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Commentaires

Citations

 

Pas de manequins dans le Parti!
Que les bouches s'ouvrent!
 (Maurice Thorez)

Vingt fois sur le métier,
remettre son ouvrage!
 (Pénélope)

O! Tempora! O! Mores!
 (Cicéron)

 Panem et circenses!
 (Juvenal)

Ici et maintenant.
 (François Mitterrand)

La religion, c'est l'opium du peuple,
 c'est aussi son espérance.
 (Karl Marx)

L'incroyance est la ruine
 non seulement des individus,
 mais des sociétés.
 (Lammenais)

L'amour n'est qu'un plaisir,
l'honneur est un devoir.
 (Pierre Corneille)
(Le Cid)

 Combat terrible,
 au corps à corps,
 voilà déjà longtemps
 que leurs chevaux sont morts.
(Victor Hugo)

 L'humoriste, c'est un homme de bonne mauvaise humeur.
 (Jules Renard)

 La terre n'aime pas
 le sang et les ordures.
 (Agrippa d'Aubigné)

 Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.
 (Georges Courteline)

 La France est un pays extrêmement fertile.
 On y plante des fonctionnaires
 et il y pousse des impôts.
 (Georges Clemenceau)

 Selon que vous serez
puissant ou misérable
les jugements de cour
vous feront blancs ou noirs.
 (Jean de La Fontaine)

 L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle.
(Adolphe Thiers)

 Le journalisme est une grande catapulte
 mise en mouvement par de petites haines.
(Honoré de Balzac)

 La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l'extrême justice est une injure. (Montesquieu)

 Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
 (Michel de Montaigne)

 Dans ces meubles laqués,
Rideaux et dais moroses,
 Danse, aime, bleu laquais,
Ris d'oser des mots roses.
 (Charles Cros)

 Dieu fit la liberté, l'homme a fait l'esclavage.
 (Marie-Joseph Chénier)

 O! liberté, que de crimes on commet en ton nom!
 (Madame Roland)
(Dernières paroles sur l'échafaud)

 Caesar pontem fecit.
 (Jules César)
(La guerre des Gaules)

 Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.
 (Jules Renard)
 (Ndr : C'est pour cela que je ne suis pas arriviste : j'aime le bon vin! Je préfère boire beaucoup de bon vin plutôt que peu de mauvais).

 Mon Dieu, le plus souvent
 l'apparence déçoit.
 Il ne faut pas toujours
 juger sur ce qu'on voit.
 (Molière)
(Le Tartuffe)

 L'Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné.
 (Georges Clemenceau)

 Il faut aimer les gens, non pour soi, mais pour eux.
 (Colin d'Harleville)
(L'Optimiste)

 Une société d'athées inventerait aussitôt une religion.
 (Honoré de Balzac)

 Sans la liberté de blâmer,
 il n'est point d'éloge flatteur.
 (Beaumarchais)

 Si on batissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente.
 (Jules Renard)

 Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 (François Rabelais)

Être contesté, c'est être constaté.
 (Victor Hugo)

 Dieu bénit l'homme, non pour avoir trouvé mais pour avoir cherché.
 (Victor Hugo)

 Le courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse.
 (Pierre Véron)

 La critique est aisée,
mais l'art est difficile.
 (Destouches)
(Le Glorieux)

 L'univers m'embarrasse
et je ne puis songer
 Que cette horloge existe
et n'ait pas d'horloger.
 (Voltaire)

 Aux vertus qu'on exige d'un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets?
 (Beaumarchais)
(Le Barbier de Séville)

 C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.
 (Chateaubriant)
(Mémoires d'outre-tombe)

 Les fous sont aux échecs
 les plus proches des rois.
 (Mathurin Régnier)

 Combien l'éducation durera-t-elle?
 Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique?
 L'éducation.
La seconde?
 L'éducation.
Et la troisième?
 L'éducation.
(Jules Michelet)
(Le Peuple)

 Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
 (Charles Perrault)

 Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
 (Alexis de Tocqueville)

 C'est toujours par là que commencent les partisans de l'égalité : ils établissent les catégories et se mettent dans la première.
 (Boucher de Perthes)

 Les Français vont instinctivement au pouvoir;
ils n'aiment point la liberté;
l'égalité seule est leur idole.
Or l'égalité et le despotisme
ont des liaisons secrètes.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions.
 (Ernest Jaubert)

 Entre tous les ennemis, le plus dangereux esr celui dont on est l'ami.
 (Alphonse Karr)

 Si vous voulez vous faire des ennemis, surpassez vos amis; mais si vous voulez vous faire des alliés, laissez vos amis vous surpasser.
 (La Rochefoucauld)

 Quand on a le droit de se tromper impunément, on est toujours sûr de réussir.
 (Ernest Renan)

 La raison d'Etat est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raison.
 (Charles de Saint-Evremond)

 Les événements sont plus grands que ne le savent les hommes.
 (François Guizot)
(Essai sur l'Histoire de France)

 C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun.
 (Joseph Léonard)

 Le mot ne manque jamais
 quand on possède l'idée.
 (Gustave Flaubert)

 Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'Etat fait mal les siennes.
 (Talleyrand)

 Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
 (Georges Clemenceau)

 La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement.
 (Henri Rochefort).

 C'est une grande habileté que de savoir cacher son habileté.
(La Rochefoucauld)

 La haine, c'est la colère des faibles.
 (Alphonse Daudet)
(Lettres de mon moulin)

 Le trop de promptitude
à l'erreur nous expose.
 (Pierre Corneille)

 On ne ment jamais autant
qu'avant les élections,
pendant la guerre
 et après la chasse.
(Georges Clemenceau)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. (Montesquieu)

 Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.
 (Stéphane Mallarmé)

 Ce n'est point règner qu'être trois à règner.
 (Pierre Santucci)
(Commentaires sur le Consulat)

 Le silence des peuples
est la leçon des rois.
 (Mirabeau)

 Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire à la fois, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
 (L. Barenton)

 La sagesse est le contrepoids nécessaire de la liberté.
 (Talleyrand)

 La liberté ne se reconnaît qu'à ses limites.
 (Louis Latzarus)

 Pour violer une règle,
il faut la connaître.
 (Paul Eluard)

 Il ne faut pas juger un homme d'après ses fréquentations; Judas avait des amis très corrects.
 (Ernest Hemingway)

 Le peuple ne veut pas qu'on lui donne;
 il veut prendre.
 (Henri de Montherlant)

 C'est avec des mots qu'on gouverne les hommes.
 (Disraëli)

 Les hommes sont toujours sincères ; ils changent de vérité, voilà tout.
 (Tristan Bernard)

 Il faut une bonne mémoire
 après qu'on a menti.
 (Pierre Corneille)

 Si le monde progresse par les extrêmes, il ne survit que par les centres.
 (Paul Valéry)

 Le talent est devenu le nom biblique de l'argent.
 (Hervé Bazin)

 L'Histoire est le produit le plus dangereux que l'intellect ait élaboré; elle justifie ce qu'on veut.
 (Jean-Marc Paulhan)

 Plus l'Etat se corrompt, plus les lois se multiplient.
 (Tacite)

 Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
(La Rochefoucault)

 De tous les signes de la puissance, c'est la retenue qui impressionne le plus. (Thucidide)

 On voit que de tout temps,
 les petits ont pâti
 des sottises des grands.
 (Jean Racine)
(La Thébaïde)

 Le monde est un théatre, la vie une comédie : tu entres, tu vois, tu sors.
 (Démocrite)

 L'espace est la forme de notre puissance ... le temps celle de notre impuissance.
 (Jean d'Ormesson)

 Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
 (Montesquieu)

 La grande aventure et le grand risque, en ces temps désordonnés, c'est un jugement sain et qui s'exprime.
 (Henry de Montherlant)

 Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé que l'atome.
 ( Albert Einstein)

 La France compte 36 millions de sujets ... sans compter les sujets de mécontentement. (Henri Rochefort)

 Il est des temps où on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.
 (Chateaubriand)
(Mémoires d'outre-tombe)

 La chose la plus importante à toute vie est le choix du métier : le hasard en dispose. (Blaise Pascal)
(Pensées)

 Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe.
 (Talleyrand)

 La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief.
 (La Rochefoucauld)
(Maximes)

 La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse.
 (Sully Prud'homme)
(Pensées)

 La nécessité nous délivre de l'embarras du choix.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Oui et Non sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d'examen.
 (Talleyrand)

 C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours.
 (Benjamin Constant)

 C'est mon opinion et je la partage.
 (Henri Monnier)
(Mémoires de Monsieur
 Joseph Prud'homme)

 L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort.
 (Voltaire)

 Si j'avance, suivez-moi;
 si je meurs, vengez-moi;
 si je recule, tuez-moi.
 (Henri de La Rochejaquelein)

 Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
 (Mme de la Sablière)

 La patience est le courage de la vertu.
 (Bernardin de Saint-Pierre)

 Ceux qui pieusement
sont morts pour la patrie
 Ont droit qu'à leur cercueil
 la foule vienne et prie.
 (Victor Hugo)
(Les Chants du crépuscule)

 La pensée n'est qu'un éclair dans la nuit. Mais cet éclair est tout.
 (Henri Poincaré)

 Te voilà donc redevenu homme puisque tu pleures.
 (Jules Verne)
(L'Ile mystérieuse)

 Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit.
(Napoléon)
(Le Mémorial de Sainte-Hélène)

 L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.
 (Michel de Montaigne)
(Essais)

 Il ne peut pas y avoir de science immorale pas plus qu'il ne peut y avoir de morale scientifique.
 (Henri Poincaré)

 La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes. (Jean Rostand)

 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère.
 (Félix Arvers)
(Mes heures perdues)

 La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner.
 (Barbey d'Aurevilly)

 (Ndr : Vous voyez bien que je suis tout le contraire d'un séducteur!).
 L'art de plaire est l'art de tromper.
 (Vauvenargues)
(Réflexions et Maximes)

 Servir! C'est la devise de ceux qui aiment commander.
 (Jean Giraudoux).
 

 

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Je suis un citoyen, comme vous. Je ne suis membre d'aucun parti politique. Je l'ai été mais les "politiques", décidément, me déçoivent trop. On est tenu de limiter sa propre liberté d'expression,  ce que je ne supporte tout simplement plus!

Comme vous, j'ai besoin d'air! Comme vous, j'ai des choses à dire.
Je suis fatigué de tous ces journalistes qui écrivent et qui parlent sans connaitre les sujets qu'ils entendent traiter, ne craignant pas de commettre de grossières erreurs.
Je suis fatigué de tous ces responsables politiques qui confisquent la parole à leur propre usage exclusif.
Je suis fatigué de tous ces organisateurs de débats qui, lorsque l'on veut parler, nous répondent "Posez votre question, Monsieur!".
Je n'ai pas de question à poser! J'ai des réponses à proposer ... Elles valent ce qu'elles valent.

Mais, à en juger par la pauvreté de certaines propositions de tel parti politique, le caractère manifestement irréaliste des propositions de tel autre, j'ai l'outrecuidance de penser que les miennes méritent, peut-être, d'être lues et commentées, voire, bien sûr, d'être battues en brèche.

Les deux extrêmes du champ politique - l'extrême-droite et les extrême-gauche - viennent de prendre "une grande claque". Je m'en réjouis. J'espère que cette redéfinition vers une plus grande responsabilité va se maintenir et même se renforcer. La démocratie ne s'en portera que mieux.  

Jacques Heurtault

Ancien conseiller municipal de Nogent sur Marne (Val de Marne).

"Sommes nous obligés de subir et de financer les incompétences de ceux qui nous dirigent?" Johnny Hallyday.

 

François Bayrou

Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /2008 15:48
- Publié dans : François Bayrou - Communauté : Militants du Modem - Par Jacques Heurtault - Recommander
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Vous le savez. Je vous l'ai dit. Ayant été suspendu du MoDem, j'ai décidé de reprendre toute ma liberté d'expression. J'ai décidé de quitter ce parti ...
Sur ma décision personnelle,je ne suis plus membre du MoDem!

C'est en écoutant la radio, ce matin, que j'ai appris que Michel Mercier, un excellent homme, en qui j'ai toujours grande confiance, Président de la Fédération lyonnaise du MoDem, vient de démissionner ...

Pour ceux qui n'ont pas une connaissance suffisamment pointue du panorama, voici ce que je leur suggère de retenir.

1. Michel Mercier est l'un des bras droit de François Bayrou. Avec Marielle de Sarnez et Corinne Lepage, il fait partie du staff rapproché de François Bayrou. C'est, comme on dit dans le jargon, un poids lourd du MoDem. Il est d'ailleurs Sénateur.

2. Anne Marie Comparini, déjà, pour des raisons personnelles (?), avait abandonné la politique ... Elle était, elle aussi, un poids lourd. Ancienne Présidente du Conseil Régional de Rhônes Alpes, fidèle Raymond Barre.

3. Dans le département du Rhônes, la stratègie retenue par la Fédération du Rhônes avait été de constituer des listes autonomes pour le prochain scrutin municipal afin de pouvoir mieux négocier une fusion avec celui qui serait le plus susceptible de gagner le combat sévère qui s'annonce entre Dominique Perben (UMP qui n'a JAMAIS perdu une élection!) et Gérard Colomb, actuel maire, dont il se murmure, ici où là, qu'il pourrait bien être réélu dès le premier tour.  La Ville de Lyon étant un enjeu dont il ne faut pas dissimuler l'importance ...

4. Forcément, ça complique un peu les choses! Une victoire dès le premier tour pour les socialistes et c'est le MoDem qui se trouve marginalisé avec une dizaine d'élus tout au plus dans un conseil qui en comporte au moins 90, voire plus d'une centaine. Qui plus est, sans perspective d'accéder à des postes de responsabilité au niveau de la Communauté Urbaine, autrement connue sous le nom de "Courly" (pour COmmunauté URbaine de LYon).

5. Du coup, la Fédération du Rhône du MoDem explose en plein vol ... et chacun retourne à ses amours antérieurs ... C'est à dire la droite républicaine pour bon nombre d'ancien UDF et la gauche de gouvernement pour bon nombre de nouveaux adhérents!

6. Je souhaite bon vent à tous ces gens!

7. J'ai juste une question : Vont-ils, tous ceux qui vont rejoindre d'autres listes (U.M.P ou P.S.), être eux aussi suspendus comme je l'ai été moi-même? Mieux : vont-ils recevoir de la part du même Philippe Arnaud (il va finir par devenir célèbre avec toute la pub que je lui fais!) une lettre en recommandé avec avis de réception aussi salement rédigée que le fut celle à moi destinée?
Parce que s'ils n'en reçoivent pas une, tout comme moi, il faudra en arriver à la conclusion qu'il y a deux poids et deux mesures au MoDem ... Ce n'est pas fait pour arranger les choses!


Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /2007 18:56
- Publié dans : François Bayrou - Communauté : Militants du Modem - Par Jacque Heurtault - Recommander
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Grâce à traval de Isabelle Dupéron, membre du Modem, que j'ai rencontré à Seignosse, vous allez pouvoir prendre connaissance d'un condensé du discours de clôture de François Bayrou. 

Cela représente, sans qu'il n'y paraisse, un travail conséquent. 

Les puristes pourront, grâce au lien, retrouver le texte complet du discours. Il pourront s'assurer ainsi que le condensé n'a pas altéré le texte originel.

Merci à Isabelle pour son travail. Vous aurez, prochainement j'espère, la possibilité de lire un document dont Isabelle est l'auteure traitant du sujet crucial des "valeurs". A ma demande, elle a bien voulu entreprendre un travail de condensation afin que l'article soit publiable. Le document originel fait plus de 30 pages et n'est pas publiable, de ce fait, sur un blog.

Début de citation :

DISCOURS DE F. BAYROU (EXTRAITS)
CLÔTURE DU FORUM DES DEMOCRATES
 
Nous porterons un seul nom – et c’est un grand nom – le Mouvement Démocrate. Le temps est venu que nous nous définissions, non pas par rapport aux autres, mais par rapport à nous-mêmes, à ce que nous sommes, à ce que nous voulons. Je n’ai jamais renié ce qu’il y a de juste dans l’aspiration du centre ; mais dire « centre », c’est se définir par rapport à la droite et par rapport à la gauche. Et nous, nous sommes démocrates ! Nous sommes démocrates, d’abord parce que « démo » veut dire « peuple », et parce que nous croyons au peuple davantage qu’à toutes les oligarchies, à toutes les confiscations de pouvoir et de privilèges. Nous sommes démocrates parce que nous croyons que l’état de citoyen est un état supérieur d’appartenance à la Cité. Et il y a un grand courant démocrate en formation dans le monde. Et le monde a besoin de ce courant.
En France avec nous, et bientôt, je le crois, dans l’ensemble des pays européens, l’organisation des démocrates dira que l’avenir ne se résume pas à la fatalité et à la soumission aux dominants.
La question est celle-ci : soumission ou résistance au modèle dominant dans le monde ? Il y a un modèle dominant, extraordinairement efficace, extraordinairement puissant. Ce modèle, c’est ce que j’ai appelé le « modèle d’inégalité croissante », où les inégalités s’accumulent au travers des générations. Une étude parue cette semaine montre que l’augmentation du niveau de vie des Etats-Unis, ces dernières années, a profité entièrement aux 5 % les plus riches de la population américaine, et, pour la moitié, aux 1 % les plus riches. Les 95 % autres, ceux qui travaillent, ceux qui triment, pour créer une croissance de l’ordre de 4 % par an, ceux-là ont stagné et reculé ! C’est une société inégalitaire, et ce n’est pas l’aspiration de la société française. L’inégalité croissante comme moteur des sociétés ; l’accumulation continue de capital au profit de quelques uns ; la prééminence de l’univers financier, obsédante, et qui fait que ce qui défile constamment au bas des écrans des chaînes d’information, ce sont les cours de la Bourse ; l’influence incroyable de cet univers sur la politique américaine – tout cela, c’est un modèle de société, et ce n’est pas le nôtre.
Je croyais, je crois, je croirai toujours que face à ce modèle dominant, quand bien même tout le monde plierait, il y aurait toujours dans le monde une résistance, et que cette résistance, c’est celle de la France ! Et si j’ai eu depuis longtemps une confrontation avec Nicolas Sarkozy, une confrontation sur le fond, c’est sur ce modèle de société. J’ai avec lui un conflit de valeurs, et cela va bien plus loin qu’une divergence sur les « mesures », comme on dit, qu’il faut décider et prendre. Ses choix montrent qu’il conduit la France, non pas à la résistance contre ce modèle dominant, mais à l’alignement sur ce modèle dominant !
C’est une question de valeurs ! Tous les hommes d’Etat français, depuis le premier jour de la cinquième République, tous ont partagé implicitement le même patrimoine de valeurs profondes. Qu’ils fussent de droite, de gauche, du centre, et pour certains, au-dessus, – ils avaient en commun une chose : ils ne s’alignaient pas. Ils étaient les porteurs et les garants de cette flamme de l’indépendance française, et de cette idée que nous, France, parmi les nations, notre destin était de porter des valeurs universelles pour le monde ! Chacun à sa manière, Charles de Gaulle, George Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac.
 Et dans cette chaîne, voilà la rupture. Pour la première fois, avec des grands mots, avec de grandes figures, avec des citations à la pelleteuse de Jaurès – en réalité, au-dessous, l’œuvre entreprise, c’est l’alignement de la France sur le modèle qui domine le monde, et sur l’administration qui l’incarne le plus ouvertement. Le modèle où l’on propose l’argent comme valeur ! La ministre de l’économie, l’a dit, naïvement peut-être : le but du gouvernement, c’est de « réhabiliter l’argent, corollaire du succès ». Je pensais qu’il y a bien des choses à réhabiliter en France : l’effort, l’esprit critique, l’idée de justice, l’esprit démocratique, la séparation des pouvoirs, le respect des citoyens, l’amour de la liberté, mais j’avoue qu’il ne m’était pas venu à l’esprit que le but du gouvernement de mon pays pût être de réhabiliter l’argent. Et je conteste, en tant que père de famille, que le gouvernement vienne me dire que l’argent est le « corollaire du succès ». Comme pères de famille, comme éducateurs, nous passons notre vie, et c’est parfois difficile, à expliquer qu’il y a autre chose dans la vie, d’autres dignités, d’autres grandeurs, d’autres succès que l’argent ! Et nous aimerions bien que le gouvernement nous aide dans cette bataille qui consiste à transmettre à nos enfants une hiérarchie des valeurs, morales, intellectuelles, philosophiques, spirituelles !
L’argent, les biens matériels, il en faut, il y a beaucoup de gens qui en manquent ; quelque chose me dit qu’il y aura dans les mois qui viennent, beaucoup de Français qui en auront moins. Les premières décisions du gouvernement, les premiers votes de la majorité ont été pour distribuer 15 milliards d’euros que la France n’avait pas, aux plus aisés de nos compatriotes. On a aggravé le déficit du pays alors qu’il fallait le réduire, pour faire, selon le mot du Ministre des Finances allemand, des cadeaux à une clientèle électorale. Et bien sûr, ce n’est pas juste. Mais mon inquiétude va au-delà : je crains que ce ne soit contre-productif. Car si on voulait dépenser cet argent, il fallait le concentrer sur la production et l’emploi (c’est ce que je proposais, à ma manière, de faire avec les deux emplois sans charges). Quand le moment viendra où, en raison de ces décisions, nous allons être rattrapés par la réalité – par l’impératif des comptes qui dérapent – alors ces largesses vont revenir en boomerang, et les Français vont répondre : « vous nous demandez des efforts à nous qui avons peu, pourquoi alors avez-vous été si généreux avec ceux qui ont beaucoup ? ».
Il y a dans la majorité des hommes et des femmes de droite qui, sans pouvoir le dire, sans oser le dire, partagent cette inquiétude. Mais – et c’est un drame pour la France – nous avons des institutions qui interdisent la parole libre. Nous avons des institutions et une pratique institutionnelle qui sont indignes d’un grand pays comme le nôtre, indignes d’une démocratie ! Nous, le pays de la Révolution, nous acceptons tous les jours quelque chose qui n’est accepté dans aucun autre pays du monde démocratique : nous acceptons l’absolutisme présidentiel ! Le Président de la République décide de tout, tranche sur tous les sujets, le gouvernement a disparu. Chacun pour être bien vu du pouvoir se précipite dans un concours de lèche permanent, le cirage de pompes est devenu un sport national dans notre pays. Les journaux économiques les plus sérieux vous expliquent que les grandes décisions qui vont concerner l’avenir économique de la nation ne peuvent être prises que par le Président lui-même. Et l’absolutisme présidentiel est devenu tel que le secrétaire général de l’UMP s’est cru obligé de faire une très sérieuse déclaration publique pour dire qu’il va falloir que l’on règle en France le statut de l’épouse du chef de l’Etat : « il faut le faire, dit-il, nous sommes en retard : les monarchies ont traité cette question depuis longtemps ». En quel temps vivons-nous, qu’il faille rappeler au premier responsable du parti au pouvoir que, précisément, nous ne sommes pas une monarchie –  nous sommes une République, et nous avons bien l’intention de le rester ?
Nous nous fixons comme but, comme citoyens, de faire sortir la République de l’absolutisme et de la faire entrer dans l’ère nouvelle d’une authentique démocratie, comme celles qui existent dans les pays du même niveau de développement que le nôtre. Et pour cela, de retrouver la pierre de fondation de toute constitution démocratique, qui est la séparation des pouvoirs.
Nous allons commencer dans les semaines qui viennent la construction qui consiste à défendre dans notre pays une idée d’une démocratie de plein exercice, dans laquelle les citoyens sont pris au sérieux, et pas seulement considérés comme des objets de communication.

Fin de citation.
Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /2007 07:56
- Publié dans : François Bayrou - Par Jacques Heurtault - Recommander
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Je reproduis ci-dessous un article que Corinne Lepage publie sur son blog ...

Je ne saurais dire pourquoi précisément mais j'apprécie beaucoup Corinne Lepage. Je me dis : enfin une "écolo" responsable, une "écolo" vraiment verte ... Rien à voir avec ceux et celles qui sont vertes à l'extérieur mais rouges à l'intérieur. J'en connais plusieurs dans cette catégorie. Ce sont généralement des déçus du Parti Socialiste qu'il ne trouvent pas suffisament "révolutionnaire" ...

Avec Corinne Lepage, rien à voir de tout cela ... Nous avons affaire à une personne rationnelle, autrement dit raisonnable. C'est précisément cela qui me convient car avec ces gens-là, on peut forcément discuter même si on n'est pas d'accord (y compris sur des sujets importants comme le nucléaire et la nouvelle technologie dite "EPR").

Pas étonnant que nous nous retrouvions au MoDem ...

Début de citation :

Corinne Lepage: imaginons le Modem

Je suis particulièrement heureuse après ces périodes de stress de retrouver mon blog et plus précisément de m' exprimer sur ce blog d'été.

Nous avons décidé de nous investir pleinement dans la fondation du MoDem. Si nous l'avons fait, c'est parce que nous voulions construire quelque chose de nouveau, qui ne soit pas l'UDF, qui ne soit pas d'avantage CAP21, mais qui soit ce parti de la société civile, en prise directe avec la nouvelle exigence démocratique de nos concitoyens pour reprendre en main leur avenir dont ils avaient le sentiment qu'il ne leur appartenait plus.
J'ai été enthousiasmée par ces milliers de jeunes, dont certains n'avaient jamais eu d'appartenance politique et qui étaient portés par l'espoir de pouvoir enfin agir eux-mêmes. Nous sommes en train de changer de monde.

L'urgence écologique, qui se traduit aujourd'hui par l'apparition d'une nouvelle économie, la nécessité de transformer profondément nos institutions pour passer d'une république bananière à une véritable démocratie, le besoin désormais urgentissime de changer l'administration française pour lui donner les moyens de sa modernité et de son efficacité constituent autant de chantiers qu'il convient de mettre simultanément en oeuvre.
Certes, les projets du président la république sont multiples. Nous aurons, dans un esprit constructif et objectif à nous prononcer sur les réformes et à formuler éventuellement des critiques ou des propositions alternatives. Mais nous avons aussi à mettre en chantier notre propre projet de société .
Le Modem est la seule nouvelle force qui émerge dans notre vie politique. Le fait que plus de 45 000 personnes aient souhaité adhérer à un mouvement qui n'est qu'en formation démontre suffisamment l'attente de nos concitoyens.

Je souhaiterais que mon blog soit tout au long de l'été un lieu de débats très actifs sur ce que les adhérents du Modem et d'autres qui sont intéressés par nos réflexions, attendent du Modem, sur les très grandes orientations qu'ils souhaitent lui voir prendre et sur la manière dont ce parti pourrait être un modèle en termes de fonctionnement démocratique . Venez nombreux débattre avec moi-même et tous ceux qui  voudront nous rejoindre.

Cela ne m'empêche pas de vous souhaiter d'excellentes vacances.
 
Corinne Lepage

Fin de citation.

Nous allons débattre, Corinne! J'adore ça ...

Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /2007 15:16
- Publié dans : François Bayrou - Par Jacques Heurtault - Recommander
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En tant qu'adhérent du Mouvement Démocrate, je viens de recevoir une lettre-circulaire de la part de François Bayrou.

J'ai souhaité vous la faire partager.

Début de citation :

Chers amis,

La phase électorale s’est achevée avec le deuxième tour des élections législatives. Il m’a paru nécessaire d’adresser à chacun d’entre vous une réflexion sur le bilan et sur les perspectives ouvertes par ce grand tremblement de terre que constitue toujours une élection présidentielle suivie d’élections législatives.

 

Le résultat obtenu au premier tour de l’élection présidentielle a été remarquable (avec près de 19% des voix, c’est un des meilleurs résultats de tous les temps pour notre famille politique au sens le plus large).

 

Ce résultat, c’est l’apparition d’un espace politique nouveau dans notre vie démocratique. Cet espace que j’appelle démocrate sera la clé de toute l’évolution ultérieure non seulement de la politique, mais de la société française. Pour la première fois, toutes les couches sociales, toutes les régions, spécialement les grandes villes, autrefois très éloignées de l’UDF, ont participé à cet immense espoir. Ma conviction est que cet espoir ne sera pas oublié dans les années qui viennent dès lors que les Français rechercheront des alternatives. En tout cas, cet espoir n’a de sens que s’il répond à une vision positive et constructive, une vision renouvelée, de l’avenir de la France et de l’Europe.

 

Malgré l’extrême difficulté du scrutin législatif, nos candidats, pour beaucoup jeunes et sans notoriété ont obtenu plus de 8% des voix en moyenne dans les circonscriptions où ils se présentaient. Vous connaissez les résultats : l’injustice de la loi électorale n’a laissé à l’UDF - Mouvement démocrate qu’une poignée d’élus. Ce mode de scrutin est dévastateur. Le journal Le Monde a calculé que sur la base des voix obtenues le 10 juin, au premier tour des législatives, un mode de scrutin proportionnel, à l’allemande par exemple, nous aurait offert 61 sièges, et sur la base du premier tour de l’élection présidentielle, c’est plus de 130 sièges que nous aurions pu obtenir.

 

Bien sûr, nous connaissions les contraintes de ce mode de scrutin, et je n’en ignorais aucune des difficultés.

 

Pourquoi alors n’avoir pas choisi d’entrer dans la majorité de Nicolas Sarkozy ? Ou pourquoi, comme d’autres nous y poussaient n’avoir pas fait alliance avec le Parti socialiste ? Pourquoi être parti au combat sous nos propres couleurs, assumant tous les risques d’une telle élection ?

 

Ma réponse est celle-ci : nous ne sommes pas une sous-marque, ni une variante de l’UMP ou du PS. Nous sommes le courant politique démocrate, autonome, authentique, qui a sa vision, ses valeurs, et dont l’absence depuis des années coûte cher à la France. Et cette autonomie, c’était la seule manière de le montrer, une fois pour toutes, de manière éclatante qui nous étions et ce qu’était notre projet. Il fallait en passer par là pour que cette preuve soit apportée.

 

Si j’avais, à la suite de la plupart des députés, choisi explicitement ou implicitement d’entrer dans la majorité présidentielle, la cause était entendue : la bipolarisation l’aurait définitivement emporté et nous en serions revenus à la case départ.

 

Si nous n’avions pas affirmé cette autonomie, pour toujours, en tout cas pour des décennies, à chaque élection, les électeurs de bonne foi se seraient détournés de nous, nous considérant comme sympathiques sans doute, mais voués à la soumission dans un camp ou dans un autre.

 

Cela nous a coûté. Une vingtaine de nos députés a rejoint la majorité pour assurer leur élection, même si deux d’entre eux n’ont pas pu être réélus. Nous avons été quatre à choisir de nous battre sous nos couleurs ; deux ont perdu, injustement et de peu : Gilles Artigues et Anne-Marie Comparini. Je leur confierai des responsabilités dans notre famille politique et je ferai tout pour que soit corrigée l’injustice qui les a frappés.

 

Cette épreuve est difficile, sans doute. Mais elle était un passage obligé pour la naissance d’un courant politique nouveau.

 

Je considère que ce courant politique manque cruellement à la France et que c’est le moment de l’affirmer.

 

En effet, autour de nous l’offre politique est fixée. L’UMP est vouée à être l’exécutant de l’exécutif. Et le parti socialiste a choisi l’immobilisme, et ne peut d’ailleurs faire un autre choix avant longtemps, car ce choix suppose la fixation d’une ligne politique en même temps que la désignation (et l’acceptation) d’un leader. Visiblement, l’une et l’autre des deux décisions apparaissent aujourd’hui comme impossibles à prendre.

 

Cela nous donne la mesure de nos responsabilités.

 

Il nous revient d’être la force de renouvellement de la vie démocratique en France. C’est une immense ambition. Mais je ne la perdrai pas de vue dans les années qui viennent. Si nous accomplissons cette ambition, si nous travaillons dans cet esprit, alors les Français se tourneront vers nous lorsque sera venu le constat des désillusions d’un côté, des blocages insurmontables de l’autre.

 

Mais si nous sommes indépendants, nous ne jouerons pas la politique du pire.

 

Je veux vous dire quelle est ma vision et mon jugement sur le nouveau gouvernement et sur l’action de Nicolas Sarkozy comme président de la République.

 

Je pense que les premiers pas ont été habiles. La composition du gouvernement, reprenant le principe de l’ouverture que j’ai défendue pendant la campagne (y compris contre le candidat de l’UMP) a affiché un « générique » attrayant. La photo est bonne.

 

J’ai l’intention de faire crédit au gouvernement et de lui donner sa chance d’avancer ou de marquer des points.

 

Deux points m’inquiètent : d’abord les finances publiques. Pour l’instant la communication du gouvernement est tout entière fondée sur des dépenses nouvelles. Soit des cadeaux fiscaux (droits de succession, heures supplémentaires, intérêts d’emprunts immobiliers) soit l’annonce d’augmentation massive des dépenses (hôpitaux, universités, recherche militaire, etc.). Ces dépenses doivent atteindre au moins 20 milliards d’euros, alors que le déficit si lourd du budget de l’État était déjà de 39 milliards. Si ces estimations sont exactes, l’aggravation du déficit serait de l’ordre de 50 % ! Peut-être ne nous a-t-on pas tout dit, puisque qu’il n’a pas été question d’économies pour cette année, mais en l’état actuel des choses, je considère que nous devons être inquiets de cette orientation.

 

De même, le choix du président de la République d’être lui-même en première ligne de toutes les décisions et de tous les contacts annoncés, de faire tout remonter jusqu’à lui, est un signe d’engagement et d’activité. Mais il n’y a aucun pays qui se gouverne utilement ainsi en concentrant au sommet toutes les décisions et toutes les actions. Cette présidentialisation forcenée est sans aucun doute une question pour l’avenir. La France est un grand pays, très divers, complexe : il a besoin de partenariats, de décentralisation des décisions. Et toute concentration supplémentaire, qui peut paraître sympathique en termes de communication, est en fait un facteur de faiblesse pour l’avenir, du moins je le crains. Toute la tradition libérale et démocratique, tous les descendants de Montesquieu et de Tocqueville, ont dénoncé depuis deux siècles une pareille dérive.

 

Ce sont mes deux craintes principales à l’heure où j’écris ces lignes.

 

Les autres actions du gouvernement, nous les jugerons sur pièce.

 

L’accord européen trouvé à Bruxelles permet certes de trouver une « issue » à la crise. Mais comme l’ont noté Jean-Claude Junker, Romano Prodi, et d’autres dirigeants pro-européens, c’est au prix de bien des renoncements. Le but à atteindre était un traité simplifié, lisible par tous, compréhensible par les citoyens pour aller vers la transparence démocratique des institutions européennes. On aura un traité illisible, collection d’amendements aux traités européens antérieurs. Toute référence aux symboles de l’Europe a été gommée et supprimée : plus de préambule, plus de rappel des valeurs communes, plus de référence au drapeau, à l’hymne, à la devise, amoindrissement de la charte des droits fondamentaux. La mise en œuvre des règles nouvelles de droits de vote a été repoussée à 2014 (et même, en fait, à 2017). En attendant, on continuera avec le traité de Nice, ce qui est une mauvaise nouvelle pour l’Europe. Plus mauvaise nouvelle encore, l’ambiance du sommet, où les eurosceptiques tenaient en fait le haut du pavé, et ont saisi toutes les occasions de faire reculer l’Europe.

 

Mais il est juste aussi de dire que des acquis importants ont été préservés (le président pour deux ans et demi, le haut-représentant pour la politique étrangère) ou ajoutés (l’affirmation de la solidarité européenne en matière énergétique).

 

Pour ceux d’entre nous qui ont promu l’idée d’une constitution pour l’Europe, c’est le constat d’une marche arrière. L’Europe de l’inspiration a reculé. Pour les pragmatiques, il conviendra de tirer de cette situation le meilleur du possible. En tout état de cause, nous devrons lire avec attention le texte définitif, tel qu’il sera établi à l’automne par la Conférence intergouvernementale (CIG), avant d’exprimer un jugement définitif sur l’issue de cette crise.

 

Le gouvernement a lancé une réforme de l’université, annonçant une « autonomie » des universités françaises. Le premier ministre, qui a exercé à d’autres époques les fonctions de ministre de l’enseignement supérieur et de ministre de l’éducation nationale, a même indiqué qu’il s’agissait de « la réforme la plus importante de la législature ».

 

S’il s’agit réellement d’une réforme importante, elle ne peut réussir que si la méthode suivie n’est pas celle du passage en force. Le passage en force, contrairement à ce qu’on dit souvent pendant les campagnes électorales, ne peut pas marcher pour des décisions importantes sur des sujets sensibles dans nos sociétés modernes.

 

Il y a beaucoup d’aspects de la vie des universités qui exigent une plus grande autonomie dans la gestion de tous les jours, dans l’administration, dans les décisions budgétaires, dans la recherche de financements. Mais la question du déclassement éventuel des petites universités est une grande question nationale : on ne peut pas la considérer comme secondaire. De même la question des moyens, qui est la question prioritaire de l’université française ne peut pas être négligée : elle est intimement liée à la situation actuelle de l’université. Enfin la question du recrutement des futurs universitaires est la question clé : une grande université, c’est une université où enseignent et recherchent les plus éminents.

 

Le simple énoncé de ces questions montre clairement qu’il s’agit d’une œuvre de longue haleine, qu’il serait dangereux et contre-productif de vouloir régler à la va-vite.

 

Le « paquet fiscal » qui additionne des cadeaux faits au contribuable sera soumis au parlement pendant cet été. Deux questions se posent, celle de l’efficacité et celle de la justice d’un tel dispositif. Pour la justice, on sait que ces libéralités s’adressent évidemment pour l’essentiel aux plus favorisés. Pour l’efficacité, je n’ai jamais cru qu’il suffisait de dépenser l’argent que l’on n’a pas pour « relancer » l’économie d’un pays, surtout en économie ouverte sur le monde… Si cela était vrai, d’autres que nous se seraient lancés dans une politique de cet ordre. Or personne au monde ne l’a fait sans dommage. Toujours les avantages fiscaux se sont accompagnés d’une politique de baisse des dépenses publiques et non pas d’augmentation de ces dépenses. Sur ce point, je vous promets la plus grande vigilance.

 

En tout état de cause, notre attitude sera ouverte, constructive, et rigoureuse.

 

Les premiers, nous avons deviné l’affaiblissement et l’effacement des repères habituels de la droite et de la gauche. La preuve : de nombreux socialistes siègent désormais au gouvernement de Nicolas Sarkozy, alors que ses soutiens et lui-même affirmaient pendant la campagne qu’un tel mélange serait « antidémocratique ».

 

Ce choc culturel ne fait que commencer.

 

Notre volonté, c’est de construire au centre de la vie politique française un mouvement démocrate pour la France.

 

Et la condition de ce projet, c’est qui puissent enfin travailler ensemble des femmes et des hommes venus d’horizons différents. Ceux qui ont construit l’UDF et ceux qui viennent d’ailleurs : tous les démocrates ont leur place dans cette maison nouvelle, qu’ils se sentent au centre droit, au centre gauche, ou tout simplement en recherche d’un idéal politique nouveau. Le projet du Mouvement démocrate, c’est de leur apprendre à vivre et travailler ensemble parce que la France aura besoin du projet qu’ils porteront. Qui ne voit qu’il y a dans ce nouvel espace la clé de l’avenir de la politique française, pourvu que son indépendance et sa liberté d’esprit ne soient pas un mot vide de sens !

 

C’est difficile, bien sûr, de vivre et travailler ensemble. Au début, il arrive qu’on se soupçonne : les nouveaux craignent parfois chez les adhérents plus anciens une volonté de verrouillage ; les anciens perçoivent les nouveaux adhérents comme une menace, parce qu’ils les connaissent mal. Cela est tout à fait normal. Mais lorsque les rencontres se font, alors chacun découvre que l’autre, au fond, lui ressemble et que l’engagement est de bonne foi. En tout cas, il y a un point qui, pour moi, est essentiel : c’est du croisement de ces expériences, de ces parcours différents, que dépendra notre capacité à parler à notre peuple un langage nouveau ! Il faut donc que l’ouverture d’esprit, le partage des responsabilités, soient une réalité. Mais cela ne se fera pas au hasard : nous allons mettre en place des processus de décision, d’intégration, qui donneront des garanties à tout le monde, et que nous définirons ensemble.

Pour préparer tout cela, voilà quel est le calendrier que je propose, dans ses grandes lignes :

dès cette semaine, je commencerai une série de réunions avec les adhérents, de l’Udf et du MoDem, dans un certain nombre de grandes régions françaises. Vous trouverez ci-dessous le calendrier de ces rencontres qui auront lieu à huis clos, donc sans journalistes, mais dont le compte-rendu précis sera disponible sur notre site.

Le 12 juillet, avant le départ en vacances de la plupart d’entre vous, je réunirai un bureau politique de l’UDF.

À la sortie des vacances, vraisemblablement à la mi-septembre -13, 14, 15, 16 septembre- nous réunirons des Assises de la Démocratie, dont le but sera de réfléchir à ce que doit être un parti politique dans notre XXI° siècle (principes d’organisation, statuts, méthodes de travail).

Fin octobre ou début novembre, sera organisé notre congrès national.

Et tout cela s’accompagnera de la préparation partout en France des élections municipales, à propos desquelles je vous adresserai une note particulière dans les jours qui viennent.


Mais nous ne devons pas oublier que le plus important, c’est le projet. Le modèle de société français et européen, confronté à la mondialisation, est en panne de futur. Il est en panne de vision. Nous avons commencé à renouveler cette vision, mais cela ne suffit pas. Ma conviction la plus profonde est que seul le projet démocrate, parce que son but est non pas matérialiste mais civique, parce qu’il vise à la conscience et à la responsabilité de tous les citoyens, est à même de répondre aux questions de notre temps, qui touchent à la condition matérielle et morale des femmes et des hommes, des familles de notre temps. Ce projet, j’entends que nous le préparions de la manière la plus profonde et la plus ouverte, associant comme je l’ai promis milieux intellectuels et citoyens, à égalité de dignité et de responsabilité. Internet et réseaux citoyens joueront un grand rôle dans ce travail profond.

 

Je m’adresserai régulièrement à vous dans les semaines et les mois qui viennent.

 

Je vous assure de mon amitié.

 

François Bayrou

Fin de citation.

 

Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /2007 18:57
- Publié dans : François Bayrou - Par Jacques Heurtault - Recommander
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Je ne fais pas preuve d'une grande originalité, ce soir, en diffusant la déclaration de François Bayrou. Tout le monde l'attendait. Eh, bien! La voici.

Elle me convient parfaitement.

Début de citation :

Mesdames, Messieurs,

Je n’ai à cet instant que deux sujets à l’esprit. Le premier sujet, c’est la France, que j’ai scrutée pendant ces mois de campagne électorale, que j’ai rencontrée en milliers de visages différents, la France qui s’inquiète, qui souffre, qui est déchirée, bien plus qu’elle ne l’a jamais été, et en même temps, la France riche de potentiel, riche de promesses, la France qui voudrait y croire.

Et j’ai à l’esprit aussi, et plus que tout, les quelque sept millions de Français qui m’ont donné leur confiance, qui ont mis leur espoir dans cette démarche nouvelle, faisant surgir d’un coup la troisième force politique française, la seule force nouvelle de notre pays. Les sept millions de Français et tous ceux qui ont eu à un moment ou à un autre l’envie de se joindre à eux, et parfois qui le regrettent. Cela fait un immense espoir.

Il y a désormais dans notre pays trois forces politiques, une à droite, une à gauche, et une au centre. Et c’est le centre qui est la force nouvelle.

Je veux vous parler de l’avenir.

La France a trois problèmes : nous sommes un pays à la démocratie malade ; nous sommes un pays au tissu social déchiré ; nous sommes un pays en manque de croissance.

Notre démocratie est malade de la confiscation du pouvoir, de l’incapacité à faire vivre le pluralisme, des difficultés de la presse, de l’absence de séparation des pouvoirs, y compris du pouvoir économique, de la connivence entre les mondes des affaires, médiatique et politique, de la crise de la justice. Le citoyen n’a pas l’impression d’y trouver sa place. La société civile y est méprisée.

Nous avons à reconstruire, depuis les fondations, notre démocratie.

Le tissu social est déchiré. Partout on croise de lourdes misères, personnes âgées aux ressources très faibles, travailleurs pauvres, difficultés de logement, partout la couleur de la peau, la consonance du nom, la religion, dressent les Français les uns contre les autres, partout le quartier où l’on vit, l’adresse postale, forment ghetto. Entre les policiers et les jeunes, entre les différents quartiers, entre personnes au travail et personnes au chômage ou aux minima sociaux, on se regarde du coin de l’œil, on s’épie, et on est prêts à s’affronter. L’école elle-même, le lieu même de l’égalité des chances, est en situation de doute et d’échec.

Nous avons à retisser notre société.

Nous sommes en panne de croissance. À ce sujet, on prend souvent l’effet pour la cause. Nombre de nos compatriotes par exemple considèrent que le chômage et la faiblesse du pouvoir d’achat sont des maux de notre pays. Ces maux sont des symptômes. Le mal c’est l’absence de croissance. Si nous avions de la croissance, nous aurions des emplois (beaucoup sont à libérer) et nous aurions du pouvoir d’achat à répartir. Beaucoup de nos compatriotes considèrent que l’immigration est la cause de nos maux. La situation de l’immigration est une conséquence. Un pays qui va bien sait intégrer, faire vivre ensemble. C’est l’emploi qui intègre. J’ai rencontré des milliers de jeunes Français d’ascendance immigrée. Ils m’ont tous dit une seule chose : donnez nous du travail et tout le reste s’arrangera ! Donnez nous du taf !

Ma conviction est celle-là : les trois maux de la France, ils doivent être soignés et réparés ensemble !

Or, parlons franchement : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, dans le face à face sempiternel de la droite sempiternelle et de la gauche sempiternelle, vont non pas réparer mais aggraver l’un ou l’autre de ces maux.

Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche.

Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand il était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à l’égard du tissu social, mais son programme, multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de tout, créant je ne sais combien de services publics, va exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre.

Les deux candidats ont de surcroît promis une augmentation absolument délirante des dépenses publiques, de l’ordre de 60 milliards d’euros chacun, dans un pays endetté comme le nôtre, l’un des deux ajoutant une baisse totalement improbable des prélèvements obligatoires dans une proportion que ni Reagan ni Mme Thatcher n’ont jamais approchée même en rêve.

Notre pays a un problème de démocratie, un problème de fracture sociale, un problème d’économie, un problème de dette. Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la démocratie et la fracture du tissu social, Ségolène Royal, par son programme, va aggraver durablement les problèmes de l’économie et l’un comme l’autre vont déséquilibrer le déficit et la dette.

De surcroît, par leur choix de l’affrontement camp contre camp, ils affaiblissent durablement la France.

Dans les deux cas, sauf correction forte que je n’aperçois pas, et dont je tiendrai compte si elles intervenaient, ce qui se prépare, après les belles promesses, c’est une nouvelle déception du pays, une impuissance, une paralysie.

Dans cette situation, je ne donnerai pas de consigne de vote. J’estime que les Français qui ont voté pour moi sont en conscience des citoyens libres de leur choix.

Je ne reviendrai pas en arrière sur notre chemin de liberté. Je ne cherche ni n’accepterai aucune soumission ou ralliement à l’un des deux camps.
 
Je veux au contraire garantir aux Français que quel que soit le vainqueur, ils trouveront pour les représenter une force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l’action va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens. Capable, autrement dit, de faire sortir la politique des réflexes du toujours pour et du toujours contre, pour défendre l’intérêt général.

Fin de citation.

Cette déclaration me convient parfaitement, en effet.

1. Une analyse, même à très grands traits, particulièrement juste de la situation du pays et des programmes des deux protagonistes. De leur personnalité aussi ...

2. La seule conclusion qui s'impose :
- ouverture et écoute d'éventuels ajustements émanant de l'un et de l'autre afin que l'un et l'autre se rapproche du programme de François Bayrou
- pas de consigne de vote en faveur de l'un ou de l'autre.

Je sollicite, ce soir même, mon adhésion au nouveau Parti démocrate ...  

Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /2007 19:02
- Publié dans : François Bayrou - Par Jacques Heurtault - Recommander
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Monsieur le Président,

Très sincères et très chaleureuses félicitations pour votre brillant résultat obtenu Dimanche ....

Au dela du "pourcentage" pourtant historique (mieux que Jean Lecanuet en 1965, mieux que Raymond Barre en 1988 ...), ce sont les conditions même de l'obtention de ces brillants résultats qui marquent avant toute chose!

Un taux de participation exceptionnel (85%), un vrai laminage des partis extrêmistes qui, tous ensemble, font moins de 20% alors qu'ils frisaient les 40% en 2002, voilà la vraie signification de ce scrutin que l'on peut qualifier sans risque d'historique.

Les conditions s'en trouvent du même coup réunies pour que vous lanciez votre projet d'un nouveau Parti dont j'ai clairement entendu que vous l'appelleriez "Parti démocrate".

Démocrate, ça me va bien ... Si vous prenez une telle initiative, c'est avec enthousiasme que je solliciterai "votre haute bienveillance", selon la formule consacrée, pour que vous m'acceptiez parmi les vôtres.

Bien sûr, pour qu'une telle initiative réussisse, il faut, je vous livre là mon point de vue de citoyen, que vous restiez sur le terrain de la neutralité dans la campagne de second tour qui va s'ouvrir.

Pour tout dire, le meilleur moyen de marquer un certain détachement, pure expression de votre liberté, serait, judicieusement, que vous annonciez la création de ce nouveau Parti démocrate dès Mercredi prochain, jour où vous nous avez annoncé que vous vous exprimeriez .... En tout état de cause AVANT le second tour du 6 Mai. Nul doute que la résonnance d'une telle initiative serait rien moins que énorme! "Ils" sont si nombreux, dans l'establishment,  à attendre que vous vous ralliiez à tel candidat plutôt qu'à tel autre ...

Une telle annonce signifierait clairement que vous vous situez déjà dans la perspective des législatives de Juin.

On l'oublie un peu trop : pour un deuxième tour, aux législatives, il est tout à fait possible de se maintenir même si on est troisième ... Ce n'est pas une présidentielle! Il y aurait donc, on a bien le droit de rêver, 300 ou 350 "triangulaires" car, pour se maintenir, il suffit de réunir 12, 5% des inscrits, soit, avec un taux de participation de 85%, à peine 15% des exprimés ...

Vous savez déjà combien vous avez fait dans chaque circonscription ... 

Soucieux de préserver les équilibres, les électeurs pourraient bien vouloir une minorité d'UMP ET une minorité de P.S., voire une très forte minorité d'élus du nouveau Parti démocrate qui serait ainsi le véritable maitre du jeu dans la réalisation des orientations programmatiques du futur gouvernement.

On l'oublie un peu trop. Notre régime politique n'est pas un régime présidentiel. Quand le P.S. a gagné les élections de 1997, c'est le programme de Jospin qui a été mis en oeuvre , pas celui de Chirac! 

Voilà, Monsieur le Président, ce que je souhaitais vous dire, en toute simplicité.

 Je suis confiant pour la suite des évènements.

Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /2007 23:12
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Ce fut le seul meeting du premier tour de cette campagne présidentielle auquel j'ai participé. Il y avait, dit-on, 17.000 personnes plus environ 2.000 à l'extérieur ... qui n'avait pas pu rentrer.

Je ne les ai pas compter ... évidemment! Mais je peux dire ce que j'ai vu :
1. Tous les gradins de Bercy étaient occupés. Pas une seule place de libre.
2. Le parterre, où l'on se tenait debout, était plein lui aussi. A peu près 3 personnes au mètre carré. Autrement dit une foule dense mais pas serrée. J'en faisais partie.
3. François Bayrou, arrivé par la porte principale, et donc dans les gradins du haut situés face à la tribune, a mis un quart d'heure pour parvenir à celle-ci.

J'ai écouté ... Et j'ai retenu cette référence à Louis Aragon. Il a cité ce poème si emblématique : "La Rose et le Réséda". Il nous a rappelé que Aragon l'avait écrit en référence à la Résistance, cette période si chargée d'Histoire qui vit un peuple se rassembler, toutes convictions confondues, pour entrer en résistance face à l'occupant illégitime.
François Bayrou a rappelé que c'était au nom des résistants et pour honorer leur mémoire que Aragon avait écrit ce poème. Il a cité Gabriel Péri, communiste, Honoré d'Estienne d'Orves, royaliste et Guy Môquet, lycéen de 17 ans, tous les trois fusillés ... Il a cité un quatrième nom dont je ne parvient pas à me souvenir mais dont j'ai retenu qu'il était de la famille démocrate-chrétienne, également fusillé.

Voici le poème d'Aragon ...

La Rose et le Réséda

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon

Extrait de
"La Diane Française"
édition Seghers



[Poésie de la Résistance]

François Bayrou a aussi cité Albert Camus, tout spécialement la lettre que ce dernier adressa à son instituteur après que celui-ci lui eut adressé ses félicitations pour avoir été lauréat du Prix Nobel de Littérature en 1957.

C'est, en effet, parce que son instituteur fit les démarches pour que Albert Camus obtienne une bourse que ce dernier put aller au lycée et donc devenir le grand écrivain d'ores et déjà entré dans l'Histoire littéraire de la France.

Voici le texte de cette lettre.


Le 17 octobre 1957, l'Académie royale de Stockholm décerne le Prix Nobel de littérature à Albert Camus (1913-1960), «pour l'ensemble d'une ceuvre mettant en lumière les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes». La lettre que Camus adresse alors à M. Germain est certainement l'un des plus bels éloges du métier d'instituteur.


19 novembre 1957

Cher Monsieur Germain,


J'ai laissé s'éteindre un peu le bruit qui m'a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n'ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j'ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous.
Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d'honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l'âge, n'a pas cessé d'être votre reconnaissant élève.
Je vous embrasse, de toutes mes forces.

Albert Camus
Je retiens donc deux idées majeures de ce meeting :
1. Un peuple a BESOIN d'être uni aussi largement qu'il est possible pour triompher des épreuves.

2. L'avenir d'un peuple, c'est sa jeunesse, laquelle s'épanouit principalement par l'action des enseignants.

François Bayrou EST l'élément fédérateur qui peut, de par sa position politique loin des extrêmes, rassembler les françaises et les français afin des les unir dans l'effort face aux épreuves qui nous attendent dans l'indispensable mise à jour historique dont nous avons besoin pour faire face à la tourmente de la mondialisation. 

 

Mardi 27 mars 2007 2 27 /03 /2007 22:40
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"Il y a des marges de progrès qui ne coûtent pas d'argent"

Interview de François Bayrou

26.03.07

PRÉSIDENTIELLE 2007 : LES GRANDS DÉBATS DES ECHOS - A l'approche de l'élection présidentielle, Les Echos poursuivent leur série de grands entretiens sur les thèmes qui dominent la campagne.

Cinq acteurs de l'économie sont venus débattre avec François Bayrou de la "troisième voie" économique, sociale et institutionnelle qu'il défend en renvoyant dos à dos l'UMP et le PS. Emplois francs, relations avec l'administration, délocalisations, fiscalité, nouveau contrat de travail, nouvelle majorité, le président de l'UDF précise son projet avec un credo : on peut changer beaucoup sans beaucoup dépenser.

LE CANDIDAT UDF RÉPOND AUX QUESTIONS D'ACTEURS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX.

JEAN-CHRISTOPHE WIART. Vous voulez donner la possibilité de créer deux emplois pratiquement exonérés de charges sociales pendant cinq ans. C'est l'une de vos principales propositions. Cela m'intéresse en tant qu'employeur, mais que se passera-t-il au bout des cinq ans ?

L'exonération de charges est valable cinq ans. Après, on revient dans le droit commun. C'est une mesure très simple, compréhensible par tous. Je crois à la vertu et à la dynamique de la simplicité. Si cette idée a du succès, comme je le pense, elle pourra être pérennisée. On en fera l'évaluation au bout de deux ans. Tous les artisans et commerçants que je rencontre, toutes les très petites entreprises comme la vôtre y sont favorables. L'autre jour, un artisan est venu me voir, les larmes aux yeux, pour me dire : « Si on avait eu cela bien avant, ma femme ne se serait pas crevée au travail comme elle l'a fait. » Ce n'est pas une mesure conjoncturelle. C'est la démonstration grandeur réelle que la concentration des charges sur le travail est un obstacle à l'emploi. J'attends de cette mesure plusieurs centaines de milliers de créations d'emploi la première année.

J.-C. W. Toutes les entreprises en bénéficieront-elles, même celles pour lesquelles ce serait juste une aubaine ?

Elles seront toutes concernées, sans aucune exception. Et, franchement, si Total crée deux emplois sans charge, cela ne me paraît pas très grave comme effet d'aubaine !

J.-C. W. C'est une mesure lisible. Mais vous proposez en contrepartie de concentrer les allègements de charges sur les salaires inférieurs à 1,3 SMIC. Cela ne risque-t-il pas de tirer les salaires vers le bas ?

J'y ai réfléchi. Je me suis borné à reprendre les conclusions d'un rapport de la Cour des comptes de 2006 sur les exonérations de charges. La Cour préconise exactement ceci. Convenez qu'entre 1,3 et 1,6 SMIC, le changement est tout de même marginal ?

J.-C. W. Où en êtes-vous dans votre réflexion sur la TVA sociale ?

Je ne me risquerai pas à la proposer comme « la » solution miracle. J'ai autour de moi autant d'ardents défenseurs que d'ardents adversaires de la TVA sociale. La concentration des charges sur le travail est néfaste. C'est le problème de nos sociétés qu'on appelle bismarckiennes, du nom du chancelier allemand qui a inventé cette répartition des charges. Cela rappelle le vieil impôt sur les portes et les fenêtres. On l'avait inventé car c'était facile. Mais on a commencé à voir les portes et les fenêtres se murer. Pourquoi ? Parce que, comme toujours, lorsque l'on concentre une taxe sur une seule base, celle-ci a tendance à s'échapper. Sur la TVA sociale, je veux être prudent. Nous avons déjà une TVA élevée.. Le transfert d'une partie des charges sociales sur la TVA, c'est au moins cinq points d'augmentation de la taxe. Même si l'on explique qu'elle ne pénalisera que les produits importés, qui ne s'en inquiéterait ? J'examine ce qui se passe en Allemagne, où la TVA vient d'augmenter de trois points, sans créer d'inflation. On peut imaginer d'autres pistes, mais aucune d'entre elles n'est évidente...

J.-C. W. Vous voulez établir une relation « amicale » entre l'Etat et les entreprises. Le dirigeant de petite entreprise que je suis ne peut qu'y être sensible. Mais comment obtenir la participation de tous, en particulier de l'administration, à ce changement ?

Je suis heureux que vous ayez relevé dans mes propos le terme « amical ». Je veux en effet faire de la France un pays pro-entreprise. Au lieu de considérer que l'administration n'a qu'un rôle de contrôle et de sanction, je voudrais qu'elle fasse du conseil. Autrement dit, que, à chaque fois qu'une infraction est constatée, son intervention soit précédée d'une recommandation.

J.-C. W. Beaucoup de dirigeants sont peu disponibles pendant la semaine pour régler leurs problèmes administratifs. Pourquoi ne pas ouvrir les administrations le samedi matin ?

Excellente suggestion. Cette mesure ne coûterait pas un euro à l'Etat et rendrait la vie plus facile. Ce que vous venez de suggérer montre qu'il y a d'immenses marges de progrès en France, qui ne coûtent pas d'argent.. C'est aussi le sens de la proposition que je fais de remplacer le système de la caution-logement par une assurance obligatoire, qui ne coûterait pas plus de 5 à 6 euros par mois.

J.-C. W. Comment réussirez-vous à mettre en oeuvre un « small business act », alors que l'Europe nous l'interdit ?

Dans le « small business act » que je préconise, il y a quatre volets. La simplification de l'administration ; le droit de saisine des citoyens sur tout ce qui ne marche pas ; l'aide aux deux emplois sans charge. Et le fait de réserver les marchés publics de moins de 50.000 euros aux petites entreprises. C'est cela, me dit-on, qui pose problème, à cause de l'OMC. Mais les Etats-Unis et le Canada, qui sont à l'OMC, le font depuis cinquante-quatre ans. Ma conviction est que l'Europe doit se mêler des grandes choses, pas des petites. Elle doit s'occuper de défense, de politique étrangère, de politique économique, d'harmonisation fiscale, pas de la manière dont nous voulons organiser notre service public postal…

CHRISTIAN POYAU. L'entreprise moyenne, entre 50 et 2.000 personnes, est un moteur de développement, d'emploi et d'exportation. Que préconisez-vous sur les seuils sociaux et fiscaux qui freinent le développement des entreprises moyennes ?

Tout le monde s'accorde à dire que le grand point de faiblesse de la France, c'est son tissu de PME. Or l'aménagement du territoire, la compétitivité, les gains de parts de marché à l'extérieur dépendent de la densité de ce tissu. Je le vois bien dans ma circonscription : Turboméca fabrique les deux tiers des moteurs d'hélicoptères qui volent dans le monde.
Je crois qu'il faut lisser les seuils. C'est attristant le nombre de personnes qui disent : « Je suis à 49 salariés et je n'en bougerai pas », mais on ne peut agir sans en discuter avec les partenaires sociaux. Je suis depuis longtemps persuadé qu'il faut avoir une relation de confiance et de coresponsabilité avec les syndicats. Sur ce sujet, on devrait procéder de manière expérimentale, en prenant deux départements ou deux régions, pour voir si, oui ou non, la question des seuils est lourde pour les entreprises. Moi, je crois qu'elle l'est. L'expérimentation, l'évaluation, voilà la bonne méthode. Autre exemple, le CNE. Marche-t-il vraiment bien, comme certains le disent, ou ne marche-t-il pas du tout ou très peu, comme d'autres l'affirment ? On a prévu une étape d'évaluation, eh bien, faisons-la de manière sérieuse ! Demandons à des gens sérieux, non engagés dans des intérêts, de bien vouloir regarder avec nous si c'est intéressant ou pas.

C. P. Quand vous passez à 50 salariés, la taxe professionnelle augmente et, en plus, vous devez la payer plus tôt? Que comptez-vous faire ?

Il faut reconnaître à la société civile, aux acteurs, le droit d'identifier les problèmes et de saisir une autorité pour dire : « Là, on a vraiment une difficulté ». Je ne connais pas un syndicat qui n'accepterait pas de se mettre autour de la table pour en discuter. Simplement, les syndicats ne sont jamais saisis. Tout fonctionne comme si l'Etat était le patron de tout et qu'à ce patron-là, on n'avait pas le droit d'adresser la parole. C'est cela qu'il faut changer, et ce n'est pas une petite affaire. Il faut convertir la société française au partenariat, à la reconnaissance d'une double légitimité, celle de l'Etat et celle de la société civile. C'est dans ce partenariat, et notamment dans la reconnaissance d'un droit de saisine sur tout ce qui ne marche pas, que l'on trouvera des marges de progrès infinis, sans augmenter les prélèvements obligatoires. Tout cela est source de croissance, de liberté, de confiance.

C. P. Quand on développe une entreprise, on tombe vite sur le problème du financement. Cela m'amène au sujet de l'ISF. Quelqu'un qui investit dans une oeuvre d'art est exonéré, quelqu'un qui investit dans une PME est taxé. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas aussi simple que vous le dites, mais la manière dont l'ISF est organisé est effectivement pénalisante. Franchement, même si je condamne ces comportements très inciviques, je ne vois pas quel intérêt la France retire à exporter les gens qui ont réussi chez elle. Il faut réfléchir à ce qui est intéressant pour notre pays. Je suis favorable à une base large et à un taux réduit d'ISF. Le taux réduit, pour moi, c'est 1 pour 1000. C'est simple et compréhensible par tout le monde. J'avais au début pensé faire comme les Suisses et tout inclure dans l'assiette taxable : l'outil de travail, les oeuvres d'art... Les premiers à venir me voir ont été les marchands d'art, suivis de près par les chefs d'entreprise. J'ai entendu leurs doléances. Je ne préconise donc pas de changer la base actuelle.
Mais mon idée reste d'élargir beaucoup l'assiette et d'abaisser le taux, afin que les gens se fassent à l'idée que ce n'est plus un impôt pénalisant. D'ailleurs, cela s'appellerait « impôt sur le patrimoine » et pas « impôt sur la fortune », parce qu'un patrimoine moyen, ce n'est pas de la fortune. Et que le mot constitue une stigmatisation.

C. P. Parlez-nous de vos intentions sur les 35 heures, qui restent un vrai handicap ?

J'ai été très critique à l'égard de la manière dont les 35 heures ont été mises en place, sans considération des différences entre secteurs. Je connais très bien la filière de l'élevage. Une vache, un cheval mangent tous les jours, il faut s'occuper d'eux tous les jours, les faire sortir tous les jours.
Comment faire les 35 heures dans une telle filière ? C'est impossible. Donc on fait semblant, on bricole. C'est absurde. L'Etat ne peut plus décider de tout. Il est en situation d'extrême fragilité, c'est un colosse aux pieds d'argile. La manière dont le travail est organisé doit se discuter entre les organisations syndicales et les entreprises. C'est aux branches de prévoir cette discussion. Les 35 heures ont engendré deux maux : des feuilles de paie trop basses et du stress dans l'entreprise.
On nous avait annoncé les 35 heures payées 39, on a finalement eu les 35 heures payées 35, avec le stress en prime. Le progrès que je propose, c'est que les heures supplémentaires, qui sont aujourd'hui majorées de 10 % pour les unes et de 25 % pour les autres, passent toutes à 35 % et que cette majoration soit défalquée des charges sociales.

MARIE-HÉLÈNE BOURLARD. Vous ne parlez pas beaucoup des délocalisations. Or cela fait des décennies qu'on allège les charges et que les délocalisations se poursuivent. Que comptez-vous faire pour régler cette question ?

Personne ne réglera le problème des délocalisations. Si quelqu'un vient à cette place et vous dit « J'ai la mesure qui va régler la question », il raconte des histoires. Moi, je ne veux pas raconter d'histoires aux gens. Je veux les aider. Qu'a-t-on comme possibilité ? A la vérité, il y en a deux. La première, c'est de réfléchir au coût du travail.

M.-H. B. Quand on gagne 1.000 euros par mois comme moi, la priorité, c'est surtout d'augmenter les salaires.

Je pourrais aisément me rendre populaire à vos yeux en annonçant que je vais augmenter les salaires. Mais, dans une branche comme la vôtre, si vous augmentez le SMIC comme certains le souhaitent, vous avez une délocalisation immédiate. Et je ne connais pas un économiste de gauche qui soit en désaccord avec ça. C'est vrai que c'est dur de vivre comme cela ; je ne peux pas prétendre que ce soit bien payé ni même convenablement payé. Mais vous ne pouvez pas arrêter les délocalisations quand vous êtes un pays exportateur.

M.-H. B. Instaurons des règles européennes !

La deuxième voie face à la mondialisation, c'est, en effet, que l'Europe accomplisse son travail pour que, au moins, la concurrence soit équitable. Qu'on ait la certitude que, quand on impose des règles aux uns en matière d'environnement, elles soient respectées par les autres. Qu'on essaie d'aller vers une harmonisation en matière sociale, qu'on protège ses sites, ses productions. Par exemple en s'intéressant au niveau des monnaies, parce que certaines je pense à la monnaie chinoise sont terriblement sous-évaluées. Le travail en Chine vaut 75 fois moins que le travail en France. L'action ne peut être que politique et européenne.
Mais il y a aussi des entreprises qu'une part de délocalisation sauve. J'ai visité à Marseille une PME de 60 salariés, leader européen dans le domaine des capteurs et régulateurs pour les moteurs Diesel de bateau, avec près de 20 % de parts de marché mondial. Si elle ne faisait pas la moitié de sa production en Tunisie, elle serait déjà morte. Il y a des délocalisations favorables et d'autres mortelles. Quand l'entreprise s'en va, c'est une perte sèche.

M.-H. B. Mais que faire dans ce cas ? A la fin de l'année, mon usine délocalisera, ça fera 147 chômeurs de plus, alors que LVMH, notre donneur d'ordres, a réalisé 1,9 milliard d'euros de bénéfice net en 2006. Il nous tue. Et qu'est-ce que vous faites ?

Et vous, qu'est-ce que vous faites ? La candidate à l'élection présidentielle que vous soutenez, qu'a-t-elle fait ? Le parti que vous soutenez, qui a été au gouvernement, qu'a-t-il fait contre les délocalisations ? J'ai vu, en Vendée, une entreprise qui fabrique des ordinateurs haut de gamme, pour les Airbus, les Boeing et même les trains de tige qui forent pour le pétrole. Entre 350 et 400 de ses salariés, sur un total de 500, sont issus des secteurs du textile et du cuir. Cette reconversion est une réussite.

M.-H. B. J'habite dans le Nord, dans l'Avesnois. C'est une zone sinistrée.

Il n'y a plus rien. Peut-être peut-on implanter des entreprises nouvelles ? Je refuse de baisser les bras : je viendrai dans le sud de l'Avesnois.

M.-H. B. Où est le volet social de votre « social-économie » ?

Il est, par exemple, dans les petites retraites : nous voulons porter le minimum vieillesse à 90 % du SMIC. Il est dans la lutte contre l'exclusion : nous voulons que les personnes qui sont au RMI, laissées sur la touche, puissent avoir une activité d'insertion dans la société qui leur permette d'arrondir leurs fins de mois?

M.-H. B. Combien allez-vous leur donner ? 400 euros ? Vous croyez que ça suffit pour vivre ?

Je donne raison à votre indignation, mais pas à vos solutions. Si la solution existait quelque part, n'importe où, dans votre modèle de pensée, elle aurait été appliquée.

M.-H. B. Que valent vos promesses ? Quand vous étiez ministre de l'Education, 1 million de personnes sont descendues dans la rue et vous n'avez rien réformé.

Un ministre qui a vu 1 million de personnes descendre dans la rue, après tout, ça le forme. Il commence à comprendre des choses qu'il n'avait pas comprises avant. Dans une vie, je trouve cela finalement heureux. Je vais vous le dire, amicalement et respectueusement : nulle part dans le monde, les solutions que vous défendez n'ont été appliquées et n'ont produit quelque chose de bien. Nulle part. Je sais bien que vous avez un idéal et des raisons de le défendre, je sais bien que ce que vous dites de la vie des gens est juste, mais nulle part ce que vous demandez n'a produit autre chose que d'épouvantables malheurs et des millions de morts. C'est, hélas, la manière dont l'Union soviétique a dérivé.

M.-H. B. Moi, j'habite en France, pas en Union soviétique.

Je croyais que vous étiez internationalistes...

ALAIN DUCROCQ. Nicolas Sarkozy souhaite instaurer un contrat de travail unique, vous-même vous vous prononcez pour un CDI à droits progressifs : comment intégrez-vous le travail temporaire, qui représente 600.000 emplois équivalent temps plein ?

Le contrat trop rigide, c'est la fortune des entreprises de travail temporaire. Car les entreprises trouvent chez vous la souplesse qu'elles ne trouvent pas autrement, et certains salariés aussi choisissent l'intérim pour bénéficier des 10 % de prime de précarité. Pour ma part, je ne suis pour rien d'unique, car nous n'avons pas tous les mêmes besoins. Je ne suis pas pour la chaussure à taille unique, ni pour la voiture unique...

A. D. Vous ne voulez rien d'unique, sauf vos deux emplois francs ?

Les deux emplois sans charges ne sont pas une obligation, mais une offre supplémentaire que je fais. C'est là toute la différence. Sur le contrat de travail, je défends un cadre de droit commun, le CDI, avec une période d'essai suffisante. C'est ce que je dirai aux partenaires sociaux, et j'écouterai ce qu'ils ont à dire sur ce sujet. J'ai rencontré tous les syndicats : ils sont tous favorables à la Sécurité sociale professionnelle, à cette idée que le contrat peut s'interrompre dans l'entreprise sans que le salarié ne perde ses avantages et même son salaire, puisqu'il est mis à disposition d'une autre entreprise. Le patronat affirme que cette idée l'intéresse aussi. Eh bien, demandons aux partenaires sociaux de faire des propositions communes sur ce sujet. C'est ma logique : l'Etat ne doit pas tout régler. A lui de fixer les grands principes et, pour le reste, qu'il fasse confiance aux organisations de salariés et d'entreprises !

A. D. Je dirige un comité d'entreprise et je vois combien les positions entre partenaires sociaux sont éloignées. Au niveau national, c'est pareil, le Medef et les syndicats ne savent pas se parler. Alors, concrètement, comment faites-vous pour que la « démocratie sociale » dont vous parlez ne soit pas un voeu pieux ?

Pourquoi, en France, les partenaires sociaux ne se parlent-ils pas ? Pourquoi s'enferment-ils dans un jeu de rôle qui consiste à réclamer tout d'un côté et à refuser tout de l'autre ? Parce qu'on sait que c'est l'Etat qui décidera en dernier recours. Regardez le nombre d'accords qui ont été mis en place avec la bénédiction d'organisations syndicales, y compris les plus revendicatives, qui font semblant d'être contre alors qu'elles ont en réalité donné leur accord ! Ça n'est pas normal. Il faut changer la méthode. Il faut que les organisations syndicales passent de la protestation à la responsabilité. Ce n'est pas facile, certains n'aimeront pas ça, mais il faut absolument aller dans cette direction. Il faut bouger. Et, d'ailleurs, le faible taux de syndicalisation en France montre qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans notre système.

A. D. Je suis préoccupé pour ma retraite. Certaines études évoquent des hausses de prélèvement obligatoires de 3 % à 5 % par an. Quelle est votre solution et comment la financezvous ?

Je suis pour une retraite par points. C'est la seule façon de mettre fin à la multiplicité des régimes, d'instaurer une vraie égalité et de sauver le système. Je soumettrai cette réforme à référendum. La réforme ne fait pas peur si les gens savent qu'au bout du compte ils vont être engagés, consultés, informés.

A. D. Ça, c'est la forme.

Mais c'est important ! Le fond est dans la forme. On a choisi le système de répartition : ceux qui travaillent paient les pensions de ceux qui sont à la retraite. Au début des années 1950, on avait 5 salariés actifs pour 1 retraité, aujourd'hui, on est à 1,5 actif et, d'ici à très peu d'années, on sera à 1 actif pour 1 retraité. Comment fera-t-on ? C'est intenable ! Il faut plus d'actifs et moins de retraités, il faut donc assouplir le système. A partir de 60 ans, on devrait pouvoir partir à la retraite avec un niveau de pension calculé en fonction de différents critères dont la pénibilité, à laquelle je tiens beaucoup. Si la personne trouve que sa pension est suffisante, elle pourra s'arrêter de travailler, sinon, elle pourra continuer à travailler. Mais, je le concède, il faudra pour cela qu'il y ait du travail. Cela montre l'ampleur du changement dont la France a besoin.

GUY CARCASSONNE. Je voudrais aborder avec vous le chapitre institutionnel. Vos propositions sur l'interdiction du cumul des mandats, sujet à mes yeux fondamental, sont nettes. Vous êtes de très loin le candidat qui s'engage le plus précisément sur cette réforme indispensable si l'on veut redonner au pays le Parlement dont il a besoin. En revanche, je ne comprends pas votre insistance à vouloir introduire 50 % de proportionnelle dans le mode de scrutin. C'est à mes yeux le meilleur moyen de ruiner toute possibilité de fabriquer des majorités stables. Pourquoi ne vous contentez-vous pas de limiter la proportionnelle à 10 % des sièges ? Cela suffirait pour assurer la nécessaire représentation des différentes sensibilités politiques.

10 % des sièges, c'est rien. Si l'on suit votre proposition, les Verts auraient cinq sièges, le Front national six. Aucun ne pourrait constituer un groupe. Les citoyens français ont le droit d'être équitablement représentés à l'Assemblée nationale. Pour moi, la démocratie, c'est la protection des minorités et non le culte des majorités. Au premier tour de l'élection de 2002, Jacques Chirac et Lionel Jospin ont totalisé 35 % des voix et ils ont obtenu 92 % des sièges à l'Assemblée nationale. Vous trouvez cela juste et équitable ? Je veux une représentation substantielle des courants d'opinion et des territoires. 50 % de scrutin majoritaire, 50 % de proportionnelle, c'est à peu près le système allemand et cela n'enlève pas l'effet majoritaire.

G. C. C'est vous qui le dites. On a vu dans l'histoire récente des majorités extrêmement étroites. Elles n'auraient pas existé s'il y avait eu 50 % de proportionnelle.

Objection ! S'il n'y a pas de majorité, il y a des coalitions. En 1988, en 1993, en 1995, aucun parti n'avait la majorité à lui tout seul. L'idée qu'il faut un parti dominant pour qu'un système marche est absurde.

G. C. C'est pourtant ce qui passe dans les systèmes majoritaires ! Imaginons que vous êtes élu le 6 mai. Les élections législatives se tiennent dans la foulée, les 10 et 17 juin. Deux cas de figure sont alors possibles. Ou bien le nouveau parti que vous entendez créer obtient une majorité et nous sommes repartis sur une logique assez proche de celle de la Ve République. Ou bien, et je le crains pour vous, vous n'obtenez pas la majorité. Je le crains parce que même De Gaulle en 1958, après le triomphe du référendum, avait été très loin d'obtenir la majorité. Dans ce cas, vous serez conduit à faire alliance avec l'un des deux grands partis. Avec le risque d'être minoritaire dans votre majorité et de devenir l'otage soit du PS, soit de l'UMP.

Quand on demandait à François Mitterrand en 1981 : « Si vous n'avez pas la majorité, comment ferez-vous ? », il répondait : « Faites aux Français le crédit de la cohérence. » C'était une excellente réponse. Je n'imagine pas que les Français, après avoir élu un président de la République sur un schéma aussi novateur que celui que je propose, puissent se déjuger en cinq semaines. La question de la cohérence ne sera donc pas posée au président de la République ou à son gouvernement, mais au PS et à l'UMP ou, plus exactement, à certains membres du PS et de l'UMP.

G. C. Vous tablez sur l'éclatement de ces deux formations ?

Il y aura une heure de vérité. Elle correspond à des questions qui se posent depuis très longtemps, notamment au sein du Parti socialiste. Je crois donc qu'une majorité est possible mais, même dans ce cas de figure, je ne veux pas le pouvoir pour un seul parti. Je défends l'idée de majorités pluralistes dans lesquelles on est obligé de discuter et de se mettre d'accord. Si Dominique de Villepin avait eu l'obligation de convaincre une majorité plus large, moins docile, il n'aurait jamais fait la bêtise du CPE.

G. C. Et si vous n'avez pas de majorité du tout ?

Eh bien les partis s'entendront autour d'un président de la République qui aura annoncé à l'avance aux Français l'idée qu'il faut se rassembler, qu'on n'est plus prisonnier du clivage droite-gauche. Le rassemblement se fera autour d'un courant central, avec des partenaires nouveaux, heureux, croyez-moi, de bénéficier de ce déverrouillage rafraîchissant.

G. C. Dépasser le clivage gauche-droite, n'est-ce pas retomber dans l'illisible ?

En rien. Je récuse la notion de camp. C'est une malédiction. C'est elle qui a obligé Michel Rocard à être du côté d'Olivier Besancenot. C'est elle qui a conduit Jacques Delors à se retrouver minoritaire dans son propre camp, alors que je crois que nous pensons la même chose sur à peu près tous les sujets. Chacun doit évidemment conserver sa sensibilité, mais je veux que les grandes sensibilités de l'arc républicain puissent travailler ensemble. Je suis plus près des sociaux-démocrates que de la droite nationaliste. Regardez combien les vues des responsables politiques se sont rapprochées, sur l'école, l'entreprise, la dette et même la fiscalité.

G. C. Oui, mais Laurent Fabius, par exemple, a dit qu'il ne travaillerait jamais avec vous...

Souvenez-vous de Laurent Fabius qui disait en 2002 : on ne peut pas être battu par la droite, mais on peut l'être par les impôts. Les Français savent bien que la réalité est complexe, que personne n'a totalement raison et personne complètement tort. Il est grand temps que nous en tirions toutes les conséquences sur le plan politique

Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /2007 12:19
- Publié dans : François Bayrou - Par Jacques Heurtault - Recommander
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Il faut bien le reconnaitre, les aides publiques à l'emploi et au soutien de l'activité sont, depuis deux décennies, un phénoménal maquis administratif duquel il ressort que "l'effet d'aubaine" non seulement n'est pas absent mais se trouve être dominant.

Je rappelle que je suis agent de l'Anpe et que, à ce titre, j'ai à connaitre et parfois à mettre en oeuvre la plupart de ces "mesures" .... C'est donc un sujet que je connais bien.

Quel est l'objectif déclaré? Faire baisser l'insupportable pression d'un niveau de chômage beaucoup trop élevé qui en vient à provoquer un véritable délitement du tissu et de la cohésion sociale. Il faut donc faire ce qu'il faut, quel qu'en soit le coût, pour normaliser cette situation.

A l'origine, toutes les mesures sont centrées sur l'aide au placement de chômeurs en difficulté sur le marché de l'emploi. C'est à dire tous ceux dont la force de travail ne trouve pas preneur parce que l'employeur ne veut pas payer tel niveau de salaire en contrepartie de la mise à disposition de ladite force de travail, dans l'état où elle se trouve, c'est à dire inadaptée, insuffisamment qualifiée, insuffisamment opérationnelle ...

Sont donc, à priori concernés les chômeurs de longue durée, les èrémistes, les "ASS" etc ...

L'Anpe étant un organisme public administratif, tenu de respecter le droit administratif public et donc la totale neutralité vis à vis des bénéficiaires potentiels, tant du coté "demandeurs d'emploi" que du coté "entreprises", ne dispose, dans les faits, d'aucun pouvoir réel d'appréciation du bien fondé de la mise en oeuvre de la mesure concernée .... Tant pour les employeurs que pour les demandeurs d'emplois, il s'agit d'un droit qui a un caractère automatique. Autrement dit, l'Anpe est tenue, selon cette approche, de s'exécuter dès lors que les "critères administratifs " sont réunis.

Or la réalité concrète à laquelle se trouve confronté l'agent Anpe révèle un foisonnement de situations diverses qui rend parfaitement légitime qu'une large liberté d'appréciation soit donnée à l'agent instructeur et à sa hiérarchie signataire de l'engagement de dépenses faite au nom de l'Etat....

Si l'Anpe était une structure de droit privé (possédée par la puissance publique!) signataire d'une délégation de service public, il en irait différemment. Elle retrouverait sa totale liberté d'appréciation de la mise en oeuvre de telle ou telle mesure ... On serait sur le terrain bien connu d'une contractualisation de gré à gré, beaucoup plus souple et, par conséquent, beaucoup plus efficace! Un tel mode de fonctionnement trouverait son plein épanouissement si l'Etat, par convention, donnait une enveloppe GLOBALE annuelle, elle aussi négociée de gré à gré avec l'Anpe avec, en contrepartie des objectifs limpides à atteindre, tel, par exemple, placer X centaines de milliers de chômeurs fragilisés par leur parcours antérieur au regard de la situation concrète du marché du travail ... Suis-je clair?

Je puis témoigner que la plupart des entreprises entendent bénéficier de telle ou telle mesure selon l'avantage financier qu'elles en retirent, un point c'est tout! Or, elles devraient être neutres face à cette logique! Leur raisonnement devrait être : "j'ai besoin d'embaucher tel profil de qualification, immédiatement opérationnel, à tel prix; j'ai le choix entre deux candidats; l'un répond exactement à mes critères, l'autre est moins opérationnel (chômage de longue durée) mais me coûte néanmoins le même prix en salaire; pour que je sois amené à choisr malgré toute logique, le second profil, il me faut une aide financière qui viendra compenser le sur-salaire que je dois lui verser".

En réalité, l'entreprise embauche à un salaire moindre quand elle trouve le candidat correspondant ET demande néanmoins le bénéfice de l'aide quand le candidat répond aux critères définis par l'Etat (et non pas par l'Anpe!). Elle est certaine de l'obtenir pour peu qu'elle se plie à la procédure ... L'Anpe n'a, de fait, aucun pouvoir d'appréciation du bien fondé de la mise en oeuvre. D'ailleurs, quand elle s'avise de s'écarter de l'excessive rigidité du droit administratif, l'employeur saisit le Tribunal Administratif compétent et ... gagne son procès.

Les mesures que l'Anpe met en oeuvre sont destinées non à résorber le volume du chômage mais à diminuer la durée du chômage des personnes fragilisées.

Il existe d'autres moyens qui ne sont pas mis en oeuvre par l'Anpe car ils ont un caractère automatique, légal en quelque sorte. Ces moyens sont gérés par les Directions Départementales du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle. Ces DDTEFP ne s'occupent pas des personnes demandeuses d'emploi mais seulement de la mise en oeuvre de ces moyens auprès des entreprises ...

C'est dans cette catégorie que doit se ranger la mesure "deux salariés sans charges pendant cinq ans à toutes les entreprises". Elle aurait un caractère universel mais non permanent.

Le calcul que fait François Bayrou est simple : Il y a un million cinq cent mille entreprises dont la plupart sont de très petites entreprises (un ou deux salariés). Pour celles-là, le coût du travail au niveau du SMIC "chargé" est excessif. Elles ne peuvent pas embaucher car elles n'ont tout simplement pas l'argent pour en assumer le financement (beaucoup de ces très petits entrepreneurs n'ont qu'à peine les moyens de se payer un salaire pour eux-mêmes et pour leur conjoints).

Comme une éventuelle BAISSE du Smic est inenvisageable pour un candidat à l'élection présidentielle, François Bayrou propose de diminuer le coût du travail pour les deux premiers nouveaux embauchés ...pendant cinq ans.

J'ai une proposition à faire, beaucoup plus simple, beaucoup plus percutante :
A compter de l'entrée en vigueur du nouveau dispositif, toute entreprise embauchant un ou deux nouveaux salariés répondant à l'une des conditions suivantes :
1. ëtre èrémiste
2. ëtre bénéficiaire de l'ASS
3. ëtre chômeur de longue durée (plus de 18 mois de chômage attesté sur une période de 36 mois)
est dispensée de payer les charges URSSAF pendant toute la durée du contrat (même au dela de cinq ans).
Toute personne qui refuserait une proposition d'embauche alors qu'elle est dans la situation ci-dessus décrite se verrait alors retirer le bénéfice des prestations qu'elles perçoit  (RMI, ASS, Indemnités de chômage).

François Bayrou et les deux autres principaux candidats vont-ils m'entendre?     

Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /2007 20:48
- Publié dans : François Bayrou - Par Jacques Heurtault - Recommander
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Dans la (relative) euphorie qui m'a gagné après avoir constaté que François Bayrou me piquait mes idées (ce n'est sans doute pas exact ... mais j'ai quand même bien le droit  de me faire plaisir en le croyant ... je suis sur mon blog, après tout!), j'ai adressé, pour la première fois, un message à l'intéressé.

En voici la teneur :

Bonsoir Monsieur Bayrou,

J'ai voté pour vous en 2002, au premier tour. Tel que cela s'annonce, je vais probablement faire la même chose en 2007.

Pour l'heure, je gère un blog http//:www.propositions-audacieuses.net .

Je défends l'idée, centrale à mes yeux, que les électeurs et les électrices doivent concentrer leurs votes sur les trois principaux candidats républicains : vous même, Royal et Sarkozy ...

Je viens de reproduire sur mon blog votre discours de Caen.

J'espère que vous deviendrez au moins un homme clé de cette élection ... voire même le futur Président de la République ...

Je suis conseiller municipal dans ma ville de Nogent sur

Marne

Bien à vous."

Et voici la réponse émanant de son équipe de campagne (reçue ce soir).

Bonjour,

 

De la part de François Bayrou, merci pour votre message et pour votre soutien !

 

Je lui transmets avec plaisir votre message, d'autant qu'à son cabinet, nous suivons naturellement votre blog, qui compte parmi les plus actifs en termes de propositions politiques.

 

Excusez notre retard à y répondre et excusez-moi d'y répondre de sa part : les messages affluent par milliers chaque semaine, ce qui empêche François Bayrou de répondre à chacun personnellement, mais nous encourage et témoigne de l'intérêt général pour sa candidature !

 

Bien cordialement, comptant sur l'engagement que vous démontrez dans le débat démocratique,

 

Frédéric

Equipe de campagne de François Bayrou

Vous êtes à même de constater que je n'ai fait que mentionner la probabilité (et donc pas la certitude!) de voter pour lui ... J'apprécie le geste de répondre tout en comprenant parfaitement que François Bayrou ne puisse avoir le temps de me répondre personnellement.

J'apprécie également la reconnaissance de l'activité de mon blog en matière de propositions politiques ...Ca fait quand même un moment que je "rame"; mieux même : que je "souque les avirons"! Les efforts finissent par payer. 

Le plus fort, c'est que je viens de constater que François Bayrou est un récidiviste! Il m'a, à nouveau, piqué une idée ...

Il s'agit cette fois de l'allocation universelle qui ressemble, en moins ambitieux (il est candidat à la la Présidence; moi, pas!), à ma proposition d'allocation d'existence.

Qu'il continue, grands Dieux! Qu'il continue! D'ailleurs TOUS les candidats sont prestement et cordialement invités à faire pareil ...(Comme ça, je suis sûr de gagner!).  

 

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