Le blog politique de Jacques Heurtault. Propositions audacieuses. Invitation au débat.
A lire certains blogs, on finirait par se demander si une troisième guerre mondiale n'est pas en train de s'enclencher dans cette
région du globe...
Il est temps d'en revenir à une vision réaliste de la situation et des rapports de forces...
1. Le Président Saakachvili a été démocratiquement élu et les élections législatives qui ont suivi l'on conforté dans son autorité puisque son camp a obtenu 60% des voix, soit nettement plus que ce qu'obtiennent les partis politiques dans les démocraties "occidentales" qui restent, quoi qu'on en dise, une solide référence.
2. On peut être démocratiquement élu et commettre néanmoins de grosses balourdises. Ainsi est, à n'en pas douter, une énorme balourdise l'intervention militaire en Ossétie du Sud dont tout le monde sait que cette région n'a, historiquement, strictement rien à voir avec la Georgie mais que son rattachement à ladite Georgie est bien la séquelle d'une des élucubrations démentes de Staline...
3. La balourdise dans l'action est presque toujours précédée d'une balourdise dans la réflexion. Ainsi, croire que la Russie va accepter, sans broncher, que la Georgie rejoigne l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN; NATO en anglais) relève de la cécité politique pure. Il faut rappeler, car beaucoup l'ignore, que ledit traité a été construit en 1949 dans le but évident de faire échec à un non moins évident et possible débordement de l'Union Soviétique sur toute l'Europe. C'est ainsi que chaque Etat membre de l'OTAN a l'obligation de porter son armée à la frontière d'un autre Etat membre si celui-ci est attaqué par un pays non-membre.
En clair, tous les Etats membres de l'OTAN doivent porter leur armée à la frontière commune entre la Georgie devenu membre de l'OTAN et la Russie. On comprend donc aisément que la demande d'adhésion de la Georgie à l'OTAN mérite un examen TRES ATTENTIF. Il est des circonstances où, avant de prendre une décision, il faut y regarder à deux fois et même à trois ou quatre fois...
Imaginons que tous les pays qui ont une frontière commune avec la Russie fassent une telle demande et que cette demande soit acceptée; la Russie ne pourra que se sentir encerclée par des forces hostiles... Cette perspective est donc impensable.
4. Monsieur Saakachvili doit se faire une raison : il n'est pas chargé d'être le fer de lance des démocraties occidentales contre le régime russe quoi que l'on puisse penser du régime en question... Contente ou pas, la Georgie sera sacrifiée si c'est le prix à payer pour éviter une troisième guerre mondiale.
5. Au train où vont les choses, les Etats Unis vont devoir envisager de renoncer à leur projet d'installation d'un système anti-missiles en Tchéquie. Théoriquement destiné à neutraliser les Etats voyous tel l'Iran, un tel système anti-missile a pour effet de neutraliser AUSSI les missiles russes... mettant ainsi à nu toute la stratégie de défense de la Russie qui reste basée, avec les missiles, sur une logique de dissuasion ("si tu me frappes, je te frappe ou je frappe tes alliés"). Je n'ai personnellemùent pas envie d'être au milieu du champ de bataille ...
6. Je tiens désormais pour plausible une démission de Monsieur Saakachvili de la Présidence de la Georgie dans un délai raisonable... A trop vouloir fanfaronner, on risque de se brûler les ailes. Cet homme n'a pas la carrure d'un Chef d'Etat.
7. En l'état actuel des choses, il n'y a pas d'autre voie que la "finlandisation" de la Georgie, n'en déplaise aux Georgiens eux-mêmes. Rappelons que la "finlandisation" est une expression née de l'état "relationnel" de la Finlande avec son voisin soviétique de l'époque au temps de la guerre froide. Elle était bien obligée d'accepter d'être le tampon entre l'Est et l'Ouest. Elle avait un régime politique de type occidental mais entretenait des relations "amicales" avec son voisin soviétique. Que pouvait-elle faire d'autre?
Il est temps d'en revenir à une vision réaliste de la situation et des rapports de forces...
1. Le Président Saakachvili a été démocratiquement élu et les élections législatives qui ont suivi l'on conforté dans son autorité puisque son camp a obtenu 60% des voix, soit nettement plus que ce qu'obtiennent les partis politiques dans les démocraties "occidentales" qui restent, quoi qu'on en dise, une solide référence.
2. On peut être démocratiquement élu et commettre néanmoins de grosses balourdises. Ainsi est, à n'en pas douter, une énorme balourdise l'intervention militaire en Ossétie du Sud dont tout le monde sait que cette région n'a, historiquement, strictement rien à voir avec la Georgie mais que son rattachement à ladite Georgie est bien la séquelle d'une des élucubrations démentes de Staline...
3. La balourdise dans l'action est presque toujours précédée d'une balourdise dans la réflexion. Ainsi, croire que la Russie va accepter, sans broncher, que la Georgie rejoigne l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN; NATO en anglais) relève de la cécité politique pure. Il faut rappeler, car beaucoup l'ignore, que ledit traité a été construit en 1949 dans le but évident de faire échec à un non moins évident et possible débordement de l'Union Soviétique sur toute l'Europe. C'est ainsi que chaque Etat membre de l'OTAN a l'obligation de porter son armée à la frontière d'un autre Etat membre si celui-ci est attaqué par un pays non-membre.
En clair, tous les Etats membres de l'OTAN doivent porter leur armée à la frontière commune entre la Georgie devenu membre de l'OTAN et la Russie. On comprend donc aisément que la demande d'adhésion de la Georgie à l'OTAN mérite un examen TRES ATTENTIF. Il est des circonstances où, avant de prendre une décision, il faut y regarder à deux fois et même à trois ou quatre fois...
Imaginons que tous les pays qui ont une frontière commune avec la Russie fassent une telle demande et que cette demande soit acceptée; la Russie ne pourra que se sentir encerclée par des forces hostiles... Cette perspective est donc impensable.
4. Monsieur Saakachvili doit se faire une raison : il n'est pas chargé d'être le fer de lance des démocraties occidentales contre le régime russe quoi que l'on puisse penser du régime en question... Contente ou pas, la Georgie sera sacrifiée si c'est le prix à payer pour éviter une troisième guerre mondiale.
5. Au train où vont les choses, les Etats Unis vont devoir envisager de renoncer à leur projet d'installation d'un système anti-missiles en Tchéquie. Théoriquement destiné à neutraliser les Etats voyous tel l'Iran, un tel système anti-missile a pour effet de neutraliser AUSSI les missiles russes... mettant ainsi à nu toute la stratégie de défense de la Russie qui reste basée, avec les missiles, sur une logique de dissuasion ("si tu me frappes, je te frappe ou je frappe tes alliés"). Je n'ai personnellemùent pas envie d'être au milieu du champ de bataille ...
6. Je tiens désormais pour plausible une démission de Monsieur Saakachvili de la Présidence de la Georgie dans un délai raisonable... A trop vouloir fanfaronner, on risque de se brûler les ailes. Cet homme n'a pas la carrure d'un Chef d'Etat.
7. En l'état actuel des choses, il n'y a pas d'autre voie que la "finlandisation" de la Georgie, n'en déplaise aux Georgiens eux-mêmes. Rappelons que la "finlandisation" est une expression née de l'état "relationnel" de la Finlande avec son voisin soviétique de l'époque au temps de la guerre froide. Elle était bien obligée d'accepter d'être le tampon entre l'Est et l'Ouest. Elle avait un régime politique de type occidental mais entretenait des relations "amicales" avec son voisin soviétique. Que pouvait-elle faire d'autre?
Mer 13 aoû 2008
5 commentaires
La Georgie, c'est effectivement plus au sus. On a le sang plus chaud là-bas ...
Jacques Heurtault
Totalement d'accord avec votre analyse "géo-politique" qui rejoint mon commentaire de votre précédent article sur ce sujet... La "Réal-politik" a ses exigences !...
Daumont Jean - le 14/08/2008 à 07h52
Je confirme : la Georgie ne vaut pas une troisième guerre mondiale! Tout comme Cuba en 1962!
Jacques Heurtault
Petit bémol sur votre § 5....
Les mpissiles vont être installés en Pologne, ce qui est encore pire pour la Russie. Et donc les USA n'ont pas mis la pédale douce sur ce sujet, au contraire. Et c'est une belle "riposte".
Coome quoi, on écrit des fois trop vite...
jf.
Les mpissiles vont être installés en Pologne, ce qui est encore pire pour la Russie. Et donc les USA n'ont pas mis la pédale douce sur ce sujet, au contraire. Et c'est une belle "riposte".
Coome quoi, on écrit des fois trop vite...
jf.
Jacques - le 15/08/2008 à 11h29
La Pologne a demandé que des missiles soient installés sur son territoire ... Elle ne l'a pas encore obtenu.
Si cette décision était prise, cela renforcerait ma thèse! Va pour la Pologne, dirait Poutine ... je n'y peux plus grand chose ... mais que, en outre, la Georgie en rajoute une couche ... ça, c'est trop!
Comme quoi, il faut OSER écrire ce que l'on pense! Cela s'appelle la liberté d'expression.
Si cette décision était prise, cela renforcerait ma thèse! Va pour la Pologne, dirait Poutine ... je n'y peux plus grand chose ... mais que, en outre, la Georgie en rajoute une couche ... ça, c'est trop!
Comme quoi, il faut OSER écrire ce que l'on pense! Cela s'appelle la liberté d'expression.
Jacques Heurtault
Objection votre Honneur
La Pologne et les USA ont bel et bien signé l'accord d'implantation des missiles !!!
jf.
La Pologne et les USA ont bel et bien signé l'accord d'implantation des missiles !!!
jf.
Jacques - le 19/08/2008 à 10h03
Dont acte! Je m'incline ... Cela ne fait qu'accroitre le problème et renforcer la détermination de Poutine de ne pas se laisser enfermer ...Dommage pour la Georgie (ex-soviétique, pas
états-unienne!).
Jacques Heurtault






En revanche la Géorgie doit se préparer à abandonner l'Ossétie qui comme tu l'as dis n'as rien de géorgien.
Bonne continuation et à bientôt