver de sa réflexion ? Sous le seul prétexte que cela déplaît à M. Ayrault? J'ai aussi demandé à Pierre Mazeaud, ancien Président du Conseil Constitutionnel ainsi qu'à Jean-Louis Bourlanges, à Guy Carcassonne, à Olivier Schrameck d'y participer. Guy Carcassonne a été le conseiller de Michel Rocard, Olivier Schrameck a été le directeur de cabinet de M. Jospin, et alors?

Quand sera installée cette commission?

Dans les quinze jours. Je souhaite que la réforme constitutionnelle soit prête avant la fin de l'année, au plus tard début janvier.

On a beaucoup parlé cette semaine de vos rapports avec François Fillon...

Parlons plutôt des conséquences du passage du septennat au quinquennat. Passer de sept ans à cinq ans, c'est passer d'un président arbitre à un président engagé. Au premier tour, j'avais 31,50% des voix, au deuxième tour 53%. Les Français ne m'ont pas élu pour regarder passer les trains! Le Premier ministre est, pour moi, un interlocuteur indispensable, indissociable. Il met en oeuvre le projet présidentiel que nous avons conçu ensemble. C'est une tâche considérable. C'est lui qui rend les arbitrages entre les ministres, c'est lui qui travaille avec eux la plupart du temps. Il va bientôt rencontrer M. Zapatero comme il a été voir Mme Merkel. Il le fait avec mon plein accord et je suis très heureux de la dimension européenne qu'il pourra prendre. Le Premier ministre va participer à la politique étrangère de la France.

Il n'y a donc plus de "domaine réservé" au Président de la République?

Un "domaine réservé" ? La politique étrangère serait si importante que ni le Parlement ni le Premier ministre ne pourraient y être associés ? Moi je pense au contraire que c'est parce qu'elle est importante, que le Premier ministre doit s'en mêler et le Parlement s'y intéresser! François Fillon et moi, nous avons fait campagne ensemble, nous avons rédigé le projet présidentiel ensemble. J'ai été heureux du discours de politique générale qu'il a fait mardi à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas par définition, de rivalité entre nous. J'ai été élu pour conduire une action. Je la conduis avec le Premier ministre.

Demain lundi vous vous rendez à Bruxelles à l'Eurogroupe: une première là aussi.

Pourquoi pas? L'économie, la croissance, le plein-emploi sont des sujets si importants que les chefs de gouvernement et chefs d'Etat doivent s'en préoccuper directement. Je proposerai lundi qu'il y ait, à la rentrée, une réunion européenne des chefs d'Etat et de gouvernement pour parler de la politique économique. Lundi, j'assisterai à cette réunion de l'Eurogroupe avec Christine Lagarde. Je suis fier qu'elle soit la première femme Ministre de l'Economie. Lundi, j'expliquerai à nos partenaires ce que nous allons faire pour retrouver de la croissance. La France est de retour en Europe.

Cela ne va pas être facile de convaincre vos partenaires européens. La situation budgétaire française suscite des critiques...

Croyez-vous que ce que j'ai fait depuis deux mois a été facile ? Faire accepter à nos partenaires le traité simplifié, c'était facile ? Mais c'est pour faire des choses difficiles que j'ai été élu. On ne peut pas continuer à être les seuls à ne pas avoir une monnaie au service de la croissance et de l'emploi. Je suis pour l'indépendance de la banque centrale, je suis pour diminuer les déficits. Cela passe par la réduction des dépenses et par l'augmentation des recettes. Mais si vous réduisez les dépenses et les recettes en même temps expliquez-moi, comment vous vous en sortez ?

Berlin critique les choix économiques de la France...

L'Allemagne est-elle aussi critique que vous le dîtes ? En tout cas, Mme Merkel était très satisfaite qu'on ait si bien travaillé ensemble sur le traité simplifié. Et elle viendra le 16 juillet en France à Toulouse, pour réfléchir à l'avenir d'EADS. Il faut faire bouger les choses sur EADS, donner une gouvernance efficace à cette entreprise. Pour faire bouger les choses, il faut faire de la politique. Pour moi, la politique est dans tout. C'est le refus de la fatalité. Il y a toujours des marges de manoeuvre.

Vous revenez du G8. Quels sont les chefs d'Etat dont vous vous sentez le plus proche?

Il y a déjà quelqu'un que je vais regretter: c'est Tony Blair. Je l'aime beaucoup. Il a un charisme, une joie de vivre... J'apprécie aussi beaucoup M. Zapatero. Avec Angela Merkel, on forme un bon tandem...

La fusion Suez/ GDF revient à l'ordre du jour. Quel est le scénario le plus probable ?

On y travaille. Je réfléchis énormément parce que l'emploi de dizaines de milliers d'hommes et de femmes est en jeu. Ces questions ne sont pas pour moi du meccano. Au meccano, je préfère la stratégie et le respect des gens. J'ai besoin d'avoir encore quelques éléments pour bien appréhender la situation.

L'idée de la fusion n'est donc pas acquise ?

J'approfondis avec François Fillon tous les aspects de ce dossier, nous nous efforçons de trouver la meilleure solution possible...

Qui pourrait être présentée quand ?

Rapidement.

Est-ce pour cela que vous allez en Algérie la semaine prochaine ?

L'idée qu'un producteur de gaz est utile pour Gaz de France est intéressante. Mais on peut s'adosser à un producteur de gaz et en même temps faire la fusion. Ce n'est pas l'un ou l'autre. D'autre part, parmi les producteurs de gaz, il n'y a pas que Sonatrach, même si Sonatrach est important.

Que pensez-vous de la grève des journalistes aux Echos et à La Tribune ?

Ce qui me semble extraordinaire c'est que les journalistes de La Tribune fassent grève pour que leur journal ne soit pas vendu par Bernard Arnault et que ceux des Echos fassent grèvent le même jour pour que leur journal ne soit pas acheté par Bernard Arnault. Comment la presse peut-elle se sortir d'une telle contradiction ? Les journaux se font avec des actionnaires. Mais vous ne me démentirez pas si je vous dis que le vrai problème de la presse pour moi c'est le problème de la distribution. Il faut favoriser la diffusion des journaux par une politique d'allégements de charges ambitieuse et par la multiplication des points de vente.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a été perquisitionné à deux reprises chez lui dans le cadre de l'
affaire Clearstream. Une réaction ?

Un président de la République en exercice ne commente pas une instruction en cours. Je préside le Conseil Supérieur de la Magistrature, je suis garant de la séparation des pouvoirs, garant de l'indépendance de la justice. De plus, comment commenterai-je une affaire dans laquelle par ailleurs, je suis, à titre personnel, partie civile ?

Vous allez faire une étape sur le Tour de France ?

Absolument. Je suis persuadé que le Tour de France fait partie des petits bonheurs des Français. Qu'un mois de juillet sans Tour de France, ce ne serait pas un mois de juillet. J'y vais d'autant plus que Christian Prudhomme, le nouveau patron du Tour, mène une action remarquable contre le dopage. Ce n'est pas au moment où les dirigeants du Tour s'efforcent d'assainir ce sport qu'on doit les laisser tomber!

Quel est votre favori ?

Je n'ai pas un favori, j'ai une espérance : Christophe Moreau. Depuis qu'il a eu le maillot jaune, il a passé une période très difficile. Mais je ne fais pas la fine bouche sur son titre de champion de France parce qu'il a 36 ans.

Le Tour de France part de Londres. Comment se passe la collaboration avec les Anglais en ce qui concerne le terrorisme ?

La menace est générale et élevée. J'ai demandé à Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de réfléchir à un vaste plan d'installation de caméras dans nos réseaux de transports en commun. Il y a 25 millions de caméras au Royaume Uni, un million en France. Je suis très impressionné par l'efficacité de la police britannique grâce à ce réseau de caméras et il n'y a, à mon sens, aucune contradiction entre le respect des libertés individuelles et l'installation de caméras pour protéger la sécurité de chacun dans les transports en commun.

Quand ce plan pourrait-il être proposé ?

A la rentrée.

Le choix de Bernard Laporte comme secrétaire d'Etat aux Sports, vous l'assumez totalement ?

Totalement. Bernard Laporte est un homme intelligent, réfléchi. Et puis à travers lui, je fais un clin d'oeil au Sud-Ouest, au monde du rugby bien sûr. J'apprécie énormément que le public du rugby soit calme, refuse la violence. Vous pouvez avoir 85 000 personnes au Stade de France, il n'y a pas de bagarre...

Faut-il un statut pour l'épouse du Chef de l'Etat ?

J'aime bien l'idée que ce statut se construise en fonction des personnalités de chacune, tranquillement, librement. Sans pression ni cadre prédéterminé.

Fin de citation.

Chacun est à même de le voir. Le ton est direct, presque tranchant. Le Président n'élude aucune question ... Les réponses sont limpides ... compréhensibles par tous, du plus intellectuel au plus humble. C'est bien.

A mon très humble avis, ça va poser quelques problèmes aux conservateurs bon teint et, plus généralement, à tous ceux qui veulent que rien ne change ... Dommage pour eux! 

Samedi 2 juin 2007 6 02 /06 /Juin /2007 11:21
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a adressé une lettre à Germaine Tillon, veuve de Charles Tillon, ancien responsable du Parti Communiste Français, devenu dissident, dont voici la teneur.

Début de citation :

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Paris, le 30 mai 2007


Madame, Chère Germaine Tillion,


Je tenais à vous transmettre, en ce jour important, l'affection de la Nation toute entière. Sa reconnaissance aussi. J'y tenais, et les Français avec moi, pour toute sorte de raisons, d'engagements, de passions et de souffrances, qui font que vous incarnez véritablement ce que l'on peut appeler le " siècle Tillion ".

J'y tenais d'abord parce que vous êtes, on peut le dire sans exagérer, l'une des premières résistantes de France. Dès les premiers jours du terrible été 1940, vous créez avec Boris Vildé, Anatole Lewitzky, Simone Martin-Chauffier, les colonels de La Rochère et Hauet, le fameux " Réseau du Musée de l'Homme " qui est considéré comme la première grande organisation de résistance en France.

J'y tenais car vous êtes, Madame, cette pionnière qui, rentrée à Paris avec votre mère, ira frapper à toutes les portes de cette ville vide, sous le soleil de plomb de l'été 40. Sans relâche, à pieds, à vélo. Tel qu'Emmanuel d'Astier de la Vigerie décrivait ses premiers pas dans l'armée des ombres : " Trois mois s'étaient passés, à tâtons, dans une lumière si crue qu'elle vous cachait les buts mieux qu'un brouillard, trois mois de contacts avec des 2ème ou 5ème bureau··· ; contacts avec des banquiers···, avec un gradé, un évêque ou encore un ministre···, avec des officiers supérieurs qui " voulaient bien " à condition que Pétain fût dans le coup··· avec des désoeuvrés, aventuriers, avocats sans cause, cinéastes sans cinéma··· ".

Chère Germaine Tillion, vous mîtes moins longtemps que d'autres à trouver le contact. Et alors que l'on n'employait pas encore ce mot, " Résistance " sera le nom de votre journal sorti clandestinement le 15 décembre 1940. C'est là, dans l'éditorial de cette feuille, qu'on peut lire la définition d'un combat qui ne pouvait que naître. " Résister, c'est déjà garder son cœur et son cerveau ". Le Réseau du musée de l'Homme comptera jusqu'à 600 membres. " Une armée dans Paris " disait Vildé, son patron.

Malheureusement, le Réseau du musée de l'Homme sera décapité très tôt. Entre février et mars 1941, ses animateurs tombent dans les griffes de la S.S.. Un traître avait infiltré le mouvement. Vildé et les autres périront ; le Mont-Valérien s'en souvient. Vous serez arrêtée, vous-même, le 13 août 1942 par la police allemande, à la suite d'une trahison - une de plus -, devant la gare de la Bastille.

Je tenais à cet hommage, Madame, parce qu'après le " musée de l'Homme ", il y aura Fresnes durant quatorze mois, puis la déportation avec cinq " motifs " de condamnation à mort. Ravensbrück, la rencontre avec le Mal absolu··· Ravensbrück où vous prendrez une part active au sein d'une organisation clandestine de femmes allemandes, françaises et tchèques ; où vous verrez mourir votre mère et nombre de vos camarades ; Ravensbrück dont vous reviendrez avec votre amie intime, votre camarade de déportation, Geneviève Anthonioz-de Gaulle.

Mais le " siècle Tillion " ne s'arrête pas là. En 1954, vous retournez en Algérie, cette Algérie que vous avez tant sillonnée, en ethnologue, de 1934 à juin 1940, observant, notant, migrant de tribu en tribu, dormant dans les grottes des Aurès.

C'est là, c'est en tant que chargée de mission par le gouvernement de Pierre Mendès-France, puis comme Haut-fonctionnaire du gouverneur Soustelle que vous y revenez. Vous menez là une œuvre admirable en créant, malgré les réticences parisiennes et locales, les Centres sociaux - dont la mission est d'améliorer le sort de la population musulmane par une action sanitaire et éducative - qui joueront un grand rôle de fraternité et d'Intégration. Puisque l'Intégration de l'Algérie à la France était alors la politique. C'est là aussi, avec Camus, votre ami Camus que vous allez voir hélas surgir la terreur en terre algérienne. Et que comme Camus, tout en refusant la pauvreté, la torture, les terrorismes, vous vous tiendrez à l'écart des folies meurtrières de ce temps.


L'ethnologie, le féminisme évidemment, la Résistance, la déportation, les combats sociaux, la guerre d'Algérie, mais aussi tant de livres, tant de travaux de recherches··· Il ne m'est pas possible d'évoquer ici toutes les facettes d'une belle et grande existence.


Sachez, Chère Germaine Tillion, qu'à travers vous, c'est devant une certaine idée de la France que je m'incline aujourd'hui.

Bien affectueusement à vous.



Nicolas SARKOZY

Fin de citation.

Nul doute que l'auteur va encore être taxé d'une volonté de récupération voire de débauchage (peut-être pas jusque là tout de même!).

Il reste néanmoins acquis devant l'Histoire que Germaine Tillon mérite amplement l'hommage qui lui est rendu. Je plains très sincèrement tous ceux qui trouveraient à y redire ... 


Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 22:29
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Ainsi, Michel Didier, que je connais personnellement, Président du cabinet d'études économiques Rexécode, lequel n'a jamais caché sa proximité idéologique avec le Medef (ce qui n'a strictement aucun caractère scandaleux ...), se trouve, bien malgré lui sans doute, au centre d'une grosse manipulation de la part de Nicolas Sarkozy.

Michel Didier est membre du Conseil d'Analyse Economique, lequel a été créé par Lionel Jospin afin d'éclairer par ses analyses les réflexions du Gouvernement de la République avant que ce dernier ne décide et ne fasse ses choix politiques. Très bien! Excellente initiative de Jospin!

Bien entendu, ce dernier, en dirigeant politique lucide, y nomme des économistes de diverses écoles de pensée ... On y trouve ainsi des keynésiens, des monétaristes, des économistes de droite et des économiste de gauche ... Même un pauvre type comme moi est capable de comprendre ça!

Nicolas Sarkozy n'en a cure ... Puisque Michel Didier, Président de Rexécode, a été nommé par Jospin, c'est donc que la parole de Michel Didier doit être prise pour parole d'évangile ... surtout quand ce dernier, logique avec lui-même défend un point de vue proche de celui de ... Nicolas Sarkozy!

Lamentable ... !

Comment faut-il qualifier les promesses de Nicolas Sarkozy en matière d'heures supplémentaires? Je crois bien que démagogie n'et pas un mot assez fort ...

Jugez vous même :

1. Majoration de 25% pour la première tranche d'heures supplémentaires.
2. 50% de majoration pour la deuxième tranche.
3. Franchise d'impôts sur le revenu totale pour le salarié
4. Franchise de charges sociales totale pour le patron ...

Autrement dit, non seulement le beurre en contrepartie de l'argent du beurre (c'est à dire paiement du salaire sur la même base que les heures soient "ordinaires" ou "supplémentaires", mais encore, la crème qui a servi à faire le beurre (c'est la majoration de 25%) et aussi le lait dont on a extrait la crème (c'est la majoration de 50%) et encore la vache qui a donné le lait (c'est la franchise d'impôt pour les salariés) et enfin la ferme qui a nourri la vache (c'est la franchise de charges pour le patron).

Et puis quoi encore?

La fermière? La chatte de la fermière?

 

Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /Mai /2007 09:26
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Chose promise chose dûe ... C'est autour de Sarko, après Ségo, avant François Bayrou, lequel donnera le mot de la fin avant le vote.

Je me contenterai de reproduire de larges extraits car il m'a été reproché, avec raison, d'être trop long. Vous trouverez, principalement, la longue remise en cause de Mai 68 puisque c'est cette partie du discours de Nicolas Sarkozy qui soulève le plus de polémique.

Début de citation :

... Ce fut la communion, ce fut la gravité presque religieuse, ce fut l’espérance, ce fut non les applaudissements mais cette sorte de prière silencieuse que cent mille personnes m’adressèrent. Ce qui sortit de cette réunion ce ne fut pas pour la campagne à venir qu’un supplément de force, de détermination et d’ardeur.Ce fut un supplément d’âme.

Il me fallait aller à leur rencontre, les comprendre et donc partager leurs joies, leurs peines, leurs angoisses, leurs attentes parce qu’il est impossible de comprendre quelqu’un quand on n’est pas capable de ressentir ce qu’il éprouve au plus profond de lui.

Il me fallait me donner tout entier, aimer sans réserve, abolir toutes les barrières et toutes les distances, et par conséquent accepter de devenir plus vulnérable, prendre le risque de souffrir.

Je suis allé à la rencontre du peuple, de ce peuple au nom duquel tout le monde prétend parler, auquel personne ne parle vraiment, et pour lequel personne ne veut jamais rien faire, comme si l’objectif était toujours de le tenir à l’écart, à la lisière du pouvoir, de la décision. Ce peuple c’est vous, c’est nous tous, ce peuple, je l’ai rencontré dans les villes, dans les villages, dans les campagnes. Je l’ai rencontré dans les ateliers, dans les bureaux, dans les écoles. Mais aussi dans les hôpitaux, dans les centres de rééducation, dans les maisons de retraite, partout où il y a des gens qui vivent, qui vivent par leur travail, qui vivent par leur souffrance, qui vivent par leurs rêves, par leurs ambitions. Tous ces sans grade, tous ces anonymes, tous ces gens ordinaires auxquels on ne fait pas attention, que l’on ne veut pas écouter, que l’on ne veut pas entendre. C’est pour eux que je veux parler. Je veux être leur porte-parole. Je veux être celui qui leur redonnera la parole et qui leur redonnera le pouvoir. Je veux être leur candidat. Je veux être le candidat du peuple et non celui des médias, celui des appareils, celui de tel ou tel intérêt particulier.

Je veux être le candidat du peuple parce que pendant des mois j’ai vu ce que le peuple vivait, ce qu’il ressentait, ce qu’il souffrait. J’ai vu les ravages du discours sur l’impuissance publique. J’ai compris ce qu’il pouvait y avoir de désespérant pour ceux qui n’ont pas d’autre recours, d’autre espoir que dans la politique d’entendre les responsables politiques leur dire : « Je n’y peux rien ! ». J’ai mesuré l’attente vis-à-vis de la politique de la part de ceux qui se sentent prisonniers d’une multitude de contraintes dont ils n’arrivent pas à desserrer le carcan. J’ai pris conscience du besoin que la politique représentait pour redonner une espérance à ceux qui l’ont perdue, pour qu’ils aient le sentiment de pouvoir redevenir les acteurs de pleur propre histoire. J’ai pris conscience de la nécessité pour la politique de redevenir l’expression d’une volonté aux yeux de ceux qui ne se sentent plus eux-mêmes la force de vouloir.  J’ai voulu remettre la volonté politique et la France au cœur du débat politique. Au cours de cette campagne, à travers tous les discours et tous les sujets, je n’ai finalement parlé que d’elles, et les Français que j’ai rencontrés ne m’ont aussi parlé que d’elles.La volonté politique et la nation c’est toujours pour le meilleur et pour le pire.Le peuple qui se mobilise, qui devient une force collective, c’est une puissance redoutable qui peut aussi bien agir pour le meilleur que pour le pire.Faisons en sorte que ce soit pour le meilleur.Nous conjurerons le pire en respectant les Français, en tenant nos engagements, en respectant la parole donnée. Nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique.


Le mot « morale » ne me fait pas peur. La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler. C’était un mot qui avait disparu du vocabulaire politique. Pour la première fois depuis des décennies, la morale a été au cœur d’une campagne présidentielle. Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vraie t le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître, qu’il ne fallait pas mettre de note pour ne pas traumatiser les mauvais élèves, qu’il ne fallait pas de classement. Ils avaient cherché à faire croire que la victime comptait moins que le délinquant. Ils avaient cherché à faire croire qu’il ne pouvait exister aucune hiérarchie de valeurs. Ils avaient proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, que la politesse c’était fini, que le respect c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit. Souvenez-vous du slogan de mai 68 sur les murs de la Sorbonne : « Vivre sans contrainte et jouir sans entrave. »

Voyez comment l’héritage de mai 68 a liquidé l’école de Jules Ferry qui était une école de l’excellence, une école du mérite, une école du respect, une école du civisme, une école qui voulait aider les enfants à devenir des adultes et non à rester de grands enfants, une école qui voulait instruire et non infantiliser, parce qu’elle avait été construite par de grands républicains qui avaient la conviction que l’ignorant n’est pas libre. Voyez comment l’héritage de mai 68 a liquidé une école qui transmettait une culture commune et une morale partagée grâce auxquelles tous les Français pouvaient se parler, se comprendre, vivre ensemble.

Voyez comment l’héritage de mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portés par les valeurs de mai 68. Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques, de toutes les valeurs morales a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, comment elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des patrons voyous, comment elle a préparé le triomphe du prédateur sur l’entrepreneur, du spéculateur sur le travailleur.

Voyez comment les héritiers de mai 68 ont abaissé le niveau moral de la politique. Voyez tous ces politiciens qui se réclament de l’héritage de mai 68, qui donnent aux autres des leçons qu’ils ne s’appliquent jamais à eux-mêmes, qui veulent imposer aux autres de comportements, des règles, des sacrifices qu’ils ne s’imposent jamais à eux-mêmes. Voyez-les, écoutez-les proclamer : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ! » Voyez-la, écoutez-la cette gauche héritière de mai 68 qui est dans la politique, dans les médias, dans l’administration, dans l’économie, cette gauche qui a pris goût au pouvoir, aux privilèges, cette gauche qui n’aime pas la nation parce qu’elle ne veut plus rien partager, cette gauche qui n’aime pas la République parce qu’elle n’aime pas l’égalité, cette gauche qui prétend défendre les services publics mais qui ne prend jamais les transports en commun, cette gauche qui aime tellement l’école publique qu’elle n’y met pas ses enfants, cette gauche qui adore la banlieue mais qui se garde bien d’aller y habiter, cette gauche qui trouve toujours des excuses aux voyous à condition qu’ils restent dans des quartiers où elle ne va jamais, cette gauche qui fait des grands discours sur l’intérêt général mais qui s’enferme dans le clientélisme et dans le corporatisme, cette gauche qui signe des pétitions quand on expulse des squatters mais qui n’accepterait pas que l’on s’installe chez elle, cette gauche qui passe son temps à faire la morale aux autres sans être capable de se l’appliquer à elle-même, cette gauche qui entre Jules Ferry et mai 68 a choisi mai 68, cette gauche condamne la France à un immobilisme dont les travailleurs, dont les plus modestes, les plus pauvres, ceux qui souffrent déjà seraient les principales victimes.

Voyez-la, écoutez-la cette gauche qui depuis mai 68 a renoncé au mérite et à l’effort. Voyez-la, écoutez-la cette gauche qui depuis mai 68 a cessé de parler aux travailleurs, de se sentir concernée par le sort des travailleurs, d’aimer les travailleurs parce qu’elle rejette la valeur travail, parce que la valeur travail ne fait plus partie de ses valeurs, parce que son idéologie à elle ce n’est pas l’idéologie de Jaurès, ce n’est pas l’idéologie de Blum qui respectaient le travail, qui aimaient les travailleurs, son idéologie à elle c’est l’idéologie du partage du travail, des 35 heures, de l’assistanat. La crise du travail est d’abord une crise morale dans laquelle l’héritage de mai 68 porte une lourde responsabilité. Je veux réhabiliter le travail. Je veux redonner au travailleur la première place dans la société.

Regardez comment l’héritage de mai 68 affaiblit l’autorité de l’Etat ! Regardez comment les héritiers de ceux qui en mai 68 criaient : « CRS = SS » prennent systématiquement le parti des voyous, des casseur et des fraudeurs contre la police. Regardez comment ils ont réagi après les incidents de la gare du Nord. Au lieu de condamner les casseurs et d’apporter leur soutien aux forces de l’ordre qui font un travail difficile, ils n’ont rien trouvé de mieux à dire que cette phrase qui mérite de rester dans les annales de la République. Je cite : « Il est inquiétant de constater qu’un fossé se creuse entre la police et la jeunesse ». Comme si les casseurs de la gare du Nord représentaient toute la jeunesse française. Comme si c’était la police qui était en tort et pas les casseurs. Comme si les voyous avaient tout cassé et avaient pillé les magasins pour exprimer une révolte contre une injustice. Comme si la jeunesse excusait tout. Comme si la société était toujours coupable et le délinquant toujours innocent.
Ecoutez-les, les héritiers de mai 68 qui cultivent la repentance, qui font l’apologie du communautarisme, qui dénigrent l’identité nationale, qui attisent la haine de la famille, de la société, de l’Etat, de la nation, de la République.

Dans cette élection il s’agit de savoir si l’héritage de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. Je veux tourner la page de mai 68. Mais il ne faut pas faire semblant. Il ne faut pas se contenter de mettre des drapeaux aux fenêtres le 14 juillet et de chanter la Marseillaise à la place de l’Internationale dans les réunions du Parti Socialiste. Il ne faut pas dire que l’on veut l’ordre et prendre systématiquement parti contre la police. Il ne faut pas crier à l’Etat policier et à la provocation à chaque fois que la police chercher à faire respecter la loi.  Il ne faut pas dire que l’on est pour la valeur travail et généraliser les 35 heures, continuer à surtaxer le travail ou encourager l’assistanat. Il ne faut pas dire que l’on veut faire obstacle aux délocalisations et refuser toute expérimentation de la TVA sociale, qui permet de faire financer la protection sociale par les importations. Il ne faut pas se contenter d’afficher de grands principes en se gardant bien de les inscrire dans la réalité. Je propose aux Français de rompre réellement avec l’esprit, avec les comportements, avec les idées de mai 68. Je propose aux Français de rompre réellement avec le cynisme de mai 68. Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l’autorité, avec le travail, avec la nation. Je leur propose de reconstruire un Etat qui fasse réellement son métier et qui par conséquent domine les féodalités, les corporatismes et les intérêts particuliers. Je leur propose de refaire une République une et indivisible contre tous les communautarismes et tous les séparatismes. Je leur propose de rebâtir une nation qui soit de nouveau fière d’elle-même.

En faisant valoir systématiquement les droits au détriment des devoirs, les héritiers de mai 68 ont affaibli l’idée de citoyenneté. En dénigrant la loi, l’Etat et la nation, les héritiers de mai 68 ont favorisé la montée de l’individualisme. Ils ont incité chacun à ne compter que sur lui-même et à ne pas se sentir concerné par les problèmes des autres. Je crois à la liberté individuelle mais je veux compenser l’individualisme par le civisme, par une citoyenneté faite de droits mais aussi de devoirs.

Je veux des droits nouveaux, des droits réels et non des droits virtuels. Je veux le droit opposable à l’hébergement et au logement, le droit opposable à la garde d’enfants, le droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés, le droit opposable à la prise en charge de la dépendance pour les personnes âgées.
Je veux le droit à une allocation formation pour les jeunes de plus de 18 ans. Je veux le droit à la formation tout au long de la vie. Je veux le droit à la caution publique pour ceux qui n’ont pas de parents qui peuvent se porter garants, pour ceux qui n’ont pas de relations, pour les malades auxquels on ne veut pas prêter parce qu’on considère qu’ils représentent un risque trop élevé.
Je veux le droit à un contrat de transition professionnelle pour celui qui est au chômage.

Mais je veux que ces droits soient équilibrés par des devoirs.

L’idéologie de mai 68 sera morte le jour où dans la société on osera rappeler chacun à ses devoirs. L’idéologie de mai 68 sera morte le jour où dans la politique française on osera proclamer que dans la République les devoirs sont la contrepartie des droits. Ce jour-là sera enfin accomplie la grande réforme intellectuelle et morale dont la France a une nouvelle fois besoin. Alors nous pourrons reconstruire sur des bases renouvelées la République fraternelle qui est le rêve toujours inachevé, toujours inaccompli de la France depuis le premier jour où elle a pris conscience de son existence en tant que nation. Car la France n’est pas une race, car la France n’est pas une ethnie, car la France n’est pas qu’un territoire, car la France est un idéal inlassablement poursuivi par un grand peuple qui croit depuis son premier jour à la force des idées, à leur capacité à transformer le monde et à faire le bonheur de l’humanité.

Je veux m’adresser aux électeurs du Centre, dont les valeurs sont si proches de s miennes. Je veux leur dire que leur sensibilité a toute sa place dans la majorité présidentielle que je veux construire et autour de laquelle je veux rassembler les Français. Je veux leur dire que j’ai besoin d’eux, de ce qu’ils représentent, de ce à quoi ils croient.

Je veux m’adresser aussi à tous ceux qui après le premier tour ne se sentent pas représentés, ont l’impression d’être exclus, d’être condamnés à ne pas avoir leur mot à dire dans la République. A tous ceux-là je veux dire que je les comprends et que je les respecte. Je veux leur dire que la proportionnelle n’est pas un bon système parce qu’elle donne le pouvoir aux partis, parce qu’elle rend difficile la constitution de majorités stables. Nous avons déjà connu dans notre histoire les conséquences dramatiques de l’instabilité gouvernementale. Nous ne pouvons pas y revenir. Mais nous devons réfléchir tous ensemble au moyen de permettre une représentation plus large des opinions et des sensibilités. Je m’engage, si je suis élu, à réunir toutes les forces politiques et à discuter avec elles de la possibilité d’introduire un peu de proportionnelle au Sénat ou à l’Assemblée Nationale sans créer le risque d’une instabilité qui serait désastreuse.

Je n’ai pas été épargné par les attaques personnelles. On a mis en cause ma probité. Mon intégrité. Mon honneur. Ma sincérité. Mon caractère. On a insinué que j’étais dangereux pour les libertés. On m’a soupçonné de vouloir mettre en place un Etat policier. On m’a accusé d’avoir exercé des pressions. On n’a jamais produit la moindre preuve ni le moindre indice, ni quoi que ce soit qui puisse étayer les accusations portées contre moi. Je n’ai pas répondu aux attaques. Sauf pour dire, quand ces attaques sont devenues insupportables, que ceux qui les portaient n’avaient pas fait la preuve de tellement de vertus qu’ils puissent se permettre un tel mépris à mon égard. Je ne les ai pas rejoints dans la boue où ils auraient voulu m’entraîner.

Ils n’ont pas changé. Ce sont les mêmes que ceux qui en 1958 défilaient contre le Général de Gaulle en hurlant que le fascisme ne passerait pas.
En 1965, comme aujourd’hui, ils avaient fait au second tour une « coalition des républicains » contre celui qui n’avait jamais mis la République en danger et qui au contraire l’avait sauvée deux fois. ...

Fin de citation.

Logiquement, tout électeur du Front National qui prend connaissance de ce discours ne peut que voter pour Sarkozy si sa motivation fondamentale était bien le retour à l'ordre. Ce doit être le cas de tous les électeurs frontistes financièrement "aisés". Puissent-ils restés définitivement électeurs de l'UMP! Si tel est le cas, je ne manquerai pas de remercier Nicolas Sarkozy d'avoir libéré la République de cet insupportable chancre, de cette plaie d'Egypte ...
Les élections législatives à venir nous éclaireront à ce sujet. Un peu de patience.

J'étais étudiant en Mai 68 ... Je me sens donc directement concerné par la charge de hussard que Nicolas Sarkozy lance contre les "soixante huitards". Mais je n'étais pas sur les barricades! Nuance ... De ma vie, je n'ai jamais lancé un pavé, ni même quoique ce soit d'ailleurs, même pas un "gros mot", contre les "flics" dont je salue l'exceptionnelle maitrise d'eux-mêmes dont ils font preuve lorsqu'ils restent impassibles parce qu'ils en ont reçu l'ordre .
Je n'étais pas, non plus, sur les Champs Elysées. Je pourrais trouver une excuse facile : j'étais rennais mais ce ne serait pas très loyal de ma part. Si j'avais été parisien, je n'y serais pas allé ...
Je me contentais de manifester dans le calme, du côté des ouvriers qui demandaient des augmentations de salaire, bien évidemment parce que j'étais moi-même un enfant de famille très modeste, boursier de l'Etat (bourse sans laquelle toute idée de poursuivre des études universitaires était tout simplement inenvisageable). ... Sans être pour autant à l'écart des réflexions dans les "amphis", dans les "A.G." ... C'est ainsi. J'assume complètement mon passé. Je ne regrette rien.

J'ai besoin de réfléchir sur le contenu de cette charge anti-soixante-huitarde ... Pour l'instant, je comprends que Nicolas Sarkozy a parfaitement compris que la plupart des soixante-huitards sont, aujourd'hui, bien rangés et profitent très bien du "système" qu'ils dénonçaient pourtant avec une férocité verbale et "rocheuse". De fait, je ne suis pas personnellement malheureux. Je vis bien.
Pour autant, je sais que la génération d'après, celle qui a 35 ans aujourd'hui, ne vis pas de la même manière que moi. Elle est, en moyenne, beaucoup moins bien lotie ... J'en sais quelquechose dans l'exercice de mon métier d'agent de l'Anpe...
Et que dire de la génération d'après! Celle qui a aujourd'hui 20 ans ... qui ne connait que chômage, précarité, CDD à répétition ...

Il est évident que ce sont ces deux générations que Nicolas Sarkozy cherche à capter. C'est de bonne guerre dans une compétition électorale ...
Au lieu de défendre maladroitement les "acquis" de "soixante-huit", Ségolène Royal et ses amis seraient mieux inspirés de défendre ces deux générations, coeur de cible de l'attaque frontale lancée par Nicolas Sarkozy contre les "soixante-huitards". 
 

Dimanche 29 avril 2007 7 29 /04 /Avr /2007 15:01
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Je suis rien moins que sidéré par la prise de position de Nicolas Sarkozy vis à vis du débat entre Royal et Bayrou.

J'ai déjà dit que je ne comprenais pas la position de Nicolas Sarkozy refusant de débattre avec François Bayrou. Passe encore que Sarko considère inutile un tel débat ... A mon avis il commet une lourde erreur tactique. C'est son choix et c'est son problème ...

Voilà, par contre, ce que l'on peut lire dans Le Figaro sur le sujet :

Début de citation :

Dans un entretien au Journal du dimanche, le candidat UMP juge cette rencontre « contraire à l'esprit de nos institutions ».

 
Nicolas Sarkozy contre-attaque. Après avoir comparé samedi matin depuis Valenciennes le débat Bayrou/Royal à de « petites combines », le candidat UMP l’estime aussi  "contraire à l'esprit de nos institutions", y voyant  "le summum de ce que la IVe république avait de plus caricatural".
 
« Le premier tour existe pour sélectionner deux candidats et pour que deux projets se présentent aux Français », réaffirme Nicolas Sarkozy dans un entretien au Journal du dimanche. Pour lui, « les Français ont voté sans équivoque le 22 avril. Ils ne doivent pas se laisser voler leur choix ». S'agissant des accusations à son encontre pour avoir « fait pression » sur certains médias afin d'empêcher ce débat, il répond: « Mais de quoi on ne m'accuse pas dans cette campagne ! Le mensonge, l'insulte, la diffamation ne devraient pas être des éléments du débat démocratique ».
 
« Le fait qu’elle soit une femme ne changera rien »
 
« Je plains ceux qui se sont prêtés à ces bassesses (...) C'est une vision salissante de la vie politique », souligne encore l'ancien ministre de l'Intérieur. S'agissant d'un éventuel débat avec le président de l'UDF, Sarkozy se veut clair : « Redescendons sur terre ! François Bayrou n'a pas été qualifié pour le second tour ».
 
Sur l'attitude de sa rivale PS, il indique ne pas la comprendre. « Samedi dernier, veille du premier tour, Ségolène Royal juge Bayrou pire que Sarkozy. Le dimanche, elle rappelle que sa majorité est avec l'extrême gauche. Le lundi, elle est main dans la main avec le centre. Il va falloir arrêter le curseur », ironise-t-il.
 
Interrogé, enfin, sur le face à face avec Ségolène Royal le 2 mai, il déclare qu’elle « est un adversaire que je respecte, même si je trouve qu'elle ne se grandit pas, quand elle prononce à mon sujet des mots comme "ignoble" ou "brutal" ». « Le 2 mai, je serai moi-même. La politique ce n'est pas la guerre. La démocratie c'est la tolérance, et s'il le faut, j'en aurai pour deux ! Et le fait qu'elle soit une femme ne changera rien », dit-il.
 
Fin de citation. 
J'ai surligné en gras ce qui me conduit à me demander si Nico n'a pas tout simplement "pété un cable"!
L'équation du problème est on ne peut plus simple :
1. Des candidats, très largement distancés par les TROIS premiers, ont très vite décidé de se retirer d'eux même du débat. Qu'a t-on a dire quand on fait 1,5% des voix? Tout simplement rien! J'en sais personnellement quelque chose : en 1997, j'étais candidat aux élections législativesavec l'étiquette "Mouvement Réformateur" animé alors par Jean-Pierre Soisson. Je me revendiquais "Majorité Présidentielle" ... C'est à dire côté Chirac (contre Jospin). J'ai fait 0,93 % des voix ... J'ai fermé ma gueule! Je me suis contenté de faire parvenir une déclaration au candidat de la droite républicaine appelant à voter pour lui au second tour. A charge pour lui d'en faire l'usage qui lui semblerait le meilleur.
2. Un candidat a obtenu 18,5% des voix. Il est la clé de l'élection du deuxième tour. C'est EVIDENT. Les électeurs qui se sont portés sur son nom ne l'ont pas fait sur les mêmes bases que ceux qui se sont portés sur Raymond Barre en 1988 ...
3. Quoi de plus naturel que ce candidat veuille débattre avec l'un et l'autre des deux candidats restés en lice afin de pouvoir aider ses électeurs à faire le choix qui leur parait le plus approprié? C'est l'eessence même de la démocratie!
4. Non seulement un des candidats, Nicolas Sarkozy, n'entend pas donner suite à cette proposition mais encore il en vient à assimiler la démarche elle-même "au summum de ce que la Quatrième République avait de plus caricatural" ... J'en reste sur le ... cul!
 
Certes Nicolas Sarkozy n'avait-il que 4 ans lorsque le Cinquième République fut portée sur les fonts baptismaux. Certes, il ne pouvait donc pas tout comprendre ... Moi non plus d'ailleurs! Je n'avais que 9 ans ...
 
Depuis, j'ai appris! Et Nicolas Sarkozy aussi ... forcément!
 
Si "petites manoeuvres" il y a eu, elles proviennent bien de ceux qui, en contravention avec leurs engagements du premier tour de la présidentielle, ont choisi un ralliement tardif à Nicolas Sarkozy dans le seul but de sauver leur siège de député! Si Nicolas Sarkozy leur apparaissait comme le meilleur candidat, il eut fallu qu'ils le soutinssent dès le premier tour comme l'on fait André Santini, à Issy les Moulineaux ...
 
Si "petites manoeuvres" il y a eu, elles proviennent de celui qui a pris l'initiative de proposer une garantie de non concurrence de la part d'un candidat UMP contre le détenteur UDF du siège de la circonscription! C'est ni plus ni moins que du débauchage électoraliste ... pratique hautement condamnable très en vogue sous la Quatrième République!
 
Non seulement l'analyse institutionnelle des fondements de la Cinquième République de Nicolas Sarkozy est complètement erronée (la Cinquième République n'avait pas pour objet d'empêcher le débat démocratique mais, bien au contraire, de le redonner au Peuple!) mais encore la pratique du même Nicolas fonctionne à contre emploi de ce qu'il prétend défendre ou dénoncer!
Ceci m'amène à penser que Sarko a tout simplement "pété un cable"! Ce qui, pour un candidat à la Présidence de la République, est tout simplement inadmissible. S'il "pête un cable" quand il est candidat, combien de fois risque-t-il d'en pêter quand il sera en fonction (si jamais il y arrive)?
C'est un risque que l'on ne peut pas prendre ...
Je persiste et je signe : en l'état de mes analyses, Nicolas Sarkozy n'aura pas ma voix le Dimanche 6 Mai.
Ayant à subir les comportement hargneux, vindicatifs, arrogants, méprisants, et insultants de Monsieur Martin, maire de Nogent, je commence à établir, sur le plan de la personnalité, un parralèlle entre Monsieur Martin et Nicolas Sarkozy.
Même comportement volontiers cajoleur quand tout va bien, Monsieur Martin s'emporte volontiers quand les choses ne vont pas comme il veut qu'elles aillent ... Nicolas Sarkozy est en train, à sa manière, le même pli comportemental! Ce qui n'est pas supportable de la part d'un maire d'une ville de 30.000 habitants devient carrément INADMISSIBLE de la part d'un candidat à la Présidence de la République ...!  
Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /Mars /2007 21:55
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Nicolas Sarkozy vient de lancer un pavé dans la mare ... Il a annoncé, il y a quelques jours, qu'il créerait un Ministère de l'immigration et de l'identité nationale.

J'ai personnellement été troublé par cette proposition. J'ai franchement cru à un écart de langage comme il arrive, parfois, que les responsables politiques en lâchent, dans un moment de grande fatigue voire d'égarement ...

Eh, bien, non! Nicolas sarkozy assume pleinement cette annonce. Il l'a répétée à plusieurs reprises. C'est un acte courageux en ce sens qu'il va lui faire perdre des voix sur sa gauche. Il n'est pas si fréquent que des candidats en campagne prennent délibérément des initiatives risquées sur le plan électoral. En général, c'est plutôt l'inverse! Ne rien dire et ne rien faire qui puisse éfaroucher les électeurs ...

Bien entendu, Nicolas Sarkozy n'est pas né de la dernière pluie! Il espère ainsi, évidemment, ramener au bercail républicain une partie significative de l'électorat qui s'est égaré chez Jean Marie Le Pen ...

Réussira-t-il? Rien n'est moins sûr ... Les électeurs préfèrent, en général, l'original à la copie ... Toutefois, cette approche doit être tempérée par un autre phénomène : il n'y a que deux places pour le second tour! Or, Le Pen ne sera pas élu Président. Tout le monde le sait, même lui! Que ferait-il d'un pareil fardeau? Si l'annonce, presque tonitruante, de Sarkozy pouvait avoir pour effet de laminer le Front National et de le faire descendre en dessous de 10%, ce n'est pas moi qui m'en plaindrait. C 'est peut-être ce qui va se produire. Objectivement, quelles sont les raisons qui peuvent conduire des électeurs "modérément extrêmistes" à voter Le Pen? Bien que n'étant absolument pas concerné, personnellement, je n'en vois pas.

La question de l'immigration est désormais clairement posée. Les propositions divergent, selon qu'elles viennent de la droite ou de la gauche et, bien plus encore, de l'extrême droite ou de l'extrême gauche, ce qui n'est pas pour nous surprendre.

Je l'ai déjà dit mon adhésion à la formule de Michel Rocard "La France ne peut pas absorber toute la misère du monde" ... J'ai plus de mal à me retrouver dans le positionnement de Ségolène Royal que l'on sent tiraillée entre la "proposition" (imbécile, à mon avis) du P.S. ("il faut régulariser TOUS les sans-papier"; proposition N° 100 du pacte présidentiel directement inspirée du "projet socialiste") et ce qu'elle pense vraiment et qu'elle a exprimée lors de l'émission "J'ai une question à vous poser" (régularisation pondérée pour éviter un appel d'air conduisant à une nouvelle régularisation massive quelques années plus tard).

Je ne peux pas souscrire à la proposition de Nicolas Sarkozy, bien que je sois favorable au concept d'immigration choisie, en vigueur dans la plupart des pays développés. Il n'a pas employé la formule "Ministère de l'intégration" ou "Ministère de la cohésion sociale" mais bien celle de "Ministère de l'immigration et de l'identité nationale" ...

Il me reste la proposition de François Bayrou : aider au développement des pays pauvres, notamment de l'Afrique. J'ai conscience qu'une telle proposition ne peut pas porter ses fruits avant plusieurs années d'autant que le moyen consistant à fournir des subsides aux chefs d'états africains n'est pas la meilleure. Reste peut-être la voie consistant à soutenir nos entreprises françaises présentent dans ces pays, à charge pour elles de répercuter cette aide sur les populations locales, par dessus la tête des dirigeants politiques locaux dont on sait bien que beaucoup sont corrompus jusqu'à la moëlle ...

Cela mérite un développement : la grosse entreprise "Machin", présente sur le territoire "Local", soutient et gère l'aide aux initiatives locales par le biais de salariés spécialement détachés à cette fin ... Et qu'on ne vienne pas me dire que je veux officialiser des emplois fictifs! Il arrive un moment où la fin justifie la mise en oeuvre de certains moyens, lesquels, en l'occurrence, n'ont rien de scabreux!

Vendredi 2 mars 2007 5 02 /03 /Mars /2007 15:00
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Parmi les nombreuse lettres que je reçois, il y a celle de Jean-Pierre Raffarin.

Jean-Pierre va publier dans les tous prochains jours un livre en forme de lettre  adressée au candidat qu'il soutient, à savoir, bien évidemment, Nicolas Sarkozy.

Avec cette lettre, Il nous donne la primeur des premières pages ... Plus précisément, l'introduction et le premier chapitre.

Je ne lui est pas demandé l'autorisation de publier ces extraits sur mon blog. Mais mon petit doigt m'a dit que je pouvais le faire. Il faut toujours écouter ce que vous dit votre petit doigt!

Il serait tout de même malséant que je reproduise intégralement les extraits que Jean Pierre Raffarin a publié ... C'est lui l'auteur, pas moi!

Je me suis donc limité à en publier la seule introduction.

Début de citation :

Mon cher Nicolas,

Nous nous connaissons depuis une trentaine d'années. Nous venons de deux familles alliées de la droite et du centre. Tu as été mon ministre de l?Intérieur, puis mon ministre de l'Economie et des Finances, quand j'étais à Matignon entre 2002 et 2005.
Tu es aujourd'hui le président de notre parti, l'UMP, et le candidat que je soutiens pour l'élection présidentielle de 2007.
J'ai envie de prendre le temps de te parler de cette fonction que tu veux conquérir et de ce pays que tu veux comprendre et aimer. Comme Premier ministre de Jacques Chirac, trois ans durant, j'ai pu mesurer la grandeur et la difficulté de la tâche qui t'attend. Etre à la tête d'un pays comme le nôtre, magnifique et tourmenté, talentueux et tétanisé, réclame des qualités paradoxales. Le bon candidat que tu es, pugnace, énergique, bouillonnant, poursuit son chemin en devenant un homme de réconciliation qui doit prévenir les tensions excessives d'une société toujours guettée par la violence mais aussi par l'immobilisme.
Lors de ce long bail à Matignon, j'ai donné beaucoup de moi-même, sans jamais faiblir, sans jamais trahir. J'en suis sorti cabossé mais apaisé. Je pourrais affirmer comme Paul Valéry : « Je suis un honnête homme. Je veux dire que j'approuve la plupart de mes actions. » J'ai réformé les retraites et l'assurance-maladie, assoupli la mise en oeuvre des 35 heures, engagé la décrue du chômage. Et le provincial que je suis fier d'être, longtemps président de la région Poitou-Charentes, est heureux d'avoir lancé l'acte II de la décentralisation. De la sécurité routière au premier plan Climat, de l'Agence de l'adoption aux pôles de compétitivité, 95 % des engagements de mon discours de politique générale ont été tenus, « une performance rare dans l'histoire des Premiers ministres de la Ve République » selon Le Monde.
Les « petits marquis » parisiens ont pu moquer ma volonté de redonner la parole et le pouvoir à la France d'en bas, sans clouer pour autant au pilori la France d'en haut, je persiste et signe. Et je revendique mes origines rurales qui ne m'ont jamais enfermé, me donnant le goût de la découverte et des grands espaces. J'étais dernièrement en Chine, comme tous les ans, au Canada, en Tunisie. Et je voyage régulièrement pour évaluer les enjeux internationaux et dessiner l'horizon d'une mondialisation humanisée.
J'ai longuement présidé une belle région, en gouverneur girondin amoureux de son territoire. J'ai ardemment vécu ma traversée du pouvoir à Matignon, à un des postes les plus exposés et les plus captivants de la République. Aujourd'hui, je suis de retour au Sénat et à l'UMP. Je me sens plus expérimenté, plus lucide, encore plus désintéressé. Au total, plus libre et très heureux.
Une valeur m'importe particulièrement. La loyauté. On la pense impossible en
politique, c'est faux. J'ai le sentiment d?avoir été d?une loyauté sans faille envers
Jacques Chirac. J'ai été son bouclier, son rempart, et c'est ainsi que devraient agir tous les Premiers ministres qui sont en fait des seconds, au lieu de manoeuvrer pour prendre la barre à celui qui les a distingués. Nicolas, je souhaite que celui que tu choisiras pour t'épauler agisse de même.
Toi et moi, hier au gouvernement, aujourd?hui en campagne, nous avons pu tester réciproquement nos loyautés. Je peux dire que nous avons travaillé en confiance et que nous avons su additionner nos différences. Je suis sûr que nous en ferons autant à l'avenir.
Mes ambitions sont claires. Je n'ai pas vocation à devenir président de la République, c'est toi que je soutiens, Nicolas. Je ne me vois pas être ton Premier ministre, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Par contre, je sais allier les contraires, pacifier les conflits et fédérer les enthousiasmes. Je suis un casque bleu de l'union de la majorité, un acteur du cessez-le-feu entre belligérants d'une ridicule guerre fratricide, qui toujours reprend comme un feu mal éteint. Mon idéal de soldat ? La paix retrouvée. « Qui sème la division récolte le socialisme », dirait Giscard.
Ici, je veux te raconter la France de toujours qui doit aller de pair avec cette société de demain que tu imagines déjà avec ambition. Tu vas hériter d'une France en cristal, qu'il faut manier avec délicatesse. Une France qui croit sa beauté menacée, qui se crispe sur le passé, et qui rabat les oeillères sur un regard apeuré. Une France à qui il faut redonner confiance, sans tout chambouler. Une France qu'il faut sortir de ce perpétuel tête-à-tête entre le sauveur providentiel et les pauvres pécheurs toujours pris en faute, toujours avides de rédemption, qu'on traite comme des enfants irresponsables ou comme des girouettes omnipotentes. Comme si nous ne pouvions refonder la confiance entre l'élu de tous et des citoyens adultes, confiants dans leurs délégués, ces représentants des corps intermédiaires trop décriés, trop méprisés.
Je connais notre pays. J?ai connu ses présidents. J'étais jeune homme quand j'ai suivi le dernier voyage de Pompidou, à Poitiers. J'ai rejoint Giscard que j'ai profondément admiré. J'ai combattu Mitterrand le socialiste et j'ai scruté Mitterrand le Charentais.
J'ai soutenu et épaulé Chirac. Je sais ce qu'exige cette charge très particulière. Je tiens à te proposer mon expérience, car je crois que les hommes ne sont pas figés de toute éternité, qu'ils doivent évoluer et qu'ils ont besoin des autres pour à la fois épouser la fonction et y résister.

J'oubliais. J'ai vu venir de loin ton adversaire principale, Ségolène Royal. Je l'ai affrontée en Poitou-Charentes. Elle ne m'y a jamais battu personnellement. Je sais son talent médiatique, son caractère qui masque son absence de vision, ses convictions plus profondes qu'on ne croit et d'autant plus dangereuses pour nous qu'elle chasse sur nos terres. Je mesure ses forces et ses faiblesses. Je te parlerai d'elle.
Et je te parlerai de toi.

Fin de citation.

Ainsi que vous pouvez en juger, le style est clair, alerte même ...

Il ne fait aucun doute que je vais acheter ce livre dès son imminente parution.

Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /Jan /2007 13:37
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Lu dans Le Parisien du 12 janvier 2007 sur lequel je suis tombé, par hasard, dans le train, hier soir ...

"Sarkozy a autour de lui un trop petit équipage. Ils font exactement la même erreur que qu'avec Balladur, en pensant qu'il leur suffisait d'avoir avec eux les grands médias et quelques amis dans la finance. Balladur a fait 16%. Sarkozy n'a aucune chance de pouvoir rassembler au dela s'il n'a pas la bénédiction de Chirac. Or, ni le Président, ni Bernadette, ni Claude n'ont envie de la lui donner ...
C'est fini. Ils vont lui couper les jarrets. Les chiraquiens vont faire en sorte, exactement comme avec Giscard ou Balladur, que Sarkozy se détruise tout seul. Bien sûr, il va faire 99,9% à l'Ump, mais il va ensuite finir troisième ou quatrième au premier tour de la présidentielle."

C'est Jean-François Probst, ancien conseiller de l'Elysée qui tient ces propos dans un quotidien national lu, principalement par des catégories dites "populaires" ... là où, précisément, Nicolas Sarkozy peut espérer recueillir un fort contingent de ses voix ...

J'ai toujours soutenu que Jacques Chirac souhaitait la défaite de Nicolas Sarkozy ... Certes, dans notre pays, la parole est libre. Elle est aussi, parfois téléguidée ...

Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 19:23
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Bien que ce soit un peu long, j'ai choisi de publier dans son intégralité le discours d'investiture de Nicolas Sarkozy. Je me suis simplement permis de placer en gras les passages qui ont le plus retenu mon attention et qui seront, à mon avis, autant de facteurs de différenciation avec la thématique de Ségolène Royal. Vous allez lire une version innachevée ... Je compte commenter, au fil du discours, les appréciations qui sont portées et les propositions qui sont faites ...

Bonne lecture studieuse!

Début de citation :

Discours de Nicolas Sarkozy
Congrès de l’UMP
Dimanche 14 janvier 2007



Mes chers amis,

Dans ce moment que chacun devine si important pour la France, si important pour l'avenir de chacune de vos familles, si important pour moi, plus que n’importe quel autre sentiment, ce qui m’étreint surtout c’est une émotion profonde. Cette émotion, j’aurais pu essayer de la qualifier, j’aurais pu l’exprimer dans un mot, j’aurais pu vous dire merci mais ce merci n’aurait pas été à la hauteur de ce que j’éprouve en cet instant. Il y a des sentiments qui sont si forts qu’il n’y a pas de mot assez grand pour les dire. Il y a des sentiments qui se ressentent tellement qu’on n’a pas besoin de les nommer.
Cette émotion qui me submerge au moment où je vous parle, je vous demande de la recevoir simplement comme un témoignage de ma sincérité, de ma vérité, de mon amitié.
A l’orée de cette campagne où pendant des semaines je vais beaucoup donner, beaucoup recevoir et, peut-être, beaucoup payer- je veux que chacun d’entre vous soit convaincu de la farouche détermination, de l’énergie infinie que j’irai puiser dans la part la plus profonde de moi-même pour faire triompher la cause qui nous unit tous. Je le sais aujourd'hui, je n'ai pas le droit de vous décevoir, pas le droit d'hésiter, tout simplement pas le droit d'échouer !
Toute ma vie j’ai rêvé d’être utile à la France, à mon pays, à ma patrie. Aujourd’hui vous venez de réaliser la première étape de ce rêve. Seule compte à cet instant l’espérance de la foule immense que vous formez, tendue vers un seul but : la victoire de la France. Seul compte l’enthousiasme de cette grande famille qui est la tienne Cher Alain Juppé. Sans toi et sans la victoire de Jacques Chirac en 2002 elle n’aurait jamais existé.
Oui, mes chers amis, tous ensemble réunis, unis, solidaires, tout devient possible.
A cet instant où pour moi tout change, je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui m’ont fait rêver d’une autre destinée, d’une vie plus grande, d’un avenir plus passionnant. Ils ont été pour moi une source de réflexion, d’espérance, et même parfois de confiance.
Eux, ce sont les héros de la Résistance et de la France Libre, ces hommes avec lesquels j'ai fait mes premiers pas en politique, ces hommes qui venaient d'une époque où la politique s'était confondue avec le patriotisme et l'épopée. Ils avaient maintenu l'honneur de la France. Ils l'avaient reconstruite, ils l'avaient réconciliée avec l'Allemagne. Ils avaient fait l'Europe, fondé la Vème République. Ils avaient toujours été en avance sur leur temps.
Il m’ont appris, parce qu'ils le savaient mieux que quiconque, ce qu'était le gaullisme : non une doctrine que le Général de Gaulle n'avait jamais voulu mais une exigence morale, l'exercice du pouvoir comme un don de soi, la conviction que la France n’est forte que lorsqu’elle est rassemblée, la certitude que rien n'est jamais perdu tant que la flamme de la résistance continue de brûler dans le cœur d’un seul homme, le refus du renoncement, la rupture avec les idées reçues et l’ordre établi quand ils entraînent la France vers le déclin.
Ces hommes furent grands dans la guerre comme dans la paix. Ils avaient toujours fait ce qu'ils devaient faire.
Je veux rendre hommage à Jacques Chaban-Delmas, général de la résistance à 29 ans, au rêve si beau, si prémonitoire, de la Nouvelle Société. Son dernier grand combat politique fut pour moi le premier. J'avais 17 ans et l'impression de partir à la guerre. C'était la fin d'une époque, celle où le gaullisme ne pouvait plus appartenir à un parti.
Je veux rendre hommage à Achille Peretti, grand résistant, qui me confia mon premier mandat de conseiller municipal. Comme je veux dire mon amitié à Edouard Balladur qui m’a fait confiance en me donnant mes premières responsabilités ministérielles alors que j’étais si jeune encore. Je veux dire mon respect à Jacques CHIRAC qui en 1975 à Nice m'a offert mon premier discours.
Ils m’ont enseigné, à moi petit Français au sang mêlé, l'amour de la France et la fierté d'être français. Cet amour n'a jamais faibli et cette fierté ne m'a jamais quittée. Longtemps ce sont des choses que j'ai tues. Longtemps ce sont des sentiments que j'ai gardés pour moi, comme un trésor caché au fond de mon cœur que je n'éprouvais le besoin de partager avec personne. Je pensais que la politique n'avait rien à voir avec mes émotions personnelles. J'imaginais qu'un homme fort se devait de dissimuler ses émotions. J'ai depuis compris qu'est fort celui qui apparaît dans sa vérité. J'ai compris que l'humanité est une force pas une faiblesse.
J'ai changé.
J'ai changé parce qu'à l'instant même où vous m’avez désigné j'ai cessé d'être l'homme d'un seul parti, fût-il le premier de France. J'ai changé parce que l'élection présidentielle est une épreuve de vérité à laquelle nul ne peut se soustraire. Parce que cette vérité je vous la dois. Parce que cette vérité je la dois aux Français.
J'ai changé parce que les épreuves de la vie m'ont changé. Je veux le dire avec pudeur mais je veux le dire parce que c’est la vérité et parce qu’on ne peut pas comprendre la peine de l’autre si on ne l’a pas éprouvée soi-même.
On ne peut pas partager la souffrance de celui qui connaît un échec professionnel ou une déchirure personnelle si on n’a pas souffert soi-même. J’ai connu l'échec, et j'ai dû le surmonter.
On ne peut pas tendre la main à celui qui a perdu tout espoir si l’on n’a jamais douté. Il m'est arrivé de douter. N'est pas courageux celui qui n'a jamais eu peur. Car le courage c'est de surmonter sa peur.
Cette part d’humanité, je l’ai enfouie en moi parce que j’ai longtemps pensé que pour être fort il ne fallait pas montrer ses faiblesses. Aujourd’hui j’ai compris que ce sont les faiblesses, les peines, les échecs qui rendent plus fort. Qu’ils sont les compagnons de celui qui veut aller loin.
J'ai changé parce que le pouvoir m'a changé. Parce qu'il m'a fait ressentir l'écrasante responsabilité morale de la politique. Le mot "morale" ne me fait pas peur.
J'ai changé parce que nul ne peut rester le même devant le visage accablé des parents d'une jeune fille brûlée vive. Parce que nul ne peut rester le même devant la douleur qu’éprouve le mari d'une jeune femme tuée par un multirécidiviste condamné dix fois pour violences et déjà une fois pour meurtre. Dans son regard on lit l'incompréhension de celui qui ne comprend pas comment l'indicible a pu être possible. Je suis révolté par l'injustice et c'en est une lorsque la société ignore les victimes. Je veux parler pour elles, agir pour elles et même, même, s'il le faut, crier en leurs noms.
J'ai changé parce qu'on change forcément quand on est confronté à l'angoisse de l'ouvrier qui a peur que son usine ferme.
J'ai changé quand j'ai visité le mémorial de Yad Vashem dédié aux victimes de la Shoah. Je me souviens, au bout d'un long couloir, d’une grande pièce avec des milliers de petites lumières et des prénoms d'enfants de 2 ans, de 4 ans, de 5 ans prononcés à voix basse de façon ininterrompue. C'était le murmure des âmes innocentes. Je me suis dit alors que c'était cela la politique : faire barrage à la folie des hommes en refusant de se laisser emporter par elle.
J'ai changé quand j'ai lu à Tibhirine le testament bouleversant de frère Christian, enlevé puis égorgé par des fanatiques avec six autres moines de son monastère. Le GIA avait prévenu : « nous égorgerons ». On retrouva les sept têtes des moines suppliciés sans leurs corps.
Deux ans auparavant, cet homme de charité avait par avance pardonné à son assassin : « s'il m'arrivait un jour d'être victime du terrorisme, (…). Voici que je pourrai, s'il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui les enfants de l'Islam tels qu'il les voit (…). Et toi aussi l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais. Oui pour toi aussi je le veux, ce Merci, cet « A-Dieu » (…). Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis s’il plaît à Dieu notre Père à tous deux ! » Par son humanité immense, par sa volonté de rassembler les hommes le frère Christian fait honneur à la France laïque et républicaine.
A Tibhirine, j’ai compris ce qu'est la force invincible de l'amour et le sens véritable du mot « tolérance ».
A Tibhirine, le frère Christian m'a enseigné, par-delà la mort, que ce que les grandes religions peuvent engendrer de meilleur est plus grand ce qu'elles peuvent engendrer de pire, que les extrémismes et les intégrismes ne doivent jamais être confondus avec le sentiment religieux qui porte une part de l'espérance humaine.
Opposer ce sentiment religieux à la morale laïque serait absurde.
Nous sommes les héritiers de deux mille ans de chrétienté et d’un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporé.  La laïcité à laquelle je crois, ce n’est pas le combat contre la religion. C’est le respect de toutes les religions.
J'ai changé quand j'ai rencontré Mandel, ce grand Français. J'avais voulu écrire sa vie pour réparer une injustice, pour changer le regard des autres sur cette destinée tragique. C'est mon regard sur la politique qui s'en est trouvé transformé. Georges Mandel avait la passion de la politique. En mars 1940, il est ministre de l’Intérieur.
Au milieu de la débâcle, il est l’un de ceux qui plaident pour la Résistance. Il est arrêté. Le 7 juillet 1944, des miliciens le tirent de sa prison et le font monter dans une voiture. Arrivé dans la forêt de Fontainebleau ils l’abattent d'une rafale de mitraillette.
Le 24 juillet, sa fille écrit à Pierre Laval : « Je suis encore bien petite et bien faible à côté de vous (…). Je veux vous dire, M. Laval, que je plains beaucoup votre fille. Vous allez lui laisser un nom qui marquera dans l'histoire. Le mien aussi. Seulement le mien sera celui d’un martyr."
Ce jour-là, la France s'appelle Claude Mandel. Elle a 14 ans, son père vient d'être assassiné non par l'occupant mais par des Français ennemis de la France.
La France, elle a 17 ans le visage de Guy Môquet quand il est fusillé : « 17 ans et demi… Ma vie a été courte ! Je n'ai aucun regret si ce n'est de vous quitter tous. »
La France, elle a 19 ans et le visage lumineux d'une fille de Lorraine quand Jeanne comparaît devant ses juges.


Elle a 32 ans et le visage d'un émigré italien naturalisé français, quand Gambetta quitte en ballon Paris assiégé pour organiser la résistance aux Prussiens.
La France, elle a 44 ans, le visage ensanglanté de Jean Moulin quand il meurt sous la torture « sans avoir livré aucun secret, lui qui les savait tous. »
Elle a 50 ans et la voix du Général de Gaulle le 18 juin 1940.
Elle a 56 ans, le visage noir d'un petit-fils d'esclave devenu gouverneur du Tchad et premier résistant de la France d'Outre-Mer. Elle s'appelle Félix Eboué.
Elle a 58 ans et le visage de Zola quand il signe "J'accuse" pour défendre Dreyfus et la Justice.
Elle a 60 ans, le visage d’un proscrit qui s’appelle Victor Hugo lorsqu’au commencement des Misérables il écrit : « Tant qu’il y aura sur la Terre ignorance et misère des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles ».
Elle a 77 ans et la force du Tigre quand Clemenceau déclare en mars 1918 : « Je continue à faire la guerre et je continuerai jusqu'au dernier quart d'heure car c’est nous qui aurons le dernier quart d'heure ! »
Elle a la voix, la figure, la dignité d'une femme, d'une mère, rescapée des camps de la mort qui s'écrie à la tribune de l'Assemblée : "nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année mutilent les femmes de ce pays". Ce jour là, elle s'appelle Simone Veil.
Elle a la voix d'un jeune prêtre français, l’abbé Pierre, qui à la radio un jour de l'hiver 54 lance aux hommes son appel pathétique : « Mes amis au secours. Une femme vient de mourir gelée cette nuit, à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol (…). Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure (…).
Elle a le visage, l’âge de Georges Pompidou quand il évite le pire en mai 68.
La France, elle a le visage, l'âge, la voix de tous ceux qui ont cru en elle, qui se sont battus pour elle, pour son idéal, pour ses valeurs, pour sa liberté.
Elle a le visage, l'âge, la voix de tous les Français qui ont au fond de leur cœur la conviction que la France n'est pas finie. Car elle n'est pas finie la France. Parce que dans mon cœur comme dans mon esprit, la France ne veut pas, ne doit pas, ne peut pas mourir.
A chaque fois qu’on l’a crue finie, elle a étonné le monde. A chaque fois elle s’est relevée. A chaque fois elle a su trouver en elle la force de ressusciter.
Ma France, c’est le pays qui a fait la synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution, entre l’Etat capétien et l’Etat républicain, qui a inventé la laïcité pour faire vivre ensemble ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas.
Ma France, c’est le pays qui, entre le drapeau blanc et le drapeau rouge a choisi le drapeau tricolore, en a fait le drapeau de la liberté et l’a couvert de gloire.
Ma France, c’est celle de tous les Français sans exception. C’est la France de Saint-Louis et celle de Carnot, celle des croisades et de Valmy. Celle de Pascal et de Voltaire. Celles des cathédrales et de l’Encyclopédie. Celle d’Henri IV et de l’Edit de Nantes. Celle des droits de l’homme et de la liberté de conscience.
Ma France, c’est celle des Français qui votent pour les extrêmes non parce qu’ils croient à leurs idées mais parce qu’ils désespèrent de se faire entendre. Je veux leur tendre la main.
Ma France, c’est celle des travailleurs qui ont cru à la gauche de Jaurès et de Blum et qui ne se reconnaissent pas dans la gauche immobile qui ne respecte plus le travail. Je veux leur tendre la main.
Ma France, c’est celle de tous ceux qui ne croient plus à la politique parce qu’elle leur a si souvent menti. Je veux leur dire : aidez-moi à rompre avec la politique qui vous a déçu pour renouer avec l’espérance.
Ma France, c’est celle de tous ces Français qui ne savent pas très bien au fond s’ils sont de droite, de gauche ou du centre parce qu’ils sont avant tout de bonne volonté. Je veux leur dire par-delà les engagements partisans que j’ai besoin d’eux pour que tout devienne possible.
Bien sûr il y a la droite et il y a la gauche. Mes valeurs sont les vôtres, celles de la droite républicaine. Ce sont des valeurs d'équité, d’ordre, de mérite, de travail, de responsabilité. Je les assume. Mais dans les valeurs auxquelles je crois, il y a aussi le mouvement. Je ne suis pas un conservateur. Je ne veux pas d’une France immobile. Je veux l’innovation, la création, la lutte contre les injustices. J’ai voulu faire entrer ces idées dans le patrimoine de la droite républicaine alors même que la gauche les délaissait.

Commentaire  J. H. : On peut se demander, effectivement, si la gauche est encore en mouvement sur le plan des idées.

Mais au-delà de la droite et de la gauche, il y a la République qui doit être irréprochable parce qu'elle est le bien de tous. Il y a l’Etat qui doit être impartial. Il y a la France qui est une destinée commune.
Etre de droite c’est refuser de parler au nom d’une France contre une autre. C’est refuser la lutte des classes. C’est refuser de chercher dans l’idéologie la réponse à toutes les questions, la solution à tous les problèmes. C'est refuser de voir dans le contradicteur un ennemi mais un citoyen dont on doit entendre les arguments.
Ma France, c’est une nation ouverte, accueillante, c’est la patrie des droits de l’homme. C’est elle qui m'a fait ce que je suis. J’aime passionnément le pays qui m’a vu naître. Je n’accepte pas de le voir dénigrer. Je n'accepte pas qu'on veuille habiter en France sans respecter et sans aimer la France. Je n'accepte pas qu'on veuille s'installer en France sans se donner la peine de parler et d'écrire le Français.
Je respecte toutes les cultures à travers le monde. Mais qu'il soit entendu que si on vit en France alors on respecte les valeurs et les lois de la République.
La soumission de la femme c'est le contraire de la République, ceux qui veulent soumettre leurs femmes n'ont rien à faire en France. La polygamie c'est le contraire de la République. Les polygames n'ont rien à faire en France. L'excision c'est une atteinte à la dignité de la femme, c’est le contraire de la République, ceux qui veulent la pratiquer sur leurs enfants ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française.

Commentaire J.H.
Je suis en accord total avec ces idées.



"Ma France, c’est une nation qui revendique son identité, qui assume son histoire. On ne construit rien sur la haine des autres, mais on ne construit pas davantage sur la haine de soi. On ne construit rien en demandant aux enfants d’expier les fautes de leurs pères.
De Gaulle n’a pas dit à la jeunesse allemande : « vous êtes coupables des crimes de vos pères ». Il lui a dit : « je vous félicite d’être les enfants d’un grand peuple, qui parfois au cours de son histoire a commis de grandes fautes ».
Au peuple de notre ancien empire nous devons offrir non l’expiation mais la fraternité.
A tous ceux qui veulent devenir Français nous offrons non de nous repentir mais de partager la liberté, l’égalité et la fierté d’être Français. Gardons-nous de juger trop sévèrement le passé avec les yeux du présent. Tous les Français durant la guerre n’étaient pas pétainistes. Les pêcheurs de l’île de Sein, les paysans du Vercors n’étaient pas pétainistes. Les paysans du Périgord qui cachaient au péril de leur vie les Juifs de Strasbourg n’étaient pas pétainistes. Tous les Français dans les colonies n’étaient pas des exploiteurs. Il y avait aussi parmi eux de petites gens qui travaillaient dur, qui n’exploitaient personne et qui ont tout perdu.
Français, prompts à détester votre pays et son histoire, écoutez la grande voix de Jaurès: « Ce qu’il faut ce n’est pas juger toujours, juger tout le temps, c’est se demander d’époque en époque, de génération en génération, de quels moyens de vie disposaient les hommes, à quelles difficultés ils étaient en proie, quel était le péril ou la pesanteur de leur tâche, et rendre justice à chacun sous le fardeau »
Pourquoi la gauche n’entend-elle plus la voix de Jaurès ?
Comment penser que l’on pourra un jour faire aimer ce que l’on aura appris à détester ? Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus. Je refuse le communautarisme qui réduit l'homme à sa seule identité visible. Je combats la loi des tribus parce que c'est la loi de la force brutale et systématique.
Il ne s’agit pour personne d’oublier sa propre histoire. Les enfants des républicains espagnols parqués dans des camps de réfugiés, les enfants des Juifs persécutés par la Milice, les descendants des camisards des Cévennes, les fils des harkis n’ont rien oublié de leur histoire. Mais ils ont pris, comme moi, fils d’immigré, la culture, la langue et l’histoire de la France en partage, pour pouvoir mieux vivre une destinée commune.
Face au drame algérien, Camus avait dit : « Les grandes tragédies de l’histoire fascinent souvent les hommes par leurs visages horribles. Ils restent alors immobiles devant elles sans pouvoir se décider à rien qu’à attendre. »
Attendre quoi ? Sinon le pire ?
Il avait ajouté : « La force du cœur, l’intelligence, le courage suffisent pourtant pour faire échec au destin ».
Pourquoi la gauche n’entend-elle plus la voix de Camus ?
Qui ne voit qu’une fois encore avec du cœur, de l’intelligence et du courage la clé de notre unité et de notre avenir est dans la République et dans la démocratie ?

Depuis le premier jour où elle est apparue dans notre histoire, la République est un combat toujours recommencé pour l’émancipation de l’homme. La République commence quand la politique cesse d’être au service de la volonté de puissance pour se mettre au service du bonheur des hommes.

Le but de la République c’est d’arracher du cœur de chacun le sentiment de l’injustice.
Le but de la République c’est de permettre à celui qui n’a rien d’être quand même un homme libre, à celui qui travaille de posséder quelque chose, à celui qui commence tout en bas de l'échelle sociale de la gravir aussi haut que ses capacités le lui permettent.

Le but de la République c’est que les chances de réussite soient égales pour tous. C’est que l’enfant soit éduqué, le malade soigné, le vieillard arraché à la solitude, le travailleur respecté, la misère vaincue.
Le but de la République c’est la reconnaissance du travail comme source de la propriété et la propriété comme représentation du travail.

La République de Jules Ferry n’était pas celle de Danton. Celle du Général De Gaulle n’était pas celle de Jules Ferry. Mais c’était toujours le même idéal poursuivi par des moyens différents. La République n’est pas une religion. La République n’est pas un dogme. La République est un projet toujours inachevé.
Si nous voulons que la République redevienne un projet partagé, il nous faut passer de la République virtuelle à la République réelle.
La République réelle, c’est la République qui ne se contente pas d’inscrire la liberté, l’égalité et la fraternité sur ses monuments, mais qui les inscrit dans la réalité de la vie quotidienne.
La République réelle ce n’est pas la République où tout le monde reçoit la même chose. C’est la République où chacun reçoit selon son mérite ou son handicap.
La République réelle c’est celle qui fait plus pour celui qui veut s’en sortir et qui fait moins pour celui qui ne veut rien faire et dont la société ne peut accepter qu'il vive à son crochet.
La République réelle ce n’est pas la République où il n’y a que des droits et aucun devoir. C’est la République où les devoirs sont la contrepartie des droits. Je propose qu’aucun minimum social ne soit accordé sans la contre-partie d'une activité d'intérêt général.

"Ma France, c’est une nation qui revendique son identité, qui assume son histoire. On ne construit rien sur la haine des autres, mais on ne construit pas davantage sur la haine de soi. De Gaulle n’a pas dit à la jeunesse allemande : « vous êtes coupables des crimes de vos pères ». Il lui a dit : « je vous félicite d’être les enfants d’un grand peuple, qui parfois au cours de son histoire a commis de grandes fautes ».Au peuple de notre ancien empire nous devons offrir non l’expiation mais la fraternité.. Gardons-nous de juger trop sévèrement le passé avec les yeux du présent. Les pêcheurs de l’île de Sein, les paysans du Vercors n’étaient pas pétainistes. Les paysans du Périgord qui cachaient au péril de leur vie les Juifs de Strasbourg n’étaient pas pétainistes. Français, prompts à détester votre pays et son histoire, écoutez la grande voix de : « Ce qu’il faut ce n’est pas juger toujours, juger tout le temps, c’est se demander d’époque en époque, de génération en génération, de quels moyens de vie disposaient les hommes, à quelles difficultés ils étaient en proie, quel était le péril ou la pesanteur de leur tâche, et rendre justice à chacun sous le fardeau »Comment penser que l’on pourra un jour faire aimer ce que l’on aura appris à détester ? qui réduit l'homme à sa seule identité visible. Je combats la loi des tribus parce que c'est la loi de la force brutale et systématique.Il ne s’agit pour personne d’oublier sa propre histoire. Les enfants des républicains espagnols parqués dans des camps de réfugiés, les enfants des Juifs persécutés par la Milice, les descendants des camisards des Cévennes, les fils des harkis n’ont rien oublié de leur histoire. Mais Face au drame algérien, Camus avait dit : « Les grandes tragédies de l’histoire fascinent souvent les hommes par leurs visages horribles. Ils restent alors immobiles devant elles sans pouvoir se décider à rien qu’à attendre. » Attendre quoi ? Sinon le pire ? Il avait ajouté : « La force du cœur, l’intelligence, le courage suffisent pourtant pour faire échec au destin ».Qui ne voit qu’une fois encore avec du cœur, de l’intelligence et du courage la clé de notre unité et de notre avenir est dans la République et dans la démocratie ? Depuis le premier jour où elle est apparue dans notre histoire, la République est un combat toujours recommencé pour l’émancipation de l’homme. Le but de la République c’est d’arracher du cœur de chacun le sentiment de l’injustice. Le but de la République c’est de permettre à celui qui n’a rien d’être quand même un homme libre, à celui qui travaille de posséder quelque chose, à celui qui commence tout en bas de l'échelle sociale de la gravir aussi haut que ses capacités le lui permettent. Le but de la République c’est que les chances de réussite soient égales pour tous. C’est que l’enfant soit éduqué, le malade soigné, le vieillard arraché à la solitude, le travailleur respecté, la misère vaincue.La République de Jules Ferry n’était pas celle de Danton. Celle du Général De Gaulle n’était pas celle de Jules Ferry. Mais c’était toujours le même idéal poursuivi par des moyens différents. La République n’est pas une religion. La République n’est pas un dogme. Si nous voulons que la République redevienne un projet partagé, il nous faut passer de la République virtuelle à la République réelle.La République réelle, c’est la République qui ne se contente pas d’inscrire la liberté, l’égalité et la fraternité sur ses monuments, mais qui les inscrit dans la réalité de la vie quotidienne.La République réelle ce n’est pas la République où tout le monde reçoit la même chose. C’est la République où chacun reçoit selon son mérite ou son handicap.La République réelle c’est celle qui fait plus pour celui qui veut s’en sortir et qui fait moins pour celui qui ne veut rien faire et dont la société ne peut accepter qu'il vive à son crochet.
Commentaire J.H.
Là, il y a un couac! Difficile de croire que N.S. inclut aussi le minimum vieillesse!

Suite N.S. "C’est celle où les hommes et les femmes ont les mêmes droits, les mêmes salaires, les mêmes possibilités de carrière, la même considération.
C’est celle où les mères qui veulent travailler peuvent faire garder leurs enfants, où la maternité n’est pas un handicap pour la vie professionnelle, où les années consacrées à l’éducation des enfants sont prises en compte dans le calcul des retraites.
La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui ne reste pas indifférente au sort de l’enfant pauvre, à la souffrance de ceux que la vie n’a pas épargnés. C’est celle qui garde tous les enfants dont les familles le souhaitent en étude surveillée quand les parents ne peuvent pas s’occuper d’eux parce qu’ils travaillent. Celle qui construit des internats d’excellence pour les élèves d’origine modeste parce qu’ils ne peuvent pas étudier chez eux.
La République virtuelle c’est celle qui fait de l’élève l’égal du maître. La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui veut une école de l’autorité et du respect où l’élève se lève quand le professeur entre, où les filles ne portent pas le voile, où les garçons ne gardent pas leur casquette en classe.

Commentaire J.H.
Je ne peux qu'être d'accord!


La République virtuelle c’est celle qui veut donner un diplôme à tout le monde en abaissant le niveau des examens. La République réelle c’est celle qui veut donner une formation à chacun, celle qui n’a peur ni de l’orientation, ni de la sélection, ni de l’élitisme républicain qui est la condition de la promotion sociale. C'est l'école de l'excellence pas l'école du nivellement et de l'égalitarisme.
La République réelle, c’est celle où le sport n’est pas un ghetto réservé aux jeunes ou aux minorités visibles mais devient une école de la vie parce que les valeurs du sport transcendent tous les âges, toutes les différences, toutes les incompréhensions. Parce que le sport c’est une éthique universelle.
La République virtuelle c’est celle qui pratique l’assistanat généralisé mais qui laisse des gens mourir sur le trottoir. C’est celle qui proclame le droit au logement et qui ne construit pas de logements. C’est celle qui proclame le droit à l’emploi et qui renonce à l’objectif du plein emploi. C’est celle qui proclame que le travail est une valeur mais qui fait tout pour le décourager. C’est celle qui proclame la continuité du service public mais accepte que les usagers soient périodiquement les otages des grévistes. C’est celle qui proclame le droit d’aller et de venir mais cherche sans arrêt des excuses aux délinquants qui empoisonnent la vie de tout le monde.
La République réelle c’est celle qui rend effectifs les droits qu’elle proclame.
C'est la République qui crée des emplois, qui construit des logements qui permet au travailleur de vivre de son travail, qui donne sa chance à l'enfant pauvre, qui met les retraités des régimes spéciaux à égalité avec ceux du secteur privé et de la fonction publique, qui garantit le service minimum en cas de grève et qui fait respecter la loi par tout le monde. Je souhaite une loi sur le service minimum dès le mois de juin 2007. Je souhaite en outre qu'une loi impose le vote à bulletins secrets dans les 8 jours du déclenchement d'une grève dans une entreprise, une université, une administration.

Commentaire J.H.
J'y suis résolument opposé!
Je veux à chaque fois qu'un lieu est illégalement occupé que celui-ci soit libéré de ses occupants illicites, y compris par le recours à la force publique, même si le propriétaire ne le demande pas, dès lors que le trouble de l'ordre public est, de notoriété publique, établi. Le tout dans les trois heures qui suivent son occupation si les locaux sont la propriété d'un organisme public et dans les 3 jours s'il s'agit d'un lieu privé.

Je crois dans la démocratie sociale. Je crois dans le dialogue, dans la négociation, dans le paritarisme. Mais je refuse la prise d'otages, les blocages, les archaïsmes, la violence, la loi du plus fort… et le manque de courage !
La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui met en prison l’assassin présumé de Claude Erignac et qui traite les cagoulés et les poseurs de bombes pour ce qu’ils sont : des meurtriers et des lâches.


La République réelle c’est celle qui se donne une obligation de résultat. C’est celle des droits que l’on peut faire valoir devant les tribunaux parce que l’on s’est donné les moyens de les rendre opposables.
Ma République c’est celle du
droit opposable à l’hébergement, parce que si l’on pense que la politique ne peut rien faire dans un pays comme la France pour empêcher les gens de mourir sur le trottoir, il ne faut pas faire de politique.
Ma République c’est celle du
droit opposable au logement, parce que si l’on pense que la politique ne peut rien faire pour résoudre en dix ans la crise du logement en construisant les 700 000 logements qui manquent, il ne faut pas faire de politique.
Ma République est celle où chacun pourra accéder à la propriété de son logement. Il faut permettre aux classes moyennes, à la France qui travaille d'accéder à la propriété. Je propose que l'Etat garantisse l'emprunt de celui qui n'a pas de relations. Je propose que l'on puisse déduire tous les intérêts de son emprunt du revenu imposable. (commentaire J.H. : Je propose que l'on déduise une partie des intérêts non du revenu imposable mais du montant de l'impôt dû). Je propose que l'on fasse de la France un pays de propriétaires parce que lorsque l'on a accédé à la propriété on respecte son immeuble, son quartier, son environnement… et donc les autres. Parce que lorsque l’on a accédé à la propriété on est moins vulnérable aux accidents de la vie.
Ma République c’est celle du droit opposable à la garde d’enfants, parce que lorsqu’on pense que la politique ne peut rien faire pour résoudre en cinq ans le problème des femmes qui travaillent et qui n’arrivent pas à faire garder leurs enfants, il ne faut pas faire de politique.
Ma République c’est celle du droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés, parce que si l’on pense que d’ici à cinq ans on ne peut pas trouver les moyens de scolariser tous les enfants handicapés, il ne faut pas faire de politique. Ce droit n’est pas seulement un droit pour les enfants handicapés, c’est aussi une chance pour les autres enfants.
Mais
ma République c'est aussi celle des devoirs opposables .Nous ne pouvons nous montrer complaisants avec le développement des fraudes des abus et des gaspillages qui sont une insulte au travail des français et qui sape les fondements de la solidarité nationale. Les droits ne vont pas sans les devoirs, et l'on ne peut valablement aider que ceux qui respectent les règles et consentent à faire un effort pour s'en sortir.


Je veux être le Président d’une République qui dira aux jeunes : " vous voulez être reconnus comme des citoyens à part entière dès que vous devenez majeurs. Vous le serez. Vous aurez les moyens de décider par vous-mêmes quand vous quitterez le domicile de vos parents. Vous aurez les moyens de réaliser vos ambitions, de vivre votre vie comme vous le souhaitez, d’aimer comme vous l’entendez. Vous aurez les moyens de devenir ce que vous voulez devenir. Mais vous accepterez d’apprendre et de vous formez, vous serez apprenti, vous serez stagiaire, vous serez étudiant. Si vous avez quitté l’école jeune vous pourrez aller dans une école de la deuxième chance. Si vous n’avez pas le bac vous pourrez accéder à des cursus qui vous permettrons quand même d’entrer à l’université. En contrepartie les aides qui sont aujourd’hui versées à votre famille pour votre éducation vous seront versées à vous, si vous le souhaitez. Si vous en avez besoin vous recevrez une allocation de formation de 300 euros par mois qui vous sera supprimée si vous n’êtes pas assidu à votre formation, si vous cessez d’étudier sérieusement. Vous aurez le droit d’emprunter à taux zéro avec la garantie de l’Etat pour financer votre projet personnel et vous commencerez à rembourser cet emprunt à partir du moment où vous aurez obtenu votre premier emploi. Si vous y ajoutez un petit travail – et tout sera fait pour que chaque étudiant puisse étudier et travailler en même temps – Vous aurez une véritable autonomie financière qui est la clé de toute liberté. Mais vous la mériterez par votre effort, par votre travail, par votre assiduité, par votre sérieux. Vous deviendrez responsable de votre vie.


Je ne veux pas de la société du minimum parce qu’avec le minimum on ne vit pas. On survit. Je veux une société du maximum.
Je préfère une jeunesse à qui l’on donne la possibilité de réaliser ses projets plutôt qu’une jeunesse qui est condamnée à l’assistanat.
Je veux être le Président d’une République qui dit à la jeunesse : « tu reçois beaucoup, tu dois donner aussi de toi-même. Tu dois comprendre que tu appartiens à une nation, qui espère en toi et à laquelle tu dois beaucoup parce que c’est elle qui te fait libre. C’est pourquoi, je propose un service civique obligatoire de 6 mois que chacun modulera en fonction de ses propres contraintes d’études, de projet professionnel, de vie familiale. Ce sera pour toi une opportunité de t’engager dans de grandes causes humanitaires, d’élargir ton horizon, de rencontrer d’autres jeunes qui sont différents de toi, ce sera une possibilité de réinsertion dans la société pour des jeunes qui en auraient été exclus.

Notre modèle républicain est en crise. Cette crise est avant tout morale. Au cœur de celle-ci il y a la dévalorisation du travail.
Le travail c’est la liberté, c’est l’égalité des chances, c’est la promotion sociale. Le travail c’est le respect, c’est la dignité, c’est la citoyenneté réelle. Avec la crise de la valeur travail, c’est l’espérance qui disparaît. Comment espérer encore si le travail ne permet plus de se mettre à l’abri de la précarité, de s’en sortir, de progresser ?
Le travailleur qui voit l’assisté s’en tirer mieux que lui pour boucler ses fins de mois sans rien faire ou le patron qui a conduit son entreprise au bord de la faillite partir avec un parachute en or finit par se dire qu’il n’a aucune raison de se donner autant de mal.
Le travail est dévalorisé, la France qui travaille est démoralisée.
Le problème c’est que la France travaille moins quand les autres travaillent plus. Le plein emploi est possible chez les autres. Il l'est aussi chez nous. Il faut aimer le travail et pas le détester.
Le problème c’est qu’il n’y a pas assez de travail en France pour financer les retraites, l’allongement de la durée de la vie, la dépendance, la protection sociale, pour faire fonctionner notre modèle d’intégration.

Longtemps la droite a ignoré le travailleur et la gauche qui jadis s’identifiait à lui a fini par le trahir.
Je veux être le Président d’une France qui remettra le travailleur au cœur de la société. Je veux proposer aux Français une politique dont le but sera la revalorisation du travail.

Quand on facilite l’endettement des ménages pour financer les créations d’entreprises ou l’achat d’une voiture indispensable pour aller travailler, on favorise le travail. Je veux créer un système de cautionnement public qui mutualise les risques et permette d’emprunter à tous ceux qui ont un projet.
Quand on investit plus on construit un avenir pour les travailleurs. C’est pourquoi je veux porter le crédit d’impôt recherche à 100%. C’est pourquoi je veux que les entreprises qui investissent et qui créent des emplois paient moins d’impôt sur les bénéfices. C’est pourquoi je veux que l’Etat se donne les moyens d’investir dans les bassins économiques en déclin pour les réindustrialiser et non pas seulement pour financer des départs à la retraite anticipés.
Quand les entreprises savent qu’elles pourront licencier en cas de difficulté, elles embauchent plus facilement. Je veux protéger les personnes plutôt que les emplois. Je veux sécuriser les parcours professionnels plutôt qu’empêcher les licenciements. Je veux créer un contrat unique à durée indéterminée qui remplacera les contrats précaires et qui permettra aux salariés d’acquérir progressivement des droits. Je veux que les bas salaires soient garantis en cas de perte d’emploi, en contrepartie de l’obligation de ne pas refuser plus de deux offres d’emplois successives.
Quand on est indemnisé par la société on doit accepter l'offre d'emploi correspondant à vos qualifications qui vous est proposée.

Le travail n'est pas assez récompensé, valorisé, respecté. Et c'est pour cela que le pouvoir d'achat est trop faible car les salaires sont trop bas et les charges trop lourdes.

Il faut augmenter le pouvoir d’achat. Les socialistes promettront de travailler moins, moi je veux que les Français gagnent plus. Je veux être le Président de l'augmentation du pouvoir d'achat. Je veux être celui qui vous garantit que si vous travaillez plus, si vous prenez plus de risque, si vous vous engagez plus, vous gagnerez davantage. Je veux être le Président du peuple qui a bien compris que les RTT ne servent à rien si on n'a pas de quoi payer des vacances à ses enfants. Je veux l'exonération de charges sociales et de l'impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires pour qu'enfin on comprenne en France que le travail est une émancipation, que c'est le chômage qui est une aliénation.
C'est pour cela que je veux que chaque Français puisse transmettre en franchise d'impôt sur les successions le fruit d'une vie de labeur. On n'a pas à s'excuser d'avoir un patrimoine en contrepartie de son travail. La France doit accueillir les patrimoines et pas les faire fuir. Quand il y a moins de richesses dans un pays ce sont les plus pauvres qui en pâtissent. Partager ce qu'on n'a plus ne fait pas la prospérité d'un peuple.
Je veux que l'Etat soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu'il à gagné.
Je veux un bouclier fiscal à 50% y compris la CSG et la CRDS.
Tout vaut mieux que de taxer l’homme au travail.
Tout vaut mieux que de taxer le travailleur qui crée la richesse.
Je veux taxer le pollueur plutôt que le travailleur.
Je veux taxer les importations qui ne respectent pas les normes internationales plutôt que le travail.
Je préfère taxer la consommation plutôt que l’emploi.
C’est le travail qui crée le travail. Le travail contribuera à rééquilibrer nos finances publiques. Il refera de la France une République fraternelle.

Je veux être le Président de tous ces Français qui pensent que l’assistanat est dégradant pour la personne humaine. Je veux être le Président qui s’efforcera de moraliser le capitalisme parce que je ne crois pas à la survie d’un capitalisme sans morale et sans éthique, parce que je ne crois pas à la survie d’un capitalisme où ceux qui échouent gagneraient davantage que ceux qui réussissent, parce que je ne crois pas à la survie d’un capitalisme où tous les profits seraient accaparés et où, à l'inverse, tous les impôts seraient partagés

Je veux être le Président qui va remettre la morale au cœur de la politique. L’enfant qui n’apprend à l’école ni la morale, ni l’instruction civique ne comprendra pas plus tard qu’être citoyen ne signifie pas seulement avoir des droits.
Le jeune qui ne fait plus son service militaire croit de bonne foi qu’il n’aura jamais rien à donner aux autres en contrepartie de ce qu’il reçoit. L’honnête homme qui voit le délinquant rester impuni et une partie de ses impôts aller dans la poches du fraudeur finira par se demander pourquoi il devrait être le seul à être honnête.
Mais si l’école n’apprend plus la citoyenneté, ce n’est pas la faute des enseignants. Si l’Etat va mal ce n’est pas de la faute des fonctionnaires.
C’est la politique qui est responsable.
Je n’aime pas la manière dont on parle des fonctionnaires dans notre pays. Je n’aime pas la politique qui cherche à opposer les salariés du privé à ceux du public. Ils ont pour la plupart une haute idée de leur mission. Les fonctionnaires sont démotivés parce que leur travail n’est pas reconnu, parce que ceux qui font le moins gagnent autant que ceux qui font le plus. Ils sont démoralisés parce que les 35 heures ont tout compliqué. Il faut aller voir dans les hôpitaux le désarroi et la peine de ces infirmières, de ces aides-soignantes aux prises avec la désorganisation et le manque de personnel que la réduction autoritaire du temps de travail a engendrés.
Je veux un Etat où les fonctionnaires seront moins nombreux mais mieux payés, où ils pourront gagner davantage quand ils travailleront plus, où les gains de productivité seront équitablement partagés, où le mérite individuel sera récompensé, où la promotion interne sera facilitée, où l’infirmière pourra devenir médecin, où le technicien pourra devenir ingénieur, où l’agent administratif pourra devenir Directeur, où la dignité et la protection des agents publics seront garanties.
Je veux que la fonction publique cesse d’être un refuge pour ceux qui ont peur de prendre des risques. Je veux qu’elle redevienne une vocation pour ceux qui ont le goût du bien commun et du service public.

Je veux une démocratie irréprochable.
La démocratie irréprochable c’est la participation de chacun à la définition du destin de tous.
La démocratie irréprochable c’est celle où il n’est pas nécessaire de voter pour les extrêmes pour se faire entendre. Celle où il n’est pas nécessaire de descendre dans la rue pour crier son désespoir. Celle où chacun reconnaît dans la politique de son pays une part de lui-même.
La démocratie irréprochable ce n’est pas celle où l’enfant d’un de ces quartiers dans lesquels s’accumulent toutes les difficultés qui regarde la télévision trouve qu’aucun homme politique ne lui ressemble.
La démocratie irréprochable c’est celle qui permet aux enfants de tous les quartiers de ressentir qu’ils ont quelque chose en commun.
La démocratie irréprochable c’est celle qui permet d’arracher le poison de l’extrémisme du cœur de tous ceux qui se laissent entraîner par leur colère et par leur peur parce qu’ils se sentent exclus.
La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés mais en fonction des compétences. C’est celle dans laquelle l’Etat est impartial. Si l'Etat veut être respecté, il doit être respectable. Je ne transigerai pas. Pour certains postes il ne doit pas y avoir de nomination sans qu'au préalable celui que l'on envisage de nommer ne soit contraint d'exposer ses vues stratégiques pour l'entreprise ou l'organisme qu'il veut présider. Et de surcroît cette nomination doit être ratifiée par un vote des commissions parlementaires concernées. Le fait du prince n'est pas compatible avec la République irréprochable.
La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où l’exécutif est tout et le Parlement rien. C’est une démocratie où le Parlement contrôle l’exécutif et a les moyens de le faire.
La démocratie irréprochable c’est un Président qui s’explique devant le Parlement. C’est un Président qui gouverne. C'est un président qui assume. On n'élit pas un arbitre mais un leader qui dira avant tout ce qu'il fera et surtout qui fera après tout ce qu'il aura dit !
La démocratie irréprochable ce n’est pas celle où l’indépendance de la justice se confond avec l’irresponsabilité des juges. C’est celle où les juges sont responsables comme n’importe quel autre citoyen des fautes qu’ils commettent. Au moins que le drame d'Outreau ait servi à quelque chose.
La démocratie irréprochable c’est celle où le gouvernement définit la politique pénale et où le peuple participe à la décision de justice. (Commentaire J.H. : Je suis hostile à cette mesure. Je suis favorable à la supression des jurys de Cour d'Assises.) Je souhaite que les jurys populaires jugent certaines affaires correctionnelles comme ils le font déjà dans les procès d'assises.
La démocratie irréprochable c'est celle qui punit durement le crime et qui traite dignement les condamnés. Je veux que nos prisons soient rénovées, trop d'entre elles ne sont pas digne de la France.
Notre démocratie n’a pas besoin d’une nouvelle révolution constitutionnelle. On change trop notre Constitution. Il faut arrêter de dire qu'elle est bonne et proposer tous les trimestres une nouvelle modification. Mais nous devons changer radicalement nos comportements pour aller vers davantage d’impartialité, d’équité, d’honnêteté, de responsabilité, de transparence.

La démocratie irréprochable ce n’est pas celle où la représentativité syndicale est présumée en fonction du comportement patriotique durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est celle où la représentativité se prouve dans des élections où chacun peut librement se présenter dès le premier tour.

La démocratie irréprochable ce n'est pas seulement la démocratie Française, c’est aussi la démocratie européenne parce que les deux sont indissolublement liées. Après le « non » au référendum sur la Constitution européenne on ne peut pas continuer à faire l’Europe de la même manière. Je veux être le candidat qui dit à celui qui a voté « oui » : « j’ai voté « oui » aussi et comme vous, je crois à une France ouverte sur le monde et à une Europe qui permettra à la France d’être plus grande. Comme vous, je crois que rester immobile serait mortel quand tous les autres avancent. » Mais je veux lui dire aussi qu’il serait plus mortel encore de juger celui qui a voté « non » au lieu de chercher à le comprendre. Je veux lui dire que la France qui gagne perdra tout si elle méprise la France qui ne se sent pas bien. Je veux lui dire que tous nos destins sont liés, que tout ce qui divise les Français affaiblit la France, que tout ce qui affaiblit la France affaiblit chacun d’entre nous. Je veux dire à celui qui n’a pas peur parce que tout va bien pour lui qu’il doit tendre la main à celui qui a peur de l’exclusion,à celui qui vit dans la hantise du déclassement, parce que nul n’est à l’abri des accidents de la vie, parce que notre capacité à vivre ensemble, à nous comprendre et à nous respecter est notre bien le plus précieux.

Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : nous voulons l’Europe, nous la voulons parce que sans elle nos vieilles nations ne pèseront rien dans la mondialisation, sans elle nos valeurs ne pourront pas être défendues, sans elle le choc des civilisations deviendra plus probable et le péril pour l’humanité sera terrible.

Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : « nous ne ressusciterons pas la Constitution européenne. Le Président Giscard d’Estaing a fait un travail remarquable, mais le peuple a tranché. L’urgence c’est de faire en sorte que l’Europe puisse fonctionner de nouveau en adoptant par la voie p

Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 10:55
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Voici un point de vue que Nicolas Sarkozy a exprimé dans le quotidien "Le Monde" en Septembre 2005 sur le problème , épineux , de la recherche scientifique en France et plus spécialement, la recherche publique.

Début de citation :

Au-delà de la concurrence entre les marchés du travail, des biens, des services et des capitaux, la mondialisation met, chaque jour davantage, en compétition les systèmes d'enseignement supérieur et de recherche.

Retenir et attirer les meilleurs étudiants, les enseignants et les chercheurs les plus prometteurs ; préserver ou acquérir la maîtrise des savoirs les plus avancés et leurs applications technologiques ; renforcer les capacités d'innovation, la compétitivité des entreprises et des territoires : c'est un défi de plus pour notre pays. Et l'un des plus importants, car il conditionne fortement nos perspectives d'avenir et notre rang dans le monde.

Sommes-nous armés pour le relever ? Disons-le sans détour, nos performances ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Le poids de la France dans le volume mondial des publications, des citations scientifiques et des brevets recule.

Notre pays ne se positionne plus qu'à la douzième place mondiale pour l'impact global de ses travaux de recherche. Ces dix dernières années, un seul chercheur français s'est vu attribuer un prix Nobel en sciences, contre trois en Suisse, six en Allemagne, huit au Royaume-Uni et soixante-dix aux Etats-Unis.

Quant à nos établissements d'enseignement supérieur, un classement international récent faisait figurer la première université française à la 46e place, loin derrière des universités américaines, britanniques ou japonaises. Certes, ce type de classement est toujours contestable. Mais j'observe que les indicateurs sont rarement à l'avantage de notre pays.

Pour tempérer ce constat préoccupant, il peut être tentant d'avancer les mérites de notre enseignement supérieur, comme la démocratisation des études. Hélas, les comparaisons internationales ne plaident pas, là non plus, en notre faveur.

Sait-on que plus de la moitié des élèves inscrits en début de premier cycle universitaire échouent sans obtenir le moindre diplôme, quand deux tiers des étudiants américains sortent diplômés ? Que, malgré le doublement des effectifs étudiants depuis vingt-cinq ans, les études supérieures dans notre pays concernent 37 % d'une classe d'âge, contre 64 % aux Etats-Unis et 51 % en moyenne dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ?

Dire cela n'est pas contester la réputation d'excellence, méritée, de certaines écoles, de certains laboratoires et de certaines disciplines en France ? notamment en mathématiques et physique, dans les sciences humaines et sociales. Ce n'est pas nier la qualité et la motivation d'hommes et de femmes qui prennent part, avec passion, à l'effort de recherche et de formation de la nation. C'est resituer le problème dans une perspective d'ensemble, en acceptant, sans tabous, de se soumettre à l'épreuve des faits. Ce n'est pas en esquivant la réalité ou en se rassurant à bon compte que nous remédierons à nos carences.

Comment en est-on arrivé là ? Notre enseignement supérieur et notre recherche souffrent, d'abord, d'un manque de moyens. La France consacre un peu plus de 1 % de sa richesse nationale au financement de l'enseignement supérieur, un effort sensiblement moins important qu'aux Etats-Unis (2,7 %), en Corée du Sud (2,6 %) ou en Suède (1,7 %). La dépense par étudiant y est beaucoup moins élevée que dans la moyenne des pays de l'OCDE. Fait moins connu, qui nous singularise encore davantage, elle est également inférieure de 20 % à la dépense moyenne par élève du premier et second degré.

Notre effort de recherche, lui, se relâche depuis le milieu des années 1990, pour stagner autour de 2,2 % du produit intérieur brut. Il se situe, dorénavant, en net retrait derrière les grandes puissances industrielles ? Etats-Unis, Japon, Allemagne, mais aussi derrière la Suède, la Suisse ou la Corée du Sud. Je note, par ailleurs, que la Chine vient de passer devant notre pays pour ce qui est de son poids dans les dépenses mondiales de recherche. Ce manque de moyens trouve, pour partie, son origine dans la situation très dégradée de nos finances publiques. Mais il n'explique pas tout.

Notre système d'enseignement supérieur et de recherche pâtit de l'inadaptation de son organisation et de son mode de fonctionnement. Conçu pour une économie fermée en phase de reconstruction puis de rattrapage, il n'a que très peu évolué depuis. Les universités, qui accueillent les trois quarts des étudiants, sont à la périphérie et non au centre du système. Elles sont marginalisées par les grandes écoles dans la formation des élites et par les grands organismes ? Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Institut national de la recherche agronomique (INRA), Commissariat à l'énergie atomique (CEA)... ? dans le pilotage des travaux de recherche. Pénalisées par la faiblesse de leurs instances de gouvernance et des règles de gestion centralisées à l'excès, elles ne maîtrisent qu'une petite partie de leurs moyens d'action. Reconnaissons-le, l'autonomie des universités, affirmée depuis la loi Edgar Faure (1968), puis dans la loi Savary (1984), est restée lettre morte.

Le paysage de la recherche publique est, lui, encombré par la multiplication des priorités et l'empilement des organismes. Epuisé par la dispersion des efforts, il est, de plus, affaibli par une série de clivages dépassés, mais qui ont la vie dure : entre recherche publique et privée, recherche fondamentale et appliquée, sciences humaines et sociales et sciences exactes ; clivage, enfin, entre enseignement supérieur et recherche.

Le problème est, aussi, que l'efficience du système n'est pas garantie par des procédures d'évaluation suffisamment transparentes et rigoureuses. La prépondérance du financement récurrent des structures sur la logique du financement des projets, la confusion, au sein des mêmes organismes, des fonctions d'agence de moyens et d'opérateurs de recherche, ne constituent pas des facteurs favorables. Cessons de nier l'évidence : notre dispositif n'est plus adapté aux défis que doit relever une société ouverte sur le monde et engagée dans le processus d'intégration européenne. Il faut dégager, sans tarder, de nouvelles perspectives.

J'insisterai particulièrement sur trois axes de réforme essentiels. Premièrement, nous devons enfin faire accéder nos universités à l'autonomie réelle et effective. Cela suppose de moderniser l'architecture de leur gouvernance et de leur accorder beaucoup plus de latitude dans la gestion de leurs ressources humaines, immobilières et budgétaires. Cela implique ensuite de mieux reconnaître leur place dans l'effort de recherche. Même si elles opèrent souvent sous le label des grands organismes, la majorité des unités de recherche sont aujourd'hui accueillies dans des universités. Des conseils d'administration plus resserrés et plus ouverts sur la société, des présidents dotés de pouvoirs forts qui s'appuieraient sur des services aux compétences renforcées dans le management, un cadre de gestion plus moderne et moins tatillon, une plus grande maîtrise des orientations scientifiques : voilà les principaux ingrédients de l'autonomie. N'ayons pas peur de faire confiance à nos universités.

Deuxièmement, nous devons créer les conditions d'une évaluation plus efficace de la qualité des formations et des recherches. Cela exige de rompre avec la logique des structures, des statuts et des financements indéfiniment acquis. Dans une société d'innovation, l'exigence de réactivité doit primer sur la vocation planificatrice de vastes administrations scientifiques. Je plaide pour que nos grands organismes soient recentrés sur leurs missions d'agences de moyens, qui financent, évaluent mais ne gèrent pas ou peu, sans que cela les empêche de conserver leur réseau de laboratoires propres. Leur rôle principal consisterait à accorder des financements sur projets à des équipes de recherche, notamment universitaires. Il leur reviendrait d'appliquer, au besoin en faisant appel à des experts internationaux, des critères très exigeants de qualité scientifique.

Notre pays a besoin d'une recherche fondamentale de très haut niveau : c'est elle qui détermine sur le long terme notre capacité d'innovation technologique et industrielle. Notre ambition de demeurer l'un des pays les plus développés de la planète est incompatible avec des exigences au rabais en matière d'excellence. Chacun doit comprendre également la nécessité de trouver un bon équilibre entre les restrictions d'ordre éthique et l'exigence de progrès. Sinon, il faudra accepter de dépendre des capacités technologiques d'autres pays et de choix éthiques faits ailleurs, et sans nous. Ce n'est pas ce que je souhaite pour notre pays, ni pour l'Europe, qui devra impérativement s'organiser pour mieux coordonner ses efforts de recherche.

Enfin ? point capital ?, nous devons revaloriser la place faite aux chercheurs et aux enseignants chercheurs dans la société. Je ne peux pas me résoudre à voir les jeunes talents se détourner des métiers de la recherche ou s'expatrier pour réussir. Cela implique de leur proposer des conditions de travail et des rémunérations plus attractives. Faut-il que l'accès à l'emploi permanent rime forcément avec un statut de fonctionnaire, assorti de rémunérations limitées et d'une évolution de carrière tracée à l'avance ? Pourquoi s'interdire par principe le recours à des contrats à durée indéterminée plus rémunérateurs qui offriraient des perspectives professionnelles plus ouvertes ?

Plus généralement, nous devons introduire plus de souplesse, encourager la mobilité dans les parcours, permettre de gagner davantage à ceux, fonctionnaires ou contractuels, qui travaillent plus.

Cela passe notamment par une liberté de choix plus importante, entre le temps consacré à la recherche et celui dévolu à l'enseignement. Et aussi par une meilleure reconnaissance du doctorat dans l'accès aux responsabilités supérieures de l'administration et des entreprises.

Ces trois orientations, indissociables, s'intègrent dans une démarche ambitieuse qui vise à favoriser, autour de grandes écoles et d'universités à l'autonomie renforcée, la constitution de campus de recherche dotés d'une forte visibilité et qui irrigueraient la société et les territoires. Elles vont de pair avec la simplification et le regroupement des structures et des établissements, dont le nombre actuel est trop élevé.

Les impulsions données par le gouvernement vont dans le bon sens : augmentation des moyens, création de l'Agence nationale de la recherche, refonte de l'évaluation. Mais il faut aller plus loin et plus vite. Le temps presse et les enjeux sont considérables.

Il faut dégager d'importantes marges de manoeuvre budgétaires, ce qui requiert un effort très important de maîtrise de la dépense publique. Sachons faire des choix si nous voulons que l'enseignement supérieur et la recherche deviennent réellement une priorité. Et comme les moyens supplémentaires seront, par construction, toujours insuffisants s'ils sont déversés sur un système inefficient, engageons-nous sans attendre dans l'expérimentation de réformes plus audacieuses, en commençant par l'autonomie de quelques universités. La future loi d'orientation et de programmation sur la recherche nous en donne l'occasion. Ne la laissons pas passer.

Fin de citation.

Nicolas Sarkozy était, à l'époque Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur. Il l'est toujours. D'aucuns penseront que le Ministre de l'Intérieur n'a pas à exprimer un point de vue personnel sur un sujet qui ne relève pas de son domaine de compétences ministériel ... On connait la chanson. Je pense, moi, que tout citoyen a le droit d'exprimer son point de vue personnel sur tout les sujets. Personnellement, je ne m'en prive pas! J'invite chaque citoyen à faire de même ... C'est la meilleure manière d'apporter la preuve que notre pays est une grande démocratie.

Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /Jan /2007 23:52
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Alain Juppé soutient Nicolas Sarkozy. Il donne lui-même les raisons de son soutien sur son blog. J'ai pris la liberté de les reproduire sur mon blog, comme je le fais pour tout texte majeur susceptible de peser dans le débat.

Début de citation :

"Vous êtes nombreux à me dire, par courriel, par lettre, au hasard d’une rencontre : « Il faut vous présenter à la prochaine élection présidentielle ! »

Vous répondre que je n’y ai jamais pensé serait mentir.

Quand on a consacré, comme je l’ai fait, une grande partie de sa vie professionnelle à l’engagement politique, quand on a exercé de lourdes responsabilités publiques, il est naturel d’éprouver ce désir. Tout simplement pour accomplir sa tâche jusqu’au bout et tenter de concrétiser ses idéaux.

Les circonstances ne me permettront pas d’entrer dans la course.
Ecarté, par ma faute, des premiers rôles de la scène politique nationale depuis plusieurs années, je ne me sens pas en situation de me lancer dans la compétition avec quelque chance de victoire. Et à quoi servirait une campagne de témoignage, sinon à jeter le trouble dans ma propre famille politique ?

Est-ce à dire que je ne m’engagerai pas dans le débat qui s’annonce ? J’ai trop ancrée au fond de moi la passion de mon pays pour me retirer sur l’Aventin.
J’ai envie d’exprimer moi-même, et d’entendre de la part des candidats, un certain nombre d’idées auxquelles je crois.

Et d’abord l’amour de la France. De ce qu’elle est, de ce qu’elle doit demeurer.
Je crois à la vertu de fidélité, y compris chez les peuples.
Je crois en une France fidèle à elle-même.
Fidèle à son histoire, à sa culture, à sa langue, à ses valeurs.
Fidèle au « modèle » économique et social qu’elle a construit au fil des décennies, c’est-à-dire à l’équilibre entre l’esprit d’entreprise et l’économie de marché, sources de toute richesse d’un côté, et, de l’autre côté, l’élan de fraternité et de solidarité, l’exigence de protection collective sans lesquels la volonté de vivre ensemble qui définit le sentiment national s’étiole. La recherche de cet équilibre est un combat de tous les jours. Mais elle fait la beauté de notre aventure commune.

Fidélité de la France encore à sa vocation européenne et internationale : faire entendre une voix libre, qui parle de paix, de coopération, de développement, de justice, de gouvernance mondiale plutôt que de confrontation ou de coercition.

France fidèle. France moderne. Qui pourrait nier que notre pays a besoin, dans certains domaines, de profonds changements pour s’adapter au monde nouveau ? Il a su le faire, et magnifiquement, tout au long de son histoire et notamment depuis un demi-siècle.

On voit bien aujourd’hui les défis à relever : remettre le travail à l’honneur ; diffuser dans notre société une vraie culture de responsabilité ; « agiliser » l’Etat ; donner la priorité à la formation des hommes et des femmes, notamment en dotant l’enseignement supérieur des moyens et de l’organisation qu’il mérite ; investir massivement dans la recherche… Sur ces questions et sur quelques autres, j’ai avancé des propositions dans le livre que je viens de publier : « France, mon pays. Lettres d’un voyageur ».

Il est un domaine où une rupture s’impose : le sauvetage de la planète. Nous savons que, si nous ne réagissons pas vigoureusement, le processus de destruction de la nature, de la vie et sans doute de notre Terre deviendra irréversible. Or nous avons la capacité de réussir. A condition de consentir, du local au global, à une révolution écologique de nos comportements. Je reviendrai plus longuement sur les voies et moyens de cette révolution, dans le cadre de la préparation de le Conférence de Paris qui doit se tenir à l’Elysée les 2 et 3 février prochain et dont le Président de la République m’a confié la coordination.

Voilà quelques-uns des sujets dont j’aimerai voir débattre les candidats à la prochaine élection présidentielle.

Dans ma famille politique, Nicolas Sarkozy s’est déjà exprimé sur certains d’entre eux. J’ai partagé plusieurs de ses analyses ou de ses projets : je pense à sa volonté d’organiser l’immigration de manière plus cohérente, en liaison avec les pays d’émigration ; à sa vision d’une fiscalité plus juste et plus incitative ; ou encore à ses propositions pour sortir l’Union européenne de la crise d’identité où elle est plongée. Je me suis réjoui de voir l’évolution de sa pensée sur la manière de débloquer le modèle français d’intégration ou sur l’avenir de notre protection sociale. Il lui appartient maintenant de préciser son projet présidentiel, par exemple : sur le fonctionnement de nos institutions, sur le nécessaire effort de défense de la France ou sur la spécificité de sa politique étrangère.

Le choix d’un candidat, c’est le choix d’un projet. C’est aussi le choix d’une personne.
Je connais bien Nicolas Sarkozy, depuis longtemps. Je connais ses forces et ses faiblesses, comme il connaît les miennes. J’apprécie sa capacité d’agir. Il en a fait la démonstration depuis 2002. C’est un atout majeur pour conduire une grande Nation dans un monde turbulent.
Il y faut aussi la capacité de rassembler, qui implique le refus de toute forme d’intégrisme, le sens de l’écoute et le respect du point de vue d’autrui. Nicolas Sarkozy veut et peut rassembler.

Le temps du débat interne à notre famille politique est maintenant clos. Comme je l’ai affirmé à plusieurs reprises, ces dernières semaines, seul Jacques Chirac, du fait de sa fonction, ne saurait être tenu par des procédures de parti. S’il choisissait d’être candidat, une situation nouvelle serait alors créée, qu’il appartiendrait à chacun d’analyser.

Pour l’heure, l’UMP va se prononcer.
Pour ma part, et pour les raisons que je viens de dire, j’ai décidé d’apporter mon soutien à Nicolas Sarkozy.

9 Janvier 2007

Alain Juppé
Fin de citation.
Ce texte, on le voit, mérite une lecture attentive. Il s'agit d'un soutien mesuré et non pas d'un soutien inconditionnel dont la fonction est de se démarquer de la prise de position de Dominique de Villepin qui, lui - c'est lui-même qui l'a dit - , ne soutient pas le même Nicolas Sarkozy. Si Jacques Chirac se présente (je n'y crois pas beaucoup mais, sait-on jamais?), Alain Juppé soutiendra Jacques Chirac, lequel arrivera devant Nicolas Sarkozy (et de loin!). Si Jacques Chirac ne se présente pas, Dominique de Villepin pourrait se présenter. L'homme est assez buté, assez "raide", pour prendre le risque de torpiller la candidature de Nicolas Sarkozy au point de provoquer, de manière certaine, la défaite de la Droite républicaine face à Ségolène Royal en provoquant une dispersion des voix assurant, du même coup, la présence de Le Pen au second tour ...
 
A méditer!
Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /Déc /2006 10:18
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Les choses se concrétisent. On approche de la confrontation sérieuse des propositions des uns et des autres.

Voici celles que fait l'UMP par l'intermédiaire des responsables les plus en pointe de ce parti.

Des propositions n'ont de sens que si elles sont chiffrées lorsqu'elles entrainent une dépense budgétaire évidente, ce qui arrive souvent.

Début de citation :

Communiqué de presse 

1. Soucieux de redonner à la France les marges de manœuvre nécessaires à la maîtrise de son destin et de rompre avec la facilité de l’endettement sur le dos des générations futures, le projet de l'UMP pour 2007 (p. 14 et 15 du projet) s’est explicitement fixé l’objectif de ramener la dette publique 60% du PIB en 2012 par rapport à son niveau attendu en 2007.  

Pour atteindre cet objectif, et en retenant l’hypothèse raisonnable d’une croissance annuelle moyenne sur la période de 2,25%, les dépenses publiques devront augmenter au maximum chaque année de 1,8% en volume. C’est une perspective crédible puisque, sur la période 2004-2006, le taux moyen d’augmentation des dépenses publiques a été de 1,93%. Au terme de la législature, le niveau des dépenses publiques s’établirait à 51,7% du PIB contre 54% aujourd’hui, et se rapprocherait de la moyenne européenne (UE 15) qui est de 48,6. Le respect de ces objectifs signifie en revanche que la majorité des mesures nouvelles annoncées par le projet devront être financées par redéploiement de dépenses existantes (une partie étant financée par quelques recettes nouvelles, en particulier issues de la fiscalité écologique).  

Ce cadrage de finances publiques constitue une rupture dans l’histoire de la vie politique française. Pour la première fois depuis 25 ans, un grand parti ne se fonde pas sur des hypothèses exagérément optimistes de croissance et s’engage sur un objectif exigeant de maîtrise des finances publiques. A la différence du programme socialiste, le projet de l’UMP s’inscrit intégralement dans un cadrage de finances publiques qui s’impose à lui et qui nous engage.  

2. Le seuil de 60% n’a pas été choisi au hasard. Pour le respecter, il contraint les décideurs publics à ramener le déficit des finances publiques à moins d’1,5% du PIB en 2012, c’est-à-dire à un niveau inférieur aux dépenses publiques d’investissement. Dans toutes les économies développées comme la nôtre, ce seuil de déficit public est considéré comme optimal, car il satisfait l’objectif de non endettement aux dépens des générations futures sans remettre en cause les investissements nécessaires pour leur bien-être. Si ce seuil de déficit est atteint, il sera possible, au terme de la législature, d’inscrire la « règle d’or » dans la Constitution ou dans la loi organique relative aux lois de finances. Selon cette règle, qui deviendrait alors une norme obligatoire pour tout gouvernement futur, le déficit des finances publiques n’est autorisé que pour financer des dépenses d’investissement, en aucun cas pour financer des dépenses courantes. 

Par rapport aux recommandations du rapport Pébereau sur la dette publique, l’UMP se donne deux années supplémentaires pour atteindre le seuil de 60% (2012 au lieu de 2010). Mais ce décalage est justifié par la nécessité de mettre en œuvre un certain nombre de mesures que l’UMP estime indispensables et urgentes pour préparer l’avenir de notre pays, élever le taux de croissance potentiel de l’économie française et créer les conditions d’une augmentation durable du pouvoir d’achat des Français. C’est le cas en particulier des mesures relatives à l’éducation, à l’enseignement supérieur et à la recherche, au développement durable et au soutien de la valeur travail, qui ne peuvent plus attendre. Ce qui est en revanche certain, c’est qu’au terme de la législature et tout en ayant mené à bien les réformes structurelles dont notre pays a besoin, la dynamique de désendettement sera engagée. 

3. Compte tenu du fait qu’un certain nombre de mesures nouvelles, comme l’assurance salaire et retour à l’emploi, le compte épargne-formation individuel, l’allocation unique pour la garde des enfants de moins de trois ans ou encore la gratuité des musées, sont intégralement ou quasi intégralement autofinancées, les mesures nouvelles prioritaires représentent un montant estimé d’environ 27 Mds d’euros au total en cinq ans 

Il s’agit de l’enseignement supérieur et de la recherche (9 Mds), de la mise en place d’études dirigées, du droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés et du plan d’urgence au profit de l’éducation prioritaire (2,6 Mds), de la création d’une cinquième branche de la protection sociale (3,5 Mds), du choc en faveur des revenus du travail par l’exonération des charges fiscales et sociales sur les heures supplémentaires (4,6 Mds), de l’exonération des droits de donation et de succession pour tous les patrimoines petits et moyens (3 Mds), du crédit d’impôt environnement (1 Md), du renforcement du crédit d’impôt recherche pour les PME-PMI (0,5 Md) et des dépenses relatives à la politique du logement (2,5 Mds).  

Une révision générale des politiques publiques permettra de dégager les ressources nécessaires au financement de ces mesures. Son périmètre comprendra les dépenses de l’Etat (sans la charge de la dette, par nature incompressible), l’ensemble des dépenses de santé, et celles de la Caisse nationale des allocations familiales, soit 590 Mds d’euros. Redéployer 27 Mds d’euros sur 590 Mds revient à réorienter de l’ordre de 5% des dépenses en cinq ans, ce qui est un effort parfaitement soutenable, comme l’ont montré des pays comme la Suède qui ont mené ce type de révision. Des mesures telles que la réorganisation de la carte judiciaire, un meilleur ciblage des aides aux entreprises, la suppression de certaines niches fiscales ou de certains crédits d’impôt, en particulier lorsqu’ils sont défavorables à la protection de l’environnement, la lutte contre les abus, les fraudes et les gaspillages en matière sociale, ainsi que des gains de productivité dans de nombreux services sans porter atteinte à la qualité du service, et même en l’améliorant, constituent des exemples de redéploiements envisageables (il est raisonnable de penser que les gains de productivité peuvent atteindre 2% par an sur une base de 100 Mds, soit 10 Mds en cinq ans) . 

4. Le projet de l’UMP comporte également un certain nombre de recettes nouvelles, en particulier la création d’une franchise sur les actes médicaux (1,7 Mds) et le renforcement de la fiscalité écologique (notamment une redevance d’usage du réseau routier dont le gain peut être évalué à 0,4 Md après déduction du coût de suppression de la taxe à l’essieu, et la création d’une taxe sur le carbone importé). Comme le projet s’y engage explicitement, ces recettes nouvelles n’élèveront pas le niveau général des prélèvements obligatoires, mais viendront en compensation d’un certain nombre d’allègements fiscaux prévus par ailleurs par le projet (cf. supra) au financement desquels elles contribueront.  

5. Il est à noter que le présent chiffrage ne tient pas compte des économies engendrées par les mesures mises en œuvre (à titre d’exemple, la réduction de l’échec scolaire grâce à la mise en place des études dirigées) et ne procède pas d’une analyse dynamique des dépenses publiques. En particulier, les effets sur la croissance provoqués par les mesures de réhabilitation de la valeur travail ne sont pas pris en compte. Si la révision générale des politiques publiques permet de dégager davantage de ressources et surtout si la croissance, grâce aux réformes entreprises, est supérieure à l’hypothèse de croissance retenue pour établir le présent chiffrage, les marges de manœuvre nouvelles ainsi créées seront consacrées au financement des autres mesures du projet (pour une enveloppe d’environ 10 Mds d’euros) et à la réduction du taux de prélèvements obligatoires (actuellement de 44%), et plus particulièrement la fiscalité pesant sur les entreprises, afin de le rapprocher de la moyenne des pays de l’Union européenne (actuellement de 40%).

François Fillon , conseiller politique du président de l’UMP, président de la Commission du Projet

 Pierre Méhaignerie, secrétaire général de l’UMP, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale

 Alain Lambert, secrétaire national de l’UMP à l’Economie, ancien ministre délégué au Budget

Eric Woerth, trésorier de l’UMP, ancien secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat

               Gilles Carrez, rapporteur général de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale

               Philippe Marini, rapporteur général de la Commission des Finances du Sénat

 

Fin de citation.

A en juger par la qualité des signatures, un tel communiqué est indiscutablement CREDIBLE.

François Fillon vient de publier un livre sur la nécessité de dire la vérité aux Français.
Alain Lambert est le co-auteur de la Loi Organique sur les Lois de Finance (avec Didier Migaud, socialiste). Cette LOLF, c'est une sorte constitution buggétaire. Elle est entrée en application pour le budget 2006, après presque 10 ans de préparation (10 ans!).
Eric Woerth a exercé des responsabilités au sein d'un grand cabinet d'audit comptable (Ernst and Young).
Gilles Carrez est le rapporteur général du budget (chez les socialistes, c'est Didier Migaud qui joue ce rôle extrêmement important). Gilles Carrez est aussi le "père" d'une loi dite "loi Carrez" qui tend à rendre les transactions immobilières transparentes. IL EST AUSSI LE MAIRE DU PERREUX, commune liée avec NOGENT SUR MARNE (dont je suis un des élus) dans une communauté d'agglomération. Gilles Carrez est connu pour être un gestionnaire rigoureux, presque avare de la dépense publique! C'est tout le contraire du maire de Nogent, dépensier à outrance et mauvais gestionnaire avéré ....

J'ai donc confiance dans ce texte. Ceux qui l'ont écrit et en assument le contenu sont tout sauf des "branquignoles" ou des irresponsables ...

Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /Déc /2006 11:25
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Quand arrive le temps d'une élection présidentielle, c'est toujours le moment d'une profonde intropection. Tous les sujets sont importants. Tous sont prioritaires (Bonjour les dégats quand on arrive au carrefour! Celui des idées, bien sûr ...).

Mais il en est qui sont plus prioritaires que les autres ... pendant que d'autres sont, eux, ultra- prioritaires.

Bref! Autant commencer par la première priorité. C'est à dire la mienne (puisque JE suis sur MON blog). C'est à dire l'éducation, l'un des piliers de l'avenir ...

Chacun en pensera ce qu'il en voudra. Voici ce qu'en pense Nicolas Sarkozy. Il l'a dit à Angers qui n'est pas très loin de Sablé sur Sarthe, la terre d'élection de ... François Fillon.

Début de citation :

Mes chers amis, je veux vous dire ma joie d’être avec vous ce soir.

Joie d’être ici à Angers, dans cette région du Val de Loire qui évoque si fortement la douceur de vivre et la puissance des idées.

Dans cette région, qui pour apprivoiser un fleuve inventa un paysage.

Dans cette région, qui pour imposer la Renaissance n’a pas eu peur de rompre avec les codes de son temps.

Dans cette région qui, avec la Renaissance, a montré que la rupture est possible sans qu’elle conduise au chaos.

Je veux vous dire ma joie d’être entouré de compagnons fidèles : François Fillon, Pierre Méhaignerie, Roselyne Bachelot, Pierre-André Périssol, Hervé de Charrette, Marc Laffineur… L’amitié est comme l’éducation : elle ne se nourrit pas de la complaisance et de la facilité ; elle se nourrit du courage de se dire les choses, de lucidité dans la réussite, de soutien dans l’adversité.

Enfin, et surtout, je veux vous dire ma joie des échéances qui se rapprochent.

Ce soir, je suis venu vous dire d’avoir confiance.

La France veut des idées fortes, elle n’attend pas des concepts creux. La France veut un dialogue sincère, elle n’attend pas de recevoir l’écho déformé de son propre discours. La France veut qu’on lui propose un avenir différent, elle n’attend pas qu’on lui resserve les recettes du passé. La France veut qu’on la tire vers le haut, elle n’attend pas qu’on la berce de formules toutes faites avec lesquelles tout le monde est d’accord.

La France a conscience des défis que notre pays doit relever. Elle veut qu’on lui dessine des perspectives, qu’on lui propose des choix, qu’on lui apporte des solutions.

Ce soir, je suis venu vous dire ma sérénité et ma détermination.

La gauche n’a qu’un seul objectif : celui de battre la droite. Nous avons une ambition : faire de la France un pays où tout peut devenir possible.

La gauche n’a qu’un but : prendre sa revanche. Nous avons qu’un idéal : que l’avenir redevienne une espérance.

La gauche n’a qu’une intention : figer le pays. Nous avons une volonté : faire entrer notre pays dans le XXIème siècle. Le remettre en mouvement.

Ma sérénité, je la trouve dans mes amis ici présents, dans tous ceux qui sont venus témoigner à mes côtés de notre résolution à nous emmener vers la victoire : ministres, parlementaires, élus, adhérents, citoyens...

Ma sérénité, je la trouve en vous voyant si nombreux ce soir. Si impatients d’engager le combat pour nos idées. Si résolus à vous battre pour notre pays. Si sûrs du bien-fondé de notre projet et de notre action.

Depuis quatre ans et demi, dans tous les combats que j’ai menés, je n’ai jamais cessé d’avoir besoin de vous.

Besoin de vous pour combattre la pensée unique de la complaisance envers la délinquance. Besoin de vous pour combattre la lâcheté du mépris des victimes.

Besoin de vous pour convaincre qu’entre l’illusion de l’immigration zéro et l’ouverture à tous les vents, il y a un juste équilibre, celui de l’immigration choisie.

Besoin de vous pour affirmer que, quand on a travaillé toute sa vie et payé des impôts, quand on a préféré économiser plutôt que dépenser, on a bien le droit de laisser sa maison et ses économies à ses enfants en franchise d’impôt.

Mais c’est plus que jamais, au cours des cinq prochains mois, que je vais avoir besoin de chacun de vous. De chacun de vous en particulier, et de chacun de vous tous ensemble.

Ce soir, je suis venu vous dire que si je suis candidat, c’est pour poser ensemble les fondations d’un nouvel avenir. Un nouvel avenir pour tous, mais d’abord pour ceux qui ont connu des épreuves, se sentent fragiles, ou pensent que rien n’est jamais pour eux.

Pour poser ces fondations, nous devons rompre avec toutes les facilités, toute la démagogie, toutes les compromissions, toutes les hypocrisies, qui depuis 25 ans affaiblissent notre pays et compromettent son avenir.

Je vous propose de rompre avec ce qui nous tire vers le bas pour laisser grandir ce qui nous tire vers le haut.

Je vous propose de rompre avec ce qui crée du désespoir pour faire renaître de l’espérance.

La rupture que je vous propose, c’est la rupture avec les archaïsmes et avec les conservatismes. La rupture avec l’injustice des discriminations, avec l’injustice du travail méprisé, avec l’injustice de l’effort non récompensé. La rupture avec cette société bloquée où les destins sont écrits à l’avance.

Je vous propose la rupture avec l’Etat mal géré et inefficace. La rupture avec l’Etat instrumentalisé au profit d’intérêts personnels ou politiques.

Je vous propose la rupture avec l’assistanat qu’on subventionne sur le dos de ceux qui travaillent. Je vous propose la rupture avec l’irresponsabilité qu’on finance sur le dos des générations futures.

C’est une rupture tranquille, mais réelle.

Ce soir, je suis venu vous proposer un nouvel avenir pour l’école de la République.

Je suis venu vous proposer qu’elle incarne un espoir pour chaque famille, et une envie pour chaque enseignant.

Je suis venu vous proposer que nous assumions enfin notre ambition pour l’éducation.

La France ne restera une nation libre que si elle se place aux avant-postes des mutations du monde. Pour cela, elle a besoin d’excellence, elle a besoin d’intelligence, elle a besoin d’innovation, elle a besoin de justice.

Je vous propose de libérer la parole de ceux qui souffrent, à commencer par celle des enseignants et des chefs d’établissements.

Je vous propose de dénoncer les faux-semblants, les mensonges, la pensée unique, l’hypocrisie.

L’hypocrisie du bac qu’on brade peu à peu, pour mieux sélectionner à l’université dans le secret des examens de fin de deuxième année.

L’hypocrisie des grandes écoles qui accueillent moins d’enfants d’ouvriers et d’employés aujourd’hui que dans les années 50.

L’hypocrisie des zones d’éducation prioritaire où l’on met les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés, en croyant pouvoir taire leur colère par une prime de 80 euros par mois.

L’hypocrisie de la carte scolaire qui ne pèse que sur ceux qui n’ont pas les moyens ou pas les relations pour la contourner.

L’hypocrisie de l’école à deux vitesses, celle des beaux quartiers où l’on enseigne les grands auteurs et le raisonnement scientifique, et celle des quartiers populaires où l’on demande aux enseignants de remplacer Les Fleurs du mal par des chansons de rap, les chefs d’œuvres de la littérature par les films qu’ils ont inspirés, les livres entiers par des morceaux choisis, et l’exercice de rédaction par celui du QCM.

Je veux m’adresser ce soir à nos centaines de milliers d’enseignants, qui chaque jour ont entre leurs mains l’avenir de nos enfants, et qui s’interrogent de plus en plus sur ce que la République attend d’eux.

Je veux m’adresser ce soir à nos penseurs, à nos écrivains, à nos grands scientifiques, de Jacqueline de Romilly à Erik Orsenna, de Françoise Chandernagor à Luc Ferry, qui inlassablement, avec des mots qui leur ressemblent, et qui sont souvent ceux de la force douce, interpellent la Nation sur ce qu’elle fait de son école.

Je veux m’adresser ce soir aux hussards noirs de la République. Ils existent encore, et plus nombreux qu’on ne croit : enseignants des quartiers difficiles, enseignants des zones d’éducation prioritaire, ils résistent à la facilité et à la démagogie des instructions de l’Education nationale et des consignes reçues dans les IUFM.

Ils refusent de changer leurs cours sous prétexte qu’ils sont en ZEP et pas à Henri IV, car ils savent que c’est en choisissant les lectures faciles et les lectures courtes qu’on humilie les enfants des milieux populaires.

Ils vont chercher les lectures les plus difficiles, les auteurs les plus exigeants, les théories scientifiques les plus ardues, pour les enfants les plus défavorisés et les plus désavantagés, car ils savent que ce sont les grands auteurs et les grandes découvertes qui font rêver, qui libèrent de la culture du chômage, de la culture des bandes, de la culture de la drogue, de la culture du repli sur soi, de l’exclusion et des mariages forcés.

Je vous propose que l’on cesse de payer l’école avec des mots, et qu’on lui donne les moyens d’avoir des résultats.

En faisant de l’élève l’auteur de son propre savoir, une idéologie folle a mis l’élève à la place du maître. Je vous propose que nous rappelions qu’enseigner, c’est créer une relation entre le maître et l’élève, c’est permettre au premier de transmettre son savoir, et au second de dépasser le maître.

Tous nous avons croisé dans notre enfance un maître qui nous a marqué, un maître auquel on doit quelque chose de notre vie et de notre histoire. Ces passeurs n’auraient pu imaginer qu’un jour on chercherait à remplacer les maîtres par les élèves. Nous nous souvenons d’eux plus qu’ils ne se souviennent de nous. Mais tous nous ont transmis un savoir ou une règle de vie, un héritage de l’esprit ou une vérité du cœur. Grâce à eux, l’école n’est pas seulement un lieu de formation. Elle est une référence affective qui a les traits de ces maîtres auxquels nous devons tant et qui ont tant contribué à faire de nous ce que nous sommes.

En mettant les parents au même niveau que les enfants, une idéologie folle a couvert les familles de son mépris. Je vous propose que nous rappelions que les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants.

En inventant ses propres statistiques, une idéologie folle s’est dotée des outils indispensables à l’autocélébration de son manque de résultats. Je vous propose que nous ne connaissions qu’un seul type de statistiques : celles auxquelles font référence tous les autres pays développés. Elles seules nous disent précisément là où en est la France dans la performance de son système d’enseignement.

Elles nous disent que la France est 14ème sur 29 au sein de l’OCDE pour les compétences de ses élèves, loin derrière la Corée, la Finlande, le Japon, l’Australie, la Belgique ou les Pays-Bas.

Elles nous disent que les élèves français ont des performances insuffisantes en résolution de problèmes complexes, en capacité d’imagination, en créativité, en sens de l’esprit critique, en maîtrise des langues étrangères.

Elles nous disent que 15% des élèves de sixième ne savent pas lire et écrire et que 160 000 élèves quittent chaque année l’école sans aucune qualification.

Elles nous disent que nous avons le taux d’échec des étudiants dans l’enseignement supérieur le plus élevé de tous les pays de l’OCDE ; et que seulement un Français sur trois accède à une formation longue de l’enseignement supérieur, contre 80% dans les pays scandinaves et 65% aux Etats-Unis.

Enfin, en nivelant les exigences par le bas, une idéologie folle a brisé l’outil de l’égalité des chances. C’est là sa plus grande faute.

A ceux qui autrefois partaient sans rien, sans héritage ni culture, l’école donnait la possibilité de tout avoir. A ceux qui travaillaient dur, elle assurait la récompense d’une vie meilleure. Au hasard de la naissance, elle opposait la logique de l’effort et du mérite. Les examens étaient les mêmes pour tous, leur valeur était reconnue, la fierté de les réussir était partagée.

Pour acheter la paix sociale, on a dilapidé cet héritage. On a réduit les exigences pour donner une impression de réussite à tous. On a troqué l’égalité des chances contre une illusion éphémère d’égalité. On a préféré le confort et l’apparence des succès immédiats plutôt que la construction de l’avenir.

Aujourd’hui, la vérité perce sous l’imposture.

Les ouvriers et les employés représentent 60% de la population française. Mais leurs enfants ne sont que 30% en terminale S, 15% en classe préparatoire aux grandes écoles, 6% des élèves des grandes écoles d’ingénieurs, 3% des élèves des grandes écoles de commerce.

C’est un appauvrissement considérable pour notre pays. Comme l’a dit Georges Charpak, un pays de 60 millions d’habitants qui ne recrute ses élites que sur 10% de sa population est comme un pays de 6 millions.

De tout ce que la République a entrepris, l’école était sans doute sa plus belle réussite.
Grâce à elle, chacun devenait libre. Libre dans ses jugements, libre dans ses croyances, libre de son destin.

Grâce à elle vivait l’égalité des chances.

Grâce à elle grandissait une Nation fraternelle, construite sur des références et une culture communes.

De tout ce qu’a raté la culture de l’assistanat et de la facilité, l’école est sans doute sa plus belle déroute.

Grâce à elle, l’esprit critique et la capacité de jugement s’amenuisent.

Grâce à elle, l’égalité des chances n’existe plus.

Grâce à elle, la culture commune se dissout. C’est toute la nation française qui s’en trouve menacée.

Mais de même que nous ne devons pas faire à la gauche le cadeau d’être aveugles sur les discriminations, muets sur les injustices, sourds à la désespérance des quartiers, de même nous ne ferons pas, à ces idéologues, le cadeau d’une vision outrancière de l’école.

L’école conserve des pôles d’excellence. Régulièrement, des médailles Fields rappellent le prestige de notre filière mathématique.

L’école est riche de centaines de milliers d’enseignants et de milliers de chefs d’établissement qui assument jour après jour leur vocation au service des élèves.

Je souhaite saluer le travail de ces hommes et de ces femmes, sur lesquels repose l’avenir de notre Nation.

Je souhaite saluer le travail des enseignants en milieu rural et le courage de leurs élèves qui, tôt dans leur enfance, ont appris qu’on doit se lever tôt le matin pour maîtriser son destin.

Je souhaite saluer les performances d’académies comme Nantes et Rennes, dont les résultats sont remarquables.

A ces idéologues, nous ne ferons pas non plus le cadeau d’une vision uniquement comptable de l’Education ; ni celui d’une conception purement utilitariste de l’enseignement.

Nous ne leur ferons pas enfin le cadeau d’une vision exclusivement nostalgique de l’école.

L’école de la troisième République a vécu. Elle était belle. Elle était grande. Elle était noble. La France lui doit beaucoup. Mais elle est d’une époque qui n’existe plus. Ce n’est pas en revenant à l’uniforme et à la blouse, ce n’est pas en revenant aux classes de 60 élèves et à l’examen en sixième, ce n’est pas en revenant à la plume Sergent Major, que nous serons fidèles à l’idéal de Condorcet et à celui de Jules Ferry.

La question n’est pas de revenir aux outils, aux programmes et aux méthodes du passé. La question est de permettre à l’école d’aujourd’hui d’accomplir, comme autrefois, les promesses de la République.

Entre l’école où on ne lit rien de postérieur à 1930 et l’école où ne lit rien d’antérieur à 1980, il y a un juste milieu, celui qui enseigne le respect, mais aussi la différence entre la littérature, quelle que soit son époque, la coupure de presse et la chanson populaire.

Entre l’école où l’on apprend tout par cœur et l’école où l’on n’apprend plus rien, il y a un juste milieu, parce que le fleuve a besoin de ses rives pour le conduire jusqu’à la mer.

Entre la règle dont on frappait les doigts des enfants et l’enseignante qu’on tutoie, il y a un juste milieu, celui de se lever quand le professeur entre.

Entre le pensionnat de Chavannes et l’école ouverte à tous les trafics et à toutes les violences, il y a un juste milieu, celui de l’école sans portable, sans tabac et sans casquette.

Entre l’uniforme et le jean taille basse qui laisse voir trop de choses, il y a un juste milieu, celui d’une tenue décente.

Je vous propose une vision ambitieuse de l’école.

Une école dont le primaire se fixe pour objectif de donner à tous les enfants les bases fondamentales sans lesquelles il n’est pas possible de vivre une vie adulte.

Une école dont le collège se fixe pour objectif de donner aux élèves le goût des grands auteurs, le sens de la rigueur scientifique, les repères indispensables à la compréhension de notre culture et de notre histoire.

Une école dont le lycée se donne pour objectif de porter plus d’élèves vers l’enseignement supérieur, plus d’étudiants vers le diplôme, plus de diplômés vers l’emploi.

Une école dont l’université se donne pour objectif de reprendre sa place aux premiers rangs des classements internationaux des établissements d’enseignement supérieur et d’être au centre de l’effort de recherche.

Une école qui transmet le savoir, mais aussi le savoir-faire et le savoir-être.

Une école qui ne craint pas, un siècle après Jules Ferry, de « compter sur les enseignants pour apprendre aux élèves à bien vivre par la manière dont ils vivent avec eux et devant eux ».

Une école qui donne le goût de l’effort par le plaisir des difficultés surmontées.

Une école qui développe toutes les formes d’intelligence parce qu’aucun enfant n’est sans qualité et parce que la société a besoin de tout le monde.

Une école qui accueille les enfants handicapés, parce que c’est son devoir et qu’il n’est, pour les autres enfants, plus grande leçon de courage et de tolérance.

Une école où l’on fait plus de sport, parce que le sport est une école de soi et une école de la vie.

Une école dont les enfants sont bilingues et ceux qui le peuvent trilingues, parce que c’est une chance d’ouverture aux autres et un atout dans la mondialisation.

Une école qui apprend le respect des femmes, qu’elles soient élèves ou professeurs, et qui soit un lieu où on leur dise que leurs ambitions ne sont pas moins légitimes que celles des hommes.

Une école où les enfants apprennent, comme Marguerite Yourcenar le recommande, « qu’ils existent au sein de l’Univers, sur une planète dont ils devront plus tard ménager les ressources, qu’ils dépendent de l’air, de l’eau, de toutes les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire ».

Une école qui donne confiance en soi, parce qu’ « il meurt lentement celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux, celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves ». (Pablo Neruda)

Je vous propose une école qui développe l’esprit critique et l’esprit de vérité.

Une école qui considère que le plus grand service qu’on rend à un enfant est de lui apprendre à penser.

Une école qui est en phase avec son temps, mais qui n’a pas peur de dire qu’on en apprend plus sur l’homme en lisant Rabelais qu’en lisant des magazines.

Une école qui ne donne pas les examens à tout le monde, mais qui donne à chacun la possibilité de les réussir.

Une école plus exigeante avec ceux qui sont plus défavorisés, car l’école est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Une école qui sait en vérité, que c’est en assumant ses missions fondamentales, qu’elle remplira beaucoup de ses missions complémentaires.

Car on en apprend autant sur le courage, le civisme et l’amour de la patrie en lisant Daudet et sa Dernière classe, Rouaud et ses Champs d’honneur, Gracq et son Balcon en forêt, qu’en baillant d’ennui au cours d’éducation civique.

On en apprend autant sur la générosité, la fraternité, le refus des injustices et la lutte contre les fascismes, en lisant les Misérables, Germinal et l’Espoir, qu’en participant à un forum de discussion.

On dispose d’une solide culture politique quand on a achevé la lecture de Primo Lévi et de Soljenitsyne.

La démocratisation de la culture, c’est d’abord d’être doté de repères chronologiques indispensables et d’une bonne connaissance des mouvements d’idées. Pour comprendre Guernica, il faut connaître la guerre d’Espagne. Pour apprécier Les Justes, il faut savoir ce qu’était la misère sous la Russie des Tsars.

Je vous propose une école où les familles ont des droits, mais aussi des devoirs.

Une école où les maîtres sont respectés, mais aussi évalués.

Une école où la promotion des maîtres se fait au mérite, pas en fonction d’une inscription syndicale.

Une école où les élèves sont aimés, mais aussi instruits.

Une école qui, avec André Gide, considère que « l’éducation est une émancipation ».

Une école qui, avec Victor Hugo, sait que « chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne ».

Une école qui, avec Montaigne, ne cherche pas à « remplir des vases, mais à allumer des feux ».

Une école qui, avec Condorcet, n’a pas peur de former des citoyens libres en formant des citoyens éclairés. Car « plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre. Même sous la Constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave. Toute société qui n’est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans.»

Cette école, je suis venu vous dire que je la crois possible.


Cette école, je vous propose d’abord de la construire avec les familles et non pas contre.

L’école de la troisième République voulait soustraire les enfants du travail des champs et du travail de l’usine. Pour réussir, elle devait laisser les familles à la porte de l’école, et elle a eu raison de procéder de la sorte. Mais l’école d’aujourd’hui n’a plus de raison d’agir ainsi.

Je vous propose que nous affirmions le droit de chaque parent d’être informé, reçu et respecté dans l’école de son enfant.

Droit d’être informé immédiatement que son enfant manque à l’appel.

Droit d’être alerté aussi vite que possible que son enfant décroche du reste de la classe, et non pas à la fin du trimestre comme c’est trop souvent le cas.

Droit d’être reçu par les enseignants et par le chef d’établissement.

Droit de connaître les performances de l’établissement et celles de son enfant par rapport au reste de la classe.

Mais ces droits, je veux le dire clairement, ne sont pas dissociables des devoirs qui incombent à chaque famille. Ce n’est pas parce que l’école est gratuite et obligatoire, qu’elle doit tout aux familles et qu’elle ne peut rien leur demander.

Je vous propose d’affirmer le devoir de chaque famille de s’intéresser aux résultats scolaires de son enfant et de répondre aux convocations de l’institution scolaire. Je vous propose d’affirmer le devoir de chaque famille de ne pas s’immiscer dans les choix pédagogiques des enseignants. Je vous propose d’affirmer que le respect attendu des élèves à l’égard de leurs maîtres est aussi attendu de leurs parents. Je vous propose d’affirmer le devoir de chaque famille de consacrer les allocations familiales et l’allocation de rentrée scolaire à l’intérêt des enfants.

Je vous propose que nous allions même plus loin dans la relation entre l’école et les familles. Je vous propose de créer de la confiance mutuelle et de l’appropriation en permettant aux parents de s’impliquer davantage dans la vie des établissements scolaires de leurs enfants.

Je vous propose que nous donnions aux parents le pouvoir de participer aux décisions qui concernent l’organisation de la vie scolaire comme la construction d’un gymnase, l’organisation des rythmes scolaires ou l’élaboration du règlement intérieur.

Je vous propose de faire entrer plus de parents d’élèves et des anciens élèves dans le conseil d’administration des établissements scolaires.

Et je vous propose de créer un crédit d’impôt pour les jeunes retraités qui s’investiraient dans le soutien scolaire au sein des établissements.

Cette école, je vous propose qu’elle soit un lieu de protection, de sécurité et de respect.

Je serai intransigeant. L’école doit être préservée du racket, de la violence et de la drogue. Je veux exclure des établissements les jeunes qui y sèment le trouble, plutôt que de contraindre les victimes et ceux qui veulent travailler à changer d’établissement. Cela dérange peut-être ceux qui pensent que la liberté des fauteurs de troubles est préférable à la tranquillité de ceux qui souhaitent étudier. Je n’ai pas l’impression d’être un liberticide en demandant à l’institution scolaire d’assurer la protection de nos enfants et la sérénité des maîtres.

Je vous propose que nous aidions les maîtres à reconquérir leur autorité. Je vous propose que les règlements intérieurs des établissements soient plus précis et plus solennels.

Je vous propose que nous autorisions les enseignants à tenir compte de la discipline dans la notation des élèves.

Je vous propose que nous cessions d’étouffer et de banaliser la violence dans les établissements scolaires.

La discipline n’est pas un luxe ou un confort. Elle est une condition de la réussite des élèves et de la mission des maîtres.

Je vous propose que nous nous souvenions de la promesse de Jules Ferry aux instituteurs : « Le législateur (…) ne vous demande rien qu’on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens ».

La République doit se demander en conscience si elle tient encore cette promesse qu’elle a faite à ceux qui se consacrent à la mission la plus essentielle pour l’avenir de notre Nation.

J’affirme que l’Etat se met en situation de non-assistance à personne en danger en assurant mal la formation des enseignants, en n’assurant pas leur protection, en n’assurant pas leur autorité.

Je vous propose que la sincérité de ceux qui disent vouloir faire de l’Education nationale une priorité, se mesure à la manière dont ils traitent les maîtres.

Je vous propose que nous mettions en place cette filière d’excellence de formation des enseignants, prévue par la loi Fillon, d’une durée de cinq ans, reconnue par un master.

Je vous propose qu’au lieu de critiquer les enseignants qui font du soutien scolaire pour compléter des revenus trop faibles, nous augmentions la rémunération de ceux qui accepteraient des missions complémentaires. Aux enseignants qui veulent travailler plus pour gagner plus, je vous propose de confier des études dirigées dans tous les établissements, du soutien scolaire individualisé, des heures supplémentaires ou du temps de présence dans les établissements.

Les difficultés de l’école aujourd’hui ne sont pas marginales. Elles ne sont pas exogènes. Elles ne s’expliquent pas uniquement par l’éclatement des familles et le développement des médias. Elles appellent un renouvellement profond de notre organisation et de nos méthodes.

Aux expériences pédagogiques hasardeuses sur le dos des enfants, aux circulaires administratives aussi détaillées qu’éphémères, au nivellement par le bas des exigences, je vous propose que nous substituions la liberté pédagogique des enseignants, l’autonomie des établissements, et l’évaluation des résultats.

Ne cédons rien sur les exigences. Notre pays a besoin de mettre toutes ses ressources dans l’intelligence et le savoir de ses enfants, pour augmenter le niveau de qualification de ses emplois et développer des esprits libres, inventifs et créatifs.

Mais laissons à chaque maître le choix de sa méthode. C’est parce qu’on a cru pouvoir remplacer, par des circulaires administratives, l’expérience de toute une vie d’institutrice qu’on a mis des milliers d’enfants sur la voie d’une lecture hésitante.

Je vous propose que nous évaluions plus souvent les enseignants, mais sur la base des progrès et des résultats de leurs élèves, pas sur celle des pédagogies qu’ils utilisent.

Je vous propose de sortir de l’impasse du collège unique par l’individualisation des parcours. Il faut rompre avec l’organisation uniforme des cycles où chaque élève ne passe dans la classe supérieure que s’il a acquis toutes les compétences de la classe précédente, jusqu’à finir par passer un jour au bénéfice de l’âge et de la lassitude de ses enseignants. C’est en individualisant les parcours que nous donnerons à chaque collégien la possibilité de réussir son collège, d’acquérir à son rythme non seulement le socle, mais aussi tout ce qu’il pourra au-delà. Le collège unique ne doit plus être un collège inique.

Je vous propose de diversifier l’offre scolaire par l’autonomie des établissements. Les équipes éducatives pourraient mettre en place de véritables projets d’établissements avec de véritables moyens. Des projets qui servent à l’instruction et à la transmission des savoirs, pas seulement à l’animation et à l’ambiance. Des projets qui permettent de valoriser l’intelligence et le mode d’apprentissage de chaque enfant.

Je vous propose de faire en sorte que chaque famille qui le souhaite puisse scolariser ses enfants dans un établissement pratiquant le mi-temps sportif ou artistique. Parce que la France que je vous propose, ce n’est pas la France où chacun doit faire la même chose, de la même manière, au même moment, mais la France de la liberté de choix et de la responsabilité.

L’Etat assurera sa mission de garant de la justice et de l’efficacité du système par une évaluation rigoureuse, annuelle et publique de chaque établissement. Il pourra apporter son aide aux établissements qui ont des difficultés et des gratifications collectives aux équipes qui réussissent.

Je vous propose enfin que nous n’ayons plus peur d’afficher notre attachement à la liberté de l’enseignement et que nous permettions à tous les parents qui le souhaitent, dans le respect des équilibres chèrement acquis, d’inscrire leurs enfants dans un établissement privé sous contrat.

L’équilibre général entre le privé et le public n’est pas contesté. Personne ne demande sa remise en cause. Mais ce n’est pas le remettre en cause que de permettre aux établissements privés de réorganiser leurs implantations pour répondre à la demande là où elle se trouve, en particulier dans les quartiers populaires. C’est en revanche un instrument du libre choix.

Je vous propose que l’objectif de mixité sociale pèse sur les établissements scolaires et pas sur les élèves.

C’est à l’institution scolaire de s’organiser pour proposer partout une offre éducative de qualité. C’est à l’institution scolaire de s’organiser pour que chaque établissement attire des élèves de toutes origines.

Nous ne pouvons nous résoudre à obliger des enfants méritants, qui n’ont ni les moyens, ni les relations pour s’affranchir de la carte scolaire, à fréquenter des établissements médiocres pour afficher un semblant de mixité sociale et scolaire.

Je vous propose que nous donnions à chaque famille le droit de retirer son enfant d’un établissement scolaire qui n’assure pas sa protection, ni son avenir.

Je vous propose que chaque famille ait le choix de l’établissement scolaire de son enfant. C’est la conséquence logique de l’autonomie et de la diversification des établissements. La carte scolaire a été créée en 1963. Est-il si inconvenant en 2007 de vouloir s’en affranchir, alors que plus aucun pays en Europe ne la pratique ?

Je vous propose que chaque établissement ait progressivement la liberté de recruter des enfants en dehors de son secteur. Mais qu’il ait aussi le devoir de veiller à respecter une diversité sociale et géographique dans ses effectifs.
***

C’est dans les quartiers les plus démunis, dans les quartiers les plus défavorisés, que l’école de la République, en abaissant le niveau de ses exigences, s’est le plus éloignée de l’idéal que ses fondateurs lui avaient assigné.

La France profonde d’aujourd’hui, c’est la France des quartiers populaires. Les enfants qu’il fallait soustraire des fermes et des usines, sont devenus des enfants qu’il faut soustraire de la culture du chômage, des bandes, de l’exclusion, du désespoir et de toutes les formes d’intégrisme.

Déposer le bilan des zones d’éducation prioritaire, ce n’est pas renier le principe de l’éducation prioritaire. C’est ouvrir les yeux sans complaisance sur une politique dont la mise en œuvre a échoué. En 25 ans, l’écart de niveau s’est aggravé entre les établissements de ZEP et les établissements ordinaires. En 25 ans, la ségrégation urbaine s’est accrue. En 15 ans, le chômage des jeunes a quasiment doublé dans les quartiers populaires.

Là où il fallait mettre les meilleurs enseignants, nous y avons mis les moins expérimentés. Là où il fallait mettre le plus de culture, nous en avons mis le moins. Là où il fallait mettre le plus de rigueur, nous avons laissé fléchir le niveau. Là où il fallait mettre le plus de discipline, nous avons laissé grandir le chaos. Là où il fallait donner le plus d’espoir, nous avons anéanti les espérances.

Je vous propose que nous divisions par deux immédiatement les effectifs des établissements scolaires les plus dégradés, en répartissant les élèves en surnombre dans les établissements avoisinants. Je vous propose que des équipes volontaires, spécialement formées, comprenant des enseignants expérimentés, dotées de moyens renforcés, se fixent le défi, par des projets éducatifs d’excellence, d’offrir un autre avenir à ces établissements en déshérence. Au terme d’un délai de trois ans, nous évaluerons leurs performances. Celles qui ont réussi pourront élargir leur recrutement, et même essaimer leurs méthodes vers un autre établissement difficile. Pour les autres, nous ne devrons pas hésiter à en répartir les élèves dans d’autres établissements.

C’est dans les quartiers populaires que l’Etat doit garantir le plus des sorties culturelles et des séjours linguistiques. Car les langues sont un bagage indispensable dans le monde d’aujourd’hui, et la culture un facteur de liberté, d’estime de soi, d’ouverture aux autres.

Je vous propose de créer des internats de réussite éducative en ville pour tous les enfants qui veulent réussir, mais qui n’ont pas de bonnes conditions de travail chez eux. Et des écoles de la deuxième chance, pour ceux qui ont été victimes d’un système d’éducation prioritaire, dont l’intention était généreuse, mais dont la mise en œuvre s’est trompée pendant 20 ans.

Mes chers amis, c’est par l’éducation que nous éviterons le communautarisme. C’est par l’éducation que nous sauverons la méritocratie. Ce soir, je suis venu vous convaincre que la vraie fidélité à la République, ce n’est pas de donner à tout le monde la même chose, c’est de donner plus à ceux qui ont moins.

Ne vous laissez pas voler l’égalité des chances. Rien n’est plus proche du mérite, de l’effort, du travail, de l’initiative individuelle, de nos valeurs les plus fondatrices, de notre conception de la République, que de mettre chacun au même niveau sur la ligne de départ.

Je vous propose que nous libérions nos enfants de la tromperie que constitue actuellement le dispositif d’orientation.

La psychologie ne peut pas être le seul critère d’une bonne orientation. Ces critères doivent être le goût des enfants, leur talent et les perspectives du monde du travail.

Je vous propose qu’orientation ne rime plus avec voie de garage et relégation. Qu’au travers d’une découverte précoce des métiers pour tous les élèves, nous nous dotions au contraire des moyens de donner aux enfants l’envie d’apprendre, l’envie de réussir, l’envie d’aller le plus loin possible. Car c’est plus humanisant et terriblement motivant de faire des mathématiques pour devenir pilote, de la biologie pour devenir vétérinaire, des langues pour devenir journaliste, de l’histoire pour devenir artisan d’art, que seulement pour avoir un bon bulletin scolaire.

La France excelle dans certaines disciplines manuelles, techniques ou technologiques, comme la gastronomie, l’industrie du luxe, la construction navale ou encore le jeu vidéo. Je vous propose de créer des universités des métiers, c’est-à-dire des établissements supérieurs d’enseignement dans ces disciplines parce que les filières professionnelles et technologiques ne sont pas moins nobles que les autres. Elles ont aussi droit à leurs « grandes écoles ».

Je vous propose que la France renouvelle en profondeur le mode de recrutement de ses élites.

Si un lycée sur deux ne présente aucun élève en classe préparatoire aux grandes écoles, c’est qu’un élève sur deux a fini par se convaincre que les filières les plus cotées n’étaient pas faites pour lui.

Je vous propose que nous mettions fin à cette autocensure scolaire en donnant le droit aux 5% des meilleurs élèves de chaque établissement de rejoindre une classe préparatoire aux grandes écoles. La sélection se ferait sur la base des résultats au bac, auquel nous redonnerions ainsi le prestige qu’il a perdu. Chaque établissement aurait sa filière d’excellence, et chaque élève sa chance, sans être handicapé par la méconnaissance de codes sociaux qui donnent à notre élite son caractère aujourd’hui si tristement homogène.

***

Je vous propose que l’enseignement supérieur soit une priorité de notre projet. Parce que c’est une protection dans la mondialisation. Parce que c’est une nécessité pour des emplois plus qualifiés. Parce que nos universités méritent les premières places dans les classements internationaux.

Notre objectif doit être de porter beaucoup plus de jeunes vers l’enseignement supérieur, dans les formations courtes comme dans les formations longues, mais dans des filières qui ouvrent sur des débouchés et sur des emplois.

L’orientation des étudiants dans le système d’enseignement supérieur devrait être libre, mais responsabilisante. Que l’Etat finance autant de places à l’université qu’il en faut. C’est l’intérêt de notre pays. Mais qu’il le fasse en fonction des débouchés de chaque filière. Au moment des inscriptions, un dialogue entre les universités et les étudiants permettrait à chacun de s’engager dans une voie qui lui garantisse le succès et l’emploi.

Je vous propose que les mots « vie étudiante » ne riment plus avec les mots « galère et mal logement », mais avec les mots « travail, capital intellectuel, égalité des chances, ouverture aux autres, partage, culture, sport ». Je vous propose que la vie étudiante se déroule sur des campus modernes dont les bibliothèques seraient ouvertes sept jours sur sept. Que chaque région ait au moins un campus de niveau européen et que l’aménagement du plateau de Saclay en pôle d’enseignement, de recherche, et d’innovation, de niveau mondial, soit un chantier présidentiel.

Je vous propose d’encourager le travail étudiant parce qu’il n’y a que le socialisme français pour sanctionner les étudiants qui travaillent tout en poursuivant leurs études. Cela suppose de défiscaliser les revenus du travail étudiant et d’augmenter le montant des bourses alloués aux étudiants qui travaillent, plutôt que de les supprimer.

Je vous propose que les bourses constituent un réel soutien pour les enfants des classes moyennes et populaires, et que leur montant augmente avec le mérite.

Je vous propose que chaque jeune puisse signer avec l’Etat un contrat d’autonomie : un contrat qui lui donne des droits, celui d’être autonome grâce à un prêt à taux zéro ; mais un contrat qui lui donne des devoirs : celui de réussir ses études ou de suivre un programme d’accès à l’emploi, et celui de rembourser l’avance de l’Etat une fois sa situation stabilisée dans un emploi durable et correctement rémunéré.

Le contrat d’autonomie n’est pas un RMI jeune. Il n’est pas un énième plan d’accès à l’emploi pour les moins de 25 ans. Il est un contrat responsabilisant, qui pousse chaque jeune à suivre et à réussir des études ou une formation, dans le but d’obtenir un emploi solide.

Je vous propose enfin de créer la société de la deuxième chance. Une société où les écoles et les universités sont ouvertes le soir parce qu’il n’y a pas d’âge pour se former. Une société qui garantit à tous ceux qui n’ont pas pu faire d’études supérieures de pouvoir les entreprendre à 30, 40 ou 50 ans. Une société où l’échec cesse d’être humiliant parce que le risque est reconnu et valorisé. Une société où les destins ne sont pas écrits à l’avance parce qu’on n’a pas pu prendre le bon train à l’heure.

Mes chers amis, l’excellence n’est pas le privilège des milieux favorisés, elle est d’abord le droit des enfants les plus démunis ! L’égalité des chances ne repose pas sur l’uniformité des traitements et des méthodes, elle consiste à donner plus à ceux qui ont moins ! L’école n’a pas besoin qu’on lui assène des idéologies, elle a d’abord besoin qu’on l’écoute, qu’on la comprenne, qu’on lui dise ce qu’on attend d’elle et qu’on lui fasse confiance !

Le temps est venu de vouloir plus d’ambition pour nos enfants, plus de considération pour notre école, plus de confiance dans nos professeurs, plus de prestige pour nos universités, plus d’exigence pour la République !

C’est à nous de dire qu’on ne peut plus longtemps abandonner l’éducation à ceux qui en font le terrain de jeu de leurs idéologies dépassées ! C’est à nous d’agir pour que le progrès scolaire redevienne le moteur du progrès social ! C’est à nous d’affirmer que la République n’a qu’un seul devoir vis-à-vis de l’école, et l’école un seul devoir vis-à-vis de la République, le devoir de réussite.

Fin de citation.

Le moins que l'on puisse en dire, c'est que ce n'est pas de la bouillie pour les chats!
Un vrai pat de résistance ...
Du tonus pour un combat qui va s'avérer âpre et rugueux.
Logiquement, les enseignants doivent réagir avec une vigueur ... musclée. Surtout si on tient compte des réactions qui ont eut lieu après la diffusion de la peau de banne mise "opportunément" sous les pieds de Ségolène Royal par certains de ses "amis". Je veux parler de la vidéo d'Angers ... (Tient! Encore Angers ... Comme c'est bizarre!), celle où Ségo parlait de la nécessité d'offrir la possiblité aux enseignants d'être présents sur leur lieu de travail 35 heures par semaine.
Le discours de Nicolas Sarkozy, c'est, clairement, la mise en cause d'un ratage de tout un système ... N'a t-on pas dit que l'Education Nationale était la plus grosse administration du monde après l'Armée Rouge? L'Armée Rouge a disparu. L'Education Nationale est restée. Le Mamouth n'est pas mort! Il est vrai que les "éléphants" (du P.S.) y exercent une certaine influence ... Ce n'est pas tout à fait la même lignée mais il y a des ressemblances. 

Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /Nov /2006 22:48
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Nicolas Sarkosy vient tout juste de se soumettre à la régle classique de l'interview par cinq interlocuteurs ayant partie liée avec le monde de l'économie.

Il s'agit de :
1. Eric Moleux, patron de PME (1.200 salariés dans le monde) en Haute Savoie et président d'un pôle de compétitivité uniquement composé de PME.
2. Frédéric Bedin, directeur général d'une agence de communication.
3. Valérie Loisel, déléguée syndical CFDT dans une entreprise de maroquinerie haut de gamme qui vient de supprimer 78 emplois après une délocalisation.
4. Claude-Emmanuel Triomphe, délégué général d'une association "L'Université européenne du Travail".
5. Daniel Cohen, professeur de sciences économiques à "Normale Sup".

J'ai relevé quelques réponses intéressantes.

"La mondialisation rend nos faiblesses insupportables".
J'en déduis que nos faiblesses préexistent à la mondialisation. Et que la mondialisation n'est donc pas la cause de nos faiblesses.

"Le mot "préférence communautaire" n'est pas un gros mot. Le mot protection non plus". J'en déduis qu'il n'hésitera pas à mener une politique économique comparable à celle des Etats-Unis et de la Chine, lesquels (mais ils ne sont pas les seuls) ne se gènent pas pour privilégier leurs industries et leurs entreprises à chaque fois qu'ils le peuvent.

"Toute entreprise qui bénéficie de subventions publiques doit s'engager à les rembourser si elle ne remplit pas ses obligations".
J'en déduis qu'il est d'accord, sur ce point, avec Ségolène Royal qui veut taxer les entreprises qui délocalisent malgré les aides qu'elles ont perçu de la part du Conseil régional de Poitou Charente. A l'époque, ça avait soulevé un tollé au sein de l'UMP. Le voilà qui change ... dans le bon sens!

"On a besoin d'un instrument financier public pour des prises de participation dans des entreprises stratègiques.". Là, il pense, en la citant d'ailleurs, à la "Caisse des dépôts et consignations". Les socialistes veulent aussi s'en servir pour ... renationaliser EDF et GDF. Ce sont deux entreprises stratègiques dont l'Etat a encore le contrôle (et le conservera en ce qui concerne EDF).

"Les services à la personne sont un gisement considérable d'emplois. Je suis favorable à leur défiscalisation totale de l'impôt sur le revenu". 
Si je comprends bien, il va remettre en cause le mécanisme de réduction d'impôt actuellement en vigueur (déduction d'une partie du coût de ces services sur l'impôt dû, mécanisme qui me convient presque ...car il est très égalitaire). Il va réintroduire une déduction totale du coût sur le revenu imposable ce qui avantage, indûment selon moi, les plus riches qui doivent, par ce mécanisme, bénéficier d'une réduction effective de leur impôt sur le revenu plus importante ... parce qu'ils sont plus riches! Je suis en désaccord!

"Je défends l'économie de marché, la liberté, mais l'Europe a été construite pour protéger, pas pour être le cheval de Troie d'une concurrence déloyale".  Voilà un propos extrèmement sensé ... C'est la raison pour laquelle j'ai soutenu ardemment le OUI au référendum du 29 Mai 2005! Et dire qu'il y a des gens de gauche qui ont voté NON, retirant ainsi des pouvoirs significatifs nouveaux au Parlement Européen ... Il y en a vraiment qui mériteraient une paire de baffes!.

Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 00:00
- Publié dans : Nicolas Sarkozy - Par Jacques Heurtault
Donnez votre point de vue.

Après le discours d'Agen qui donnait un éclairage "Nation" et "Gauche" (mais, oui! "gauche" ...) au positionnement de Nicolas Sarkosy, voici le texte du discours de Périgueux qui va dans le même sens ...

Rappelons que Périgueux est la ville de Dordogne (le Périgord blanc) dont Yves Guéna fut le maire pendant plusieurs mandats avant de devenir le Président du Conseil Constitutionnel. Yves Guéna est une des figures du gaullisme historique. Un proche de Jacques Chirac.

Début de citation :

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP

 

"Notre République"
Périgueux
Jeudi 12 octobre 2006



Mes amis,

Mon devoir, ma responsabilité, mon ambition est celle de l'union de tous ceux qui veulent la victoire de nos idées. Que nul ne doute en cette minute que je ne faillirai pas à ma mission. Je veux l'unité. Je suis le garant de l'unité. Et s'il le faut je serai unitaire pour tous les autres.

Je salue le Périgord où depuis que le premier artiste dessina il y a 20 000 ans sa première représentation sur les parois de Lascaux il se tisse entre la nature et l’Homme ce lien profond et mystérieux qui sur tant de territoires rattache les Français d’où qu’ils viennent à une terre, à des paysages, à un climat.
Je salue les Périgourdins qui choisirent toujours la fidélité à la France et qui furent dans leur histoire toujours du côté de la justice et de la tolérance.
Je salue cette terre généreuse où les exilés et les proscrits ont toujours trouvé l’hospitalité et où naquit le premier Français qui osa proclamer que « la nature de l’homme est d’être libre et de vouloir l’être ».
Je salue cette terre où depuis les maquis contre les Anglais de la guerre de Cent Ans jusqu’aux maquis contre les Allemands de la Deuxième Guerre Mondiale, depuis les guerres de religions jusqu’aux révoltes paysannes se sont cachés dans ses grottes et dans ses forêts tant d’hommes qui avaient compris que pour devenir libre il faut avoir la force de dire «non ».
Français de toutes les provinces, nous sommes les citoyens d’un vieux pays qui a surmonté bien des épreuves et bien des drames. Nous sommes les citoyens d’un vieux pays qui s’est toujours relevé quand on le croyait terrassé, qui a toujours résisté quand tout le monde l'imaginait vaincu, qui a toujours repris son essor quand on le pensait condamné à la décadence.

Il y a dans le peuple français une énergie qui vient du fond des âges et qui resurgit quand tout semble perdu. Tant de fois la France parut sur le point de se défaire, tant de fois elle sut se ressaisir ! Tant de fois elle parut sur le point de s’effacer, tant de fois elle étonna le monde en ressuscitant !
Il y a des pays qui sont portés à la grandeur par le patient et laborieux effort d’un peuple persévérant.

Alors que le monde se met à douter de la France, et que les Français eux-mêmes s’interrogent, voilà qu’une fois de plus, des tréfonds du pays je sens monter cette volonté de renouveau que je veux incarner et par laquelle je veux vaincre la fatalité. Cette force que j'imagine, elle est en vous. Elle est dans cette foule immense rassemblée ce soir à Périgueux.
Vous êtes les héritiers d’une grande histoire. Vous êtes les héritiers de tous ceux qui refusent l'idée même du renoncement, qui connaissent le sens des mots résistance, honneur, fraternité, liberté, justice, et pour lesquels par dessus tout la République n’est pas une pensée morte mais une idée vivante.
Je le sais. Je le sens. La Dordogne est passionnément républicaine.

En 1940 la Dordogne accueillit les habitants de Strasbourg évacués devant l’avancée des troupes hitlériennes. Des milliers de Juifs alsaciens furent cachés dans les villages et dans les fermes. Certains parmi vous sont les enfants de ces persécutés que la milice et la Gestapo ne trouvèrent jamais et qui finirent la guerre dans la brigade Alsace-Lorraine. Malraux, qui se battit ici aux côtés des maquisards de Dordogne, disait d’eux : « ces quelques centaines d’hommes à quatre pattes dans les bois, avec quelques revolvers et un drapeau fait de trois mousselines nouées, ont maintenu la France avec leurs mains nues ».
Ils ont fait la République fraternelle dans laquelle je crois.
La République ne se définit pas seulement par ce à quoi elle s’est opposée – l’absolutisme, le cléricalisme, l’antidreyfusisme, le collectivisme ou le totalitarisme – mais aussi par ce qu’elle propose.
La République ce n’est pas seulement le contraire de l’Ancien Régime. Ce n’est pas seulement l’antithèse de Vichy. Ce n’est pas non plus uniquement la démocratie.
La République c’est la compréhension mutuelle, le respect de l'autre et la solidarité pour tous.
C’est la liberté de chacun garantie par la liberté de tous.
C’est l’égalité des droits pour tous garantie par les devoirs de chacun.
C’est la souveraineté de l’individu garantie par la souveraineté du peuple.
C’est l’espérance de la justice.
C’est la volonté générale exprimée par la loi.
C’est la nation qui se gouverne elle-même.
C’est l’Etat impartial. Idée sur laquelle je ne transigerai pas et qui passe par des nominations elles aussi impartiales.
C’est la foi dans la raison, dans l’Homme et dans le progrès.
C’est le mérite.
C’est la vertu civique comme fondement de la citoyenneté.
C’est la propriété et son respect comme conditions de la liberté.
C’est le service public comme condition de l’égalité de tous les citoyens, quel que soit leur rang, quel que soit leur handicap, quel que soit le territoire où ils vivent.
C’est l’éducation comme condition de l’émancipation.
La République fraternelle c’est celle des paysans périgourdins qui cachent les Juifs alsaciens au péril de leur vie.
La République fraternelle c’est celle d’Eugène Leroy et des croquants, celle de Mirabeau et des droits de l’homme, celle de Victor Hugo et des « Misérables », celle de Jules Ferry et des instituteurs, celle de Jaurès et des dreyfusards, celle du Général De Gaulle et des Français libres.
Nous sommes les héritiers de tous ceux qui dans l’histoire ont porté haut les idées de nation et de République quel que fût leur parti.
Qu’il soit bien entendu que nous ne laisserons pas plus le monopole de la République au Parti Socialiste que nous ne laisserons le monopole de la nation à l’extrême-droite.
Qu’ont fait les socialistes, pour la République ? Rien ! Qu’ont-ils l’intention de faire ? Pas davantage ! Les socialistes de jadis étaient d’abord des Républicains. Les socialistes d'aujourd'hui sont d’abord des socialistes. Ils ne sont pas préoccupés par l’avenir de la République. Ils sont préoccupés par l’avenir du socialisme. Ils n'ont pas tort : la République est toujours une idée neuve tandis que le socialisme est déjà une idée morte. Pour eux la République c’est l’affaire des partis. Pour nous c’est le problème de la nation. Pour eux la République c’est la gauche. Pour nous la République ce n’est pas la droite, ce n’est pas la gauche, ce sont tous les Français.
J'affirme qu’on affaiblit la République quand on cherche à abaisser l’autorité de l’Etat. On affaiblit la République quand on dénigre la nation. On affaiblit la République quand on soutient ceux qui violent la loi, ceux qui squattent le bien d’autrui, ceux qui veulent avoir tous les droits sans respecter les droits des autres. On affaiblit la République quand on s’efforce par tous les moyens de ruiner la morale de l’effort et du mérite, quand on transforme le citoyen en assisté, quand on confond l’égalité avec l’égalitarisme, la solidarité avec l'assistanat.
On affaiblit la République quand on la livre aux corporatismes et aux clientélismes, quand on l'abandonne aux communautarismes.
A ceux qui veulent l’ordre sans le mouvement, je dis que la République est un idéal de progrès, et que dans un monde qui change la République immobile est vouée au déclin.
A ceux qui veulent le mouvement sans l’ordre je dis que le désordre prépare toujours le triomphe de la loi du plus fort, qui est le contraire de la République.
Je veux dire que la République n'est pas un modèle figé pour l'éternité mais un projet toujours inachevé, un élan du cœur et de l'esprit, un idéal de civilisation et d'humanisme, un rêve d'universalité et de fraternité.
Je veux dire que la République, depuis 200 ans, c’est une continuité de principes, de valeurs, d’objectifs et une variété de moyens, de procédures et de priorités en fonction des circonstances.
Je veux dire que la République de Jules Ferry et de Gambetta n’était pas celle de Danton pas davantage celle de Robespierre, que celle de Clemenceau n’était pas celle de Lamartine et pas non plus celle du Général De Gaulle. Elle fut tour à tour girondine, jacobine, libérale, anticléricale, sociale, radicale... Elle se développa tour à tour par la conscription, par le suffrage universel, par l’école, par la laïcité, par la Sécurité sociale ou par le droit du travail… Elle s’affirma tour à tour dans la guerre et dans la paix, mais toujours combattant pour le même idéal.
Il y a cent ans presque jour pour jour Clemenceau prononça à la Roche-sur-Yon, sur cette terre vendéenne où il était né, un de ces discours dont il avait le secret «le combat éternel pour la libération de l’Homme continue, non plus nécessairement à coups de fusils mais à coups de pensées, par le livre, par la parole, par la leçon. Le combat n’est plus aux chemins creux, il est à l’école (…) La République n’est rien qu’un instrument d’émancipation, un instrument d’évolution par l’éducation de tous ». On ne saurait mieux dire !
Nul ne se bat plus pour le drapeau blanc ou pour le drapeau rouge.
Nul n’a plus à choisir entre la liberté ou la mort.
Il n’y a plus de sans-culotte pourchassant les aristocrates.
Il n’y a plus de chouans en Vendée, ni de croquants en Périgord.
La République a accompli le vieux rêve des rois. Elle nous a fait une nation une et indivisible. Une communauté de libres citoyens.
Il y a bien une exception française auquel il est légitime que nous soyons attachés, non parce qu'il est la marque d'une quelconque supériorité par rapport aux autres, mais parce qu'il exprime ce que nous sommes et ce qui nous unit. Cette exception tient en trois mots : la Nation, la République, l'Etat. Cette exception est politique. Elle est intellectuelle. Elle est morale. Elle est culturelle.
C’est le miracle de la France de conjuguer une identité si forte avec une aspiration si grande à l’universalisme.
C’est le miracle de la France d’être une grande patrie faite d’une multitude de petites patries unies par une formidable volonté de vivre ensemble, de partager une langue, une histoire, une façon d’être et de penser, où chacun se reconnaît dans un idéal et un destin communs sans que soient effacés les histoires personnelles et les destins particuliers.
C’est le miracle de la France d’avoir forgé de l’unité sans jamais fabriquer de l’uniformité.
C’est le miracle de la France de combiner une aussi haute idée de l’Etat avec une passion aussi grande de la liberté.
C’est le miracle de la France d’être aussi fortement attachée à l’idée de nation et en même temps aussi ouverte sur le monde.
C’est le miracle de la France d’aimer d’une même passion l’égalité et le mérite, le sentiment et la raison.
Mais chacun sent bien que ce miracle est menacé.
L’Etat s’abîme dans l’impuissance, la nation dans la repentance, la République dans le communautarisme, les discriminations, le chômage et la pauvreté.
Dès lors, mon projet est simple : Je veux construire une nouvelle relation avec les Français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance. Je veux un nouvel Etat, une nouvelle nation, une nouvelle République.


La République c'est d'abord une certaine idée de la Nation.
A force de demander à la France d’expier son passé,
A force de demander aux enfants de se repentir des fautes des pères,
A force de réécrire l’histoire avec les préjugés d’aujourd’hui,
A force de dénigrer la nation et de la charger de tous les péchés de la Terre,
A force de nourrir la honte d’être Français au lieu de chercher les raisons d’en être fier.
A force c’est notre capacité à vivre ensemble qui s’abîme, c’est notre participation à un destin commun qui est remise en question.
A force ce sont les valeurs de la République qui se trouvent menacées.
A la gauche je dis : non, la nation n’est pas l’ennemie de la République. La nation c’est ce qui fait que la République n’est pas seulement une idée généreuse mais aussi une réalité vivante.
A l'extrême droite je dis : non, la République n’est pas l’ennemie de la nation. La République est l’ennemie du nationalisme. La République c’est une conception ouverte, tolérante et généreuse de la nation. Le nationalisme c’est une conception fermée, intolérante et agressive de la nation.
A tous, je veux dire :
La nation n’est pas un obstacle à la démocratie, elle en est la condition.
La nation n’est pas un obstacle à la paix. C’est le mépris des nations et de leurs identités, c’est la violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui sont les principales causes de la guerre.
La nation n’est pas un obstacle à la construction de l’Europe, à l’organisation du commerce mondial ou à la lutte contre l’effet de serre.
Ceux qui voudraient construire le monde de demain contre les nations au lieu de travailler à leur entente et à leur coopération courent droit à l’échec. Un monde sans attache, sans frontière et sans souveraineté serait un monde sans liberté, sans solidarité et sans responsabilité. Un monde qui aurait perdu en humanité.
L’homme ne grandit pas quand la nation décline. Entre la fuite en avant dans le mondialisme et l’enfermement dans le local, entre le marché planétaire et les féodalités, entre le nomadisme et le tribalisme, je le dis haut et fort : la conception française de la nation est une force d’émancipation.
Le 21 avril 2002, le non à la Constitution européenne, la montée du vote extrême et du vote protestataire qui mettent la République en péril sont d’abord l’expression d’une profonde crise de l'identité nationale. Nous n'avons pas pris cette crise suffisamment au sérieux. Il faut cesser de se voiler la face, de se soumettre à la dictature du politiquement correct et de la pensée unique.
Il faut dire les choses comme elles sont :
C’est le dénigrement et l’affaiblissement de la nation qui attisent le nationalisme.
C’est l’incapacité croissante de la nation à protéger qui nourrit l’exaspération sociale.
C’est l’affaissement de l’identité nationale qui nourrit la crispation identitaire.
C’est le déclin du volontarisme qui nourrit la défiance envers des élus condamnés à répéter qu’ils ne peuvent rien.
La France est généreuse, la France est tolérante, la France est ouverte. Mais la France ne renoncera pas à son identité, à sa culture, à sa langue.
La France c’est la nation mise au service d’une certaine idée de l’homme, et cette idée de l’homme la France est bien décidée à ne pas la renier.
La France est accueillante mais elle ne veut pas qu’on s’installe chez elle sans respecter ses lois, ses mœurs, ses traditions, ses valeurs.
La France est prête à faire des efforts pour mieux intégrer ceux qui viennent d’ailleurs, pour leur donner des droits, pour lutter par tous les moyens contre les discriminations, contre les ségrégations et contre le racisme. Elle est prête à donner plus à ceux qui ont moins. Elle est prête à promouvoir la diversité partout où elle a du mal à s’imposer. Mais elle ne veut pas accepter le communautarisme. Elle ne veut pas de ceux qui ne la respectent pas. Elle ne veut pas de ceux qui ne l'aiment pas.
La France veut garder vivantes les langues et les cultures d’origine et les langues et les cultures régionales, parce que c’est une richesse et parce que la francité c’est quelque chose en plus, pas quelque chose en moins, une adhésion, pas une amputation.
Mais je n'accepterai jamais qu’il y ait en France des enfants qui n’apprennent pas le Français, qu’il y ait en France des enclaves linguistiques ou des citoyens qui seraient autorisés à utiliser une autre langue que le Français dans leurs rapports avec l’administration.
La France est prête à organiser le dialogue entre l’Etat et les grandes religions, elle veut que tous les croyants puissent prier dans des lieux de culte convenables, elle veut que les croyances de chacun soient respectées, mais elle ne veut renoncer ni à la liberté d’expression - les menaces contre un enseignant sont un scandale - ni à la laïcité. Elle ne veut pas le voile à l’école, ni l’infériorisation des filles, ni les mariages forcés, ni la polygamie, ni l’excision. Elle ne veut pas de la confusion entre le spirituel et le temporel, ni du fanatisme. Elle ne tolérera sur son sol ni les guerres de religions, ni le séparatisme religieux, ni l'extrémisme sous quelque forme que ce soit.
Elle ne reniera pas non plus, il faut avoir le courage de le dire, deux mille ans de chrétienté, deux mille ans d’héritage de valeurs spirituelles et de valeurs de civilisation que notre morale laïque a incorporées et qui sont inscrites dans les valeurs de notre République.
La France qui a porté la grande idée de l'Europe politique rejette le nationalisme qui n’est pas l’amour de la patrie mais la haine des autres. Elle est le seul pays qui, en hissant la fraternité au même rang que la liberté et l’égalité, dit au monde comme Antigone : « je suis née pour partager l’amour, non pour partager la haine ».
Mais si la France se trahit quand elle se laisse aller à la haine des autres, elle se détruit quand elle se laisse aller à la haine de soi. Il faut en finir avec le masochisme national. Si nous ne sommes plus unis par la fierté d’être Français, si nous ne prenons plus en partage une histoire et une civilisation, sur quoi allons-nous fonder notre appartenance à une communauté de destin ? Sur quoi allons-nous fonder notre solidarité ? D’où viendront nos droits et nos devoirs les uns vis-à-vis des autres ?
Je suis fier d’être Français et personne ne m'enlèvera cette fierté.


La décentralisation est une nécessité pour que l’action publique se rapproche des citoyens. Parce que les problèmes ne sont pas identiques en Picardie et en Provence, en Alsace et en Aquitaine, à la Réunion et en Martinique. Parce que les priorités ne sont pas les mêmes, parce que les atouts sont différents d’une région à l’autre.

Mais il est hors de question que la France devienne un Etat fédéral. Il est hors de question que renaissent des féodalités locales et des principautés, hors de question que les territoires riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, ou que la citoyenneté devienne à géométrie variable, hors de question que l’unité nationale et l’égalité qui en est la clé de voûte soient remises en cause par quiconque.
La France a besoin de l’Europe, la France veut l’Europe, mais la France ne veut pas que l’Europe se construise contre la nation. La France veut déléguer sa souveraineté pour qu'elle soit exercée en commun parce qu’elle sait bien que toute seule elle n’aura pas les moyens de faire entendre sa voix dans le dialogue des cultures, ni de jouer un rôle décisif dans l’économie globale.
Mais la France ne veut pas par la dérive des jurisprudences et par une interprétation abusive des traités que la démocratie nationale soit vidée de sa substance au profit d’une technocratie communautaire. Elle veut que le principe de subsidiarité soit strictement appliqué et que l’Europe soit un multiplicateur de puissance, non une cause d’affaiblissement.
Elle veut que l’Europe soit une protection, non le cheval de Troie d’une concurrence déloyale.
Elle veut le marché unique et la libre concurrence à l’intérieur de l’Europe mais elle ne peut accepter que l’Union serve de prétexte à tous les dumpings fiscaux et à tous les dumpings sociaux. Elle veut le droit à la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’Europe mais elle ne peut pas tolérer que certains pays négligent le contrôle de leurs frontières ou que d’autres procèdent sans concertation à des régularisations massives d’immigrés clandestins.
Elle veut les règles du libre-échange mais si tout le monde les respecte.
Elle veut être un acteur de la mondialisation mais elle ne veut pas que l’éducation, la santé, la culture, l'agriculture ou l’environnement soient soumis au seul droit du commerce et à la seule loi du profit.
Elle veut tirer des leçons des expériences réussies des autres nations, mais elle ne veut en imiter aucune.
Elle veut être l’amie de tout le monde, mais elle ne veut être la vassale de personne.
Elle veut être idéaliste, mais elle ne veut pas être naïve.
Elle veut être ouverte et accueillante mais elle ne veut pas se dissoudre.
Il n’y a, à mes yeux, qu’une seule politique qui vaille pour la France : celle qui défend en toute circonstance son honneur, son identité, ses intérêts et ses valeurs. Au final, sa capacité à être exemplaire.


La République c'est aussi une certaine idée de l'Etat.
En France l’Etat a une importance qu’il n’a nulle part ailleurs.
C’est l’Etat qui a fait la France.
C’est l’Etat qui a forgé la nation et qui en a maintenu l’unité.
C’est l’Etat, tour à tour administrateur, militaire, instituteur, entrepreneur qui nous a faits ce que nous sommes.
Toujours, l’effondrement de l’Etat a coïncidé avec l’effondrement de la nation.
Nous ne moderniserons pas la France et nous ne conforterons pas la République sans refaire l’Etat.
Je récuse l’étatisme et le dirigisme.
J’ai la conviction que l’Etat n’a pas vocation à se mêler de tout, à intervenir partout.
J’ai dénoncé plus que quiconque les dérives et les excès de l’Etat-Providence qui ont contribué à créer un climat délétère d’irresponsabilité, d’assistance et de nivellement.
Je ne suis pas spontanément porté au jacobinisme et au centralisme.
Mais je ne suis pas de ceux qui pensent que c’est en abaissant l’Etat que l’on relèvera la France.
La France pour être forte a besoin d’un Etat fort.
Or, aujourd'hui il est faible parce qu’il est étouffé par son endettement et par sa bureaucratie.
Il est faible parce qu’il se charge de trop de missions qu’il n’a pas les moyens d’accomplir.
Il est faible parce qu’il est miné par les corporatismes et paralysé par les conservatismes.
La faiblesse de l’Etat, elle est dans le renoncement politique bien plus que dans la défaillance de l’administration.
Quand l’Etat est humilié c’est la France qui est humiliée. Quand l’autorité de l’Etat est bafouée c’est la République qui est bafouée. Quand l’Etat est faible ce sont les plus vulnérables qui en souffrent le plus.
Comme en 1958 il faut refaire l'Etat. Sauf que le problème aujourd'hui n'est pas dans la Constitution. Il est dans les comportements, dans les façons de penser, dans la manière de gouverner.
Je veux un Etat respecté.
Je veux un Etat que les fonctionnaires soient heureux de servir et dont les Français soient fiers.
Je veux un Etat exemplaire sur le plan de la diversité et de la lutte contre les discriminations.
Je veux un Etat qui domine les intérêts catégoriels au lieu d’être dominé par eux.
Je veux un Etat qui ne soit pas fragilisé par le laxisme et par la fraude.
Je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire, que ceux qui ne veulent pas travailler vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur.
Je ne veux pas que ceux qui fraudent l’assurance chômage, l’assurance maladie, les allocations familiales, ceux qui escroquent le fisc ou les ASSEDIC, ceux qui détournent de l’argent public par copinage ou par favoritisme, continuent à mettre en péril la solidarité nationale.Parce que cela renforce la crise morale et la défiance vis-à-vis de ceux qui sont vraiment dans le besoin.
Il y a beaucoup d’économies à faire dans l’Etat. Mais ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c’est la réforme qui fera les économies. Et c’est la réforme aussi qui fera la croissance.
Depuis 20 ans, on échoue à réformer l’Etat parce que l’on se refuse à y consacrer les moyens nécessaires.
Je propose que soit créé un budget annexe dédié exclusivement à la réforme de l’Etat qui sera abondé par les recettes de privatisation. Je propose que le principe de la gestion de l’Etat soit désormais la productivité et l’efficacité de la dépense publique, et non plus les tours de vis indifférenciés qui accroissent les dysfonctionnements au lieu de les réduire.
Je propose que l’on entreprenne la réforme de l’Etat par l’évaluation des politiques publiques, en supprimant celles qui ne sont pas efficaces ou qui sont contradictoires.
Je propose que l’on supprime tous les organismes, toutes les commissions, tous les comités, tous les observatoires qui ne servent à rien, et qu’on continue de créer à tour de bras pour satisfaire des clientèles ou pour faire croire qu’on est décidé à s’attaquer à des problèmes qu’en réalité on ne veut pas résoudre.
On ne refera pas l’Etat sans les fonctionnaires. A fortiori contre eux. Je veux le dire ce soir : je n’aime pas la façon dont on parle des fonctionnaires dans notre pays.
Chercher à opposer les salariés du secteur public à ceux du secteur privé est dangereux.
Chercher à faire des fonctionnaires le boucs émissaires de la faillite des politiques dont ils ne sont en rien responsables est indigne.
Chercher à faire passer les fonctionnaires pour des privilégiés est injuste.
Les fonctionnaires sont comme tout le monde, ils veulent être reconnus et ils veulent être respectés. Ils sont prêts au changement mais ils veulent y être associés.
Les fonctionnaires ont la sécurité de l’emploi, mais ils ont vécu depuis 25 ans la même dégradation de leurs conditions de travail et de leur pouvoir d’achat que tous les autres salariés.
L’ascenseur social est en panne dans le secteur privé. Il l’est aussi dans le secteur public. La promotion interne s’est ensablée dans les contraintes budgétaires et les méandres de la gestion des corps.
Au fonctionnaire qui se sent mal payé, je dis que ma volonté est qu’il y ait moins de fonctionnaires mais qu’ils soient mieux payés et mieux considérés.
Au fonctionnaire qui se sent démotivé parce que ses efforts ne sont jamais récompensés je dis que mon objectif est que le mérite soit reconnu et les gains de productivité partagés.
Au fonctionnaire qui est prisonnier des règles de gestion des corps je dis que mon objectif est de supprimer la gestion par corps pour la remplacer par une gestion par métier qui ouvrira des perspectives de promotion professionnelle beaucoup plus grandes. Je ne veux pas que la seule voie de réussite soit celle des concours et des examens. L'expérience, cela compte aussi.
A l’infirmière qui veut progresser je dis que je veux lui donner la possibilité d’acquérir une formation complémentaire qui lui permette de devenir médecin par la promotion interne si elle en a l'aptitude et la motivation. Je veux par dessus tout qu'elle gagne plus parce qu'elle le mérite.
Au fonctionnaire qui souffre de la désorganisation créée par les 35 heures, en particulier à l’hôpital, je dis que mon objectif est la remise à plat complète des 35 heures dans le secteur public de sorte que ceux qui veulent travailler davantage et gagner davantage aient le droit de le faire.
Au fonctionnaire de police, au professeur, à l'agent hospitalier, au chauffeur de bus, au contrôleur de la SNCF qui se font insulter, agresser, menacer, je dis que cette violence dont ils sont les victimes est inacceptable et qu’elle doit être éradiquée, parce qu’ils ont droit à leur dignité et parce qu’à travers eux c’est à l’autorité de l’Etat qu’on porte atteinte, c’est la République qu’on offense.
Je veux dire aux juges que je veux une justice respectée.
Je veux dire aux juges que je sais à quel point leurs conditions de travail sont difficiles, à quel point leurs moyens matériels et humains sont insuffisants. Je veux leur dire combien la justice à mes yeux est une institution essentielle de la République.
Mais je veux leur dire aussi que dans la République nul ne peut prétendre se soustraire à la critique. Je veux leur dire que l’indépendance de la justice ne peut les exonérer d’avoir à rendre compte au peuple de la manière dont la justice est rendue en son nom. Je veux rappeler qu’ils ont mission d’appliquer la loi, non de la faire. Je veux rappeler qu’ils ont à juger en fonction du droit et non d’une idéologie. Je veux rappeler qu’ils ont pour fonction de rendre justice aux victimes.
Je veux leur dire que je serai toujours à leurs côtés pour défendre l’indépendance de la justice et l’accroissement de ses moyens.
Mais je serai toujours l’adversaire du corporatisme judiciaire, de l’impunité des juges qui ont commis des fautes, d’une justice qui n’aurait d’autre but que d’accorder davantage de considération au délinquant qu’à la victime.
Dans la République, la justice est rendue au nom du peuple.
Je propose qu'en correctionnelle, pour les affaires les plus importantes, on introduise le jury aux côtés des magistrats comme c'est déjà le cas en assises.
La parole rendue au peuple, le pouvoir redonné au peuple, c'est ça la République.


La République c’est aussi le civisme, une certaine idée du mérite et de l'équité.
J’ai proposé à la jeunesse de France d’instituer le service civique obligatoire. On m'a répondu que c’était impossible. Nos aïeux ont fait le service militaire obligatoire et nous, nous ne serions pas capables de faire le service civique obligatoire ! De qui se moque-t-on ? Il faut en finir avec cette pensée unique qui dit toujours que ce qui est nécessaire est impossible. C’est ça la rupture !

La République pour moi c’est à chacun selon son mérite.
La République pour moi c’est le travail récompensé. C’est le partage des fruits de la croissance. Ce n’est pas tous les profits pour quelques-uns et rien pour tous les autres.
Je le dis comme je le pense : aujourd’hui en France les prix sont trop hauts et les salaires sont trop bas.
L'euro que j'ai voté a masqué une réelle hausse des prix qui pèse sur le pouvoir d'achat, les 35 heures ont empêché la hausse des salaires.
Bloqué entre la concurrence des pays à bas salaires, l'appréciation de l'euro et le chômage de masse, le salarié français ne voit pas le bout du tunnel de la rigueur salariale alors qu'il doit faire face à l'envolée des prix de l'énergie et de l'immobilier.
Je le dis comme je le pense : il y a en France beaucoup trop de travailleurs pauvres c'est à dire qui n'ont pas la récompense de leurs efforts.
La République pour moi ce n’est pas seulement l’augmentation du SMIC comme le proposent les socialistes. C’est l’augmentation des salaires pour tous ceux qui le méritent.
Je propose que les subventions aux nouveaux Etats membres de l'Europe ne puissent pas servir à alimenter le dumping fiscal à l'intérieur de l'Europe. Ils ne peuvent pas être à la fois suffisamment pauvres pour bénéficier des subventions et suffisamment riches pour baisser leurs impôts. La solidarité européenne, ce n'est pas pour moi des pays qui importeraient nos ressources fiscales pour mieux exporter leur chômage.
Je propose que les heures supplémentaires soient exonérées de toutes charges salariales et de tout impôt pour que ceux qui veulent travailler davantage pour gagner plus puissent le faire.
Je propose que le maintien des exonérations de charges pour les entreprises soit dorénavant conditionné à la hausse des salaires et à la revalorisation des grilles de rémunérations fixées par les conventions collectives.
Je propose que la participation soit débloquée pour libérer du pouvoir d'achat et que toutes les entreprises soient incitées à la mettre en œuvre.
Je propose que les plans de stock-options, lorsqu'une entreprise y recourt, concernent obligatoirement l'ensemble des salariés.
Je propose que la prime pour l'emploi revienne à sa vocation d'origine qui était l'incitation au travail et qu'elle ne devienne pas qu'un complément de salaire qui soit un encouragement à la modération salariale.


La République c'est enfin pour moi une certaine idée de la liberté.
C’est la liberté d’expression et la liberté de conscience qui sont de nouveau menacées par le fanatisme et par l’extrémisme. Nulle divergence d’opinion n’autorise la menace de mort. Nous n’avons pas séparé dans la douleur l’Eglise et l’Etat il y a 100ans pour composer aujourd’hui avec le fanatisme religieux.
La République pour moi c’est la liberté d’aller et de venir sans se faire agresser.
C’est la liberté de choisir sa manière de vivre en fonction de ses aspirations.
C’est la liberté de choisir l’école de ses enfants.
C’est la liberté de travailler plus pour gagner plus ou de travailler moins pour gagner moins.
C’est la liberté pour la femme de choisir d’élever ses enfants et de travailler. C'est pourquoi je propose que toutes les familles de France puissent laisser leurs enfants en études dirigées après les cours sur la base du volontariat et que ces derniers rentrent à la maison leurs devoirs faits.
C’est la liberté d’entreprendre.
C’est la liberté de léguer à ses enfants le fruit de son travail.
C’est l’augmentation du pouvoir d’achat parce que le pauvre n’est pas libre.
C’est l’emploi parce que le chômeur n’est pas libre.
C’est l’effort personnel comme contrepartie de l’aide parce que l’assisté n’est pas libre.
C’est l’éducation et la culture pour chacun parce que l’ignorant n’est pas libre.

La République pour moi c’est l’égalité réelle qui n'est pas l'égalitarisme comme condition de la liberté.
Comment peut-on encore parler de République quand le destin de l’enfant est à ce point déterminé par le quartier où il est né ?
Comment peut-on parler de République quand l’origine ethnique constitue à ce point un obstacle à l’ascension sociale ?
Comment parler de la République au fils de harki, à l’enfant noir ou au fils de l’immigré maghrébin qui mesure le peu de chances qu’il a d’accéder un jour à des postes de responsabilités ou même simplement de trouver un emploi ?
Comment parler de la République à ceux dont les enfants se font racketter à l’école et qui ont peur de sortir de chez eux parce qu’ils subissent la loi des bandes et des caïds ?
Comment faire aimer la République à tous ceux qu’elle laisse à l’écart : travailleurs pauvres, mères qui élèvent seules leurs enfants, ruraux qui voient partir tous les services publics, agriculteurs à la pension de retraite dérisoire, ouvriers de l’industrie en concurrence avec la main d’œuvre bon marché du Tiers-Monde, jeunes qui mettent des années à accéder à un emploi stable, personnes âgées abandonnées à leur solitude ?
Comment faire espérer dans une République qui continuerait à tenir si peu ses promesses ?
Je ne me résigne pas à ce qui serait un désastre.
Je veux l’égalité des chances pour tous.
C'est pour cela que je propose à la jeunesse des internats d’excellence, des classes de 15 élèves dans les banlieues défavorisées, les devoirs faits à l’école, le droit à la formation tout au long de la vie, le droit à la deuxième chance, le droit à la première expérience professionnelle, le droit à la création. Et le plus important peut-être : le droit pour tous à une éducation d’excellence.
Parce que l’élitisme républicain a toujours fait davantage pour la promotion sociale que le nivellement et l'égalitarisme.
Parce qu’il n’y a pas plus grand mépris vis-à-vis d’une partie de la jeunesse que de la croire indigne des grandes œuvres de l’esprit, et de la culture la plus exigeante.
Je veux la culture pour chacun, parce la culture c’est la clé de l’égalité des chances.
J’ai proposé aussi la suppression de la carte scolaire parce qu’elle favorise la ségrégation sociale. On m'a répondu que c’était injuste et anti républicain. Comme si ce n’était pas plutôt d’obliger les enfants de familles modestes à fréquenter des écoles qui concentrent tous les handicaps sociaux qui était profondément injuste et anti républicain !
D’autres comme d’habitude m’ont dit que c’était impossible. J’ai envie de leur répondre : si vous croyez sincèrement que tout ce qui renforce la justice est impossible ne faites pas de politique et, une fois pour toutes, laissez dormir la République ! Je veux leur dire : la différence entre vous et moi c’est que je veux faire en sorte que tout ce qui est nécessaire et qui est juste devienne possible et vous ne le voulez pas !
Je veux l’égalité des territoires devant le service public. Je veux que les services publics reviennent dans les quartiers en difficulté.
Je veux que les services publics restent présents dans les zones rurales.
Je veux la mutualisation des risques par le moyen d’un cautionnement public pour que le malade puisse emprunter, pour que l’enfant de famille modeste ait le même droit à l’emprunt que l’enfant de riche, pour que celui qui n’a pas les moyens d’apporter une garantie puisse quand même louer ou emprunter pour financer ses projets.
Je veux que grâce à la mutualisation des risques il y ait plus d’investissement immobilier, plus d’opportunités d’entreprendre, plus de création, plus d’invention, plus de consommation et donc plus d’égalité de chances et plus de croissance.
Je veux qu’il y ait plus d’égalité et de justice dans les retraites.
La nécessaire réforme des régimes spéciaux doit être l’occasion de mieux prendre en compte la pénibilité réelle du travail.
Je pense notamment aux agriculteurs. Je pense plus encore à leurs veuves qui ont tant travaillé toute leur vie et qui ne touchent pas de quoi vivre. Je pense à ces femmes du Périgord si dures à la peine et que le veuvage réduit presque à la misère.
Je trouve que c'est bien mal récompenser leur peine et leur courage, et à travers elles celles de toutes ces femmes admirables, de ces épouses infatigables, de ces mères dévouées qui n'ont jamais pris de vacances de leur vie et pour lesquelles la durée du travail, les jours fériés et les congés payés n'ont jamais rien voulu dire. Je trouve que c'est indigne de notre République.
En 1936, pour la première fois dans l'histoire de France, trois femmes entrèrent dans le gouvernement Léon Blum. Suzanne Lacore fut l'un d'entre elles. Elle était institutrice en Dordogne. Elle est morte centenaire dans un petit village tout près d'ici. Le combat de sa vie était pour la condition de la femme. Dans les années 30 elle avait écrit : "la femme entend être non une ménagère et une maman avant tout. Avant tout elle veut être elle-même. Non un moyen, mais un être humain ayant sa fin en soi". L'aspiration demeure toujours aussi insatisfaite et toujours aussi vive. Depuis qu'en 1944 le Général de Gaulle a fait entrer les femmes de plain-pied dans la République en leur donnant le droit de vote, les progrès ont été bien insuffisants. Je le dis là encore comme je le pense : malgré la loi sur la parité, malgré la loi sur l'égalité professionnelle, les femmes ne sont pas encore des citoyennes à part entière dans notre République.
Je veux un Etat exemplaire en matière d'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et on est encore bien loin du compte.
Je veux que dans les conseils d'administration des entreprises publiques il y ait au moins 50% de femmes. Je veux que le principe de la parité tel qu'il s'applique à la politique s'applique aussi aux représentants du personnel dans les entreprises.
Je veux que le temps passé à l'éducation des enfants soit intégralement pris en compte pour le calcul des retraites, que les femmes aient continué de travailler en les élevant ou qu'elles aient cessé de travailler pour les élever.
Je veux que les femmes qui ont cessé longtemps de travailler pour élever leurs enfant et qui se séparent de leur mari soient davantage aidées pour retrouver un emploi.
Je veux que les femmes au chômage qui cherchent un emploi aient le droit de faire garder leurs enfants comme les femmes qui travaillent.
Je veux que la violence conjugale soit plus durement réprimée et que les femmes qui en sont victimes soient mieux accompagnées.
Je veux répéter qu'aucune coutume, aucune culture d'origine, aucune pratique religieuse ne saurait en France autoriser quiconque à proclamer l'infériorité intrinsèque de la femme. Je veux que partout en France les femmes soient libres de se promener en jupe, libres de vivre comme elles l'entendent, libres de se marier à leur guise.
Je veux que la République s’attaque aux nouvelles inégalités. Depuis des années, au nom de la morale républicaine, on proclame des droits qui ne sont pas suivis d’effet.
Parce qu’au fond personne ne se sent réellement concerné.
Parce que dans les méandres de la décentralisation les institutions et les collectivités ne cessent de se défausser les une sur les autres.
Qu’il s’agisse de l’hébergement d’urgence, du logement, de la garde des enfants, de la dépendance des personnes âgées, cela n'avance pas assez vite.
Il faut passer des droits virtuels aux droits réels.
Je propose que l'on passe de l'obligation de moyens à l'obligation de résultats. Parce que la question en politique ce n'est pas de savoir si oui ou non on a fait tout ce qu'on a pu pour résoudre un problème mais de savoir si oui ou non on l'a résolu.
Je propose que pour chaque droit nouveau une collectivité responsable soit désignée, de sorte que la responsabilité politique soit clairement établie.
Je propose que les citoyens puissent faire valoir leurs droits devant les tribunaux face aux collectivités ou aux institutions qui ne se seraient pas donné les moyens de rendre effectifs les droits dont elles sont responsables. Sinon il ne se passera rien parce que tout le monde continuera à ne pas se sentir concerné.
Pour faire cesser cette honte de ceux qui n'ont rien et sont condamnés à dormir sur les trottoirs, je propose que le droit à l'hébergement devienne opposable devant les tribunaux et que les collectivités publiques concernées disposent de deux ans pour créer les places nécessaires pour accueillir ceux qui n'ont même pas un toit pour s'abriter.
Pour que ceux qui travaillent ou qui ont travaillé toute leur vie aient la possibilité de se loger dignement, pour que le jeune qui gagne le SMIC ne soit pas obligé d'habiter indéfiniment chez ses parents, je propose qu'au bout de cinq à dix ans le droit au logement devienne opposable de façon à créer une forte incitation à construire des logements manquants là où ils sont nécessaires pour que tous les français puissent trouver un toit.
Pour faire cesser la situation insupportable de la mère qui travaille, qui élève seule ses enfants et qui n'arrive pas à les faire garder, je propose que le droit de faire garder ses enfants quand on travaille ou quand on est à la recherche d'un emploi devienne opposable au bout de cinq ans afin d'obliger tout le monde à créer au plus vite les capacités d'accueil nécessaires.
Pour faire cesser le scandale des personnes âgées condamnées à mourir dans la solitude parce que tout le monde s'est désintéressé de leur sort et pour que la dépendance puisse être prise en charge dans la dignité, je propose que le droit à la prise en charge de la dépendance devienne opposable au bout de cinq ans pour qu'enfin l'effort de la nation en faveur des personnes âgées soit à la hauteur des enjeux.
C'est ambitieux, mais ce n'est pas utopique.
C'est cela, la rupture : se donner les moyens de construire une société où chacun de ceux qui ont une responsabilité se trouve obligé de se sentir concerné par les drames humains et les souffrances sociales.
C'est cela la rupture : ne plus tolérer des injustices qui font honte à notre République.
L'Angleterre et l'Ecosse ont un droit au logement opposable, et la France ne pourrait pas y songer ?
Au Danemark, les femmes qui travaillent n'ont pas de problème de garde d'enfants et la France, elle, ne pourrait pas résoudre ce problème ?
Je vous le dis : l'opposabilité des droits va tout changer.
En devenant effective de façon irréversible à une date donnée, elle mettra tout le monde au pied du mur.

La République ce n'est pas proclamer des principes que l'on n'applique pas, ce n'est pas non plus rendre supportables des inégalités qu'on ne veut pas réduire.
Ne plus tolérer l'intolérable. Ne plus accepter l'inacceptable. Voilà la rupture que je vous propose !

Pour compenser la discrimination négative il faut de la discrimination positive. Je propose un volontarisme républicain qui passe du discours aux actes. Je ne veux pas faire une discrimination positive sur des critères ethniques qui serait la négation de la République. Mais je veux que sur la base de critères économiques, sociaux, éducatifs, on mette tous les moyens nécessaires pour combler des écarts qui sont devenus insupportables et qui mettent en péril la cohésion nationale.
Il faut aider ceux qui veulent s’en sortir à s’en sortir.
Cela vaut d'abord pour les bassins d'emploi durement touchés par les fermetures d'activité et les délocalisations. Dans le cadre de la sécurité sociale professionnelle que je propose, les personnes percevant des bas salaires et qui perdent leur emploi doivent pouvoir bénéficier d'indemnités de chômage équivalentes à leur niveau antérieur de rémunération. Ce droit à compensation intégrale doit avoir pour contrepartie l'obligation dûment vérifiée de s'engager immédiatement dans une démarche active de recherche d'emploi. Conjugué à des services de l'emploi plus performants car profondément rénovés, à des droits à formation renforcés à travers la création d'un compte-épargne formation individuel, à un droit du travail simplifié et modernisé pour faciliter les embauches, il offrira des garanties nouvelles à tous ceux qui, malgré les coups du sort, n'ont pas renoncé à vivre debout des fruits de leur travail.
Cela vaut ensuite pour les individus qui souffrent des blocages de notre société.
Je propose une politique massive de discrimination positive non comme une réparation, non comme une compensation, mais comme un investissement, comme la possibilité donnée à celui qui veut faire des efforts de réussir, d’exploiter ses talents, de tenter sa chance. Je veux qu’on n’aide pas seulement les territoires ou les quartiers mais aussi les personnes. Aménager les territoires, rénover les immeubles c’est bien. Donner de la sécurité, de l’instruction, du travail, des moyens de transport à ceux qui les habitent, c’est mieux.
A ceux qui pensent que cela coûtera trop cher, je veux dire que ne pas faire assez pour restaurer le sentiment de l’égalité et de la justice coûterait infiniment plus cher.
A ceux qui pensent que la pureté idéologique de la République pourrait en souffrir, je veux dire que la République souffrira bien davantage de la persistance d’injustices intolérables. A ceux qui pensent que les bénéficiaires de la discrimination positive prendront les places des autres, je veux dire qu'il n'en sera rien car des places supplémentaires seront créées à cette fin.
C’est la violence née du sentiment d’injustice qu’il nous faut conjurer.
Ce sentiment d’injustice, il n’est pas que dans les quartiers défavorisés où s’entassent les enfants d’immigrés.
Il est dans les taudis des grandes villes.
Il est sur les trottoirs des rues.
Il est dans nos campagnes.
Il est dans nos usines.
Il est dans le cœur de tous les Français auxquels on ne rend pas justice de leurs efforts, de leur travail et de leur peine.
Notre République est un chef-d’œuvre mais c’est un chef-d’œuvre qui a besoin d'être conforté.
Tous les conservatismes se sont coalisés pour en faire une formule creuse qui sert de paravent ou d’alibi à nos renoncements, à notre immobilisme.
La République est une grande idée qu’on a dénaturée.
La République est un idéal qu’on a détourné.

On dit que la France est vouée au déclin et que les Français n’ont plus la volonté de se battre. On dit que la France n’est pas réformable et que les Français ont peur. On dit que la France est bloquée et que les Français sont fatigués.
Vous êtes la preuve vivante du contraire.
Vous êtes l’espérance qui ne veut pas s’éteindre.
Vous êtes les témoins d’une France qui veut renaître et qui ne craint ni le changement, ni l’avenir.
Vous êtes les témoins d’une France qui n’a pas peur de la rupture.
La rupture que je souhaite est au cœur de la République. C'est le meilleur de ce que la République nous a donné, en brisant les chaînes et les liens.
C'est le message de 1789, de 1848, de l'Appel du 18 juin. Quand un peuple décide de rompre ses entraves pour plus de libertés, plus d'égalité, plus de fraternité.

Je vous le promets, nous allons construire une France nouvelle dont vous serez les acteurs.
Je souhaite sceller un nouveau pacte avec tous les Français.

Fin de citation.

Ainsi qu'on peut aisément s'en rendre compte, on n'attendait pas un tel discours de la part de quelqu'un que l'on affuble facilement de l'étiquette "ultra-libérale" ... Voilà même un discours que Jean-Pierre Chevènement, voire même Laurent Fabius, ne renieraient pas!

Décidément, dûre, dûre la politique ... On va finir par s'y perdre!

 

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Commentaires

Citations

 

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur.
 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle.
(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu)

 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.
 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais).

 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné.
 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux.
 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées inventerait aussitôt une religion.
 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente.
 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché.
 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse.
 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets?
 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.
 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première.
 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions.
 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami.
 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser.
 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir.
 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison.
 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes.
 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun.
 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat fait mal les siennes.
 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.
(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu)

 Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.
 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté.
 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects.
 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout.
 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres.
 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut.
 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient.
 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide)

 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors.
 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance.
 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime.
 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome.
 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort)

 Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal)
(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe.
 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief.
 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse.
 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen.
 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours.
 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout.
 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleures.
 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.
(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.
 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.
 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand)

 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner.
 (Barbey d'Aurevilly)

 (Ndr : Vous voyez bien que je suis tout le contraire d'un séducteur!).
 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise de ceux qui aiment commander.
 (Jean Giraudoux).
 

 

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